Chapitre 10
Un choc sauvage me propulsa vers la gauche et je m'écrasai avec dureté sur le sol, retenant un cri dans ma gorge: le choc sur le parterre avec mes blessures était insoutenable. Je retins des larmes de douleur de couler, et me relevai avec difficulté, constatant que le pic n'était pas ancré dans mon corps. J'essayai de distinguer ce qu'il se passait, mais ma vue me jouait des tours: tantôt je voyais trouble, tantôt tout était noir. Je passai alors mes mains recouvertes de sang et de poussière sur mes yeux, essayant désespérément de retrouver une vue normale. Mais... Sakura?!
Paniquée, je me relevai brusquement, ignorant le calvaire que subissait mon corps à chaque geste et ma vue redevint enfin nette. Le spectacle que je découvris me sidéra. Itachi, dépourvue de son manteau de l'Akatsuki, avait arrêter d'une seule main le pic qui n'était qu'à quelques centimètres du coeur de Sakura. La Rose était figé dans une expression d'horreur mêlée à un ébahissement sans précédent.
Mais le plus choquant, le plus fort, le plus terrifiant, était le regard de Itachi. Une rage sans nom écarquillait ces yeux rouges qui étaient fixés sur moi. Il me faisait peur. Moi, la femme qui aimait cet homme, était complètement terrorisée devant ce regard. Sans détacher nos yeux, de sa seule main, il réduit en milles morceaux le pic. Piquant cria de surprise, et Itachi daigna enfin l'observer, remarquant enfin sa présence.
Il se tourna vers lui, ces yeux n'ayant pas changer d'expression. Ses sourcils se froncèrent, et je pus distinguer que son sharingan changeait, mais une seconde plus tard Piquant s'écrasa au sol, lourd et mort.
Maintenant, c'était à mon tour d'avoir peur. Comment allait-il réagir? Il se retourna alors et marcha d'un pas lent jusqu'à moi. Son regard était toujours le même: terrifiant. Et moi, j'étais toujours horrifié par cet homme que j'aimais, craignant pour ma vie. Je retins mes jambes de trembler lorsqu'il fut juste en face de moi, tellement près que je sentais son souffle chaud sur mon visage.
Étonnamment, son regard redevient doux et ses traits redevinrent calme. Il passa une main tremblante sur ma joue et je plissais mes yeux devant la douleur. Violemment, il passa ses mains dans mon dos et m'attira à lui dans une étreinte, enlaçant nos deux corps meurtris. Je collai mes mains sur son torse, accrochant son t-shirt, et appuyant ma tête contre son coeur. Ses mains, elles, faisaient un doux trajet dans mon dos, me rassurant et me protégeant. N'en pouvant plus, je déposai un chaste baiser sur ses lèvres, le remerciant pour ce qu'il avait fait et il me répondit en souriant.
Je me détachai de lui, désireuse de ne pas être vue de tout le monde. Je jetai un regard derrière l'épaule d'Itachi et découvrit Sasuke et Sakura en grande conversation.
-Au faite, Itachi, ça te prends souvent d'assommer les gens avant un combat?! criai-je, me rappelant subitement ce qui c'était passé avant l'entrée dans le repère.
Le brun me regarda supérieurement, un sourire victorieux sur les lèvres.
-Arrête d'être comme ça, en plus quand je me suis réveillé j'avais un shuriken dans le dos! Hein?! Explique-toi!
-Tu n'étais pas prête pour te battre, et d'après ce que je viens de voir je n'avais pas tort, m'apprit-il carrément.
Alors lui, il me le paiera...mais je décidai de changer de sujet, voyant Sakura et Sasuke nous lancer des regards en rigolant.
-Tu m'expliqueras plus tard, lui murmurai-je, je veux aussi tout savoir de votre combat.
-Et moi je veux tout savoir du tien et de tes tendances suicidaires.
Sa réplique avait claqué dans l'air, provoquant une vague de froid dans mon corps.
-D'accord, prononçais-je.
Nous marchâmes jusqu'aux deux amoureux non déclarés et commençâmes à parler avec eux. Sakura entreprit de guérir les blessures de mon visage pendant que je pansai mes mains et mes mollets.
-Arrête, Sakura, peut-être qu'un autre en aura plus besoin que moi, lui dis-je en écartant mon visage, on verra ça à Konoha!
Je me relevai brusquement tout en finissant de panser ma main gauche, mais un vertige me força à fermer les yeux.
Voyons, cela allait bientôt faire une quarantaine d'heure que je n'avais pas dormi, la faim tiraillait mon estomac et des problèmes typiquement féminins me pompaient le peu d'énergie qu'il me restait. Je rouvris les yeux et découvrit le visage d'Itachi en face du mien, me scrutant d'un regard sévère.
