Un IMMENSE merci à Evelina pour son travail de relectrice ! (Elle a aussi apporté sa petite touche de commentaires !)
Avertissement : le passage en gras est un extrait du journal de James. Âmes sensibles s'abstenir !
Chapitre 10
Recherches…
Deuxième séquence : à la découverte des sentiments. La jalousie…
« Edward… » Tapa à la porte ma mère. « Tout va bien ? Ça fait des heures que tu es enfermé là-dedans… Tu as même raté le déjeuner ! ».
Je soufflai. J'avais des courbatures. Exactement soixante-dix-sept musiques et neuf séances de publicités avaient été diffusées à la radio. Et durant tout ce temps-là, je n'avais pas bougé d'un iota. Toujours allongé sur le sol dur de ma salle de musique…
« Edward ? » S'inquiéta ma mère, à tel point qu'elle essaya d'entrer. D'habitude, elle attendait toujours mon accord pour le faire, mais c'est valable dans des circonstances 'normales'. Enfin, j'imagine… Lorsque je ne donne pas de signe de vie, c'est parfaitement normal de ne pas suivre les règles de la routine… Par précaution…
Je soufflai derechef et tant bien que mal, je me levai. Je parvins à aller jusqu'à la porte malgré toutes les raideurs de mon corps… Ma mère se jeta immédiatement dans mes bras que je lui ouvris avec grand plaisir. Si elle était rassurée que je me sois montré, moi j'étais réconforté qu'elle vienne m'enlacer… Je n'avouerai jamais ça à personne, et même si c'est parfois dur à admettre par peur d'être jugé ridicule pour un homme, la chaleur de sa mère peut vraiment faire du bien et nous apaiser quand on en a besoin. Elle dut le sentir, car elle ne chercha pas à se séparer de moi et me caressa le dos d'une manière réconfortante.
Il n'y a pas à dire, c'est vraiment la meilleure mère du monde ! Je l'aime pour ça d'ailleurs…
Quand je n'en ressentis plus la nécessité, me sentant plus serein, j'initiai un mouvement de recul. Elle comprit le message et se recula elle aussi. Elle me caressa la joue tout en me souriant tendrement.
« Si tu venais manger un petit peu… J'imagine que tu n'as pas non plus pris de petit-déjeuner dans ta tente ce matin ? »
« Hum… Effectivement… »
J'avais un petit creux, les gargouillements de mon estomac ne pouvaient que l'approuver. Seulement… ce pour quoi je m'étais enfermé dans ma pièce et que j'avais sauté un repas, se trouvait dans le salon, précisément l'endroit où je devais passer afin de pouvoir me faire une petite collation… Autant dire que, si je les revoyais ensemble, tous mes efforts pour me raisonner et me calmer n'auraient été qu'une grosse perte de temps… Tout serait à refaire…
Esmé sentit mon trouble et m'avertit que Carlisle et les deux hommes étaient dans le bureau de ce premier, tandis que Bella était avec son précepteur au dernier étage de la villa. Secrètement, je soufflai de soulagement. Les deux avaient bien fini par se séparer…
Tel un petit enfant, ma mère me prépara une sorte de goûter composé de tartines de pain sur lesquelles de la pâte à tartiner goût choco-noisette était étalée (N/A : J'aurais pu faire simple avec seulement ®Nutella mais non ! Pas de marque dans les bouquins !)(N/E : C'est vrai, il ne faut pas faire de pub ^^). Puis, elle me laissa seule pour aller travailler dans sa chambre.
La villa me paraissait bien calme, comme à son habitude en vacances… Sans la venue de Bella ici, j'aurais été certain de préférer les cours du lycée plutôt que d'être en vacances. Au moins, étudier m'occupait et aller au lycée me faisait sortir de ma tanière. Désormais, j'hésitais… Bella était présente, mais Jenks s'occupait déjà d'elle… Et je n'osais pas déranger son apprentissage. En fait, je voulais surtout ne pas le perturber, seulement parce que je voulais assister aux progrès de Bella, mais aussi parce que je n'avais rien d'autre à faire.
Je montai d'un pas las dans ma chambre, où je vis le journal de James sur ma table de chevet. J'eus alors une idée… Bien que d'autres personnes devaient déjà s'en charger -du moins je l'espérais fortement- je voulais aussi m'y investir. Au cas où…
Je descendis rapidement les escaliers et remontai rapidement jusqu'à la suite parental, réalisant que j'avais oublié de prévenir ma mère que je sortais. Elle avait plutôt tendance à me surprotéger et à s'inquiéter dès que quelque chose était inhabituel.
« Au poste de police ? » S'étonna-t-elle avant de froncer les sourcils. « Que se passe-t-il ? Tu sais que si tu as des ennuis, tu peux venir m'en parler… »
Je lui souris avant de lui déposer un baiser sur sa joue.
« Je n'ai aucun soucis maman, je te rassure. Je vais juste demander quelques renseignements auprès du Chef Swan et je reviens. Je n'en aurais pas pour longtemps. Au pire, tu sais que je te préviens. » La rassurai-je.
« Très bien mon chéri… Rentre au moins à temps pour le dîner… Il y aura assez de monde. Rosalie et Jasper ont été invités, tout comme les hommes avec lesquels ton père travaille au sujet de Bella, sans parler de Jenks ! »
« Tu veux que je vienne t'aider à tout préparer ? » Lui proposai-je.
« Fais ce que tu as à faire comme tu l'avais prévu. Ne change en rien tes plans pour moi. Mais, c'est très gentil de ta part. »
« Bon… et bien j'y vais. À tout à l'heure ! »
« Sois prudent ! » Me dit-elle avant de replonger dans son travail.
« Comme toujours, tu me connais ! » Lui dis-je en refermant la porte. Cette fois-ci, je partis pour de bon vers le petit poste de police de Forks. Je me garai et rentrai dans les locaux. Je me dirigeai vers le bureau du chef qui était au téléphone. Il me fit signe de m'asseoir et d'attendre quelques instants.
« Tenez-moi au courant des nouvelles. Le plus urgent est de savoir, qui sont les auteurs de ces actes. Ils sont forcément plusieurs, un individu seul n'aurait pas pu commettre de telles choses. Il faut également savoir jusqu'où ils comptent aller et leurs motivations, sans cela, on n'a absolument aucune idée de ce qu'on recherche. Nous discuterons de ça ensemble lorsque je passerai te voir. Au revoir. »
Il raccrocha et ce fut avec une mine soucieuse qu'il me salua.
