Bonjour... Je suis en retard, vraiment désolée :O
Pour me rattraper je vous ai fait une petite illustration d'Ellen (yeah!), que vous pourrez voir en cliquant sur le lien qu'il y a sur mon profil ! J'espère qu'elle vous plaira, autant vous le dire de suite ce n'est pas en style manga ^^ Je verrais si je peux faire mieux un peu plus tard, mais là j'ai trop mal au dos à force de rester assise devant le computer ;)
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Erina : Coucou, et bienvenue sur ma fic ! C'est super si ça t'as intéressée :) L is perfection. En effet, Light était particulièrement machiavélique au dernier chapitre :3 Le moment cute a fait beaucoup d'adeptes à ce que je vois ! Voilà la suite, j'espère qu'elle te plaira ;)
GekkoNoUta : Ouf, tu m'as fait faire un mini arrêt cardiaque ^^ Oui, Ellen n'a pas eu beaucoup de chance, pauvre elle... Toi aussi rejoins le club des sadiques de la fanfic ;D
Ana : Bijour toi ! Ohhhh, t'aimes pas les moments tristes ? C'est ce que je fais le mieux :( Du coup je vais peut-être faire un happy end (Vous avez peur de déprimer ou quoi ? ^^) Light a quand même géré pour le coup :3 Bon, c'étais assez horrible et tordu comme idée, mais bon on parle bien d'un meurtrier de masse là :P Oui, j'avoue tu as bien deviné, L, le chevalier blanc au secours des demoiselles en péril de viol imminent (cette phrase que je n'aurais pas dû faire tellement sa syntaxe est moche ^^). Eeeet non, notre cher Watari n'avait pas prévu le coup ! Mais sinon il l'aurait fait je t'assure :) Pauvre papy Watari, tu passes vraiment pour un pervers dans ma fic :S Oui, la touche cute me semblait indispensable ^^ Pour le happy end or not, ce sera la surpriiiiiise ! (je ne suis sûre de rien). J'espère que ce chapitre va te plaire, vive les crustacés !
Le sommeil d'Ellen était lourd et L ne se rappelait pas l'avoir vue dormir plus paisiblement, derrière ses écrans. Elle n'avait pratiquement pas changé de position depuis qu'elle s'était assoupie et l'aube l'éclairait doucement. Sur sa peau hâlée, l'hématome qui s'était esquissé la veille tâchait maintenant clairement sa joue. Ses cheveux épais auréolaient son visage. Le détective avait passé le temps en démêlant quelques mèches de ses doigts fins, poussé par la curiosité et le challenge que représentaient certains nœuds.
-Sarah-chan sait certainement qu'il est impoli de ne pas saluer les membres de son entourage, surtout lors d'une relation impliquant une telle proximité, dit L de sa voix atone.
Quand la jeune fille s'était réveillée, elle avait directement rencontré les grands yeux noirs de L. Lâchant le bas de son tee-shirt qu'elle avait gardé fermement dans ses mains durant la nuit entière, elle s'était contentée de le fixer silencieusement.
L'entendre parler la réveilla complètement, et elle se redressa.
-Excuse-moi, tu m'as surprise...
Elle se leva pour prendre un peu de distance, frotta ses yeux et bailla.
-Attend... T'entends quoi par « une relation impliquant une telle proximité » ?! s'affola-t-elle, un peu tardivement.
L posa son pouce sur sa lèvre inférieure, semblant réfléchir.
-Sarah-chan... Je crois que nous sommes amis, prononça-t-il après une légère hésitation.
Ellen fronça les sourcils en repensant à ses partiels. Elle n'avait même pas commencé à réviser. Cette journée s'annonçait apocalyptique.
-Nous ne sommes pas amis, Ryûzaki, déclara-t-elle.
En s'enroulant dans une couverture elle s'assit sur le canapé, totalement abattue. Light avait réussi à l'inculper, et si personne ne trouvait de preuves contre lui elle serait reconnue officiellement comme étant Kira. Une sueur froide descendit lentement son dos quand elle se rappela que la peine de mort était en vigueur au Japon.
-Parmi toutes mes connaissances, tu es ce qui se rapproche le plus d'une amie pour moi.
Elle sourit.
Combien de temps avaient-ils pour coincer Light ? Combien de temps lui restait-il avant la condamnation ? Elle regarda l'horloge murale avec anxiété. 06:40. La simple vision du lever du soleil était douloureuse. Combien d'autres en verrait-elle ?
