Me revoilà avec le chapitre 9 tant attendu ! :D

Croyez-moi, il y a très peu de chance pour que vous soyez déçus. Je ne vais donc pas m'étaler en commentaire et ne faire que vous souhaiter une bonne lecture !

Chapitre 9

Impossibilité

La maison était sur deux étages (s'il on ne comptait ni le sous-sol, ni le grenier). Elle s'étendait sur bien plus de mètres carrés que la villa de Forks et était véritablement splendide. Alors que celle de Forks était relativement moderne, au niveau architectural, celle-ci me faisait plus penser à une sorte de manoir. Le sol était en parquet, exeptions faites des salles de bains et de la cuisine. Cette dernière avait toute la technologie qu'une cuisine pouvait posséder, quand bien même elle n'aurait aucune utilité, maintenant que je n'étais plus humaine. Il y avait, dans les corridors, de grands tapis moelleux, dans lesquelles je ne me lassais pas de marcher.

A l'étage se trouvaient les chambres, ainsi que le bureau de Carlisle. Je n'osai pas aller visiter les chambres des autres et le bureau de Carlisle devait lui être privé, du moins le pensai-je. Concernant les chambres, c'était impoli d'y entrer sans l'autorisation de leurs propriétaires. Une chambre était un lieu intime et je ne tenais pas moi-même à ce qu'Emmett ou Rosalie ou Jasper s'invitent dans la nôtre, à Edward et à moi, en notre absence.

Je sortis sur la terrasse. Il était un peu plus de midi mais le temps ne se prêtait pas à une petite balade. Il faisait gris, le ciel était complètement recouvert. C'était un climat digne de Forks et même pire encore. Nous étions en haute altitude, et je m'étonnais du fait qu'il ne neigeait pas. Les nuages étaient lourds, au dessus de ma tête, et je savais que ce n'était qu'une question de temps, avant qu'ils ne se déversent sur l'Alaska. Edward m'avait dit que notre espèce n'était pas affectée par le chaud et le froid. Je comprenais maintenant ce qu'il voulait dire. Il nous était possible de ressentir la chaleur ou, au contraire, la fraicheur, mais elle n'avait aucun impact sur notre corps. Pas de transpiration, ni de frisson. Nous étions tels des statues de pierre, exposées aux intempéries, sans que cela ait d'effet sur nous.

Pas de coup de soleil.

Pas d'engelures.

Au salon, le lustre brillait de mille feux. La cheminée était allumée et dégageait une douce chaleur. Je m'approchai du feu crépitant, tout en gardant une distance respectable. Le feu était dangereux, pour moi je le savais et je préférai m'en méfier.

Je m'assis en face et me perdis dans mes pensées, faisant ce qu'Edward m'avait conseillé. Je prenais mon temps afin de réfléchir, comprendre, essayer de mieux appréhender les choses. Tout s'était passé tellement vite que je n'avais pas vraiment cherché à faire face à la réalité. Je m'étais surtout inquiétée pour Edward et ses réactions excessives, jusqu'à maintenant, et non pas pour moi. Aussi, il fallait que je prenne en compte son point de vue et que je médite un moment dessus. Edward avait toujours eu comme première préoccupation : moi. J'étais sa Bella. La personne à laquelle il tenait plus que tout au monde. Il était normal qu'il s'en veuille, je le concevais très bien, mais il fallait qu'il se pardonne ma transformation. Il avait déjà commencé, d'ailleurs, mais, parfois, des images lui remontaient à l'esprit et il culpabilisait. Il fallait que cela cesse mais je ne savais comment m'y prendre pour accéder à un tel résultat.

Ensuite, avec tout ce grabuge, Carlisle n'avait pas été voir Charlie. Je me retrouvais donc toujours aussi seule, à ce niveau là. Que faire pour changer la situation ? Puis, je me rendis compte que la situation avait tourné à mon avantage. Il ne fallait pas que je cherche à contacter Charlie, pas tout de suite. Avant ma transformation, j'avais longuement réfléchi à la manière dont j'allais couper les ponts, avec lui. J'essayais de trouver des excuses, afin d'expliquer mes futures absences aux anniversaires, à Noël et à Thanksgiving. Aujourd'hui, j'en avais une. Charlie et moi avions eu une altercation. Il m'avait dit de ne pas remettre les pieds sous son toit. S'il avait déjà remarqué mon absence, à Forks, il penserait sans doute que j'étais partie refaire ma vie ailleurs et c'était bien ainsi. Cette rupture brutale était sans doute ce qu'il y avait de mieux pour lui, ainsi que pour moi.

