Hey ! Voilà la suite, vite postée, je sais, je sais que vous m'aimez (je suis modeste, hein). Au début, je voulais vous faire un poisson d'avril, du genre que j'arrêtais ma fic, et tout, mais je suis trop nulle en mensonge, et j'ai trop la pêche pour dire le contraire. Merci à tous pour vos reviews, et enjoy (your meal xD).
Ziva se leva sans faire de bruit. Il était un peu plus de quatre heures du matin, et elle ne portait quasiment rien sur elle. L'adolescente observa la pièce ou elle se trouvait. Grande, spacieuse, désordonnée. Des vêtements, des canettes de Coca vide et des boites de Pizza jonchaient le sol. Une chambre de mec. Elle sourit en apercevant les posters accrochés au mur. Des filles en bikini. Des voitures. Un poster de Magnum, un de Supercopter, comme des allusions à l'enfance. Refusant de laisser ses sentiments prendre le dessus, l'israélienne attrapa une feuille et un stylo sur le bureau.
Tony,
Je ne sais pas si tu m'as reconnu, mais c'est bien moi. Ziva. Je voudrais d'abord te dire que j'ai passé une merveilleuse nuit avec toi. Et que je voudrais que tu ne me juges pas, quoi qu'il arrive. Je n'ai pas énormément de temps, alors je vais essayer d'aller à l'essentiel.
Je suis entrée au Mossad, depuis deux ans maintenant. J'ai reçu il y a une semaine ma toute première mission. Le but était de tuer quelqu'un, et ça par tout les moyens possibles. Ce quelqu'un, c'est ton père. Je ne sais pas exactement quelles sont les motivations du Mossad. Son 'commerce' (trafic d'art, je suis au courant) n'est pas vraiment légal, mais là n'est pas la question. J'ai plutôt l'impression que depuis quelques temps, il cherche à empiéter sur nos affaires. De toute façon, au Mossad, j'ai appris qu'il ne fallait mieux pas trop poser de questions.
Ziva posa le stylo quelques secondes. Elle revoyait cette journée, quand elle avait découvert le dossier. Son père, impénétrable. Elle ne savait pas si il était au courant qu'elle connaissait le fils de sa cible. Enfin, connaitre était un bien grand mot.
María n'était évidemment qu'un pseudonyme. Je travaille avec un autre officier, mais je préfère ne pas le nommer. Ne le prends pas pour toi. Il a un plan, il lui semble infaillible. Je sais que non. Ton père est intouchable. Nous avions d'abord pensé à un assassinat en moto, simple et efficace. Sauf quand la cible est un riche homme d'affaire se baladant en voiture blindée. Finalement, mon partenaire a décidé que j'allais te séduire. Bien sur, il ne savait pas que tu était le fameux 'gamin américain' dont Ari avait parlé.
Pour être franche, je ne regrette pas une seule seconde d'avoir fait ça. C'est vrai, je comprends ton succès avec les filles. Il faut que je te dise, que j'aurais vraiment aimé que ça ne soit pas une mission. J'aurais vraiment voulu te revoir dans un autre cadre. J'aurais pu te dire en face tout ce que j'avais sur le cœur. Et puis j'aurais pu coucher avec toi sans me sentir coupable.
Il est bientôt 5h du matin. Dans quelques minutes, je vais devoir poser une bombe dans ta maison. Dans le salon. Je vais le faire, Tony. Je vais la mettre, cette foutue bombe. Mais toi, tu vas la désamorcer. Tu as trois minutes a partir du moment ou tu liras ces mots pour courir dans ton salon. Je sais, ça fait très comme dans les séries dont tu me parlais. La bombe sera dans le meuble en bois, le plus vieux. Coupe d'abord le fil bleu, mais ne touche SURTOUT PAS au rouge. Ensuite, coupe le deuxième noir en partant de la gauche. La bombe devrait être désamorcée.
S'il te plait, Tony, pardonnes moi. Mais je suis obligée d'obéir au Mossad. A mon père. Il a des pouvoirs dont tu n'as même pas idée.
