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« L'amour est un ennemi qu'on ne peut vaincre corps-à-corps, mais seulement par la fuite. »

Miguel de Cervantes

POV Draco

Un cauchemar, c'est un cauchemar ça ne peut être que ça. C'est de cette manière que je paie le mal que j'ai fais. Avec les mots presque moqueurs d'Harry. Comme si j'étais un moins que rien. Comme si j'étais le plus parfait des idiots. Mais c'est ce que je suis. Un parfait idiot. Tout ce temps à me croire totalement responsable du mal-être d'Harry alors que ce dernier y trouvait juste son compte pour fuir. Pour se faire la malle loin de tout.

Est-ce cela qu'il à toujours désirer. Est-ce que j'ai été un pion sur son échiquier. A-t-il fais exprès de me montrer qu'il s'envoyer en l'air parce qu'il savait que j'agirais de façon aussi grotesque. J'ai l'impression d'avoir était piégé.

« Mais tout ça c'est de ta faute Draco. »

Oui c'est de ma faute, je me suis piégé moi-même. Et que devrais-je faire à présent ? Exactement comme Harry tiré un trait sur tout ça. J'ai m'a réponse, je n'étais rien dans le grand schéma de sa vie, si ce n'est une petite pièce gênante. C'est tout ce que je suis à ses yeux.

Mais aux miens c'est bien plus que ça. C'est bien plus que des baisers volés dans une classe sombre. C'est bien plus que des mains dans les cheveux et des prénoms soupirés lèvres contre lèvres. C'est bien plus que des sourires gênés et une pipe taillée à la va vite dans ma chambre. J'ai aimé Harry dés l'instant ou je l'ai vu. Je le sais à présent. Comment pourrais-je tirer un trait alors qu'il était là sous mes yeux et que j'ai la possibilité de le voir encore et encore. Je ne peux pas croire un seul instant qu'il est fait quoique ce soit avec Blaise et pourtant rien de tout ça n'avait l'air d'être un mensonge.

Pourquoi mentirait-il sur ça. J'en ai des hauts le cœur. Je suffoque. Les larmes me dévorent la vue. Imaginer Harry dans les bras de parfaits inconnus alors que les vrais loups étaient sous mes yeux. J'ai été aveugle et stupide. Et Harry cruel et sans cœur. Mais je le mérite. Je le mérite amplement.

J'aimerai lui faire comprendre. Je peux lui faire comprendre. J'ai fais demi-tour. J'ai courus en arrière. Je ne mentirais pas cette fois-ci. Peut-être que je n'obtiendrais rien. Mais je peux achever cette histoire. J'en ai plus qu'assez de tourner en rond. Je reviens à l'endroit ou on s'est arrêté et il est encore là.

Je n'en crois pas mes yeux. Harry n'a pas bougé. Il à retiré ses lunettes et à plongé sa tête entre ses jambes. J'ai envie de pleurer. Encore.

- Je savais que c'était toi…

Il relève la tête d'un coup et je vois que ses yeux sont rouges. Alors j'ai un peu d'espoir.

- Qu'est ce que…

- je savais que tu prenais la place de Réha. Je ne l'aurais jamais touché. Si ça n'avait pas été toi.

- Je sais.

-Comment ça tu sais ? Dis-je stupéfait.

- Draco… Réha et moi sommes frère et sœur jumeaux. Elle me l'aurait dit si tu l'avais touché et je serais venu te casser la gueule. J'aurais défoncé ta jolie tête blonde si tu avais levé la main sur elle.

Je rigole et m'assois à coté de lui. Evidemment qu'il savait.

- Mais alors…les baisers.

- Je les voulais autant que toi.

- Harry… ?

- On est plus des gosses maintenant, on est des adultes. Je crois. Je ne suis pas partie pour continuer à mentir.

- Je n'ai pas envie de te mentir non plus. Je suis affreusement désolé pour tout ce que je t'ai fais subir. Je suppose bêtement que c'est l'amour vache. Tu me fascinais Harry. Tu me fascines toujours. Tout ce que tu es capable de faire et d'endurer. A chaque fois que je te regardais j'étais en colère. En colère contre moi-même de ne pas avoir ton savoir faire, ta sociabilité, ton charme.

- Tu es tellement compliqué Draco. Tu fais preuve d'une maîtrise de toi incroyable à l'extérieur alors qu'en réalité tu te sous-estime. Tu parles de ma sociabilité alors que les gens étaient juste curieux devant Réha et moi. Alors que toi tu savais briller par ton intelligence et ton charisme. Ton magnétisme était réel.