« Et bien mon petit Edward, que puis-je faire pour toi ? »
« Pour tout vous dire Chef Swan, je… » Commençai-je avant de me faire couper par son adjoint qui arriva. Il avait l'air encore plus soucieux que le chef lui-même.
« Chef, un nouvel incident vient de se produire ! Le shérif d'une des villes voisines a lancé un appel pour mobiliser nos forces et les coincer. Ça devrait même passer aux mains des autorités supérieures, si cela continue. On a sollicité votre aide à Port Angeles, d'après eux c'est urgent. »
Le chef me lança un regard désolé.
« Edward, c'est mon collègue qui va me remplacer. Navré… »
Je hochai la tête. Puis, il partit, son adjoint prenant son relai…
« Bonsoir. Il se trouve que la patiente de mon père a été enlevée, il y a environ seize ans à sa mère et j'aimerais pouvoir faire des recherches, afin de retrouver sa famille. On ne sait pas exactement le lieu précis de son enlèvement, mais on sait uniquement que c'était dans une région plus ensoleillée des États-Unis. Vous croyez qu'il me serait possible de jeter un coup d'œil sur les dossiers traitant d'enlèvement remontant à cette époque ? »
Il me lança lui aussi un regard désolé.
« Je crains que même si nous avions accès à des dossiers, nous ne puissions te les faire consulter. C'est strictement confidentiel. C'est à cause des témoignages, des noms et tout ce genre d'informations que tu ne pourras pas y jeter un coup d'œil comme tu dis. Rien ne nous prouve, que tu ne te serviras pas autrement de ces informations que ce que tu dis. De plus, il faudrait vraiment restreindre ton champ de recherches… »
« Bon… Je vous remercie malgré tout de m'avoir accordé un peu de votre temps. J'essayerai de me débrouiller tout seul. » Le saluai-je en me relevant. J'allais commencer à partir en direction de la sortie, lorsqu'il me héla.
« Je ne te promets rien, mais je pourrais peut-être t'aider avec ce que tu disposes. Si cela mène à quelque chose de concret, je pourrais éventuellement passer deux ou trois coups de fil pour obtenir les informations manquantes. »
Je retrouvai légèrement le sourire.
« Vous feriez ça ? »
« Bien sûr ! Seulement en ce moment, ça ne risque pas d'être possible. Nous sommes assez chargés à cause d'une enquête. Lorsqu'elle sera résolue, je t'appellerai, tu n'auras qu'à ramener les éléments dont tu disposes et nous étudierons ensemble tout ça. »
« Je vous remercie grandement ! Je vous souhaite une bonne soirée. » Dis-je en lui serrant la main.
« De rien ! C'est mon travail d'aider les habitants de cette petite ville. Passe une bonne soirée toi aussi. »
Je repartis le cœur plus léger vers la sortie. Le soleil commençait à se coucher et quand l'air frais de Forks souffla, je l'inspirai à pleines narines. Cela me fit du bien… J'avais au moins l'espoir que si personne ne se préoccupait de retrouver les parents de Bella, mes petites recherches, aux moyens limités, permettraient d'avancer un peu. Peut-être que ça n'avait pas d'importance pour le moment aux yeux de Bella, après tout, il y a tant de chemin qui reste à parcourir ! Mais, j'étais absolument certain qu'il arriverait un moment où elle voudrait connaître ses origines, savoir qui l'a mise au monde, savoir son véritable prénom et nom…
Je montai dans ma voiture et rentrai à la maison. Jake me sauta au cou et aboya comme un fou autour de moi, m'empêchant d'avancer. Je m'accroupis et il vint directement me lécher le visage.
« Oui… Jake… C'est un bon chien ça… » Dis-je le repoussant. « Fais le mort ! » Ordonnai-je.
Il se mit sur son dos, les pattes vers le ciel et ne bougea plus. (N/E : Excellent ! J'imagine la scène en même temps )(N/A : Merci ®Nitendogs ! XD) J'en profitai pour lui caresser le ventre, jusqu'à ce qu'il décidât de se remettre sur ses pattes et d'aboyer de nouveau comme un fou en partant vers la cave. Je pris mon courage à deux mains, me préparant à l'éventuelle idée que Bella et l'homme soient tous deux présents dans le salon, exposant à tous leur relation qui me restait encore à définir avec exactitude. Je me rappelai ce qu'il avait dit avec une extrême précision… 'Tu sais que si tu veux un câlin ou même un bisou, ça se paye… Tu sais ce que je veux n'est-ce pas ?'
Je me mis moi-même le doute en imaginant quelle pouvait être sa 'monnaie'… Mais je m'interdis d'y penser. S'il la forçait à faire des actes ou des gestes sexuels, il ne l'aurait pas fait devant un psychologue et un autre médecin… Et puis, il avait quand même désigné Bella comme sa 'patiente préférée' juste après…
Préférée… On comprend pourquoi, si elle lui fait quelques gâteries… Déclara la petite voix dans mon esprit. Ça faisait d'ailleurs quelques jours qu'elle n'avait pas fait son apparition. En même temps, tant mieux ! C'était la voix de la tentation parfois…
Bref… S'il l'avait qualifiée de patiente, c'est qu'il était médecin non ? Mais quel genre de médecin…
Je sortis de mes pensées en entendant Bella grogner pour montrer son mécontentement. Je marchai rapidement jusqu'au salon et restai caché afin d'observer ce qu'il se passait… Je vis l'homme accroupis près de Bella. Étant donné qu'il était dos à moi et juste devant elle, je ne voyais absolument rien de la scène.
« S'il te plaît, fais un effort… On refait un essai ! » Dit-il avec plus de détermination et en bougeant. Je ne vis pas exactement ce qu'il fit, mais Bella grogna une nouvelle fois et se mit à pleurer. J'entendis l'homme souffler et se déplaça. Il s'assit à ses côtés et la rapprocha de lui. Elle se blottit volontiers contre son épaule en versant encore quelques larmes.
« Je suis désolé… Je voulais seulement bien faire… » S'excusa-t-il en l'embrassant sur le sommet du crâne et en le caressant. « Je sais que ça fait mal, mais il va bien falloir que tu marches un jour… Tu as la chance de ne pas avoir des muscles atrophiés et de rester clouée dans un fauteuil roulant, alors même si c'est douloureux, il faut que tu te donnes la peine d'essayer de te mettre debout. Imagine un peu comme ce serait bien… Tu serais à la même hauteur qu'Edward… »
Je la vis relever son visage vers le sien avec intérêt. Elle se calma et arrêta de pleurer.
« Dward ? » Fit-elle avec espoir avant de renifler.