-Le peu d'informations que tu as obtenues sur moi ont été utilisées pour me manipuler. Jusqu'à présent tu n'as fait qu'exploiter mes faiblesses.
Dans l'immeuble régnait une absence totale de bruit. L'électricité n'avait toujours pas été rétablie depuis la veille.
-Sarah-chan n'a pas tort. C'est d'ailleurs pour cette raison précise que je suis venu m'excuser hier soir.
Ellen hocha la tête pensivement. Une furieuse envie d'enlacer L la prenait. Cette simple idée -qu'elle trouvait trop audacieuse après lui avoir volé un baiser- suffit à la faire rougir. Il vit d'ailleurs sa gêne mais ne fit pas de remarque. Le silence retomba quelques instants pour être brisé par la voix enrouée de la jeune fille.
-Qu'est-ce qu'il va se passer ?
-En tant que première suspecte, tu devrais être enfermée dans une cellule.
Il frottait ses pieds nus l'un contre l'autre. Ellen se dit avec amertume qu'elle aurait une bonne excuse pour sécher les examens. Puis elle remarqua le conditionnel utilisé par le détective.
-Je suis toujours ici.
-Tu es innocente.
Elle rencontra ses yeux. C'était toujours le même choc, identique à la première fois où il avait plongé son regard dans le sien. Ellen n'avait jamais aimé regarder ses interlocuteurs en face. Encore moins lui. Toutes ses pensées les plus secrètes révélées au grand jour, d'un seul battement de paupière. Mais à l'inverse, L restait hermétique. Aucune information ne filtrait de ses iris dont la noirceur n'avait d'égal que celle de ses cheveux.
Paradoxalement, quelque chose la poussait toujours plus souvent à rechercher ce contact visuel.
-Prouve-le, finit par lancer Ellen.
Un air de défi animait le visage de la française. Un sourire s'épanouit sur celui de L.
-La Justice vaincra, dit-il en levant son index dans les airs.
Light discutait avec Takada devant l'université quand il vit une limousine se garer non loin. L en sortit et lui fit signe.
-Light-kun... fit le détective avec une variation presque imperceptible de sa voix, feignant l'étonnement.
-Hideki.
L'étudiant se doutait qu'il serait soumis à un interrogatoire. L savait qu'il était Kira. La petite mise en scène de la veille l'avait-elle amusé ? Ou bien trahirait-il un quelconque attachement pour cette pauvre Ellen ?
-Sarah-chan a eu quelques... Soucis, commença le détective, dont le visage était impassible.
Light fronça les sourcils.
-Comment ça ?
-Elle a été agressée après votre rendez-vous, hier après-midi, expliqua-t-il, ses mains fouillant le fond de ses poches.
-Quoi ? Il ne lui est rien arrivé de grave au moins ?, s'inquiéta le jeune homme avec un cynisme mal contenu.
L éluda :
-Tu es le dernier à l'avoir vue; j'espère que Light-kun ne se sent pas offensé que je l'inculpe de nouveau.
Light sentait la situation lui échapper dangereusement.
-Pardon ? Je n'ai aucun lien avec tout ça. Mon seul tort est de ne pas avoir raccompagné Sarah-san.
-Tu sais pertinemment de quoi je parle.
Ellen. Avait-elle refusé de céder au chantage ou bien L avait-il prit des mesures sans l'accord du reste de la cellule d'enquête ?
-Non. Et que gagnes-tu à m'accuser sans preuves ? Je crois que tu ne supporterais pas de découvrir que je suis innocent, glissa Light avec suffisance.
Si cette peste avait parlé, il trouverait un moyen pour la tuer. Sinon... Son père et les anciens policiers allaient s'opposer à L en pointant du doigt l'absence de preuves concrètes qui justifieraient l'entêtement du détective.
Ce dernier haussa les épaules.
-Quoi qu'il en soit, tu dois me suivre.
La mâchoire de Light se contracta. Son plan était parfait, il avait juste besoin d'un peu plus de temps pour régler des détails qui risquaient de le mener à sa perte. Un après-midi, ou même la fin de cette matinée lui auraient suffit pour s'occuper des finitions.
Le projet titanesque que représentait le Monde Parfait ne pouvait pas être enrayé par un problème de timing.
