Harry laissa Severus et Sirius pénétrer les premiers dans la maison et les suivit après avoir pris une profonde inspiration. Pour se figer net sitôt la porte refermée. Teddy s'était, aussitôt, précipité sur lui, en larmes, et l'avait frappé de coups de poing.

« Tu avais promis ! Tu avais promis que tu serais toujours là ! Mais tu es allé te battre ! Tu aurais pu mourir. Et nous, on aurait été tous seuls. »

Harry s'était immédiatement agenouillé pour se mettre à la hauteur du petit garçon et avait noté, avant de l'enlacer, que ses « collègues » disparaissaient dans la cuisine pour leur laisser plus d'intimité. Harry serra son filleul contre lui et ferma les yeux, le menton posé sur la tête à la chevelure grise à ce moment.

Harry savait ce que signifiait cette couleur de cheveux. Lorsque Teddy ne contrôlait pas ses émotions (lorsque celles-ci étaient trop violentes), les cheveux et les yeux du jeune garçon changeaient de couleurs selon les dites émotions.

Avant qu'il ne contrôle son don de métamorphomage, c'était courant mais, en grandissant, Teddy avait limité ce genre de démonstrations impulsives. Il fallait vraiment que l'émotion de Teddy soit forte pour que les changements soient incontrôlées et se fassent selon celle-ci.

Harry passa ses doigts dans la chevelure de son presque fils dans un geste lent et apaisant. Il lui murmurait, de temps à autre, des paroles de réconforts et lui expliquait, en termes choisis, pourquoi il avait fait cela. Harry, tout en voulant préserver les enfants, ne voulait pas leur mentir. Il avait, lui-même, trop souffert de la dissimulation pour leur faire subir la même chose. Il ne leur mentirait pas sur des choses aussi importantes. Il fallut de longues minutes à Teddy pour se calmer mais l'apaisement vint plus vite qu'Harry ne le pensait. Teddy se dégagea et essuya ses joues mouillées de larmes en un geste encore très enfantin malgré ses presque onze ans.

« Je suis désolé de t'avoir frappé. J'ai eu peur. J'aurais préféré que tu ne te battes pas. »

« J'aurais préféré aussi, bonhomme. Mais, je fais ça pour que vous soyez en sécurité. Et, Teddy : vous ne serez jamais seul. Toutes les personnes que vous avez rencontrées sont votre famille. Et, il y a aussi tous les autres Weasley. Ils ne vous laisseront pas seuls. »

« Je sais mais je veux que tu sois là aussi. »

Harry ne répondit pas mais hocha simplement la tête avant de reprendre, une dernière fois, son filleul contre lui. Il demanda, ensuite, au jeune garçon comment il avait su qu'il était allé se battre. Les joues, un peu pâles, de Teddy virèrent rapidement au rouge soutenue et il sortit, après une hésitation, une paire des fameuses oreilles à rallonge des jumeaux Weasley.

« On a ramené quelques trucs d'oncle George et d'oncle Fred. »

Harry secoua la tête, désabusé, mais il ne rouspéta pas le petit garçon et lui demanda simplement si Albus et James savaient, eux aussi, ce qu'il avait fait.

« Non, je n'ai rien dit. Je ne leur dirai pas oncle'Ry. Ils n'ont pas besoin de savoir, je crois. »

Harry hocha la tête et se leva, sa main tenant fermement celle de son filleul. Il l'emmena, de cette façon, dans la chambre qu'occupaient déjà les deux autres garnements qu'il avait élevés.

Harry embrassa ses fils, profondément endormis, et borda Teddy avant de redescendre, à pas de loup, dans la cuisine. Il découvrit Severus et Dumbledore en grande discussion devant une tasse de thé. James et Sirius, eux, avait choisi de prendre un café, estimant qu'il était inutile de monter se coucher. Harry se servit une tasse de café et s'installa près de son père

« Remus n'est pas là ? »

« Il a reçu un vilain sort durant le diversion. Il va bien mais Dora l'a obligé à monter se coucher. Lunard n'avait pas intérêt de protester, tu peux me croire ! » Expliqua James.

