Disclamer : Les personnages appartiennent, comme nous le savons tous, à la merveilleuse Stephenie Meyer. Cependant, la trame de cette fic et toutes les choses peu catholique qui vont avec, m'appartiennent. Merci de le respecter.
Note d'auteure : Pas de blabla maintenant, on se retrouve en bas !
Bonne lecture !
Chapitre 8 :
J'étais chez moi, en train de faire les cents pas devant la porte d'entrée close. J'attendais, anxieuse, qu'Edward passe me chercher. Nous étions déjà vendredi, il était dix-neuf heures trente, et il venait de m'envoyer un texto pour me dire qu'il arrivait.
La semaine s'était passée relativement bien. Edward avait réessayé de me parler quelques fois, mais il avait finit par abandonner devant mon obstination à ne pas lui adresser la parole. J'avais demandé à Victoria de le contacter pour régler les détails techniques. J'étais bien décidé à le traiter comme un véritable client, ce qui incluait bien sûr de donner sa part à Victoria. Celle-ci avait été surprise lorsque je lui avais parlé de l'arrangement que nous avions pris lui et moi. Rien que le fait que j'accepte de passer un week-end entier avec lui était étrange en soi. Bien sûr, je ne lui avais rien dis à propos du chantage. Je lui avais laissé le soin de négocier la somme avec lui, et elle nous avait servi d'intermédiaire pour communiquer. J'appréhendais cette soirée. Aurais-je vraiment la force de faire taire le début de quelque chose que j'avais peut-être commencé à ressentir pour lui et à le traiter comme n'importe quel client ? Même si je le haïssais de faire ça, j'avais pris conscience que sans ce chantage j'aurais éventuellement pu avoir des sentiments pour lui. Franchement, c'était ce qui me faisait le plus mal dans tout ça. Que je me sois trompée à ce point…
Edward voulant venir me cherche lui-même, j'avais accepté de lui donner mon adresse, ainsi que mon numéro de portable. Il m'avait envoyé une magnifique robe de haute couture, dont j'avais déjà oublié la marque. Elle était longue, dos nu, fendue sur les côtés jusque haut sur mes cuisses et dotée d'un décolleté plongeant. La soie fluide épousait à merveille mon corps, donnant l'impression que la robe avait été faite sur mesure, spécialement pour moi. Sa teinte bleu nuit profonde me faisait voir ma peau différemment. Moi qui l'avais toujours trouvé trop pâle, je la trouvais maintenant agréable à regarder. Cette robe était parfaite. Cependant, j'étais un peu gênée de ne pas pouvoir porter de soutien-gorge, puisqu'elle dénudait mon dos jusqu'aux reins. Mais bon, j'avais déjà porté pire pour le boulot.
Tout de même, je me demandais ce qu'il avait prévu pour me vouloir habillée de la sorte. Ne devions-nous pas simplement faire… ce pour quoi il me payait ?
La sonnette retentie, mon cœur loupa un battement. Je me regardais rapidement dans le miroir le plus proche, vérifiant mes cheveux et mon maquillage. Par simple conscience professionnelle, bien entendue.
Je m'étais maquillée très légèrement. Seulement une petite touche de gloss transparent sur les lèvres et un tout petit peu d'ombre à paupière argentée, aussi. J'avais des cils suffisamment long et épais, d'après moi, donc j'évitais le plus souvent le mascara. Ça les rendait tout durs et figés, et je détestais ça. Mes cheveux étaient remontés en un chignon simple dont quelques mèches rebelles s'échappaient.
J'avançai lentement vers la porte, et tournai prudemment la poignée, comme si ce qui se trouvait derrière était un composant particulièrement dangereux pour l'homme.
Terriblement tentant pour la femme, tu veux dire…
Et il l'était. Tentant et dangereux. Mon souffle se bloqua dans ma gorge dès que je le vis.
La lune appelle Bella ! Je répète, la lune appelle Bella ! Vous me recevez ?
