Chapitre 10 : Il suffit de demander
Le lendemain matin, Sirius arriva dans la grande salle le dernier. Et il fut surpris de voir qu'une grande agitation animait les élèves. L'épreuve était pourtant terminée et ils avaient fêté ça dignement dans la salle commune hier soir. S'approchant de ses amis pour leur demander ce qu'il se passait, il fut coupé par Aurore qui frappa violemment du poing sur la table en se levant d'un bond.
- Où est-il ? demanda-t-elle furieusement en articulant bien chaque mot.
"Qu'est-ce que j'ai encore bien pu lui faire ?" se demanda Sirius.
- Je suis là, répondit-il tout de même.
- Salut Sirius, dit James. Il était temps que tu arrives.
- Oui mais...
Soudain, Aurore se précipita sur lui et demanda en l'agrippant par le devant de sa chemise :
- Est-ce que tu l'as vu ? Tu sais où il est ?
- Qui ?
- Ne le cache pas ! Si je l'attrape, je l'éventre ! explosa-t-elle.
- Alors ce n'était pas moi que tu cherchais ?
- Pourquoi je te chercherais ? dit-elle perplexe.
- Pour rien...
- Peut-être parce que jusqu'à hier tu ne hurlais que sur Sirius, lui fit remarquer Alice.
- Eh bien, pour une fois, avoua Aurore en relâchant le jeune homme, je n'en ai pas après Sirius. Par contre, dès que je croise John...
Elle fit alors craquer les jointures de ses poings.
- Qu'est-ce qu'il t'a fait ? demanda Sirius perplexe.
- Ça ! s'exclama-t-elle en arrachant des mains de Peter le papier journal qu'il était en train de lire attentivement.
Sirius prit le bout de papier qu'elle agitait sous son nez pour y jeter un œil. C'était une première page de journal. Lorsqu'il en lut le nom, il leva les sourcils.
- Le Petit Lardon ? pouffa Sirius.
- C'est le journal de John sur les évènements de la coupe, expliqua Lily. Tu te souviens ? Dumbledore lui a donné la permission.
- Non mais... Le Petit Lardon ? insista-t-il.
- Sans parler du nom ridicule de son journal, intervint Aurore. Il n'y a rien d'autre qui te choque ?
- Qui me choque ?
- La photo, Sirius, précisa Remus. Regarde la photo.
- Ben quoi ? C'est Aurore de dos. Mais... qu'est-ce qu'elle fait ?
Il fronça les sourcils, et en examinant mieux la photo, Sirius fit un bond sur place.
- Qu'est-ce que ça veut dire ? Devan tu as vraiment fait ça ?
- Est-ce que je serais aussi furieuse si ça avait été le cas, Black ? rétorqua-t-elle.
- Mais alors...
Il observa de nouveau la photo. Elle avait été prise pendant l'épreuve. On y voyait Aurore de dos, penchée sur Regulus. Et l'angle portait vraiment à confusion. On avait l'impression de la voir embrasser le Serpentard !
- Et tu as vu le titre de l'article ? fulmina Aurore. Comment a-t-il pu me faire ça ?
- Le griffon vole au secours du serpent. Et plus si affinité... lut Sirius. Ah oui, quand même...
- Il a dépassé les bornes ! cria la championne.
- Mais... tu n'as pas...?
- Bien sûr que non, je n'ai pas embrassé ton frère ! répliqua-t-elle furieusement.
- Calme-toi, Aurore, intervint Marlene après avoir vu le visage de Sirius se crisper. Tu ne dois pas faire attention à ce que John a écrit. Laisse les gens penser ce qu'ils veulent.
- Mais vous l'avez bien vu, non ? dit-elle exaspérée. Je me suis penchée pour lui donner la potion, mais à aucun moment je ne l'ai embrassé !
- Tu étais de dos, dit James. On n'a pas vu grand chose.
- Mais c'est évident que je ne l'ai pas fait !
- C'est ce que dit aussi Regulus, intervint Mary. Il est parti en courant à la recherche de John tout à l'heure. Il hurlait : Qui a pondu cette merde mensongère ?
- J'espère qu'il le trouvera, dit Aurore. De mon côté, j'ai envoyé Jane. Elle va me le ramener vite fait. Ce lâche n'a même pas osé se montrer.
- Il a bien vu ce que tu pouvais faire avec du jus de citrouille, lui fit remarquer Lily. Il est idiot, mais il n'est pas fou.
- De toute façon, on a entraînement ce matin, nota James. S'il ne se pointe pas sur le terrain, c'est moi qui le ramènerai par la peau des fesses.
