Hey,

Ce chapitre compte 17 pages, le précédent 14, je suis fière de moi :).

Bon, mon dernier poste date d'un mois (si on rajoute une semaine), et je crois que c'est mon rythme pour vous donner un chapitre de cette taille, malheureusement je manque de temps pour faire plus rapidement, le lycée prend beaucoup de temps, ainsi que la vie que nous avons tous à côté… je suis sûre que vous me comprenez (du moins j'espère).

Ensuite, je remercie les gens pour les reviews, même si, je dois l'avouer au risque de me faire huer, j'ai été déçue de ne pas en recevoir plus, ou des plus constructives…

J'aimerais vraiment savoir ce que vous aimez dans l'histoire ou ce que vous attendez réellement du déroulement de l'histoire elle-même, ne vous contentez pas de dire « j'aime, vivement la suite », vous pouvez dire tout ce qui vous passe par la tête, ça me donnera au moins une idée de ce que pensent les lecteurs, que ce soit bon ou mauvais.

Sur ce, une bonne année 2010 pour tous et une agréable lecture !

Briséis Black


Chapitre 9 : L'inquiétude toujours

Sa silhouette approchait, encore, toujours…

« Qu'est-ce que tu fais ici ? »

Et il m'adressa la parole, fronçant ses sourcils noirs et m'observant de ses yeux gris.

« Et toi ? Pourquoi es-tu passé par l'infirmerie ? contrais-je, inquiète. Quelque chose ne va pas avec ton dos ? Et ne m'épargne pas, s'il te plait ! »

Une douce lueur s'alluma dans son regard, et dans un mouvement rapide, instinctif, je jetais un regard à la porte de Défense contre les forces du Mal au cas ou Turner - que je pressentais déja comme l'un de ces professeurs que l'on ne pouvait pas se mettre dans la poche - déciderait d'ouvrir cette même porte et de jeter un œil au dehors, dans quel cas Sirius serait aussitôt prier de prendre place dans le cours, et moi, de me rendre chez Dumbledore comme prévu.

« Sirius, réponds.

- Non, m'apprit-il d'une voix douce, jetant lui aussi un rapide coup d'œil sur la porte de bois. J'ai juste eu mal un moment, j'ai trop forcé dessus et la blessure s'est ravivé, mais tout va bien maintenant.

- Pomfresh n'a pas posé de question ?

- Elle a l'habitude de ne pas en poser, émit-il moqueusement.

- Sirius…, m'agaçais-je.

- Elle a simplement fait remarqué que j'avais étais soigné par un pro. »

Au compliment, je passais une main nerveuse à la base de mon front pour tirer quelques mèches rebelles en arrière avant de m'adresser à Sirius qui n'était plus très loin de moi maintenant. Plus du tout même.

Je sentis son odeur capiteuse dés lors qu'il déposa un léger baiser sur ma joue gauche.

« Bonjour, au fait.

- Sirius, expiais-je comme fatiguée de me taire, Dumbledore m'a fait convoqué dans son bureau. Rusard est venu faire passer le message à l'instant. »

Ses yeux me scrutèrent à la manière de quelqu'un qui attend plus d'explications d'une personne coupable.

« Qu'est-ce que t'as fait ?

- Qui te dit que j'ai fais quelque chose ? rétorquais-je au tac au tac.

- Tu fais toujours quelque chose.

- C'est faux !

- Qu'est-ce que t'as fait ? répéta-t-il distinctement, cherchant mon regard.

- Mais rien, justement !

- La vérité, Callista.

- Je n'ai rien fait, sifflais-je encore à voix basse, j'ai été sage toute la matinée et crois moi j'ai fais de beaux efforts ! Des efforts que tu n'aurais même pas pu faire ! Toi, le roi des provocations !

- Des exemples ? »

Je l'observais et secouais la tête lamentablement.

« Tu devrais te rendre en cours et moi dans le bureau de Dumbledore. »

Je commençais à avancer en remarquant qu'il me suivait.

« Rentre en cours, Sirius.

- Au diable le cours, fit-il avec détermination. Alors… et ces exemples ?

- Je - »

Je me tus. Et ressentie une douce chaleur se rependre tout le long de mon corps en minuscules décharges lorsque sa main se glissa doucement dans la mienne pour marcher. J'allais pour lui dire quelque chose lorsqu'il me coupa la parole avec empressement :

« Je te tiens la main, ça ne prouve rien pour nous. Et je te tenais déjà la main quand on était gamin.

- Je me souviens, souris-je tout à coup. »

Sauf que maintenant, nous n'avions plus l'âge d'être des naïfs, nous avions grandi, ensemble, dans une même école, séparer par la force qu'exerçait ma maison contre la leur, séparer par mes propres choix enfantins et punisseurs, et une fois de plus, je me demandais… Qu'avais-je fait ?

« Oui… Tu me tenais la main pour me traîner dans ta chambre lorsque j'étais invitée chez toi. »

Sirius rigola à gorge déployé alors que nous passions devant une salle de classe dont la porte grande ouverte me laissa apercevoir quelques têtes de sixièmes années à Poufsouffle. Je me demandais vaguement qui pourrait être la maison dont le cours était commun aux Poufsouffle lorsque Sirius arrêta brutalement son rire et m'entraina d'une démarche, certes, plus vive, mais d'une façon assez burlesque.

Je ne relevais pas, attendant. Il le remarqua.

« La classe de Regulus, lâcha-t-il enfin avec un certain agacement.

- Pourquoi l'éviter constamment ?

- Parce que dés que je le vois, il m'énerve.

- Pourquoi ?

- Ses fréquentations, grogna Sirius.

- Je suis aussi de Serpentard, notais-je.

- Mais tu ne partage pas la même politique.

- Et c'est tout Sirius ?