Puis, je m'en voulus. Edward avait pensé la même chose, lorsqu'il m'avait quittée. Cela ne m'avait fait aucun bien, pas plus qu'à lui. Mon père allait-il se comporter comme moi ? Allait-il devenir le zombie que j'avais été ? Penserait-il avoir tout perdu ? Je refusais cela. Je refusais qu'il passe sa vie à regretter ses paroles, à se demander où je me trouvais, si j'allais bien, si j'étais toujours avec Edward, si j'étais heureuse, si j'avais des enfants… J'étais son unique fille. Je ne pouvais pas lui infliger une telle torture mais je n'avais pas de solution pour le moment.

Aussi, il faudrait que je parle à ma mère. Néanmoins, je me rendis compte que son image commençait à se brouiller, dans mon esprit. Je n'arrivais pas à remettre des traits sur son visage. Je savais que cela allait se produire, que mes souvenirs d'humains allaient peu à peu s'estomper. Je ne pensais néanmoins pas que cela allait se produire si vite.

Puis, le mariage… Allait-il être annulé ? J'en comprendrai les raisons, bien évidemment, mais cela me fit mal au cœur. Je me rendis compte, en cet instant, que pour la première fois de ma vie, j'avais envie de me marier. J'avais envie de m'avancer en robe blanche jusqu'à Edward qui me prendrait par la main et m'emmenerai jusqu'à l'autel où nous échangerions nos bagues, après s'être promis de s'aimer jusqu'à la fin des temps. Oui, aujourd'hui, pour une raison qui m'était inconnue, je le voualis impérativement.

Pour la première fois de ma vie, j'avais envie de m'appeler Isabella Marie Cullen.

Alors, seulement, je me couchai sur le tapis (aussi confortable qu'un matelas), en face de la cheminée, et me laissai emporter par des divaguations quelconques. J'avais froid, ce qui était étrange. Je n'étais pas censée sentir le froid, pas de cette manière. De plus, je me trouvais devant la cheminée, dont le feu me soufflait encore sa chaleur. Je relevai la tête et regardait autour de m…

Où étais-je ?

Je n'étais plus dans la maison mais à l'extérieur. De gros flocons tombant du ciel s'écrasaient sur mon visage. Le sol en était recouvert d'un épais manteau. Je me relevai. Il n'y avait rien à perte de vue, si ce n'est la neige et le ciel. Mais d'où venaient les flocons ? Le ciel était d'un bleu très clair, sans un seul nuage à l'horizon. Le soleil allait bientôt se coucher plus que deux heures, tout au plus. Le soleil était presque blanc, lui aussi. Je commençai à avoir peur. Où étais-je ? Qu'est-ce que je faisais là ? Comment pouvait-il neiger alors qu'aucun nuage ne semblait gâcher la beauté de cet infinie bleutée ? Etais-je morte ? Au paradis ? Il me semblait bien que si le paradis devait avoir un visage, c'était celui-ci.

Et mes vêtements ? Je portais une robe blanche d'un style bien particulier. Elle était très fine, en soie – qu'il me semblait – et très légère. Je ne la sentais presque pas. Le haut était composé de deux parties. La première était près du corps, opaque, et faisait ressortir mes formes. C'était une sorte de bustier sans bretelles. Par-dessus, une sorte de dentelle, très ample, me recouvrait les épaules, jusqu'à la taille. Cette robe était magnifique, certes, mais je ne savais pas ce que je faisais dedans. Et Edward ? Où était Edward ? Il n'y avait rien. Rien à des kilomètres et des kilomètres à la ronde. J'étais seule. Seule et sans défense. Je commençai à m'agiter. Je me tournai et retournai, pour essayer d'apercevoir quelque chose, quelqu'un mais il n'y avait personne.