- C'est vrai, approuva Aurore en se frottant les mains. Je l'aurai tôt ou tard.
Elle était vraiment furieuse. Plus en colère que gênée. Parce qu'il n'y avait aucune honte à être prise en photo en train d'embrasser un garçon. Mais là... premièrement c'était faux, deuxièmement il s'agissait d'elle et de Regulus Black ! Le champion de Serpentard ! Le frère de Sirius ! Déjà qu'elle ne s'entendait pas au mieux avec celui-ci, s'il se mettait à penser qu'elle avait embrassé le frère qu'il détestait tant... En plus, elle avait surtout peur que Regulus revienne sur sa parole après ça. Qu'il refuse de réviser avec elle. Imaginez qu'on les aperçoive ensemble ? La rumeur serait confirmée. Regulus ne prendrait pas ce risque. Tous les efforts d'Aurore réduits à néant.
- John, je vais te tuer ! s'exclama-t-elle en entrant une heure plus tard sur le terrain de Quidditch.
- A... attends... je peux tout expliquer, dit-il nerveusement en reculant.
Mais Jane l'attrapa par le col pour qu'il ne puisse pas échapper à Aurore.
- Je te l'ai ramené, Aurore, dit la poursuiveuse avec un petit sourire.
- Merci Jane, apprécia Aurore en frappant de son poing dans sa paume.
- Ne me l'amoche pas trop, la prévint James. Il est trop tard pour trouver un nouveau poursuiveur.
- T'en fait pas, dit-elle avec un petit sourire en coin, je vais faire ça proprement. Il n'y aura même pas de miettes sur le gazon.
- Écoute, Aurore, dit John en commençant à transpirer. Je crois qu'il y a eu un malentendu.
- Je crois, moi, que tout est clair. Tu m'as joué un sale coup John.
- Non, lui assura-t-il. J'ai cru voir quelque chose, alors j'ai pris une photo. Mais je croyais que tu assumais ta liaison avec...
- Ma liaison avec qui ? demanda-t-elle dangereusement.
- Alors tu ne sors pas avec Regulus ?
On pouvait presque voir les flammes dans les yeux d'Aurore.
- John, le prévint Sally. Tu t'enfonces.
- Je ne sors pas avec lui ! cria Aurore. C'est évident !
- Pourtant, une de mes sources t'a aperçue avec lui à la bibliothèque, se défendit John.
-... "Oh merde ! C'est pas bon du tout ça !"
- Tu espionnes Aurore ? s'énerva Marlene.
- Heu... j'ai juste des yeux un peu partout dans Poudlard.
- Et qu'est-ce qu'ils ont vu exactement tes yeux ? Aurore et Regulus réviser ? Ils se préparaient pour l'épreuve !
- Ensemble ? riposta-t-il. Ils discutaient.
"Je suis vraiment mal" pensa Aurore qui pour une fois ne savait plus quoi faire. De lourds regards pesaient sur elle.
- Eh bien, pour ta gouverne, continua Marlene. Aurore lui a parlé pour le prévenir qu'il n'avait aucune chance contre elle. Et ça s'est prouvé hier. Je le sais, elle m'avait prévenue.
- C'est vrai, Aurore ? demanda James. Tu es allée mettre un coup de pression à Regulus ?
- Oui, approuva-t-elle en adressant un regard reconnaissant à Marlene.
- Ah... dit John gêné. Alors j'ai mal interprété les choses...
- En effet, confirma Aurore. Et tu vas le payer.
Soudain, elle tendit la main vers Frank, et prenant une voix de chirurgienne elle dit :
- Frank. Batte.
- Tu es sûre ? s'enquit le batteur.
- Oui, tu es sûre ? s'inquiéta John.
- Absolument, sourit-elle.
Frank lui passa donc sa batte, sous l'œil attentif de James. Il était prêt à intervenir à tout moment. Parce qu'avec Aurore... on n'était sûr de rien. "Pire que Sirius..."
- Voyons voir, dit-elle en plaçant la batte juste à côté de la tête de John avant de faire des moulinets d'essai. Qui parie sur le home run ?
- Le quoi ? s'inquiéta John qui ne connaissait rien au baseball.
- Deux mornilles, dit Marlene.
- Trois, ajouta Lily.
- Je ne sais pas de quoi vous parlez, dit Sirius intéressé. Mais ça à l'air drôle, alors je veux bien mettre un gallion.
- Mince... soupira Remus. Dommage que je sois fauché.