Harry rit et se tourna vers Severus lorsque celui-ci déposa la sacoche sur la table et qu'il en sortit les crochets de basilic et l'horcruxe couverts. L'humeur se fit un peu moins légère jusqu'à ce que Dumbledore enferme l'objet dans un coffre prévu à cet effet. Harry fixa le coffre protégé par de puissants sortilèges. Dumbledore avait été d'accord avec lui pour y enfermer les horcruxes et attendre le dernier moment pour les détruire au dernier moment. Détruire les horcruxes les uns après les autres aurait mis Voldemort sur ses gardes tandis que tous les détruire le même jour leur donnait un avantage certain. Ils avaient la possibilité d'agir, ainsi. Aussi, autant un profiter !

Voilà donc pourquoi les horcruxes étaient enfermés dans un coffre. Coffre qui serait descendu dans à la cave où des sortilèges de suppression de magie avaient été installé. C'était nécessaire que le coffre soit descendu dans cette pièce. Pour limiter l'influence des horcruxes sur les habitants dans la maison.

« Bien, cela ne s'est pas trop mal passé ! »

Dumbledore avait prononcé cette phrase d'un ton exagérément joyeux au goût de certain.

Harry, pour sa part, masqua simplement son sourire derrière sa tasse et attendit que l'illustre vieillard reprenne la parole.

« J'ai organisé une réunion pour dans deux jours, Harry. Tu pourras nous faire part de tes idées, comme tu me l'as demandé. Que serait le prochain horcruxe que nous pourrions récupérer, selon toi ? »

Harry reposa sa tasse et poussa un long soupir tandis que les autres hommes de la pièce étaient suspendus à ses lèvres. Il se racla la gorge puis reprit, un peu incertain.

« Nous n'avons pas beaucoup le choix. De toute façon, les prochains horcruxes seront dangereux à récupérer. Le plus simple sur lequel mettre la main sera la bague des Gaunt, la famille maternelle de Voldemort. Elle se trouve dans les ruines de la maison des Gaunt, normalement.

Les autres horcruxes ont été confiés aux bras droits de Voldemort. A savoir, Malfoy et Lestrange. Bien sûr, il restera Naggini. »

« Et, bien ! Ca ne sera pas de la tarte ! » Marmonna Sirius.

« Surtout que les Malefoy vivent en reclus depuis trois ans et restent quasiment à demeure. » Souffla Severus.

Harry releva la tête, interpellé par cette nouvelle. Lucius Malefoy aimait le pouvoir et aimait qu'on le remarque. Il était surprenant qu'il ne se montre pas plus alors qu'il avait énormément de pouvoirs et d'influence en ces jours de guerre.

« Pourquoi restent-ils à demeure ? »

« Il paraitrait que leur fils ait été tué au cours d'une bataille. Ce n'est pas un mal, si tu veux mon avis. Je ne sais pas ce qu'il en était dans ton monde mais, ici, c'était un vrai sadique ! »

Harry, qui avait écouté avec attention les explications de Severus, secoua la tête et expliqua que son Draco Malefoy avait été dépassé par les évènements et certainement écrasé par la volonté de son père. Il expliqua à ses compagnons de table que le Draco et la Narcissia de son monde l'avait, d'une certaine façon, protégé. Chacun de leur manière.

Harry, même s'il ne considérait toujours pas le jeune Malefoy comme un ami, lui était reconnaissant. C'était, d'ailleurs, la raison qui l'avait poussé prendre la défense de Draco et Narcissia dans leur procès.

Tout le monde était tombé d'accord pour dire que c'était l'intervention d'Harry Potter en leur faveur qui les avait sauvés d'Azkaban. Harry eut un sourire nostalgique en se souvenant du « fichu syndrome du Sauveur ! » que Ron avait lâché. Hermione avait simplement haussé les épaules en déclarant que ces deux Malefoy n'étaient pas irrécupérables. . Merlin ! Que ses amis lui manquaient!

