Ma berceuse

Résumé : Un matin banal dans la nouvelle vie de Bella à Forks, les Cullen Brothers, célèbre groupe de musique, débarque au lycée. Il semblerait que la petite ville de l'état de Washington soit devenu le nouveau fief d'un band qui ne souhaite que vivre une vie normale. Quoi de plus normal alors que de tomber amoureux ? Bella/Edward Tous humains (enfin je crois^^)

Note de l'auteur : Chapitre corrigé cette fois^^. Merci encore pour les reviews !


Malheureusement, le lundi, Bella ne décoléra pas au lycée. Et encore moins quand tout le monde la pointa du doigt ou se mit à lui parler, à la questionner, à la harceler. Edward ne sembla pas plus avenant qu'elle. À chaque fois qu'elle passait près de la table des Cullen à la cafétéria, durant les jours suivants, le reste de la fratrie la regardait avec appréhension et détournait dans un même mouvement le regard vers Edward. Il restait durant chaque repas le nez dans son assiette, se dépêchait d'avaler le contenu de son plateau puis sortait, sans jamais dire un mot. Pas que Bella étudiait les faits et gestes d'Edward, mais Jessica se faisait un plaisir de les lui détailler sans jamais oublier de lui poser nombre de questions.

Bientôt, la semaine du bal arriva. Et Bella se rappela soudainement qu'Alice lui avait dit, peu avant qu'elle coupe les ponts avec toute la famille, qu'elle lui avait acheté une robe, persuadée que la fille du sheriff cèderait et se déciderait à assister à l'événement. Bella l'attendit donc à la sortie du cours de littérature pour mettre les choses au clair sur ce point. Quand elle demanda à lui parler, Alice ne lui parut pas désagréable. Edward avait-il raconté à ses frères et sœurs ce qu'elle lui avait dit? Sans doute que non, sinon Alice n'aurait pas paru aussi guillerette de la voir.

« Voilà, je voulais te voir au sujet de la robe que tu as acheté pour moi, la semaine dernière…

-Tu veux la voir?

-Oh…non. Je voulais juste te proposer de te la rembourser. Je n'irai pas au bal.

-Pourquoi?

-Je n'aime pas danser. Et j'ai tout un tas de choses à faire ce week-end.

-Ça aurait peut-être été un bon moyen pour te réconcilier avec Edward, soupira Alice.

-Je suis désolée de te dire ça, mais je ne veux pas me réconcilier avec Edward.

-Il dit ça aussi. Mais dans le fond, tout le monde sait que vous vous adorez.

-Que… quoi?

-Tu sais, je crois vraiment que tu devrais mettre de côté ces histoires de star et de photos. Edward est un garçon comme les autres et même s'il a fait pas mal de conneries dans le passé, il a changé et il gagne vraiment à être connu maintenant.

-Il t'a parlé de notre dispute?

-Non, mais pas besoin d'être extralucide pour savoir sur quoi elle portait. Et en croire la tête que fait mon frère ces derniers temps, ça ne devait pas être joli.

-J'aime bien Edward, mais…, elle soupira, cherchant ses mots.

-Mais moins que ta tranquillité?

-Disons que je ne suis pas sûr qu'il vaille la peine que je la sacrifie pour lui. »

Alice garda un instant le silence puis sortit de ses pensées et sourit légèrement. Bella ne comprit pas très bien ce silence, mais ne demanda pas d'explication.

« Je ne sais pas…, finit par avouer Alice sincère, mais je n'aime pas le voir comme ça. »

Elle tapota l'épaule de Bella tandis que Rosalie les rejoignait. Cette dernière semblait beaucoup plus froide que d'habitude. Elle ne salua pas Bella et se contenta de la transpercer d'un regard sombre et dur. Alice dit au revoir à la brune et s'éloigna avec sa belle-sœur sans que celle-ci n'ait prononcé un mot. Visiblement, certains lui en voulaient plus que d'autres dans cette histoire.