Je souris en écoutant Harry me complimentait. J'aimerais rester assis ici toute la vie. Je pourrais me contenter de ça. Je pourrais vivre comme ça. Juste lui et moi.

- Toi et moi c'est juste une suite incroyable de quiproquo et de non-dits. Et beaucoup de bêtises de ma part…

Je me tourne vers lui et il me regarde en souriant. J'espère que je fais pareil. J'espère que ça lui plait. Je tends ma main vers ses boucles et en fait jouer une contre mes doigts et sa voix se baisse dans le murmure de la nuit.

- Draco…c'était toi mon premier baiser. Peu importe la façon dont tu l'as pris. C'était toi, tes lèvres, ton odeur, ton goût. Je n'ai rien oublié. J'étais fou de toi. C'est pour ça que je ne disais rien. Tu me faisais du mal et du bien en même temps et je devenais cinglé. A chaque fois j'avais hâte d'être Réha. Je voulais que tu me touches encore et encore. Même si au fond je pensais que tu me détestais que tu faisais ça uniquement pour me blesser.

- C'était ça au début Harry. Juste des moqueries, juste des blagues et je suis tombé dans mon propre jeu. Ça devenait une envie pressante. Tu devenais cinglé et moi je perdais la tête autant que toi. Et puis j'ai vu rouge quand je t'ai vu avec ce professeur. J'ai jamais eu autant envie de tuer quelqu'un. Lui et toi. Puis moi ensuite.

J'appuie ma tête contre son épaule.

- Tout ce que je t'ai fais subir. C'était vraiment affreux. Et je m'en voudrais jusqu'à la fin de ma vie Harry. Mais si tu pouvais juste me faire une petite place dans la tienne. Je serais l'homme le plus heureux du monde. Je crois que tu ne sais pas à quel point tu me bouleverses.

- Tu ne sais pas non plus à quel point toi aussi tu me bouleverses.

Je relève ma tête vers son visage. Nos nez se frôlent, nos lèvres aussi. Je n'ai qu'une chose à faire pour qu'on scelle nos paroles dans un baiser et je le fais. J'approche ma bouche de la sienne, ma main glisse contre sa joue. Et je plonge mes yeux dans ce vert. Ce vert si particulier, si brillant, si hypnotique. Je ne m'en lasse pas. Je pourrais rester des heures à le fixer et je crois que c'est ce que je fais. Harry ne bouge pas, je sens son souffle chaud contre mes lèvres, c'est grisant. C'est de la folie. Il est contre moi, mon fragile et délicat Harry.

Je vois des myriades de couleurs chatoyaient dans ses iris, je me noie dans l'émeraude, le grenat et la tourmaline. Ces yeux sont des bijoux et sa peau de la soie. Ses cils papillonnent légèrement et je suis incapable de résister plus longtemps.

J'embrasse Harry, le plus tendrement possible. J'essaie du moins. Mais la langue d'Harry vient butter contre mes lèvres. Je l'accueille avec un sourire. C'est divin. Ma main glisse contre ses cheveux et je sens celle d'Harry venir s'accrocher à mon manteau. Comme nos baisers d'antan, gauche et peu avenant. Cette fois-ci c'est parfait. Nos langues s'emmêlent, se caressent, se cherchent, se battent. Je vais étouffer, je veux étouffer. J'ai le sentiment que si je m'arrête de l'embrasser Harry va encore disparaître loin de moi. Que le compte de fée se terminera ici.

Alors je grave cette image. Soigneusement j'en fais une carte postale dans mon esprit. Harry et moi assis dans une rue de New-York à 3h du matin s'embrassant sous un lampadaire. C'est tout ce dont je rêvai.

Ma langue goute le sel de ses larmes. Harry pleure en m'embrassant. Je romps notre promesse de silence. Je colle ma joue contre la sienne et murmure :

- Je t'en supplie Harry. Si tu me dis de rester à ma place je le ferais. Tu es beaucoup trop beau pour être seul. Même si les apparences sont contre moi, je ne suis pas un idiot. Je t'en supplie, ne me dis pas de partir. Ne me demande pas de disparaître de ta vie. Pour le peu de temps que j'ai ici. Permet moi d'être au moins un peu ton ami.