- Il me fait honte, ma famille me fait honte, avoua-t-il en un souffle court, le regard fuyant. »

Mon pouce caressa la paume de sa main, et je resserrais la prise qu'il exerçait déjà faiblement.

« Sirius, soufflais-je. »

Il ne me regarda toujours pas.

« Sirius, soufflais-je de nouveau, en m'arrêtant dans une intersection, lui avec moi. »

Cette fois ci, il osa porter ses prunelles aciers dans les miennes. Je gardais mon souffle et m'approchais de son oreille, doucement, lentement, comme quand nous étions enfants, seuls, dans sa chambre, dehors, à l'abris des autres, de tout…

Bon sang, à mesure que j'approchais, j'étais sûre qu'il pouvait sentir mon pouls grimpait grâce à l'étreinte que conservaient nos mains.

« Je sais que tu n'es pas comme eux… Tu t'es déjà démarqué de bien des façons, tu as même quitté la maison dans laquelle tu as grandi, je sais combien ça a pu être difficile au début, je regrette de n'avoir pas pu être présente pour toi… Et je sais qui tu es, moi.

- Tu as été là, une fois, murmura-t-il, la voix basse, comme pour ne pas couper ce moment intime. Quand je suis arrivée à Godric's Hollow, après être parti pour de bon, James n'était pas encore rentrée et je suis tombé sur toi, tu as été là, Callista.

- Ce jour-là, murmurais-je, on s'était encore disputé pour rien.

- Tu me cherchais, le sentis-je sourire alors que je déposais un baiser sur sa mâchoire, la main agrippé a son bras tandis que ses mains étaient maintenant sur ma taille.

- Je te sentais pas comme d'habitude, je voulais savoir ce qui n'allait pas.

- Ce jour-là, reprit-il, ça m'avais fait du bien de pouvoir te reparler sans que tu ne mordes. »

Je déposais un simple baiser sur la ligne de sa mâchoire pour revenir à son oreille, là ou ses cheveux de jais retombaient, et c'est là, dans un élan tout a fait instinctif que je compris le pourquoi de tout ce malaise qu'il avait par rapport à eux, une famille adoptant et supportant la politique qui avait causé la chute de mon père et de bien d'autres…

« J'ai autre chose à te dire, Sirius, hésitais-je alors, à quelques millimètres de son oreille. »

Il frissonna.

« Dis.

- Sache seulement que je n'ai pas honte de toi et du nom que tu portes. »

Je lui laissais une seconde avant de redéposer une nouvelle fois un baiser sur sa mâchoire, le tirant par la suite d'un mouvement leste de la main vers notre destination.

Une volée de marche plus tard, alors que je le sentais égarée par mes paroles, j'en rajoutais une, une qui comptait plus que tout :

« Mais c'est quand même Regulus, laissais-je entendre, ton frère, ne l'oublie pas. »

J'avançais toujours quand je le vis acquiescer pour me faire plaisir, semblait-il.

« Tu m'as dit avoir des exemples sur ton bon comportement, j'attends toujours. »

J'eus un sourire à son changement de conversation lorsque je répondis :

« J'ai évité une altercation avec Jane.

- Mercer ? s'étouffa-t-il presque.

- J'ai gardé mon self-control, acquiesçais-je, mais tu ne sais pas tout, Delphie a une cousine à Poudlard… et c'est Athenodora Smith, la meilleure copine de Lane… »

x X x

Passé la célèbre gargouille du deuxième étage qui protégeait le bureau du directeur, Sirius était redescendu en cours, me laissant avec mon entrevue.

Depuis mon arrivée dans son bureau, aucun mot n'avait été échangé à l'exception des formules de politesse. Et encore.

Je me demandais quel âge pouvait avoir Dumbledore, et ma mémoire me permit de me rappeler que j'avais lu sur sa carte de Chocogrenouille qu'il était né en 1881…

Il avait donc -

« Un bonbon au citron ? me proposa Dumbledore. »

J'observais doucement le pot servant de récipient aux bonbons supposément moldus et secouais lentement la tête, calculant par la même occasion la différence de deux dates.

96 ans. C'était donc son âge.

« Non merci, professeur. »

Nouveau silence durant lequel Dumbledore se laissa distraire par mon maniement de baguette nerveux. Je me stoppais net et glissais ma baguette dans ma poche sous le regard du directeur, comme si je risquais de déclencher quoique ce soit involontairement… Un léger sourire me laissa entrapercevoir la vérité : il semblait que j'étais bien plus étudiée que je ne le pensais.

Bon.

« Vous étiez là ce soir là. »

Ce n'était pas une question, simplement une affirmation qui me servait à me dégager d'un poids… maintenant restait-il à savoir ce que Dumbledore savait… ou ne savait pas encore.

« Oui, j'étais présent Callista.

- Vous m'avez vu tomber ? demandais-je en grimaçant. »

Il acquiesça, toujours aussi calme.

« Tu n'as pas fait la moindre erreurs, tu avais bien évalué le terrain, jusqu'à ce que tu ne te décides à prendre en charge un assaillant qui ne t'étais pas destiné.

- La lâcheté, c'est une valeur de Mangemort, semble-t-il, pas de Serpentard.

- Soit.

- Bien.

- Je t'ai vu aussi faire avec ta baguette magique des choses que je n'avais encore jamais vues. »

Bon sang. Magie Noire.

« C'était une bataille, les Mangemorts en ont fait autant. »

Surtout Amycus Carrow qui m'avait directement expédié dans les routes fantômes… Je serrais la mâchoire, faisant attention a ne pas trop croiser les iris de Dumbledore qui pourraient facilement me happer et lire dans ma tête. Ou du moins, essayer d'y lire.

Il comprit et d'un sourire calme sembla me rassurer sur ses intentions louables. Ça m'ébranla.

« Bon et comment c'est passé ta première heure de cours avec le professeur Turner ?

- Je n'ai pas pu finir l'heure entière, puisque je suis ici. Mais je dirais que Turner n'a pas gagner ma pleine admiration.