« Oui… Dward… Tu pourrais le serrer dans tes bras quand tu en as envie… L'embrasser aussi, peut-être pour plus tard et s'il se laisse faire… Et, je suis certain que si tu te tenais sur tes deux pieds plutôt qu'à quatre pattes, ça l'aiderait à te voir comme une jeune femme de son âge, plutôt comme une enfant. Je sais que tu souffres des rejets, et en particuliers du sien, Carlisle m'a tout expliqué de ton comportement depuis que tu es ici. Tu as toutes les possibilités d'être heureuse et épanouie avec lui, seulement tu ne te sers pas des cartes que tu as en main… Je sais que tu sais parler et que tu comprends ce qu'on dit, seulement je ne comprends pas pourquoi tu fais ça… Faire semblant de ne pas savoir parler ou alors très peu… De ne pas nous comprendre… Si les autres ne le voient pas, moi je le vois très bien… »
Elle se remit à pleurer et c'est à ce moment-là que Jake choisit de me faire repérer. Il sortit de la cave en aboyant de nouveau et en sautant autour de moi…
« Dward ? » Entendis-je Bella m'appeler.
Je traitai mentalement mon chien d'idiot, avant de mettre toute la scène dans un coin de mon cerveau pour l'analyser, et y réfléchir plus tard. Je fis comme si je venais d'arriver et saluai mon chien avant de me diriger tout sourire vers les deux. Bella marcha vers moi avec un grand sourire, sous l'œil très observateur de l'homme. Je m'accroupis et pris Bella dans mes bras. L'homme, quant à lui, se releva et vint vers moi.
Bella blottit sa tête dans mon cou et s'agrippa plus fortement à celui-ci, comme si elle voulait nous rapprocher davantage. Je souris d'une joie non dissimulée. Elle ne m'avait pas oublié et voulait encore de moi malgré la présence de 'Cob'.
« Je suis heureux de te retrouver moi aussi ma Bella. » Lui soufflai-je à l'oreille de telle sorte à ce que l'autre n'entende rien. Il nous observait toujours et se rapprochait en même temps. Il quitta Bella des yeux et me sourit.
« Bonsoir, je m'appelle Jacob Black. Je suis le kiné de Bella. » Se présenta-t-il à moi. « Je sais qui tu es, rassure-toi. J'ai déjà rencontré tout le reste de la famille, il ne restait plus que toi… Edward. » Me devança-t-il alors que je m'apprêtais à me présenter à mon tour. « Vous avez l'air particulièrement proches tous les deux… » Fit-il remarquer après une courte pause. « Est-ce que ça te dérangerait, si nous parlions quelques minutes en privé ? J'aurais besoin d'aborder quelques sujets en ta compagnie. »
Il me désigna Bella du regard et j'acquiesçai par politesse. Il n'avait laissé aucun sentiment paraître dans ses deux dernières phrases. Ce n'était pas comme s'il avait été de glace, mais c'était une simple phrase comme 'bonjour, comment allez-vous ?' L'espoir qu'il n'aimait pas Bella comme je l'aimais me gagna sans que je ne puisse me battre. Je ne voulais pas être déçu au final avec le cœur en miettes… Je déposai Bella au sol. Elle s'accrocha désespérément à moi en gémissant. Elle ne voulait pas me laisser partir…
« Bella… S'il te plaît… » La suppliai-je, mais elle persista à s'accrocher à mon cou.
Ah… L'obstination des femmes… Soufflai-je mentalement.
« Nous pourrons parler plus tard, ça ne fait rien. » Déclara Jacob face à la réaction de Bella. « De toute manière, je trouverais bien un moment pour parler avec toi, puisque je reste sur Forks jusqu'à ce que Bella sache se tenir droite et puisse avancer sur ses pieds ! »
« Et bien même si ce n'est pas pour parler avec vous, il faut malgré tout qu'elle me lâche. Ma mère ne va pas tarder à descendre pour préparer le repas et je voudrais l'aider… »
J'eus le malheur de croiser le regard suppliant et attristé de Bella. J'eus un pincement au cœur en me disant que c'était moi qui provoquais cette tristesse. C'était vraiment horrible d'être confronté à ce genre de regard… Tout était créé de telle sorte à ce que vous craquiez. Même un être froid ne pourrait pas y résister !
Je soufflai, par ma déception ne pas avoir tenu plus longtemps, et lui dis de se raccrocher à moi avant de la soulever.
« Je vais dans ma salle de musique. » Le prévins-je. « Est-ce que vous voulez venir avec nous ? »
Il nous regarda, tout à tour avec Bella, et déclina ma proposition avec un air bienveillant. « Je te remercie, mais je vais plutôt aller m'installer dans ma chambre d'hôtel. Je reviendrais à l'heure à laquelle ta mère m'a invité. » Il me dépassa et je sentis soudainement son souffle chaud près de mon oreille, mais pas du tout celle où était Bella. Je me raidis, totalement gêné et mal à l'aise.
« Fais attention, on est jeudi… » Me rappela-t-il avant de s'éloigner. C'est Bella qui me ramena sur terre en caressant ma joue d'un air soucieux. J'étais totalement sous le choc du geste qu'avait eu son kiné. Jamais un homme ne m'avait approché de si près et encore moins avoir un geste aussi… ambiguë… Certes, mon frère le faisait avec moi de temps en temps, mais nous sommes du même sang… J'espérais me faire des idées quant à son comportement. Je n'étais pas doué pour les relations avec les femmes, n'ayant aucune expérience, mais encore moins lorsqu'il s'agissait des hommes ! Je ne savais même pas, si chuchoter à l'oreille était un geste qui se faisait en amitié. J'avais déjà observé des filles le faire entre elles au lycée, mais jamais des hommes entre eux.
Peut-être qu'il n'avait fait que ça, parce que Bella était toute proche et c'était aussi ce pour quoi il voulait me parler en privé… Pour me mettre en garde. Je me rattachai à cette idée de toutes mes forces. Une chose était sûre : Emmett avait totalement tord, lorsqu'il disait que j'étais gay. Maintenant, j'avais deux arguments à lui donner, lorsqu'il me charrierait avec ça ! Premièrement, je suis plus qu'attiré par Bella et j'ai plus que vu qu'elle n'était pas de sexe masculin ! Et deuxièmement, je frémis de dégoût lorsqu'un homme s'approche trop de moi et qu'il a des gestes… déplacés, même pour un chuchotement !
