PARTIE 5 : DEUXIÈME MOUVEMENT.
Absurde ! Il ne l'autorisait pas. Jamais. D'autant que gratifié par sa capacité de perpétuellement prévoir le prochain coup sur l'échiquier du monde, Maître Serpentard détenait à lui seul la solution de leur drôle de problème. Et tout aussi hautain de s'en vanter, quand dans le même temps il tançait désenchanter l'aura détendue dans leur à deux, il déplaça ses pions et déclara d'un plaisir malsain « échec et mat » à sa petite étoile.
»Que ta lune prenne exemple sur moi, notre repas est livré depuis bien avant notre départ.
Arrogance dans le masque, Snapien en bouche, la femme l'étudia, dubitative.
A cette seconde, Eole claironna plus fort, coptant les verrous de leur refuge.
Les flammes des bougies vacillèrent autour d'eux, altérant jour et nuit dans l'église.
»Voyons Yenyeli... aurais-tu omis que je suis grand Maître de toutes les situations ?
Yenyeli signa « non » de gauche à droite de la tête. Severus, spectateur, se farda de sa superbe.
Un sourire, deux sourires, Serpentard composa un concerto à la consonance fastueuse et inimitable. Les marques rouges, parsemées sur l'entier corps de son étoile s'estompaient à disparaître. Leur union disparaissait sur son étoile, inévitablement. Sa magie pas comme les autres guérissait l'anomalie, elle annulait la blessure.
Suçons de sang soignés pour disparaître et ne jamais tatouer demain.
Heureusement, les cicatrices étaient inguérissables. Pour l'éternité, ineffaçables. Severus pour la toute première fois gracia Salazar. La sienne, était immortelle. Distinctement dessinée sur la blancheur de son étoile, elle était faite pour être vue hier, aujourd'hui et demain. Morsure de serpent, morsure d'empire. C'était sa victoire, son pouvoir, la preuve de leur deux mués un. Charmé, il la caressa, la cajola, fixant ses pupilles noires insondables dans le carmin attentionné du moindre de ses gestes. Irrégulière comme lui, douce comme ses potions, c'était réel. C'était elle portant sa marque partout, tout le temps, intime et acceptée. C'était deux êtres à n'être qu'un que tous les dieux épiaient de leur royaume d'éternité.
La femme était une Lune à la mine intriguée,
Le Professeur était un Serpent à la flûte enchantée.
Do, ré, mi, Severus pianota d'une main quelques notes sur le cou de son étoile, interprétant l'Adagio pour sa première mesure.
Do, ré, mi, il l'entoura de tous ses doigts, appréciant le pouls à l'allure tranquille brusquement déréglé d'un prestissimo soutenu.
Mutin, il s'aiguillonna sur le visage, tissant sa poudre Potionniste sur la bouche asservie à se taire. Il était bien dans sa musique, le toucher de l'instrument étoilé exhaussait son désir de jouer des heures, jusqu'à se perdre entre le rêve et la réalité. Agréable, il modifia sa gamme, dérivant sur la joue pour n'intercaler que le pouce à la commissure des lèvres. Ces lèvres frémissantes et naturellement en recherche de sa chaleur ténébreuse. Sensibles, elles le butinèrent, le retenant, avant de permettre l'immisce d'une langue toute rose pour le laper dans une métaphore proche du scandale.
Finalement exalté du mot fin, il se pencha. Sardonique, il chuchota à l'oreille de sa petite étoile, mélangeant leur sombre chevelure à n'être plus qu'une l'entremêlement des cordes d'un violon.
»J'ai pourvu mes poches de quelque substance comestible avant mon départ de Poudlard. J'ai pensé l'alimentation de mon petit oiseau tête en l'air alors surtout ne va nulle part, et admire Ô combien je suis Maître pour tout.
Il se dissocia.
Le cœur de Yenyeli, agrippé à ses baguettes depuis plusieurs secondes, clama son tambour dans un rythme irrespirable, perturbée qu'elle était par cette voix à l'accent roi. Chamboulée par ce souffle de vie chaud et suprême qui lui transpirait sur la peau. En un mouvement, en une simple phrase, il l'avait soumise. De tant d'aisance qu'elle en était chaque fois surprise, presque outrée. La poitrine gonflée et dégonflée, elle poussa des avant-bras, se releva et l'espionna.