« Harry ? »

L'interpellé redressa vivement la tête et adressa un sourire d'excuse à Dumbledore avant de lui expliquer ce qu'il savait de l'emplacement de la bague. Pas grand-chose, en réalité. C'était Dumbledore qui s'en était chargé dans son ancien monde.

L'Albus Dumbledore de ce monde-ci hocha la tête et se leva signifiant la fin de cette réunion impromptue. Severus salua l'assemblée et monta se coucher, déterminer à rattraper ses heures de sommeil perdue.

Les trois derniers hommes restèrent sur place, sirotant leur café doucement puis un par un, ils quittèrent la cuisine pour aller retrouver leur lit. Harry, lui, ne tenta même pas rejoindre sa chambre. Il ne pourrait dormir. Aussi resta-t-il en bas, à penser.

Harry préparait, encore une fois, le petit déjeuner lorsqu'un crépitement et un flash vert provenant de la cheminée le tirèrent de ses pensées. Il se retourna, vivement, vers celle-ci et reconnut, sans mal, la tête de Bill. Le visage de Bill montrait la terreur qu'il ressentait à cet instant précis.

. »Bill ? Qu'est-ce qu'il t'arrive ? »

Une expression de pur soulagement s'installa sur son visage lorsqu'il prit conscience de la présence d'Harry. L'ainé des Weasley ne s'attarda même pas sur le faite que celui qui l'avait interpellé de façon si familière était un inconnu. Il reprit la parole avec une urgence bien visible dans la voix.

« Merlin, merci ! Ouvrez nous, je vous en supplie. Ils ont percé le fidélistas. »

Harry n'attendit pas que l'homme ait fini sa phrase. Il ouvrit, sans hésitation, la cheminée. Il savait que peu de personnes connaissaient l'adresse de celle-ci. Il savait, aussi, qu'un sort avait été jeté sur ces personnes pour les empêcher de la révéler, d'une façon ou d'une autre. Pas de doutes à avoir dans ce cas. Il s'agissait bien de William Weasley, l'ainé des enfants de Molly et d'Arthur.

Harry ouvrit, donc, la cheminée aux entrées dès les premiers mots de Bill. Celui-ci disparut et, la seconde suivant, Ronald Weasley apparaissait dans la cuisine de Square Grimmaurd.

Il lança un regard curieux vers Harry, figé, puis s'éloigna, bien vite, de devant la cheminée. Harry sentit son cœur faire un bon lorsque les jumeaux suivirent leur cadet. Ceux-ci étaient les mêmes que ceux qu'Harry avait connu. Même en ces heures sombres, les jumeaux semblaient espiègles et presque inconscients. Vint, ensuite, Charlie qui l'avertit qu'il restait encore deux personnes derrière lui.

« Vos parents n'étaient pas avec vous ? »

Charlie sembla quelque peu surpris par le ton familier qu'Harry avait employé pour lui parler et par l'inquiétude manifeste que l'inconnu ressentait pour eux.

« Non, ils avaient rendez-vous avec Dumbledore dans son manoir. »

Harry n'eut pas l'occasion de répliquer. Percy pénétra dans la cuisine, suivit par Bill, blessé à l'épaule. Harry referma la cheminée dans la seconde et se tourna vers la famille Weasley, presque au complet.

« Tout le monde va bien ? »

« Rien de grave. » Répondit simplement Charlie, déjà penché vers son frère ainé.

Harry tira sa baguette et fit apparaitre son patronus à l'instant même où les maraudeurs et Severus pénétraient dans la cuisine, attirés par le remue-ménage. Le grand cerf argenté apparut au-dessus de la table et inclina légèrement la tête comme pour saluer Harry.