Mon cerveau semblait être hors service, tandis que je le détaillais des pieds à la tête sans aucune discrétion. Son costume gris lui allait comme un gant. Le col déboutonné de sa chemise blanche et ses cheveux toujours aussi ébouriffés lui donnait un petit air rebelle, indiscipliné, qui me faisait fondre, en total contraste avec le reste de sa tenue. Lorsque je revins sur son visage, mon attention fus immédiatement attirée par ses lèvres pleines étirées en un sourire diablement séduisant, me donnant envie de lui sauter dessus. Je remarquai alors qu'il me détaillait également sans aucune honte, me déshabillant littéralement du regard. Je me sentais nue sous ses yeux vert incandescent, et je rougis bien malgré moi, trahie par mon corps qui fut assailli par un frisson de désir incontrôlable, impossible à ignorer pour un homme aussi observateur qu'Edward.
- Respires, Bella, me taquina-t-il, me sortant brutalement de ma contemplation.
Je lui jetais un regard noir, agacée qu'il ait remarqué mon trouble. Il me détailla une nouvelle fois de haut en bas.
- Tu es magnifique… chuchota-t-il d'une voix rauque, brusquement sérieux. Vraiment magnifique.
- Merci, marmonnai-je en baissant la tête, les joues en feu.
Mais qu'est-ce qui te prend à la fin ? Où est passé ta résolution de te comporter comme Isa ? Elle ne baisserait jamais la tête en rougissant comme une adolescente de quatorze ans à son premier rendez-vous !
Je claquai la porte derrière moi avant de passer devant lui. Il était hors de question que je continue à ressentir ce genre de chose en sa présence. Du moins, pas de manière si… intense. Je ne pouvais pas me permettre de perdre le contrôle de moi-même.
Il me suivit jusqu'à l'ascenseur, marchant quelques pas derrière moi, et je sentais son regard brûlant dans mon dos. Il me caressait langoureusement de la nuque à la cambrure de mes reins, passant même sur mes fesses. Je me fis violence pour empêcher un second frisson de me traverser. Comment osait-il me regarder de cette manière après tout ce qui s'était produit ?
Mais ce ne fut pas le pire. Une fois dans l'ascenseur, il posa nonchalamment sa main au creux de mes reins. Cette fois, je ne pus m'empêcher de frissonner, et le rouge me monta une nouvelle fois aux joues. Je vis du coin de l'œil un petit sourire en coin faire son apparition sur ses lèvres. Je détournais le regard en serrant les dents. De toute manière, la soirée allait indubitablement se terminer dans son lit, alors autant me faire à l'idée dès maintenant.
Edward ne semblait plus du tout rongé par quelque chose ressemblant de près ou de loin à des remords, comme il avait pu en avoir l'air cette semaine. Avais-je mal interprété les choses ? J'avais cru que mes paroles l'avaient un peu plus ébranlé que ça. Mais en cet instant, il semblait tout à fait à l'aise avec ce qu'il faisait. Il se comportait comme au tout début, lorsque nous venions de nous rencontrer. Il était séducteur, charmeur, taquin, agaçant… comme si rien ne s'était passé. Comme s'il n'allait pas me forcer à coucher avec lui contre de l'argent. Pourquoi faisait-il ça ? Cherchait-il à dédramatiser la situation ?
Le trajet en voiture me parut plus long qu'il ne le fut en réalité. Il ne chercha pas à engager la conversation, et bien que j'eu envie de lui demander où nous allions, je préférai garder le silence. Je me préparais mentalement au reste de la soirée.
Perdue dans mes pensées, je ne réalisai pas que nous nous étions arrêtés avant qu'Edward ne m'ouvre galamment la portière. Il me tendit la main pour m'aider à sortir de la voiture, et je la pris, réprimant un frisson.
Il y en a marre de réagir comme ça…
Nous entrâmes alors à l'intérieur de ce qui était vraisemblablement un restaurant des plus chics. Je comprenais à présent pourquoi il m'avait envoyé cette robe, mais je ne saisissais pas pourquoi il ne m'emmenait pas directement dans sa chambre, qu'on en finisse.
L'hôte à l'accueil était un homme assez âgé, probablement dans la quarantaine, il aurait pu être mon père. Ce qui ne l'empêcha pas pour autant de lorgner mon décolleté…
Tous des porcs.
Edward m'attira fermement à lui, sa main serrant ma hanche, son corps étroitement collé au mien. Il était si possessif… À croire que je lui appartenais.
J'ai l'impression que c'est déjà un peu le cas… Malgré tout.
- J'ai une réservation au nom de Cullen, dit Edward d'une voix tendue, gratifiant l'hôte d'accueil d'un regard glacial.
Ce dernier se reprit avec un raclement de gorge gêné.
- Suivez-moi, dit-il après avoir rapidement vérifié dans le registre.
