Bonjour tout le monde !
J'espère que vous avez passé une bonne semaine. La mienne a été plutôt chargé entre le début de mes examens. Ce qui fait que je n'écris plus mais je suis presque à la fin du chapitre 27, rassurez-vous ! Ce qui fait également que je n'ai pas répondu à vos reviews et que je ne le ferai sûrement pas pour ce chapitre car j'ai l'un des plus gros partiels samedi 17 (oui, j'ai cours le samedi matin, c'est dramatique, je sais ! ) donc j'aurais pas le temps ! Toutefois, je vous remercie encore et encore de prendre le temps de me laisser un petit mot en y intégrant des idées et des conseils ! Je les lis toutes et j'espère que le nombre ne diminuera pas comme je ne peux pas vous répondre. Cependant, pendant les deux semaines de vacances, je ferais tout pour y répondre :D
Encore merci et à mercredi prochain.
Patmol25
Chapitre : Adam Jedusor
Le premier week-end du mois de Décembre se présenta plus rapidement que prévu pour Harry. Les premiers flocons de neige recouvraient le parc du château et le lac commençait à geler. Novembre fut marqué par les nombreuses interrogations des professeurs. Les devoirs sur table s'enchaînaient à une vitesse hallucinante. De plus, chaque soir ils devaient réaliser de nouveaux exercices. La troisième année était bien plus soutenue que les deux premières. Plus que jamais, son amitié avec Hermione lui était bénéfique ! L'organisation impressionnante de la jeune fille lui permettait de ne pas sombrer parmi ses cours. Elle trouvait même du temps pour pratiquer un loisir ou se détendre. Neville et lui copiaient leur emploi du temps sur la Gryffondore, espérant être aussi rapide dans les révisions. Heureusement, le rythme s'était allégé pour les laisser souffler avant les deux semaines de vacances scolaires pour les fêtes de fin d'année.
Sans oublier que Dubois les faisait s'entraîner trois fois par semaine. Harry adorait le Quidditch mais il n'appréciait pas réellement de rester sur son balai lorsque les températures frôlaient le zéro degré ! À la suite de leur match remporté contre les Poufsouffles, leur capitaine insistait pour ne pas perdre la première place du classement. Le prochain match avait lieu la semaine prochaine, juste avant les vacances. Ils affronteraient les Serdaigles. C'était une bonne équipe et Olivier craignait qu'ils s'inclinent face à eux. C'est pourquoi il était à fleur de peau depuis quelques semaines.
Harry sortit de ses pensées lorsque la porte de la salle de bain s'ouvrit. Ron en sortit, sans lui jeter le moindre regard. Avec la même indifférence, le Survivant prit sa place et referma la porte derrière lui. À ses yeux, il avait définitivement perdu son meilleur ami. Ron et lui ne se parlaient plus depuis des mois. À vrai dire, depuis le jour où les Weasley avaient été informés de sa réelle filiation familiale. Même si son ancien ami s'était excusé, Harry aurait été encore trop fâché pour lui pardonner sa trahison. Il songea amèrement que Ron ne regrettait en rien d'avoir fait cela. Il soupira faiblement en songeant que cette année s'annonçait tout aussi compliquée que les deux précédentes. Arriverait-il à passer une année scolaire à Poudlard sans que quelque chose ne vienne perturber sa tranquillité ?
Il reposa son peigne sur le rebord du lavabo puis afficha un air satisfait. Depuis qu'il avait récupéré sa véritable apparence, il était plus facile pour lui de se coiffer. Il ressemblait moins à un porc-épic comme le lui signalait si gentiment Hermione. Ses cheveux, désormais bruns, s'étaient disciplinés à son plus grand bonheur. Il appréciait beaucoup de ne plus avoir à porter ses lunettes rondes. Sa vue parfaite l'émerveillait encore ! Il s'assura une dernière fois de sa coiffure. Il tenait particulièrement à être présentable ce jour là. Une sortie à Pré-au-Lard était organisée pour marquer l'approche des vacances de Noël. D'ailleurs, comme tout le monde, il allait faire ses emplettes pour la fête familiale. Mais surtout, il allait rencontrer pour la première fois Adam, son grand frère.