L'adolescente se mordit la lèvre pour retenir ses larmes. La partie la plus difficile à écrire arrivait. Mais il fallait qu'il sache. Elle ne pouvait pas lui mentir, pas encore une fois.
Une fois que tu auras désamorcé la bombe, réveille ton père, et fuyez. Partez en Alaska. Au Zimbabwe. J'en sais rien, mais quelque part ou personne ne pourra vous trouver. Éloignez vous de la maison, déjà. S'il ne te croit pas, fais lui lire ma lettre.
Là, tu dois te demander ce qu'il va m'arriver. J'y ai réfléchi, et je pense que j'ai trouvé la solution. Même après avoir lu ces mots, n'essaie pas de m'en empêcher. Je t'en prie.
Je retournerais dans la maison, en disant que je vais vérifier pourquoi le dispositif ne marche pas. Je me ferais exploser. On ne retrouvera surement mon corps, in-identifiable, et on en déduira que la bombe était mal réglée par Ziva David, la bleue qui est morte de ses erreurs. Quand à toi et ton père, on supposera surement que vous êtes morts dans l'explosion, en tout cas vous serez tranquille. Ce sera mieux pour tout le monde. J'espère vraiment que tu arriveras à temps. Je ne pourrais pas vivre avec ça. C'est toi ou moi, et je préfère que ça soit moi.
Tu sais, depuis ce jour, à Tel-Aviv, ou je pleurais, et toi tu est venu me voir, je suis tombée amoureuse de toi. Je n'ai jamais cessé de t'aimer, pendant toute ces années. Je peut le dire, je vais mourir. Dans quelques minutes. Je sais pas si tu crois aux âmes sœurs, mais moi, j'y croyait. Mais le destin, la fatalité, le Mossad, les États-Unis... On est un peu les Roméo et Juliette modernes. Tu te souviens, on est les rois du monde. Et moi je t'aime, j'aurais jamais dû, tu crois pas ? Alors vis ta vie, mais ne m'oublie pas s'il te plait. Pas complètement.
Ziva.
Une larme roula sur la joue de la jeune fille, tachant la feuille. Elle essuya ses yeux du revers de la manche et réveilla un Tony éberlué avant de lui glisser la lettre dans la main.
Il fallait qu'elle soit forte. Elle poussa la porte de la chambre, remit son oreillette en place, et se composa un visage d'excitation factice.
- Shalom Namir ! Je vais la poser.
C'était la règle. On disait toujours la, ou l'objet, mais jamais bombe. Au cas ou les conversations seraient interceptées. Elle repensa à la cinquantaine de règles du Mossad qu'elle avait violées en écrivant la lettre, mais la voix endormie de son coéquipier la concentra sur la mission.
- Reçu cinq sur cinq. Ne te foire pas. La nuit à été bonne ? Se moqua-t-il.
Ziva ne releva pas la pique, trop occupée à installer le dispositif. Il fallait qu'elle se dépêche. Tony ne devait pas la voir. Il allait l'en empêcher, sinon. Elle s'épongea le front et sortit quatre à quatre de la jolie villa. Eschel l'attendait dans la voiture ou elle se glissa, au bout du pâté de maison.
- C'est fait. Soupira-t-elle.
- Bravo, fillette, lança son partenaire en lui tapotant l'épaule.
Une minute. Deux. Trois. Quatre. Toujours rien. Tony avait réussi. Ziva faisait de son mieux pour cacher son cœur qui battait dans sa poitrine. Au bout de cinq minutes de silence total, Ziva poussa la poignée et sortit de la voiture.
- Quelque chose cloche. Je vais voir.
Elle marcha d'un pas décidé vers la maison. Sa volonté était inébranlable, et rien ne pouvait l'arrêter. Son destin était scellé.
Je crois que ce chapitre n'est pas le plus joyeux, loin de là. Il est même carrément démoralisant, quand je le relis. Mais j'ai adoré écrire la lettre de Ziva, j'avais envie de le faire depuis longtemps, pour changer un peu de style. J'espère que ça vous as plus, alors a vos claviers !
