Super, merci d'avoir participé au sondage. Beaucoup de sons de cloches différents mais une majorité d'entre vous a répondu positivement. La nouvelle d'Elsa vous sera donc dévoilée :)

Ankou : Tiens-bon, ta patience sera bientôt récompensée avec un prochain chapitre un peu plus "olé olé"^^

Sarabeka : D'accord pour le partage de goûter, mais tout dépend de ce que tu as comme tambouille... J'espère que ce chapitre te fera vibrer, pour le prochain, aucun doute ;)

TheDuckThug : Combien as-tu d'identités différentes TheDuckThug alias Mlie? Merci d'être patient avec moi. J'espère que ce chapitre te plaira aussi :)

themaoko : Merci beaucoup. Encore une fan inconditionnelle du couple Elsanna, comme je te comprends!

Keya Shiro : Le voyage, top secret...mais juste super :D Merci pour ta review très développée, j'apprécie :)

serpentardecoeur : Ehehe, voilà la suite!


Chapitre 10 | Programme de soirée...

Eugène avait été expéditif! Le travail — montre en main — avait été bouclé en cinq minutes. Une exécution express pour un résultat exceptionnel. Toute administration aurait, sans sourcillée, certifiée le document conforme. Une expertise graphologique aurait peut-être même donnée choux blanc aux inspecteurs, c'est dire la qualité de l'imitation!

Après quelques essais sur feuille blanche, Le Faussaire s'était lancé sur le carnet de liaison sans trembler. Quatre des cinq minutes nécessaires au boulot, Eugène les avait passé à expliqué à ses clientes les raisons de son succès, de sa suprématie dans le domaine. Il fit une longue analogie entre le métier d'acteur et son gagne pain illégal. Quand il signait, il faisait preuve d'une grande empathie et, plus qu'un substitut, il prenait la place des pauvres parents. Il devinait leurs émotions et il signait les avertissements d'une main ferme, la signature plus volumineuse que d'ordinaire, gonflée, enflée, afin de traduire toute la colère des parents.

Pour mener à bien son travail, il avait lu l'avertissement qu'Anna avait reçu. Même si beaucoup de questions lui trottaient dans la tête, il resta professionnel et ne demanda aucune explication. Il promettait à sa clientèle une grande discrétion, une confidentialité absolue et surtout, une exécution sans commentaire.

Sa vantardise tapait sérieusement sur le système d'Elsa. Quelle sottise de se gargariser ainsi d'être un truand! Son matériel de pointe, il se vantait de l'avoir ramassé dans les papeteries alentours, à l'insu des vendeurs. Il avait, dans la foulée, proposé d'imiter aussi la signature d'Ed, le père d'Anna, moyennant une petite augmentation. Le supplément qu'il réclamait était trop exigeant selon Rapunzel, qui refusa poliment, reprenant ainsi son destin en main. Non, hors de question qu'elle donne suite à cette requête vestimentaire saugrenue. Elle ne porterait pas sa robe rose à corset à lacets sur le devant pour leur diner. D'ailleurs, cette année, elle ne l'avait pas encore portée. Eugène devait avoir des vues sur elle depuis un moment pour connaître cette robe. Le tombeur de ces dames tombait-il amoureux?

"Des boules de billards et des feutres, ne pouvait s'empêcher de penser Anna, tu parles d'un voleur!". Elle préférait tout de même pour Rapunzel qu'il soit un carotteur-voleur plutôt qu'un braqueur de banques. Elle était impressionnée par son travail, elle qui n'avait jamais réussi à reproduire la signature de sa mère.


Assise en tailleur sur sa chaise de bureau, Anna relisait le cours de philosophie de la matinée. Pourtant préparé par le chef Rafiki, ce mélange de mots savamment choisis n'avait pour elle aucune saveur. Ce met normalement consistant, riche en idées, la laissait sur sa faim. Son assiette était pour elle rempli d'un concassé de noir et de blanc et non de phrases concrètes. Si les mots refusaient de s'offrir à elle en tant qu'idées, c'était entièrement sa faute. Elle n'avait pas écouté la recette, trop perturbée par les récents événements pour suivre la leçon. Elle demanderait à quelqu'un qui avait été attentif de lui expliquer cette partie du cours. Sur son bureau, juste à côté de son carnet de liaison, le voyant orange de son téléphone clignotait, signe qu'elle avait reçu un message.

20H32, Elsa — Désolée d'insister comme ça, mais tu devrais tout dire à ta mère! Dis-lui la vérité : tu n'es pas l'auteur, juste une lectrice!

Ce SMS empreint de bonnes intentions parvint à imbiber de bon sens et de maturité le cerveau-éponge d'Anna. Les recommandations d'Elsa, expédiées avec autorité, étaient la marche à suivre, sans aucun doute. Elle avait été idiote — et incroyablement naïve — de croire que le mal vaincrait le mal. Ses dernières actions risquaient de l'embourber dans son pétrin jusqu'au cou plutôt que de l'en tirer. Si cette affaire revenait un jour sur le tapis, et cela finirait par arriver d'une manière ou d'une autre, le retour de bâton lui faucherait les deux jambes. "La grande Faucheuse f'rait pt'être même le déplacement pour me régler mon compte!" pensa Anna.