Il suivit L et entra dans la limousine, déstabilisé. Il avait prévu de noter le nom de la serveuse soudoyée pour éviter qu'elle ne révèle la supercherie. Il l'aurait fait démissionner de son job, préparer ses valises et prendre l'avion avant de mourir dans un endroit où personne ne pourrait la trouver. Light voulait également laver la veste qu'il avait prêtée à Ellen, ainsi que ses vêtements pour éliminer toute trace de son passage à l'entrepôt.
Ça ne pouvait pas se passer ainsi.
L allait certainement l'enfermer dans une cellule sous haute surveillance. Dans sa poche, Light sentait son portefeuille dans lequel étaient pliées des morceaux du Death Note -dont celui qu'il avait glissé parmi les cours traduits destinés à Ellen. Si le détective décidait de le fouiller, il risquerait de tomber dessus. Et découvrirait l'existence des Shinigamis...
-Tout va bien, Light-kun ? demanda L sans daigner tourner les yeux vers lui.
Il était absorbé par la contemplation du paysage.
-Je viens d'apprendre que je suis de nouveau le premier suspect de l'affaire Kira et je ne sais toujours pas pourquoi, alors non, lui répondit Light, presque honnête.
Perché sur son siège, L finit par se retourner vers Light. L'étudiant vit du mépris dans son regard.
-Nier ne sert plus à rien maintenant.
Light s'abstint de répondre. Il était en mauvaise posture et agissait en conséquence. Il arrivèrent à l'immeuble et sortirent de la voiture. Watari le conduit dans une cellule.
-Si elle meurt, tu fournira la dernière preuve qui me permettrait de te livrer à la Justice, l'avertit L depuis l'interphone.
Light serra les poings. Pourquoi L ne l'avait-t-il pas emprisonné quelques heures plus tard ? Il aurait été sûr de n'avoir laissé aucun indice derrière lui. Et il ne pouvait certainement pas tuer Mugi Kotonoha, la serveuse du café, ici : le fait qu'il ait pu garder toutes ses affaires était plus qu'étrange.
Il ne pouvait qu'espérer qu'Ellen se soit tue, et même si c'était le cas L trouverait l'incident des boissons renversées suspect. Ce n'était qu'une question de temps avant qu'il n'oriente ses recherches dans ce sens.
En soi, que Light ait payé une serveuse pour mouiller le haut d'Ellen ne prouvait rien. Il pouvait très bien être un adolescent frustré et pervers. D'ailleurs, il avait fait semblant de lire des magazines pornographique au début de la surveillance de L, cela coïncidait plutôt bien.
De toutes façons il n'avait pas d'autre excuse possible.
Ellen regardait le paysage urbain qu'elle surplombait largement avec un petit sourire. Pour prendre l'air elle était montée sur le toit de l'immeuble. Light venait d'être capturé et elle pouvait respirer de nouveau. La facilité avec laquelle L l'avait fait enfermer sans son témoignage était impressionnante. Elle avait conscience qu'elle n'était pas encore tirée d'affaire, mais avec le meilleur détective au monde de son côté elle se sentait invincible. Elle avait toujours cette épée de Damoclès suspendue au dessus de sa tête, pourtant même ses partiels n'étaient plus un sujet d'inquiétude à présent.
Assise loin des rebords qui offraient une vue vertigineuse des rues de Tokyo, elle défaisait sa tresse pour démêler ses cheveux. Elle fut surprise lorsque ses doigts passèrent facilement entre ses mèches sans trouver autant de nœuds que d'habitude.
Ellen n'avait pas été conviée à la réunion qui avait lieu quelques étages sous elle; L refusait qu'elle en dise plus sur les évènements de la veille, comprenant que Light risquait de la tuer pour ça. Elle avait protesté en rappelant qu'il était maintenant enfermé et qu'il ne prendrait pas un tel risque en sachant que sa mort le mènerait à sa perte, pourtant le détective ne voulut rien entendre : il coupa court à la conversation et partit. Le sommeil réparateur de sa nuit précédente avait redonné confiance à Ellen. Elle avait changé de point de vue et était maintenant prête à en finir avec Kira, malgré la mise en danger à laquelle elle s'exposerait.
Le matin, elle avait raconté son agression à L, ici même. C'était le seul endroit dépourvu de caméras, le seul endroit où elle pouvait parler sans crainte. Il l'avait écoutée attentivement, hochant la tête de façon régulière, recroquevillé dans sa façon habituelle de s'asseoir.