Dire qu'il était anxieux était un euphémisme : il était terrifié. Et si le jeune homme le détestait ? Et s'il lui faisait mauvaise impression ? Les deux frères avaient échangé une seule lettre pour convenir de ce rendez-vous. En réalité, Adam semblait peu chaleureux et Harry craignait de retrouver une réplique de Dudley. Il n'imaginait pas les horreurs que son cousin ferait s'il pouvait utiliser la magie. Il utiliserait ce don pour terrifier les autres et s'acharner contre lui plus particulièrement ! Est-ce qu'Adam était ce genre de personne ? Sa mère lui assurait le contraire mais Drago restait très mystérieux à son propos. Il n'arrivait pas à déterminer si Ayeline voulait le rassurer à tout prix ou si son cousin exagérait en décrivant son frère comme une personne « effrayante ».
Courageusement, le Gryffondor quitta la salle de bain et attendit Neville qui terminait de nouer sa cravate. Lui-même enfila son écharpe et ses gants rouges. Les deux amis quittèrent le dortoir et retrouvèrent Hermione dans la salle commune. Il était prévu qu'il retrouve son frère dès le début de la journée chez Madame Pieddodu. Ce petit salon de thé était tout l'inverse des Trois Balais. Toutefois, un peu de discrétion pour leur première rencontre était nécessaire. Ses deux amis l'accompagnaient donc seulement sur le chemin. Ensuite, il ferait face à un autre membre de sa famille.
« Tout va bien ? » s'assura Hermione en lui serrant la main brièvement.
« Ouais, bien sûr ! » affirma-t-il d'une voix un peu nerveuse. « Nous devons retrouver Drago dans le Hall. »
Comme ni Adam, ni Harry ne savaient à quoi ressemblait l'autre, Drago avait été désigné pour organiser la rencontre. Il resterait un moment avec eux avant de les laisser seuls. Harry espérait sincèrement que le blond ferait la conversation, au moins au début. Il n'aurait jamais pensé cela mais la présence de son cousin le rassurait. Bien sûr, il ne l'avouerait jamais à voix haute. Surtout que le Serpentard avait râlé en apprenant qu'il devait sacrifier une partie de son après-midi pour des « niaiseries familiales. »
Les trois Gryffondors arrivèrent dans le Grand Hall où l'effervescence était à son comble. Rusard aboyait à tous les élèves près de lui de s'essuyer les pieds au retour de leur sortie. Le professeur McGonagall l'observait, les lèvres pincées, mais ne pipa pas un mot. Elle ordonna à Cédric Diggory de cesser de faire le bellâtre et de refermer le col de sa robe. Le Poufsouffle vira au rouge écarlate et se dépêcha de se rhabiller correctement.
Dans cette agitation, ils mirent un moment avant de trouver Drago dans la foule. Il était accompagné de ses amis Serpentards. Ils discutaient tous à mi-voix, semblant se chamailler. Harry grimaça légèrement. Il ferait face aux amis de son cousin pour la première fois. Jusque là, il avait évité cette situation plutôt habilement. Si Drago pouvait être sympathique, il ignorait tout de ses amis. Il entendit Hermione inspirer légèrement pour se donner du courage et Neville se racla la gorge, mal à l'aise.
« Dépêchez-vous bande de veracrasses ! »
Drago tapait du pied contre le sol, tel un enfant gâté et cette image fit sourire narquoisement Harry qui leva la main pour lui faire un geste indécent.
« La ferme, Malefoy ! »
« Cinq points en moins, Jedusor ! »
Le professeur McGonagall venait de surgir derrière eux. Harry ouvrit la bouche, prêt à se défendre mais son cousin lui attrapa le bras pour le propulser en avant. Hermione grogna, fâchée de voir quelques rubis disparaître du sablier de leur maison. Si la directrice des Gryffondors fut amusée par les chamailleries entre les deux cousins, elle ne laissa apparaître qu'un frémissement des lèvres avant de faire volte-face.