Une ombre noire l'habilla. Protecteur, Severus l'orna du drap dont il se délesta, la voilant du même habit que la Sainte Vierge perpétuellement observatrice à quelques mètres, avant de faire demi-tour. Coiffé de sa vanité, il se positionna à quatre pattes, puis tâtant leur couche à la recherche précise de sa réserve il quêta l'alentour.
Une distraction originale pour la Lune. Un spectacle sensationnel pour la Lune.
Eole temporisa sa puissance, le bois à l'entrée grinça discrètement pour s'effacer de cet instant miraculeux.
- Mmh… oui… d'accord… je ne vais nulle part et j'admire, adhéra Yenyeli étourdie en déclinant la tête vers la gauche. Médusée par le changement de direction fortuit et profitable, le buste obliqua pareillement. Un peu au début, beaucoup à la fin. La vue que matérialisait Serpentard surprenait à être renversant, -nu, les fesses en l'air-. Attentive, elle explora la transformation que cette déformation opérait sur la représentation qu'elle gardait de cet homme.
Morphée l'aurait-elle kidnappée ?
Severus était son rêve.
Un rêve excessivement franc et aguicheur, l'ancien Mangemort repéra la pancarte l'avertissant du danger. Un triangle flasheur et aveuglant clignota dans sa tête, le rêve tenta de se muter en cauchemar.
- Détourne-toi ! persiffla l'averti Professeur, effréné. Il était lucide du regard séduit qui se plantait immoralement sur lui. C'est délétère de te surprendre travestie en mateuse.
- Ah non je proteste, se disculpa Yenyeli, affirmative. Je ne mate pas, je peins.
- Hooo…
Interjection railleuse, Severus l'apostropha d'un regard noir narquois par dessus l'épaule.
»De la peinture ? Vraiment ? Tu t'es mise à la peinture pornographique ? Et pourrais-tu, s'il te plaît, m'honorer de la date de ta nouvelle lubie que je puisse en analyser sa folle origine.
- Ce n'est pas pornographique, maronna l'éternelle argumentatrice en croisant les bras. C'est de l'art. Elle sourit avant de le désigner de l'index, hautaine et souveraine. Tu es de l'art Severus.
- Hmpf, couina celui-ci, méprisable au possible. Encore une excuse à la sonorité Moldue servant à justifier d'un comportement probablement jugé déviant au préalable. Gage-toi bien de t'approprier ce genre d'infirmités, c'est un conseil qu'il te faudra un jour obéir crois-moi sur parole. Et arrête ! ressassa-t-il saignant en retournant à sa besogne. Je n'ai donné aucun assentiment pour figurer comme ton modèle.
- Severus, as-tu déjà remarqué combien l'échancrure de tes reins se creuse dans cette position, deux jolies fossettes semblent sourire au bas de ton dos.
- Non, je l'ignore, déchargea-t-il la voix avivée et exaspérée d'être le centre d'attention. Gêné, il fouilla plus vite, enfiévré d'une flamme à l'étincelle timide et affectée. Tout comme je suis ingénu du complot abracadambresque qui selon toi aurait pu crayonner une pareille extravagance à mon savoir. Je ne suis pas de ces personnes malingres qui s'admirent l'arrière train dans un miroir, au cas où l'idée tarabiscoterait ton esprit tordu.
- Dommage, se chagrina la jeune femme, lymphatique en poursuivant de même naïveté la réflexion sur son nouveau tableau. Une prochaine fois ? C'est un conseil avisé qu'il te faudrait tester, cette position est fort…instructive. Michel-Ange serait ravi.
- Yenyeli !
- Oui, Severus.
- Suffit ! Il perdait patience, la sonnette d'alarme retentie au maximum.
Salazar sa maison fidèle, se présenta à sa rescousse.
Une main éparpillée en haut à droite, il dénicha la poche secrète de son manteau. Une délivrance. Prompt, il la farfouilla, en ressortit sa récolte, puis volte-face plus vive qu'un vif d'or échappé de l'attrapeur le plus émérite, il coupa court aux élucubrations de sa perverse petite étoile. Elle s'alanguissait intentionnellement sur le sujet de son art. C'est-à-dire lui s'embarrassant outre mesure, et il n'aimait pas cela.