- Je te fais crédit, le rassura Aurore. Attention, c'est parti !
Elle pris de l'élan et fit un grand balancement avec la batte jusqu'à la tête de John.
- Pitié ! cria-t-il en fermant les yeux.
Mais il ne sentit pas sa tête sauter de ses épaules. Et rouvrant les yeux, il vit qu'Aurore avait arrêté la batte à un millimètre de sa tempe.
- Pitié ? réfléchit-elle. Peut-être. Mais la prochaine fois que tu me fais un coup pareil... je ne serai pas aussi clémente. J'aurai le temps de faire deux tours de terrain avant que James attrape ta tête. C'est compris ?
- O... oui, dit-il d'une voix blanche.
- Alors c'est parfait, dit-elle en faisant un signe de la tête à Jane.
Celle-ci lâcha John qui tomba par terre sur les fesses, les jambes flageolantes. Puis Aurore rendit sa batte à Frank.
- Tu vois ? dit-elle à James. Pas de miettes.
- Je me demande si tu n'as pas un petit côté Serpentard, s'amusa le capitaine en voyant John incapable de se relever pour l'instant.
- Un tout petit côté, murmura-t-elle pour elle-même.
Elle récupéra son balais alors que Sirius tendait la main à John.
- Fais gaffe à cette fille, lui conseilla Sirius en le relevant. Elle est folle.
- Je ne pensais pas que les filles pouvaient être aussi flippantes...
- C'est ce que je me tue à dire. Mais personne ne m'écoute. Au fait, pourquoi Le Petit Lardon ?
- Pour le "lard" de Poudlard, répondit John sur le ton de l'évidence.
- Ah ouais... je me doutais bien que la raison devait être stupide, avoua Sirius. Mais à ce point...
- Très stupide, approuva Jane en donnant un coup de coude à John alors qu'elle passait à côté de lui.
- Tu n'as vraiment jamais eu de doute sur le danger que représentent les filles ? demanda Sirius à John.
- Maintenant que j'y pense... sourit le poursuiveur en regardant Jane s'éloigner.
- En tout cas, dit Sally à Aurore, nous sommes contents de te revoir sur le terrain. On s'inquiétait un peu pour le match.
- Je suis désolée, dit-elle sincèrement. Désormais, je viendrai à tous les entraînements.
- Je compte sur toi, dit James en enfourchant son balais. Maintenant, au travail !
Ce deuxième entraînement se déroula bien mieux que le premier. Aurore repéra assez vite le vif d'or, même s'il lui fallut du temps pour l'attraper. Elle ne tomba pas de son balais et Sirius la protégea correctement des cognards de Frank. Et tout ça sous le regard bienveillant et les encouragements de leurs amis :
- Secoue-toi, Alice ! cria Mary alors que la gardienne regardait deux oiseaux passer au-dessus du terrain.
- On ne donne pas de conseils quand on ne sait pas décoller de plus d'un centimètre, répliqua Alice sans quitter les oiseaux des yeux.
Et elle arrêta sans problème le souafle lancé par Sally. Juste avant de se reconcentrer sur les oiseaux... "Cette fille pourrait faire la sieste et garder les buts en même temps" pensa Aurore amusée. Quant aux poursuiveurs, c'étaient de vrais acrobates des airs. Étonnamment, Jane et John étaient en parfaite harmonie. Ils se passaient la balle à une vitesse affolante et ne cessaient de se croiser, survoler, frôler, comme s'ils avaient répété une chorégraphie. Mais la plus rapide était indiscutablement Sally. C'était la plus petite et la plus fine de l'équipe. Et Aurore était certaine qu'elle aurait pu mettre un cent mètre dans les dents du vif d'or.
- Pourquoi cette fille n'est pas attrapeuse ? se demanda Aurore sidérée en la voyant filer comme une anguille entre Jane et John jusqu'aux buts.
- Parce que je suis l'attrapeur, répondit James en passant à côté d'elle. Mais cette année tu seras ma remplaçante, alors tu te concentres sur le vif d'or.
- Ok, dit-elle recommençant à chercher des yeux la petite balle dorée.
Mais elle avait à peine tourné la tête qu'un cognard passa sous ses yeux en lui raflant le bout du nez.
- Sirius ! s'exclama-t-elle mécontente.
- Il a frappé dans mon angle mort, se justifia-t-il en haussant les épaules.
- Désolé, dit Frank.
- Ne t'excuse pas, dit James. Sirius, tu n'es pas censé avoir d'angle mort. Je sais que quand je suis l'attrapeur, je peux éviter les cognards qui te passeraient au travers. Mais Aurore n'est pas assez expérimentée pour ça. Tu ne dois laisser passer aucun cognard.