- Le professeur Turner, me reprit Dumbledore en fronçant légèrement les sourcils. »

Je me raidis.

« Bon, je suis arrivée hier comme tout les élèves de ce collège, je me suis rendue au banquet, j'ai mangé, j'ai été nommée capitaine, j'ai assisté à mon premier cours, du moins une partie - »

Je ne quittais pas le mur des yeux mais fronçais les sourcils en jetant un coup d'œil à la porte, me penchant légèrement pour faire une sorte de confidence sarcastique :

« Et si je puis me permettre, le professeur Turner semble m'avoir en ligne de mir si vous voyez ce que je veux dire. »

Je ne pensais pas à étudier sa réaction et détournais le regard des yeux bleus perçants.

« J'ai reçu un courrier de France te concernant. »

Encore une fois, il me tutoyais, et ce depuis mon entrée dans ce collège, ça ne me déstabilisa donc pas. Cependant, je quittais des yeux l'armoire mural sur la droite du bureau pour porter mon attention sur le visage de mon directeur après avoir assimiler d'où venait l'expédition.

Ce pourrait-il que… ?

Je baissais les yeux vers ma droite où, brillant de toute sa splendeur, la bague aux armoiries de ma famille paternel avait prit place. Ah, les Carter !

Une fois de plus, je soupirais.

« De France vous dites ? »

Dumbledore acquiesça.

« Mon grand-père ? »

Les yeux de Dumbledore pétillèrent.

« Il veut me voir c'est ça ?

- En effet, Callista.

- À Poudlard ? me moquais-je sans inquiétude du ton que j'employais. »

Nulle réponse, il m'étudiait. Je m'emportais en haussant légèrement mon ton :

« Allons professeur Dumbledore, de ce que je retiens de mon grand-père c'est qu'il a toujours voulu qu'on m'expédie dans une caserne de redressement dés mes quinze ans, alors ce qu'il me veut réellement à part ça reste un mystère.

- Ton grand-père souhaite te voir, je n'en sais pas plus.

- Je n'ai pas besoin de lui, j'ai mes propres finances, mon père et moi partagions un compte commun, je possède donc tout. »

Du silence me répondit.

Je me renfrognais.

« Il a donné une date ?

- Samedi matin. »

J'avais prévue de faire les sélections de Quidditch.

Putain.

x X x

« Carter.

- La ferme Rogue, déclarais-je en chantonnant presque une réplique apprise par coeur, dents et poings serrés. Tu travailles cette potion, je travaille cette potion, ça s'arrête là, point. »

J'eus un sourire cruel, fait spécialement pour les spécimens tel que Severus.

« À rajouter : tu ne m'adresse pas la parole du cours, j'en fais de même. Et là, peut-être que tout ira bien. »

Lorsque j'étais sortie du bureau de Dumbledore, la cloche venait de sonner dix heures. Je m'étais donc rendue en cours de Potions que j'avais en commun avec les Serdaigle pour deux heures. Delphie m'avait presque sauté dessus pour que je me mette avec elle, et j'avais été d'accord - tentant de cacher ma mauvaise humeur lié aux spéculations que je me faisais depuis ma sortie du bureau de Dumbledore - tandis que Némésis était forcé de prendre place aux côtés d'Evan par Slughorn lui-même. Mon constat ? Elle allait le tuer dans l'un de ces cours. Je me croyais chanceuse d'être tout de même avec une personne que j'appréciais, mais malheureusement, Slughorn avait fait des listes étudiées et mon partenaire involontaire pour ce premier cours de Potions en tant que septième année n'était autre que… que Rogue.

En première année, j'avais eu droit à la folle présence de James, James qui m'avait littéralement assommée de paroles à tout les cours de Potions, et, par le manque de discrétion légendaire dont il faisait preuve, car c'était connu, monsieur était « l'ami » de tous, et tous - j'observais la main pâle et mesquine de Rogue en train de chercher sa plume, raidis sur son tabouret - étaient donc fans de James et de ses qualités liées à sa capacité d'aller vers les autres, souvent. Enfin, ça c'était la première année, depuis le temps a passé, et chaque maison a sa coqueluche du Quidditch. Pour Gryffondor, aucun doute sur la personnalité, c'est James, évidement.

James qui n'avait pas eu le cran d'être gêné après avoir crié haut et fort, dans cette même salle, à nos onze ans et quelque que je détestais Rogue autant que lui le détestait.

Depuis… entre Rogue et moi, c'était la guerre ouverte à qui humilierait l'autre le plus possible.

Il avait au moins le mérite de ne pas mêler la mort de mon père dans la joute.

« Tu es capitaine, cette école part vraiment à la dérive, critiqua Rogue. »

Qu'on l'achève.

« Tu veux vraiment parler Quidditch Serpent ? sifflais-je. Toi qui ne serait même pas jouer un match pour débutants ? »

Les minutes s'égrainaient lentement alors que coups bas sur coups bas s'enchainaient entre nos deux parties.

Une fois, alors que Rogue tentait de lire une instruction sur son livre, que la cloche venait de sonner onze heure, qu'il venait tout juste de mépriser Delphie et son exubérance, et qu'Evans passait devant notre bureau pour aller prendre un quelconque ingrédient magique sur une table au devant du bureau de Slughorn, Rogue leva la tête pour l'observer.

J'avais exultée devant la possibilité que m'offrait Evans pour blesser Rogue comme lui me blesser par sa simple présence infecte à mes côtés me faisait mal physiquement.

« Oooh non, Rogue, avais-je dis doucereusement. Evans n'est pas faite pour un Mangemort, tu devrais le savoir. »

Je n'avais pu m'empêcher de formuler cette phrase de façon magistrale, marquant là le coup fatal à notre joute, à notre altercation vocale qui ne cessait de blesser les deux parties, mais j'avais été distraite de ma victoire phénoménale par le fin couteau servant à éviscérer les scarabées que Rogue tenait fermement entre les jointures blanches de sa main gauche.

