Donc ! Voilà ce dixième chapitre, j'espère qu'il vous plaira, blabla, etc... Bonne lecture !

Megane : J'ai oublié de te répondre sur le chapitre précédent, désolée ^^ C'est ça le truc, au final, ne sont-ils pas devenus plus fou que ceux qu'ils voulaient éradiquer ?...

xxxXxxx

Yue était toujours à genoux, le front appuyé contre le sol, les mains sur ses oreilles, même si elle savait pertinemment que cet acte n'empêcherait en rien la remontée de ses souvenirs. Les larmes de sang coulaient sur la roche sans qu'elle n'y prête attention, tandis que son sein, et ses deux yeux étaient toujours douloureux. Elle n'arrivait même pas à croire tout ce qu'elle voyait. Son clan, la naissance de Ryû, le meurtre, tout. Mais c'était bien des évènements qu'elle avait vécu, sa vie qui défilait devant ses yeux comme si elle était sur le point de mourir.

Après quelques minutes, elle tenta de faire cesser ses larmes, trouvant qu'en fin de compte elle n'avait aucune raison de les verser. Elle se redressa lentement, et se releva. Ou plutôt, elle tenta de se relever. Elle sentait que les Sharingans inversés décuplaient sa vue, et elle n'y était pas du tout habituée. Elle voyait chaque micro-mouvement à l'avance, et c'était valable pour les siens. C'était déstabilisant, parce qu'avant même que son cerveau ait commandé à ses membres de bouger, ses yeux les devinaient à l'avance, et les lui montraient. Elle peinait même à se tenir droite.

Elle essuya du revers de la main les traînées de sang qui partaient de ses yeux, et recouvrit sa poitrine. Puis elle posa lentement le regard sur Itachi en face d'elle, qui affichait un air qu'elle ne sut déchiffrer. Ils restèrent d'interminables minutes à se fixer, aucun des deux ne trouvant quoi dire face à ça. Ce fut Yue qui brisa le silence :

- Je ne compte pas me battre contre vous.

Il ne dit rien, ne bougea pas d'un poil. Lui n'avait pas vus les souvenirs de Yue, il savait simplement que le clan Fukami s'entraînait visiblement dans le but de s'éveiller à ces Sharingans inversés, et contrer les Sharingans du clan Uchiha. Et donc, il n'était pas difficile de deviner que Yue, si elle n'avait pas scellé ses souvenirs, aurait tenté de le tuer.

- Je ne devrai pas rester avec vous.

- Vu comment tu formules ta phrase, il semblerait qu'il y ait un "mais".

- Mais je ne veux pas partir.

Elle détourna le regard, ne sachant vraiment pas quoi dire. Elle avait haïs les Uchiha, comme on le lui avait appris. Puis elle les avait haïs encore plus en grandissant parce que c'était à cause de leur existence qu'elle avait été maltraitée dans son enfance. On les lui avait décrit comme des êtres violents, sanglants, sans foi ni lois. Elle en avait même déjà croisé un, et en effet, il lui avait fait penser à un démon. Avant qu'elle ne le tue.

Mais Itachi était très loin de tout ça. Oui, il lui avait fait peur, oui, il lui avait très mal parlé, mais maintenant elle comprenait pourquoi. C'était parce qu'il savait pour ce qu'elle était. Tandis qu'elle baignait dans son insouciance, lui, avait tout deviné. C'était pour cela qu'il avait changé de comportement vis-à-vis d'elle, et qu'il voulait fouiller dans ses souvenirs.

Et en imaginant qu'il ne lui accorde vraiment aucune importance, lui, il en avait pour elle. Il était la seule personne à s'être intéressé à elle. Le seul qui ne l'avait pas traitée de "stupide" ou "incapable". Qui l'avait regardée, et qui avait vu derrière ses yeux rouges plus qu'un simple problème d'irrigation de la rétine. Elle plongea de nouveau ses pupilles dans les siennes, sur le point de lui dire tout ce qu'elle venait de penser, mais ne sachant pas du tout comment le formuler. Sa bouche parla plus vite que son cerveau, elle inspira profondément, et dit d'une traite :

- En fait, j'aime bien être avec vous les souvenirs sont mauvais mais je ne veux pas vous tuer et j'y arriverai pas parce que même avec ces yeux je suis trop faible et Ryû ne fait pas de mal car je sais.

Puis elle s'arrêta, comprenant que sa phrase n'avait de sens dans aucune langue terrestre. Elle se racla la gorge, et reprit plus calmement :

- Je veux dire, que je ne veux pas partir. Malgré que je sache tout, je n'ai plus de haine envers les Uchiha. Je n'essaierai jamais de vous tuer. Et que de toute façon, même avec les Sharingans inversés, je ne pourrais pas faire grand-chose. Et que maintenant que je sais tout, je pourrai empêcher Ryû de sortir. J'en suis sûre.

Puis elle souffla longuement, et se détourna de nouveau, incapable de soutenir le regard aux Sharingans d'Itachi.