Puis il était reparti en lui interdisant d'assister à la réunion. Entre temps, Ellen était partie manger, avait regardé Light dans sa cellule avec un sourire puérile -bien fait- puis était retournée ici. Le vent poussait de lourds nuages noirs vers l'ouest. Le temps commençait déjà à se rafraîchir. Elle sortit un calepin de sa poche et commença à griffonner quelques bouts de phrases sans queue ni tête, des petits dessins du paysage urbain qui se dressait devant elle, occupant son après-midi comme elle le pouvait puisqu'elle n'avait plus aucune envie de quitter cet immeuble. Les évènements de la veille lui avaient passé l'envie de sortir. La soif la prenait, mais elle n'avait pas le courage de bouger. Quand quelques gouttes mouillèrent l'encre de son carnet, elle décida de retourner dans son appartement.
Une fois assise sur son canapé, elle constata qu'il était déjà 16:30. Ils devaient avoir fini et elle s'ennuyait profondément. Descendant quelques étages, elle rejoignit la salle de travail, une bouteille d'eau entre les mains.
-Mademoiselle Sarah. Vous désirez ? demanda Watari en l'apercevant.
Se rendant compte qu'elle n'était pas venue ici par hasard, elle sourit, légèrement gênée.
-Vous ne sauriez pas où se trouve L ?
Elle but quelques gorgées. Le vieil homme leva le nez des dossiers qu'il feuilletait. Sur la grande majorité des écrans, on voyait Light, assis à même le sol. Il semblait étrangement satisfait.
-Hmmm... Je ne l'ai pas revu après la réunion, il doit être sorti.
Elle hocha la tête, se surprenant à être déçue par son absence. Elle décida d'aller jeter un coup d'oeil sur le toit, juste au cas où. Elle prit l'ascenseur, pensive.
En ouvrant la porte, elle sourit lorsqu'elle vit la silhouette familière du détective. Il pleuvait des cordes à présent, mais cela ne semblait pas le déranger plus que ça : assis contre la rambarde, il était totalement immobile. Quand elle s'approcha de lui, elle remarqua sa tête renversée, ses yeux fermés. Sa pâleur.
-Ryûzaki..? l'appela-t-elle en le rejoignant malgré la pluie et son vertige; il était très près du bord.
Aucune réponse. Son coeur rata un battement. Elle se força à oublier le vide, la ville minuscule à cette distance du sol, la peur qui rendait chaque mouvement difficile.
-Ryûzaki ?
Elle agrippa son épaule et dégagea son front des cheveux qui s'y collaient. Il était trempé, en tee-shirt et pieds nus malgré la météo désastreuse.
-Répond-moi ! s'énerva Ellen.
Evidemment, il n'en fit rien. Elle le traîna avec difficulté vers le milieu du toit, ce simple effort l'épuisa. Il était bien plus lourd qu'il n'en avait l'air. En reprenant son souffle, elle posa son oreille contre sa poitrine. Avec un soulagement intense, elle entendit les battements de son coeur. Il n'était qu'inconscient.
Une bourrasque fit frissonner la jeune fille et lui rappela qu'elle devait se dépêcher de mettre L à l'abri. Elle saisit ses pieds et le tira de toutes ses forces. Enfin arrivée devant la porte, le souffle court, elle parvint à l'emmener jusqu'à la cage d'escaliers. Elle s'apprêtait à aller chercher Watari quand une voix grave et plus que familière retentit.
-Sarah-chan ?
Elle se retourna et vit L, toujours allongé au sol, fixant le plafond.
-Tu vas bien ? s'inquiéta-t-elle en revenant près de lui.
Quand elle lui tendit les mains pour l'aider à se relever, il saisit ses poignets et l'attira vers lui. Leurs corps n'étaient plus séparés que par une dizaine de centimètres, des gouttes s'échappaient de la chevelure d'Ellen pour venir s'écraser sur les clavicules du détective. Ils étaient tous les deux grelottants; Ellen tremblait franchement, tandis que les lèvres de Ryûzaki viraient au bleu. Leurs regards s'affrontaient; les yeux brillants de la jeune fille contre ceux de L, des puits sans fin où la lumière semblait se perdre.