Bella secoua la tête et écarta de ses pensées cet épisode de sa journée. Au détour d'un couloir vide, tandis qu'elle se rendait en retard à son cours de sport, elle tourna sans regarder où elle allait et percuta une masse qui la fit tomber par terre. N'importe qui aurait juste trébuché sans atterrir sur les fesses. Seulement, Bella faisait partie de ceux qui réussissaient à s'emmêler les pieds dès qu'elle perdait un peu l'équilibre et se retrouvait souvent dans une position ridicule. Cette chute n'échappa pas à la règle. Assise par terre, un peu sonnée, elle mit une seconde pour relever la tête. Edward Cullen la regardait avec, pour la première fois depuis une semaine, une lueur amusée dans le regard et son fameux sourire en coin aux lèvres. Quand il croisa le regard de Bella cependant, son visage reprit un masque froid et l'éclat de ses yeux se ternit. Sans un mot, il lui tendit une main, qu'elle prit, hypnotisée, la remit sur ses pieds et s'éloigna, passant à côté d'elle tel un courant d'air.

« Edward! Attend! »

Il s'arrêta, figé par sa simple interpellation et ne se retourna pas. En le regardant comme ça, elle aussi immobile, elle put voir que tout son corps était tendu et qu'il serrait les poings. Il était sans doute encore furieux.

« Quoi? marmonna-t-il.

-Je… Rien », soupira-t-elle en baissant la tête.

Il n'attendit pas qu'elle tente un nouvel essai et s'éloigna rapidement, comme s'il la fuyait. Rectification : il la fuyait. Et cela lui fit de la peine, sans qu'elle ne comprenne vraiment pourquoi. Sans doute la colère était-elle enfin passée et qu'elle faisait face à la situation avec plus de sang froid et d'amitié. Edward lui manquait déjà et elle n'osait imaginer comment elle se sentirait vendredi, à rester seule dans sa chambre toute la soirée…

Ce ne fut que le vendredi après-midi que Bella revit Will. Elle finissait plus tôt et décida d'aller faire des courses au supermarché du coin. Le cousin des Cullen y travaillait en tant que caissier. Elle ne fut pas sûr qu'il la reconnut d'abord, mais vu le sourire qu'il lui adressa quand elle arriva à la caisse, cela ne fit aucun doute.

« Bonjour Bella.

-Salut. Alors, tu travailles ici?

-Carlisle m'a trouvé ce boulot, histoire de m'occuper. »

Bella n'avait aucune idée de ce qui avait amené Will à habiter chez le petit frère de sa mère, mais ce n'était sans doute pas des vacances pour bonne conduite. Le jeune homme semblait déplacé dans cet environnement campagnard et dans une aussi petite ville que Forks, elle l'aurait plutôt vu à New York. Il paraissait encore plus déplacé dans cette superette à enregistrer ses courses.

« Je pensais que tu étais au lycée.

-Je me suis fait virer avant d'avoir mon diplôme de fin d'étude. Donc, je recommence l'année prochaine. En attendant, me voilà… »

La théorie du bad boy newyorkais paraissait de plus en plus plausible.

« Tu passes tes vacances ici alors?

-Non, sourit-il, je reste toute l'année prochaine.

-Tu habitais où avant?

-Phoenix.

-Vraiment? Moi aussi.

-Il y a longtemps que tu vis à Forks?

-Quelques mois.

-Je me disais bien que tu ne ressemblais pas aux gens d'ici.

-Comment ça?

-Tu parais venir d'une autre planète.

-Je ne sais pas comment je dois le prendre, répondit-elle, en remettant une mèche de ses cheveux derrière l'oreille, mal à l'aise.

-Plutôt bien, en fait. »

Le sourire de Will se fit alors plus éclatant. Il lui donna le montant de ses courses et elle le paya. Alors qu'elle s'apprêtait à partir, il demanda à un autre employé de le remplacer une minute et prit les sacs de courses des mains de Bella, doucement.

« Je vais t'aider », murmura-t-il.

Elle le laissa faire et le guida vers sa voiture. Il posa les courses dans le coffre et se permit un sifflement admiratif devant le vieux taco de Bella.

« Elle est plus vieille que moi celle-là.

-Elle doit avoir deux fois ton âge, en fait, répondit Bella en souriant, amusée.

-Elle roule bien?

-Parfaitement. Même si on ne dirait pas comme ça…

-Je l'adore. J'ai toujours rêvé d'avoir un vieux pick-up que tout le monde regarde de travers. Ça a un certain style.

-N'insulte pas ma voiture, s'il te plait. »

Il rit doucement et secoua la tête en assurant que c'était plutôt un compliment. Puis il se calma et parut légèrement mal à l'aise, les mains dans les poches arrières de son jeans. Il hésita, puis se lança.