Dés lors, mon pied à plat sur le sol était prêt a me faire reculer avec le tabouret, et ma baguette prête à servir dans ma main droite ; à sa vue, j'avais été prête à évité de me faire poignarder la main ou le reste du corps jusqu'à ce que Rogue ne laisse ses pulsions meurtrières perdre de leurs dessus en lâchant l'arme blanche.

Il se tu tout le reste du cours.

Et je conservais ce silence empli de malaise, me demandant parfois si je n'avais poussais trop loin.

À la sonnerie, il s'éclipsa si vite qu'il failli renverser notre fiole commune. Les quelques remords que j'avais pu éprouver à son égard s'éparpillèrent et c'est en pestant contre Rogue et Slughorn qui ne cessait de m'observer comme si j'étais l'enfant prodige alors que je remettais la fiole droite au milieu de toutes les autres.

Quand enfin elle fut en équilibre, j'interceptais le regard inassouvi de Rabastan.

Foutu rentrée.

Foutu Rabastan.

x X x

C'était midi, je me trouvais dans la grande salle, à l'écart des discussions, et, alors que tous mangeaient, je m'occupais autrement, fébrile.

« À qui écris-tu ? demanda Regulus en essayant de lire par-dessus mon épaule. »

Sa main gauche prit appui sur la table. Vraisemblablement, il avait fini de manger. J'arrêtais d'écrire et cachais à sa vue les quelques lignes droites et légèrement penchées que j'avais pu écrire dans la foulée. Puis je relevais la tête et vis avec un profond agacement que Croupton lui avait tenu compagnie à table. J'avais bien cru le distinguer proche de Regulus à mon entrée dans la salle, mais je n'avais pas relevée, j'aurais du. Celui-ci sortie de la grande salle après que Regulus lui eu signifié qu'il restait avec moi.

Croupton me jeta un regard. Je restais de marbre. Je savais qu'elles étaient ses idées, je savais qu'il réprouvait mon comportement hors de Serpentard.

« Je le trouve vicieux ton copain Croupton, commentais-je en suivant la silhouette qui s'éloignait. Vraiment pas une bonne fréquentation si tu vois ce que je veux dire. »

Regulus haussa les épaules, semblant mécontent. Ah oui… on abordé le sujet délicat qui nous contrariait tout deux : son avenir. Et après ce que j'avais vu dans les routes fantômes, son avenir comptait plus que tout si je ne voulais pas le voir tomber…

Il se pencha de nouveau au-dessus de mon épaule et chercha à me tirer le bras qui couvrait ma feuille de parchemin, résultat je tirais littéralement sur mon parchemin pour qu'il ne puisse rien lire. Chose inutile puisque d'un mouvement leste digne d'un attrapeur il me l'arracha des mains.

Je dus blanchir à vu d'œil alors qu'il m'observait, un sourire en coin naissant sur son visage aristocratique.

« Donne.

- À qui écris-tu ? »

Il secoua la feuille devant mes yeux et la souleva très haut avant que je ne puisse la lui reprendre. Il ne chercha pas à la lire et attendis ma réponse.

« Rend moi ça.

- Tu écris pour Rabastan ? »

Je jetais un coup d'œil à la salle alors qu'un bruit fort de huée me provenait.

Tout d'abord il y avait un bruit ordinaire pour un déjeuner, ensuite venait la difficulté de se retrouver dans se mélange des maisons, Serpentard était sans aucun doute la seule des quatre tables qui n'accueillait aucun autre élève que ses vrais élèves. Poufsouffle était un joyeux mélange de brouhaha et de rire qui ne cessait de voyager chez les autres tables, Serdaigle, table un peu plus calme sauf où se trouvait Delphie qui semblait-il, était en train de raconter une histoire hilarante à Jones, la préfète la plus farfelue qu'est pu connaitre cette école, ensuite venait les rires atrocement rageur des Gryffondor qui était encore une fois au comble de l'exubérance enfantine, rieuse, heureuse. La chevelure flamboyante de Lily Evans me tapa à l'œil alors que je descendais lentement sur ses yeux vert émeraude qui me regardaient. Je tournais légèrement la tête vers sa droite pour avoir juste le temps de remarquer Sirius, immobile, regardant également dans ma direction. Lupin, à ses côtés me jeta aussi un coup d'œil…

« Alors tu écris pour lui ? »

Je fronçais les sourcils. Regulus venait de prendre une voix moqueuse, rappelant à mes bons souvenirs qu'il était tout aussi Serpentard que je l'étais.

« Accio.

- Eh ! »

Surpris par mon sortilège, Regulus tenta de rattraper la feuille volante alors qu'elle atterrissait rapidement dans ma main. Je la pliais et la rangeais dans mon sac.

Regulus poussa un soupir. Je poussais un soupir.

« J'espère simplement que ce n'est pas à Rabastan qu'est destinée cette lettre, dit-il. »

Quelque chose dans son air entendu me fit savoir qu'il était au courant pour la petite scène que j'avais eu avec Rabastan, ce matin.

« J'écris à qui je veux, dis-je, me levant en mettant la lanière de mon sac sur mon épaule droite, prête à couper cette conversation dérangeante.

- Donc tu lui écrivais ?

- Qui te dit que je lui écrivais ? Et si c'était le cas, ajoutais-je, curieuse mais toujours agacée, qu'est-ce que je pourrais mettre sur papier pour lui ?

- Des menaces ? proposa doucereusement Regulus, qui, attrayait par sa propre idée, m'étonna. »

Je secouais la tête, riant calmement. Le poids des regard posant sur moi me calma et mon rire mourut aussitôt dans ma gorge.

« Non.