Celui-ci était résolu à obtenir une preuve en image, avant de croire un seul mot sorti de la bouche de la Fukami. Au fond de lui, il savait qu'elle était sincère, mais il était un Shinobi, et il ne pouvait pas se permettre de croire sur parole une personne qui a passé toute sa vie à s'entraîner dans le but de pouvoir un jour le tuer. Il s'approcha d'elle, et dit d'une voix qui ne trahissait aucune émotion :

- Regarde-moi.

Elle ferma les yeux, leva la tête, et les rouvrit. Regarder le paysage défiler devant ses Sharingans inversés était vraiment trop intense, et cela lui donnait des vertiges.

Puis les pupilles d'Itachi tournoyèrent, jusqu'à passer en mode Mangekyô Sharingan, et il plongea dans ceux de sa cadette. Il y passa ce qui sembla être une seconde, récupérant à travers les prunelles rouges et noires de la Fukami ses souvenirs. Et ses sentiments par la même occasion. Et il sut qu'elle était sincère.

Mais leur situation n'était pas normale. Ils ne pouvaient pas rester tous les deux ensemble, et continuer leur mission et même leur vie en binôme avec cette vérité apprise. A n'importe quel moment, Yue pouvait perdre le contrôle, et tenter de le tuer avec ses nouveaux yeux. Elle était trop instable.

Se doutant des pensées de son Senpai, Yue se raidit et promis d'une voix rendue plus aigüe par l'émotion :

- Mais je vous assure, je n'essaierai pas de vous tuer ! Même si Ryû sait tout ça, à présent, au pire des cas, elle essaiera de... Enfin de vous... Enfin vous voyez quoi ! dit-elle en secouant les bras et en rougissant. M-Mais je vous aime beaucoup, et je ne pourrais jamais attenter à votre vie !

Itachi buta sur le "je vous aime". Il n'y avait qu'une seule personne au monde qui lui avait déjà dit ces mots, et c'était son petit frère. Mais ce dernier était en ce moment même en train de s'entraîner durement pour venir le tuer. Lui aussi savait que derrière l'amour, il y avait toujours la haine, et que ces deux sentiments étaient fragiles.

- Je vous en prie, gardez-moi !

Elle posa les mains devant sa bouche, à cause de la stupidité de cette supplication. Puis elle s'inclina -les yeux fermés- et se redressa. Le silence qui suivit lui parut interminable. Itachi était tout proche d'elle, la scrutait intensément, et elle savait qu'elle avait deux solutions : Il la tuait sur le champ pour s'éviter des ennuis, ou il acceptait qu'elle reste, et elle devenait la jeune femme la plus heureuse du monde. Rien que pour ça.

Il lui tourna finalement le dos, pour se diriger vers l'une des parois de la grotte et s'y adosser. Il ouvrit ensuite son manteau jusqu'au milieu du torse, appuya son avant-bras dans l'ouverture, et ferma les yeux. Yue comprit le message : la nuit porte conseil. De toute façon, il savait qu'elle ne tenterait pas de l'attaquer cette nuit.

Puis elle-même se tourna pour se diriger vers le mur en face de celui d'Itachi, avec grand-peine à cause de ses yeux. Elle appela :

- Itachi-san ?

Il rouvrit les yeux.

- Comment vous désactivez vos Shariangans ? demanda-t-elle.

Il regarda une seconde l'étrange posture qu'elle adoptait en ce moment. Elle pliait et dépliait les genoux en de petits mouvements semblables à ceux d'une danse, son buste allait, en de petits mouvements aussi, d'avant en arrière, tandis que ses orteils semblaient jouer un air de piano. Le tout, sans même qu'elle ne s'en rende compte.

Il ne pouvait tout de même pas la laisser comme ça.

- Penses que tu ne les as plus.

Elle ferma les yeux, et pensa de toutes ses forces qu'elle n'utilisait plus ses Sharingans inversés. La seconde d'après, elle ne les avait plus, en effet, ce qui la fit tituber quelques secondes. Elle remercia rapidement l'Uchiha, puis vint s'installer contre le mur qu'elle souhaitait rejoindre.

Et la nuit fut longue.

Elle ne pouvait s'empêcher de penser à tout ce qu'elle venait d'apprendre. Ou plutôt, tout ce dont elle venait de se souvenir. Cela l'effrayait, la faisait douter, mais étrangement, elle n'avait pas aussi peur qu'avant de sceller ses souvenirs. C'était intriguant, et cela occupait toutes ses pensées, mais elle n'était pas tétanisée, elle ne sentait même pas Ryû ou Kenshin tentant de prendre le pouvoir. Elle se sentait apaisée. Parce que même si elle savait tout à présent, elle n'avait pas l'impression de perdre la tête. Peut-être ces cinq ans lui avaient permis de devenir plus forte, au moins assez pour ne plus avoir peur du passé.

Et puis, elle avait l'impression de s'être débarrassée de tout ce que lui avaient fait subir les Fukami, en se liant d'amitié avec Itachi. C'était peut-être un bien grand mot, vu l'ambiguité de la situation actuelle, mais c'est ce qu'elle pensait. Cet Uchiha qu'elle devait détester, elle le considérait comme un ami, et c'était comme un doigt d'honneur à Yûna, à Mugetsu, à Zakuro, et même à ce fou de Yoru, qui avait tenté de lui écrire sa destinée.