« Message de l'éclair pour Dumbledore et Arthur et Molly Weasley : Fidélistas des Weasley tombé. Les enfants Weasley sont tous en sécurité et vont bien »

Le patronus inclina, encore une fois, la tête et disparut hors de la maison. Harry se tourna, ensuite, vers les Weasley faisant peu cas de l'ahurissement des maraudeurs. Harry sursauta légèrement lorsqu'il réalisa que les jumeaux ne se trouvaient qu'à quelques centimètres, à peine, de lui. Les visages de Fred et George se fendirent d'un même sourire joyeux.

« Eh ! Tu dois être notre tant admiré visiteur inter-dimensionnel. » Fit George d'un ton faussement solennel.

« L'ami de notre Ronnie. » Continua Fred.

« Je vois que vos parents vous ont tout dit. »Murmura Harry.

Les mines des frères Weasley se firent graves. Charlie s'avança et passa un bras réconfortant autour des épaules d'Harry.

« Ouai, petit frère. On sait que tu es de la famille et on a, tous, hâte de rencontrer nos neveux. »

« Vous vous en mordrez les doigts lorsque vous les aurez rencontrés. » Marmonna Sirius, récoltant un coup de coude de Remus.

« Quoi ! C'est vrai, Rem. Ils sont plus infernaux que nous et que les jumeaux. » Continua, malgré tout, l'animagus.

Harry secoua la tête et se retourna vers Charlie qui soignait, à présent, Ron. Harry eut un léger coup au cœur en réalisant que l'homme qui lui faisait face ressemblait beaucoup à son ami.

Bien qu'il semble beaucoup moins insouciant que le Ronald qu'il avait connu dans son ancien monde. Le Ron de ce monde avait vécu bien plus de choses terribles que son double. Le Ronald de ce monde n'avait connu qu'un monde en guerre et n'avait, sans doute, pas eu l'occasion de se faire beaucoup d'amis.

Molly et Arthur lui avaient expliqué que les enfants qui n'étaient pas envoyés à l'étranger vivaient en reclus dans des maisons sous fidélistas. Ensuite, lorsqu'ils atteignaient la majorité, soit ils quittaient l'Angleterre, soit ils combattaient. Mais rares étaient ceux qui choisissaient cette voie. Faute d'espoir…

Harry voyait bien que le Ron qui se tenait face à lui était bien différent de celui qu'il avait connu. Il était plus dur. Dans son ancien monde, Ron était marié et père de famille. Ici, il était un combattant sans réel espoir de voir la fin de la guerre.

Un combattant à bout. Comme tous ceux qu'Harry avait eu l'occasion de rencontrer.

Pourtant, dans les yeux de ces personnes, Harry avait vu, peu à peu, une lueur d'espoir s'allumer.

Grace à son récit d'un monde qui avait vaincu Voldemort, d'un monde qui n'était pas sous la joute de cet immonde mage noir. Mais, il y avait aussi le petit James, le petit Albus et Teddy qui attisaient ce nouvel espoir. Severus lui en avait touché deux mots alors qu'Harry s'étonnait de l'enthousiasme et la joie des adultes face aux pitreries des enfants. Harry avait été attristé de découvrir qu'il était rare, très rare même, de voir des enfants de cet âge dans le monde magique.

Severus lui avait dit que les sorciers évitaient les naissances depuis un peu plus de douze ans. Pour éviter les pertes, les chagrins. Aujourd'hui, peu de sorciers avaient moins de quinze ans en Angleterre. Après cette courte explication, Harry n'avait pas été étonné de voir que l'espoir était rapidement réapparu dans les cœurs et les yeux des combattants qu'il avait rencontrés. Il n'avait plus été surpris de voir tous les adultes, Severus compris, rechercher la présence et le contact de la dernière génération Potter et Lupin.