- Je pourrais me charger de l'aboutissement de celles-ci. Je sais ce qu'il s'est passé, Callista, il n'avait aucun droit de te forcer de la sorte.

- Non.

- Pourquoi ?

- C'est non, Regulus ! m'emportais-je, nous sentant toujours regardé de la table des Gryffondor et de plus encore. »

Dumbledore.

« Si tu ne lui fais pas comprendre, il recommencera, s'énerva à son tour Regulus, à voix basse, ne démontrant en rien sa colère aux autres, restant impassible, comme son éducation lui avait inculqué, au contraire de ce qu'elle avait fait pour Sirius, qui ne savait guère se contrôler, parfois.

- J'écrivais à mon cousin, sifflais-je, à Landon, alors, content ?

- C'est bien de garder contact avec ses proches, railla-t-il avec un haussement de sourcil parfait, mais parlons plutôt de l'autre, maintenant.

- C'est l'autre depuis quand Regulus ? Je croyais que tu t'entendais bien avec lui ?

- Depuis quand tu t'arrêtes aux apparences ? me reprocha-t-il comme amusé de la tournure de la conversation. »

Je l'étudiais un instant. Ses yeux gris se posèrent sur la table des Gryffondor et sur tout ceux qui y étaient attablés, notamment Sirius. Son regard plus perçant et son détournement de regard malhabile m'apprit que cette confrontation visuel le rendait mal à l'aise ; je prenais garde à ne pas poser mon regard sur Sirius et étudiais Regulus qui portait maintenant son regard sur Dumbledore, qui, à la table des professeurs, discutant avec Turner, nous jetait de fréquents coups d'œil.

Je fulminais.

« Tu ne t'en mêleras pas, Regulus, c'est mes affaires. Occupe toi plutôt des tiennes, aux dernières nouvelles elles sont plus importantes que les miennes. »

Je soufflais du bout des lèvres une parole, une seule qui le déstabilisa :

« On ne rigole pas avec les Mangemorts, crois moi. »

Regulus acquiesça.

Je me levais de table précipitamment.

x X x

« BANG ! »

Avant même de réaliser, je sursautais violement, me cognant presque la tête sur la colonne du lit.

« Putain qu'est-ce qui - »

Némésis, qui se tenait à à peine un pied de la porte offensante, se tapit.

« Désolée, s'excusa-t-elle, arquant un sourcil noir parfaitement épilé. Je ne savais pas que tu dormais. Je te cherchais. »

Je me renfrognais, et me levais inconfortablement sur mon lit, dos appuyé contre la colonne qui avait failli m'assommer.

« Je réfléchissais et je me suis endormie.

- J'ai vu Mercer et Smith sortir il y a peu de temps, continua Némésis, parlant avec un dédain lié aux intéressées. Elles ont dit à Rabastan que tu étais montée ici dés que tu étais entrée dans la salle commune… »

Je frottais mon visage, essayant de me retenir de m'adresser d'un ton sec à Némésis. Ce n'était pas comme si c'était sa faute si elle avait interrompu ma somnolence… et puis, la conversation en vis-à-vis avec Dumbledore revint brusquement à mon esprit. Ainsi que mon acharnement sur Rogue pendant nos deux heures de Potions. Ainsi que le repas de midi qui fut vide, ennuyant, et frustrant jusqu'à ce que je me décide d'écrire une missive à Landon, jusqu'à que Regulus vienne mettre son nez dans mes affaires…

« Tu n'as dit rien à midi sur ta convocation. Tu veux m'en parler ? »

Je tournais la tête brusquement :

« Plus tard, Némésis, plus tard… Là je vais prendre l'air. »

x X x

Je venais tout juste de sortir dans le parc quand James sortit de nul part et m'empoigna le bras avec une expression déterminée sur ses traits.

« Écoute, commença James, la voix puissante, avant même que je ne puisse ouvrir la bouche. Je réalise que ce ne sont probablement pas mes affaires, ou, du moins, que tu ne penses vraisemblablement pas que ce sont mes affaires, et je respecte cette évidence, mais tu n'es pas dans ton assiette depuis que tu es revenu du bureau de Dumbledore. Je ne sais pas de quoi il s'agit mais je sais qu'il y a eu quelque chose et je sais que tu n'en a parlé à personne puisque j'ai même interrogé Bones.

« James, débutais-je, mais je fus aussitôt coupée.

- Et je m'en fous si tu penses que ce n'est pas mes affaires. Ça te tracasse énormément et tu es mon amie et ça, c'est mes affaires. »

Je réessayais.

« James -

- Et je veux savoir, est-ce que c'est Dumbledore ou… ? Est-ce qu'il sait pour ce qu'il s'est passé dans la forêt avec Sirius ? Est-ce qu'il a dit quelque chose ? Tu as reçu un hibou après ta convocation ? C'est pour ça que tu as disparu après avoir parlé au frère de Sirius ? Où es-tu partie ? Est-ce que…

- James ! »

Je saisis mon ami par les épaules et le secouais violemment.

« Est-ce que tu vas la fermer oui ? »

James se calma, l'air étourdi.

« Merci. »

Je soupirais de soulagement et le relâchais. Alors, je soupirais à nouveau, en un bruit plus anxieux : la perspective de réellement tout dire à James me rendait un peu nerveuse.

« Écoute…, dis-je, puis je m'arrêtais, pour rassembler mes idées. »

Je n'avais pas vraiment imaginé la façon de décrire un peu l'état dans lequel me mettait tout ce qui me tombait dessus.

« Écoute, répétais-je, en essayant de garder mes nerfs sous contrôle. Il ne s'agit pas des choses que sait Dumbledore pour une fois, ni d'un courrier que j'aurais reçu - comme si ma famille allait m'envoyer du courrier de bon matin ! - non c'est Dumbledore, il…

- Tu vas partir ? proposa brusquement James. »

Je le fixais.

« Je… tu… non ! Enfin, je ne sais pas James ! expiais-je en un souffle.