Bella me caressa derechef la joue pour me faire sortir de mes réflexions et c'est un peu absent que je la conduisis jusqu'à mon piano. Je la fis asseoir sur ma banquette, mais d'une façon différente que d'habitude. J'avais pensé que le fait de changer sa position la gênerait moins à tenir en place… Je lui fis donc passer ses jambes de chacun des côtés du banc que j'avais tourné. Je m'assis à l'identique juste derrière elle. Bella laissa reposer sa tête contre mon torse tout en observant le clavier de touches.
Je pris sa main droite dans la mienne et lui guidai ses gestes pour lui faire jouer un petit air simpliste, tandis que ma main gauche l'accompagnait. Elle avait un grand sourire sur les lèvres et riait d'une façon absolument sublime. Mon cœur se gonfla de joie à ce son si doux pour mes oreilles. Je passai mon nez dans sa chevelure qui sentait si bon… Et rapidement, je m'éloignai pour ne pas lui donner de fausses idées. Tout se passait parfaitement bien jusqu'à présent et je ne voulais pas tout gâcher à cause de mon geste que je n'avais su contrôler…
Heureusement pour moi, Bella resta calme tout le long de notre séance musicale. Elle apprenait très vite et avait plutôt bonne mémoire. À force de lui jouer le même air, elle le réalisa à la perfection sans que je ne la guide. Et c'est sur cette réussite que nous quittâmes la pièce. Je la portai et la conduisis dans la cuisine, où ma mère s'y trouvait déjà à cuisiner pour tout un régiment… Et malgré le nombre important d'invités, elle ne voulait pas faire de plat simple tel que des pâtes ou des frites accompagnées de steaks hachés…
Je fis asseoir Bella sur le plan de travail près du frigo et demandai à ma mère ce que je pouvais faire pour me rendre utile et l'aider. Elle me confie la tâche de fabrication des pâtes pour les lasagnes. Je cherchai dans la cuisine tout ce dont j'avais besoin et nettoyai mon plan de travail. Sous l'œil observateur de Bella, je réalisai la recette que je connaissais par cœur. Sans aucune prétention, j'avais hérité du don de ma mère pour la cuisine et je m'étais perfectionné grâce à toutes les heures passées à assister ma mère. Bref… Ce fut sans aucune difficulté que je réalisai les tranches de pâtes. Bella suivait des yeux chacun de mes mouvements et m'imitait de temps à autre avec un bout de pâte que je lui avais donné. C'était très amusant de la regarder agir. En voulant goûter la farine, elle s'en était mise de partout par je ne sais quel moyen et elle avait des airs d'enfant dans ces moments-là.
Puis, je préparai la béchamel et la sauce bolognaise tout en nourrissant la frêle petite créature qui se trouvait à mes côtés. Elle n'avait presque jamais d'appétit lorsqu'on lui apportait son assiette, mais pour grignoter elle était la championne ! Évidemment, je ne lui avais pas donné des pâtes fraîches, ni crues, ni de la béchamel ou de la sauce bolognaise froides à manger. Ma mère avait préparé un plateau apéritif avec des olives dénoyautées, des petits cubes de fromages, des tranches de saucissons et d'autres aliments encore bien caloriques. De plus, des mini-pizzas et des amuse-gueules étaient en train de cuire dans le four.
« Edward ! Arrête de lui donner à manger ou elle risque de ne pas toucher à une seule bouchée de son assiette tout à l'heure ! »
« Oui maman… » Dis-je comme un enfant avant d'éloigner la nourriture de Bella. Elle fit une grimace attristée. « Seulement, je te tiens personnellement pour responsable, si Bella commence à pleurer parce qu'elle a faim ! » dressai-je à ma mère.
« Et moi je te tiendrais personnellement pour responsable, s'il n'y a plus rien à manger tout à l'heure ! Même si c'est l'estomac de Bella qui en aura profité. » Me répondit-elle amusée.
Nous retournâmes à nos occupations. J'essayais tant bien que mal de me concentrer sur mes lasagnes, mais l'attitude de Bella me perturbait. Ce n'était en rien péjoratif ! Au contraire, elle me faisait rire ! Dès que j'avais les yeux rivés sur mon plat, elle se déplaçait légèrement et glissait sa main pour se rapprocher des bols contenant la pitance. Dès que je levais le regard sur elle, elle ramenait sa main vers son corps et me regardait avec un sourire rempli d'innocence. Si elle faisait ça par faim au début, je la soupçonnais désormais de faire ça uniquement pour m'amuser, et peut-être même s'amuser elle-même, comme le laisser penser son sourire. (N/E : C'est mignon ! ^^) Je me demandais si elle pouvait ressentir les mêmes émotions que moi par moment… Le fait de la rendre heureuse, me rendait moi-même heureux. Peut-être était-ce la même chose pour elle…
Ma mère sortit ses plats du four, puis je mis mes lasagnes. Je pris Bella dans mes bras après m'être assuré que ma mère pourrait terminer la cuisine seule et dans les temps. Je la déposai dans son coin habituel du salon, où elle retrouva avec la plus grande joie sa peluche.
« Tu restes ici sagement. Je vais me préparer pour le diner. » Je pris la trousse et les feuilles qui se trouvaient près de la télévision et le lui mis devant elle. « Voilà de quoi t'occuper, si tu en as envie. Je n'en ai pas pour longtemps. »
Elle soupira avec un petit air attristé, mais son attention détourna vite sur les crayons et les feuilles. J'en profitai pour monter dans ma chambre et me doucher rapidement avant d'enfiler de nouveaux vêtements. Je pris également le temps de me raser convenablement. Puis, je redescendis dans le salon. Bella venait de terminer son dessin. Et elle aurait certainement un grand succès dans l'art abstrait ! Elle me montra son œuvre.
« Merveille du gribouillis multicolore ! » Annonçai-je avec un sourire amusé. Comme la dernière fois, je lui fis écrire son prénom en guidant sa main.
La sonnette de la porte d'entrée se fit entendre, signe que les premiers invités étaient là. Ma mère me cria d'aller ouvrir. J'obéis malgré les plaintes de Bella pour que je reste auprès d'elle. J'ouvris sur mon frère et sa petite-amie en plein exploration de la langue de l'autre… Dégoûtant !
« Emmett, dois-je te rappeler que Bella est dans le coin ? Je suis certain que tu ne veux pas d'un frère à la limite de la folie, parce qu'une fille le harcèle après avoir vu un couple faire certaines choses devant elle ? »
Il sourit et me passa devant.
« Jaloux ! » L'entendis-je souffler à mon niveau.