Le petit groupe hétérogène commença à marcher en direction du village sorcier, bravant le froid et le vent hivernal. Blaise Zabini, un grand noir, discutait à mi-voix avec Théodore Nott, un petit brun séduisant. Ils se lancèrent un regard noir avant de sourire simultanément, reprenant leur conversation. Crabbe et Goyle marchaient en avant, accompagnés de Millicent Bulstrode. Ils parlaient de manière animée, sans faire attention aux Gryffondors qui les suivaient. Pansy était à côté de Drago et elle fixait d'un air noir Hermione. Au grand étonnement d' Harry, son amie lui renvoyait la pareille.
« Il paraît que tu vas rencontrer ton frère. »
Théodore, le garçon le plus calme des Serpentards, s'était tourné vers eux. Harry sentit la rancœur se déverser en lui en songeant qu'il était le seul crétin à ne pas connaître Adam Jedusor. Neville suivit le cours de ses pensées et lui serra discrètement le bras de manière réconfortante.
La compréhension de son ami l'étonna une nouvelle fois. Étant née-Moldue, sa meilleure amie ne partageait aucun préjugé acquis durant l'enfance dans le monde sorcier. Ce qui n'était pas le cas de Neville. Sa famille lui avait inculqué toutes les valeurs du Bien, du côté de la Lumière. La famille Londubat était loin de soutenir Voldemort. Néanmoins, il paraissait très ouvert envers Harry, son nouveau nom de famille. Il l'écoutait parler de sa famille sans grimacer ou blêmir de peur. Ce qui était vraiment agréable ! Alicia, une poursuiveuse de l'équipe était devenue verte, en l'entendant dire qu'il rejoignait le Manoir Serpentard pour les vacances. Cette situation ne semblait donc pas déranger son ami. C'était vraiment agréable de se reposer sur quelqu'un comme Neville.
Le Survivant sortit de ses pensées puis répondit à la question du Serpentard d'un simple hochement de la tête.
« Malgré tout ce que Drago a pu te dire, il est sympathique. Je l'ai vu deux ou trois fois. »
Les yeux bleus d' Harry s'écarquillèrent et il remarqua à peine la moue boudeuse de Drago, sûrement défait que la réputation de son cousin soit ainsi rétablie. Harry resta ébahi et il fixa bêtement le garçon qui recommençait à marcher à côté de Zabini. Pourquoi Nott tentait-il de le rassurer ? Quoique ce dernier dise, il essayait vraiment de lui faire comprendre que cette première rencontre se passerait bien. Une douce chaleur se propagea en lui, se mêlant à la surprise. Même ses deux amis semblaient choqués par le comportement du Serpentard. Hermione et Neville échangèrent un rapide regard, intrigué par le brun.
« On se retrouve plus tard, Drago, » annonça subitement Pansy.
La jeune fille accéléra le pas et attrapa les bras de Blaise et Théodore d'autorité, les entraînant en avant. Harry ricana. L'autorité de la Serpentarde le fit penser à Hermione. Un sourire étira ses lèvres en songeant que la comparaison plairait sûrement à son amie. Cette dernière renifla dédaigneusement en marmonnant quelque chose à l'encontre de la Serpentarde. À la grande surprise d'Harry, Drago se tourna de manière à voir entièrement Hermione.
« Ne parle pas d'elle ! Espèce de sale Troll ! »
« Amoureux Malefoy ? » railla Neville.
Les joues pâles de l'aristocrate s'empourprèrent mais il plongea la main dans sa poche, prêt à dégainer sa baguette magique. S'il ne semblait pas si déterminé à attaquer son ami, Harry aurait probablement éclaté de rire en imaginant Parkinson et Drago s'embrasser. Ça serait si adorable ! Toutefois, il n'eut pas le temps de se moquer de son cousin puisque Neville attrapa également son arme. Harry intervint avant que la situation ne dégénère. Il jeta un regard noir à ses amis et serra plus fermement le bras de son cousin pour l'inciter à se calmer. Ils risquaient de se faire punir par les professeurs qui patrouillaient dans le village. Chacun rangea alors sa baguette magique.