Il nous mena jusque au fond de la salle, à l'écart, dans un petit coin très intime. Cachée par quelques luxueux paravents noirs aux bordures dorées, une table pour deux personnes était dressée. Elle ne possédait pas une bougie en son centre, comme toutes les autres tables, mais plusieurs bougies blanches était fixées aux murs près de nous. Le tout créait une ambiance assez… romantique.
À quoi joue-t-il ?
Alors que l'homme aux cheveux grisonnant s'apprêtait à me tirer ma chaise pour que je puisse m'assoir, Edward l'arrêta d'un geste.
- Je vais m'en charger, merci, dit-il d'un ton froid. Vous pouvez disposer.
- Bien, monsieur. Un serveur viendra prendre votre commande dans un petit moment.
Il s'inclina légèrement et partit. Tout était si cérémonieux…
Edward me tira ma chaise et m'invita à m'y assoir, avant de prendre place devant moi. Je cherchais les menus du regard, voulant feindre de m'y concentrer pour éviter qu'il ne tente de faire la conversation, mais je ne les trouvai pas. Mes sourcils se froncèrent.
- Où sont les menus ? demandai-je stupidement.
Edward sourit.
- Le serveur va les ramener.
Ouais. Bien sûr. Je commençai à taper la table avec mes doigts, impatiente de voir ce satané serveur arriver. Edward allait ouvrir la bouche, mais il fut arrêté lorsque le garçon arriva, menus en main. Il était jeune et plutôt mignon, mais me parut un peu trop… tactile. Il arbora un grand sourire dès qu'il me vit, et se dirigea vers moi en premier.
- Mademoiselle… dit-il d'une voix exagérément suave.
Se penchant vers moi pour me tendre le menu, il effleura mes doigts avec un regard suggestif lorsque je le pris. Il resta planté là, à me regarder, un sourire plaqué sur le visage. Je vis nettement son regard glisser de ma bouche jusqu'à ma poitrine. Je jetai un coup d'œil à Edward. Ses sourcils étaient froncés, ses yeux semblaient sombres et meurtrier, et je vis un muscle de sa mâchoire tressauter.
Putain, ce qu'il peut être sex avec ce regard de tueur…
Oh la ferme !
J'eus soudainement l'envie de torturer un peu plus Edward, de la même manière que la dernière fois, dans la salle de classe. Je rendis son regard au serveur, le détaillant de haut en bas en me mordillant les lèvres. Il sembla apprécier que je lui porte attention, son sourire s'agrandissant encore plus. Puis, il se pencha vers moi. Je réprimai un réflexe de recul.
- Votre verre est sale… susurra-t-il tout bas d'une manière qui se voulait séductrice.
En tendant le bras pour le prendre, il effleura délibérément ma poitrine.
Ugh. Dégueu.
Un bruit sourd me fit sursauter. Edward venait de taper la table du plat de la main en se levant. Fort. Ses trait étaient durs, fermés, ses poings si serrés que ses jointures étaient blanches. On aurait vraiment dit qu'il se retenait pour ne pas envoyer un coup directement sur la mâchoire du garçon. Il avait l'air tout simplement furieux.
Seigneur…
- Dégage, gronda-t-il en direction du garçon.
Celui-ci ne paraissait plus du tout aussi sûr de lui. Un peu plus et il se serait pissé dessus. Il bredouilla quelque chose, reposa le verre et prit ses jambes à son cou.
Poule mouillée…
Edward se rassit, s'efforçant apparemment de retrouver son calme. Je ne comprenais pas sa réaction. Il était jaloux, d'accord, mais à ce point là ? Il avait été à deux doigts de sauter sur le serveur, bon sang ! Il n'avait pourtant pas réagi comme ça avec Carter.
Peut-être, mais Carter ne t'avait pas touché, lui.
- Qu'est-ce qui t'as pris ? lui demandai-je, un soupçon de reproche dans la voix.
Il me jeta un regard peu amène.
Pff… même pas peur !
- Tu aurais peut-être préféré que je le laisse te tripoter ? rétorqua-t-il en plissant les yeux de colère.
- Et pourquoi pas ? lui répondis-je d'une voix pleine de défi.
Ses yeux flamboyèrent. Il sembla vouloir me répondre quelque chose, mais il se ravisa soudainement et bu une gorgé d'eau. Je crus un instant que le verre allait éclater tant il le serrait fort.