« Dis-moi, Bella…

-Hmm?

-Tu sors avec Edward?

-Oh…non, pas du tout. À vrai dire, on ne se parle même plus, dit-elle en haussant les épaules et en baissant les yeux.

-Okay… et bien, repasse quand tu veux. Ce sera un plaisir de revoir Madame, ajouta-t-il en tapotant la carrosserie de la vieille voiture.

-C'est ça. À bientôt. »

Elle lui sourit, puis monta dans sa voiture et s'éloigna, un peu chamboulée. Ce garçon avait un charme étonnant. Il paraissait à la fois mature et enfantin, sûr de lui et mal à l'aise parfois, fort, mais écorché. Son regard, d'une intensité folle, la perturbait. C'était comme… comme un coup de foudre. Oh bien sûr, sans sentiment aucun. Mais il lui avait tout de suite plu avec son regard pétillant et son sourire ironique au coin des lèvres. Comme s'il avait vu beaucoup de choses et qu'il se permettait maintenant de prendre les jours et les gens avec distance et sagesse. C'était un mélange étrange et, pour Bella qui ne s'était que rarement intéressée aux autres, intriguant. Son seul souhait, avant de se coucher, le soir même, fut de le revoir au plus vite.

Et ce lui fut accordé. Le samedi, en allant rejoindre Jacob, elle tomba en panne et dut appeler la dépanneuse. Pourquoi fallait-il que ce vieux taco tombe en panne à la sortie de la ville alors qu'elle se rendait chez son mécanicien préféré? Oh bien sûr, elle avait pensé à appeler Jake pour qu'il vienne voir ce qui n'allait pas. Mais évidemment, il ne répondait pas à son téléphone. Bella donna un coup de pied dans le pneu de sa voiture en jurant un bon coup. Les choses n'allaient pas bien fort ces temps-ci, décidément. D'abord ces photos, ensuite elle ne voyait plus Edward et maintenant cette vieille carcasse qu'elle adorait tant rendait presque l'âme. Elle ne pourrait sans doute pas voir Jake. En plus, la dépanneuse n'arriva qu'une demi-heure plus tard, encore plus lente que Bella quand elle conduisait en ville.

Une chose, cependant, illumina quelque peu sa matinée. La personne qui conduisait la dépanneuse ne lui était pas inconnue. Et cela lui redonna un peu le sourire : Will. Elle se mordit la lèvre pour qu'il ne voit pas trop son enthousiasme et espéra ne pas rougir. Quand il la reconnut, un large sourire étendit ses lèvres. Il arrêta la remorqueuse devant la voiture de Bella et descendit pour la rejoindre.

« Bonjour! Si j'avais su que c'était toi qui étais tombée en panne, je serais venu plus vite.

-Tu travailles pour le garage maintenant?

-Je fais plusieurs petits boulots.

-J'attends depuis une demi-heure.

-Désolé, cet engin avance moins vite que ma grand-mère, répondit-il en pointant du doigt le camion.

-Ça ne fait rien.

-Tu veux que je jette un coup d'œil avant de ramener Madame au garage?

-Euh… oui. Le moteur s'est mis à fumer et à faire encore plus de bruit que d'habitude.

-C'est possible?, plaisanta-t-il.

-Apparemment. »

Il ouvrit le capot et jeta un œil dedans. Après quelques minutes où il toucha un peu à tout, il en ressortit en grimaçant.

« Ce n'est pas joli joli…

-Elle est morte, tu crois?

-On peut peut-être la ressusciter, mais il faut que je l'emmène au garage.

-Allons-y, alors », soupira-t-elle.

Il fit les manœuvres nécessaires pour accrocher la voiture à la dépanneuse et fit monter Bella à côté de lui avant de redémarrer vers le garage. Un léger silence s'installa, tandis que l'engin avançait lentement vers la ville. Un peu avant d'arriver, Bella aperçut Alice, appuyée sur sa voiture, garée devant le garage.

« Ça fait dix minutes que je t'attends, dit-elle dès que Will eut posé le pied dehors.

-Je dois faire des heures sup, répondit-il simplement en montrant la voiture de Bella.

-Salut Bella.

-Bonjour Alice.

-Ça va?

-Moi oui, ma voiture c'est autre chose.

-Je vais regarder ça maintenant et je m'en occuperai demain, ajouta Will en commençant à enlever la voiture de la remorque, je n'en ai pas pour longtemps Alice.