Harry à accepté. Il m'a raccompagné à mon hôtel. On a marché en silence. Mes doigts glissaient contre les siens. Et on se touchait un peu. Je lui ai fais promettre de me laisser entrer dans son Pub. Il a accepté. Au fond c'était comme lui faire promettre de me laisser entrer un peu dans sa vie. Harry aussi me faisait du mal autant qu'il me faisait du bien. Il m'a embrassé au coin des lèvres puis a disparut dans la nuit. C'était ça le vrai cauchemar.

Je n'ai pas fermé l'œil de la nuit.

La première chose que j'ai faite après avoir écumé les bureaux d'hommes d'affaires, inintéressant ce fut de foncer à l'hôtel et de me changer. Je sentais que j'avais l'air d'un homme furieusement pressé. Et tordu par le stresse aussi. C'était un comble d'être habitué à gérer les rencontres, les débats, les présentations de projets, divers et varié et de ne pas savoir réagir quand il s'agissait d'aller voir une ancienne connaissance. Connaissance qui soit dit en passant et l'image que vous vous faites de la personne parfaite pour finir sa vie avec vous.

Je cours vers le Pub. C'est animé, c'est coloré. Il y'a du bruit, de la musique Irlandaises qui ne couvrent pas les rires et les éclats de voix. Je rentre et observe mieux l'énorme lion d'or qu'il y a l'entrée. Je le trouve grandiose. J'ai l'impression que ma vision des choses à changer. Je trouve tout beau et parfait et j'ai le cœur gonflé de bonheur. Je réagis exactement comme une gamine qui vient d'être invité au bal par le plus beau garçon du lycée. C'est un peu ce que je suis. Un gamin invité au bal.

Ron me salue entre deux pintes, j'avance vers lui. Harry est penché vers Severus il discute et rigole. Je devrais être furieux je l'aurais été hier. Mais je ne vois plus trouble. Je m'assois au bar.

- Ça sera une bière pour toi Blondie ?

- Un whisky plus tôt.

- Tu as vraiment les mêmes goûts que Severus, je suis dépité.

- Tu en connais la définition au moins ?

Ron éclate de rire et je souris. Je ne fais que ça sourire. Il me sert mon whisky et quelqu'un pose ses lèvres contre ma joue. Je me retourne et vois l'ange bleu, un plateau dans les mains.

- Je suis contente que vous ayez réglé vos soucis. J'avais hâte de te revoir Seraphin.

- Merci Luna.

Elle repart déposer ses commandes. Je sirote du bout des lèvres mon verre et me laisse avaler par cette ambiance. Mes yeux croisent ceux d'Harry et il s'avance vers moi.

- On ferme dans une heure. Tu peux rester boire un verre avec le staff si tu veux.

- Est-ce que Sirius…

- Sirius ne dira rien.

- Ah. D'accord.

Il s'éloigne pour servir deux filles. Il n'a pas l'air tendu, il me parle normalement. Comme si on était deux vieux amis. Je suis en train de goûter ma chance avec une pointe d'amertume. Qu'est ce qui retient encore Harry loin de moi ?

Ils n'ont pas fermé à l'heure prévue. Il y avait beaucoup trop de monde. Ils ont un succès fou. Quand enfin le dernier client à était mis à la porte Ron à fait sonner la cloche des pourboires jusqu'à ce que Severus l'engueule. Sirius est sortit des cuisines accompagné d'un type un peu maigre et basané. Je les aidés à nettoyer.

- les gars arrêté tout le gosse de riche va toucher un balai pour la première fois de sa vie.

- Ron ce n'est vraiment pas drôle, siffle Luna.

- Luna à raison Ron, il y a des pauvres qui n'ont jamais touché un balai de leurs vies non plus.

Tout le monde éclate de rire sous la remarque de Severus. Sirius s'approche de lui et caresse ses cheveux. Severus le regarde avec tellement de tendresse que je détourne le regard. Je me sens idiot. Et j'ai l'impression de faire tâche. Comme si je n'étais qu'une jolie statue sortit de son musée. Ici je ne brille pas. Je ne suis pas un roi. Harry me retire le balai des mains en souriant. Je le laisse faire. Puis je me tourne vers Ron.

- Tu vois pourquoi je ne passe pas le balai ? Dés que j'en tiens un il y a toujours un prolétaire pour le prendre et faire le travail à ma place. Mais ça Weasley tu ne le vivras jamais, tu es celui qui passe le balai.

Quelqu'un me frappe derrière la tête et je tombe sur le regard furibond d'Hermione.

- Et on voit aussi que ta mère ne t'a jamais lavé la langue au savon pour t'empêcher de dire des âneries pareilles.

Je souris narquoisement, je ne peux pas m'en empêcher.