- Laisse tomber, dit-il finalement dans un soupir.
J'étais incrédule. Laisser tomber ? C'était lui qui réagissait de façon démesurée ! Après tout, nous ne faisions que coucher ensemble lui et moi. Rien d'autre ne nous liait, si on pouvait appeler ce truc entre nous un « lien ». Certes, au fond j'étais bien contente qu'il m'ait débarrassé de ce mec, mais il n'avait pas le droit de faire fuir les autres hommes qui m'approchaient. Même si je l'avais un peu cherché cette fois-ci.
- Tu n'as aucun droit de faire ça, Edward. Je ne t'appartiens pas.
Je m'étais exprimé d'une voix calme et sereine, en le regardant droit dans ses yeux orageux. Son regard dur et sérieux rencontra le mien.
- Tu m'appartiens, Bella. Tu es à moi. Rentres-toi bien ça dans le crâne.
Il avait parlé sans aucune hésitation, comme si c'était un fait prouvé et avéré. J'étais soufflée par sa réponse. Après la surprise, vint la colère. Ce fut à mon tour de serrer les poings, m'apprêtant à lui répondre vertement. Le sourire en coin qui s'afficha sur son visage me désarçonna.
- Ce week-end et chaque samedi uniquement, bien entendu, ajouta-t-il doucereusement.
Puis, en souriant un peu plus, ses yeux plantés dans les miens, il se penchant vers moi.
- Tu sais que tu es magnifique lorsque tu es en colère ? me souffla-t-il sur le ton de la confidence. Tes joues rougissent, tes yeux lancent des éclairs et ton adorable petit nez se fronce… On dirait un petit chaton furieux, essayant désespérément de vaincre le lion…
- Tu sais ce qu'il te dit le chaton ? Il te dit d'aller te fai…
Je fus interrompu par l'arrivé d'un autre serveur. Je lui prêtais à peine attention, toujours furieuse à cause de ce qui venait de se passer. Comment osait-il dire des choses pareilles ? On aurait qu'il faisait tout pour m'énerver. Et ça l'amusait en plus !
Avec tout ça, je n'avais même pas regardé le menu. Tant pis, avec un peu de chance, je tomberai sur le truc les plus chers du menu. Je souris en imaginant la tête d'Edward.
Rira bien qui rira le dernier ! Nah !
- Et pour vous, ce sera ? me demanda le serveur, me sortant de mes pensées.
Je ne pris pas la peine de réfléchir et dis ce qui me passait par la tête.
- Du homard ! Oh, et des huitres aussi, puis une escalope de veau. Et des raviolis aux champignons.
Je me tournai vers Edward, lui souriant insolemment. Il me dévisageait, un léger sourire sur les lèvres.
- Les huitres sont aphrodisiaques, n'est-ce pas ? Ne chercherais-tu pas à me séduire, mon ange ?
Je devins rouge.
- Enlevez les huitres ! dis-je rapidement au serveur.
J'entendis Edward émettre un petit rire.
- Mais ajoutez une terrine de foie gras, des escargots à l'ail, de la langouste et des crevettes. De grosses crevettes.
Le serveur, plus âgé que le précédent, me regarda bizarrement. Au moins, celui-là n'avait pas l'air de vouloir me mettre dans son lit. Mais il avait une drôle de lueur dans les yeux quand il regardait Edward…
Sérieusement ? C'est quoi ce resto de dingues…
Je m'étais attendu à ce qu'Edward proteste à propos de ce que j'avais commandé, décrétant que je n'arriverai jamais à manger tout ça. Mais il s'était contenté de sourire avec amusement tandis que le serveur notait la commande. J'étais perplexe. Quel homme ne paraitrait pas gêné par ça ? Certes, je ne connaissais pas le prix exact des plats que j'avais pris, mais le homard, ajouté au reste, devait bien coûter une petite fortune, surtout dans un restaurant comme celui-là.
- Apportez-nous votre meilleur champagne avec ça, merci, ajouta Edward.
Le serveur partit, nous laissant seuls.
- Ça ne te dérange pas ? demandai-je, curieuse.
- Quoi ?
- Que j'ai commandé autant de choses, précisai-je. Je veux dire, ça ne risque pas d'être… trop cher ?
Et alors ? Pourquoi est-ce que tu t'inquiète de ça ?