De plus, les Fukami n'existaient plus. Quelques semaines après son départ, ils avaient commencé leur décadence secrète. Les recherches de Zakuro avaient été découvertes, et la petite vingtaine de membres restant avait tenté de se greffer les Sharingans. Mais leur haine viscérale envers les Uchiha avait provoqué des réactions de rejet tellement puissantes que les plus chanceux en étaient morts, les autres ayant tués leurs frères puis s'étant suicidés sans même savoir pourquoi.

Minable. C'était le seul mot qui venait à l'esprit de Yue. Voilà où les avaient menés leurs projets, leurs chimères.

Est-ce que le chef de clan, Kôshi, avait été de la partie ? La jeune femme en doutait, et se rappela par la même occasion les dernières paroles qu'il lui avait adressées, à travers Ryû. Il lui avait dit de ne pas se laisser déconcentrer par les Sharingans, le jour où elle croiserait le chemin de l'Uchiha. Il n'avait pas dit "un Uchiha", mais "l'Uchiha". Est-ce que cela voulait dire qu'il savait qu'elle rencontrerai Itachi ? C'était peu probable. Quelqu'un qui peut voir l'avenir, c'est tout de même fou.

Elle mit toutes ses pensées de côtés et s'installa plus confortablement sous son manteau-couverture, et se laissa sombrer dans un sommeil plein de rêves.

xxxXxxx

Huit heures vingt-six quand Itachi ouvrit les yeux. Comme ces derniers jours, il n'avait pas vraiment dormi, mais plutôt somnolé, ses sens encore en alerte, afin de l'avertir du moindre danger. Il ne souhaitait pas avoir à tuer sa cadette si elle perdait le contrôle.

Il se redressa lentement, rattacha convenablement ses cheveux, et se leva. Puis il sentit son coeur se compresser, et, comme d'habitude, il étouffa la fulgurante toux qui s'ensuivit dans sa main. Il dût tout de même poser un genou au sol, car ses jambes semblaient faiblir sous son poids. Enfin, il réussit à se calmer, respira longuement et silencieusement, mais c'était trop tard.

Il l'avait réveillée.

Yue se leva en sursaut, sauta brusquement sur ses pieds, son épée déjà à la main, prête à attaquer l'ennemi. Puis elle vit qu'il s'agissait de son Senpai dans un piteux état, comme elle l'avait déjà vu deux ou trois fois. Elle s'approcha de lui rapidement, en prenant garde de ne pas tomber, et posa sa main sur son dos, pour le soulager du mieux qu'elle pouvait. Il se releva de lui-même en expirant par le nez, et demanda d'une voix monocorde :

- Allons vers un point d'eau.

Sans quitter sa mine inquiète, Yue acquiesça, ne se rendant même pas compte qu'il voulait dire en même temps qu'il ne la tuerait pas. Elle ramassa précipitamment sa sacoche, et le suivit jusqu'à un petit fleuve qu'ils avaient croisé à l'allée.

Itachi se pencha pour se laver les mains et le visage, imité rapidement par sa cadette. Puis, comme c'était plus fort qu'elle, elle demanda :

- Qu'est-ce que vous avez ?

- Une maladie.

- Je sais, merci, mais je veux dire, c'est quoi comme maladie ?

Et elle entendait par là "est-ce que c'est mortel ?". Il retint un soupir et répondit calmement :

- Une espèce de virus, nouveau dans notre monde, qui ronge les parois de certains organes. C'est ce qui déclenche les hémorragies internes, et les toux.

- V-Vous allez trouver un remède, n'est-ce pas ?

Il ne répondit pas tout de suite, et resta un instant accroché aux pupilles rouges de sa kôhai. Il y avait dedans tellement d'inquiétude, qu'il lui dit tout de même :

- Kakuzu y travaille.

- Vous voulez dire qu'il est médecin ?

- Pas vraiment, mais il a quelques connaissances médicales.

Elle hocha la tête pensivement, et imagina Kakuzu, habillé d'une blouse blanche, avec d'énormes lunettes et une touffe de cheveux informe, ricanant comme un fou devant des tubes à essai remplis de substances étranges.

A cette vision mentale, elle ne put s'empêcher d'éclater d'un rire mélangeant nervosité et sincérité, et Itachi fut un instant frappé. C'était très certainement le rire le plus disgracieux qu'il ait entendu de sa vie. Un mélange entre un renard enrhumé agonisant dans la souffrance, et Orochimaru s'étouffant avec un serpent. Mais c'était tellement naturel, tellement maladroit, tellement Yue qu'il dut retenir un sourire en la regardant. Pendant ce temps, elle partait complètement dans son fou rire, non plus seulement à cause de Kakuzu en savant fou, mais aussi parce que le trop plein d'émotion de ces derniers jours avait besoin d'être évacué.

Elle réussit finalement à se calmer, une main sur le ventre et l'autre dans le dos rendus douloureux par le rire, puis croisa le regard de son Senpai, et son sourire s'agrandit de nouveau :

- Kakuzu-san est effrayant, et il en veut visiblement à ma vie, mais si vous lui faites confiance, je suis sûre qu'il trouvera une solution !

La niaiserie. Itachi ne se retint pas de soupirer cette fois.

