Merci à vous, pour votre fidélité. Merci à Anne, qui est toujours la première à me faire part de ses "sensations", lors de sa lecture. Donc, merci Anne. J'ai fait au plus vite pour poster ce chapitre, et oui, j'avais pitié de ta manucure, lol.
Bonne lecture.
10
Edward
Je ne suis plus un homme, je ne suis qu'une merde. Je joue sans ferveur, j'ai perdu ma muse, j'ai perdu mon amour, mon amie. Je suis étendu sur mon lit. Je n'en peux plus. Voilà un mois qu'elle est sortie de ma vie. Un mois sans la voir, sans la sentir, sans la voir rougir. Plus de petits mots, plus de « ça va ma caille », je ne sais même plus quand elle m'a appelé comme ça, pour la dernière fois, je ne me souviens plus de rien. Il y a un mois, j'ai pété les plombs. Je l'ai vu avec cet Indien, cet ours, tellement identique à mon petit frère. Je me suis senti minable à côté. J'ai ouvert les yeux sur une évidence, cette fille, même célibataire, cette fille ne me regardera jamais comme un homme, elle ne sort qu'avec des armoires à glace. Je suis taillé comme un haricot vert.
Bella
Maintenant 4 mois que tu es en mer, la moitié du chemin a été parcourus, mais je commence à me lasser. Je n'ai plus de tes nouvelles, seules, quelques lettres me parviennent, mais où est ta ferveur passée. Tu ne prends plus le temps de venir sur le net. Je suis seule Emmett, je suis seule et tu n'es pas là. Réponds-moi. Je t'aime Bella.
Voilà, je viens d'envoyer ce message directement sur sa boîte mail. Le mois de novembre est là, et je sais que je ne fêterais pas Thanksgiving, je ne veux pas aller chez les Cullen, je ne veux pas voir Edward. Pourtant sa présence me manque. Je pouvais tout lui dire, je pouvais être moi, sans avoir à contrôler mes pensées. Je croyais avoir rencontré un ami, un vrai. Mais je me suis trompée.
Et l'absence d'Em' me pèse. S'il savait qu'il avait vu juste sur son « frère », si j'avais su, je crois que je n'aurais rien fait pour le laisser entrer dans ma vie. Je souffre de son absence, comme une adolescente qui s'est disputé avec sa meilleure amie et qui ne la voit plus.
Je repense à toute ces fois où je suis allée chez ses parents, où j'ai ris à ses blagues, où j'ai posé ma main sur son bras. A chaque fois, il m'a regardé, et je voyais dans ses yeux une intimité et une attention identique à celle qu'il donnait à son frère où à ses parents. Je voyais bien qu'il me regardait différemment de ses conquêtes d'un soir, et je trouvais ça normal. Je ne suis pas une de ces filles faciles qui disent oui à n'importe quel mec, du moment qu'il jouit d'une certaine notoriété sur le campus. Quand il regardait Tanya, je pouvais lire dans ses yeux « mais qu'est-ce que je vais te mettre ». Et si je m'étais trompé sur son compte.
Mais ce dernier soir, lui collé contre cette porte, quand il m'a dit qu'il était malheureux, j'ai fait tilt. Il m'aime. Voilà pourquoi toutes ses filles me regardent mal, voilà pourquoi elles me bousculent et tentent de me faire tomber, quand je fais mon footing, et autre.
Ce qui me fait peur, enfin qui me laisse pantoise, c'est que les sentiments qu'il a pour moi sont anciens, d'avant même ma relation avec Emmett.
Je me vois dans ses bras, alors que je venais de tomber dans les escaliers, il me tenait fermement contre lui. Trop près de lui. Je me remémore mon agression devant la radio, et son air déçu. Et je n'avais rien vu. Je repense à ma chute dans la salle de bain, quand il me regardait par la fenêtre. Je repense à sa façon de me dévisager alors qu'il interprète une nouvelle mélodie. Il est en colère à cet instant, et je ne le comprends que maintenant.