Il rit en me regardant avec… tendresse ?
Non ! Pas possible !
- Ne t'en fait pas pour ça, l'argent n'est pas un problème.
- J'avais remarqué, marmonnai-je.
C'était étrange d'ailleurs. Comment un simple professeur pouvait-il être si aisé financièrement ? Je gardai cette interrogation pour moi. Après tout, ça ne me regardait pas.
- Donc ça ne t'embêtes pas ? demandai-je à la place.
- Bien sûr que non, Bella. Prends tout ce dont tu as envie.
Je tiquai à l'emploie de mon prénom. C'était la troisième fois qu'il le disait depuis le début de la soirée, et ça ne m'aidait pas à me détacher de la situation en me mettant dans la peau d'Isa. Mais bon, il n'en ferait qu'à sa tête quand bien même je lui demanderai d'arrêter.
- Pourquoi es-tu comme ça ? lui demandai-je brusquement. Pourquoi agis-tu comme si de rien n'était, comme si tout… comme si tout était parfaitement normal entre nous.
Il perdit son sourire, le visage de nouveau sérieux.
- Écoutes, Bella… Je… suis vraiment désolé. Les choses ont… je… Je ne voulais pas que ça se passe comme ça entre n…
- Tais-toi ! l'interrompis-je. S'il-te-plait, arrête.
Je ne voulais pas l'entendre s'excuser. Je ne supportais pas sa pseudo culpabilité de pacotille. S'il était vraiment désolé, il ne me forcerait pas à faire ce genre de chose, point.
- Dis-moi juste pourquoi tu te comporte de cette manière, et arrête un peu de chercher à te justifier.
Il acquiesça, le visage impassible.
- Bien. Je cherche simplement à passer une bonne soirée en ta compagnie, Bella. En profiter pour… mieux te connaitre, ou quelque chose comme ça.
Je fronçai les sourcils.
- Pourquoi ?
- Pourquoi pas ? rétorqua-t-il en haussant les épaules.
- Et moi alors ? Peut-être que je n'en ai pas envie, t'y as pensé à ça ? Peut-être que moi, je n'ai pas envie de mieux connaitre un connard tel que toi, et encore moins envie que tu me connaisses davantage !
Il soupira, passa sa main sur son visage las.
- J'essaye juste d'alléger un peu l'atmosphère, Bella. Je sais que tu ne veux pas être là, mais faisons en sorte que ce ne soit pas trop pénible, tu veux bien ?
- La faute à qui si c'est comme ça, hein ? Tu crois peut-être que je vais simplement oublier pourquoi je suis là et jouer ta putain de comédie à la noix ?
Il commençait sérieusement à m'énerver. Je tachais de reprendre mon calme et de relativiser. Edward resta silencieux un instant, ne faisant que me fixer. Je ne détournai pas le regard, le défiant clairement d'ajouter quelque chose. Franchement, il avait de la chance que je ne lui aie pas déjà botté son joli petit cul musclé.
Ne me pousse pas à bout, Cullen.
- Pouvons-nous juste… dit-il doucement… essayer de passer une soirée agréable. S'il-te-plait, juste pour quelques heures… Mettons tout ça de côté.
Peut-être… que ce serait bien, non ? Juste pour quelques heures…
Une partie de moi se révoltait contre l'idée de pouvoir apprécier ne serait-ce qu'un millième de seconde passée en sa compagnie, mais une autre part de moi, celle qui était lâche, souhaitait seulement pouvoir tout oublier, passer par-dessus et tout recommencer du début. Pour que nous soyons juste Edward et Bella…
Seulement quelques heures… ça devrait être bon, non ? Baisser les armes et discuter comme deux personnes normales.
Ne devrais-je pas plutôt le haïr de toutes mes forces ? Ou au mieux, n'éprouver que de l'indifférence pour lui ? Je commençais à comprendre que cette situation me pesait bien plus que je ne l'aurais voulu. Parce que… peut-être que… que…
Qu'il n'est pas comme n'importe quel autre client ?
J'étais définitivement une lâche.
Un contact chaud et doux sur ma main. Je relevais la tête et retirai précipitamment ma main de celle d'Edward. Une expression blessée passa fugitivement sur son visage, mais elle disparut si vite que je cru l'avoir imaginé.
- C'est bon, je… Ok.
Je mordillais ma lèvre, dont tout le gloss était déjà parti. Il sourit, me sourit vraiment. Il avait l'air un peu soulagé.