Ellen ne respirait plus depuis qu'elle était dans cette position inconfortable. Elle n'osait pas faire un geste, par peur d'un malentendu. Elle se demandait si L pouvait entendre les battements de son coeur. Ils étaient si forts qu'elle sentait palpiter les artères de ses poignets, pressées par les mains froides du jeune homme.
Il finit par desserrer les doigts et ils se relevèrent. Ils descendirent les marches côte à côte, sans dire un mot. Ellen était plus troublée qu'elle ne voulait se l'avouer. Qu'est-ce qui leur prenait tout à coup ? L s'était toujours comporté bizarrement, mais là cela dépassait l'entendement. Et pourquoi elle ne l'avait pas repoussé ? Son absence de réaction était totalement ridicule. Elle fronça les sourcils tout en frictionnant vigoureusement ses bras. Elle était transie de froid et suivait le détective sans trop réfléchir. Après avoir arpenté des couloirs encore inconnus pour elle, ils avaient fini par déboucher sur une salle de bains. L prit des serviettes et en donna deux à Ellen. Il enleva son tee-shirt détrempé et s'essuya sous le regard légèrement embarrassé de la jeune fille.
-Merci, finit par dire L.
Elle avait enroulé ses cheveux dans une serviette et s'était couvert les épaules dans l'autre.
-Je ne pouvais pas te laisser comme ça, sous la pluie... T'as des soucis de santé en ce moment ?
Il secoua la tête, envoyant une multitude de gouttelettes d'eau autour de lui -y compris sur Ellen, qui grimaça.
-Je n'ai pas consommé assez de glucides ces derniers temps.
Ellen réalisa qu'elle n'avait pas vu L avec des sucreries depuis longtemps.
-Pourquoi ?
Il haussa ses épaules nues tout en défaisant sa ceinture sans prêter attention à l'air éberlué qu'affichait la jeune fille. Elle se retourna quand il ôta son pantalon.
-Hé, tu ne pouvais pas te changer à un autre moment ?
L se gratta derrière la tête.
-Je n'ai pas envie d'attraper un rhume.
-On se déshabille pas comme ça devant les gens.
Elle fit un pas en direction de la porte.
-Personne ne t'as forcée à me suivre. Et à vrai dire, je pense que si tu ne m'avais pas embrassé avant-hier soir tu ne serais pas aussi gênée.
Son visage prit une teinte rouge vif et elle se retourna pour rétorquer :
-Je ne vois pas le rapport ! C'est juste une question de décence, et puis j'étais bourrée alors ne t'imagine pas que te voir en caleçon me fasse un quelconque effet.
Elle se forçait à détourner les yeux de Ryûzaki.
-J'ai une théorie selon laquelle tu embrasses les personnes que tu trouves attirantes lorsque tu es ivre... Tu as mauvaise foi, Sarah-chan, conclut-il.
Elle croisa les bras et soupira.
-Rhabille-toi. Tout de suite.
-Mes vêtements sont trempés, objecta-t-il.
Elle se dirigea vers la sortie.
-Je vais me changer.
C'est ce moment là que choisit L pour faire son premier trait d'humour.
-Watari va te voir nue.
Parce que oui, sa remarque avait l'air de beaucoup l'amuser.
La main posée sur la poignée, Ellen se figea. Le détective lui tapait particulièrement sur les nerfs. Être aussi puéril ne devrait pas être permis.
Malgré le masque neutre et presque candide de cet emmerdeur, la française apercevait la lueur moqueuse de son regard. Elle n'avait qu'une envie : lui faire bouffer sa serviette de bain.
-Ça ne me gêne pas tant que ça qu'il me surveille, finalement. Je suis presque sûre qu'il est impuissant, asséna-t-elle sans aucun scrupule.
Elle sortit de la pièce avec soulagement et se dit que cet après-midi sortait un peu trop de l'ordinaire à son goût. Il se foutait de sa gueule. Allègrement.
Mais peut-être ne faisait-elle que découvrir une nouvelle facette du personnage. Elle se rappelait avoir lu quelque part que L avait trouvé Kira aussi immature que lui, que tous deux détestaient perdre. Peut-être que s'il se comportait ainsi, c'était parce qu'il avait l'impression d'être en position de faiblesse ? Rapidement, elle oublia cette hypothèse. Quand L rabaissait Matsuda, ce n'était pas parce qu'il se sentait inférieur à lui, bien au contraire. La méprisait-il à ce point ?