»Tiens, mange et tais-toi ! proféra-t-il en lui adressant son menu repas. J'imaginais la catastrophe habituelle en volant à ta rencontre, il y a toujours quelque catastrophe extraordinaire en ta compagnie. Et comme prévoyant habile je suis d'incontestable, j'ai paré l'imparable. Là-dessus que ta stupidité m'en soit redevable et mille fois mercis.
Par la Lune ! s'exclama seule Yenyeli.
Assurément qu'elle se figurait le remercier. Aucun autre poème ne pouvait raisonnablement se réciter dans son esprit en découvrant la provision fournie par le Serpent. Dans toute sa complexité charmante et invariable, il les dispensait d'une tablette de chocolat. Pas le chocolat courant ou impersonnel vendu dans toutes les confiseries, non. Sa marque préférée. Le chocolat de l'artisan à l'adresse gardée confidentielle des seuls connaisseurs, celui du très réputé Marmy Hooten's.
Le sourire s'étala sur les lèvres blanches de Yenyeli.
Serpentard abhorrait les sucreries. Il éructait chaque fois qu'il témoignait ses friandises, ou ses douçâtres boissons. Il condamnait toute la faiblesse des bonbons et ses assimilés, comme à l'exemple de sa glace en début de soirée. Pourtant, malgré toute cette manifestation négative et extrême, il avait rempli ses poches, avec discrétion il n'était pas à douter, d'une gourmandise exclusivement pour elle. Un contraste saisissant qui ébranla l'indolence de Yenyeli. Severus était une surprise au quotidien. Extralucide talentueux celui ou celle capable de prédire le grand Œuvre de sa vie. Avec lui, c'était le jeu du hasard.
Les cartes paraissent complices et informées depuis le temps passé entre les mains, mais au moment des certitudes, elles glissent entre les doigts, changent de couleur et forment des combinaisons inimaginables sur la table des engagés.
Severus était un pique qui révolutionné dans une autre position, devenait carreau comme par magie. Il surprenait dans ses métamorphoses. En était-il conscient ? Et Yenyeli, était-elle l'unique privilégiée de l'esquisse de ce portrait ?
Nébuleuse, elle évinça ses réflexions pour cueillir l'instant présent. Lui et elle, elle et lui, nus, avec au milieu de leur à deux, un pécher des sens, du chocolat. Son chocolat.
- Je te suis infiniment redevable Severus, bénit-elle en attrapant avec hésitation la tablette qu'elle développa. Tu ne peux imaginer à quel point cette contention sonne à mon oreille comme le meilleur des mets. Toutefois, je serais incommodée d'être isolée pour sa dégustation. On partage ?
Severus, allergique, allait catégoriquement répondre non, plutôt la diète que de seulement humer l'odeur de ce poison venimeux, mais son traître d'estomac se montra beaucoup moins sélectif. Préventif, il croassa son accord. Vaincu à regret, l'homme fut sans bouclier pour se défendre. Il déglutit, allongea la main au ralenti, comme le condamné qui monte sur l'échafaud, -se préparant à se passer la corde du sucre autour du cou-, quand apostrophant son étoile croquer le premier carré, Salazar lui susurra la différence dans son goûter.
Dans la lumière lunaire, un sourire s'agrandit dans l'ombre démoniaque du visage Serpentard.
- Voilà pour toi, présenta l'étoile rouge, sacrifiant la moitié de son repas et insensée du Malin ténébreux.
Pas assez vive, elle intercepta trop tard le Professeur l'investir sans permission. Esquivant d'agilité l'offrande, il l'encadra de toute la courbe serpentine de son allègre corps. Malingre, il l'incarcéra dans ses filets de chair, profitant du drap noir pour l'enceindre sans possibilité de débat. Audacieux, il conquit sa bouche. Main gauche au milieu des reins pour la coller à lui, l'autre grippée sur la nuque pour la positionner d'avantage, Severus l'infiltra de sa langue de serpent affamée et dévora.
- Que… s'étouffa la prisonnière pleine bouche, les mains crispées sur les deux moitiés de sa barre de chocolat.
- Si tu n'y vois aucune objection, élucida l'assaillant en ressortant son dard étrangement maquillé du noir chocolat avant de se lécher les lèvres avec obscénité. Ta source m'est l'idéal remède pour me nourrir. Ton goût atténue l'horrible sucre amer de cette indigeste chose. Nourris-moi Yenyeli, ajouta-t-il en murmures, impératif et si certain de son ascendance sur la Lune.