Je me lève de ma chaise, je suis sur les nerfs depuis cette histoire. Je ne souhaite plus voir personne, même pas Angie qui est pourtant une fille sympa, surtout pas Alice qui vit l'amour parfait. Je ne veux pas voir de monde.
Je prends mon sac et je vais en cours, après j'irais à la bibliothèque, et je rentrerais le plus tard possible, pour être sûr de ne voir personne.
Edward
Ma vie ! Qu'est-ce que je veux faire de ma vie ? Là, tout de suite, ben, je voudrais mourir, tellement je souffre. J'ai le cœur sous un monceau de ronces et chaque fois que je tente de respirer, les épines s'introduisent dans ma chair, m'empêchant de prendre l'air nécessaire à ma survie. Je m'enfonce lentement dans une douce léthargie. J'ai bu, j'ai pris des antidouleurs, mais rien y fait, le supplice persiste, je suis au bord du gouffre. Je repense à une chanson que j'ai entendue dans un café. Je la trouvais naze. Mais là, les paroles me reviennent et j'en viens à comprendre le sens.
« I don't remember the moment I tried to forget
I lost myself is it better not said
Now I'm closer to the edge
Je ne me rappelle pas le moment où j'ai essayé d'oublier
Je me suis perdu, c'est mieux de ne pas en parler
Maintenant je suis au bord du gouffre »
J'ai envie de rire, je suis vraiment dans cet état-là. Je marche au bord du gouffre. Et les paroles, qui défilent dans ma tête.
"No I'm not saying I'm sorry
One day, maybe we'll meet again
No I'm not saying I'm sorry
One day, maybe we'll meet again
No, no, no, no!
Non, je ne dis pas que je suis désolé
Un jour, peut-être nous nous reverrons
Non, je ne dis pas que je suis désolé
Un jour, peut-être nous nous reverrons
Non, non, non, non! »
Non, non, non je ne suis pas désolé Isabella d'être amoureux de toi, non, non, non, mais un jour peut-être nous nous reverrons.
"Can you imagine a time when the truth ran free
the birth of a sun, the death of a dream
Closer to the edge
This never ending story, paid for with pride and fate
We all fall short of glory, lost in our fate
Pouvez-vous imaginer une époque où la vérité courait librement
La naissance d'un soleil, la mort d'un rêve
Au bord du gouffre
Cette histoire sans fin, payée avec fierté et destin,
Nous manquons tous de gloire, perdus dans notre destin »
Je reprends les paroles à voix hautes, elles sont s'y proche de ce que je ressens, je les comprends, et je comprends que je suis un con, un con qui a cru qu'il pouvait fermer les yeux sur les sentiments qu'il avait pour une femme. Mais voilà, quelle femme, magnifique, belle et intelligente . . .
No, no, no, no!
I will never forget
Non, non, non, non!
Je n'oublierai jamais
No, no!
I will never regret
Non, non!
Je ne regretterai jamais
No, no!
I will live my life!
Non, non!
Je vivrai ma vie!
No, no, no, no!
I will never forget
Non, non, non, non!
Je n'oublierai jamais
No, no!
I will never regret
Non, non!
Je ne regretterai jamais
No, no!
I will live my life!
Non, non!
Je vivrai ma vie!
Mais je ne sais pas comment je pourrais vivre ma vie, je ne pourrais jamais avoir la femme que j'aime. Isabella. Je marche au bord du gouffre. Je me sens partir. Je prends mon portable et je regarde une photo de nous. Alors que nous mangions dans une pizzeria avec Alice et Jazz. Elle me met une part dans la bouche, je suis souriant, riant à sa farce. Elle est belle et de nous voir à deux, côte à côte, on pourrait nous prendre pour un couple.
J'aime tellement cette photo, que je l'ai mise dans son profile. Comme ça, quand je l'appelle, je vois cette photo. Je la regarde.
- je ne t'appellerai plus Bella, la belle Isabella.
- allô ?
- je suis stone au point d'entendre sa voix, si ce n'est pas être au bord du précipice, pauvre Edward.