Ils se remirent en route, allant à pas assez rapides, malgré les sommations de Yue pour que son Senpai ne se force pas, et après encore quelques heures de marches, ils arrivèrent dans un village de taille moyenne du pays de la Foudre. Encore une fois, ils s'attirèrent les regards effrayés, enragés, et même outrés des villageois, et si Yue en fut quelque peu gênée, toujours pas habituée à la notoriété, Itachi ne sembla y prêter aucune attention. Alors qu'elle commençait à avoir faim, ils se retrouvèrent face à un hôtel trois étoiles, et l'Uchiha se stoppa un instant. Il ferma les yeux, souffla longuement, et entra, suivit par sa cadette.

Immédiatement, deux jeunes femmes brunes, très jolies mais néanmoins trop maquillées, se jetèrent sur eux :

- Bienvenue à l'Auberge de foudre, l'endroit où les nuits sont électrisantes !

- A la recherche du coup de foudre, d'un coup de défibrillateur, où de tout autre chose d'aussi foudroyant ? Vous êtes tombés au bon endroit !

Yue se demanda comment il se faisait que ces femmes ne semblèrent pas choquées par le manteau qu'ils portaient, mais la voix assez aigüe de l'une d'entre elles s'éleva à nouveau :

- Oh, c'est vous Uchiha-san ! Cela faisait longtemps !

Les yeux de la Fukami s'écarquillèrent. Ils venaient bien de rentrer dans un bordel dissimulé derrière un hôtel trois étoiles, là ? Et Itachi était un habitué ? Elles le connaissaient ? Donc... Ils les avaient déjà sollicitées ?

Itachi soupira de nouveau, et répondit calmement :

- Nous sommes en mission, cette fois encore.

- Bien sûr, votre chef nous a prévenues à l'avance. Hoshigaki-san n'est pas avec vous ? demanda-t-elle en regardant Yue.

- Il est mort.

Toutes les trois clignèrent devant la froideur du ton d'Itachi. Il se souvint que la dernière fois qu'il était venu, il avait passé trois nuits insupportables durant lesquelles Kisame s'était complètement lâché avec des "employées" de l'endroit. Il chassa de son esprit les images et les sons qui lui revenaient, et la jeune femme reprit :

- Au fait, mademoiselle, dit-elle à l'adresse de Yue, un air gêné sur le visage, puis-je savoir à qui ai-je l'honneur ?

La Fukami fut un instant surprise d'être enfin considérée, mais répondit simplement :

- Fukami Ryû.

L'autre répondit un "bien" peu enthousiaste et entraîna le duo à travers les couloirs pour les mener à leur chambre. L'endroit entier était extravagant : des couleurs comme le rouge, l'orange, le violet, le bleu électrique ornaient les murs, les rideaux, les sols, et même certains meubles. Même si ça en jetait à première vue, on voyait en regardant mieux que ce n'était que du toc, des imitations, et que ce n'était certainement pas cela qui avait valu à cet hôtel l'honneur d'avoir trois étoiles.

L'une des deux femmes s'éclipsa, tandis que l'autre se tournait face aux deux acolytes, un grand sourire plein de rouge à lèvre affiché sur son visage :

- En ce qui concerne les paiements...

- Nous ne savons pas encore combien de temps nous resterons, mais nous vous paierons au moment de partir.

- Très bien, répondit-elle d'une voix mielleuse. Ai-je besoin d'expliquer à la demoiselle ce que nous proposons ici ?

- Non, répondit Itachi, cassant.

- Trrrrès bien. Je peux vous laisser ou vous avez encore besoin de quelque chose ?

- Ca ira.

Elle leur adressa un dernier sourire avant de leur tendre les clés et de rebrousser chemin, sans se rendre compte que sa démarche sensuelle et gracieuse rendait Yue jalouse d'admiration, elle qui ne savait pas se déplacer sans tomber.

Itachi ouvrit la porte lentement, et entra, suivit de très -trop- près par sa cadette, les joues rouges de honte. Elle leva les yeux et remarqua avec horreur qu'il n'y avait qu'un seul lit. Elle paniqua, bégaya, rougit encore plus, sortit des mots dont le sens serait à jamais mystérieux. Pendant ce temps, l'Uchiha s'était approché de l'armoire et y avait déposé son manteau, pas dérangé par le lit, par les murs, ou par l'odeur de transpiration pas tout à fait estompée. Il se dirigea vers l'une des fenêtres pour l'ouvrir, mais ce fut une odeur de nourriture qui vint alors remplir la pièce. Un plat typique du pays, vu les épices reconnaissables.

Yue le regardait faire avec attention, en déglutissant difficilement à chaque fois, et sursauta en entendant la voix d'Itachi :

- Tu comptes rester là longtemps ?

Une sorte de "hein ?" hébété lui échappa, avant qu'elle ne se mette en mouvement. Elle retira aussi son manteau et le plaça dans l'armoire, puis retira sa sacoche mais posa tout de même sa chère Tatsuya, fidèle arme, près du lit. Puis elle croisa les mains dans son dos et se balança d'avant en arrière, pendant que son Senpai semblait occupé à détailler l'épée. Il lui accorda finalement toute son attention lorsqu'elle demanda :

- A-A propos de la mission... On va commencer par chercher où ?