- Laisse tomber Hermi, Draco à besoin des sarcasmes pour se sentir en sécurité. Il est en terrain hostile.

Je fixe Harry le regard noir. Ce dernier siffle en nettoyant sous l'hilarité de toute l'équipe. Depuis quand est-ce qu'il répond avec un mordant pareil.

On est tous assis autour de la table. Ron, Hermione, Severus, Sirius, Luna, Harry et moi. Le reste de l'équipe a préféré rentrer chez eux. Ils sont les seuls à ne pas vivre ici. Deux énormes pichets de bière trônent sur la table et Severus distribue les cartes. Seul Hermione à décidé de ne pas jouer. Luna à passé son bras autour de celui d'Harry et soudain je suis curieux. J'ai envie de savoir comment ils se sont rencontrés. Toutes les choses qu'Harry a dit à Réha et Scorpius, je veux les entendre de sa bouche. De leurs bouches.

Ron pose ses lèvres distraitement sur Hermione qui soupir le sourire en coin. Sirius charrie Severus qui lui donne un coup de coude. Luna rigole en jouant avec les doigts d'Harry. Et Harry…Harry me regarde en souriant. Ce même sourire qu'il faisait après nos baisers. J'ai le cœur qui fond. C'était une soirée parfaite.

On a joué toute la nuit. Je les ai écoutés parler toute la nuit. Les blagues nulles de Ron. Les histoires sanglantes d'Hermione. Le rire cristallin de Luna et ses petites notes amusantes. Les remarques acerbes de Severus. Les piques bien placés de Sirius. Ils pouvaient dires de tels méchancetés mais toujours avec le sourire. Je me suis demandé alors si il n'avait pas eu le même genre d'éducation que nous. C'est Harry qui m'a répondu en me raccompagnant au petit matin.

- C'est mon Parrain. C'est le fils de Walburga Black. C'est normal que tu ais l'impression qu'il parle comme nous.

J'écarquille les yeux.

- Pardon !? C'est le fils de Walburga ! Tu veux dire que c'est le cousin de ma mère !

Harry m'observe avec un regard inquiet mêlé à de la circonspection.

- Tu ne le savais pas. Je comprends mieux pourquoi tu n'as pas réagis plus que ça en le voyant.

- Je n'ai jamais rien vu le concernant sur les tapisseries de la famille de ma mère.

- C'est normal Sirius à fugué quand il avait 16 ans. Il n'est jamais revenu.

- Ou est ce qu'il est allé ?

- Chez mon père.

- Oui mais entre-temps j'aurais du en entendre parler.

- Les Blacks, les Malfoy, les Potter. Tous très doué pour garder des secrets.

- Il lui est arrivé quelque chose ?

- Si c'est le cas. Ce n'est pas à moi d'en parler.

Je prends le bras d'Harry et le tourne vers moi. Il me fuit du regard et son visage est fermé. Je le lâche.

- Excuse-moi.

Harry se détend et me sourit et je sais que je pourrais jamais me passer de ça.

- Tu es surprenant Draco. Je ne te savais pas si curieux de la vie des autres.

- Tu es pareil Harry. Je ne te savais pas si imprévisible.

On rigole tout les deux et je me sens léger. Harry m'abandonne devant l'hôtel. On ne s'embrasse pas. On se salue juste d'un signe de tête. Pourtant j'ai à chaque fois envie de le prendre dans mes bras et de toucher chaque centimètre carré de sa peau avec mes lèvres. Mais je le laisse partir comme ça. Au moins il n'y a pas Réha et Scorpius dans les parages pour se l'accaparer. Je me sens égoïste et obsédé. Mais je crois que c'est ce que je suis.

Je crois qu'Harry à fait passer le mot sur ma curiosité croissante à propose de ses amis. Personne n'a honte de son histoire. Tout le monde à envie de parler et je me rends compte que je suis quelqu'un de bien fade à cotés d'eux. Ron à était le premier. C'est comme un rite de passage, ou comme faire tourner le calumet de la paix. Il m'a raccompagné un soir et on a discuté. Longtemps.

- Tu as 5 frères et une sœur ! Ils sont tous roux.

- Evidemment quelle question. On est tous beau dans la famille.

- Non ce n'est pas ce que je voulais dire…Je bougonne mais souris tout de même.

- Charlie à tout quitter pour partir étudier en Antarctique les orques et les pingouins. Percy travail au ministère des finances en Irlande. Bill travail à la banque de Londres. Fred et George tiennent un magasin de farce et attrape. Et ma petite Ginny étudie l'animation.