-Je vais bien, lui dis-je d'une toute petite voix en passant mes mains dans mes cheveux, p-pourquoi t-tu me regardes c-comme ça?
Voilà que je me mettais à bégayer comme Hinata! Pauvre fille, me plaignais-je dans ma tête, non pas que Hinata en soit une, mais cela ne me ressemblait pas du tout. Cet homme me faisait perdre tous mes moyens!
-Si tu le dis, marmotta-t-il.
J'ouvris de grands yeux devant sa réponse et l'accueillit comme une petite victoire intérieure. Itachi venait de gober mon premier mensonge!
-Menteuse, grogna-t-il quelques secondes plus tard.
-C'est la vérité! hurlais-je en levant brusquement les bras que je rabaissai immédiatement.
Sakura tourna immédiatement son regard vers moi. Je savais qu'elle l'avait sentit, cette fille est une vraie furie, un animal, elle est inhumaine!
Aussitôt elle arriva vers moi, me mit dos aux garçons et leva mon t-shirt.
-Elyna, murmura-t-elle, pourquoi ne me l'as-tu pas dit?
-Tu as autre chose à faire, et ta réserve de chakra est limité et puis ce n'est que superficielle...
-Tu te fous de moi? hurla-t-elle.
Je baissai mon regard sur le côté puis elle relâcha mon t-shirt.
-De toute façon, les autres ont finit. Rentrons.
Elle partit et je lui emboîtait le pas, espérant qu'elle ne m'en veuille pas trop. Mais je ne pus bientôt plus mettre un pied devant l'autre, mes jambes devinrent lourdes et ma vue devint brumeuse.
-Itachi, susurrai-je.
Je sentis directement deux bras chauds m'entourer et ensuite me porter.
Le voyage du retour, pour moi, se passa entre mes moments de sommeil et de réveil. Un coup je me réveillai, découvrant que j'étais dans les bras d'Itachi, la tête contre sa poitrine puis je me rendormissais, épuisé de ces combats et course-poursuite. La dernière chose que je sentis fut que l'on m'allongeait dans un lit, que l'on recouvrit mon corps meurtrit de drap doux, m'arrachant une grimace. En fin de compte, mes blessures me faisaient plus souffrir que ça. La dernière sensation fut des lèvres chaudes et douces sur mon front, et je tombais dans un sommeil réparateur.
J'entrouvris mes yeux. D'après la lumière éclatante dans la pièce, il faisait jour. Je respirai un grand coup, puis me retournai, espérant retomber dans le sommeil. Malheureusement pour moi, un gargouillement de mon ventre m'empêcha de retomber dans mes doux songes, et me força à me réveiller totalement.
A première vue, j'étais dans une pièce totalement blanche, donc à l'hôpital. Mon corps, d'après mon ressentit, n'était plus recouvert de coupure et de blessures en tout genre mais totalement raccommoder. Je tendis la main pour prendre une bouteille d'eau sur ma table de nuit quand la porte s'ouvrit pour laisser entrer l'Hokage.
-Bonjour Tsunade.
-Elyna, comment vas-tu?
-Bien, quel jour sommes-nous?
-Vendredi, tu as dormi seize heures, m'annonça-t-elle.
-Waouh, c'est la première fois que je dors autant, dis-je en buvant de l'eau.
-Sakura m'as raconté votre combat.
Je m'arrêtai de boire et la scrutait. Comment allait-elle réagir? C'est vrai que je ne savais rien de tout ça: comment allait-elle le prendre? Comment réagissait un supérieur lorsqu'un de ces ninjas avait mené un combat comme le mien?
-Enfin, plutôt ton combat, continua-t-elle, et je tiens à te féliciter, même si je préférais que tu trouves d'autres solutions la prochaine fois, compris?
-Oui, pas de problème, lui souris-je.
-Bien, pour l'information tu sors demain matin et tes parents t'attendent dans le couloir.
-Faîtes-les entrer, ah et Tsunade... pouvez-vous m'apporte un repas, s'il-vous-plaît? Je meurs de faim!
Ma phrase s'accompagna d'un énorme gargouillement de la part de mon ventre, ce qui fit rire Tsunade.
-C'est comme si c'était fait, rigola-t-elle tout en sortant de la pièce.
Quelques instants après, j'eus la visite de mes parents. Mon père me complimenta sur mon combat pendant que je mangeais, alors que ma mère me recouvrait d'un regard protecteur en marmonnant: « fais plus attention, la prochaine fois... ». Je ne répondis rien à ces phrases, car je savais que c'était le genre de promesse qu'un ninja ne pouvait tenir.
