Titre : Cœur d'Enfant
Rating : T
Note : Qui est encore en retard d'un mois ? C'est bibi. Je suis vraiment désolée. Je ne pensais pas que cela me prendrait autant de temps pour écrire ce chapitre, étant donné que c'est lui qui marque un peu la transition vers la nouvelle phase de l'histoire ... J'essaie d'avancer les chapitres du mieux que je peux pour éviter les retards aussi grand à nouveau. Promis, le prochain est déjà écrit !
Disclaimer : Les personnages appartiennent à James Dashner et à la franchise du Labyrinthe.
Chapitre 10 : Départ
Tout était fini. Il n'y avait plus rien à faire. Le destin était scellé. Plus aucune action ne pourrait changer ce qu'il s'était passé lors de cette semaine. Il regrettait presque de ne pas s'être plus préparé auparavant. Tout ce qu'il avait à faire désormais, c'était attendre les résultats. Dans un sens, il était soulagé que son examen soit terminé mais d'un autre côté, il ne pouvait qu'être nerveux à l'idée de l'avoir manqué. Sa vie n'était pas réellement en jeu puisque l'obtenir n'était pas d'une réelle importance. Il s'agissait simplement d'un besoin de reconnaissance, d'une manière de se prouver à lui-même qu'il avait réussi à accomplir quelque chose, qu'il était capable lui aussi de faire preuve d'intelligence et qu'il n'avait plus besoin qu'on lui tienne la main pour avancer dans la vie. Le mois de juin était en train de s'achever doucement, l'été poussant les premiers vacanciers à rejoindre les plages les plus proches ou les piscines municipales de leur ville, afin de se rafraîchir et d'oublier les températures caniculaires qui étaient en train de les écraser. De son côté, Thomas continuait de ruminer son anxiété, ne quittant guère la maison durant les premiers jours qui suivirent la fin de son examen, restant cloîtré dans sa chambre, ses yeux vides fixant constamment l'écran de son ordinateur qu'il utilisait pour s'occuper l'esprit. Puis, après de nombreux arguments avec ses géniteurs et son meilleur ami, il finit par s'accorder des moments de paix à l'extérieur. Durant le week-end, il s'adonna à diverses activités et passa le plus clair de son temps avec des camarades de classe. Il s'agissait plus de connaissances que de réels amis, mais il aimait bien passer du temps avec eux. Il y avait Brenda, la meneuse de bande, l'hyperactive, la narcissique, la coureuse de pantalon si l'expression pouvait être ainsi transformée. Pour les garçons, le clan comptait Ben, fils de mécanicien, très doué de ses dix doigts, implacable aux jeux d'arcade, Winston, fils de boucher, terrorisé par les chiens et les araignées, adorateur de films de zombies, passé maître aux échecs, et enfin Minho que tout le monde connaissait déjà avec sa réputation de sportif aguerri. Ils formaient une belle troupe et ce depuis la quatrième, apportant à l'adolescent délaissé une nouvelle forme d'amour et une manière de s'épanouir. Toutefois, s'il parvenait à tous les apprécier, le brun ne se sentait pas très à l'aise lorsqu'il approchait l'unique fille du groupe. Et il ne comprenait pas trop pourquoi. C'était juste physique. Il ne la détestait pas mais plus elle était loin de lui, mieux il se portait. Peut-être que cela avait un rapport avec le comportement trop collant de la demoiselle et son attrait effrayant pour l'aspect tactile d'une relation, qu'elle soit amicale ou non.
Le jour des résultats, Newt se proposa pour l'accompagner afin de le réconforter ou de le féliciter selon le verdict que lui donnerait la simple feuille de papier, collée sur le mur dans l'enceinte de son établissement. Depuis ce fameux repas après sa sortie de l'hôpital, le garçon désormais adulte n'avait plus jamais mentionné leur conversation, comme si cette dernière l'avait mis dans l'embarras et qu'il n'avait pas envie d'en reparler de peur d'être jugé. Les sujets qui le mettaient mal à l'aise, avaient doublés depuis lors et il était difficile de les connaître car un simple mot pouvait le faire grimacer. Avec les années, le collégien avait appris à connaître ses mimiques faciales et son langage corporel ainsi, il était capable de savoir quand la conversation s'aventurait au delà des limites de l'acceptable. Ne voulant pas lui faire de peine, Thomas avait respecté son silence pendant ces trois années et s'était simplement interrogé personnellement sur cette phrase énigmatique. Lorsqu'il l'eut enfin saisie, il ne fut pas surpris de constater que l'image qu'il avait de son ancien babysitter, ne changea guère malgré la connaissance qu'il avait à présent de son secret. Newt était homosexuel. Gay. Il aimait les hommes et non les femmes. En quoi cela pouvait-il être un défaut ? Qu'y avait-il de mal ? Pourquoi les gens n'aimaient-ils pas leurs semblables avec cette différence banale ? Les sentiments restaient les mêmes qu'importe l'être aimé. N'était-ce pas la vérité ? Était-ce pour cette raison qu'il paraissait si incertain ? Si peu confiant ? Qu'il avait une si mauvaise opinion de lui-même ? Ses parents l'avaient-ils envoyé ici en connaissant ce secret ? L'interrogé se sentit lourd alors que ces questionnements revenaient l'assaillir. Il y avait pensé un bon nombre de fois et dès que ce petit point d'interrogation apparaissait devant ses yeux, il arrivait toujours à la même conclusion : seul le blondinet pourrait lui donner les réponses qui lui étaient nécessaires. La sonnerie de la porte retentit et il rejoignit le rez-de-chaussée pour entamer sa conquête des notes avec ses amis.