- Tu sais que je ne retiendrais aucun de ses prénoms. Qu'est ce que tu fais aussi loin de chez toi ?

- Je voulais me faire du fric. Vite et sans trop me fatiguer. Je voulais devenir acteur. Résultat des courses je me fatigue au travail et je me fais de l'argent lentement.

- Mais vous avez du succès, le bar est toujours remplit vous devez vous faire beaucoup.

- On ne se plaint pas.

- Tu n'aimes pas travailler là ou tu es.

- Au contraire j'adore ça. Je me dis même qu'Harry est mon ange gardien. Dés qu'il est arrivé les choses se sont mises à bouger à une vitesse folle. Il est venu avec des idées à foison, il m'a poussé à faire les choses biens. Il s'est démené pour nous trouver un local. Il a convaincue son oncle. Et regarde-moi aujourd'hui. J'ai un job que j'aime, des collègues géniaux. Et la meilleure petite amie que le monde est portée.

- C'est ça Harry est un porte bonheur.

- Ouai et tu l'as laissé s'échapper. Personne n'est dupe Draco. Ça se voit comme le nez au milieu de la figure que tu craques pour lui.

- Tu n'aurais rien vu si Hermione ne te l'avais pas dit.

- Ouai bon, je te l'accorde. Je sais pas trop ce qui s'est passé entre vous mais Harry à l'air content que ça aille mieux donc…

Il se tourne vers moi et me fixe le regard dur.

- Je sais que tu es aux anges, mais on ne sait rien de ta situation. Si tu blesses Harry d'une quelconque manière Malfoy. Je te préviens je te pète la gueule.

Hermione m'a fait le même genre de remontrance après m'avoir raccompagnée elle aussi. On a discuté de la même façon que j'ai discuté avec Ron. J'ai appris que ses parentes étaient dentistes et que c'était naturel pour elle de choisir la médecine. Plus que de sauver des vies c'étaient les études qu'il l'intéressait. Harry m'a dit un peu plus tard que si cette fille avait fait ses études avec nous on aurait du se disputer la seconde place. Elle s'est arrêtée comme Ron et j'ai pu voir que leurs respirations étaient en phase. Hermione et Ron était une évidence douloureuse pour moi dans le monde de l'amour. Ils étaient simples et parfait.

- Draco…Harry est heureux avec Olivier. Mais ça se voit que vous deux c'est…bizarre. Soit un amour et ne fait rien qui risque de blesser qui que ce soit.

Sa phrase voulait surtout dire « reste à une distance raisonnable ». Je me suis demandé si vu que c'était une réalité pour tout le monde que je représentais une sorte de danger dans la vie d'Harry est ce qu'il avait le droit au même genre de remontrance. Je savais parfaitement qu'en continuant comme ça je ne faisais que retarder l'inévitable. Je me contentais d'aimer Harry un peu plus chaque jour. C'était un amour que j'étais incapable d'étouffer, incapable d'arrêter. On ne se touchait pas, on ne s'embrassait pas mais la pièce dans laquelle on se retrouvait tous les deux était toujours chargé d'électricité. J'en avais conscience et je suis sûr qu'Harry aussi.

Severus s'est gardé de faire des commentaires. Mais Sirius à était plus catégorique et s'est contenté d'un « Reste à ta place Malfoy. »

Harry avait raison quand il disait que j'étais en milieu hostile. Il ne s'intéressait à moi que parce que j'étais une énigme dans la vie d'Harry. Il suffisait que je fasse un pas de travers et leurs sourires cesseraient immédiatement. Ils m'aimaient bien, ils m'apprivoisaient. Mais ils seraient incapables de jouer faussement avec moi. Et c'est ce que j'aimais chez eux. Il n'y avait pas de langue de bois, pas de faux semblant, ils menaçaient sans problème. Le monde d'Harry était un monde vrai. Et moi je continuai à mentir. Je promettais que je ne ferais rien. J'avais envie de faire plein de chose. Je promettais de rester à ma place. J'avais envie de prendre la place de cet Olivier inexistant.

Le seul soutient dont je bénéficiais c'était Luna. La jolie Luna.

Aujourd'hui c'est elle qui me raccompagne. Mais plutôt que de me ramener elle préfère faire un détour. Je la suis en la tenant par la main. Elle porte un gros manteau bleu informe, qui lui va merveilleusement bien. Ses longs cheveux blonds ondulent dans le vent.

- Seraphin regarde une étoile filante. Fais un vœu.