- Tu ne sais pas ? demanda James. »

Je hochais la tête, et, incapable de le regarder je me lançais.

« C'est mon grand-père, il vient ici, à Poudlard, samedi.

- Celui avec qui tu ne t'entend pas ? »

Je hochais la tête alors qu'une bourrasque de vent humide me giflait le visage.

« Du côté de ma mère, ils sont morts, balayais-je d'un vague signe de main. »

Il ne dit rien.

« Je ne sais même pas ce qu'il me veut James, j'ai reçue une lettre de condoléance très formel, puis plus rien. Et maintenant, il veut me voir. »

La cloche sonna, les cours devaient reprendre. Les secondes passèrent et mon regard était toujours ancré dans les yeux chocolats de James.

« Et Callista ?

- Sirius voudra te parler, me prévint-il seulement.

- Pourquoi ?

- Il s'est passé quelque chose avec Regulus, juste après. »

James fit un geste vague de la main, les pensées visiblement ailleurs. Ça me tracassa.

« Qu'est-ce qu'il a fait, Regulus ? demandais-je.

- Qu'est-ce qu'il a dit plutôt, cassa James en me jetant une œillade courte.

- James, débutais-je, explique moi au moins.

- Non, me coupa-t-il, intraitable. »

Je le regardais, impassible, seulement prête à ouvrir de nouveau la bouche, quand…

« Sirius te le dira lui-même, après les cours. »

Je consultais mon emploie du temps alors que les phrases toutes faites de James me montaient à la tête.

« Dis lui que je le retrouverais dans le hall à dix-sept heures, je ne peux pas avant. »

Je me devais de contacter le membre de ma famille le plus disposé à répondre à mes interrogations.

James acquiesça, et c'est légèrement en retard que nous franchîmes tout deux les portes opposés d'un couloir menant à nos classes.

Cours de Métamorphoses avancé pour moi, Sortilèges pour lui.

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J'avais assisté aux deux heures de cours de McGonagal. Un véritable enfer. J'avais clairement sentie sa sympathie face à ma situation vu que pour la première fois en six années complètes à Poudlard, elle n'était pas venue faire face à ma table pour voir une quelconque défaillance dans une métamorphose à effectuer. Évidemment, j'avais observé avec fatigue le tableau noir où les instructions étaient écrites et m'étais entraîné quelques fois avant qu'elle ne s'arrête et me félicite pour mon travail rigoureux. Une fois hors de sa portée, je m'étais de nouveau affalée contre mes notes.

Le cours suivant, plus supportable pour mes pauvres nerfs, fut celui du professeur Flitwick, qui, à mon entrée dans sa classe, sembla se tasser légèrement sur la pile de livre le maintenant en hauteur sur sa chaise de bureau. Certes, j'aurais pu le trouver pathétique comme la plupart de mes condisciples Serpentard qui ne se gênaient pas pour souffler bruyamment en entrant, mais lui adressais un léger signe de tête en allant rejoindre le fin fond de la classe élevée en gradin où Némésis m'avait gardé une place. J'avais donc passé l'heure à me morfondre, sous les coups d'œil brûlants de Rabastan qui ne cessait d'être à mes alentours, et ce, même en intercours alors que nous avions du changer de salle pour rejoindre Flitwick.

Et maintenant, je me retrouvais là.

Fulminante. Touchée.

Tout ça à cause de ce sujet.

« Si tu ne penses pas qu'il veuille m'amener avec lui en France, me rétractais-je en serrant tellement ma mâchoire que j'entendis mes dents grincer, qu'est-ce tu penses qu'il me veuille ? »

Ma position m'était difficile, mon dos courbé et ma tête légèrement incliné ne le laissait pas vraiment le temps de discourir longtemps.

« Qu'en sais-je moi ! siffla mon bien aimé cousin par-delà la cheminée, assis et penché vers le feu d'où provenait ma voix.

- Je vais parler en coder maintenant, soufflais-je nerveusement en sachant pertinemment que si moi j'étais seule dans la salle sur demande, lui ne l'était peut-être pas dans sa chambre à Durmstrang - après tout un espion arrive si vite.

- Vas-y.

- Tu crois pas que ça a un rapport avec l'endroit d'où je t'ai tiré et d'où tu m'as aussi tiré Landon ?

- Enfin Callista tu -

- Cesse de te jouer des tours devant les yeux Landon ! m'énervais-je. Et si il était au courant pour moi ? Et si il savait aussi pour toi ? Et si il savait tout ?

- Non, impossible.

- Écoute, désespérais-je, mon dernier voyage en France remonte à mes quinze ans, et crois-moi quand je te dis que grand-père a clairement affiché l'idée de me remettre dans le droit chemin ! Et tu sais comme moi ce que ça voulait signifié.

- Je sais très bien que tu as coupé les ponts avec eux, mais Callista, comment pourrait-il savoir quoique ce soit de ce qu'il s'est passé il y a peu ? Je suis venu seul à Godric's Hollow dés que j'ai appris qu'il y avait une attaque. Donc voilà. C'est impossible.

- Rien n'est impossible ! martelais-je. Je te tiendrais au courant après sa venue.

- J'attendrais alors.

- Une dernière chose, demandais-je avec un regret perceptible dans la voix. Il y était ? »

Landon n'eut qu'un simple arrêt pour comprendre de quoi je parlais.

« Oui, il était présent à l'enterrement de ton père. Ça change quelque chose ?

- Non. »

J'observais les yeux clairs de mon cousin, reflet aux flemmes basses et me contentais de cette vision idyllique pour me conforter dans mes choix.

« Non… ça ne change rien. Je te tiendrais au courant.

- Sois prudente, ma cousine. »

Ses derniers mots roulèrent jusqu'à moi tel un ordre à suivre.