- D'accord... soupira-t-il.
- Dis-le si je suis une nuisance, marmonna Aurore.
- Tu es une nuisance, dit Sirius en renvoyant un cognard.
- Quoi ?! s'énerva-t-elle.
- Mais tu as remporté l'épreuve. Alors tu ne dois pas être si nulle que ça.
- Je ne sais pas si c'est un compliment... hésita Aurore.
- Prends-le comme ça t'arrange, dit-il en haussant les épaules.
- Alors je vais faire comme si je n'avais rien entendu.
- Comme tu veux, championne, sourit-il.
Lorsque l'entraînement prit fin, ils se débarbouillèrent pour aller déjeuner. En entrant dans la grande salle, Aurore fut exaspérée de voir tant de regards l'observer en coin.
- Pourquoi tu as fait ça, John ? soupira-t-elle.
-...
- John ? répéta Aurore en se retournant vers le garçon qui devait se trouver juste derrière elle.
Personne. Puis elle jeta un œil à la table des Serpentard et elle se rendit compte que Regulus n'était pas présent.
- Heu... dit-elle aux autres. Je crois que John s'est fait capturer par Regulus.
- Paix à son âme, dit Jane en s'asseyant à leur table.
- Il n'a pas intérêt de m'amocher mon poursuiveur, dit James en tendant le cou pour apercevoir ce qui se passait dans le hall. Ce serait du sabotage.
- Tu nous vois vraiment comme des objets, dit Sirius.
- Non, comme des atouts irremplaçables.
Heureusement, John réapparut quelques minutes plus tard. Avec un coquard en prime. Regulus n'y était pas allé de main morte. Il n'avait apparemment pas la pitié d'Aurore. "Il est furieux" pensa-t-elle en voyant le Serpentard entrer après John dans la grande salle. Leurs regard se croisèrent et Aurore le vit soupirer en levant les yeux au ciel. Il se disait sûrement que croiser son chemin avait été la pire erreur de sa vie. Mais elle ne le laisserais pas revenir sur ses mots. Il avait accepté de coopérer avec elle. Il le ferait. De gré ou de force.
Après les cours de l'après-midi, Aurore était dans la salle commune et elle attendait Marlene pour descendre au 7e étage. Elle la soupçonnait de faire exprès de mettre une infinité de temps à ranger ses manuels de cours. Car il était évident que Marlene n'aimait pas du tout l'idée d'aller retrouver Regulus Black en secret. Miss prudence ne changerait jamais.
- Il faut prendre des risques dans la vie, murmura Aurore en observant le parc à travers la fenêtre.
- Quel genre de risque ? demanda Sirius derrière elle.
Elle sursauta avant de soupirer.
- Celui de mourir de surprise. Qu'est-ce que tu veux ?
- Te donner ça, dit-il en cherchant dans son sac.
Il en sortit deux miroirs identiques qu'il lui tendit.
- Wow... des miroirs ? Et deux en plus. Je ne vois pas trop pourquoi tu me les donnes subitement mais... merci, dit-elle perplexe.
- C'est pour la prochaine épreuve, expliqua-t-il.
- Je dois t'avouer que je me doutais que ça avait un rapport avec l'épreuve des "reflets". Mais lequel ? Ce sont des miroirs spéciaux ?
- Non.
- Non ? Alors qu'est-ce que tu veux que j'en fasse ?
- Ils ne sont pas spéciaux pour l'instant. Mais je peux t'apprendre à faire en sorte qu'ils le soient, si tu veux.
- Continue, dit-elle intéressée.
- Je connais un sortilège. Quelque chose qu'on ne nous apprend pas à Poudlard.
- Un peu de magie noire ? comprit-elle avec un petit sourire.
- Peut-être, dit-il en souriant aussi. Ça t'intéresse ?
- Carrément ! Vas-y, explique.
- C'est un sort que j'ai appris... il y a un bout de temps.
"Quand j'écoutais encore mes parents..." songea-t-il.
- C'est vraiment de la magie noire ? s'enquit Aurore.
- À peine. Ça n'a rien de dangereux. Mais c'est un sort assez compliqué.
- Et à quoi il sert ?
- Il permet de faire communiquer les deux miroirs pour se parler à distance, expliqua Sirius.
"Je m'en doutais" pensa-t-elle. "Harry m'en avait parlé".
- Ça a l'air génial, apprécia Aurore. Mais ça m'étonne que tu sois venu spontanément me proposer de m'apprendre ce sort.