Quelques minutes plus tard, ils arrivèrent au cœur du village dans une ambiance pesante. De nombreux élèves étaient déjà présents. Harry croisa Ron mais le rouquin, accompagné de Dean et Seamus, l'ignora. Le Survivant étouffa la douleur qui se déclenchait chaque fois que son ancien ami et lui se croisaient. Neville et Hermione les quittèrent à leur tour, commençant leur visite par un détour à la poste de Pré-au-Lard. Ils ignorèrent le Serpentard, encourageant seulement Harry d'un sourire.
Drago le mena jusqu'au salon de thé de Madame Pieddodu, bien plus discret que les Trois Balais. La devanture d'un rose pâle appelait tous les couples à pénétrer à l'intérieur. Ils poussèrent lentement la porte, hésitant à rentrer dans le magasin. Les murs étaient d'un mauve pâle et des cadres rappelant les couples sorciers les plus célèbres étaient accrochés sur les murs. La boutique dégoulinait de romantisme. Les deux garçons eurent la même moue de dégoût en remarquant un couple de septième année s'embrasser langoureusement par-dessus la table.
Alors qu'Harry faisait le tour des personnes présentes, il sentit son cœur battre rapidement contre sa poitrine. Il semblait prêt à bondir hors de son corps. Ses jambes étaient tremblantes et sa gorge s'assécha. Il aurait peut-être dû rester avec Hermione et Neville. Ou reporter cette entrevue. Ce n'était pas nécessairement urgent ! Oh Merlin, il se sentait mal. Il voulait sortir de cet endroit étouffant.
« Adam ! »
Harry se tourna brusquement vers Drago qui venait, visiblement, de repérer le jeune homme. Dans un coin sombre et intime du salon de thé se trouvait un homme de dix-huit ans. Ses cheveux bruns clairs arrivant à ses épaules ondulaient et encadraient son visage pâle. Il souriait légèrement, d'un air malicieux en lisant l'exemplaire du jour de la Gazette du Sorcier. Ce que Harry remarqua immédiatement fut ses yeux. Il avait les mêmes yeux que Tom Jedusor. Bien qu'ils soient d'une couleur banale, marron, quelque chose dans ce regard était envoûtant et le faisait beaucoup ressembler à leur père. En les voyant, il se leva et le Gryffondor remarqua à quel point il était grand. Même Drago paraissait petit à côté de lui.
« Bonjour. »
Drago lui répondit gaiement mais Harry resta en retrait, le fixant tel un imbécile. Le voyant paralysé, le blond lui attrapa le bras et l'obligea à avancer. Non, il le propulsa carrément contre une chaise en bois ! Il rougit affreusement et balbutia quelques mots incohérents. Comme s'il ne percevait pas la tension entre eux, le blond s'installa autour de la table carrée puis attrapa la carte du salon de thé. Il s'efforça de lire le papier malgré la curiosité le tiraillant. Il jetait des fréquents regards aux deux frères qui se fixaient silencieusement.
« Bonjour Harry. Je suis Adam. »
La voix de l'adulte était sûre et il tendit la main vers son frère. Celui-ci l'attrapa en tremblant et la serra faiblement. Il était d'autant plus gêné que tous les regards étaient rivés sur lui et son frère. Les quelques clients l'avaient évidemment reconnu et son nom était déjà murmuré dans toute la salle. À ce moment précis, il détestait sa célébrité car tout le monde les dévisageait. Il était même certain qu'Adam et lui seraient à la Une du journal le lendemain.
« Salut, » balbutia t-il.
Tout en continuant à se fixer, les deux frères s'assirent face à face. L'émotion était palpable. Le silence s'installa le temps que chacun choisisse sa boisson. Machinalement, Harry commanda une bièraubeurre, tout comme Drago. Adam choisit un verre d'hydromel. Le fait qu'il consomme de l'alcool lui fit réaliser que son frère était âgé. Il avait six années de plus que lui. C'était énorme. Il était minuscule du haut de ses douze ans. Il garda les yeux rivés sur la table en bois, attendant que la serveuse revienne avec leur commande.