Durant le trajet, Minho n'arrêtait pas de le charrier sur l'angoisse qu'il ressentait et sur l'absurdité de celle-ci, lui répétant à mainte reprise qu'il avait énormément travaillé pour être capable d'obtenir son diplôme et que même s'il n'était pas très doué en Mathématiques, il parviendrait à l'emporter grâce à son adoration pour l'Histoire-Géographie. Malgré cela, le concerné restait sur ses gardes et préférait ne pas se faire d'illusion. Il avait déçu de lui-même durant toute sa scolarité et ne pas se faire remonter les bretelles par ses parents, ne l'aidaient pas beaucoup à s'améliorer. Il jalousait presque la sévérité de Sena qui avait permis à son fils d'obtenir de si bonnes moyennes durant les trois trimestres.
-Tu te fais du mouron pour rien Tommy, lâcha le blond en posant une paume chaleureuse sur son épaule gauche. Minho a raison, je suis persuadé que tu l'as obtenu !
Une vague de bien-être le submergea et il regarda le blond de 21 ans, une lueur admirative traversant ses orbes ambrés. Ils faisaient presque la même taille désormais et un sentiment d'égalité l'envahissait dès qu'il fixait ces yeux chocolatés, emplis d'une certaine confiance et d'une légère tristesse. Si passer du temps avec ses camarades de classe était un moment qu'il appréciait à sa juste valeur, marcher aux côtés du futur avocat était des instants rares qu'il chérissait avec bien plus d'ardeur et il commençait à bien s'en rendre compte à présent, il ne pouvait guère se passer de lui.
Une fois dans la cour du collège, une masse humaine bloqua le passage aux trois nouveaux arrivants et des beuglements incompréhensifs émanaient de chacun des corps. Bien qu'il désirait connaître ses notes, Thomas n'osa guère bousculer les autres élèves et resta à l'arrière l'air hébété. Un quart d'heure s'écoula avant que tous ne se dispersent pour faire un peu de place à l'adolescent. Il se chercha sur toutes les feuilles, Murphy étant mentionné deux fois dans la liste, le second avec l'orthographe Murfi, et quand il dénicha son prénom, son visage se décomposa et pâlit légèrement.
-Alors l'intello ? On s'en est sorti ou pas ?
-Je l'ai pas eu …
L'atmosphère s'assombrit soudainement, l'asiatique réprima son envie de lui annoncer qu'il l'avait obtenu avec une mention bien grâce aux maths, et l'adulte avec eux lança un regard désolé dans sa direction. Déception et dégoût furent les deux premiers mots qui vinrent à l'esprit en observant les traits crispés du futur lycéen. Il avait tant travaillé pour que les autres soient fiers de lui et également, pour satisfaire son propre ego, et il n'était récompensé que par du vide et de la honte. Dans un sens, il s'y était un peu attendu. On ne devient pas bon du jour au lendemain et il avait accumulé certaines lacunes durant ses différentes années passées ici. Alors, ce n'était pas réellement surprenant finalement. Il inspira profondément pour essayer de se calmer et se tourna vers les autres, un sourire triste apparaissant doucement.
-Je l'ai raté de peu. Les maths m'ont grandement coûté malgré ton aide Min. Désolé …
-Hey ! Ça fait rien. Ce diplôme ne vaut rien en vrai, il ne t'empêchera pas d'aller dans un lycée ou dans une école spécialisée, s'exclama l'autre collégien avec une pointe de compassion dans la voix.