En regardant autour d'elle, Ellen constata qu'elle s'était perdue dans le dédale de couloirs. Elle se trouvait au dernier étage de l'immeuble et n'était jamais venue ici. Après quelques instants, elle finit par retrouver son chemin et se rendit sans plus tarder dans son appartement.
En se changeant, elle évita de penser aux caméras et essaya d'avoir l'air le plus neutre possible. Pas question d'avoir l'air affectée par le petit manège de cet associable insomniaque et accro au sucre. Arrivée à l'atelier, elle vit que L était déjà là et qu'il venait de finir une conversation avec Light.
Ellen resta à distance, observant successivement le détective, puis Light.
-Alors ? finit-elle par prononcer pour signaler sa présence au jeune homme qui l'ignorait.
L laissait tomber à un à un des cubes de sucre dans une tasse de café. Il contemplait le liquide brun sans le boire pour autant. Watari arriva, friandises à la main. Il n'y porta aucun signe d'intérêt.
Le comportement du détective exaspérait Ellen.
-Qu'est-ce qui ne va pas chez toi ? soupira la jeune fille, mains sur les hanches.
Ce matin, il avait semblé de bonne humeur : il lui avait même souri ! Son comportement semblait avoir changé depuis la réunion.
-Très bien, grinça-t-elle.
Prenant soin de claquer la porte derrière elle, elle prit l'ascenseur et décida d'explorer le dernier étage de l'immeuble; c'était de loin l'activité la plus excitante qu'elle pouvait se permettre ici.
Un ricanement lugubre résonna dans la cellule de Light. Le Dieu de la Mort ne regrettait pas d'avoir laissé tomber son carnet sur Terre.
-Tu es vraiment un humain surprenant !
Light s'autorisa un sourire de satisfaction. Il avait réussi à faire hésiter L : le détective voulait savoir comment Light faisait pour tuer mais savait qu'il prenait des risques conséquents en lui laissant ses affaires à disposition.
Il n'avait pas été question de la serveuse. L n'avait pas l'air aussi perspicace qu'à son habitude. Rien n'était perdu.
Si l'enquête avançait trop à son goût, il pourrait se servir de son Death Note. Il lui suffirait d'ordonner à Matsuda ou Mogi de le libérer puis de mettre le feu à l'immeuble afin qu'aucun membre de la cellule d'enquête n'en réchappe et que tous les ordinateurs soient inutilisables. Il fallait juste que tout se passe rapidement, de façon à ce que L n'ait pas le temps d'intervenir. Dès qu'il le verrait écrire il se douterait de quelque chose.
Light se demandait pourquoi il n'avait pas eu cette idée plus tôt. Un incendie accidentel pouvait arriver si facilement, surtout que cet immeuble venait à peine d'être construit. Finie à la va vite, la construction toute entière pouvait s'enflammer à cause d'une simple erreur dans le système électrique.
Et si L sentait que sa fin était proche ? Peut-être était-ce là l'explication à son comportement singulier. L'étudiant s'étendit sur le lit, seul meuble de la cellule.
Quand le détective serait sur le point de prouver qu'il était Kira, il agirait.
Il n'avait plus qu'à attendre.
Voilààà ! ça vous a plus ? Avez-vous une idée quant au comportement étrange de L ? ;3 ça me semble assez évident, je suis sûre que vous avez tout de suite compris ! En termes de mots, ce chapitre est plus court MAIIIS : il s'y passe pas mal de choses ! La relation entre nos deux lovers évolue (en bien ou en mal...? Difficile de répondre à cette question ^^)
Sinon dites-moi ce que vous pensez d'Ellen (le dessin ^^), vu que j'étais un peu rouillée (ça fait longtemps que je n'ai pas dessiné) j'y ai mis 4-5 heures xD Quelle honte, passer autant de temps sur un visage :O
D'ailleurs, est-ce que c'est plus agréable de pouvoir la visualiser et est-ce qu'elle ressemble à ce que vous vous étiez imaginé ? ;)
Encore désolée pour ce retard, je vais essayer de redevenir plus régulière dans l'écriture des chapitres :$
Bisous à vous toutes, n'oubliez pas le review (sans vos gentils commentaires je crois que j'aurais arrêté cette fic depuis longtemps) !
Sinon, je fais un petit coucou aux lectrices silencieuses ;)
Bonnes vacances :D