- Le Sud. C'est là qu'Iwako a été aperçu pour la dernière fois. Nous ne savons rien de son état, ni s'il est accompagné ou pas, alors il faudra que tu sois prudente.

- D'accord. Vous pensez que ça va prendre longtemps ?

- Je ne sais pas. Je te le dirai lorsque nous l'aurons localisé.

- Ok.

Puis un silence qui sembla gênant à Yue s'imposa. Sa nervosité étant toujours apparente d'une manière ou d'une autre, elle attrapa une mèche de cheveux qu'elle commença à triturer dans tous les sens. Il était encore tôt, alors elle se demanda ce qu'ils allaient bien pouvoir faire cette après-midi, mais Itachi anticipa sa question :

- Je vais dormir un peu, et toi tu vas visiter.

Un ordre. Prononcé très calmement, mais bien un ordre.

- Je ne suis pas sûre d'avoir envie de... Enfin c'est... Je ne vois pas ce que j'ai à faire au milieu des... prostituées.

L'Uchiha se retint de se pincer l'arrête du nez. Pour lui c'était évident, mais il n'avait pas pris en compte le fait que la demoiselle soit si... Naïve ?

- Ce ne sont pas que des prostituées, elles ont aussi la fonction d'hotesse.

Yue se raidit. Elle hocha la tête et recommença à jouer avec ses cheveux, puis se tortilla sur elle-même. Après peut-être une minute sous le regard de son Senpai, la question lui brûlant la langue, elle demanda :

- Vous y avez déjà eu recours ?...

Itachi eut un mince sourire. Il s'attendait à ce qu'elle le lui demande. Il reprit son air neutre avant de répondre :

- Non.

La jeune femme éclata d'un rire nerveux, une fois de plus, puis se dirigea vers la sortie. Itachi soupira, se changea pour un pantalon confortable et un T-shirt simple, puis s'installa dans le grand lit. Yue n'était pas assez attentive pour le remarquer, mais il était très pâle depuis le matin, et son coeur lui faisait vraiment mal. Mais cacher ses émotions, c'était sa spécialité. Il ferma les yeux, sans pour autant baisser sa garde, et se laissa lentement aller vers la somnolence.

De l'autre côté de la porte, Yue se sentait soulagée. Elle se mordit la lèvre, puis effaça tout cela de son esprit et marcha à travers les couloirs. Elle ne savait pas du tout que faire, et en y réfléchissant, le fait que ces femmes ne soient pas des que de simple femmes de plaisir mais également d'épouvantables hotesses ne lui permettait toujours pas de savoir ce qu'elle devait faire avec elles. Elle soupira, et cligna des paupières en se retrouvant une nouvelle fois dans le hall lumineux.

Directement, la femme qui l'avait accueillie juste avant se jeta sur elle, une nouvelle fois :

- Je peux faire quelque chose pour vous, Fukami-san ?

- Euh... Vous pourriez me dire où je peux prendre une douche ?

- Oh... Il y a une salle de bain collée à votre chambre...

La Fukami réfléchit un instant et se rappela qu'effectivement, il y avait une porte dans le mur de sa chambre. Elle adressa un sourire gêné à l'employée et répondit :

- Désolée, je n'avais pas fait attention.

L'autre eut un sourire forcé, et un silence s'installa. Il fut brisé par l'hôtesse :

- Vraiment désolée mademoiselle, nous n'avons vraiment pas l'habitude de recevoir des femmes, ici.

- Je ne pense pas que ça soit grave.

- Désolée de vous poser cette question, mais êtes-vous attirée par les femmes ? Si c'est le cas, je peux appeler quelqu'un pour s'occup-

- Oh n-non, répondit Yue en plaçant ses bras devant elle, affolée. Pas du tout. J-Je suis juste là pour une mission ! Mais ce n'est pas grave s'il n'y a rien pour moi, je vais me contenter des restaurants !

- Bien sûr. Je vous y emmène, proposa l'autre, pressée de changer de sujet.

Yue acquiesça et se laissa guider vers l'origine des effluves de nourriture. Là se trouvaient la plupart des clients, tous des hommes, à l'exception d'une femme. Ils étaient tous d'âge différents, et ne ressemblaient pas vraiment à l'image du pervers fréquentant des femmes de plaisirs, du moins, pas à l'image que la jeune femme s'imaginait. Elle s'éloigna de son accompagnatrice avec un dernier regard reconnaissant, et détailla à nouveau la pièce. Un grand endroit, assez rustique, quoique trop coloré, ou de nombreuses tables de tailles différentes trônaient en vrac, laissant aux clients le loisir de s'asseoir où ils le voulaient. A côté, dans un coin de la pièce, un petit bar, et de l'autre, de nombreux frigos qui contenaient des plats à réchauffer.

La Fukami se dirigea vers l'un des frigos, attrapa deux plats, l'un poulet-riz et l'autre riz en sauce au soja, puis tourna sur elle-même pour savoir à qui elle devait payer. Voyant que personne ne semblait être du personnel, elle s'approcha du serveur au bar, et lui demanda en tendant son repas :

- Je dois payer ça à qui ?

- Est-ce que j'sais moi ? répondit l'autre d'une voix rustre.