Thomas essaya d'en rire, se frottant l'arrière de la nuque dans un geste presque gêné, et il esquivait du mieux qu'il pouvait le regard de Newt, par peur de l'avoir déçu. L'avis de ses parents lui importait peu à cet-instant, étant donné qu'il ne recevrait aucune félicitation ou ne gagnerait une once de fierté peu importe le résultat. Tout ce qu'il avait toujours désiré, c'était l'approbation de son ami et le fait qu'il pourrait enfin mériter ce lien qu'il partageait s'il parvenait à effacer l'image du petit garçon mal poli et ignorant, toujours fermement imprimé dans sa mémoire à long terme. Une main vint alors se poser sur le haut de son crâne et ébouriffa ses cheveux, lui rappelant de bons souvenirs, avant qu'il ne la chasse dans l'intention de montrer qu'il n'était plus un enfant. Tout ce qu'il récolta, ce fut une étreinte du blondinet en face de lui, son parfum de vanille et caramel frappant sa cloison nasale avec vigueur. Il étouffa sa surprise contre son épaule et passa ses mains sur son dos, afin de le remercier pour son soutien. Jamais auparavant ils n'avaient échangé une telle marque d'amitié, se limitant aux simples accolades et à la poignée de mains virile, et alors qu'il sentait le cœur de son compagnon battre à tout rompre contre sa propre poitrine, Thomas se demanda si le blond avait déjà nourri des sentiments plus fort que l'amitié pour lui. Cette idée lui paraissait ridicule en particulier à cause de leur écart d'âge mais aussi, parce que son amour pour les hommes n'était pas une raison pour qu'il s'entiche du premier garçon venu. Alors, il fit fuir cette pensée d'un coup de pied mental.
-Tu feras mieux une prochaine fois, j'en suis certain, lâcha l'étudiant dont l'intonation prouvait qu'il restait tout de même incertain.
-Ouais … peut-être, on verra bien. Tu peux me lâcher maintenant tu sais ?
Les deux corps se séparèrent avec un étrange silence et si le brun ne décela guère les rougeurs sur le visage de son camarade, celles-ci étaient bien présentes et couvraient la totalité des pommettes du jeune homme. Minho se jeta alors sur le dos de son meilleur ami pour lui remonter le moral tandis que Newt s'éloignait doucement de l'établissement, l'esprit embrumé, et ils le rejoignirent en riant bruyamment pour passer le reste de la journée ensemble. Ils se dirigèrent d'abord dans le centre commercial de Denver pour faire quelques achats pour l'été et mangèrent ensemble une glace pour oublier la chaleur torride de l'après-midi, avant de revenir dans leur petit patelin pour se balader dans les ruelles presque désertes. L'atmosphère était plus légère à présent, les sourires du brun redonnant la pêche aux autres garçons, ces derniers oubliant les événements du matin pour que le jeune homme ne soit pas trop accablé par sa défaite, et lorsque le soir vint, l'étudiant en Droits leur proposa de venir dîner avec lui, son colocataire étant de sorti pour conquérir le cœur d'une demoiselle.
-Gally ? En couple ? J'ai du mal à l'imaginer avec son caractère grognon et ses expressions terrifiantes, s'exclama l'asiatique en s'installant sur le canapé pour être à son aise.
-Même moi qui vit avec lui, j'ai du mal à y croire mais tout le monde a le droit à l'amour un jour. C'est aussi vrai pour lui.
Thomas était peut-être dans le salon avec son meilleur ami en train de chahuter sans retenue, il n'était pas sourd et avait entendu la dernière partie de la phrase. Ce simple murmure avait été lâché sur un ton grave et défaitiste que le garçon ne lui connaissait pas. C'était comme s'il avait abandonné tout espoir de trouver un jour son âme sœur, seulement parce qu'il aimait les garçons et non les filles. Cette ville n'était, certes, pas grande mais tout le monde ne se connaissait pas et il y avait de fortes chances que Newt ne soit pas encore tombé sur la bonne personne. Il fallait juste qu'il attende encore un peu et son tour viendrait. Le collégien allait se lever pour le réconforter mais fut interrompu par la sonnerie de son téléphone. Flûte, il avait oublié de prévenir sa mère et à cette heure, elle devait déjà être rentrée chez eux. Il décrocha en soupirant.
-Allô M'man. Oui je sais, je ne t'ai pas prévenue. Non je ne rentre pas maintenant. Je suis chez Newt. Je verrais … À demain.