Je me couchai au sol. C'était un rêve, un mauvais rêve. Très mauvais même, un véritable cauchemar. Très réaliste. Mais qu'est-ce que ça pouvait être, autrement ?

Et si j'étais vraiment morte ? Et si c'était vraiment le paradis ? Impossible, Edward serait avec moi ! Je dormais, c'était forcément cela, et il fallait maintenant que je me réveille. J'essayai de toutes les façons possibles, me pinçant même. J'en eus mal mais je ne me réveillai toujours pas.

Je me relevai et décidai de choisir une direction. En courant vite, je devrai rapidement tomber sur une ville, un village ou une cabane, n'importe quoi. Je pris la décision de partir en direction du soleil il m'inspirait confiance. Pourtant, à peine cent mètres plus loin, je me pris un mur dans la figure. Le choc fut si violent que je tombai en arrière. Je me relevai, regardai devant moi, mais il n'y avait rien, absolument rien. Je me relevai, plaçai une main devant moi et avançai. Trois petits pas plus loin, ma main atteignit quelque chose de solide qui n'était pas pour autant visible, quelque peu mou. Je pouvais légèrement appuyer dessus et sentir mes doigts s'enfoncer, jusqu'à un certain point. J'étais entouré d'un mur invisible. Je laissai ma main dessus et le longeai. Je fus de retour à mon point de départ en moins de deux minutes. Je me trouvais dans un cercle parfait, emprisonnée. J'haletai. Qu'allai-je faire ? Qu'allai-je devenir ? J'allai m'asseoir au centre du cercle. Il fallait que je réfléchisse. Il fallait que je me calme. Ne pas paniquer, ne pas hurler, ne pas se stresser inutilement, rester calme… Rester calme. RESTER CALME !

Ca y était. J'étais devenue folle. Je me mis à trembler, complètement paniquée. Je stressai comme jamais. Je n'étais plus calme du tout et je dus admettre que je ne l'avais jamais été.

C'est alors que je le vis. Edward, mon Edward, là, devant moi. Il me regardait d'un regard empli de peine et de douleur. Il portait un costard. La chemise était ressortie, le nœud de la cravate avait été défait. Il ne portait pas de veste. Je voulus me précipiter vers lui, quand je le vis prendre feu, devant moi.

–EDWAAAAAAAARD, hurlai-je !

Il ne faisait rien. Il ne bougeait pas, se contentant de me regarder, son regard déchiré par la tristesse. Une larme coula sur sa joue. Les flammes léchaient son corps jusqu'à le recouvrir totalement. Elles disparurent ensuite, ne laissant, derrière elles, que des cendres. Les cendres d'Edward. Je m'agenouillai. Mes jambes n'avaient plus assez de forces pour me tenir debout. Je pleurai sans larmes, que de sanglots. Edward avait pleuré, lui. Comment était-ce possible ? Il n'était pas sensé pouvoir. Il était vampire, comme moi. Je portai mes mains à mon visage et les regardai. Elles étaient couvertes de sang. La soif me prit. Devant moi, les cendres avaient été remplacées par un épais liquide rouge possédant l'odeur d'Edward. Il sentait si bon. Je plongeai mon visage dans la flaque et le bus à grandes goulées. Puis, la réalité me frappa. Je l'avais tué. C'était de ma faute s'il était mort et, lorsque je compris cela, mon corps fut pris de soubresauts.

–Non. Non. Non. J'l'ai pas tué. C'est pas moi. C'est pas ma faute. Edward. Non !

–Bella ! Bella, du calme ! Mon amour. Tout va bien. Tout va bien.

J'ouvris les yeux et me découvris sur le canapé. Ils étaient tous là, à me regarder, apeurés. Edward était là, aussi, devant moi. Il était vivant sa mort n'était qu'un rêve, un horrible cauchemar, comme je l'avais imaginé. Je le pris dans mes bras et le serrai contre moi.

–Edward !

Je passai mes mains sur ses joues. Je le touchai sous tous les angles, juste pour être sûre qu'il était bien avec moi, que son corps, sa présence, n'était pas une illusion.

–Oui, je suis là, mon amour.

