Entre nous, j'ai merdé...
Code MSK : 10, le dernier espoir.
Light atteignit le sol dans un petit son de coussinets de chats. Il détacha précautionneusement le système d'assurage qui lui avait été attaché à la ceinture. Il avait craint que les draps qui lui avaient servi de lien ne cèdent lors de leur descente d'une dizaine d'étages, mais par chance cela n'avait pas été le cas. Enfin, si, ç'avait été le cas de Misa, mais Rem l'avait rattrapée au vol et posé en douceur sur le sol sous les yeux écarquillés de Mogi qui se chargeait de les descendre.
Il fit signe au policier que tout était ok et celui-ci referma la fenêtre.
« Tout va bien, Light chéri ? » demanda-t-elle en souriant d'un air complice. « Viens, je connais le moyen de nous faire dégager au plus vite. »
Elle s'éloigna de lui en sautillant et héla un automobiliste. Celui-ci connaissait visiblement Misa-Misa puisqu'il la supplia presque d'accepter de monter dans sa voiture. Light suivit et l'homme les conduisit jusque devant chez lui en échange d'un simple autographe.
Là, Light ouvrit la porte avec frénésie et ne prit pas la peine de répondre au salut de sa mère. Celle-ci, surprise, ne fit aucune remarque lorsqu'elle aperçut Misa qu'il tirait par le poignet avec un empressement non feint. Sayu, en revanche, pouffa.
Arrivé, Light repoussa Misa sur le lit. Elle s'y assit tandis qu'il allumait précipitamment son ordinateur.
« Allez, vite, viiite… » s'emporta-t-il en donnant des coups à la machine.
Misa s'étala sur le lit, prit une pose séductrice et le regarda faire avec amusement.
« Ce n'est pas ça qui va le faire marcher mieux, remarqua-t-elle.
-Fine observation, railla Light, à bout de patience.
-Et si on prenait notre temps, histoire de les laisser tuer la police et L ? »
Light piaffa.
« J'y ai pensé, qu'est-ce que tu crois. Mais elles sont rapides. Elles pourraient nous trouver avant qu'on ait fini. L pourrait même les retourner contre nous, ça ne m'étonnerait pas de lui. »
Misa se fit songeuse. Light était encore plus sexy quand il s'emportait. Elle regrettait qu'il ne s'y laisse pas aller plus souvent. Elle aurait adoré qu'il cède un peu, ç'aurait pu être si amusant entre eux. Elle gloussa.
« C'est bon ! » s'exclama Light.
Il ouvrit sa boite mail. Le transfert de données mit quelques minutes.
« Sort-le » exigea-t-il.
Misa avait caché son Death Note dans ses sous-vêtements, mais elle obéit sans tarder, renonçant à son premier plan de jeu coquin. Elle arracha quelques feuilles qu'elle lui tendit. Light, en retour, lui balança un stylo à la figure.
Sur l'écran, un bon millier de noms s'affichait.
Au travail.
xxx
« Light n'est pas là ? » s'emporta Mitsuki.
Le brouhaha reprit de plus belle. Chaque Mary-Sue donnait son avis, se coupait la parole et montait le ton plus que l'autre. Mello eut un petit sourire machiavélique. Matt, lui, leva les bras en signe d'innocence – tout en repoussant du pied son ordinateur sous son siège –.
« Je rêve ! s'exclama l'une des filles. Et comment je suis censée assassiner ce connard s'il s'est fait la malle ?
-Tu ne l'aurais pas assassiné même s'il avait été là, siffla une autre.
-SILENCE ! »
L'aura naturelle de leader de Mizuki reprit le dessus. Toutes les filles se turent.
« Bon, on va être calmes. Vous allez toutes sortir en rang deux par deux, histoire qu'on y voit plus clair. Sauf les meilleurs cambrioleuses et enquêtrices. Je veux qu'elles restent avec moi pour fouiller la suite. S'il n'y est pas, on cherchera comment il s'est barré. »
Aussitôt, les trois quarts des filles protestèrent.
« ON OBEIT, J'AI DIT ! » gueula Mitsuki et les monstres matés s'y plièrent.
J'espère qu'elles ne vont pas laisser filer les petits malins du bureau d'enquête.
« Bien, fit-elle lorsque le calme fut revenu. »
Il restait une dizaine de Mary Sue dans la pièce. C'était nettement plus respirable, mais on s'y sentait toujours à l'étroit. Sur un mot de sa part, elles se mirent à fouiller les moindres recoins de la pièce et elle-même s'autorisa un petit moment d'autosatisfaction.
« Tu fais quoi ? demanda-t-elle mielleusement à l'une d'elles qui lissait un petit bijou de balistique avec de la peau de chamois.
-Je suis assassin. J'entretiens mon matériel pour lui trouer la cervelle quand je le verrai.
-J'ai dit pas d'assassin, rétorqua Mitsuki. Dehors ! »
Et elle la balança par la porte à la suite de ses collègues.
« Il n'y a personne, dit l'une des filles en revenant.
-Il s'est enfui…
-Oui, par la fenêtre.
-Il a dû recevoir l'aide d'un Dieu. Ou…
-On n'a pas retrouvé la literie dans les chambres.
-Si ça se trouve, L aussi est un vampire. »
Ignorant la remarque fort pertinente, Mitsuki se rua vers les caméras de télésurveillance.
« Visionnez-moi toutes une portion de la ville, ordonna-t-elle. La première qui les aperçoit aura son plus grand désir de réalisé. »
Aussitôt, toutes les femelles se précipitèrent. Mitsuki secoua la tête d'un air navré. Il n'y avait pas besoin de beaucoup d'imagination pour comprendre ce à quoi la majorité des filles avait pensé. En bonne féministe-quoi-que-japonaise qu'elle était, Mitsuki avait pourtant un net mépris pour les choses de l'amour – pas de chance avec son apparence –.
Elle reporta son regard sur Matt qui suait à grosses gouttes.
Et soudain, elle remarqua ce qu'il tentait de dissimuler et que la foule avait si bien masqué.
Son ordinateur.
Elle se précipita.
Elle alluma l'écran et aperçut ce qu'il n'avait pas eu le temps de finir de cacher. Sur l'espace scintillant, un nombre impressionnant de prénoms entachaient l'espace immaculé. Que des filles. Des filles, partout, de toutes les nationalités, de dix à quarante ans… à en croire les photos.
Ce n'étaient pas des Mary Sue. Elle n'y reconnaissait personne.
Personne, sauf une jeune fille.
L'auteure qui l'avait créée.
Mitsuki sentit son sang se glacer. La voix de l'une des filles s'éleva dans son dos.
« Ils sont partis chez Light Yagami ! »