Après, ce fut tous mes amies, la bande au grand complet. Sakura s'enquit de ma santé, Naruto et Shino me racontaient leurs exploits de la dernière fois, Hinata rougissait et les autres me parlaient de tout et de rien. J'étais contente de ces visites, elles me permettaient de penser à autre chose et de passer le temps.
Dans la soirée mes pensées vagabondèrent et je repensai à mon combat. En fin de compte, je n'étais pas passez loin de la mort. Si Itachi n'avait pas été là, je ne donnerai pas chère de ma peau. Puis, d'un seul coup, je pris enfin compte des risques du métier. Du jour au lendemain nous pouvions disparaître sans même nous en rendre compte, chaque jour était un cadeau. En une seconde, tout pouvait basculer et notre vie ne pouvait tenir qu'à un vulgaire fil. Je soupirai en découvrant que lorsque j'avais accepté d'être ninja, je n'avais pas mesuré toute l'étendue de ma décision. Mais, de toute façon, je ne pouvais plus reculer alors pas la peine de regretter. Et puis Itachi était là...
Aux alentours de dix heures, malgré la fatigue, je luttai encore. Une des personnes que j'avais le plus envie de voir n'était toujours pas venu. Il faisait noir dans la chambre et je commençai à avoir de sérieux doute. Que faisait-il? Où était-il? Avec qui? Il pensait à moi, ou pas? M'en voulait-il? Avait-il connaissance du combat que j'avais mener? Je retins un grognement, me disant que me poser toutes ces questions ne me serviraient à rien à part me torturer un peu plus. Mes yeux se firent de plus en plus lourds, mon corps aussi et mon esprit se retrouva dans une léthargie de plus en plus profonde. Je décidai alors de ne plus lutter, tant pis pour lui.
Une mèche de mes cheveux se leva doucement, fine et légère, puis se reposa sur mon épaule. Ce drôle de phénomène se reproduit plusieurs fois, puis s'arrêta enfin. Un doigt partit du coin de mon œil, alla se loger au coin de ma bouche puis finit par descendre le long de mon cou. Puis ce fut un souffle au dessus de mon visage et une main qui serrait la mienne qui me réveilla enfin.
Prenant conscience d'une autre présence, j'ouvris enfin les yeux, désireuse de découvrir la personne qui osait me réveiller.
-Bonjour, m'accueillit une voix grave et suave.
-Bonjour, grommelais-je, mais je te préviens je ne suis vraiment pas du matin.
-Il est trois heures, me répondit-il et je distinguai malgré le noir de la pièce un sourire sur son visage.
-Que fais-tu ici à cette heure-ci? le questionnai-je.
-Je viens te rendre visite, me répondit-il comme si sa allait de soit.
-A trois heures? Je t'ai attendue toute la soirée, grognai-je.
-Si tu veux je peux repartir, grommela-t-il.
-Ce n'est pas ce que j'ai voulue dire, le reprenais-je, mais bon à trois heures du matin ou vingt-trois heures peu importe tant que tu es là.
Un sourire s'étendit sur mes lèvres et je pris ma bouteille d'eau pour satisfaire ma gorge enflammée. Quand je la reposai, je décidai enfin de questionner Itachi sur son combat.
-Alors, raconte-moi tout de ce combat?
-Eh bien, il était étonnamment assez costaud. Il connaissait la plupart des techniques du sharingan et était de plus un ninja médecin, ce qui lui conférait déjà un point en plus. Néanmoins, c'était sûr que Sasuke et moi l'aurions, ce n'était qu'une question de temps et de volonté, finit-il, et toi?
-Moi ça été pour un premier combat, je m'en suis plutôt pas mal sortit et, enfin voilà quoi...
Je terminai maladroitement ma phrase, me rappelant qu'il voulait tout savoir de mes « tendances suicidaires ». Un silence lourd de tension prit place dans la pièce, trônant fièrement entre nous deux. Je ne savais pas quoi faire, si je devais m'expliquer où si je devais attendre qu'il m'y invite. Sa respiration était régulière, quoi que lourde et grave. Il ne me tenait plus la main, ni ne touchait mes cheveux qu'il aimait particulièrement enrouler autour de ses doigts.
-Je n'ai pas des tendances suicidaires, décidai-je en passant à l'attaque, je n'avais pas d'autres choix, je protégeai Sakura et il était particulièrement coriace. Tu sais bien que je ne prends jamais de décisions inconsidérées et...