Harry se sentit plus léger après l'entrée en matière des jumeaux et en notant l'absence de suspicion dans les yeux de l'ensemble des frères Weasley. Il était particulièrement rassuré de voir la note de curiosité et d'expectative dans ceux de Ron. Peut-être pourraient-ils devenir amis dans ce monde aussi. Il se détourna, néanmoins, de Ron et se tourna vers ses frères qui le regardaient, lui, avec autant d'attention.

« Je m'attendais à des questions. » Leur dit-il avec un sourire.

« Maman nous a dit que c'était difficile pour toi. On ne veut pas te mettre mal à l'aise. »

Harry haussa les épaules et déclara qu'il ne répondrait pas aux réponses dont ce serait le cas. Bill fut le premier à trouver le courage d'entamer la conversation.

« Qu'est-ce que nous faisions ? »

Harry rit et déposa une carafe de café sur la table en déclarant que c'était une vaste question. Il s'installa donc confortablement et pivota vers Bill.

« Bill. Tu travaillais comme conjureur de sorts pour Gringotts. Tu as rencontré Fleur Delacour et vous vous êtes fiancés rapidement. A la fin de ma sixième année, tu as attaqué par le Greyback, heureusement sous sa forme humaine. Tu n'es pas devenu un loup-garou, donc, mais tu as développé certaines tendances, je dirais. Tu t'es marié durant l'été. Vous aviez trois enfants: Victoire, Dominique et Louis. »

Il y eut un bref moment de silence durant lequel Harry fit de son mieux pour contrôler sa respiration un peu précipitée. Il parvint, néanmoins, à se reprendre et à détendre l'atmosphère pesante en déclarant à Bill que sa mère n'avait jamais réussi à lui couper les cheveux. Lorsque les rirent se turent, Harry se tourna vers Charlie qui se tenait debout, une épaule contre la cheminée.

« Charlie. On ne s'est jamais vu beaucoup parce que tu étudiais les dragons en Roumanie et disons que tu ne sortais pas énormément des réserves. Tu étais toujours célibataire à mon départ. »

Charlie eut un simple sourire et Harry se dit que Charlie ne changeait pas d'un monde à l'autre. Le deuxième enfant de la famille Weasley se distinguait, nettement, de son frère aîné par son caractère moins sérieux. Enfin, c'est ce que l'on pourrait croire de prime abord. Charlie Weasley était loyal et responsable. Et comme presque tous les Weasley, il était à la fois têtu, courageux et rebelle. Harry n'avait que très peu côtoyé le jeune homme durant son adolescent, comme il l'avait dit, mais, sans l'avoir jamais dit à personne, il l'avait respecté et admiré.

Certainement parce que derrière son caractère sérieux, Charlie était d'un naturel rusé et joueur.

C'est ce qui avait charmé son jeune lui.

Harry se détourna vers Percy. Il fut rapide. Bien que Percy soit devenu moins. pompeux après la guerre, Harry n'avait jamais été très proche de lui. Après la guerre, la carrière et l'apparence avaient pris beaucoup moins d'importance dans la vie de l'ancien préfet en chef de Griffondor mais il avait un caractère radicalement opposé à celui d'Harry. Le Percy de ce monde, en raison de la guerre sans doute, n'était guère semblable à celui qu'il connaissait. En réalité, il ressemblait plus à ces frères.

« C'est assez pour Perce ! A nous, à présent ! »

Harry rit doucement à l'exclamation de Fred. Il ne fut pas surpris de voir que les deux jumeaux trépignaient presque pour savoir ce que leurs doubles étaient devenus dans ce monde sans guerre. Harry était heureux de découvrir que ce qui se passait autour d'eux n'avait pas entamé l'enthousiasme des Weasley, en particulier celui des jumeaux. Et, aucun mot n'était suffisant pour décrire les sentiments qui l'animaient alors qu'il détaillait Fred, bien vivant en dépit de la guerre.

. »Fred et George Weasley. Vous connaissiez Poudlard aussi bien que les maraudeurs. »

« Comment ils ont fait ça ! »Marmonna Sirius.