« Les cours se passent bien ? »
Harry lâcha un soupir de soulagement lorsque Drago entama la conversation. Son cœur qui semblait s'être arrêté repartit doucement. Il aurait été incapable d'ouvrir la bouche dans l'immédiat. Il se redressa, réellement intéressé par la réponse d'Adam. Son frère étudiait le droit dans une faculté magique de Londres, à quelques pas du Chemin de Traverse. Jusque là, il ignorait totalement qu'une poursuite d'études après Poudlard était possible. Il ne connaissait rien du système scolaire sorcier. Adam avait commencé sa première année en Septembre et il s'en sortait plutôt bien. Les premiers examens arrivaient à la fin de cette semaine et il n'était pas particulièrement anxieux.
Naturellement, Adam et Drago discutèrent et Harry resta légèrement en retrait. Il était évident que les deux cousins se connaissaient depuis longtemps et que lui, le Gryffondor, était un intrus. Cette constatation lui serra la gorge mais il tenta d'être raisonnable : évidemment, il était un intrus. Son frère avait seulement six ans lors de sa disparition. Il devait à peine se rappeler de lui. Quelques mois plus tôt, Drago et lui ne se supportaient pas. Ils s'apprivoisaient lentement. Il était réellement un étranger.
Chacun prit des nouvelles de la famille de l'autre, notamment des Malefoy. Pour la première fois, Harry s'intéressait à Lucius et Narcissa. Il n'avait jamais échangé une lettre avec sa tante ou son parrain. Leur dernière rencontre remontait au mois de Septembre à la banque Gringott's. Sans le consulter auparavant, Lucius avait pris la décision de convoquer sa soeur et son beau-frère pour leur apprendre son « retour ». Pour le moment, il n'en s'en souciait pas. Il leur ferait probablement face aux vacances de Noël. Cela viendrait bien assez tôt !
« Et vous, vous appréciez Poudlard ? »
C'était la première fois qu' Adam l'incluait dans la conversation. Harry jeta un regard nerveux à son cousin qui sirotait calmement sa boisson. Il était évident qu'il restait silencieux pour lui laisser l'occasion de répondre.
« C'est plutôt cool, » confia t-il à mi-voix. Malgré lui, il était impressionné par son frère. « Il y a beaucoup de travail en troisième année. »
« Ah oui. Tu es en troisième année. J'oublie toujours que tu as une année de décalage. »
Harry rosit doucement et marmonna entre ses dents qu'il préférait également oublier ce détail. Adam rit légèrement avant de lui assurer qu'un jour, il ne voudrait plus vieillir à tout prix. En tout cas, pour le moment, il n'était pas dans cette optique !
« Pour l'instant, c'est encore un bébé ! »
Harry jeta un regard meurtrier au blond et lui donna un coup de coude dans les côtes. Ses joues étaient à présent écarlates. Son âge était le principal sujet de boutade de son cousin et c'était vraiment insupportable !
« La ferme ! »
« Bien, bien. Comme je dérange, je vous laisse tranquille ! »
Adam hocha la tête en souriant, amusé par les chamailleries entre eux. Il approuva d'un hochement de tête le départ de son jeune cousin. De son côté, Harry sentit sa respiration s'accélérer et il ouvrit la bouche pour retenir le garçon. Il partait déjà ? Drago était censé rester jusqu'à ce que la glace se brise entre les deux frères. Et sincèrement, ce n'était pas du tout le cas. Il était encore bien trop nerveux et Adam lui avait seulement adressé deux mots. Il ne détacha par son regard bleu du dos de son cousin jusqu'à ce que la porte se referme derrière lui, le laissant seul. Et effrayé.
Une fois Drago à l'extérieur, Adam prit véritablement le temps pour observer son petit frère. Merlin, il était si ému. Bien sûr, il le cachait : grâce à sa mère, il pratiquait l'occlumancie depuis son plus jeune âge. Il pouvait donc dissimuler ses émotions avec facilité. Mais au fond de lui-même, il était euphorique. Il ne pouvait pas croire qu'Harry, son si petit frère, se trouvait devant lui. À cet instant, il réalisa vraiment qu'il était de retour. Jusque là, il s'agissait simplement d'un fait, d'une information : Harry était à nouveau là. Ça ne représentait rien de concret à ses yeux. Mais là. … Bon sang : c'était tout simplement hallucinant !
