Auteur : Nat, qui aime s'amuser sur le dos de ses personnages préférés.
Disclaimer : Elrond, Celebrían, Celeborn, Galadriel, Thranduil, Glorfindel, Haldir et Erestor (et Double-G ^.^) ne m'appartiennent pas. Ils en remercient Illuvatar de tout leur cœur. Et le concept de la fic est de Miss-Tako-chan. C'est une de ses histoires qui m'a inspiré celle-ci.
Spoiler : Aucun contexte précisé. Se passe avant le Seigneur des Anneaux, au Deuxième Age.
Warning : Persos totalement OOC. C'est normal, c'est un délire. La réelle chronologie de Tolkien est parfois respectée par erreur. ^^'
Résumé : Mémoires d'un jeune Elfe rangé. …Ou presque, diront certains. Dérangé, diront d'autres. Voici le journal intime d'un jeune Elfe en vacances en Lórien avec ses amis. Rédigé par Elrond, corrigé par Erestor, subtilisé par Glorfindel et… hem… égaré par Thranduil. Elrond va pester.
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Mémoires d'un jeune Elfe rangé, jour 10
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Bonjour journal !
Cette fois, nous en sommes sûrs : Erestor nous cache quelque chose. Le doute n'est plus permis : Thranduil et moi avons été réveillés il y a peu par les gémissements de Glorfindel, que le lettré venait de frapper avec son journal parce qu'il avait eu le malheur de l'ouvrir. D'ailleurs, Erestor vient de s'en aller avec son cahier sous le bras, l'air véritablement furieux. Je suis sûr que si notre talan avait eu une porte, il l'aurait claquée.
J'en ai discuté avec les deux blondins à l'instant, et ils sont tous les deux de mon avis. Erestor a un secret, qu'il a certainement consigné dans ton collègue et qu'il refuse de nous partager. Ça me tracasse un peu, tu sais. Comprends-moi, la dernière fois qu'un de mes amis m'a caché quelque chose, c'était Glorfindel qui refusait de me dire qu'il était allé faire un tour dans les cavernes de Mandos… Avoue qu'il y a de quoi s'inquiéter un minimum !
…
Thranduil est en train de lire par-dessus mon épaule, c'est désagréable au possible. M'en voudra-t-il si je lui donne une gifle ?
Aïeuh ! Vu celle qu'il vient de me coller, je pense que oui.
Le prince-Elfe est allé s'habiller. Il faut vraiment que je prenne l'habitude de bien surveiller mes compagnons lorsque je te raconte les évènements marquants de mes journées. Etant donné les inepties et les choses plus que compromettantes que je me sais capable de raconter, il vaut mieux que je méfie. Bon, Thranduil est toujours occupé et Glorfindel se bat avec les lacets de ses bottes. Il a l'air bien parti pour perdre la bataille, soit dit en passant. Je peux donc reprendre sans craindre une autre interruption inopportune.
Je te disais donc que les cachotteries d'Erestor commencent à me préoccuper quelque peu. Je pense pouvoir affirmer que Glorfindel est dans le même cas que moi. Erestor est notre ami depuis si longtemps que le fait que nous pourrions ne pas nous inquiéter pour lui me paraît aussi improbable qu'impossible. Quant à Thranduil, il s'en ficherait probablement comme de sa première tiare, si ce n'était sa légendaire curiosité et sa non moins légendaire manie de toujours se mêler de ce qui ne le regarde pas. Etant tous les trois intéressés pour une raison ou pour une autre par le contenu du journal du rat de bibliothèque, nous avons décidé d'élargir l'Alliance de Thranduil et Glorfindel contre le Miroir. J'en fais à présent officiellement partie (ce qui signifie que si les blondinets décident de planifier une seconde attaque contre le Miroir, je me verrai malheureusement contraint d'y apporter ma contribution), et l'Alliance a un second but : percer à jour le secret du journal d'Erestor. De cet objectif-ci ou du premier, je ne sais lequel est le plus périlleux.
