Encore et toujours merci, on arrive tout doucement vers la fin de cette fic et je tiens encore une fois à tous vous remercier pour vos retour sur cette histoire et pour votre fidélité surtout.
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Merci aux lecteurs de l'ombre et de la lumière.
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Merci à Cha, ma fidèle béta.
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Enjoy.
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Chapitre X : « Dans le silence des révélations »
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Une bouteille de whisky à moitié pleine dans une main, un verre vide dans l'autre… Des clefs sur une veste en cuir jetée négligemment sur la table basse, des pieds croisés sur celle-ci.
Triste tableau devant lequel soupire Missouri, mains sur les hanches et mine renfrognée.
Dean n'a pas décroché un mot depuis qu'elle s'est invitée chez lui. Dean qui, lui, regrette de n'avoir pas pensé à fermer la porte à double tour en rentrant.
Missouri finit par s'avancer et repousse ses pieds de la table. Il la foudroie du regard mais il y a plus de tristesse dans le vert de celui-ci que de réelle colère.
Il se sert un nouveau verre. Il n'a pas le temps de le porter à ses lèvres qu'elle le lui a déjà retiré des mains.
« Boire n'arrangera rien », en lui arrachant la bouteille.
« Allez vous faire foutre… Je fais ce que je veux », la voix pâteuse. « Je suis chez moi ici, ce qui n'est pas votre cas, je vous signale », en tentant de reprendre de son whisky.
« Que se passe-t-il, mon garçon ? », s'inquiète Missouri.
« À vous de me le dire », sourire sarcastique. « C'est vous la voyante, non ? », alors qu'elle se dirige vers la cuisine, bouteille d'une main et le verre dans l'autre
« Je ne suis pas voyante… Je suis médium même s'il m'arrive parfois de percevoir l'avenir ou le passé » lui répond-elle en haussant la voix pour se faire entendre.
« Génial », lassé, coudes sur les genoux, tête serrée entre les mains.
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Il entend des bruits de verre, de robinet qui coule, de placards qui s'ouvrent et se ferment.
« Surtout faites comme chez vous… Vous gênez pas », vocifère Dean.
« C'était bien mon intention… Thé ou café ? », depuis la cuisine.
« Whisky », en écrasant ses paumes sur ses paupières.
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Après quelques courtes minutes, Missouri réapparaît, deux mugs de café dans les mains.
« Tenez…Ça vous fera du bien », en lui tendant l'une des tasses, insistant devant son refus de la prendre. « Maintenant… Buvez », lui ordonne-t-elle en s'asseyant sur le fauteuil à sa droite.
« Vous savez que dans le langage juridique, ce que vous venez de faire s'appelle une violation de domicile et que je pourrais vous faire arrêter pour ça ? »
« Et une Impala noire garée en travers de MON trottoir qui piétine MES bégonias, vous appelez cela comment ? », en déposant sa tasse sur la table.
« Désolé », grogne-t-il.
« Vous gagneriez à être plus convaincant, mon garçon », en posant ses bras sur les accoudoirs.
« Arrêtez de m'appeler comme ça », siffle-t-il. « Je ne suis pas votre garçon »
« Dieu m'en préserve », en roulant des yeux.
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Dean s'enfonce dans les coussins, jouant avec sa tasse posée sur sa cuisse droite.
« Il est parti » finit-il par lâcher.
« Qui est parti ? », dubitative.
« Vous êtes sûre que vous êtes vraiment médium ? », en se tournant vers elle, léger sourire sur les lèvres.
Elle le lui rend. Elle sait. Elle attendait juste que ça vienne de lui.
« Le mec de la librairie m'a dit que si je tenais vraiment à lui, je saurais où le trouver », amer. « Qu'est-ce qu'il en sait ? », rageur.