- Tu connais le jeu des vingt questions ? demanda-t-il. Je te propose d'y jouer avec moi. Je te pose vingt questions, puis tu m'en poses vingt.
- D'accord, dis-je. Mais on se pose une question chacun à tour de rôle.
- Et on a le droit à un Joker, ajouta-t-il en souriant.
Il paraissait heureux que j'aie accepté.
- Tu commences ou… ? demandai-je.
- Si tu veux bien.
- Vas-y.
- Ok, alors… Ta couleur préférée ? dit-il, presque joyeusement.
Vert. Comme tes yeux.
Merde. Je rougis bien malgré moi.
- Marron, mentis-je.
Il me regarda intensément.
- La mienne aussi…
Je rougis plus encore, si c'était possible.
- Pourquoi Marron ? dis-je sans réfléchir.
Et voilà une question de gaspillée…
Il me détailla pendant de longues secondes, puis tandis la main et pris délicatement entre ses doigts une mèches de mes cheveux qui s'échappait de mon chignon. Il la caressa, l'enroula autour de son index.
- Tu ne devine pas ? me questionna-t-il doucement.
Pourquoi mon cœur bat-il si vite ?
- Tout d'abord, il y a tes cheveux… ils sont si doux et fins qu'on pourrait croire qu'ils appartiennent à une fée. J'ai continuellement envie d'y passer ma main, que ce soit pour les caresser tendrement ou pour les empoigner à pleine main, avec passion. Et tes yeux… Ils ont une couleur si profonde, si riche, qui me fait parfois penser au chocolat. La plupart des yeux marron me paraissent fade et sans vie, mais les tiens… c'est tout le contraire. Ils sont comme un livre ouvert sur ton âme. Lorsqu'ils se baissent doucement sous la timidité, mon cœur chavire et je craque complètement… Et lorsqu'ils se troublent de désir pour moi grâce au plaisir que je te donne, mon corps tout entier s'enflamme…
Sa voix était aussi douce que du velours, et je frissonnai en rougissant sous ses paroles, mon cœur battant un rythme effréné dans ma poitrine. Il paraissait en transe, comme perdu dans ses souvenirs, les yeux dans le vague, caressant toujours cette mèche entre ses doigts. Il avait une telle expression sur le visage… Tellement intense. Un léger sourire s'attardait sur ses lèvres, ses traits, complètement détendus, semblaient marqués par une sorte de fascination que je ne comprenais pas.
- Tout en toi m'envoûte et me fascine, Bella…
Il me regarda droit dans les yeux, si intensément qu'il semblait vouloir me transmettre un message.
Comment pouvait-il avoir ce genre d'expression ? Et pourquoi, bon sang mais pourquoi ses mots me touchaient-ils autant ?
Comment pouvais-je avoir à ce point envie de l'embrasser ?
Le serveur arriva soudainement, brisant la magie de l'instant.
Magie ? Mais quelle magie ? Bordel arrête ça et reprends-toi !
L'homme poussait un petit charriot sur lequel était posé un seau de glace, où se trouvait apparemment une bouteille de champagne. Il remplit nos verres et laissa le chariot près de la table. Je n'osais plus prononcer un mot. J'étais vraiment gênée par ce que j'avais vu dans ces yeux il y a quelques minutes. Me regarder comme ça, dire toutes ces choses tellement belles… j'avais été hautement troublée.
Bordel de merde ! Je ne voulais pas ressentir ça pour ce type. Encore moins en ce moment vu les circonstances. Franchement, comment pouvait-il dire des trucs pareils alors qu'il allait… eh bien… faire ça.
Ça me dégoûte tellement que je ne suis même pas capable d'y penser.
Je regardai Edward du coin de l'œil. Il paraissait un peu tendu, et un peu troublé lui aussi. Au moins, je n'étais pas la seule à ressentir quelque chose cette fois-ci. Je ne le comprenais vraiment pas. Alors que je me décidai à le traiter véritablement comme un client, il ouvrait la bouche et se mettait à me dire des choses aussi touchantes et j'avais juste envie de tout laisser tomber et de me jeter dans ses bras.
Je me raidis instantanément. Me jeter dans ses bras ? Et puis quoi encore ?
- C'est mon tour, dit Edward après avoir bu une gorgée de champagne.