- Edward ?
- oh, quel plaisir d'entendre ta voix. J'ai bu, tu sais, j'ai pris des médocs et j'entends ta voix. Depuis un mois que j'espère entendre ta voix.
- mais merde, Edward Cullen, pourquoi tu m'emmerdes à 3h du mat'. J'ai cours demain.
- j'aime même quand tu m'envoie chier. Je suis maso !
- t'as l'air bizarre.
- c'est vrai que je n'suis pas en forme, je pense que les médocs . . .
- tu es où.
- chez moi.
- à la fraternité ?
- non, chez moi.
- chez tes parents.
- non ma beauté, j'ai un chez moi, je suis au paradis.
- merde déconne pas, t'es où.
- là où la musique m'accompagne.
Je lâche mon portable, il tombe à côté de moi. Je n'ai plus la force de le tenir, je me sens mal, je tombe dans le gouffre.
- closer to the edge.
J'entends Bella qui crie dans le téléphone.
- je t'aime, Isabella, je t'aime et je ne l'ai pas fait exprès.
Bella
Je suis en panique. J'essaye de le faire parler mais je n'y arrive pas. Il m'a appelé en pleine nuit, et ça c'n'est pas dans ses habitudes. Même quand on se parlait, il ne m'a jamais réveillé en pleine nuit.
J'ai décroché de mauvaise grâce.
- allô !
Quand je l'ai entendu divaguer, j'ai d'abord été très en colère puis au fur et à mesure, alors que je l'entendais me parler, ses réponses absurdes m'ont inquiété.
- tu es où ?
- chez moi.
J'ai beau lui posé la question, il divague. Je prends mes clefs de voitures, et je sors.
- tu es où ?
Je lui demande, s'il est à la fraternité, chez ses parents. Mais il me répond que non. J'ai beau réfléchir, je ne vois pas. Son portable dois être tombé, car je l'entends mais de très loin. « Je t'aime »
Merde, je vais vers ce qui me semble être son lieu favoris, la salle de répétition, à la section musique de la U-Dub. Je me gare comme une merde, mordant sur les plates-bandes. Je rentre en trombe dans le bâtiment, manquant de me vautrer, quand mes pantoufles glissent sur le sol. Je me retrouve dans le hall. Je ne sais pas, par où commencer. Je ne suis jamais venue ici. Je pousse toute les portes que je croise. Il y a un escalier, je coure dans sa direction, mais au moment de m'y engager, je vois une porte, un peu en retrait, avec un piano. Ni une, ni deux, je m'y engouffre.
Il est là, au sol.
- Edward.
Je me jette au sol. J'atterris contre lui. Il ne parle pas, il ne bouge pas.
- Ed', mais qu'est-ce que tu as fait.
Je sors mon portable et fais le numéro des urgences. J'attends, ça sonne, j'attends, on décroche.
- allô ?
Merde, de putain, d'enfoiré, c'est un disque.
- pour une urgence, tapez 1
- oui 1
- pour être mis en relation avec les secours faites le 2
- oui, 2
J'attends une nouvelle fois. Puis un déclic.
- allô.
- oui, bonsoir, je suis Bella Swan, je suis dans l'auditorium de l'académie de musique de la Dub, je suis avec un ami qui est inconscient.
- bon, calmez-vous.
- MAIS JE SUIS CALME, JE VOUS DIS QU'IL EST INCONSCIENT, ON NE PEUT PAS ÊTRE PLUS CALME QUE MOI.
- mademoiselle, je vous écoute, mais je vais vous demandez de suivre et faire ce que je vous demande.
Je souffle. J'ai peur.
- ok.
- regardez, s'il a une plaie apparente. Posez votre téléphone près de vous après avoir mis le haut-parleur. Mais surtout, vous ne le bougez pas.
- ok.
Je pose le téléphone près de moi, tout comme le monsieur il a dit, après avoir mis le haut-parleur au max. Je regarde Edward, je ne le touche pas, et je le scrute, rien. Je cris l'info.