Yue haussa les épaules, se disant que ce n'était pas la première fois qu'elle volait un repas, et que de toutes façons, c'était de la faute de l'établissement, puisqu'il n'était pas assez bien organisé. Un léger sourire aux lèvres, elle quitta la grande pièce et chercha son chemin quelques secondes avant de sortir de l'hotel.

Une fois dehors, elle respira une grande bouffée d'air frais, puis enfourna ses articles volés dans sa sacoche. Elle regarda le ciel, mais il était encore trop tôt pour voir la lune, alors elle marcha lentement dans les rues de cette ville un peu plus grande que celle dans laquelle elle avait résidé lors de sa première mission.

Se souvenir. Yue se rendait à présent compte que même si c'était douloureux, même si elle voyait des choses qui ne lui plaisaient pas, c'était bien mieux et bien plus sécurisant que de ne rien savoir sur soi-même. Elle se sentait plus apte à avancer, et se dit qu'il faudrait peut-être qu'elle remercie Itachi pour cela, et Masato pour lui avoir débouché les oreilles. Elle sourit en imaginant la tête triomphante du vieil homme, qui avait cette incroyable capacité à cerner les gens en peu de temps. Il appelait ça le "Trois coups d'oeils furtifs No Jutsu", en plaisantant : D'abord, il observait l'apparence, puis la posture, et le langage. Rien qu'en entrant dans une pièce, et en écoutant quelques phrases prononcées par une personne, il était déjà capable de dire de quel pays elle était originaire, son statut social et familial, sa puissance en cas de Shinobi, et d'autres choses que Yue n'avait pas vraiment écoutées.

La jeune femme sentit un léger mal de ventre, comme des nausées, et fut prise de quelques vertiges. Elle desserra son obi, pensant que ça la soulagerait, ne se souciant pas des regards curieux qu'elle recevait à se débrailler en pleine rue. Peut-être avait-elle juste faim. Elle entra dans une boutique, et ressorti avec un paquet de chips aux oignons. Mais à la première bouchée, elle eut envie de tout vomir. Prenant appui sur ses genoux pour se calmer un peu, elle commença enfin à comprendre ce qui lui arrivait.

Kenshin.

Et comme à chaque fois, un sentiment d'insécurité bien connu lui tirailla les entrailles. Elle savait que si sa troisième personnalité décidait de sortir, c'était en général parce qu'un danger la guettait.

Elle buta contre un homme apparemment lambda, mais elle n'eut pas de mal à sentir rapidement qu'il s'agissait d'un Shinobi de rang Jônin. Sentant dans le regard de Yue qu'il avait été démasqué, il demanda à voix basse :

- Akatsuki ?

- Qui êtes-vous ?

- Chasseur de prime d'un groupe de Shinobi anonymes. Et vous ? Je ne connais pas votre visage.

- Vous l'aviez deviné. Que me voulez-vous ? répondit-elle d'un ton trop sévère pour être le sien.

- J'ai été envoyé par un supérieur, pour vous proposer une collaboration afin de rechercher le Nukenin Iwako.

Elle éclata d'un rire gras. Ou plutôt il. Kenshin était bien plus rapide que Ryû pour prendre le contrôle du corps. Il répondit :

- Faire une alliance avec l'Akatsuki ? Vous savez quelle sera votre réputation si cela se découvre ?

Le Ninja fut décontenancé par la voix extrêmement grave avec laquelle lui parlait cette fille de l'Akatsuki :

- Cela se découvrira forcément si vous parlez aussi fort.

Kenshin rit de nouveau. Il n'aimait pas spécialement les Shinobi, lui qui avait choisi la voie du sabre. Il secoua la tête, en se massant les reins, et avant de se détourner, lança à l'autre :

- Revenez me voir demain peut-être. Ou adressez-vous à mon... acolyte. Je ne suis pas apte à vous aider ce soir.

Et il continua son chemin tranquillement, appréciant d'apparaître après des mois d'inactivité. Il regarda brièvement le corps dans lequel il était condamné à vivre, et soupira. Lui, quarante-quatre ans, coincé dans le corps d'une jeune femme de petite taille. Mais même si cela était parfois dérangeant, ça restait supportable. Depuis que le subconscient de Yue lui avait donné naissance lorsqu'elle avait emmagasiné, en volant certains souvenirs de ses victimes à l'aide de Genjutsu, assez de maturité pour créer une troisième personnalité, il s'était habitué à cet état, surtout qu'elle était encore très jeune à l'époque. La seule chose qui le dérangeait vraiment, était les tenues assez osées que portait Yue, un look qui lui était inconsciemment imposé par Ryû.

Oui, c'était compliqué, lui-même ne comprenait pas tout, parfois. Il savait qu'il partageait ce corps avec une jeune femme un peu hébétée, et une trentenaire trop vieille pour les galipettes qu'elle faisait avec n'importe qui.

Il regarda distraitement le ciel, sans cesser sa marche, puis se massa la nuque. Il avait envie d'un bon verre de saké. Cela faisait longtemps aussi. Il ne pouvait mener la vie qu'il voulait à cause de ce corps dans lequel il résidait. Le visage si enfantin de Yue ne lui permettait pas d'entrer dans des bars à boissons alcoolisés, son corps mince n'était pas taillé pour les combats longs à l'épée, et évidemment, il n'avait jamais touché de femme.