-...
- Remus te l'a demandé ? devina-t-elle.
- Oui.
Aurore secoua la tête dépitée. "Remus est vraiment le berger qui mène le troupeau".
- Bon, alors je t'écoute, dit-elle. Montre-moi.
- La formule est Speculum nectunt, lui apprit Sirius. Mais il y a un mouvement précis à effectuer avec la baguette pour que ça marche.
Il sortit sa baguette et mima le geste. Un mouvement assez compliqué. Surtout qu'il devait être exécuté parfaitement. Aurore essaya, mais Sirius dut la corriger à plusieurs reprises. Puis elle tenta l'expérience sur les miroirs. Elle n'y parvint qu'à la troisième tentative.
- Wow, dit-elle en observant le reflet de Sirius alors qu'elle aurait dû voir le sien. Mon visage s'est changé en celui d'un parfait idiot.
- L'idiot aurait peut-être mieux fait d'apprendre ce sort à Lian ou Amos, répliqua-t-il en lui arrachant le miroir des mains.
- Mais pas à Regulus, bien sûr, devina-t-elle. Il connait déjà ce sort, j'en suis sûre.
- Hum... marmonna-t-il en commençant à s'éloigner.
Il n'aimait toujours pas entendre parler de son frère.
- Merci Sirius, dit-elle tout de même. Ça me sera sûrement utile.
- Ouais, grogna-t-il en disparaissant dans l'escalier du dortoir des garçons.
Soudain, Mary entra dans la salle commune pour se précipiter vers Lily, assise dans un fauteuil.
- Lily ! s'exclama-t-elle. Il faudrait que tu sortes dans le couloir. Il y a... quelqu'un qui veut te voir.
- Quelqu'un ? Tu veux dire Severus Rogue, devina la préfète.
- Oui... il veut absolument te parler. Il dit que c'est important.
- Je n'ai rien à lui dire.
- Mais il a dit qu'il ne partirait pas tant que tu ne l'auras pas rejoins, rapporta Mary. Et qu'il dormirait même devant le tableau.
- Tu plaisantes ?
- Non. Il a l'air sérieux.
- C'est pas vrai... soupira Lily en se levant. Il va m'entendre celui-là.
Elle sortit de la salle commune juste au moment où Marlene faisait enfin son apparition.
- C'est bon ? lui demanda Aurore. Tu as tout préparé, Marlene ? Notre alibi, de la nourriture et des vêtements au cas où on serait obligées de partir en fuite ? Tu as pensé à écrire ton testament ?
- Très drôle, dit-elle les dents serrées en jetant un œil inquiet à Mary qui se tenait proche du tableau sûrement dans l'espoir d'entendre la conversation de Lily et Severus. Tu peux dire ce que tu veux, on va faire quelque chose de très risqué.
- On ne se fera pas prendre.
- Et si Regulus n'est plus d'accord après ce qu'il s'est passé ce matin ?
- C'est une possibilité, avoua Aurore.
- Qu'est-ce qu'on fera si c'est la cas ? s'inquiéta Marlene.
- Je l'amadouerai de nouveau. Et puis, il a une dette envers moi, rappelle-toi.
- Est-ce que les serpentards se soucient de leurs dettes ? J'en doute...
- Regulus si, affirma Aurore.
- Qu'est-ce que tu en sais ?
- Je suppose.
- Aurore... soupira Marlene à cran.
- Détends-toi. Tout ira bien, fais-moi confiance.
Marlene acquiesça mais il était évident qu'elle n'était pas rassurée. Elles s'apprêtaient à sortir quand Lily réapparut. Elle n'avait pas l'air de très bonne humeur.
- Alors ? ne put s'empêcher de demander Mary.
- Alors je lui ai dit de partir. Je ne veux plus le voir me suivre comme ça. Il doit comprendre que je ne peux plus être son amie. Ce qu'il a dit me revient sans arrêt en tête. Je ne veux plus le voir.
- Tu pourrais le regretter un jour.
Lily et Mary lancèrent un regard surpris vers Aurore. Et celle-ci se mordit la langue. C'était sortit tout seul. Elle ne pouvait s'empêcher de penser à Severus Rogue, laissé seul dans les couloirs de Poudlard, partant rejoindre ses amis mangemorts. Bientôt, il deviendrait l'un des leurs. Et sans le vouloir, il condamnerait Lily et sa famille en répétant la prophétie à Voldemort. Si Lily s'était réconciliée avec lui... serait-il devenu mangemort ? Quelqu'un d'autre aurait espionné Dumbledore et Trelawney ? Peut-être... mais rien n'était sûr. Et Aurore ne devait rien modifier de plus. Elle avait déjà usurpé la place de James comme champion du tournois. Elle ne savait même pas ce que ce simple fait aurait pour conséquences. "J'ai déjà mis en péril la naissance de Harry..."