- RIEN.
- bien, maintenant, vous allez regarder s'il respire, et vérifier qu'il n'ait rien de coincer dans la gorge.
J'obtempère, je glisse mon oreille près de sa bouche.
- il respire.
- vous m'avez dit que vous étiez que vous étiez dans l'auditorium.
- oui.
- les secours sont en route, ils seront là dans 5 minutes.
- a-t-il quelque chose dans la bouche.
- non.
- je vais vous demandez de le mettre en PLS. Savez-vous de quoi je parle ?
- oui, la position latérale de sécurité.
- oui, c'est bien. Vous allez vous placer sur l'un des côtés.
- c'est fait.
- Bella ! C'est ça ?
- oui.
- Bella, vous allez prendre le bras de votre ami, celui qui est à l'opposer de là où vous êtes, et placer sa main sous son oreille, celle qui est de votre bord. Dans cette position, son bras est en travers de son torse.
- euh, oui.
- Bella, c'est simple, vous mettez une main sous son genou, toujours à l'opposer de vous, vous mettez la main de votre ami comme je vous ai dit et ensuite, en posant votre main libre, derrière son épaule, vous le basculez vers vous. Comme ça il se retrouve sur le côté.
Je fais ce qu'il m'a dit. Je plis sa jambe et glisse mon bras par-dessus, pour le tourner. Je lui mets sa main sur sa joue et ma main sur son épaule et je le tourne vers moi. Son corps tourne quasiment de lui-même.
- c'est fait.
- bien, les secours seront là d'une minute à l'autre.
- han, han.
- dites-moi Bella, savez-vous ce que votre ami a pris.
- de l'alcool et des médicaments, je crois, mais je ne sais pas lesquels.
- voyez-vous un emballage près de lui.
- non, mais je n'ai pas regardé.
- pouvez-vous le faire ?
- oui.
Je me lève et m'oriente vers le piano, où j'ai vu son sac. Je regarde à l'intérieur. Rien. J'examine les lieux, regardant autour de moi, et je vois une bouteille de vodka, et juste à côté, un tube orange. Je me dirige vers l'objet. Je lis l'étiquette qu'il porte. Antidouleurs.
- il a pris des antidouleurs.
- merci Bella.
Je regarde les portes de l'auditorium, un homme entre avec un sac. Un autre le suit, il tire une civière, et un troisième l'aide.
- à enfin.
Je n'ai pu m'empêcher de parler, je suis soulagée. Presque. Les secours prennent en charge Edward.
- monsieur, vous m'entendez, monsieur.
Mon ami est toujours inconscient.
- je peux raccrocher maintenant.
- oui Bella.
- merci.
- de rien, bon courage.
- oui.
Je regarde les hommes qui apportent les premiers soins à Edward. Je reste debout, en retrait. Je ne sais pas quoi faire.
- mademoiselle.
Je lève la tête surprise.
- oui.
- pouvez-vous me dire ce que votre ami a pris.
- alcool et antidouleurs.
Je tends le bras vers eux et ouvre ma main, pour qu'ils voient le flacon. L'un de le prend et regarde ses collègues. Il fait une moue étrange, mais ne dit rien. Alors je pose la question qui me brûle les lèvres.
- c'est une overdose ?
Le grand brun qui était rentré en premier me regarde. Il ne dit rien. Son collègue blond me sourit et prend la parole.
- oui mademoiselle, ça en à tout l'air.
Je suis . . . je suis . . . je ne sais pas comment expliquer ce que je ressens. Je suis déçu, par moi, par lui. Une overdose. Ils l'emmènent hors du bâtiment, je les suis en silence. Ils le font rentrer dans l'ambulance.
- vous l'emmenez où ?
- au Seattle Grace.
- ok.
- vous montez avec nous.
Je regarde l'homme sans comprendre et quand l'information atteint mon cerveau, je me jette à l'intérieure, du véhicule. Je me sens coupable de l'avoir abandonner. Je me sens monstrueusement coupable de ne pas avoir été là pour lui.