Mais le seul point incontestablement positif de cette sombre affaire, et celui qui m'a poussé à entrer dans l'Alliance, c'est que Celebrían nous ayant dit avant-hier qu'elle aussi avait envie de savoir ce que contient le journal d'Erestor, Thranduil a suggéré que nous lui proposions de nous rejoindre. J'ai aussitôt accepté avec enthousiasme. Je crois qu'il était d'ailleurs un peu trop débordant, parce que Glorfindel a dû prendre sur lui pour ne pas étouffer en se retenant de rire et Thranduil m'a regardé comme s'il m'était poussé une deuxième tête… J'ai réussi à rattraper le coup en baragouinant quelque chose à propos de la supériorité numérique face à Erestor qui pourrait nous assurer une victoire plus rapide et il a eu l'air satisfait. Et Glorfindel a fait semblant de tousser pour cacher le gloussement qui lui avait échappé au moment même où je finissais ma phrase.
Il m'énerve. Je suis sûr qu'il va bientôt revenir à la charge avec son histoire de déni.
Bon, Thranduil a presque fini de s'habiller et Glorfindel a réussi à lacer une de ses bottes. Et la seconde a l'air bien partie pour capituler comme la première. Je ferais mieux de me vêtir prestement, ou ils vont partir à la recherche de Celebrían sans moi.
Ça y est, nous sommes prêts à quitter le talan. Journal, je t'emmène avec moi pour pouvoir te tenir au courant des évolutions de notre quête. Et comme ça, je suis certain que personne ne viendra te lire sans mon autorisation.
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Nous sommes dans la bibliothèque avec Celebrían. Elle a accepté de se joindre à nous et de découvrir avec nous le secret d'Erestor ! Bien sûr, nous avons tu le fait que nous essayons également de rendre inutilisable le Miroir magique de sa mère, mais cela importe peu. Te rends-tu compte affreux journal, je vais pouvoir passer plus de temps en sa compagnie, et ceci sans que Glorfindel ne puisse m'en faire le reproche ! Je me sens euphorique rien que d'y penser.
Nous avons beaucoup discuté de la meilleure façon d'aborder le « problème Erestor ». Enfin, les autres ont beaucoup discuté. Moi, je n'ai pas dit grand-chose, je préférais écouter la voix de Celebrían. Elle était en train de dire quelque chose à propos de l'amitié de notre érudit avec Brethildor, qui pourrait peut-être nous être utile, lorsque le premier intéressé est apparu près de nous comme par enchantement. Il avait visiblement l'intention de s'asseoir avec nous. Aussitôt, nous avons tous fait semblant de lire sagement. Erestor nous a dévisagés d'une manière étrange et avec une insistance dérangeante, avant de faire demi-tour et d'aller s'installer à trois tables de la nôtre, son journal dans les mains. Je crois qu'il se méfie.
Nous allons devoir faire preuve de ruse et d'adresse pour lui arracher son secret. Mais la ruse et l'adresse devront attendre : nous n'avons pour l'instant aucun plan, et nos estomacs criant famine nous rappellent douloureusement que nous avons besoin de nous sustenter pour survivre et que l'heure du déjeuner est proche. Je vais demander à Erestor s'il veut venir manger avec nous ou s'il préfère rester dans la bibliothèque. Ne bouge pas, journal.
…Non, Glorfindel est à côté de toi. Il vaut mieux que je t'emporte. C'est plus sûr.
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Journal, je suis plongé dans un abîme de perplexité. Et ce pour plusieurs raisons. J'espère que t'en parler va me permettre d'y voir un peu plus clair…
Non, certaines choses sont très claires, c'est juste moi qui… Oh, ça m'arrache la main de l'écrire, mais ce n'est pas grave. C'est moi qui me trouvais dans une situation de déni. Glorfindel et Erestor avaient raison.
Excuse-moi. Je m'embrouille. Je vais essayer de t'expliquer tout cela de façon relativement compréhensible.
Tout d'abord, quelques détails nécessaires à la compréhension de ce qui m'est arrivé. Erestor a accepté de venir manger avec nous, mais il n'a pas daigné nous adresser la parole de tout le repas. Bizarre autant qu'étrange, comme dirait Glorfindel. Ensuite, Celebrían nous a abandonné pour aller se promener avec la dame Galadriel. Devant la mine dépitée de son cousin (et la mienne, même si je cachais mieux mon désappointement que lui), elle nous a expliqué que cela contribuerait peut-être à faire baisser la méfiance d'Erestor. En effet, si nous nous séparons, il pensera peut-être que nous ne préparions rien de spécial ce matin dans la bibliothèque, et laissera retomber sa vigilance. Nous l'avons donc laissée partir sans insister, mais c'était plus parce que Galadriel commençait à nous adresser un regard interrogateur que parce que nous espérions annuler ainsi les soupçons d'Erestor.