- Qu'est-ce que tu veux dire ? demanda Lily en fronçant les sourcils.
- Heu... rien.
- Tu es au courant pour ce qui s'est passé ?
Zut. Lily ne lui en avait pas parlé. Personne n'en avait parlé.
- J'ai entendu des rumeurs, répondit vaguement Aurore.
- Des rumeurs ? Ouais... ça s'est passé devant pas mal de monde, dit sombrement Lily. Et tu penses que j'ai tort ?
- Je n'ai pas à m'en mêler. Je suis désolée.
- Il m'a beaucoup déçue. Je ne peux pas faire semblant.
- Mais le contexte était un peu tendu, intervint Mary. Il n'a sûrement pas réfléchi avant de parler.
- Peu importe, il l'a dit, marmonna Lily. Le mal est fait. Et on ne peut pas revenir en arrière. Même avec un bon retourneur de temps.
"Ça dépend pour qui..." pensa Aurore. "Je t'assure qu'on peut Lily. J'ai bien traversé des décennies pour venir vous voir".
- Tu as raison, dit Marlene. De toute façon ça peut être mauvais de changer le passé. Personnellement je ne prendrais pas le risque. J'aurais peur de perdre quelque chose d'encore plus important.
"Ma mère et moi pensions exactement la même chose au sujet de Rémy. Tu es vraiment celle qui me comprend le mieux Marlene" pensa Aurore en observant la jeune fille.
- On y va ? lui demanda Aurore.
- Oui, répondit Marlene.
- Où est-ce que vous allez ? s'enquit Lily en fronçant les sourcils.
- Faire des recherches sur les reflets. On sera là avant le couvre-feu, ne t'inquiète pas, la rassura Marlene.
- Très bien.
Les deux jeune filles sortirent donc du dortoir pour rejoindre le 7e étage. Arrivées au milieu du couloir, elles s'arrêtèrent.
- Il n'est pas là, constata Marlene.
- Il va arriver.
- Je n'en suis pas si sûre.
- Oh la la ! soupira Aurore. Je devrais t'appeler la pessimiste plutôt que la prudente.
- Je devrais t'appeler la folle dangereuse plutôt que l'inconsciente, répliqua la brune.
- C'est moi qui l'appelle comme ça, intervint la voix de Regulus derrière elle.
Marlene se retourna avec surprise et Aurore dit avec un sourire :
- Tu vois ? Il est venu.
- Seulement à cause de cette maudite dette, précisa le Serpentard. J'ai franchement failli ne pas venir.
- Je n'ai rien à voir avec ce qui s'est passé ce matin, lui assura Aurore.
- J'ai prévenu John Crivey. Je ne pense pas que ça se reproduira.
- J'en suis sûre, s'amusa-t-elle.
- Après ce qu'il a fait, il devrait s'estimer heureux de n'avoir reçu qu'un coup de poing de ma part. Moi ? Embrasser une Gryffondor ? Une Sang-Mêlé ? Autant creuser ma propre tombe.
Aurore applaudit en s'exclamant :
- Bravo ! J'adore quand tu joues au Sang-Pur arrogant. Ça te donnes un petit air bête, mais tellement mignon.
-...
- Aurore... dit Marlene inquiète.
- Tu devrais admettre que ce qui t'a le plus gêné, continua-t-elle, c'est ce que les autres Serpentard en ont pensé. Je sais bien que tu joues un rôle, Regulus.
- Qu'est-ce que tu sais de moi ? fulmina-t-il. Rien du tout. Ne fait pas semblant de me connaître. Ce n'est pas le cas.
- Ne fait pas semblant de nier, je sais ce que je dis. Quel Serpentard digne de ce nom serait resté silencieux alors qu'une Sang-Mêlé ennemie venait régulièrement lui proposer un marché ? Et aurait accepté ? Aucun. Si tu détestais à ce point les sang "impurs"... Marlene et moi serions les parias de l'école. Tu nous aurais dénoncées.
- Ne me mêle pas à la dispute, intervint Marlene les dents serrées.
- Il est encore temps que j'en parle à mes camarades, menaça-t-il.
- Dette, répliqua simplement Aurore.
-...