Je soupirais alors que mes genoux douloureux craquaient en me relevant. J'avançais vers les portes de la salle sur demande : il était l'heure de rejoindre Sirius…

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J'avais l'esprit totalement absorbé par mes pensées. Pour venir dans le hall, j'avais du éviter de croiser Rabastan que j'avais vu en débouchant du deuxième étage. Pour une raison claire et nette - sans doute le manque d'envie d'arriver en retard dans le hall et de le croiser à nouveau seule. Aussi avais-je détalé aussi vite que possible, tournant les talons pour un autre passage. Manque de chance, il avait eu le temps de m'apercevoir le fuir.

« Callista. »

Je sentis un légère pression sur mon bras et j'eus à peine le temps de sentir son parfum que je me retrouvais déjà dans cette pièce minuscule qui servait de placard à balais.

« Tu m'évites ? »

Les questions de ce genre, c'était bien ce à quoi nous étions les meilleurs tout le deux.

Ça et, la provocation…

Son souffle effleurait déjà mon cou.

« J'ai évité un peu tout le monde, répondis-je avec une pointe d'excuse.

- Je sais de quoi James est venu te parler.

- Il t'a raconté ?

- Il m'a dit pour ton grand-père, oui, acquiesça-t-il.

- Il m'a aussi dit qu'il s'était passé quelque chose ce midi… avec Regulus. Alors qu'est-ce qu'il s'est passé Sirius ? »

Ça sonnait comme une accusation. Sirius plaça une main juste à côté de moi et ses yeux étaient totalement assombris par la colère soudaine que je sentais émaner de lui.

« Tu n'as pas interrogé Bones ? Ou quelqu'un d'autre ? »

Je secouais négativement la tête. Si j'aurais parlé à Némésis, dans notre dortoir, peut-être serais-je déjà au courant des derniers événements… ou si j'avais parlé et écouté tout court ce qui se disait cette après-midi… Mais j'étais trop accablée.

« Bien.

- Alors ? »

Sirius se pinça l'arrête du nez et reporta son attention sur moi, toujours avec cette attitude renfrognée et coléreuse.

« Ce midi, dit-il en pesant ces mots, alors que je passais les portes de la grande salle avec les autres, j'ai entendu Regulus dire quelque chose à Lestrange, quelque chose à propos de toi. »

Je fermais les yeux, comprenant déjà.

« Je -

- En clair, après que Lestrange est déguerpi, j'ai eu vent de ce qu'il s'est passé ce matin entre toi et lui par Regulus. »

Il y eut un silence entre nous, un instant.

« Qui lui a dit ? demandais-je pour être sûre des soupçons que j'avais eu quand Regulus m'avait fait comprendre qu'il était au courant.

- West, le batteur.

- J'espérais que…

- Tu espérais quoi ?! explosa presque Sirius en reculant brusquement contre le mur opposé, bras croisés sur son torse. Que je n'apprendrais pas qu'il s'en prenait à toi ?! Qu'il a toujours des vues sur toi ?!

- Non, Sirius, soupirais-je.

- Tu ne dis jamais rien, me reprocha-t-il presque.

- Je ne voulais rien te dire, oui, lâchais-je avec véhémence, mais c'était pour éviter le genre de scènes auxquelles du t'adonnes souvent ! Tu crois peut-être que je voulais te voir te battre avec lui ?!

- Il y aurait eu d'autres manières !

- C'est inutile, sifflais-je.

- Et tu crois qu'il va comprendre comment que tu n'es pas libre ? cria-t-il. À moins que t'aimes le voir venir vers toi encore et encore !

- Je lui ai dit qu'il ne m'intéressait pas, qu'il me dégoutait ! criais-je à mon tour. »

Il ne lâcha rien et se contenta de fuir mon regard, je commençais à prendre peur, je ne voulais plus crier, je ne voulais plus risquer de le perdre, non, pas Sirius…

« Arrête d'être jaloux, soufflais-je alors, pas plus haut qu'un murmure. »

Il releva la tête vers moi.

« Prétentieuse. »

Le ton était différent, plus doux, il ne niait pas, ça m'ébranla, me poussa à dire une chose que je n'aurais jamais pu avouer instinctivement :

« Tu crois vraiment que quelqu'un d'autre que toi pourrait m'intéresser ? »

Il avança et ses bras se décroisèrent. Je remarquais seulement qu'il portait sa cravate complètement dénouée. Je souris avant que…

Souffle saccadée, poitrine haletante, j'étais happé par les prunelles assombries de Sirius.

Et il se pencha sur moi et attrapa mes lèvres violemment. Même si j'avais voulu le repousser, j'en aurais été totalement incapable. Je répondis tout aussi passionnément à ce baiser qui me coupait le souffle. À cet instant il n'y avait plus que nous deux. Tout le reste avait disparu. Il n'y avait plus que lui, moi, nous dans l'urgence de ce désir contenu depuis que nous nous étions revu dans la grande salle, lorsque j'avais quitté la salle sous les yeux vagues de Regulus et que mes yeux s'étaient entrechoqués aux siens, alors qu'il était encore assis à la table des Gryffondor, à côté d'Evans qui elle aussi, me regardait, en plus de James que je n'avais pas remarqué au début, mais qui était bien là, m'observant aussi…

« Je m'inquiétais pour toi… tout ce temps où je ne t'ai pas vu… »

Comme si j'étais dirigé par son ardeur, par ses mains partout sur moi, mon dos, mes hanches, mes bras, mes épaules, ma nuque, mes joues, mes lèvres entrouvertes… je commençais à détacher fébrilement sa chemise, cherchant la chaleur de son corps pour réchauffer le mien. Mais il s'empara de mes mains et les positionna fermement de part et d'autre de ma taille, en calant fermement sa jambe entre les miennes.

Son geste lui fit frôler mon entrejambe, et nos regards se croisèrent aussitôt, car c'était la première fois qu'il y avait un contact aussi ambiguë entre nous.

