Hello les gens ! Tout d'abord, merci pour vos reviews, et votre patience ! Je mets toujours un temps fou à y répondre, je suis vraiment désolée. mais cette fois c'est fait !

Kalyce: Hep ! Ta fin de CEUPC est affreuse D: Tu me donnes envie de te contredire ! xD Kido et Fudo sont fait l'un pour l'autre, et je pense personnellement qu'après tout ce qu'il a traversé, Fudo ne peut pas oublier la déclaration de Kido. M'enfin, c'est moi qui ai dit, chacun sa fin alors je vais pas pleurnicher xD
J'ai pas tout à fait fini Lionceau, mais à un chapitre près, je l'ai achevé oui x) Et comme tu l'as si bien deviné (comment, c'est facile de savoir ça ?), la prochaine longue fic sera sur KdFd. Je publierai aussi un petit OS Endo x Goenji entre temps ;) Et pardon pour la méga phrase toute faite xD Mais bon, je ne vois pas comment elle aurait pu dire ça autrement alors... Bref; merci pour ta review, j'espère que tu vas aimer ce chapitre ! Bisous ;d

Et donc dans ce chapitre, (comme tu l'as si bien deviné Petite Baka ;), Goenji va trouver le moyen d'emmerder profondément notre Kido préféré :D Bonne lecture ;)


Kido cherchait un moyen de se sortir de cette situation.

«Alors ?» fit son interlocuteur d'un ton impatient.

Comment avait-il pu être aussi stupide ? Il avait cru que cette révélation lui permettrait de se soustraire aux tentatives malicieuses mais totalement évidentes de Goenji pour le caser. Il avait vraiment pensé que Minako-san irait chuchoter son secret à l'oreille du blond et qu'il le laisserait tout simplement tranquille. Il se rendait compte à présent que son plan finement étudié n'avait fait que le précipiter dans le pétrain.

«Et bien quoi, alors ?»

Gagner du temps, pour réfléchir, c'était vital.

«Alors tu viendras avec elle n'est-ce pas ?»

Il grimaça. En face de lui Goenji souriait, battant ses cils clairs avec amusement, délectation.

«J'ai fait attention à n'inviter que des personnes qui savent se tenir tu sais, donc si tu as peur qu'elle s'effraie des débordements mondains habituels, ne t'en fait pas.» reprit nonchalamment le protégé de Senguuji, mollement assis dans la chaise des invités. «J'en avais marre de finir toutes mes soirées par des cuites.»

Il avait ses pieds posés sur le bureau de son ami, et avait ignoré royalement ses remontrances. Il se contentait de le fixer d'un air assuré et assurant, prêt à tout entendre.

«Et je n'aurai pas mon harem, puisque Usagi-chan m'accompagnera.» ajouta-t-il, et il fit signe à la jolie rousse qui travaillait à son bureau de secrétaire.

«Elle ne voudra pas.»

«Ecoute, la moitié des invités s'en iront avant la fin; Senguuji donne une réunion à l'étage et personne n'osera la rater. Vous n'aurez qu'à rentrer à ce moment.»

Kido se figea intérieurement. Une réunion ?

«A quel propos, cette réunion ?»

«Oh, des choses habituelles, rien qui sorte de l'ordinaire.»

Cette phrase signifiait tout le contraire.

«Et je n'y suis pas convié ?» s'étonna-t-il.

Le blond fit la moue.

«Si tu y vas tu vas utiliser cette excuse pour te défiler, je te connais.»

«Mais si la réunion est importante ?»

«Mais nooon, tu n'es pas concerné ! Ça concerne les hauts membres, Senguuji et les plus grands investisseurs, et il ne veut pas non plus que j'y aille.»

Intéressant. Qu'allait-il bien pouvoir être dit dans les coulisses de la réception pour que le blond lui-même ne puisse pas y aller ? Il ne pouvait pas rater ça. Mais en attendant, il devait convaincre Goenji que sa requête était inenvisageable.

«Je peux vraiment pas l'emmener.»

«Pourquoi ? Elle est moche ?»

«Non ! Mais... Elle n'aime pas ce genre de soirée, aller à des réception, c'est pas son monde.»

Ça au moins c'était plutôt vrai.

«On pourrait croire que vous avez des choses à cacher, sosei.»