« Il en sait bien plus que vous ne le pensez, je vous assure », sourire en coin. « Vous auriez dû prêter attention à ce qu'il avait à vous dire, cela aurait pu vous éclairer »
« Je ne veux pas être éclairé », réplique Dean, furieux. « Tout ce que je veux, c'est le retrouver… Je me fiche de savoir que c'est un ange ou un serpent à plume… Je me fiche de savoir que je suis probablement occupé de délirer… Mais je me réveillerais peut-être jamais de ce cauchemar, alors tant qu'à faire », en posant brusquement la tasse sur la table.
« Pourquoi refusez-vous d'admettre que tout ceci soit réel ? », regard en coin.
« Parce que les anges n'existent pas » répond sèchement Dean. « Pas plus que les fées, les elfes et les petits bonhommes verts », fulminant tout en essuyant sa main humide de café sur son pantalon.
Elle étouffe un rire bref, proche du dédain.
« Dean… Depuis que la terre est terre, l'étrange côtoie l'ordinaire… Toutes ces créatures nées de l'imaginaire humain qui peuplent nos légendes et nos contes, toutes ces histoires ont un fond de vérité », en fixant sa tasse sur la table. « C'est tellement présomptueux de penser que nous sommes les seuls hôtes de cette planète », en dodelinant de la tête, dépitée.
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« Est-ce que vous entendez des voix, Dean ? Des gens qui vous parlent, vous appellent ? Des gens qui vous supplient de revenir ? », après une courte pause.
« Je vous demande pardon ? », en se tournant vers elle, surpris par le changement brusque de sujet.
« Répondez-moi », lui ordonne-t-elle.
« Vous avez raté votre vocation » crache-t-il. « Vous auriez du être sergent instructeur chez les Marines »
« J'attends », en croisant les bras et se calant au fond du fauteuil.
« NON … Ça vous va comme ça ? »
« Les personnes qui sont dans le coma entendent ou perçoivent ce qui se passe autour d'eux… C'est pour cela qu'il vaut mieux se méfier des confidences faites au pied du lit », sourire narquois.
« Hilarant », en croisant les pieds sur la table.
Devant le regard désapprobateur de Missouri, il sourit, goguenard.
« Ma table… Mes pieds », balance Dean en les indiquant de la main.
« Vous êtes sorti de votre corps ? », évitant de répondre à son attaque.
« Vous avez pris quoi ce matin ? », réplique-t-il, avec dédain.
« C'est chose courante pour les malades dans le coma que de léviter »
« Vous êtes gravement atteinte », en se pinçant l'arête du nez avec lassitude.
« Pas de lumière blanche ? »
Il va répondre non quand il se souvient de la grâce de Castiel.
« Je parlais pas de cette lumière-là » le corrige-t-elle aussitôt.
Il sursaute, médusé. Foutue médium.
« Vous parlez du fameux tunnel ? », lâche-t-il sur un ton sarcastique.
« Dean ? » le somme-t-elle.
« NON… Pas de voix, pas d'abracadabra, je m'envole et NON pas de tunnel… Vous êtes contente ? »
« Cela écarte en partie la thèse du coma, mon garçon… Vous avez séjourné quelques jours à l'hôpital, certes, mais… », en se penchant pour lui prendre le menton.
Dean se crispe quand elle le force à tourner la tête vers lui.
« Vous n'auriez jamais dû survivre à un tel coup », mine soucieuse en observant la cicatrice derrière son oreille. « Quelqu'un vous a sauvé ? Quelque chose… »
Dean repousse sa main et s'écarte.
« Foutez-moi la paix »
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Il s'ensuit de longues secondes d'un lourd silence. Missouri ressent la détresse de Dean, ses interrogations, ses peurs surtout, et pas que celle de perdre physiquement Castiel.
Celle surtout de se souvenir combien l'ange comptait pour lui. Combien il remplissait ce vide que Dean n'arrive plus à combler depuis ce jour-là.
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« Je peux essayer de vous aider si vous voulez ? », brisant le silence.
« Comment ? », la tête enfoncée dans le dossier, regard planté sur le plafond. « Vous l'avez dit vous-même, vous êtes médium… Pas voyante ou magicienne »
« L'un n'empêche pas l'autre… Je ne vous garantis pas que j'y arriverai, je n'ai pas le don à proprement parler de voyance, mais il y a une brèche dans votre mémoire endormie, je peux peut-être tenter de m'y infiltrer. »
« Comment ? », découragé.