Par Merlin, il pensait ne jamais le revoir. Petit, il était certain que son petit frère reviendrait à la maison. Son père et sa mère allaient forcément le retrouver. Ils étaient de si puissants sorciers ! Ils ne pouvaient pas le laisser aux mains de méchants magiciens. À la disparition de son père quelques mois plus tard, il avait compris : Harry ne reviendrait pas. Jamais. Il était peut-être mort. En fait, il l'était certainement. Sa mère se fâchait chaque fois qu'il émettait cette hypothèse. Adolescent, il ne cessait de lui hurler qu' Harry était mort à chacune de leur dispute. Il avait été affreux en y repensant. Quoiqu'il en soit, il n'avait plus aucun espoir de revoir son frère. C'était un tel bonheur de voir qu'il s'était trompé.
« Tu... Tu habites au Manoir ? »
Adam fut très étonné qu'Harry fasse le premier pas : il paraissait très timide. Toutefois, il lui adressa un sourire rassurant, espérant ne pas paraître trop froid. Il avait l'habitude d'être distant avec les autres mais il ne voulait pas que son frère croit qu'il n'était pas heureux de le rencontrer.
« J'y suis retourné il y a quelques semaines. J'ai un appartement dans les résidences de mon université mais porter le nom Jedusor en ce moment n'est pas synonyme de tranquillité. »
Ce n'était pas faux. Jusque là, Adam n'avait pas fait la Une des journaux. Son prénom n'avait jamais été cité dans un article mais ça n'allait probablement pas tarder. Les quelques clients appelleraient sûrement La Gazette des Sorciers pour leur annoncer son existence. En quelques heures, les journalistes allaient trouver son identité. Par chance, les élèves de l'université étaient trop accaparés par le travail scolaire pour se soucier de son nom. Il évitait d'ailleurs de le dire la plupart du temps. Même les professeurs évitaient de le nommer ainsi pour lui assurer une certaine tranquillité. Les journalistes n'allaient pas être aussi conciliants.
« Pourquoi es-tu parti de la maison avant cela ? »
Harry leva la tête en prenant confiance en lui. Il affronta le regard du jeune homme. À présent qu'il avait la confirmation qu'il pouvait lui poser des questions, une flopée d'interrogations lui venait à l'esprit. Il voulait tout connaître de ce frère dont il ignorait encore l'existence un mois plus tôt.
« Maman et moi n'habitions plus au Manoir depuis longtemps. »
Il marqua une courte pause durant laquelle il sortit sa baguette magique. Harry sursauta bêtement et le regarda d'un air méfiant. Malgré tout, il n'avait pas totalement confiance dans les membres de sa famille. Si Adam remarqua son sursaut de recul, il ne fit pas la moindre remarque. À la place, il agita le bout de bois sans remuer les lèvres. Lorsque le son autour d'eux s'atténua, jusqu'à devenir quasiment inaudible, Harry comprit : il avait jeté un Assurdiato pour protéger leur conversation de la curiosité des autres. Les clients ne cessaient de les dévisager. À présent, tous devaient avoir compris que les deux garçons se ressemblaient trop pour n'être que de simples amis.
Suite à cette protection, l'adulte répondit à sa question sans paraître gêné de parler de son histoire. C'est avec stupéfaction que Harry apprit qu'Ayeline et lui avaient quitté le pays suite à la disparition de Tom. Ils avaient vécu quatre années en France, dans un petit village sorcier à l'ouest du pays, sur les côtes de l'Atlantique. Au dixième anniversaire d'Adam, ils avaient déménagé en Roumanie. Ils avaient reposé le pied en Angleterre au mois de juin, après ses ASPIC. Avant cela, ils revenaient rarement sur l'île britannique. Les fêtes familiales comme les anniversaires ou Noël étaient à l'origine de leur bref passage au Manoir Serpentard.