Le châtain s'était raidi lorsque Minako-san avait lancé sa réplique moqueuse, sans lever les yeux de son ordinateur. Goenji se tourna vers elle d'un air pensif puis considéra son interlocuteur.

«C'est vrai ça. Tu caches quelque chose ?»

Kido ne pouvait plus reculer. Il jeta un coup d'oeil à Minako, qui souriait sans détourner les yeux de ce qu'elle faisait, et hésita. Goenji insistait depuis maintenant plusieurs jours pour que le coach emmène la "petite amie" dont Minako lui avait parlé. Il avait dit qu'il ne pouvait pas croire que le châtain le lui ai caché si longtemps et qu'il comprenait mieux pourquoi il était si coincé. Et depuis, il voulait absolument "la" voir, "la" rencontrer, cette "petite amie" qui avait su éveiller l'intérêt du si passif entraîneur. Mais le noeud du problème était là : tout d'abord, c'était un "il", et non un "elle", et Kido ne se voyait pas s'afficher publiquement avec un homme -par pudeur. Et puis surtout, c'était Fudo, un membre de la Résistance s'il en est, et son informateur. Kido ne pouvait simplement pas venir avec Fudo à une réception du Fifth Sector.

«Ce silence en dit long, Kido-sosei.» susurra Minako-san alors que le blond semblait s'impatienter.

Et elle, qu'est-ce qu'elle essayait de faire ? Maintenant, il devait dire quelque chose, sinon les suspicions allaient s'épaissir. Est-ce que la femme et son jeune protecteur le soupçonnaient de quelque chose en particulier ? Avaient-ils cerné son double jeu ?

«C'est un garçon.» lâcha-t-il finalement.

Un silence implacable accueillit sa réponse, alors que Goenji écarquillait les yeux et que Minako levait les siens vers le coach.

«Je le savais.» fit-elle sans cacher son sourire de contentement. «Vous étiez définitivement trop passif pour un homme hétéro.»

Le concerné se contenta de lui lancer un regard sec ; elle rigolait avec satisfaction mais ne se doutait pas de la catastrophe dans laquelle elle venait de le plonger.

«Ou vous auriez tout simplement pu ne pas être mon genre.» lâcha-t-il froidement, et le sourire de la rouqine redoubla d'intensité.

«Quoi ? Attends, Kido, t'es avec un mec ?»

Il reporta son attention sur le protégé de Senguuji et remarqua son air hébété. Voir Goenji perdre son sang-froid avait quelque chose de troublant. Et pour être honnête, Kido préférait cet état à celui de l'homme calculateur et trop chaud qu'il incarnait habituellement.

«Mais tu avais une petite amie avant non ? Du temps où...»

Il fit une légère grimace.

«...Où on jouait ensemble ?»

«On s'est séparés depuis longtemps.»

«Ah bon.»

Le blond se redressa et finit par retrouver un air calme. Il sourit d'un air amusé, mais pas de l'air amusé qu'il arbhore généralement, un vrai, un air amusé authentique.

«Je comprends mieux pourquoi tu ne voulais pas venir avec "elle".» dit-il sur le ton de la compassion.

Kido hocha pitoyablement la tête, soupirant intérieurement de soulagement. Les soupçons étaient levés. Mais maintenant, Goenji et Minako savait qu'il sortait avec un garçon...

«Venir avec un garçon te gène ?»

«Non... Mais il n'aime vraiment pas ce genre de festivités.»

«J'aimerai vraiment le rencontrer.»

Goenji se tourna soudain pour dire d'un ton grave :

«Usagi-chan, tu peux prendre une pause.»

La rouquine ne protesta pas malgré son désir indissimulable de rester, et prit sa tablette tactile et son portable pour sortir.

«Tu le vis bien ?» demanda enfin Goenji après un silence, comme pour s'assurer que son assistante était partie.

«Oui.» répondit bêtement le concerné. «Je veux dire, j'assume complètement ce que je fais.»

«C'est déjà bien.»

Kido avait l'impression que le blond se métamorphosait. Il croyait retrouver dans son expression, dans son regard, dans le grain même de sa voix, le vrai Goenji, et Ishido ne semblait n'être plus qu'un masque qui tombe.

«Pendant un moment j'ai cru que tu n'y arrivais pas. Mais il faut se l'avouer. Tu as toujours su accepter ce qui t'arrive, sans te poser de questions. J'ai de l'admiration pour toi.»