Il avait lu dans mon esprit. Je lui embrassai alors le front, les joues, tout ce qui me tombait sous la main, finissant par ses lèvres.

–Tu es vivant !

–Oui, Be…

Je l'empêchais de continuer, l'embrassant.

« Du calme, mon amour, nous ne sommes pas seuls. »

–J'ai cru… J'ai cru que tu étais mort.

Je reposai mes lèvres sur les siennes, encore et encore.

« Mon amour. Je ne sais pas ce qu'il s'est passé. Calme-toi ! Je ne comprends pas. »

–Désolée.

Mais je n'avais pas l'intention de m'arrêter. Il était vivant, VIVANT ! J'avais eu tellement peur, tout cela m'avait semblé si vrai, si réel, si…

« Elle a un goût de sang dans la bouche. »

Je me stoppai abruptement. Sans doute trop, même, car Edward remarqua que je venais d'agir anormalement.

–Bella ?

Je le regardai, peu sûre de ce que j'avais entendu.

–Qu'est-ce que tu as dit ?

–Rien !

–Mais tu as pensé. Tu as pensé que j'avais un goût de sang dans la bouche.

Carlisle et Jasper s'approchèrent de moi.

–C'est vrai, mon amour, admit-il.

Je me mis à haleter car ce n'était pas possible. Pas du sang, pas…

–Bella ? Bella, calme-toi ! Dis-moi ce qu'il s'est passé ! Tu es allée chasser seule ?

–Non.

L'incompréhension se peignait sur ses traits. Il s'assit sur le canapé, à côté de moi. Il me prit dans ses bras et me berça.

–Du calme, mon amour. Ce n'est rien, rien du tout.

Je me calmai, petit à petit. Alice vint se placer de l'autre côté de moi et posa une main sur mon épaule.

–Ca va mieux ?

–Oui, lui répondis-je. Je crois que ça va.

–Tant mieux.

« Je me demande où elle a trouvé cette robe ! Elle est très jolie, mais ce n'est pas le genre à Bella. Et je ne l'ai pas vue, quand j'ai fait ses bagages, non plus. Elle serait allée faire du shopping sans moi ? »

Je me tétanisai. N'osant plus bouger, ne serait-ce les yeux, de peur de voir la robe dont elle il était question. Je ne bougeai plus, ne parlai plus, les yeux fixes, droit devant moi.

–Bella ?

C'était Alice. Comme tout le monde, elle avait remarqué mon immobilité.

–Edward, qu'est-ce qu'il se passe, demanda-t-elle, ensuite, comprenant sans doute que je ne répondrai pas ?

La panique commençait à monter en moi comme en eux.

–Bella ? Bella, qu'est-ce qu'il t'arrive ?

Edward me secouait à présent.

–Bella !

Il avait haussé le ton de sa voix.

–Comment… Comment est la robe que je porte ?

Edward était décontenancé par ma question, ne s'attendant pas à ce que je lui demande quelque chose d'aussi futile. Il essayait de comprendre mais n'y parvenais pas, ce qui n'était pas étonnant, puisqu'il n'avait aucune idée de ce qu'il venait de m'arriver.

–Bella…

–Comment, insistai-je ?

–C'est une très belle robe blanche, en soie. Le haut est composé de deux pièces. Une qui te serre au corps ainsi qu'une plus ample. Mais pourquoi, Bella ? Pourquoi ?

J'avais la robe, la même. Je n'osai pas descendre les yeux, craignant de rendre cette réalité plus tangible, si je venais à la voir. Je dus les fermer et descendre la tête. Les yeux suivraient forcément. Enfin, je les rouvris. Il s'agissait en effet du même vêtement. Mais qu'est-ce que cela signifiait ? Qu'est-ce que cela voulait dire ?

Je fus prise de tremblements incontrôlables, puis de sanglots. Edward me serra du mieux qu'il put, ne sachant plus que faire, ne comprenant pas. Néanmoins, il ne devait pas. Il ne fallait pas qu'il soit proche de moi.

–Lâche-moi, lui ordonnai-je !