Histoire de suivre son conseil jusqu'au bout, j'ai laissé Thranduil et Glorfindel vaquer à leurs occupations (probablement étudier le grimoire sur les charmes elfiques ou se crêper le chignon) et je suis allé me réfugier dans notre talan. J'aime bien m'y retrouver tout seul, loin des blondinets et de leur agitation sans autre but que celui de mettre à fleur de peau les nerfs de toute personne se trouvant dans un rayon de trois furlongs…
J'étais donc tout seul dans le talan, et pour ne pas m'ennuyer, je me suis permis d'emprunter le mahjong de Thranduil. J'ai trouvé à l'intérieur de la boîte le contenant une feuille de parchemin où le blondinet avait consigné les règles de son jeu. Ça a l'air tout simple, mais j'ai pu apprendre à mes dépends qu'il ne faut pas se fier aux apparences. Au bout de trois parties perdues, j'ai abandonné et je l'ai rangé. Mais je ne sais pas pourquoi je te raconte cela, ça n'a aucun intérêt et ne concerne en rien ce qui va suivre…
Enfin. Après mes échecs cuisants au mahjong, je me suis allongé dans mon lit et, pour une raison que j'ignore, j'ai lu tout ce que j'avais écrit dans mon journal. C'est là, en me relisant au calme et avec rien d'autre à faire que méditer sur mes écrits, que je me suis rendu compte qu'en effet, depuis que cette corvée a débuté, je n'ai pas passé une journée sans te parler de Celebrían. Et que Glorfindel et Erestor avaient raison. Ce n'est peut-être pas aussi normal que je le pensais… Oui, tu as dû t'en rendre compte depuis un moment mais comprends-moi ! Ce n'est pas si facile de se remettre en question… Et, comble du pire, ce que je dis de Celebrían ne correspond pas non plus à ce qu'en dirait un simple ami. Enfin, je veux dire que je ne penserais jamais de Glorfindel ou d'Erestor ce que je pense d'elle. Et encore moins cette peste de Thranduil ! D'ailleurs, c'est à cause de lui que j'ai pleinement réalisé la chose. En relisant ce que je t'ai dit de la fête de la nouvelle lune, je me suis aperçu que j'étais jaloux. Et que je le suis toujours. Et ça, jusqu'à preuve du contraire, ce n'est pas exactement le genre de réaction qu'aurait un ami en voyait son amie danser avec son cousin. Même si le comportement de Thranduil ne correspond pas toujours à celui d'un cousin. Ou alors un cousin particulièrement étouffant.
Maudit Thranduil.
Donc voilà, l'évidence a fini par me sauter aux yeux. Journal, c'est affreux. Autant que toi.
Je suis amoureux de Celebrían.
Au secours. Qu'est-ce que je suis censé faire, moi ? Et Celebrían, qu'est-ce qu'elle pense de moi ? Et qu'est-ce qu'elle va penser, si jamais elle apprend que… que je… non, je ne peux pas écrire ça. Journal, c'est un cauchemar. Elle va me détester.
J'entends des voix monter vers le talan. Il faut que je te cache !
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Journal, les voix étaient celles de Glorfindel et de Thranduil. J'ignore ce qu'ils venaient faire dans le talan, mais leur présence m'arrangeait bien. Enfin, la présence de Glorfindel, surtout. J'ai pu lui parler de ma « révélation ». Mais avant, il a fallu que j'écarte Thranduil. Je lui ai raconté que le seigneur Celeborn voulait le voir et il est parti sans poser de questions. J'ai donc pu exposer en détails mon problème à Glorfindel. Je m'attendais à ce qu'il éclate de rire, puisque c'était apparemment tout ce qu'il était capable de faire dès qu'on en venait à parler de ça, mais non. Il s'est contenté de me regarder en souriant et de me demander si j'ai trouvé ça tout seul ou si on m'a aidé. Je lui ai envoyé mon oreiller au visage en lui disant que j'étais sérieux et il a essayé de l'être aussi. Mais tu connais Glorfindel : ce n'était pas gagné.