Depuis toujours, elle partageait avec sa mère une complicité très forte. Ce lien filial, puissant et unique, serait fragilisé si Idunn apprenait qu'au lieu de venir se confier à elle, sa fille lui avait menti. Entretenant une relation mère-fille saine, chacune préservait tout de même son petit jardin secret. Anna devait se demander si cette affaire était mieux enterré dans le sien, ou bien si elle devait en parler à sa mère, avant que quelqu'un ne le fasse pour elle.

De garde cette nuit-là, Idunn mangerait sur le pouce et partirait pour l'hôpital directement après le diner. Anna devait vider son sac avant de passer à table. Elle alla donc à la cuisine, munie de son carnet de liaison et de ses devoirs d'histoire, boucliers précaires.

" Maman, j'ai deux bonnes nouvelles...et une autre, moins bonne!

- Allons bon, c'est reparti! Commence par les bonnes. Garde la mauvaise sous le coude pour après le repas, s'il-te-plaît."

Sa maison, foyer chaleureux, cocon douillet, allait bientôt rendre Anna claustrophobe. C'était une impression où les murs de la cuisine se rapprochaient sensiblement les uns des autres? Alors qu'elle s'apprêtait à faire la fierté de sa mère grâce à ses résultats scolaires, Anna ne percevait que de mauvaises vibrations. D'où venait ce mauvais feeling? Si elle était résolue à avouer ses fautes, ne devait-elle pas, en toute honnêteté, dire qu'elle avait triché pour avoir de tels résultats? Les mauvaises ondes, la sensation de confinement...tout venait de là! Ses prétendues bonnes nouvelles...encore un mensonge. Idunn observa les copies un moment et annonça :

"OK, je suis parée! Annonce la couleur! Cette mauvaise nouvelle ne doit pas être si terrible."

Cette assurance n'était qu'un leurre. Idunn, bien que très satisfaite par les notes de sa fille, redoutait intérieurement qu'Anna ait encore fait des siennes. Déjà ouvert à la bonne page, le carnet de liaison tremblait dans les mains de l'adolescente, qui elle, tremblait comme une feuille. Qu'avait-elle pu bien inventer cette fois? Si Idunn se fiait à son comportement, il devait s'agir d'une affaire d'état, et pas d'un problème scolaire.

Une fois en sa possession, elle se rendit compte que, peu importe entre quelles mains se trouvait ce fichu carnet, il tremblait. Elle n'était plus certaine de vouloir connaître la teneur des événements. Après tout, elle pouvait tout à fait se contenter de signer le mot sans le lire, mais elle s'y refusait! Il lui incombait d'être au courant des frasques d'Anna, c'était son devoir de mère. La première chose qu'elle remarqua fut sa signature. Le mot, en revanche, elle était sûre de ne jamais l'avoir vu. Les propos crus d'Hadès ne furent pas ce qui la choquèrent le plus :

"Tu as imité ma signature!? Tu... Anna!"

Idunn prit sur elle et se calma. Son mari et elle espéraient qu'Anna développerait un jour sa créativité autrement qu'en dessinant, et voilà qu'elle écrivait. Hadès avait sans doute exagéré en qualifiant ses écrits de pornographie. Elle n'était sûre que d'une chose : inutile d'en informer Ed. Il se tenait à l'écart quant à la scolarité de sa fille. N'ayant pas fait d'étude, il se dénigrait d'un point de vue intellectuel et répétait d'ailleurs souvent, "J'ai les muscles, ma femme, le cerveau!". Que sa fille trouve d'autres moyens de s'épanouir et de s'exprimer était pour Idunn une bonne nouvelle. L'objet de l'avertissement, elle pourrait y revenir plus tard, mais pour l'heure, autre chose l'intriguait :

" Anna, explique-moi! Tu avais couvert tes arrières avec cette imitation, alors pourquoi finalement venir tout m'avouer?

- Elsa, marmonna-t-elle, elle m'a convaincu d'le faire.

- Décidemment, je l'apprécie, cette petite!"

Savoir qui avait fait cette parfaite imitation devenait superflu. Anna refuserait probablement de répondre, ou bien elle s'incriminerait. Cela ne conduirait nulle part. Le plus important est qu'elle était venue pour en parler à sa mère. Elsa avait une influence positive sur sa fille. Idunn allait lui demander depuis quand elle se sentait l'âme d'un écrivain mais Anna fut plus rapide :

" Maman, je suis pas l'auteur!"