- Je n'ai pas besoin d'en faire Luna. Pour le moment tout va bien.

- Non Draco. Tout ne va pas bien.

Elle se tourne vers moi et attrape mes deux mains.

- Comment tu as connus Harry Luna ?

- Il ne te l'a pas dit ?

- Non.

- Il m'a payé pour qu'on fasse l'amour.

Surprenant Harry. Surprenant. Et pourtant c'est presque logique. J'aurais sûrement fait de même si je l'avais vu.

- Tu étais une prostituée.

- Oui et Harry m'a sauvée. Il est venu comme un prince charmant mal habillé, des billets froissés plein les poches, il m'a emmené sur son destrier de fer qui s'est envolé au dessus de la mer. Et maintenant je sers des bières à des hommes aux mains baladeuses.

- Luna…

- Ce sont juste des mains. Les mains c'est mieux que tout le reste. Tant qu'elle ne frappe pas. Sirius crache dans les assiettes des gens qui ont les mains baladeuses. Harry met un peu de laxatif dans leurs bières. Ils ne me disent rien. Mais je le vois. J'aime Harry, Draco. Et ça ne va pas. Parce que tu veux l'emmener loin de nous.

- Je n'ai jamais dit que j'allais faire une chose pareille.

- Tu n'as pas besoin de le dire. Ça se voit. Tu vas lui demander quelque chose d'insensé et Harry est trop faible face à toi.

- Je suis tout aussi faible face à lui.

- La seule différence Draco c'est que toi tu sais ce que tu veux. Harry ne sait pas lui. Il ne sait pas encore. Mais tu vas gâcher le bonheur de plein de gens.

- Je sais que tu t'inquiètes pour Harry mais je t'assure que…

- Ce n'est pas pour Harry que je m'inquiète. Quoiqu'il se passe on sera toujours de son coté. Mais tu vas te faire beaucoup de mal Draco.

Si je n'avais pas était aussi buté, avec du recul, j'aurais écouté Luna plus attentivement. Ça nous aurait évité bien des peines. A moi, mais surtout à Harry. Mais je ne l'ai pas fait

Les jours se sont écoulés comme ça. Insouciant et libérateur. Plein de discussion enjouée. De nuit entière à boire et à rire. Jusqu'à ce que je fasse un pas de trop. Jusqu'à ce que je joue avec ma chance. Jusqu'à ce que le temps vienne à me manquer.

- Dans trois jours.

J'avais murmuré ses mots pendant qu'Harry réfléchissais quel bagel il allait choisir. C'était inutile il prenait toujours celui au saumon.

- Qu'est ce qu'il y a dans trois jours ?

- Je retourne en Angleterre.

Harry n'a pas bougé. Il a commandé son bagel et nous sommes sortis. On s'est assit sur un banc et il a mangé en silence. Ce que j'aimerai pouvoir lire dans ses pensées.

- Tu as reçus des nouvelles de Scorpius et Réha ?

- Oui. Leurs lettres sont le seul port d'Angleterre dont j'ai besoin pour ne pas me sentir trop triste.

- Tu manques à Scorpius, cruellement.

- Tu es jaloux Draco ?

- Oui je le suis.

- Arrête ça Draco.

- Je ne peux pas Harry. Je ne peux m'arrêter de venir vers toi. J'ai envie de te faire l'amour, j'ai envie de t'embrasser et de te serrer contre moi. J'ai envie de te faire promettre que tu rentreras en Angleterre avec moi. J'ai envie que tu sois à moi et uniquement à moi. Je ne peux pas arrêter Harry. Je n'arrêterais pas. Fais le à ma place. Repousse-moi. Une dernière fois. Cette fois-ci je ne ferais pas demi-tour. Je pourrais y mettre fin. Je ne te demanderais plus rien. Le temps passera et peut-être que tu rentreras pour le mariage de ta sœur et on se saluera poliment. Je continuerai à être un connard avec le reste du monde mais je ferais des efforts pour arriver à ta hauteur. On s'enverra des cartes postales pour les fêtes et les anniversaires. On ne sera pas amis, pas amants. Mais j'existerais un peu. Je suis beaucoup trop lâche pour y mettre un terme moi-même. Alors je t'en prie Harry, je t'en supplie…fais le toi-même.

Harry ne répond rien. Il se lève. J'ai la tête baissée sur mes jambes et je pleure. Il s'en va. Et je n'arrive pas à m'arrêter de pleurer.

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A suivre

N'hésitez pas à le dire si ça vous a plu. Kisss