Il ne fallait pas qu'il s'approche de moi. J'allais le tuer, comme là-bas, sur cette maudite banquise que je venais à peine de quitter. Edward, néanmoins, ne desserra pas l'emprise qu'il avait sur moi. Au contraire, il l'affermissait plus étroitement.

–Lâche-moi, répétai-je ! Lâche-moi !

Je le repoussai, me débattai.

–Bella, calme-t…

Alors qu'il essayait de me ramener à lui, je le giflai. J'entendis Esmée hoqueter et m'enfuis d'entre les bras d'Edward. Qu'est-ce que je venais de faire ? Je l'avais frappé ? J'avais osé faire ça ?

–Je… Je ne comprends pas, soufflai-je.

C'était moi. Je m'éloignai un peu plus d'eux, jusqu'à ce que mon dos touche le mur, derrière moi. Je sursautai.

–Qu'est-ce qu'il se passe, demandai-je ?

–Bella, calme-toi ! Nous n'en savons pas plus que toi.

Carlisle avait pris une voix réconfortante. Elle n'avait, bien sûr, eu aucun effet sur moi.

–Je ne sais pas. Je ne comprends pas. Je ne sais pas ce qu'il m'arrive. Comment c'est possible ? COMMENT, hurlai-je ?

Edward se releva et s'approcha de moi, les deux mains en l'air, d'une lenteur démesurée.

–Ne t'approche pas, Edward !

–Bella…

–Je ne veux pas te tuer !

–Voyons, mon amour, tu ne tueras personne. Débloque l'accès à ton esprit, s'il te plaît, que je comprenne !

Il continuait à s'approcher alors que je cherchai le sens de sa phrase. Etais-je entrain de bloquer mon esprit ? Il ne me semblait pas, pourtant.

–Mais je ne fais rien, rétorquai-je.

–Bon, très bien, concéda-t-il. Maintenant, reviens !

–Non. Recule ! Je ne veux pas te faire du mal.

Emmett et Jasper s'étaient rapprochés, à leur tour, aux côtés d'Edward, dans une position défensive, comme s'ils cherchaient à palier une attaque. Alice se trouvait dans les bras d'Esmée. Carlisle observait la scène avec attention.

–Bella, mon amour, écoute-moi ! Tu ne feras de mal à personne. Tu en es incapable.

–Mais la robe… Le sang dans ma bouche…

–Bella, je ne sais pas ce que cela signifie. Personne ne le sait. Explique-nous !

J'étais assise dans le coin de la pièce. Au fur et à mesure qu'Edward, Emmett et Jasper avançaient, j'essayai de reculer, oubliant toujours que je ne pouvais pas aller plus loin.

–Moi non plus, je n'en sais rien !

–Bon. Très bien. Raconte-nous ce qu'il s'est passé depuis le début !

Je réfléchis une seconde. Edward avait raison. Il devait y avoir une raison à tout ça. En y réfléchissant, en exposant les faits, nous finirions bien par trouver un sens, une logique, aux événements qui se déroulaient en cet instant précis.

–J'étais assise en face de la cheminée, entamai-je.

–Très bien. Et ensuite.

–Je réfléchissais à des tas de choses. Mon père, ma mère, le mariage…

–Bien. Et après ?

–Je ne sais pas. Je ne comprends plus rien, gémis-je…

Je ne pensais pas que quelque chose de plus horrible puisse se produire, en cet instant. Ce fut pourtant ce qu'il se passa. Je décelai une soudaine et puissante odeur émaner d'Edward. Il sentait le sang bien que ce soit impossible. Le sang ne circulait plus dans le corps d'Edward. Néanmoins, l'envie de l'attaquer était là, forte, trop forte ! Je portai une main à mon cou, voulant atténuer le feu qui le brûlait. J'avais l'impression de suffoquer, tant c'était puissant.

–Bella…

–Ne bouge pas, fis-je, tendant une main en avant. Qu'est-ce que c'est que cette odeur ?

Edward huma l'air ambiant.

–Il n'y a aucune odeur particulière, mon amour. Aucune !

A ce moment-là, elle redoubla d'intensité. Il fallait que je parte avant de blesser quiconque. Je me remis debout et m'enfuis à vitesse vampirique à travers la forêt. La baie vitrée éclata en morceaux, lorsque que je lui passai au travers. Je courais vite, toujours plus vite, toujours plus loin, sans savoir où j'allais.