« Tu n'étais donc pas à Poudlard ? »
« Non. Maman m'a scolarisé à Durmstrang. Le directeur connaît bien Père. »
Merlin, Harry trépigna sur son siège. Il avait tellement de questions. Comment était cette autre école de sorcellerie ? Il n'en avait jamais entendu parler. Elle se trouvait probablement hors de l'Angleterre puisque sa mère et son frère n'habitaient pas sur l'île à cette époque. Toutefois, ce n'était pas le plus important. Hermione pourrait lui apporter des réponses. Elle connaissait sûrement les différentes écoles de sorcellerie dans le monde, au moins les plus réputées.
« Et... maman m'a dit que tu avais... besoin de temps avant de me contacter. Qu'est-ce qu'elle voulait dire ? »
Adam grimaça doucement. Il s'attendait à cette question.
« Disons que les relations entre Père et moi sont plutôt tendues. J'ai mis du temps avant d'accepter son retour. À présent , nous avons réglé nos différents. J'ai ensuite réalisé que tu étais à nouveau près de nous et... ça a été une période un peu compliquée. »
Ce n'était pas la réponse qu'il attendait. Harry espérait avoir davantage d'explications.
« Tu étais fâché après lui? »
« Tu verras que c'est difficile de ne pas l'être, » répondit Adam avec un léger sourire. Pour Harry, il était impossible de savoir si cela était une plaisanterie ou pas. En tout cas, il l'espérait. « En toute honnêteté, je l'accusais d'avoir privilégier sa recherche du pouvoir à la place de notre famille. Aujourd'hui, nous avons discuté de tout cela et nous avons mis nos rancœurs de côté. J'ai compris certaines choses et c'est pareil pour lui. »
Voyant l'inquiétude flotter sur son visage, Adam tendit une main par-dessus la table et attrapa celle de son frère. Il la serra avec douceur et lui assura que tout allait bien à présent dans la famille. Il pourrait même le voir de ses propres yeux à Noël.
« D'ailleurs, si nous allions faire nos emplettes pour Noël ? Et l'anniversaire de Père tombe le 31 décembre. C'est l'occasion de lui trouver un cadeau. »
Oh Merlin. Il allait devoir offrir un présent à son père ? Il était bien trop embarrassé pour lui tendre un paquet. Et s'il trouvait cela ridicule ? Et sérieusement, qui était né le 31 décembre ? Son père n'était sûrement pas le cadeau de nouvelle année attendu par les sorciers britanniques.
« Il est vieux, non ? » chuchota Harry, les joues brûlantes.
Adam posa son regard marron sur lui avant de laisser échapper un bruyant éclat de rire. Le sortilège Assurdiato étouffa son rire pour les autres clients mais l'embarras d'Harry se démultiplia. Il se trémoussa sur sa chaise avant de se lancer dans une explication balbutiante. Il se fiait seulement à son acte de naissance. Adam continua à rire et lui confia que Tom serait très heureux de l'entendre.
« Il paraît qu'il est vieux, » répondit finalement le plus âgé. « Je ne sais pas vraiment pourquoi il semble si jeune. »
La réponse était très intrigante mais Harry n'eut pas l'occasion de formuler de nouvelles questions. Adam se leva de sa chaise et commença à se rhabiller. Le Gryffondor fit de même et enroula son écharpe rouge autour de son cou, prêt à affronter le froid hivernal.
oOo
Alors que deux frères s'apprivoisaient dans les rues enneigées du célèbre village sorcier, Sirius se trouvait dans la vieille demeure de son meilleur ami, Rémus Lupin. Depuis sa sortie d'Azkaban, il vivait chez son ami qui l'avait gentiment accueilli. Bien que très petite, la maison était agréable et Sirius prenait lentement ses marques. Travaillant à Poudlard comme professeur de Défense contre les Forces du Mal, Rémus ne voyait aucun inconvénient à lui ouvrir la porte. Au contraire, il était soulagé de pouvoir le surveiller le temps de son rétablissement. Son emprisonnement injuste à la prison des sorciers lui laissait de profondes séquelles.