Heureusement, Erestor est arrivé à ce moment-là. Il avait encore l'air un peu fâché, mais il a abandonné sa méfiance et sa mauvaise humeur dès qu'il a compris de quoi nous parlions. Mes deux amis sont des commères en puissance. Je crois que ça me ferait peur si je n'avais pas d'autres préoccupations plus à craindre. Par exemple, la réaction de Thranduil s'il venait à lire ce que j'ai écrit cet après-midi. Ou celle de Celebrían si elle venait à apprendre que je l'aime.
Ça y est, c'est officiel. Je l'ai reconnu devant Erestor et Glorfindel. Mais ça ne m'avance pas à grand-chose, parce que je suis sûr que ça n'est pas réciproque… Quand j'ai dit ça, Glorfindel m'a demandé si je suis réellement stupide ou si je fais juste semblant. Et Erestor a ajouté que « ma » Celebrían m'aime sans doute tout autant. Ils en avaient tous les deux l'air intimement persuadés, mais je reste sceptique. Etant donné ma chance incroyablement négative, je suis convaincu du contraire.
Ah, Thranduil vient de revenir. Il n'a pas l'air très content. Il a dû trouver Celeborn. Excuse-moi journal, je vais voir ce qu'il a. Ça va me changer les idées.
Le Sindar était effectivement fâché. Il a commencé par bouder sous prétexte que je lui avais menti et que Celeborn ne le cherchait pas. Je lui ai répondu que j'étais désolé et que j'avais dû mal comprendre, et il a fini par se dérider. Il m'a montré une collection de vieux bracelets d'or et d'argent tout tordus que son parent lui a donné. Je crois qu'il a l'intention de les réparer et de les orner des pierres précieuses qu'il a pêchées le jour où nous étions allés manger auprès du petit lac. C'est-à-dire le jour où Celebrían m'a giflé. Je pense que je vais m'en souvenir longtemps.
L'heure du dîner approche, nous allons manger. J'aurais préféré rester dans le talan pour ne pas risquer de voir Celebrían et ses parents, mais Erestor dit que Thranduil risquerait de trouver ça anormal. Je n'ai pas envie d'éveiller ses soupçons, mais j'ai peur de dire des âneries devant Celebrían… Glorfindel est en train de me dire de ne pas m'inquiéter, qu'il m'installera entre lui et Erestor, mais qu'il faudrait que je me décide à lâcher ce fichu journal si je ne veux pas arriver en retard et me faire remarquer. Il me semble qu'il commence à s'impatienter.
Bon, j'y vais.
Journal, souhaite-moi bonne chance.
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Je n'ai pas adressé la parole à Celebrían de tout le repas. J'ai passé mon temps à discuter avec mes deux amis, Thranduil et Celeborn au sujet des relations entre Vertbois-le-Grand, la Lórien et le Lindon. C'est drôle, j'ai comme l'impression que le prince-Elfe a des idées un peu moins arrêtées que son père sur les noldors et la diplomatie… Mais je me fais peut-être des idées. Et ce n'est pas important. Ce qui est important, c'est que je n'ai pas parlé à Celebrían. J'ai à peine osé la regarder. J'espère qu'elle n'en prendra pas ombrage…
Mais je suis idiot ! Pourquoi est-ce que j'agis comme ça ? C'est le meilleur moyen de me faire remarquer ! Il faut que je continue à me comporter normalement… Non, comme je me comportais avant de comprendre. Ça ne devrait pas être trop compliqué…
Thranduil est en train de jouer au mahjong à côté de moi. Il vient de gagner deux parties consécutives. Il doit avoir un truc. Je vais lui demander de m'apprendre à y jouer. Et en échange, je lui apprendrai à jouer aux échecs.
Bonne soirée journal !
Elrond Eärendilion
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Bonjour, bonjour ! Ça y est, j'ai repris mon rythme de publication habituel. Je pense donc poster la suite jeudi ou, au pire, vendredi. J'espère qu'elle continuera à vous plaire. A bientôt, donc !