Plus d'alcool, de regards aguicheurs, plus de harem, de sordidités, de libertinage public, de ton cruel. C'était Goenji qui parlait, et lui seulement, tout à coup, ce n'était plus Ishido.

«Tu t'en sors bien toi aussi. Tu es toujours debout après les épreuves que tu as traversées.»

«Seulement à genou Kido. Et puis je triche. Le désir vicieux, l'insouciance d'apparence, la volonté de vengeance, je les utilise pour me relever. Comme un vieillard avec une canne.»

Le geste de lassitude qu'il eut avait un tout nouveau visage. Cette fois ce n'était ni Goenji, trop calme, ni Ishido, trop amusé ; c'était les deux. Kido comprit que cette part d'ombre était définitivement une partie de lui, qu'elle fusionnait même avec son ADN.

«C'est déjà pas mal.»

Mais est-ce que les vieillards peuvent marcher sans leurs cannes ? Le coach n'osa pas poser la question.

«Tu sais, je lui en veux terriblement.» reprit le blond.

«Je sais.»

«Tout le monde sait.»

Goenji fixa ses pieds sur le bureau et se blottit dans la chaise.

«Tout le monde sait que c'est un héros, le héros. Je ne suis pas idiot. Les gens disent que je suis devenu fou et que je lui voue une sorte de haine incontrôlable. Ils disent que toi, tu es un lâche et un traître parce que tu ne m'as pas abandonné.»

Dit comme ça, ces murmures paraissaient intennables. Kido avait soudain envie d'aller les démentir tous, Sakuma, Kazemaru, Midorikawa, d'aller leur hurler que les choses n'étaient pas aussi simples. Son vis-à-vis semblait avoir passé le cap du courroux. Il ne résidait dans sa voix que les miettes de cette colère, noyées dans l'immensité de la résolution. Qu'ils parlent, qu'ils chantent, semblait-il se dire, leur haine est vaine.

«Au Fifth Sector, les gens m'acclament, m'admirent, je suis un modèle et l'incarnation de la décadence innocente qu'ils cherchent tous. Et toi, tu inspires le respect, le mystère, il ne se passe pas une seule soirée sans que quelqu'un ne soulève ton absence et évoque ton aura énigmatique. J'ai quitté un monde de mépris pour un monde de gloire et de blancheur, il n'y a rien d'étonnant à cela.»

Ishido sourit.

«Le Fifth Sector est une foule acclamante, adoratrice. Pourquoi irai-je me perdre dans un monde où l'amitié se perd comme elle se gagne, où l'héroïsme prime sur le désespoir ?»

Kido savait tout cela. Leur monde n'était pas parfait. Mais il était juste, et plus que l'héroïsme, on y félicitait le courage, la vertu et les efforts. Il y avait ces valeurs fortes, l'amitié, la solidarité, la loyauté. Elles étaient parfois malheureusement contradictoires, et en voulant suivre l'une, Kido avait dérogé aux autres. Pourtant leur monde ne partait pas d'une mauvaise intention. Et il débordait de souvenirs et d'amour.

«Parce qu'il y a ceux que tu aimes.»

La réponse était sortie naturellement, comme une évidence qu'on n'a pas le temps de retenir. Le blond sembla interloqué et lui jeta un regard interdit.

«Tu les aimes toujours n'est-ce pas ?» s'enquit Kido.

Kazemaru, Fubuki, Hiroto... Et Endo. Il ne pouvait pas avoir fait une croix définitive dessus.

«Et toi ?» rétorqua sèchement Ishido.

Pourquoi fallait-il qu'il lui ait retourné la question ? Kido refusait de croire que cela signifiait non.

«Ça veut dire non ?» voulut-il vérifier.

«Et on va se renvoyer la balle comme ça longtemps ?»

Alors Kido se tut et Goenji aussi. Il remit son masque d'Ishido et se redressa de sa chaise. Il sortit son portable et pianota dessus un court instant en se levant, sans daigner jeter un regard à son ami.

«J'ai dit à Usagi-chan de revenir. Elle sera là d'ici quelques minutes.»

Il sembla hésiter mais finit pas ajouter :

«Cette conversation reste entre nous.»