Je levai les yeux au ciel avant de faire entrer Rosalie, puis la saluai en lui faisant la bise. J'entendis un grognement dernière moi. Je me retournai et vis Bella dans un drôle d'état… Il semblait y avoir tellement d'émotions différentes qui la traversaient lorsque je regardais dans le fond de ses yeux. La première était plus qu'évidente : la tristesse. Puis, il y avait de la jalousie (si j'interprétais correctement ce que je lisais), de la colère et de l'admiration.
« Rosalie, je te présente Bella. Emmett a sûrement dû t'en avoir touché un mot. C'est la patiente de mon père… »
« Oui je sais… » Dit-elle avec un regard empli de compassion. J'avais toujours pensé à sa manière de se comporter, que c'était un être froid dépourvu d'émotions, excepté lorsque cela concernait Emmett, où elle affichait un amour exceptionnellement puissant. Pourtant, en cet instant, je découvris en elle une compassion bien plus importante que celle que j'avais pu lire auparavant, dans le regard des personnes qui connaissait le passé de Bella.
« Je vais voir Emmett ! » Dit-elle de façon détachée et sans attendre de réponse de ma part alors que ses yeux devenaient plus brillants. Je la regardai s'éloigner sans vraiment la voir, encore trop surpris de sa réaction. Néanmoins, je parvins à me ressaisir en pensant que l'on pouvait interpréter mon geste d'une autre façon, à savoir : reluquer son postérieur. Bon d'accord, Rosalie avait de belles formes (c'est sûrement ça d'ailleurs qui a séduit mon frère dans un premier temps), mais ce n'étaient pas elles qui me faisaient rêver… Quoique, fantasmer serait le verbe qui convient le mieux même si je n'aimais pas me l'avouer…
Lorsque je me retournai, Bella était repartie dans son coin, position fœtale, face au mur. Je vins vers elle et voulus la porter pensant qu'elle voulait dormir, mais aussitôt que je posai ma main sur elle, elle protesta bruyamment par un gémissement et se dégagea de ma prise.
« Bella ? Que se passe-t-il ? » M'inquiétai-je de son comportement.
Évidemment, je n'eus pas le droit à une réponse verbale, mais quand je retentai l'expérience, elle eut exactement la même réaction. Je partis chercher ma mère dans la cuisine et lui expliquer la situation avant de lui demander si elle pouvait voir Bella quelques instants. Elle accepta et partit avec un regard inquiet… Je me mis dans un coin afin d'observer la scène…
Bella pleurait… et quelque chose me disait que j'étais responsable… De toute façon, je ne voyais pas d'autres causes de son état… Ça aurait pu être de la douleur, mais son comportement inhabituel envers moi confirmait ce que je redoutais.
Esmé lui caressa le dos et Bella ne la repoussa pas, au contraire. Elle se blottit dans ses bras avec empressement, cherchant à tout prix du réconfort…
« Dward… » Sanglotait-elle dans les bras de ma mère. « Dward… »
Pensant qu'elle me demandait, je m'approchai d'elle. Lorsqu'elle me vit, son regard se fit plus dur et attristé à la fois. Si, je n'avais pas su ce qu'il lui était arrivé, j'aurais pu la prendre pour une fille tout à fait normale, qui souffre et qui voit son bourreau… Même sans que je ne m'approche davantage, elle grogna pour que je m'éloigne. Ce que je fis, même si j'en avais mal au cœur. Si elle ne voulait plus de moi, alors je partirais si c'était ce qu'il fallait pour le rendre heureuse. C'était mon seul but, mes propres sentiments passaient tous au second plan, après les siens !
Je partis m'enfermer dans ma chambre, les laissant seules… Je mis un de mes disques de compositions et me laissai tomber sur mon lit. Je me saisis du journal de James et hésitai à reprendre ma lecture. J'avais les souvenirs atroces de ma précédente lecture. Non seulement James était un pédophile, un kidnappeur et un séquestreur, mais il fallait en plus lui rajouter 'meurtrier' sur sa liste et peut-être également fou !
Je soufflai un bon coup pour me donner du courage et ouvrit le journal, là où était mon marque-page. En tournant la page, le manque de soin avec toutes les ratures et l'écriture encore plus mal formée que d'habitude, me sauta aux yeux. J'eus soudainement peur de lire ce que ce monstre avait écrit. Je me rappelais parfaitement de ses deux dernières phrases dans son dernier passage datant du lundi 23 : « Bientôt, mes blessures dues au fouet ne seront plus qu'un mauvais souvenir et je pourrais enfin recommencer les expériences sexuelles. Si j'avais encore un empêchement, j'allais agir par pulsions et qui sait ce qui pourrait arriver… »
Mercredi 25 septembre :
Voilà plus de quarante-huit heures, que je n'ai pas dormi… Les images de mon meurtre ne cessent de me hanter. Il est partout… Même un clignement d'œil me fait rappeler ce que j'ai dû faire à cet homme. Je le déteste. Pourquoi a-t-il fallu qu'il vienne nous déranger dans notre nid d'amour ? Pourquoi a-t-il fallu qu'il se promène dans les bois, alors qu'une tempête se préparait ? Je hais cet homme pour ce que j'ai dû faire. Bien plus que je ne les déteste eux pour ce qu'ils me font faire chaque jour, avec toutes ces filles. Qui auraient pu être les miennes… Si seulement… Non ! Je dois m'interdire d'y penser… Je serais libre de le faire, lorsqu'ils jugeront que j'ai accompli ma tâche ! Mais pas avant… Pas avant… Ne pas y penser ! Pour ne pas souffrir ! Pour ne pas qu'ils me torturent, comme ils l'ont déjà fait lorsque j'ai abordé le sujet ! Je suis si fatigué à cause de tout ça… Il faut que je dorme… Je manque autant de sommeil que mon ange. Elle n'a pas non plus dormi depuis lundi. D'habitude, elle se sent bien, puisqu'elle veille, deux voire trois nuits de suite, et même si le médecin juge ça mauvais pour sa santé et son développement, il semble qua ça lui suffit… Mon ange a toujours été spécial, en tout, et son cycle du sommeil particulier ne fait que le confirmer… Seulement, je m'inquiète pour elle… C'est à peine, si j'ai l'énergie nécessaire pour écrire… Si je ne le fais pas, je risque d'oublier… Alors, comment la faire se promener pour qu'elle se soulage… Je lui fais confiance. Je sais que si je lui retire cette laisse autour du cou, elle finira par me revenir. Mais, s'ils la trouvent seule et en toute liberté, ce n'est pas moi qui aurais les pires ennuis, mais elle… Ce que je refuse. Encore une fois, c'est pour son bien si je lui afflige tout ça. Comparé à eux, je suis un ange… Et si je ne m'étais pas interposé à de nombreuses reprises, elle ne serait déjà plus de ce monde… Remplacée par une autre…
Je pense que ce sera d'ailleurs la dernière… Après avoir goûté au meilleur, comment pourrais-je à nouveau faire avec ce que j'avais avant ?