« J'ai juste besoin que vous vous concentriez sur les quelques souvenirs qui vous sont revenus pour que je puisse y avoir accès… Pour le reste, laissez-moi faire. »
« Et si ça ne marche pas ? », en tournant légèrement la tête vers elle.
« Qui ne tente rien n'a rien », sourire affectueux face au regard empli de lassitude de Dean.
« Que faut-il que je fasse ? », sans réelle conviction.
« Mettez-vous face à moi et donnez-moi vos mains », en tendant les siennes.
Il faut plusieurs secondes à Dean pour finalement bouger de sa position et s'asseoir sur la table basse.
« Tout cela est d'un ridicule », maugrée-t-il en se frottant les paumes sur les cuisses, yeux plantés sur ses boots.
« Regardez-moi, Dean », d'une voix douce tout en attrapant ses mains.
Il lève les yeux, soupire tout en prenant un air désinvolte qui ne leurre pas Missouri. Dean a le cœur qui bat trop vite, la gorge trop nouée, l'estomac trop barbouillé… Elle le sent proche de la rupture. À deux doigts de se lever et de prendre la fuite. Elle resserre sa prise.
« Souvenez-vous », en plongeant son regard profond dans le vert tumultueux.
« N'importe quoi » soliloque Dean.
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Il sent la chaleur douce qui irradie des mains de la médium. Elle a fermé les yeux, légèrement penchée en avant.
Il a envie de rire devant le pathétique de la situation. Il est là, assis sur cette table, lui le cartésien, perdu entre un ange et une médium. C'est tellement risible et pourtant…
Il se tend et essaye de se dégager de l'emprise de Missouri. Sa tête le vrille. Mais les mains de la médium sont comme des étaux. Elle paraît ailleurs. Il voit ses yeux rouler sous ses paupières.
« Missou… » la supplie-t-il, mais il n'a pas le temps de terminer sa phrase que sa mémoire se déchire.
La douleur le transperce…
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Une petite cabane de chasse abandonnée près d'un lac. Il en pousse la porte et aperçoit Castiel, debout, mains dans les poches de son trench-coat, affichant ce foutu sourire qu'il n'a que pour lui.
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« Hey, Cass », en s'approchant.
« Hello, Dean » de sa voix grave.
« Tu m'as manqué », en lui prenant le visage en coupe et l'embrassant.
Castiel est déséquilibré par la violence de l'impact mais se reprend aussitôt, ôtant ses mains de ses poches pour saisir à son tour le visage de son amant et le pousser contre le mur tout en lui dévorant les lèvres.
« Ne pars plus… Reste » l'implore Dean en s'écartant pour reprendre son souffle.
Castiel sourit et opine.
Les pouces de Dean caressent le haut de ses joues, Castiel ferme les yeux, bercé par la douceur du geste.
« J'aimerais te présenter à mon frère, à mes amis. » lui demande Dean. « Je veux que tu fasses partie intégrante de ma vie. »
« J'en serais honoré. »
« Mais Ils n'accepteront jamais, pas vrai ? », dépité en baissant la tête.
« Non », répond Castiel en lui relevant le menton du bout du doigt. « Mais qu'importe. »
« Je ne peux pas te demander de renoncer aux tiens pour moi… Si jamais ça ne marche pas nous deux… Si jamais… Je sais pas… », laissant retomber ses bras, désabusé. « Tu auras tout perdu pour rien »
« J'ai foi en nous », en l'embrassant chastement. « J'ai foi en ce que nous partageons. »
« Putain, je me sens tellement con », en tordant le bout de sa chaussure sur le plancher.
« Pourquoi ? »
« Pour rien… Pour tout… Je pensais pas qu'un jour un truc pareil m'arriverait »
« Tu le regrettes ? », avec une pointe d'appréhension.