Ça sonnait plus comme une demande que comme un ordre, pourtant l'entraîneur aurait juré que s'en était un. Le blond l'avisa juste un moment et finit par se pencher sur le bureau. Il arriva à la hauteur de son vis-à-vis et l'embrassa. Kido s'éloigna dès qu'il comprit ce qui se passait et se redressa, indigné.

«Qu'est-ce que tu fous ?!»

Le concerné lui lança un regard provocateur et espiègle, avant de susurrer calmement :

«Il serait temps de te Fifth Sectoriser un peu, Kido. Tu sais, chez nous, tout le monde s'embrasse.»

Pourtant il n'insista pas et se redressa dans le but de rejoindre la sortie. Minako entra au même instant et salua respectueusement son maque. Elle sembla remarquer l'air guilleret de Goenji et lança un regard interrogateur vers son supérieur.

«Qu'est-ce qu'il s'est passé ?» demanda-t-elle en entrant pour aller s'installer dans son bureau.

Kido se demanda s'il devait répondre, et se dit finalement qu'un deuxième avis sur la situation lui serait favorable.

«Il a essayé de m'embrasser.» marmonna-t-il.

«Oh, ce n'est que ça.»

Elle ne semblait pas émue le moins du monde.

«Ça arrive souvent, au Fifth Sector, vous savez. Les gens pensent que ce sont ses lubies, et personne ne s'y oppose. On dit même qu'il serait allé plus loin que du simple bouche à bouche afin de convaincre certaines personnes opulentes de rejoindre l'organisation.»

L'homme fut parcouru d'un frisson et Minako rigola. Elle lui lança coup d'œil espiègle et le traita de coincé en poursuivant que le commerce des corps n'avait rien d'infamant au point qu'il s'en sente choqué. Personnellement, Kido s'était fait depuis longtemps à l'idée que le célèbre harem de Goenji était composé de prostituées de luxe oisives et terriblement professionnelles. Mais apprendre que le proxénète lui-même, que Goenji se prostituait butait contre son esprit moral avec une persistance agaçante. Ils étaient adultes à présent, chacun faisait ce qu'il voulait de son corps, pourtant le coach ne parvenait pas à se défaire de l'image du garçon blond à l'air paisible, imperturbable, à sa finesse, la fragilité physique de l'adolescence.

«Pourquoi vous n'admettez pas tout simplement qu'il puisse aimer ça ?»

Kido ne répondit pas : c'était tout bêtement impossible à concevoir. On ne fait pas ce genre de chose par plaisir si ? En tout cas, lui ne le ferait pas. Le regard sérieux de la secrétaire lui affirma le contraire : il semblait lui avouer tellement de choses, tellement de secrets, ce regard vert, qu'il en détourna le regard. Le Goenji qu'il connaissait ne ferait pas ça par plaisir, Ishido peut-être mais pas Goenji. Kido soupira en se remettant au travail.

Il était grand temps de le sortir de cette spirale de décadence, d'inconvenances successives, de gloire aveugle, de peines perdues. De ce macrocosme à l'odeur inconfortante de sexe et d'hypocrisie.


Kido hésita. Ils étaient tellement bien là, tous les deux l'un contre l'autre, allait-il avoir le cran de briser cet instant ?

«Kido.»

Le brun venait de marmonner son nom sans rien ajouter d'autre, comme pour l'interpeller.

«Hm ?» fit-il, perdu dans ses pensées.

«Tu rumines quelque chose.»

Et le châtain soupira. Ils étaient dans le canapé, allongé l'un contre l'autre devant un bon petit film. Fudo était là, entre ses jambes, son dos blottis entre ses bras protecteurs -ou possessifs, qui sait- et sa poitrine paisible. Il regardait la télé, absorbé, tandis que le coach, lui, enfouissait ses lèvres dans sa crinière sombre, respirait distraitement son odeur. Comment avait-il pu se rendre compte qu'il réfléchissait intensément ?

«Parce que tu as un tic. Quand tu penses à quelque chose trop longtemps tu tapotes du pousse.»

Kido était impressionné de constater que le résistant remarquait des choses que lui-même ne savait pas. C'est dans ces instants qu'il se rendait compte que Fudo possédait vraiment la copie parfaite de son esprit analytique, de son souci du détail, de sa persévérance. Sur d'autres points, ils étaient pourtant totalement complémentaires.