Il y avait maintenant tellement de taches d'encre, que je n'arrivais plus à déchiffrer ce qu'il y était écrit… Mais, ça s'atténuait un peu plus loin…
Le médecin devrait arriver dans peu de temps… Il s'occupera de mon ange, alors que j'en suis incapable… Il me videra l'esprit avec ses piqûres et tout redeviendra comme avant… Il s'occupera bien d'elle… je le sais…
Le reste de cette page était vierge et les pages suivantes semblaient avoir été arrachées… Il dépassait quelques bouts de feuilles jaunies… Les écrits ne reprenaient qu'une semaine plus tard. Au moment où je commençai à lire, on frappa à ma porte. Je m'assis en tailleur sur mon lit, tout en autorisant la personne à entrer. Je fus assez surpris de voir Jacob Black, le kinésithérapeute de Bella, venir me voir. Quoique… Il m'avait déjà fait part tout à l'heure, qu'il voulait me parler en privé. Sans Bella du moins…
« Je peux vous aider ? » Fis-je.
Il me sourit de façon amusée, avant que son regard ne se durcisse en voyant ce que je tenais en main. Il s'assit à mes côtés et regarda le sol.
« Je n'ai jamais pu finir de lire tous les journaux. Si tu as le courage et le mental assez fort pour le faire, je te tire mon chapeau ! Tu verras que le début est relativement doux, comparé à ce qu'il se passe par la suite… »
Son regard se perdit dans le vide, un peu de la même manière que la première fois, où le docteur Snow était venu et qu'il nous avait expliqué dans quelles conditions vivait Bella. Ce fut comme un déclic pour moi… Toutes les personnes qui connaissaient le passé exact (qu'il soit en entier ou de brefs épisodes) semblaient être totalement marquées… Et maintenant que j'en prenais conscience, je me demandais si j'avais vraiment envie de tout découvrir… Spontanément, je dirais oui. Mais après réflexions… J'avais surtout peur de changer vis-à-vis de Bella… Quand elle se sera adaptée au 'monde' et qu'elle sera comme n'importe quelle fille de son âge (ou presque), que nous pourrons entretenir une relation plus approfondie, je réfléchirais peut-être à mes gestes ou à mes paroles sachant ce qu'elle aura vécu. D'un côté, ça peut être bien pour elle… Et d'un côté, ma part de spontanéité manquante pourrait la vexer ou la blesser pensant que, je ne me laisse jamais aller avec elle et que mes gestes sont calculés… Et peut-être même, serais-je trop effrayé par toute la monstruosité de son passé. Je finirais par la croire comme sale ou souillée… Je ne voudrais plus d'elle…
Je me secouai la tête pour chasser ces dernières idées. Je ne savais même pas comment je pouvais pensées de telles sottises ! Depuis le début, je savais ce que cet homme lui avait fait, dans quelles conditions elle avait vécue. Et malgré la lecture des premiers jours décrits dans les journaux, j'étais toujours présent. C'était même ce qui m'avait, au départ, poussé à m'occuper d'elle… Pourquoi cela changerait-il plus tard ?
Jacob soupira, me faisant sortir définitivement de mes pensées. Il avait retrouvé son sourire chaleureux. Je me sentais en confiance avec lui et les doutes que j'avais pu avoir tantôt, quant à son honnêteté envers Bella, avaient totalement disparu. Ma première impression était la mauvaise et certainement due à ma jalousie… Oui… Jalousie ! Je ne pensais pas l'être avant aujourd'hui. Je partageais toujours tout avec ma famille ou mes amis. Ça ne me posait absolument aucun problème, au contraire j'étais heureux de faire ça, rien que pour voir un sourire se dessiner sur leurs lèvres ou recevoir un remerciement.
« Tu m'écoutes ? » S'exclama Jacob.
Je regardai mon interlocuteur à côté de moi un peu surpris. Un peu plus et j'oubliai totalement sa présence !
Il soupira et fit un geste plutôt théâtral : il se mit une main sur le front, cachant son regard et secoua lentement la tête. Le tout faisait très désespéré.
« Ah la jeunesse de nos jours ! » Soupira-t-il derechef avant de reprendre un air sérieux. « Maintenant que j'ai ton attention, je te disais que nous sommes jeudi. Je pense que tu as été mis au courant de ce ça signifie. Avant que Bella ne vienne ici, j'étais chargé d'assurer ses séances, si je puis dire… »
Il remarqua que je voulais le questionner et s'interrompit, me laissant la parole.
« Pourquoi vous en particulier ? Ça s'est définit comme ça ? Est-ce Bella qui vous a choisi ? »
Il sourit de façon amusé, comme s'il s'attendait à ce genre de question.
« Lorsque les médecins l'ont découverte, ils ne savaient pas encore qu'elle avait ce genre de comportement. Le docteur Snow lisait les journaux de James, lorsqu'un des médecins du centre est venu faire un rapport du comportement de Bella, qu'elle venait tout juste d'avoir envers lui. C'était un jeudi. Pourquoi ce jour précisément, je ne sais pas… Mais, elle ne s'est pas arrêtée, tant qu'elle n'avait pas pu finir ce qu'elle avait commencé, même si c'était avec une personne différente. Dès qu'il a été mis au courant, le docteur Snow s'est chargé d'assister à… ça… Le lendemain, elle semblait s'être calmée. Ça était calme jusqu'au jeudi suivant, où rebelote ! Le même médecin que la semaine précédente est venu se plaindre pour la même raison. Le docteur Snow a alors pris des mesures nécessaires, afin d'éviter certains accidents. Il a d'abord mis que des femmes pour s'occuper de Bella, mais elle trouvait quand même le moyen de continuer ce qu'elle faisait le jeudi. Il a ensuite compris la raison dans les journaux. Du coup, il a pensé que ça serait moins dérangeant, pour Bella et pour tout le monde, de mettre une personne qui s'occuperait de toutes ses séances. »
« C'est là que vous intervenez ! Mais, pourquoi vous et pas un ou une autre ? »
« Longue histoire ! J'ai posté ma candidature un peu partout dans l'état de Washington, sans avoir de réponse positive. Je viens tout juste de terminer mes études et presque personne ne veut d'un employé sans expérience. Du moins, pas pour le même salaire, on peut avoir mieux ! Et puis, par manque d'argent, je ne pouvais pas me permettre de déposer mes CV à chaque employeur. J'habitais à Seattle et j'ai quand même fait le déplacement dans certains établissements, notamment le centre où le docteur Snow m'a accueilli chaleureusement. Même si c'est plutôt gênant pour moi lors des entretiens, je rajoute toujours un élément de santé dans les signes particuliers. »
Il fit une pause exprès pour mettre du suspense.