Yenyeli les yeux grands ouverts, se statufia, ébahie par l'audace renouvelée et incessante exsudée par cet homme imprévisible, ainsi que par le toupet inné qu'il mettait à copier ses mots.
Crac.
Sans protester, elle positionna un autre carré à sa bouche, le pinçant à moitié entre ses lèvres.
- Non, tout, ergota l'impétueux conquérant. Il enfonça du bout de sa langue le bout de cacao dépassant et s'assurant qu'il ait parcouru l'entier palais de son étoile, il l'avala.
»Oui, hum, gémit-il, gourmand en s'écartant de quelques millimètres. Il n'y a qu'ainsi que ton chocolat s'avère délicieux.
Il sourit avant de s'emparer du reste du délice des mains de Yenyeli. Déguisé marionnettiste, il livra à sa convenance les portions avant de se repaître.
Un fil, deux fils, manipulateur retors, il maîtrisa la poupée, tirant sa langue de la sienne pour valser en rond dans leurs deux bouches et s'alimenter l'un l'autre. Un vice assumé qui acheva la pudeur des saints dans l'église. Même les yeux clos pour se soustraire de cette horrible vision, la Vierge Sainte entendit distinctement l'écho mouillé du Ciel et de la Terre. Mélangées, émulsionnées, deux salivent se mêlaient à devenir une. Se goûter, se respirer et se nourrir, les deux étoiles dépendaient dans cet instant entièrement l'une de l'autre, et assassin celui ou celle qui aurait eu par simple vœu de chasteté, envie de les séparer.
- Severus ? cita Yenyeli à la conclusion de leur dîner aux milles chandelles -cierges prieurs de vœux impossibles-, le dernier morceau apparu aux portes de sa bouche. Assujettie sans volonté de dire non, elle se serait damnée sans la moindre contrevenance pour être servie identiquement tous les jours. Jamais son chocolat ne lui avait paru aussi bon que partagé directement par la langue experte Serpentarde.
- Oui ? autorisa celui-ci, studieux habile.
Hop, de l'index, il lui fourra le carré profondément dans le gosier, trainant son doigt à se mouiller et se remouiller avant de le ressortir pour le sucer et contrôler le bon assaisonnement. Aussi circonspect qu'à la naissance d'une nouvelle potion.
- Je remercie la lune cette nuit.
L'étonnement s'étira sur les traits Serpentards. Il scruta les pupilles rouges étincelantes dans la lumière tamisée de leur à deux afin de clarifier l'inattendue reconnaissance. Un peu flottante, indécise, elle dessinait cette vérité honteuse que l'on ne dévoile que dans le secret le plus grand.
Attentif, il patienta, noir dans le rouge.
Osée, elle se risqua, rouge dans le noir.
»Oui, je la remercie beaucoup. Elle me fait privilège précieux rare d'admirer ton sourire longtemps. Je suis incurablement convertie à ton sourire.
Bang !
La tempête déferla dans la fortification protectrice du Ciel et de la Terre. Le violent vent venu du nord, se répercuta dans toutes les directions à l'extérieur. L'ancien Mangemort altéré se déchaina.
- Que ta lune soit châtiée me dit Salazar, honte sur toi, argua-t-il susceptible. Je ne souris pas, je jubile ma suprématie sur une petite impertinente qui ne sait pas tenir sa langue.
Elle rit, prévoyant d'avance le contrecoup virulent que l'homme déchargerait en conséquence de son aveu. Paradant, elle répartit.
- Un savoir inutile si tu consens mon avis. Ma langue, Severus, que je sois châtiée ou pas, n'est jamais mieux tenue que par la tien…
- Tais-toi !
Obsédé d'avoir le dernier mot, il scella leurs lèvres, entamant doucement et tendrement la dernière danse ö charnelle et langoureuse de leur diner.
La Lune, toute ronde, digérait lentement le goût d'un Serpent.
Un Serpent, claustré autour de la Lune, se baptisait chocolat.
Modeste souper que celui cuisiné par le Maître des cachots, mais pittoresque pour les deux étoiles, Ciel et Terre se condamnèrent du pécher de gourmandise en plus du pécher de luxure. Ce partage divinement bon était un blasphème pour tous les prêcheurs. Quelle importance ? Ils étaient l'un et l'autre aussi pieux que le veracrasse était lièvre dans ses déplacements. Heureusement, leur comparaison n'allait pas au-delà et c'est sans regret qu'ils délaissèrent la laitue de la limace pour se sustenter de ce chocolat succulent.