Dans le sien, le désir, l'ardeur, mais aussi l'anticipation de ma réaction, mais j'avais aimé ça, aussi fugace fut le contact…

Et j'allais mourir à cause de Sirius, c'était dit.

Il nicha sa tête dans mon cou, relâchant mes mains, déposant quelques baisers papillons sous l'encolure de ma chemise d'uniforme.

« Je n'ai pas l'intention de faire quoique ce soit ici, Callista, me murmura-t-il, la voix plus rauque par notre proximité. »

Il remonta ses doigts brûlants le long de mes cuisses, les caressant.

Oh, bon sang…

« Et qui te dit que je serais consentante si c'était le cas ? »

Mon souffle était totalement court alors qu'il continuait à faire monter sa main de haut en bas le long de ma cuisse nue. Je cambrais mon corps contre le sien recherchant le contact qu'il m'interdisait en retenant une fois de plus mes mains.

« Sois sage et embrasse moi… »

Je passais mes bras autour de son cou alors qu'il fléchissait légèrement les genoux. C'est en passant ses deux mains derrière mes genoux qu'il me souleva pour me faire asseoir sur une vieille table toute tremblante, proche de la fin du placard.

« Toujours possessif Black ? »

Je passais une mains dans ses cheveux. J'adorais ses cheveux.

« Je t'ai demandé de m'embrasser, me rappela-t-il avec un clin d'œil joueur.

- Non, réfléchissais-je tout haut, et si je ne - »

Il mordillait ma lèvre entre ses dents tandis que je manquais de me consumer sur place à le sentir aussi près et pourtant un peu trop loin à mon goût. Il mit fin à cette torture pour en commencer une autre en passant sciemment mes deux jambes autour de sa taille alors que j'étais toujours assise sur cette table où il m'avait déposé. Je dus les enrouler plus fermement alors qu'il remontait ses mains vers mes genoux sensibles.

Il frémit.

« Sirius…, tentais-je de le prévenir pour qu'il cesse ses manigances sans réelle envie alors que mon bassin se collait au sien et que mes mains ne cessaient de fourrager dans ses cheveux noirs. »

Je gémis contre ses lèvres et je pouvais sentir son sourire de satisfaction. Il avait un contrôle absolu sur mon corps.

« Je t'ai dis que je garderais notre relation secrète et je tiens toujours mes promesses, mais… »

D'un mouvement je scellais de nouveau ses lèvres aux miennes, totalement enivrée par sa présence, par le fait que nous étions dans cet endroit peu éclairé, et par le fait qu'il était là, tout simplement, collé à moi…

« Mais quoi ? demandais-je en reculant mes lèvres de quelques centimètres des siennes.

- Mais ne m'en veux pas si je décidais un de ces jours de montrer à Rabastan Lestrange que tu n'es pas libre… pour lui ou pour d'autres d'ailleurs…

- Jaloux ? »

Il colla sa main droite dans le creux de mon genoux droit et caressa un carré de peau avant de s'aventurer plus haut, lentement, doucereusement, en ne me quittant pas du regard.

« Prétentieuse. »

Je ne cessais de le regardais et failli perdre la raison lorsqu'il me colla encore plus contre lui, nos bassins s'entrechoquant deux fois, dans une délicieuse friction qui me laissa sans voix. Merlin, je n'avais jamais fait ça avec quiconque ! Et son désir était apparent, très apparent…

« Oh mon dieu… Sirius…, murmurais-je, le nom roulant avec langueur sur ma langue. »

J'accrochais ses cheveux sous la sensation du frottement.

Je l'entendis gémir dans mon cou alors que ses doigts ne faisaient que glisser encore et encore le long de ma cuisse, passant légèrement sous ma jupe plissé, avant de revenir sagement plus au sud, caressant encore et encore le creux de mon genou. Je me laissais totalement submergée par sa caresse alors qu'il m'embrassait une nouvelle fois. Cette fois, au contraire de mes baisers chastes, des baisers qui étaient lèvres contre lèvres, le sien fut impétueux : sa langue hypnotique et chaude passa mes lèvres entrouvertes et chercha la mienne dans un titillement sensuel. Il passait sa main gauche dans mes cheveux et je gémis un peu plus fort contre le sourire en coin qui renaissait sur ses lèvres.

« On pourrait nous entendre… »

Ne me laissant aucun répit il glissa sa langue sur mes lèvres, me laissant goûter sa douce chaleur, m'embrassant passionnément, me faisant tourner la tête.

« Tu es très excitant quand tu es en colère Sirius, laissais-je échapper entre deux baisers, mais on pourrait nous trouver… humm… ici… dans cette position…

- Je sais… c'est pourtant excitant…

- Sirius…, essayais-je encore avant que le peu de raison qu'il me restait ne s'éparpille. »

Lui-même n'avait même pas la force de protester. Dans un lent mouvement, il contrôla ma descente de la table branlante et je ne fus guère surprise de me retrouver dans l'étau de ses bras une fois à terre, collée encore une fois contre son corps chaud…

« Sirius, essayais-je de dire, on devrait -

- Viens, me souffla-t-il en rouvrant la porte. »

Il jeta un bref coup d'œil à l'extérieur et me dit d'attendre en silence alors qu'un sixième année de Pouffsousfle sortait dans le parc. Quand il fut sûr qu'il n'y avait plus personne, il m'attira à sa suite en dehors du placard.

Le peu de raison qu'il me restait tourbillonna en même temps qu'il m'entraînait dans un couloir vide.

Une chose était sûre : nous n'étions plus des enfants.

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À bientôt pour THE suite les amies, et, je ne vous le cache pas, l'écriture de la suite et de sa publication dépend pour beaucoup de vos avis, donc n'hésitez pas, que vous n'ayez jamais laissé de reviews ou autre, laissez moi juste la preuve que tout ça, je ne le partage pas pour rien.