« Je suis impuissant. Même si c'est gênant, je me dis que ça peut toujours servir pour des offres d'emplois. Les employeurs peuvent se dire, que j'ai plus de temps à consacré au boulot, étant donné que c'est plutôt difficile d'avoir une relation amoureuse dans mon état. Certaines personnes y arrivent bien sûr, mais, je ne suis pas attiré par ce genre de choses. Je vis bien ma situation, seulement je préfère me consacrer à des relations qui ont moins de risque de mal finir. L'amitié par exemple. Pour moi, ça m'apporte autant d'affection et de bonheur que pourrait le faire une relation amoureuse. Et puis soyons honnête c'est beaucoup moins onéreux et ça apporte moins de soucis et de problèmes ! Enfin… c'est une affaire de goût. De plus, je m'éloigne du sujet !
» C'est grâce à cette particularité que le docteur Snow m'a engagé. D'autant plus que Bella avait vraiment besoin d'un kinésithérapeute. Avec le travail et ces séances, j'ai pu tisser une certaine complicité avec elle. Mais rassure-toi, tu n'as aucune inquiétude à te faire à propos de nous. Déjà, parce qu'il ne se passera rien entre nous que cette complicité, et ensuite, parce que je suis certain qu'elle t'aime. Je sais que ça peut paraître étrange, ou même trop rapide pour dire ce genre de chose, mais jamais je ne l'ai vue avec une telle… En fait, je ne saurais pas vraiment décrire ça, mais… c'est une chose qu'elle n'avait jamais eu avec personne auparavant. Même les liens les plus forts qu'elle avait jusqu'à présent, n'atteignent pas un dixième de ce qu'elle peut avoir avec toi. Mais ce lien qui vous rattache semble d'autant plus grand, lorsque tu n'es pas avec elle… »
« Mon père m'a déjà dit ça… Vous êtes certain d'être kiné et non psychologue ? » Plaisantai-je.
« J'imagine qu'à force de traiter avec Bella, le docteur Snow, et bientôt ton père, ça doit déteindre sur moi ! » Rit-il.
Trois coups furent portés à ma porte, et sans même que ma mère ne parle, je l'avais déjà reconnue. Elle nous annonça que le repas était prêt et qu'elle nous attendait. Puis elle partit, prévenant sûrement les autres. Jacob se leva en premier et je suivis le mouvement. Nous descendîmes les escaliers, tandis que je lui posais une dernière question.
« Bella réagit étrangement depuis… En fait, depuis la venue de Rosalie. Mais, elle ne fait ça qu'avec moi, elle semble triste et en colère en même temps, lorsque je m'approche. »
Il sourit.
« Rosalie est bien la blonde sulfureuse qui est également la petit-amie de ton frère ? » Je hochai la tête. « Lorsqu'elle est arrivée, vous étiez dans la même pièce qu'elle ? »
« Bien sûr ! C'est moi qui ai ouvert la porte. »
« Bella était présente ? » Je hochai la tête. « Vous avez eu des gestes tendres envers Rosalie ? »
« Tendres, je ne sais pas… De simples gestes, comme dire bonjour ou ce genre de chose… »
« Ça me paraît plutôt clair à mon sens… »
Nous étions arrivés dans le salon. Bella n'était pas dans son coin habituel… Je fus déçu en premier lieu, mais si elle me rejetait comme tout à l'heure, peut-être valait-il mieux que je ressente de la déception, plutôt que de la tristesse et la voir me repousser.
Nous nous attablèrent et poursuivîmes notre discussion une fois que j'eus salué le docteur Snow et Jasper.
« Donc, comment ça 'ça me paraît plutôt clair à mon sens' ? » Demandai-je.
Emmett et Rosalie nous rejoignirent à leur tour, avec un sourire jusqu'aux oreilles. Aucun doute que ces deux-là avaient pris leur pieds juste avant… Encore une chance que je ne les ai pas entendus… Ils sont vraiment pires que des lapins dans tout ce qui concerne le sexe !
« Prenons la situation inverse. » Déclara Jacob. « Je suis plutôt beau mec non ? »
Un ange passa dans le salon… Tout le monde observa Jacob sans rien dire…
« Super ! Si personne ne conteste c'est plutôt bon signe ! » Déclara-t-il.
Il ne sembla pas remarquer le murmure d'Emmett et le coup de coude que lui administra Rosalie. Les discussions repartirent de tous les côtés.
« Lorsque tu m'as vu pour la première fois avec Bella. Qu'as-tu ressenti exactement ? »
« De la jalousie, ça me paraît plutôt évident… »
Il me lança un regard, qui disait 'vas plus loin'. Je me remémorai alors la scène… J'avais ressenti de la peine et de la colère… Je le regardai les yeux grands, ayant enfin eu l'illumination qu'il attendait de ma part.
« Impossible ! » Fis-je de manière catégorique. « Bella ne peut pas être jalouse ! Sinon, pourquoi elle me rejetterait maintenant ? »
Il haussa les épaules de manière nonchalante.
« Che ché pas moi… » Fit-il la bouche pleine. « Chui pas pchy ! » Il avala. (N/A : Traduction… Je (ne) sais pas moi… Je (ne) suis pas psy !) « Mais, c'est ce que je pense… Bella est jalouse de t'avoir vu en compagnie de Rosalie. Et, peut-être même qu'elle se sent complexée ou menacée, par rapport à elle… Après tout, elle ne sait pas vraiment faire la distinction entre ce qui est considéré comme normal pour nous et ce qui ne l'est pas… »
« Hum… » Acquiesçai-je.
Je lançai un coup d'œil à mon père. Je voulais savoir où se trouvait Bella. Je pense qu'il le comprit, mais se contenta juste de me faire un sourire rassurant. Après avoir fini mon assiette, je me levais et débarrassai celles des autres. Je voulais à tout prix sortir de cette table et m'enfermer dans ma chambre, à lire, écouter de la musique, regarder la télévision ou autre chose qui fasse passer le temps.
Je ramenai le dessert pour aller plus vite. Je mangeais rapidement et m'éclipsai rapidement de table. Je pris quelques vêtements propres avant de me diriger dans ma salle de bains. Je lâchai tous mes vêtements, quand je vis Bella assise sur ses talons, totalement nue près de ma baignoire.