- Et voilà une autre preuve, s'amusa la blonde. Quel odieux Serpentard rembourserait une dette envers une Sang-Mêlé ? Toi, tu le fais. Et c'est pour ça que je t'estime. Maintenant, si tu veux bien, nous allons investir notre QG.
- Heu... lequel ? demanda Marlene.
- Celui-là, dit-elle malicieusement.
Aurore se plaça devant la tapisserie de Barnabas le Folet et elle se mit à faire des aller-retour en marmonnant :
- Je veux tout savoir sur les reflets.
- Qu'est-ce qu'elle fabrique ? demanda Regulus à Marlene.
- Aucune idée... Aurore ? Tout va bien ?
- Si tu entends par là dans ma tête, alors oui, je te rassure.
- Ah... alors tant mieux.
- Je ne pense pas, dit Regulus dubitatif.
- Regardez au lieu de vous moquer de moi, lança Aurore.
Ils furent stupéfaits de voir soudainement apparaître une porte dans le mur en face de la tapisserie. Aurore l'ouvrit et elle s'exclama :
- Tada ! Bienvenu dans le QG de la TRAM !
- La TRAM ? demanda Marlene.
- Le Team-Regulus-Aurore-Marlene ! expliqua-t-elle fièrement.
Silence.
- Ben quoi ? Ça ne vous plait pas ? Tu devrais être content, Reg. J'ai mis ton nom en premier. En l'honneur de ton sang tellement pur.
- Ne me relance pas là dessus, l'avertit-il. Ça va dégénérer.
- Te relancer sur quoi ? Ton sang ou ton surnom ?
- Les deux !
- Bon, alors on entre ! décida-t-elle en levant le poing avec enthousiasme.
Ils la suivirent à l'intérieur et Aurore referma la porte derrière eux. Dans la pièce, ils purent découvrir des dizaines d'étagères remplies de livres et toutes sortes de miroirs et surfaces réfléchissantes. Dont... un bac d'eau ! Indispensable. Pourquoi ? Aucune idée. La salle sur demande semblait le penser.
- Où est-ce qu'on est ? demanda Marlene ébahie. Qu'est-ce que c'est que cette pièce ?
- La salle sur demande, ma chère, répondit Aurore. Elle met tout ce dont tu as besoin à ta disposition. À condition de le lui demander 3 fois.
- Je n'en ai jamais entendu parler, dit Regulus. Comment ça se fait que toi tu la connaisse ? Tu es ici depuis seulement deux mois aux dernières nouvelles.
- Oui. Mais aux dernières nouvelles, je suis super pote avec les Maraudeurs.
- Ce sont eux qui t'en ont parlé ? s'étonna Marlene. Ils connaissent cette pièce ?
- Bien sûr. "Que non".
Une petite voix dans sa tête lui disait que ce n'était pas beau de mentir. "Mais c'est pour la bonne cause".
- Par contre, ne leur en parle pas, dit-elle à Marlene. Je n'étais pas censé le dire à quelqu'un d'autre. Ils voulaient garder ça secret.
- Ok, mais on ne risque pas de les voir débarquer ? s'inquiéta la brune.
- On ne peut pas entrer si quelqu'un se trouve déjà à l'intérieur. À moins de vouloir la même chose que lui. Mais je ne vois pas en quoi des miroirs pourraient intéresser les Maraudeurs.
- Avec eux, on n'est jamais sûr de rien.
- Tout ira bien.
- J'espère, dit Regulus. Parce que si je suis surpris à traîner avec toi, je te tue, Devan.
- Allons, Reg. Je pense qu'il est temps que tout le monde soit au courant de la profonde amitié qui nous lie.
- Pauvre tarée !
- Moi aussi, je t'adore. Et si on s'y mettait ?
- Je suis d'accord, dit Marlene qui trouvait que la situation partait en vrille. Ça, c'est une glace à l'ennemi.
- Et ça, dit Aurore en faisant le tour d'un panneau de verre. Une vitre sans teint ! Vous croyez qu'ils vont nous faire passer un interrogatoire ?
- Non, mais traverser un labyrinthe de miroirs, ce serait possible, réfléchit Marlene.
- Comme dans les fêtes foraines ? s'enthousiasma Aurore. On m'y a emmenée un jour. C'était génial !
- Je ne pense pas que le but de l'épreuve soit de s'amuser, lui fit remarquer Regulus. Je m'attends à ce qu'on se batte cette fois. Peut-être que nos sorts nous seront renvoyés. Un effet miroir.