Harry sourit à son parrain qui était clairement dépité que leur groupe ne soit pas resté le seul connaisseur des secrets de Poudlard. Harry avait presque oublié les maraudeurs. En se tournant vers eux, il découvrit que Severus avait quitté la pièce. Rien d'étonnant en soit. Severus Rogue resterait toujours un peu marginal, apparemment, et détesterait toute forme de sentimentalisme.

« Sirius, ils se sont emparés de la carte de Poudlard dès leur première année. Ils me l'ont remise à leur troisième en déclarant qu'ils n'en avaient plus utilité. Fred, George… Contrairement à tous vos autres frères : Vous n'êtes jamais devenus préfets. »

« Quoi ! Ron l'est devenu ? »

« Oui. Vous avez arrêté vos études et avez commencé à commercialiser un assortiment de blagues que vous aviez créé grâce à mon financement. Vous avez monté un magasin qui, en dépit de la guerre, marchait aussi bien que Zonko. .

« Cool ! » Soufflèrent les jumeaux d'une même voix.

« Fred. Ton double est décédé durant la bataille finale, l'année de mes dix-sept ans. George, tu avais deux enfants : Fred et Roxanne. »

Un profond silence s'installa après ces propos. Toutes les personnes présentes dans la pièce réalisaient que la courte guerre de cet autre monde avait fait plus de dégâts dans leur famille respective que dans le monde dans lequel une guerre persistait.

Harry se secoua et se tourna vers Ronald Weasley et il ne put se retenir de sourire.

« Qu'est-ce que je pourrais dire au sujet de ton double Ron. Tu as été le premier ami que j'ai eu dans ma vie. On s'est rencontré dans le train à notre entrée à Poudlard, tu es, tout de suite, devenu mon meilleur ami et on ne s'est plus quitté. Avec Hermione Granger, notre meilleure amie, tu m'as accompagné dans toutes mes aventures. On s'est sauvé mutuellement la vie à plusieurs reprises. »

« Avec qui notre petit poussin s'est marié ? » Demanda Bill, le ton débordant de sarcasmes.

« Ron s'est marié avec Hermione et ils ont deux enfants Rose et Hugo. Tu étais, comme moi, Auror. »

« Et toi, tu as deux enfants. Où sont-ils, d'ailleurs ? »

Harry n'eut pas l'occasion de répondre James, Albus et Teddy pénétrèrent dans la cuisine, parfaitement réveillé et lancèrent, sans préavis, une série de sorts. Ce ne fut que grâce à ses réflexes d'Auror et par la force de l'habitude qu'il échappa au destin que connurent le reste des personnes de la pièce. Harry avait, en effet, aiguisé ses réflexes pour échapper aux blagues des trois enfants. Il avait, donc, dressé, en un temps record, un bouclier vert émeraude autour de lui.

Les autres personnes de la pièce n'eurent pas cette chance. Ils avaient, à peine, réalisé que Teddy avait lancé un sort ocre dans la pièce que James lançait, lui-même, un sort qui frappa le premier.

Alors que le sort de James frappait celui de son ami, Harry, bien à l'abri derrière son bouclier, réalisa qu'il s'agissait d'un sort de dispersion. On ne pouvait pas le nier : ces trois là étaient très intelligents ! Au lieu de frapper une seule personne, le sort de Teddy toucherait toutes les personnes de la pièce grâce au sortilège jeté par James.

Les effets du sort de Teddy se firent voir dès les premières secondes. Et, pendant ces premières secondes, Harry fit tout son possible pour ne pas éclater de rire. Les hommes de la pièce poussèrent des cris étranglés lorsqu'ils réalisèrent les changements dont ils étaient victimes.