J'entendis des pas derrière moi. Edward, Emmett, Jasper et Carlisle me suivaient. Plus vite ! Je redoublai de vitesse. Plus loin ! Il fallait que je m'éloigne d'eux, de lui, tout de suite.

–Bella, arrête-toi !

Non. Continuer. Le garder envie. C'était tout ce qui comptait.

« Bella, mon amour. Il n'y a rien en face. Juste une falaise. Arrête-toi ! »

Une falaise ? Parfait ! Je devais sauter. Il ne me suivrait sûrement pas. J'aurai le temps de m'enfuir et je pourrai revenir une fois que j'aurai chassé, une fois qu'il ne risquerait plus rien.

Je le voyais, maintenant, le précipice. Il était face à moi, à quelques centaines de mètres à peine. Je m'en rapprochai de plus en plus, à peine quelques dizaines de mètres !

Je me sentis m'étaler de tout mon long, après avoir été violemment taclée par l'un de mes poursuivants. Je fus maintenue au sol et des mains tentèrent de me retourner, afin que je sois sur le dos. Ainsi, je faisais face à celui qui m'avait rattrapée et qui n'était autre qu'Edward. Il était assis sur moi, essayant de me retenir afin que je ne m'enfuie pas encore. Il fut rapidement rejoint par Emmett et Jasper qui attrapèrent chacun un de mes bras.

–Non, lâchez-moi ! Je vous en prie !

Je hurlai, hystérique. Edward prit mon visage entre ses mains.

–Bella, mon amour… Arrête, je t'en supplie ! Calme-toi ! Tu te fais du mal autant qu'à moi. Je t'en supplie, arrête !

Je le faisais souffrir. Encore une fois, je lui faisais du mal mais si je ne le faisais pas, je risquais de le tuer. Il approcha alors mes lèvres des siennes. Mauvaise idée ! Très mauvaise idée, m'affolai-je !

Carlisle arriva à son tour.

Edward posa ses lèvres sur les miennes. Je ne lui rendis pas son baiser. Il m'embrassa plus fougueusement, espérant que je réagirai enfin. Rien. La soif était plus présente que jamais, me brûlant de l'intérieur.

–Edward, arrête !

Edward, aussi étonné que moi, s'exécuta. Ce n'était pas moi qui avait parlé mais Jasper.

–Quoi, demanda mon fiancé ?

–Ses yeux. Ils ont changé de couleur quand tu l'as embrassée.

Edward détailla mon regard quelques instants et je devinais que mes pupilles devaient être totalement dilatées.

–Tu as soif, Bella ?

Je répondis par l'affirmative, hochant la tête de haut en bas.

–Pourquoi ne l'as-tu pas dit plus tôt ?

Comment étais-je sensée lui dire que oui, j'avais soif, mais soif de son odeur, malgré que cela soit impossible ? Je ne pouvais pas, tout simplement, au risque de perdre tout contrôle et l'attaquer, le blesser. Puis, je me sentis m'enfoncer. La sensation était étrange, comme si je m'enlisais indescriptiblement dans un néan dont je n'avais pas le contrôle. Je vis Edward paniquer, lorsqu'il comprit que quelque chose d'anormal était entrain de se produire. Ma tête me tournait et je ne fus bientôt plus apte à bouger. Mes membres devinrent mous et je n'eus bientôt plus la force d'effectuer le moindre mouvement. Edward me donna de petites tapes sur les joues, tentant vainement de m'arracher une réaction. J'avais l'impression que la scène qui se jouait était lointaine. Puis, j'entendis vaguement Edward appeler Carlisle et ce fut tout.

Pour une raison inconnue, je ne fus plus.

Alors, alors ? Pas mal, hein ? Qu'est-ce que vous pensez qu'il s'est passé ? Où se trouvait Bella ? Qu'y faisait-elle et quelle importance aura ce chapitre sur la suite ? Un petit pronostic ? Des idées ? Et si… Naaaah, je ne vous en dis pas plus xD

A bientôt pour la suite !