«Tu es tellement prévisible, Kido.» rigola l'informateur, et l'entraîneur se gorgea tout simplement de son timbre grave, vibrant.

«Et ça, c'était prévisible ?»

Il entreprit de chatouiller son compagnon dans son cou -il avait vite appris que le brun était terriblement chatouilleux- et s'en donna à coeur joie en le voyant se redresser, se tordre brusquement, et étouffer un rire en tentant d'échapper aux doigts malicieux. Les mains de Kido se firent doucement moins frivoles, se posèrent sur sa nuque et descendirent sur ses omoplates dans une caresse subtile. Et ses lèvres vinrent embrasser ce cou duveteux, chatouillées par des cheveux bruns aux desseins espiègles. Il avait emprisonné le résistant contre lui, ses jambes fermement serrées autour de ses hanches.

«Honnêtement, oui.» finit par avouer Fudo.

Plus aucun d'eux ne regardait la télé, ils étaient juste collés l'un contre l'autre, s'imprimant de leur présence mutuelle, emboités comme les pièces jumelles d'un puzzle. Kido sentait la tension monter dans son corps invariablement, comme si la proximité appelait à faire de ce moment quelque chose d'intense. Il finit par se pencher pour prendre la télécommande et éteindre les bavardages incessants des acteurs. D'une plainte muette il supplia le brun de répondre, de rire et de se retourner, et de se placer contre lui, et de s'emboiter encore avec lui comme les pièces d'une mécanique sublime. Fudo obtempéra à sa demande silencieuse : d'un mouvement lent il se tourna, happa ses lèvres avec la fièvre de ceux qui ne guériront jamais.

«Qu'est-ce qui te préoccupe ?» murmura-t-il dans un grognement sensuel.

En tout cas, Kido le trouvait sensuel : pourtant, il sut rien qu'au son de sa voix que l'ivresse de l'union allait se faire attendre. Fudo allait insister et finirait par gagner, alors autant déclarer forfait et s'épargner une lutte ridicule et inégale. Le brun avait des armes torturantes.

«Goenji organise une réception.»

«Eh bien tu te désistes. Tu fais ça tout le temps.»

«Et il insiste pour que j'y aille accompagné.»

Fudo fronça les sourcils. Il commençait à cerner le noeud, n'est-ce pas ?

«Tu lui as dit que tu étais casé ?» demanda-t-il sur le ton du reproche.

«Non, ma secrétaire lui a dit. Et il s'acharne à me faire venir avec toi.»

«C'est vite réglé, tu sais que c'est impossible.»

«Eh bien... Théoriquement oui.»

Si ils y allaient ensemble, l'un d'eux pourrait s'éclipser durant la soirée pour aller à la pêche au infos dans les salles de réunion du Fifth Sector. Si Kido y allait seul, son absence se ferait trop vite remarquer, il fallait que quelqu'un le fasse à sa place. Aller à cette soirée allait possiblement rapporter beaucoup à la Résistance, vu ce que le blond disait des réunions de Senguuji.

«Mais tu ne voudrais pas venir avec moi ?»

«Quoi ?»

Son ton irrité signifiait probablement un grand non.

«Goenji m'a dit qu'il y aurait une réunion là-bas. Je ferai diversion pendant que toi tu iras chercher les infos.»

«T'es bien gentil mais Goenji va vouloir me rencontrer. Et si il me reconnaissait ?»

«Il ne te reconnaîtra pas. Moi je ne t'ai pas reconnu, tu as vraiment changé.»

Le brun se mordilla l'intérieur de sa lèvre d'un air préoccupé mortellement attirant.

«Donc tu veux que je fasse quoi exactement ?»

«On y va en restant discret, on fait vaguement connaissance avec Goenji et puis tu diras que tu vas te repoudrer le nez et tu explores un peu les environs.»

«Pas sûr que l'excuse de la poudre marche à merveille.» grommela le concerné d'un ton dubitatif.

«Façon de parler.» sourit l'autre. «Les gens ne remarqueront pas ton absence si je reste en bas pour assurer que tu es aux toilettes.»

«Mais tu n'as qu'à y aller avec quelqu'un d'autre !»

«Et avec qui ? Je te rappelle que tous mes amis m'ont tourné le dos.»