« Bella ! Mais qu'est-ce que tu fais ! » M'écriai-je. Ma voix était remplie de trémolos. Je n'avais pas envie de me débattre à nouveau contre mon corps et mes réactions masculines.
Je me dirigeai directement vers le placard où étaient rangées les serviettes et lui en jetai une. Elle lui atterrit sur la tête. Bella la fit glisser devant elle et semblait amusée. Si elle n'était pas nue devant moi, j'aurais pu la trouver mignonne avec son large sourire et ses cheveux tout décoiffés. Elle posa sa peluche par-dessus et s'avança vers moi. Je reculai et pensai à me diriger vers la porte, mais Bella n'était pas si bête que ça ! Elle changea de direction pour m'empêcher de m'enfuir.
Je réfléchis à vitesse éclair, les solutions que j'avais. M'enfuir n'était plus possible. Crier au secours me paraissait stupide (je voyais déjà mon frère me charrier avec ça). Céder à ce qu'elle demande sans avoir d'érection (mais je savais d'ores et déjà que c'était impossible). Céder un tout petit peu, pour pouvoir m'enfuir et ensuite demander de l'aide auprès des médecins en bas ?
Je soufflai. Peut-être pouvais-je d'abord tenter de lui parler…
Je jetai un coup d'œil vers Bella, qui s'avançait vers moi. En marchant à quatre pattes, elle m'offrait une superbe vision de sa poitrine et une magnifique vue de la cambrure de son dos, annonçant ses fesses certainement aussi douces que celle d'un bébé. Sa peau n'avait aucune imperfection, lisse avec un splendide teint d'ivoire…
Je détournai mon regard. En cet instant, j'aurais pu complètement oublier ce pourquoi je m'interdisais de céder à mes désirs, si je me laissais emporter par mes… instincts… Le seul signe qui me faisait rappeler son passé était sa démarche. Seulement mon esprit dérapait vite sur l'idée d'une prédatrice qui avance vers moi…
Je secouai la tête pour chasser ces pensées qui ne m'aident en rien… Le temps que je réfléchisse et que je fantasme, Bella était arrivée à mes pieds. Elle passa ses bras autour de mes jambes et je sentis ses mains s'agripper à mes fesses et me tripoter.
Bon sang !
Avant que je ne puisse faire quoique ce soit, elle mit sa tête juste devant mon entrejambe. Je fermai les yeux, tâchant de garder mon calme. Si je bougeais, je pouvais lui faire mal… J'avais du mal à respirer et mon cœur battait à la chamade. J'essayais tant bien que mal de faire abstraction du fait, qu'elle était là, devant moi, dans la même situation que pour faire une fellation… Sans parler de son contact sur mes fesses. Ou bien, son corps nu collé contre mes jambes. Je pouvais sentir sa chaleur irradier de son corps et en particulier de sa poitrine…
Putain de merde !
Je sentais mon entrejambe réagir à mes pensées et pour ne rien arranger à la situation, Bella prit entre ses dents le fermoir de ma braguette, qu'elle fit descendre lentement. Je ne savais pas pourquoi je ne réagissais pas… J'étais incapable de faire le moindre geste.
J'entendis à peine la porte s'ouvrir. Tout restait un peu confus dans mon esprit. Je sentis que l'on me secouait, ce qui me fit rouvrir les yeux. Je vis en premier le visage inquiet de mon père. Ses lèvres remuaient, j'entendais ce qu'il disait, mais je ne comprenais pas… Ou plutôt mon cerveau ne saisissait aucune information…
Tournant légèrement la tête, je vis Bella qui était maîtrisée par Jacob. Toujours nue… Elle se débattait de son emprise et semblait vouloir revenir vers moi. Quand elle me regarda, je vis son regard triste rempli de larmes…
Je réalisai ce qu'il venait de se passer… Je me dégoûtais de mon attitude. Mon corps m'obéit juste à temps, pour que je puisse vomir de justesse dans mes toilettes.
Ma crise dura ce qui me sembla une éternité et m'acheva presque complètement. Les murs semblaient tourner autour de moi, tandis que peu à peu je ne voyais plus les couleurs.
La seule chose que je pus saisir après ça, fut la terrible douleur de mon crâne… (N/E : La fin me fait mal au cœur…)(N/A : J'aimerais te dire que la suite sera plus réjouissante, mais je vais m'abstenir… Je ne dis pas que ça restera comme ça… Mystère… Mystère… *rire diabolique* ok… Je m'en vais...)
Bon allez… Je vous dis tout ! (Attention ! Spoilers !) Cette fiction se fera en deux parties… La première est celle que j'écris en ce moment, celle que vous êtes actuellement en train de suivre et qui s'intitule « Apprendre à vivre ». D'où son nom, elle retracera l'apprentissage de Bella ! Elle prendra fin avec un évènement qui bouleversera la vie de toute la famille Cullen, en particulier celle d'Edward et Bella ! (Je vous donne envie là ?) Je l'annonce tout de suite, la fin de cette première partie ne sera pas vraiment une happy end… Mais y'aura personne de tué, je vous le promets ! (Attaque personnelle : Je ne m'appelle pas Marie-Loving-Edward moi ! Je n'ai pas envie de faire crever les personnages principaux que tout le monde aime, sous prétexte que sans ça, y'aurait rien d'intéressant ! è_é Sadique ! Meurtrière ! Cœur de pierre ! Yeux sans larme ! Ceci dit… Je t'aime quand même !)
La seconde partie (qui sera beaucoup plus courte) racontera la vie de Bella ainsi que celle d'Edward après cet évènement… Je ne vous en dis pas plus, autrement je dirais tout ! XD Conclusion : je crois que vous allez devoir me supporter encore un bon moment ! Et même si je mets du temps à poster, ça ne veut pas dire que j'abandonne ma fiction. Seulement, j'ai d'autres obligations qui ne me permettent pas tout le temps d'écrire… AAV est vraiment un projet qui me tient à cœur ! Pour moi, elle représente un message d'espoir. Malgré tous les moments difficiles que l'ont peut vivre, le passé plus ou moins merdique que l'on a pu avoir, il faut savoir avancer et surmonter tout ça pour pouvoir évoluer (même si ça va tout casser, il faut que je place ma réplique : pas l'évolution des pokémons hein !). Ne jamais perdre espoir (Never lose hope) est une belle devise qui devrait toujours rester graver dans nos esprits…
The hussy who is named apple says goodbye !