Il s'arrêta une demi-seconde. Comment cette sale mioche avait-elle osé laisser sa précieuse Tatsuya à l'hôtel ? Il grogna bruyamment, se disant qu'un jour il ferait la peau à Yue pour être aussi étourdie, et traiter avec aussi peu de respect sa compagne de tous les combats. Mais même si elle oubliait toujours son épée dans des endroits parfois insolites, qu'il lui arrivait de ne pas s'en occuper pendant un moment, Kenshin ne pouvait jamais en vouloir longtemps à Yue

Il avait ce lien particulier avec elle, même si, évidemment, ils ne s'étaient jamais parlé. Il ressentait moins bien les émotions que Ryû, mais il trouvait que Yue avait un quelque chose de... Touchant. Elle avait l'âge d'être sa fille, c'est pourquoi il se faisait un devoir de la protéger elle, si elle en avait besoin. Et lui-même se trouvait fou de s'aimer et de vouloir se protéger, parce qu'il était bien le plus lucide des trois par rapport à leur situation. Il ne savait pas si lui était fou, ou si Yue l'était. S'il était réel, ou s'il n'était qu'un fragment de l'esprit de la Fukami. Techniquement, c'était ce qu'il était, mais il avait ses propres sentiments, sa propre façon de voir les choses, de les ressentir, et il se demandait si cela faisait de lui une personne à part entière.

Il passa sa main sur son visage trop fin à son goût, et bailla. Il n'était pas vraiment fatigué, mais il n'avait pas l'habitude de réfléchir autant en si peu de temps. Et puis l'odeur de ses chips aux oignons était tout simplement infecte ! Comment pouvait-on manger ce genre de chose ?

Néanmoins, ses pensées finirent par être occupées par Itachi. Il savait que Yue avait rejoint l'Akatsuki, et qu'elle était en binôme avec l'Uchiha. Lui aussi avait entendu les dernières paroles que leur avait adressé le Shaman. A propos de croiser le chemin d'un Uchiha. Ryû n'y avait prêté aucune attention, Yue se questionnait encore, tandis que lui, avait déjà compris.

Mais ça ne le regardait pas.

Il regarda discrètement quelques belles jeunes femmes passer, puis chercha du regard un maréchal-ferrant, mais se rappela que Yue avait laissé Tatsuya à l'hôtel. Soupir. Cette fille était vraiment trop étourdie.

Qu'avait-il donc à faire ? Pas grand-chose, dans ce village apparemment paisible. Il s'étira, se réjouissant tout de même de sa souplesse, malgré son âge, et se cacha entre deux maisons. Il était déjà temps de rentrer. Dire qu'il n'avait encore rien fait... Mais c'était tout de même mieux de disparaître que de vagabonder, avec sa démarche typiquement masculine, sa voix rauque, ses expressions parfois trop osées, au risque d'éveiller des soupçons.

Le corps de Yue s'affaissa contre un mur, tandis que ses pupilles devenaient complètement noires. Puis, au bout de quelques secondes, elles reprirent leur couleur poupre, tandis que Yue reprenait conscience. Elle regarda un peu autour d'elle, pour savoir où elle était, mais ne reconnut pas l'endroit. Elle fit quelques pas et se retrouva de nouveau dans l'allée principale du village, puis se rappela. Elle passa une main dans ses cheveux, en souriant légèrement.

Kenshin avait un don pour sentir le danger.

Elle suivit le chemin jusqu'à l'hôtel, ayant la brusque envie de rentrer, lassée par l'inactivité de ce village. Une fois à l'intérieur, elle ignora l'hotesse qui s'approchait d'elle, et prit directement la direction de sa chambre. Elle y trouva Itachi couché sous les draps se soulevant au rythme de sa respiration.

Il semblait si calme.

Elle s'approcha de lui, doucement. Depuis sa crise du matin, il semblait vraiment mal. Elle savait qu'il devait certainement souffrir, mais elle ne pouvait rien faire pour l'aider, alors elle préférait garder le silence, pour ne pas l'énerver. D'un mouvement lent, elle retira ses gants, et posa sa main sur le front de son Senpai. Il n'était pas trop chaud. Peut-être le fait d'avoir dormi l'avait calmé un peu...

Cependant, il ouvrit brusquement les yeux, et contrairement à ce qu'il pensait, Yue ne s'écarta pas. Il l'avait senti arrivé et avait attentivement suivit chacun de ses mouvements.

Elle lui adressa un léger sourire, un peu gêné, et lui demanda :

- Vous avez faim ?

- Non.

Elle ignora cette remarque. Il disait toujours qu'il n'avait pas faim, que ce soit le cas ou pas. Elle se releva et sorti de sa sacoche les deux plats qu'elle avait... Pris. Elle lui tendit celui au riz à la sauce soja, et garda celui au poulet, qu'elle commença à manger, et trouva que même froid, le plat n'était pas si mauvais. Elle s'assit à même le sol, en tailleurs dans un coin de la pièce, et continua son repas en regardant Itachi du coin de l'oeil. Elle voulait qu'il mange.