La conversation tourna court et il rangea son portable dans la poche de son pull. Quand il redirigea toute son attention sur ses alentours, ses deux camarades étaient en train de discuter de choses et d'autres autour de la table basse, grignotant des biscuits apéritifs avec la télévision allumée pour faire une ambiance de fond. Thomas se joignit très vite à leurs jacassements et l'ambiance fut des plus agréables, rythmée par les rires clairs du blondinet et les blagues bas de gamme de Minho. Tous oublièrent leurs problèmes pendant quelques heures, s'appliquant à passer une soirée agréable et quand le livreur arriva, ils se remplirent la panse avec divers mets que le résident des lieux avait commandé. Ils ne firent preuve d'aucun savoir vivre et mangèrent autour de la petite table en piaillant toujours sur des sujets lambda. Au bout de quelques minutes, le blond sembla vouloir entamer une conversation à part avec Thomas, décollant ses lèvres pour qu'un son n'en sorte avant de les refermer aussitôt, incapable de coordonner ses pensées et son corps.
-Tu voulais me dire quelque chose Newt ? L'interrogea vivement le brun, curieux de savoir ce qu'allait lui déclarer l'adulte.
-Non ce n'est rien … J'ai oublié.
-Bon … Ok. Si jamais ça te revient, tu sais que tu peux me le dire hein ?
Le concerné hocha doucement de la tête, regardant son assiette avec un regard presque effrayé. Le collégien ne comprenait pas réellement ce qui était en train de lui passer par la tête mais à première vue, cela semblait être d'une grande importance tout en restant plutôt personnel. Le futur lycéen ne posa pas plus de questions par respect, mais fit tout de même une petite note dans sa tête pour qu'il se rappelle de cet incident dans les jours à venir si un problème survenait.
Bientôt, il s'étalèrent un peu partout dans la pièce pour achever la soirée et regarder un film pris au hasard dans la pile près du poste. Ce fut au plus jeune de choisir et il tomba sur un thriller poignant qui allait visser leur arrière-train au fauteuil. Il inséra le DVD et s'installa près de Newt, l'autre garçon se mettant sur le rocking chair à leur gauche. Aucun des collégiens ne tint jusqu'à la fin de l'histoire, s'endormant tour à tour, l'un dans le cuir confortable du divan et l'autre bercé par les balancements de sa chaise.
Leur hôte fut le dernier debout, les yeux rivés sur l'écran lumineux, l'esprit ailleurs alors que ses oreilles ne percevaient même plus ce que les personnages disaient. Lui, ne s'endormirait pas. Pas avant de s'être expliqué. Il avait quelque chose à dire. Une annonce à faire. Une vérité cachée depuis trop longtemps dont il aurait dû leur faire part. D'une douce pression sur l'épaule, il réveilla son voisin qui ronflait légèrement et paraissait perdu dans les méandres de son sommeil. Ce dernier dut cligner des yeux deux ou trois fois pour comprendre ce qui était en train de se passer et quand il tourna la tête, le blond n'était qu'à quelques centimètres de son visage. Si Thomas n'était pas autant dans les vapes, il aurait pu croire que le garçon allait l'embrasser sur l'instant.
-Qu'est-ce qui t'arrive Newt ? Quelle heure il est ?
-Il n'est pas encore minuit. Viens, j'ai quelque chose à te dire, répondit-il d'une petite voix.
Inquiet, le brun ne rechigna pas à la demande et se leva pour le suivre à l'extérieur de la maison, enfilant son pull même si la nuit restait relativement chaude. L'adulte revêtait une expression perdue et troublée, ses mains dans ses poches remuaient pour attraper un objet inexistant puisque ces dernières étaient totalement vides, et ses yeux scannaient le sol alors qu'il n'y avait rien d'intéressant à voir. La ville était calme et seul le bruit des moteurs de voiture venait perturber le silence du jardin.
-De quoi voulais-tu me parler ? Est-ce que ça a un rapport avec ce que tu as oublié durant le repas ? S'enquit de commencer le collégien, voyant que son interlocuteur n'était pas prêt à entamer lui-même la conversation.
-En partie. Je devais vous en parler avant la fin de votre année mais je n'ai jamais trouvé le temps … de vous le dire.
-Et de quoi il s'agit ?
-Je retourne à Londres demain dans l'après-midi. Je vais aller étudier dans une autre université et habiter là-bas.
L'annonce fut semblable à un rocher trop lourd que l'on jetterait dans un sac à moitié déchiré, sauf qu'il s'agissait du cœur de Thomas qui venait de sombrer dans le creux de son estomac. Il ne savait pas comment réagir, ni quoi faire et encore moins quoi dire. Pour combien de temps allait-il partir ? Reviendrait-il un jour dans leur patelin sans nom ? Y avait-il une raison pour qu'il s'en aille si subitement ? Depuis quand planifiait-il tout cela ? Pourquoi ne lui avait-il pas annoncé plus tôt ? Toutes ces questions affluèrent à une vitesse si brusque qu'il en oublia un instant de respirer et dut s'asseoir sur les trois marches devant la maison pour ne pas tomber par terre. Les mots lui manquaient pour décrire ce qu'il ressentait en cette tiède nuit de juin.