-Je ne te crois pas, me coupa-t-il, ces décisions comme tu dis étaient hâtives et puériles. Il y a toujours une solution, toujours une porte de sortie, Elyna.
Je le sentis se lever de la chaise et parcourir la pièce de long en large. C'était la première fois que je le voyais perdre son calme aussi facilement.
-Ne refais plus jamais ça, me dit-il tout en se rasseyant sur la chaise, je ne serais pas toujours là et je ne supporterais pas qu'il t'arrive malheur. Compris?
Sa voix était grave et sans appelle, et je ne pus que acquiescer tout en sachant que ce genre de promesse était difficile à tenir.
Il ouvrit la lampe de chevet, qu'il orienta vers le sol pour ne pas attirer de soupçon de la part du personnel dans le couloir. Je pus alors voir son visage, ces magnifiques yeux sombres entourés de cheveux noir me faisaient toujours autant chavirer.
-A quoi penses-tu? me demanda-t-il.
A toi, aurais-je voulu lui répondre. Mais à la place, je décidai d'en apprendre un peu plus sur lui.
-Je trouve que nous ne nous connaissons pas beaucoup, j'aimerai en apprendre plus sur toi, débutai-je.
-Écoute, pas cette nuit. Si tu veux demain passe chez moi, je t'accueillerai avec joie. Mais pour l'instant, j'ai envie de faire autre chose, me susurra-t-il à l'oreille.
Un doux baiser se posa sur mon cou. Puis sa main passa sur mon ventre et entoura ma taille alors que l'autre jouait avec mes cheveux. Il posa son front contre le mien et enfonça son regard sombre dans mes yeux bleus. Intérieurement, une chaleur immense commençait à augmenter, une chaleur que je commençais à reconnaître et à apprécier. Il posa ses lèvres sur les miennes, et nous débutâmes un long et langoureux baiser. Sa langue titillait la mienne, sa main commençait à dangereusement remonter vers ma poitrine qu'il finit par frôler, m'arrachant un gémissement de plaisir. C'était peu, mais pour moi qui était une inconnue devant tout ça, c'était énorme.
Je commençais sérieusement à le désirer et je devins beaucoup plus entreprenante, passant mes mains sur son torse, embrassant son cou et mordillant sa lèvre inférieur ce qui le fit sourire. De son côté il passa lui aussi à la vitesse supérieur, sa main passant en dessous de mon haut de pyjama pour se diriger une fois de plus vers ces deux bouts de chairs qu'il avait l'air de désirer plus que tout. Mais alors qu'il allait en empoigner un, je me reculai brutalement, pas si sûr que ça de ce que nous allions faire.
-Euh, écoute, l'hôpital n'est pas le meilleur lieu pour faire ce genre de chose, murmurai-je le rouge aux joues, mais je ne savais plus si c'était de honte ou d'excitation.
-Ne t'inquiète pas, je m'excuse, mon désir pour toi me mène parfois par le bout du nez, me chuchota-t-il en enlevant sa main du dessous de mon pyjama, et l'hôpital n'est pas le meilleur lieu pour une première fois.
-Mais je n'ai jamais dit que...
Il me coupa dans mon élan en me mettant une pichenette sur le nez.
-Arrête de te confondre en excuse. Nous avons tout notre temps.
Je ne répondis pas et baissai les yeux, gênée de cette situation. Il se pencha alors vers moi et me susurra au creux de mon oreille:
-Je te désire, Elyna Aoki, ne l'oublie pas. J'attendrai le temps qu'il te faudra pour te faire l'amour.
Sur ces mots il m'embrassa, puis s'éloigna de moi (à mon grand regret) pour ouvrir la fenêtre.
-Tu as une mission? l'interpellais-je.
Il hocha la tête et je me rappelais mes pensées du début de soirée et eut un pincement au coeur.
-Approche, lui dis-je tout en lui faisant signe.
Il arqua les sourcils de surprise puis obtempéra. Je me levai quelque peu, me mettant sur les genoux pour être à sa hauteur, prit son visage en croupe et posa mes lèvres sur les siennes. Lorsque je sentis ses bras encercler ma taille, je passai les miens autour de son cou et approfondis notre baiser. C'est lui qui stoppa notre échange, les yeux brûlant de désir.
-Il ne vaut mieux pas que je sois en retard, sinon Kisame va encore grogner, rigola-t-il tout en reposant un chaste baiser sur mes lèvres.
Il passa une main dans mes cheveux puis s'éloigna vers la fenêtre encore ouverte.
-N'oublie pas, passe chez moi demain. Repose-toi bien ma douce.
Puis il sauta sur le rebord, la referma et s'enfonça dans l'encre noir de la nuit.