« Pas une seule seconde » rétorque Dean du tac au tac. « Pas une seule putain de seconde », en plongeant dans les orbes bleus.
« J'ai envie de toi, Dean », en caressant ses lèvres des siennes.
« Cass ? », incertain.
« S'il le plaît », en l'embrassant.
Baiser qui s'enflamme et corps qui se consument.
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Dean entraîne Castiel sur le canapé. Les baisers se perdent, les souffles se mêlent, les vêtements s'effacent.
Dans la friction de leurs corps nus, l'orgasme les saisit. Les ongles de Castiel marquent le dos de son amant. Ceux de Dean s'enfoncent dans la chair des épaules de l'ange alors qu'il jouit dans un cri muet.
Le souffle court, ils se regardent, s'accrochent l'un à l'autre. Les sens à fleur de peau. Les émotions au bord des lèvres.
« Je t'aime » finit par chuchoter Dean, mains en appui sur l'accoudoir du canapé, surplombant le corps de Castiel du sien.
« Je t'aime aussi, Dean », en glissant les mains sur les fesses de son amant.
« La vache… J'ai couché avec un ange », goguenard pour éviter de trop penser au poids des mots qu'il vient de prononcer.
« Théoriquement, tu as couché avec mon vaisseau », pouces caressant paresseusement les fesses rondes.
« La ferme », en le faisant taire d'un baiser possessif. « Théoriquement on n'a pas vraiment couché ensemble, je te signale. », appuyé d'un clin d'œil.
Ils restent ainsi yeux dans les yeux pendant un temps qui leur paraît infini et presque sacré.
« Pourquoi moi ? » lui demande Dean.
« Parce que c'est TOI » lui répond Castiel, tout simplement.
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À question idiote, réponse idiote…, se dit Dean, avant de s'endormir dans ses bras.
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Les flash se suivent sans réelle logique comme on effeuillerait une marguerite de souvenirs…
Un peu… Beaucoup… Passionnément… À jamais…
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Dean y rit souvent, Castiel apprend l'humanité avec tant de maladresse. Ça le touche.
Il se voit lui apprendre à pêcher… À boire… À apprécier la bonne chair… Il se voit lui faire écouter pendant des heures ses morceaux favoris à bord de sa voiture. Il se voit passer des soirées entières devant la télévision à visionner ses films préférés ou à regarder Dr Sexy devant un Castiel sceptique et curieux à la fois.
Castiel avec qui il débat de tout et de rien.
Mais il y a aussi les cris de colère et les mots qui blessent parce que leurs mondes sont trop opposés, et que parfois s'aimer ne suffit pas.
Mais l'absence de l'autre, c'est le vide. Alors ils le comblent en s'aimant, brisant les carcans et les interdits.
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Dean revoit leur première rencontre sous la pluie.
Et la deuxième dans cet enfer…
Dean qui se rue pour sauver un enfant et se retrouve prisonnier des flammes au troisième étage d'un immeuble en délabrement… Sans espoir.
Castiel qui apparaît et les sauve.
Depuis ils ne se sont plus quittés, apprenant à se connaître, à se dévoiler… À s'aimer envers et contre tout et contre tous.
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Dean se rend compte que ce qui lui faisait si peur à l'idée de se souvenir, c'était la simple idée du bonheur.
Parce qu'il ne s'en sent pas digne. Parce que ce genre de truc, c'est pour des Sam ou des Bobby, mais certainement pas pour lui. Lui le flic sans attache, le solitaire… Le lâche qui refuse de s'investir pour n'avoir rien à perdre.
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Il rouvre les yeux brusquement et se retrouve face à ceux ouverts de Missouri. Elle sourit, rassurante, avant de détacher ses mains des siennes pour lui essuyer les joues.
Il a pleuré et ne s'en est même pas rendu compte.
Il rage en les repoussant. Honteux d'avoir cédé.
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Ils sont interrompus dans leur face à face par le bruit de la sonnette. Dean refuse de bouger mais le visiteur insiste.