-C-c'est bien … J-je suis content pour toi. Tu vas pouvoir retrouver ta f-famille et continuer ta vie.
Du mieux qu'il le put, il essaya de le féliciter et de lui transmettre tous ses vœux de réussite mais une voix étranglée s'échappa de sa gorge, illustrant clairement la détresse qui le dévorait. C'était une étrange sensation et il n'aurait jamais cru qu'il l'expérimenterait un jour. Le seul véritable ami qu'il avait réussi à se faire, celui qui lui avait tout appris, son modèle, celui pour qui il vouait une loyauté sans faille, allait bientôt disparaître de son existence pour retourner dans son pays natale et peut-être vivre aux côtés de parents qui ne l'ont jamais réellement aimé. Que pouvait-il contre ce coup du destin ? Pas grand chose.
-J'aurais dû vous l'annoncer plus tôt mais je me suis dit qu'il valait mieux attendre la fin de tes examens pour ça et puis, je n'étais même pas sûr de mon choix. Excuse-moi …
-Non. C'est pas grave … Tu as bien fait, même si je pense que ça n'aurait rien changé, mentit-il en se relevant le plus lentement possible pour ne pas perdre l'équilibre.
-Tommy, j'ai autre chose à te dire …. Je …
-Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a encore ?
-Eh bien …
La colère grandissante de Thomas avait fait perdre ses moyens au pauvre adulte qui ne savait plus comment s'expliquer. Il frotta ses bras à l'aide de ses mains et grignota sa lèvre inférieure, prouvant qu'il n'avait plus rien à déclarer.
-Soit. Garde tes secrets ! Je vais rentrer chez moi … Dis-le à Minho quand il se réveillera. Fais un bon voyage …
Son intonation fut plus froide qu'il ne l'aurait voulu et le tressautement qui secoua les épaules de son ami, lui indiqua qu'il avait peut-être était un peu injuste sur ce coup-là. Mais que pouvait-il faire d'autre ? Sa seule raison de vivre allait l'abandonner à son sort dans une maison qui lui semblait presque étrangère, autour de gens qui ne s'intéressaient pas à son cas, dans un lieu oublié de tous. Ce trait égoïste de lui ressortit à grande vitesse et il voulut hurler toute sa rage à la figure de Newt, sans y arriver à cause de la pression autour de son cou qui lui avait retiré la capacité de communiquer.
-Tommy attends ! Tu ne peux pas rentrer seul à cette heure-ci ! Tommy s'il te plaît !
L'autre continuait d'avancer dans la pénombre sans se soucier de ce que l'autre avait à dire et s'effaça bientôt entre les murs de deux maisons voisines, continuant son chemin vers sa résidence pour aller y déverser toute sa tristesse. De son côté, le blond resta planté sous le porche, sa bouche entre-ouverte et les poings serrés contre ses cuisses. Son cœur tambourinait dans sa poitrine et il ne vit même pas la lumière des phares de la voiture de son colocataire, alors que celui-ci se garait dans l'allée. Gally sortit de son véhicule avec un grand sourire qui s'effaça aussitôt en voyant l'état dans lequel se trouvait son ami.
-Newt ? Qu'est-ce qu'il s'est passé ?
-Je n'ai pas réussi à le lui dire Gal. J'aurais dû lui expliquer pourquoi en premier …
Faible face à cette vérité accablante, il se laissa tomber dans les bras de son compagnon bien plus grand que lui et se mit à sangloter contre son épaule. L'autre garçon passa une main sur son dos et le caressa lentement.
-Retourne le voir demain matin. Tu lui expliqueras à ce moment là.
-Je ne peux pas. Il me déteste … Il ne voudra pas me voir.
-C'est à toi de décider Newt. Je ne peux rien te dire de plus, s'exclama-t-il avant de le conduire à l'intérieur pour qu'il aille se coucher.
À la vue de Minho, l'étudiant se demanda s'il était sage de le lui annoncer maintenant avant de choisir l'option la plus lâche. Le laisser dans l'ignorance jusqu'au lendemain. Dans un soupir tremblant, des larmes coulant le long de ses joues, il serra sa chaîne en argent qu'il portait depuis bientôt trois ans, offerte par ce même garçon aux cheveux brun encore innocent et plein de joie, et pria pour que celui-ci le pardonne un jour pour son péché.