Personne dans la Résistance ne pouvait l'aider. Sakuma ne lui parlait pas, les autres non plus d'ailleurs, alors de là à l'accompagner à la Réception de Goenji, il y avait un canyon.

«En plus, même si on mettait Sakuma ou un autre dans la confidence, les membres de la Résistance sont quasiment tous fichés. Il n'y a que toi qui n'en fasse pas officiellement partie.»

«C'est risqué Kido. C'est un coup à perdre ta place dans leur organisation : comment tu crois qu'ils réagiront quand ils se rendront compte que tu sors avec un quasi-résistant ?»

«J'ai entré ton nom dans la base de donnée, il n'y a que ton nom, aucune photo, et le dossier est classé dans les "sans danger".»

«Il y en a un qui m'a vu une fois ; un type immense, une armoire à glace avec la peau mate et des yeux jaunes à te glacer le sang.»

Kido ne rêvait pas : c'était de Guraran que Fudo parlait. Rien que d'y penser le fit frissonner d'effroi.

«C'est un cerbère de l'ombre. Il sera aux côtés de Senguuji, sans doute.»

Il comprenait que l'informateur refuse. S'ils se faisaient prendre, Fudo aillait faire prendre des risques à sa mère, et il n'avait pas signé pour ça.

«Explique-moi ton plan.» soupira ce dernier. «J'ai besoin d'avoir tous les éléments pour prendre une décision.»

«J'ai parlé avec Goenji cet après-midi. Il a laissé sous-entendre suffisamment de choses pour que je touche du doigt l'enjeu. La réception n'est qu'une façade. Toutes les soirées du Fifth Sector n'ont été que des diversions et des appâts. Senguuji se sert de la réception de Goenji pour avoir une réunion importante avec ses fidèles.»

Goenji et ses filles étaient un moyen de paiement comme les autres -les autres restant à découvrir.

«Il va y avoir des infos à cette soirée, des infos que même Goenji ou moi ne pouvons obtenir. Nous on est les attractions, les gens viennent pour rencontrer le mystérieux coach de Teikoku et profiter d'une soirée organisée par Ishido, célèbre noceur de l'organisme.»

«Mystérieux... Ça va les chevilles ?» se moqua le brun.

«Tu n'es pas d'accord ?»

Le sourire insolent du résistant fit comprendre au châtain que non, en vérité, il n'avait rien à en dire.

«Personne ne te verra si je te couvre.»

Fudo inspira profondément, se laissa tomber en arrière sur le canapé en soupirant et ils restèrent tous les deux immobiles un moment. Ramsès, qui depuis l'arrivée de son second maître s'était retranché sur le dossier du sofa, leur lança un regard hautain.

«Je marche.»

Kido se redressa, incertain.

«C'est vrai ?»

Le brun passait ses mains sur son visage comme si il regrettait déjà. Mais lorsqu'il rouvrit les yeux pour les plonger dans ceux de son compagnon, il semblait définitivement déterminé.

«Tu y tiens à ces infos.» fit-il simplement.

Le châtain ne dit rien sur le coup, surpris, avant de déglutir. Fudo était un type terrible.

«J'ai parlé à Goenji aujourd'hui.» dit-il alors. «Je veux dire, au vrai Goenji.»

L'informateur se redressa et se frotta les yeux, intrigué malgré la fatigue. Alors le coach reprit :

«Il m'a dit... Qu'il survivait. Que le Fifth Sector s'est montré à lui comme un refuge, au moment où tous les autres se sont détournés de lui.»

Sa gorge se nouait lorsqu'il repensait à sa discussion avec son ami d'enfance. Lorsqu'il se remémorait avec une précision effrayante la teneur de ses propos, de la haine et de la douleur qui transpirait de chacun de ses mots. Goenji n'avait pas tort. Tout ce qu'il disait était vrai, d'un sens, l'organisation lui avait tendu une main lorsque leur monde avait commencé à le distancer, lorsque le sol s'était effondré entre lui et la folie, le Fifth Sector avait été sa seule corde pour s'accrocher. Mais comment avaient-ils pu tous être aussi aveugle ? Comment n'avaient-ils pas compris leur oeuvre plus tôt ? C'était terrifiant.

«Je veux qu'on en finisse avec cette guerre de l'ombre.» murmura-t-il. «Ça n'a aucun sens.»

«Tout le monde le veut.» raisonna le brun.