C'est pourquoi le loup-garou rentrait chaque week-end. Il le forçait à sortir, même pour se promener dans le champ près de la maison. Parfois, ils s'arrêtaient dans un pub Moldu mais le monde l'effrayait encore. Il n'était plus habitué à toute cette foule, à ce bruit, à cette effervescence. À Azkaban, le monde tournait au ralenti. Ils étaient peu nombreux. Toujours seuls, enfermés dans leur propre esprit. Là, Rémus l'envoyait dans des endroits grouillant de gens. Il soupira silencieusement en songeant que son ami allait à nouveau le traîner dehors dans la journée.
Il sursauta lorsque la porte de la cuisine s'ouvrit et laissa apparaître l'objet de ses pensées. Croquant dans une pomme à pleines dents, Rémus se dirigea jusqu'à la table où il se laissa tomber sur une chaise. Il était rentré de Poudlard une heure plus tôt. Il était concentré dans la lecture d'un article, les sourcils froncés.
« Je dois le rencontrer. »
La voix rauque de Sirius résonna dans la pièce. Rémus leva la tête vers lui. Sans même avoir besoin de l'interroger, il sût de qui son ami parlait : Harry. Il soupira faiblement et referma le journal qu'il déposa sur la table.
« Il n'est pas le fils de James et Lily. »
« Je le sais ! » aboya Sirius.
L'homme passa une main nerveuse dans ses longs cheveux. Bien sûr qu'il le savait ! Rémus ne cessait de le lui répéter, presque quotidiennement. Comme s'il pouvait oublier une telle absurdité ! Il avait survécu à Azkaban car il espérait prendre sous son aile le fils de ses meilleurs amis une fois libre. Finalement, il s'était aperçu qu'il était inutile. Qu'il ne pouvait pas tenir sa promesse envers James et Lily. Ses amis lui avaient fait promettre de toujours s'occuper et protéger Harry. Douze ans plus tard, il ne l'avait jamais revu ! Les quelques photographies en première page étaient insuffisantes. Il ne voulait plus lire ces articles où les projets de Voldemort étaient présentés.
Oh bon sang ! James et Lily avaient kidnappé un enfant ! Comment avaient-ils pu faire cela ? Il avait essayé d'en discuter avec Dumbledore mais celui-ci esquivait toujours la conversation. Il n'était donc pas étonné de voir de moins en moins souvent l'homme. Il l'évitait. Jusque là, il n'avait pas revendiqué l'enlèvement du garçon Jedusor mais Rémus lui avait assuré qu'il en était le commanditaire. Merlin, il avait l'impression de devenir fou tant il avait de questions.
« Tu m'as empêché de le contacter jusque là mais il doit savoir que.. ce que je pense de tout cela ! De plus, il est sûrement en danger ! »
Rémus se redressa, inquiet. À Poudlard, il gardait toujours un œil sur Harry. Le garçon souffrait évidemment du regard de ses camarades. Si tout le monde s'habituait lentement à son lien familial avec Voldemort, les regards de dégoût étaient toujours présents chez certains élèves. D'autres refusaient encore de lui adresser la parole et certains l'approchaient uniquement pour avoir des informations sur Vous-Savez-Qui. Quelques professeurs se montraient même très froids envers lui, le confondant visiblement avec le Seigneur des Ténèbres.
« De quoi ? Pourquoi dis-tu cela ? »
« Réfléchis un peu Rémus ! Si Dumbledore a voulu prendre Harry il y a tant d'années, il veut sûrement le récupérer à présent ! Il faut comprendre pourquoi il a enlevé cet enfant pour le protéger. Je peux peut-être les aider à protéger leur fils. »
« Sais-tu quelque chose ? »
L'inquiétude se lisait sur le visage de Rémus. Il se tendit, prêt à bondir dans une cheminée pour affronter Dumbledore si cela s'avérait nécessaire. Comme Sirius, il était déterminé à empêcher l'homme de blesser à nouveau Harry et sa famille. Peu importe que cette dernière porte le nom de Jedusor : ils avaient tous soufferts de la disparition d'un jeune enfant d'à peine cinq mois.
« C'est possible, » murmura l'ancien prisonnier d'un air songeur. « James m'a confié plusieurs choses avant de mourir. Certaines concernaient Harry. »