-Mince, ça prendra autant de temps. »

Bella se demandait comment elle allait rentrer chez elle quand Alice interrompit le cours de ses pensées par un long monologue à propos des vieilles voitures et du fait qu'on ne pouvait jamais compter sur elles. C'est pour cela qu'elle préférait sa Ford dernier cri.

« Tu sais, Bella, enchaîna-t-elle en passant du coq à l'âne, ce n'est pas parce que tu ne veux pas être amie avec Edward que nous deux, nous ne pouvons pas être amies. Je ne suis pas connue, moi, après tout. »

Alice avait l'art et la manière de faire un reproche sans qu'on puisse réellement s'en justifier.

« Euh… oui, je suppose.

-Donc, c'est réglé. Tiens, au fait, j'ai ta robe dans le coffre. Je comptais te la déposer après être passée prendre Will. Il n'a pas de voiture, donc on est obligé de lui servir de chauffeur. Alors on passe le prendre à tour de rôle. Le pire c'est quand c'est au tour d'Edward. L'ambiance est tellement glacée dans la voiture qu'on a l'impression d'être au pôle nord.

-Ils ne s'entendent pas du tout?, demanda Bella, en se disant que décidément, aujourd'hui, Alice était vraiment loquace.

-C'est un euphémisme. Ça fait des années que ça dure. Ce qui est étrange c'est que quand ils étaient petits, ils étaient inséparables. »

Elle haussa les épaules et tendit la robe à Bella. À travers le plastique qui la protégeait, Bella put voir une magnifique robe bleu nuit assez courte et sans doute moulante. Le décolleté ne semblait pas trop profond et les brettelles étaient de couleur argent. Le tout était classe, élégant, mais pas vulgaire. Enfin, encore restait-il à Bella de l'essayer. Lui irait-elle vraiment? N'était-elle pas un peu trop moulante pour elle? Bella secoua la tête.

« Tu as le ticket de caisse?

-Quoi? Tu veux me rembourser?, s'offusqua Alice qui semblait trouver l'idée idiote.

-J'aimerais d'abord voir si je peux la rendre.

-Tu ne veux toujours pas aller au bal?

-Non.

-Bon… mais garde la, elle pourrait te servir. »

Bella soupira et secoua la tête, l'air septique.

« Je ne pense pas.

-Si, pour la fête que Jasper et moi organisons pour nos fiançailles, répondit Alice, son sourire augmentant au fur et à mesure de sa phrase et de la surprise qu'elle allait susciter.

-Ce n'est pas vrai! Vous vous êtes fiancés?

-Entre nous, ça n'a surpris personne à part toi, répondit-t-elle, un peu déçue.

-Félicitations.

-Alors… tu viendras à notre fête?

-Et bien… oui, pourquoi pas.

-Génial, je t'amènerai le billet d'avion lundi.

-Le… quoi?

-Et bien oui, nous la faisons dans notre maison de Los Angeles.

-…

-Tu as accepté, tu ne peux plus refuser!

-Mais Alice… je ne peux pas aller à Los Angeles!

-Pourquoi?

-Je n'ai pas les moyens d'acheter le billet d'avion et puis… mon père ne voudra jamais.

-Je te paie le billet et je m'occupe de ton père. »

Son sourire avait l'air si assuré que Bella ne voulut pas la contredire. Même si elle ne se faisait pas trop de soucis à propos de cette idée, son père ne voudrait jamais.

« Vous faites ça quand?

-En juillet. Tu pourras rester quelques jours.

-Oui oui… »

Aucun doute que Charlie ne voudrait pas, mais autant ne pas contrarier Alice. Celle-ci eut un sourire très satisfait et Bella s'étonna de la contenter autant pour si peu.

« C'est bon, j'ai vu ce qui ne collait pas avec Madame, intervint Will en revenant, s'essuyant les mains avec un chiffon. Reviens demain à 13h, ce sera sans doute prêt.

-Je te ramène, Bella? proposa Alice.

-Euh… je vais appeler mon père, c'est bon.

-Ne sois pas ridicule, grimpe. »

Bella soupira une nouvelle fois et monta dans la voiture avec un léger sourire, ayant compris qu'on ne pouvait rien refuser à Alice et à sa grande générosité.


Je suis en vacances, donc la suite bientôt je suppose !

Merci à tous pour votre soutien, c'est hyper boostant !