Celui-ci se redressa lentement, l'assiette de riz dans ses mains, remit convenablement les draps avec agilité, s'assit gracieusement et commença à manger lentement, sachant bien que sa cadette l'observait.

Yue recommençait à se demander comment allait se passer la nuit, à cause du lit unique. Sa gorge se noua, rendant le passage de la nourriture plus difficile, et plus lent. Une fois qu'elle eut fini, elle se leva, attrapa l'assiette vide son aîné, et sorti de la chambre en vitesse, chercher quelqu'un à qui remettre tout ça. Elle retourna dans le restaurant, constata une fois de plus que personne ne lui accordait d'attention, et profita que le serveur soit retourné pour déposer les plats sur le bar, et repartir très rapidement.

Elle s'arrêta une seconde devant la porte, souffla, avant de tenter de prendre une mine neutre et d'entrer. Sans vraiment regarder ce qu'elle faisait, elle sorti de sa sacoche une serviette, qu'elle posa sur son épaule, et se dirigea vers la porte du mur de droite. Et une fois de plus, ses yeux furent agressés par les couleurs. Des murs orange, le sol recouvert d'un horrible carrelage rouge, une baignoire, une douche et un lavabo violets, au-dessus duquel un grand miroir trônait.

La jeune femme referma la porte, retira prestement ses vêtements, et fit couler l'eau dans la baignoire. Elle se mit ensuite sous le jet d'eau de la douche, se frotta énergiquement, puis se posta devant le miroir. Ses cheveux avaient un peu poussé, mais elle souhaitait les garder courts. Elle se demanda même si elle n'allait pas les couper encore plus courts, car elle n'aimait plus vraiment qu'ils soient longs. Question pratique, pour les combats et pour les entretenir. La pensée qu'Itachi avait des plus beaux cheveux qu'elle lui traversa rapidement l'esprit, mais elle s'en débarrassa. Elle regarda ensuite l'oeil au Sharingan sur son sein, et soupira. Maintenant que ses souvenirs étaient revenus, elle savait pourquoi ses trois yeux avaient pris la même forme que ceux d'Itachi. Puis elle tourna le dos au miroir, se tordit un peu pour regarder le tatouage qu'elle avait sur le rein. Comme une carte d'identité qu'elle ne risquait pas de perdre.

Pourquoi à cet endroit, plutôt qu'un autre plus visible ? Parce qu'elle trouvait simplement que c'était le plus joli endroit. Et que d'après le tatoueur, c'était également là que ça faisait le moins mal.

Une fois la salle remplie de vapeur, elle entra lentement dans la baignoire, appréciant le contact brûlant de l'eau. Tellement longtemps qu'elle n'avait pas fait ça. La dernière fois, c'était la capture d'un Nukenin de rang S qui lui avait permis de se payer un court séjour aux onsens. Jamais elle n'oublierait cela.

- Vous devriez aussi en profiter pour vous détendre, vous deux, lâcha-t-elle dans un soupir de bien-être.

Une sensation de chatouillis dans le ventre et un petit vertige lui répondirent.

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Une bonne demi-heure plus tard, Yue refit enfin surface, habillée d'un de ses T-shirt d'amour, mais portant tout de même un sous-vêtement en-dessous. Elle s'arrêta devant la porte de la salle de bain, ses vêtements et sa serviette étroitement serrés dans ses mains.

Itachi était assis, adossé contre la tête de lit, et lisait tranquillement. La nervosité qu'avait montrée sa cadette depuis qu'ils étaient arrivés était exaspérante, mais c'était bien digne d'elle.

- Est-ce qu'il y a un service de...

- Mets tes vêtements par terre dans la salle de bain. Quelqu'un viendra les chercher.

- D'accord.

Elle fit demi-tour rapidement, posa ses vêtements près de la douche et revint à son poste, triturant ses doigts, attendant... Elle ne savait pas vraiment ce qu'elle attendait. Elle n'imaginait pas Itachi lui lancer un joyeux "Bonne nuit !" puis s'étendre de tout son long dans le lit, et la laisser dormir par terre, et elle n'avait pas vraiment envie de prendre le lit alors que lui était malade, mais en même temps, dormir avec lui semblait inenvisageable, et une nouvelle fois, elle sentit son cerveau s'échauffer à imaginer la suite, mais ce fut finalement Itachi, sans lever les yeux de son livre, qui lui lança :

- Viens dormir.

Elle hocha la tête lentement et s'approcha du lit en tiraillant le bas de son T-shirt, puis de mouvements robotique, elle s'installa sous les draps jaunes. Contrairement à ce qu'elle avait imaginé, ils sentaient le propre et étaient assez doux, ce qui la mit encore plus mal à l'aise. Dans son dos, Itachi était tout simplement immobile, parfaitement calme, concentré dans sa lecture, et la Fukami s'en senti soulagée. Elle tenta de se détendre un peu, de refroidir ses joues empourprées, et de dormir. Puis elle regarda dehors, et vit que le soir commençait à peine, et qu'il était bien tôt pour dormir. Mais il n'y avait rien à faire, et son Senpai semblait vouloir commencer la mission le lendemain.

Elle ferma les yeux, et se laissa lentement absorber par le sommeil, ne se doutant pas que plus tard dans la nuit, son réveil serait mémorable.

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