A la fin, repu avec invraisemblance –il avait adoré le sucre noir amer, lui l'héritier fat de Salazar- Severus ne consentit à se démettre du palais gastronomique de son étoile que pour lui remplir les mains d'une autre surprise. Déterrée malicieusement en même temps que leur dîner, et brillamment cachée jusqu'ici.
- Il se rappelle à mon bon souvenir quelque évènement mineur à fêter ce soir, énonça-t-il maladroit en filoutant les yeux ailleurs. Ainsi que la cloche mémoire de nos coutumes à deux. Or, n'ayant aucune propension à dépareiller cette mauvaise habitude intronisée par ta naïveté stupide d'il y a des années, voici pour toi un rien du tout. Et j'ai bien dit rien du tout alors ne va surtout pas croire un effort de ma part sur ce sujet, s'empressa-t-il d'abouter, maladresse pire.
Ebaudie, Yenyeli l'analysa, deux billes noires tentaient de la fuir, forgées de leur traditionnelle austérité. Décontenancée, elle dévisagea ses mains, remonta la manivelle du Retourneur de Temps de sa mémoire, décortiqua les mots et l'intonation grincheuse du Serpentard sans succès. Légèrement ballotte durant sa digestion, la compréhension retarda d'une demi-seconde avant le gong eurêka.
- Ha, mais… s'élia-t-elle, sise intense et réfléchie sur le plein de ses mains.
Un chant soufflé via les interstices de l'église, soulevant poussière d'étoiles autour d'eux et elle s'extasia haut et fort.
»Mais oui ! J'oubliais !
La puce à l'oreille, elle reposa son joli bouquet, se retourna telle toupie dansant sur son axe, -semant au passage son drap protecteur- puis insoucieuse de l'humeur noirâtre du Professeur elle creusa l'alentour.
- Inévitable ton oubli, tu es idiote, certifia celui-ci en l'attendant, le regard consterné de l'autre côté.
Il n'aimait pas attendre et il médisait le flegme avec lequel elle soutenait la tendance irascible de son mauvais caractère.
- Tu sais, à force de me démontrer ô combien tu es gentil, tu vas cruellement manquer de crédit à mes yeux.
Yenyeli de bonhomie égale, discutait. Le danger menaça dans la salle.
- Grand bien te fasse, s'embrunit Severus vexé. Je rappelle à la double idiote que tu es que je ne suis aucunement reconnu pour ma gentillesse. Dois-je te l'imprimer sur la tête ?
- Ma foi, c'est une idée, exauça-t-elle neutre, haussant les épaules. Raaaaah, mais bon sang. Elle s'énervait, perdue dans ses recherches. Où se trouve mon blouson au milieu de ta magie ? Par la lune Severus, -La voix se fit reproche exacerbe- Je me montre probablement présomptueuse en t'imaginant sauveur mais qu'importe. Le Grand Maître des Potions qui te représente serait-il assez serviable pour m'accorder son aide ? Je m'écroule ridicule en furetant vainement ton sortilège.
Severus, muet, éluda. Le Grand Maître des Potions, silencieux, étaya le désintérêt de sa position, figée et en retrait. Détachée, il ne lui accorda rien du tout. Impitoyable, il se fichait éperdument de son ridicule. Même embourbée pour plusieurs heures dans son inquisition stupide, il ne comptait absolument pas élever le petit doigt pour la seconder.
- Severus ? appela-t-elle, le visage tendu dans sa direction. Sincèrement, tu pourrais m'aider.
Un « Non » déterminé et inchangeable s'inscrivit sur le visage profilé du Serpentard. Severus, têtu, ne l'aida pas. Il détestait séjourner immobile au même endroit, mais il ne céda pas. Il préféra la laisser se dépatouiller dans son problème, quitte à moisir dans cet endroit jusqu'au lendemain. Susceptible, il ne lui pardonnait pas sa dernière pique. Qu'elle soit punie !
Il était cependant d'une nature impatiente coutumière en sa compagnie et aussi retranché était-il dans sa bonne résolution, il devait s'occuper. Impulsif, il s'occupa. Il jeta un œil intrigué sur le corps de son étoile écartelée à droite et à gauche de leur lit.
Erreur fatale.
A suivre !