Tant pis, sa fille ne serait pas l'écrivain à pondre le prochain best-seller érotique. E.L James n'avait pas à craindre de concurrence venant de leur famille. Lire des romans de ce genre ou des histoires à l'eau de rose était un plaisir coupable — ou non — d'Idunn. Elle avait par exemple dévoré Cinquante Nuances de Grey. C'était un remontant comme un autre, qu'elle savourait souvent accompagné d'un verre de vin rouge. Cependant, elle n'utilisait pas ses lectures comme compensation, car avec "Ed le pompier" tout allait bien, c'était même plutôt bouillant! Infirmière et pompier, les jeux de rôles avaient fait leur apparitions dès les débuts de leur relation, et continuaient encore parfois d'occuper leurs nuits. Idunn rougit aux souvenirs de leur dernière session et pour ne pas que sa fille pose trop de questions, elle fit passer ce teint rouge pour de la colère.

" Que tu sois l'auteur ou non n'est pas le problème. Ce qui m'énerve, c'est que tu te sois fais prendre! Pourquoi tu la lisais au lycée? Un peu de jugeote quand même, Anna! Par contre, je ne me fies pas à Hadès, je veux me faire ma propre idée en lisant la nouvelle.

- Mamaaan! Nooon! De toute façon...je suis pas l'auteur, les tournures de phrases sont trop compliquées pour moi. Et puis, l'écriture, c'est pas la mienne. Ça t'avancerais à quoi de la lire?

- D'abord, je répète que je me fiche que tu sois l'auteur ou non. Maintenant, arrête-moi si je me trompe, mais tu l'as trouvé sur internet cette nouvelle?

- Oui, pourquoi?

- Si tu l'as déniché sur le web, pourquoi tu ne l'as pas juste imprimée? Pourquoi tu l'as manuscrite?

- Non, en fait...euh, c'est une nouvelle d'un auteur tendance. Quelqu'un du lycée l'a recopié et la fait circuler dans le lycée. Elle tourne dans le bahut depuis un moment, et c'est un p'tit challenge de la lire là-bas.

- D'accord, et pourquoi la personne qui l'a mise en circulation ne l'a pas simplement imprimé?

- J'en sais rien, moi!

- Vous me faites peur les jeunes! Vous en avez un sacré grain! Mais bon, je suppose que c'est de votre âge ces bêtises-là. Je lirai cette nouvelle, que tu le veuilles ou non. Disons que c'est ta punition pour avoir imiter ma signature.

- ...

- Anna, je suis contente que tu sois venue me trouver. T'as intérêt de te tiens à carreau à partir de maintenant! Allez, à table!"


Lorsqu'Idunn était de garde la nuit, elle quittait la maison juste après le diner, laissant à Anna le soin de débarrasser la table et de faire la vaisselle. Une fois les assiettes récurées, les verres rincés et la table nettoyée, Anna pouvait profiter de la soirée comme elle l'entendait!

Elle enfila ses habits de grenouille, habits dans lesquels on aurait dit un clown. Son pyjama était un ensemble dépareillé : un short vert aux fines rayures violettes et un top plein d'éléphants roses. Ne manquait plus que les chaussures pointures 142 et le nez rouge! Elle téléchargea un film au hasard et le lança, assise dans son lit, l'ordinateur sur ses genoux. Le film était d'un ennui mortel. Elle baissa le volume pour que les cris aigus des personnages bientôt taillés en pièces par une tronçonneuse toute aussi bruyante arrêtent de lui écorcher les oreilles.

Pour passer le temps, elle écrivit à ses amis. A Kristoff, elle demanda simplement s'il était "Toujours vivant?". Si l'absence de réponse signifiait qu'il était mort, et bien, il l'était. Elle raconta ensuite à Rapunzel que ses aveux n'avaient pas fait "péter son steak" à sa mère, qui était restée plutôt calme. Ce message aussi resta sans suite. Rédigé de manière plus élégante, elle envoya à Elsa un texto au contenu similaire à celui envoyé à Rapunzel. Elle lui apprit que sa mère avait été "compréhensive et très indulgente". Elle la remerciait de ses "bons conseils" et lui demandait comment elle occupait sa soirée.

21H45, Elsa — De démon à ange, tu nous la joues à l'envers! Je m'ennuie... Ma mère fait des heures sup', je suis toute seule :/

21H46, Anna — Tu peux dormir chez moi! Ma mère dira pas non, elle te kiffe graaave! Activités exclusivement angéliques au programme...ou pas (une transition pareille ça s'fait pas en claquant des doigts)!

21H50, Elsa — Ouuuii, super :D Envoie-moi ton adresse! J'arrive ;)


Programme de soirée...improvisé, donc! Même pour moi, c'était une surprise. Jusqu'au dernier moment, je n'imaginais pas finir le chapitre de cette manière.

R.I.P à mon PC, qui a fini par me claquer entre les doigts... Et, salutations au nouveau, p'tit bleu tout fraîchement débarqué dans ma vie! Il va m'aider à passer la quinzaine de Roland Garros dans la bonne humeur^^ Aahahah, Nadal, tu sors!

Merci à tous de rester fidèles lecteurs, mais pour vous, l'emplacement du bisous est pas au choix, obligé...sur le front :D

Elmerlelephant