Pour ma part, je préférais ne pas y toucher pour l'instant. Bien que je tienne bien plus l'alcool qu'avant, ayant été amené à boire pour mon travail, je ne voulais pas tenter le diable. Après tout, il fallait que j'aie les idées claires pour la suite. Enfin pour la suite des questions, parce que j'en avais quelques-unes à lui poser… Pour la partie qui se déroulerait dans les draps, je préférerai encore être inconsciente.
Edward sembla réfléchir quelques secondes, puis posa sa question avec un sourire espiègle :
- Quelle est la chose la plus stupide que tu ais faites sous l'influence de l'alcool ?
J'étais surprise, et même un peu gênée, mais je décidai d'être bonne joueuse et de lui répondre le mieux possible. Malheureusement mes souvenirs étaient assez flous.
- Hmm eh bien je ne sais pas vraiment, dis-je en posant mon menton dans ma main. Je bois plutôt rarement donc l'alcool me monte vite à la tête. J'ai plutôt tendance à oublier ce que j'ai fais lorsque j'ai trop bu au point de faire des choses embarrassantes.
Il fronça les sourcils.
- Tu oublie… vraiment tout ? Tu n'as même pas quelques souvenirs ? insista-t-il.
- Si, bien sûr ! Parfois je me souviens de quelques trucs, d'autre fois j'ai l'impression d'avoir rêvé, mais il y a des soirées dont j'ai complètement oublié le souvenir…
Il ne commenta pas, et se mura dans un silence tendu, me regardant fixement. Il semblait réfléchir à quelque chose d'important.
- Heu… mais Angela m'a dit qu'un jour j'allais carrément monter sur le bar pour faire un strip-tease. Heureusement elle m'a arrêté !
Je tentai de rire pour détendre un peu l'atmosphère qui était devenue lourde sans que je ne comprenne pourquoi, mais tout ce qui sortit de ma bouche fut une petit son nerveux.
Qu'est-ce qui cloche chez ce mec ? Plus lunatique que lui, tu meurs !
Son visage se détendit et il rit doucement.
- Je suis content qu'elle t'ait arrêté, me sourit-il.
- Moi aussi, crois-moi. Bon allez, c'est mon tour maintenant ! dis-je, impatiente.
J'allais enfin pouvoir lui poser les questions qui me turlupinaient depuis un bon bout de temps ! Il sourit avec amusement, mais j'y vis également une pointe d'appréhension. Je réfléchis deux seconde, essayant de trouver une façon de poser ma question avec tact.
- La première nuit où… nous avons, tu sais…
J'hésitai légèrement, voyant Edward se tendre. Je pris une grande inspiration et me lançai.
- Edward… Je veux savoir comment tu as su que je m'appelais Bella, la première fois que nous avons couché ensemble.
J'avais pris un ton que j'espérai déterminé, je voulais vraiment qu'il me réponde. Il faisait tellement de mystères autour de ça…
Il soupira avec fatalité, comme s'il s'était attendu à cette question. Ses sourcils se froncèrent légèrement, et il baissa la tête vers ses mains jointes, le visage crispé. Il semblait peser le pour et le contre. J'espérais vraiment qu'il répondrait honnêtement à ma question, tout comme j'avais répondu à la sienne.
J'ai le droit de savoir ça. Il doit me répondre.
Note d'auteure : Héhé, traitez-moi de sadique si vous voulez, j'assume complètement. Alors que pensez-vous qu'Edward va lui répondre ? Déjà, pensez-vous qu'il va lui répondre ? Vous avez vos idées concernant la réponse ? J'adore connaitre vos hypothèses.
J'espère que vous avez aimées ce chapitre. Moi je l'aime bien, même s'il a été difficile à écrire par moments. Désolée de vous avoir fait attendre aussi longtemps. Mais ça en valait la peine, non ? *croise les doigts*
Que pensez-vous de l'attitude d'Edward ? Et de celle de Bella ? Pour celles qui la trouvent un peu trop « gentille » dans ce chapitre, disons qu'elle a eu le temps de se calmer un peu lol. Quel est votre chapitre préféré jusqu'à maintenant ? Est-ce que vous aimez la direction qu'a prise l'histoire ? Qu'est-ce qui vous a plu, et moins plu ? N'hésitez pas à me le dire.
Gros bisous à toutes et à tous (eh ouais, il y a un mec qui me lit *bombe le torse et fait la fière*).