«Moi je veux ramener Goenji. Je veux que tout le monde comprenne ses erreurs, et que chacun pardonne l'autre et qu'on aille tous jouer au foot comme quand on était des gosses.»

Fudo lâcha un rire. Un rire court, indéchiffrable, qui fit relever la tête au coach.

«Qu'est-ce qui te fait rire ?» grommela-t-il, dépité.

«Ce que tu dis.» sourit le concerné en haussant les épaules. «On dirait une fin d'anime pour enfants.»

Comme l'entraîneur n'ajoutait rien, l'indic poursuivit simplement, enroulant autour de ses doigts les cheveux clairs de son partenaire, d'un mouvement distrait.

«Goenji ne peut plus jouer au foot.»

Kido sentit son coeur se serrer à l'entente de ces mots. C'était pire que des lames acérées ou des balles déchirant sa chair, c'était un manque d'oxygène. Tout partait de ce fait, et tout y revenait : Goenji ne pourrait plus jamais rejouer au foot.

Et puis Endo était marié, Aki tenait une auberge, Fuyuka était infirmière et Tobitaka cuisinier au RaiRaiKen. Lui, Kido, était tombé amoureux de son rival de toujours, Hiroto avait repris l'entreprise de son père adoptif avec l'aide de Midorikawa et Hitomiko.

«Plus rien ne sera plus jamais comme avant.»

Fudo avait posé sa main dans sa nuque, doucement, pour le caresser, le consoler : non, plus rien ne serait plus jamais comme avant. Les gens changent, révisent leurs décisions, agissent avec raison et restent figés dans l'âge adulte pour le reste de leurs vies. À côté de l'enfance, de cette petite quinzaine d'année, adulte sonnait comme l'éternité. Les choses avaient déjà changées et ne changeraient probablement plus : plus rien ne serait plus jamais... Jamais comme avant. Kido avait beau ravaler sa salive, il lui semblait que sa gorge était toujours aussi nouée.

«Goenji attend d'être sorti de là... J'en suis sûr.»

Parler lui coûtait énormément. Il avait l'impression d'étouffer, ce devait être à cause du manque, le manque d'oxygène. Fudo décida enfin de lui porter secours, avec son indolence bien à lui et cette douceur brute qui lui hérissait les poils.

«On va aller à cette réception.» déclara-t-il calmement. «On va trouver les infos, les donner à Hibiki, détruire le Fifth Sector et ramener Goenji.»

Plus aucune note dans sa voix ne laissait place au doute. Elle était ferme, féroce, alors Kido s'accrocha à sa solidité. Il s'y accrocha fermement, comme Goenji avec sa canne et se hissa vers de nouvelles certitudes. Plus rien ne serait jamais comme avant. Il passa sa main dans les cheveux de son vis-à-vis, passionnément, et s'immergea dans ses yeux brillants et bleu comme le ciel. Un ciel magnifique. "Je t'aime", il chuchota, et un sourire vint s'accorder avec le regard vainqueur du brun. Le "moi aussi" chuchoté avec délicatesse dans son cou attisa soudain les braises en lui et le feu prit sans qu'il ne puisse l'en empêcher. Kido l'embrassa avec la fébrilité d'un toxico qui déballe son aiguille, les mains tremblantes, le corps noyé. Le rire espiègle que Fudo parvint à lâcher dans la folie de l'enivrement confirma ce qu'il pressentait.

Rien ne serait plus comme avant, mais tout pouvait encore changer : ils en étaient la preuve


Oui, ils en sont la preuve, tout peut changer. Et c'est ce qui a manqué à IE GO, vous savez, c'est cette profondeur dans le contexte et la résolution. Je vais vous montrer comment on démonte un réseau malfaisant chez Kido et Fudo ;)

J'espère que cette petite centralisation sur Goenji vous aura plu ! Il y en aura d'autres encore à l'avenir puisque nous allons quitter la romance pour entrer dans le nœud du problème : le démantèlement du Fifth Sector B)

Dans le prochain chapitre, nous allons voir comment nos stratèges préférés gèrent leurs soucis ! J'espère vous retrouver la semaine prochaine, les amis :D

Si vous avez aimé, n'hésitez pas à laisser une petite review, je vous jure : les auteurs aiment ça x)

Bisous et à dimanche prochain !~