- Oh ! Pas mal, approuva Aurore. C'est vrai qu'on n'a pas eu à utiliser nos baguettes pour la première épreuve. Tu as raison, on devras sûrement se battre. Ton idée est excellente.
- Oui, dit-il avec une pointe de fierté.
- Mais c'est peut-être tout autre chose et on ferait mieux de plancher sur ces bouquins.
- Il y en a des dizaines, dit Marlene découragée.
- C'est pour ça que je t'ai emmenée, Marlene. Une paire d'yeux de plus, c'est beaucoup mieux pour tout éplucher.
- Heureuse de savoir qu'il n'y a que mes yeux qui t'intéressent...
- Non, il y a aussi ton incommensurable pessimisme, s'amusa Aurore. Ne râle pas déjà.
- Je ne râle pas, dit la brune en se saisissant du premier livre venu.
Elle s'assit à une table placée dans un coin de la pièce et commença sa lecture.
- Je ne te mérite pas, s'émut Aurore. Reg, tu vas apprendre que Marlene peut se dévouer aux autres même si ça ne lui rapporte rien.
- Tu m'as forcée à me dévouer, marmonna Marlene.
- Mais tu es là. Tu aurais pu me laisser tomber il y a longtemps.
-...
- Tu vois ? dit Aurore à Regulus. Une perle.
- Finissons-en, soupira-t-il en allant rejoindre Marlene après s'être saisi d'un second livre.
Ils cherchèrent pendant des heures les moindres indices ou conseils qui pourraient leur être utiles lors de l'épreuve. Et ils dépassèrent largement le couvre feu.
- Lily va nous tuer... murmura Marlene.
- C'est pour le bien de Gryffondor. Elle comprendra.
Et bien sûr, une fois de retour au dortoir, Lily n'avait pas du tout compris. Aurore et Marlene s'en étaient pris plein la tête. Et ce ne serait pas la dernière fois. Car elles avaient convenu avec Regulus de se retrouver au 7e étage au moins tous les deux jours. Cela promettait à la TRAM de longues nuits laborieuses.
Un chapitre de transition mais tout de même nécessaire. (posté avant samedi Istehar ;) tu n'as pas d'excuse pour ne pas mettre de commentaire lol)
ne me sautez pas dessus, je sais que vous n'avez rien appris de plus sur Aurore ou le sablier ou quoi que soit d'autre de "mystérieux" ^^ Mais si vous voulez, on peut débriefer sur Le Petit Lardon xD
Le prochain chapitre risque d'être mouvementé. Premier match de Quidditch serpentard/serdaigle ! ;) on ouvre les paris ?
bisous !
Réponse aux reviews :
francinette : je suis allée chercher ça tout au fond de mon cerveau tordu xD ça m'a fait rire, je l'ai mis ^^ (aussi simple que ça) biz !
Lila de Jarjayes : oh oui ! il faut publier ce guide xD John est prêt à tout quand il s'agit de potins. Peu importe l'info il la publie. C'est la vie des Crivey lol. toujours l'appareil photo à portée de main. merci et bisous !
Nayla-HP : oui, John aurait pu réfléchir un peu. Comme dit Aurore, c'était évident ! xD je vais essayer de me dépêcher de vous éclairer sur tout. Mais c'est dur j'ai tellement de choses à faire avant les grandes révélations ! pitié un peu de patience. à bientôt ;)
Istehar : tu as vu ? Un chap posté à l'avance rien que pour toi xD Sirius psychote maintenant. Il croit que la colère d'Aurore est systématiquement dirigée vers lui. la TRAM, le nouveau trio comique, bientôt sur vos écrans mdr. j'avais prévenu que tout ne serait pas rose entre Aurore et Sirius. Se réconcilier aussi rapidement, impossible. Perso je pourrais pas. mais il y aura bien un moment où ils cesseront de se chamailler ^^ biz !
Git : merci ^^ et il y en a pas mal des mystères dans cette fic ! xD ton pari est noté ;) bisous !
brilou : miam miam qui veut des lardons ? xD tu as raison il s'agit de ce passage du livre ^^ petit clin d'oeil à JK. je vois bien John travailler pour la gazette. Pourquoi ? Heu... c'est évident xD il a ça dans le sang ! La TRAM ça me fait penser à un moyen de transport mdr. je vais prendre le TRAM lol. (genre tramway) bisous !
nhymphe : John n'a pas de parenté avec Rita. Mais il est très possible (et même sûr) qu'il soit le père de Colin Crivey ! mais peut être que Rita est un cousine éloignée, va savoir lol. bon week-end à toi aussi ^^ biz !