Leurs peaux avaient, peu à peu, pris des couleurs on ne peut plus bariolées. Les peaux du groupe de maraudeurs étaient, à présent, d'une teinte violette, agrémentée de tâches rondes d'un vert kaki. Charlie et Bill arboraient, eux-aussi, des ronds sur le corps, à ceci près que ceux-ci étaient d'un rouge vermillon, le reste de leur peau, quant à elle, était d'un joli bleu indigo. Percy arborait des rayures jaunes et noires.

Mais de l'avis d'Harry, le reste de l'assemblée était le plus à plaindre.

En effet, Ron et les jumeaux avaient, maintenant, une peau rouge sang et des cœurs verts à la place des ronds.

Le rugissement outragé de son père et de son parrain eut raison d'Harry qui éclata de rire.

Son rire redoubla lorsqu'il entendit Albus râler qu'ils l'avaient ENCORE raté, lui. Il est vrai que les enfants avaient rarement réussi à le piéger.

Harry n'avait encore jamais été touché par des blagues de l'envergure que les maraudeurs et les Weasley avaient expérimenté.

En fait, aucun des enfants ne se risquaient trop souvent lui faire ce type de plaisanterie. Il faut dire que la dernière fois où ils lui avaient fait une telle plaisanterie, Harry devait se rendre à un important rendez-vous. Il avait dû s'y rendre avec des cheveux d'une teinte canarie.

Inutile que la punition avait été rude pour les enfants impliqués dans cette blague.

Albus, James et Teddy y réfléchissaient, donc, à deux fois avant de se risquer à le piéger.

Harry se détourna de groupe de maraudeurs dont Remus était le seul à vraiment prendre la chose avec philosophie. Il porta, alors, son attention sur les Weasley pour découvrir comment ils réagissaient après leur premier face à face avec les trois terreurs.

Percy et Charlie pinçaient un peu les lèvres mais leurs yeux pétillaient de malice, tout comme ceux de Bill et Ron qui ne cherchaient pas à cacher leurs sourires. Et les jumeaux. Et bien, les jumeaux étudiaient avec sérieux et enthousiaste les résultats du sort des enfants.

« Super, les jeunes ! Combien de temps cela perdure ? »

Inutile de dire que le silence se fit, tout de suite, après la question de George. Tout le monde voulait connaitre la réponse à cette question somme toute pertinente. Aucun des garçons n'eut l'occasion de répondre à cette question car la porte d'entrée s'ouvrit violement et une fraction de secondes plus tard, Molly et Arthur pénétrèrent dans la cuisine, talonnés de près par Dumbledore, Maugrey et Kingsley Shacklebolt. Les nouveaux arrivants se figèrent net en découvrant la scène.

C'est certain, la scène devait être incroyable ! Mais, elle eut le mérite de soulager instantanément les parents terrifiés. Molly vacilla et s'installa, précipitamment, sur la chaise que lui présenta James Senior. Arthur s'approcha de ses enfants pour vérifier que tous allaient, effectivement, bien. Maugrey et Kingsley s'installèrent près de Sirius au moment où Severus revenait. Les yeux du maître des potions se posèrent immédiatement sur ces anciens camarades de classe.

Mais, contrairement à ce que pensait Harry, ce ne fut pas lui qui se permit de faire un commentaire sur la nouvelle apparence des maraudeurs et des Weasley. Non, ce fut Dumbledore.

« Je constate que tes enfants et ton filleul ont testé une nouvelle blague, Harry. »

Cette phrase déclencha une vague de rires. Rires qui exprimaient, essentiellement, le soulagement pour les nouveaux arrivants.

« Ouai mais on a encore raté papa. » Maugréa James.

Le garçon s'installa près de son père, vite imité par son petit frère qui grimpa sur les genoux d'Harry. Teddy, pour sa part, se glissa entre son père et Sirius. Aucun d'eux ne s'inquiétait des éventuelles représailles.

Bien au contraire, ils affichaient, très clairement, leur fiertéd'avoir coincé la plupart des adultes présents dans la pièce. Comme l'avait déjà dit, plus tôt, Harry, ces trois enfants étaient les dignes héritiers des maraudeurs