Il finit par se lever en pestant et ouvre la porte, furieux.
« QUOI ? », avant de reculer d'un pas. « Vous ? », bredouille-t-il.
« Bonjour Dean », le salue Curtis, mains dans son dos, souriant dans sa barbe.
« Qu'est-ce que vous foutez ici ? Vous vous êtes passés le mot pour venir me faire chier, c'est ça ? », furax.
« Dean » le corrige Missouri en apparaissant à sa droite.
« Toi ici ? » bafouille Curtis.
« Bonjour à toi aussi… Metatron », sourire entendu.
Dean passe de l'un à l'autre, complètement perdu.
« Je vais me chercher un verre », en les laissant en plan devant l'entrée.
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« Je ne te savais pas en ville ? » se reprend Curtis.
« Je ne te savais pas encore dans les affaires ? » réplique-t-elle aussitôt en s'écartant pour le laisser passer.
« Je ne le suis plus. »
« Alors explique-moi ce que tu fais ici », en refermant la porte.
« J'essaye de tenir une promesse », en haussant les épaules.
« À propos de Dean et Castiel ? »
« Exact… Nos Roméo et Juliette des temps modernes », sourire sarcastique. « Il est humain… Il est un ange… Leurs familles s'opposent à leur amour et cetera et cetera », en balançant la main dans le vide. « Sauf qu'ici les morts se sont relevés. »
« Si on excepte les mémoires effacées », souligne Missouri.
« Partiellement effacées » la corrige Curtis « C'est le seul moyen qu'a trouvé Gadreel pour les protéger »
« Pourquoi ? », suspicieuse.
« Parce qu'il voulait s'amender ? » répond-il. « Parce qu'il était chargé de tenir Castiel, le rebelle à l'œil et qu'il s'est attaché à lui ? Parce qu'il a fini par comprendre ? » énumère-t-il, platement.
« Où est Castiel ? »
« Je n'en sais rien », en baissant la tête. « Je n'ai plus le pouvoir de le retrouver. Cela dit Gadreel a fait en sorte que nul ange ne le puisse non plus », en soupirant. « Dans quelques jours, Castiel aura perdu toute trace de sa grâce… Il sera humain. »
« Et seul pour tout affronter », se désole-t-elle.
« C'est son choix », en se relevant la tête.
« Que s'est-il passé durant ces deux années ? »
« L'un a poursuivi sa vie et l'autre… », en se tordant les doigts. « l'autre… »
« Meta' ? » insiste Misssouri.
« Castiel a toujours été un ange en proie aux doutes et enclin à la rébellion, Il n'était pas le seul dans ce cas, mais il est celui qui a donné le plus maille à partir à Naomi… Avant même que je ne quitte le paradis, j'avais déjà eu écho de ses multiples séances de redressement », avec une moue dégoûtée.
« Et tu n'as rien fait ? »
« J'étais scribe, pas soldat, et puis je te signale que je ne suis pas le seul à avoir déserté le paradis. Gabriel l'a fait lui aussi et personne ne lui en a jamais tenu rigueur », sur la défensive.
« Je ne t'en tiens pas rigueur… Je ne suis qu'une simple médium dont la seule particularité a été de croiser la route d'un ange », en étouffant un rire bref. « Qui suis-je pour te juger ? »
« Tu sais pour Castiel et moi ? Suis-je en droit de savoir ce qui t'a amené à croiser le chemin de son compagnon d'infortune ? », en ouvrant son parka.
« Je ne sais pas… Un jour, je me suis levée et je savais que je devais venir ICI », en englobant la pièce d'un regard circulaire. « C'est tout »
« Il se rappelle ? » ose Curtis après quelques secondes.
« Oui… Le reste ne dépend plus que de lui »
« Je vois que ma présence n'est plus nécessaire », satisfait.
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« Erreur » fait la voix grave de Dean.
Leurs regards se tournent vers lui. Appuyé contre la porte de la cuisine, visage pâle, mâchoires crispées, verre de whisky dans la main, il a tout suivi de la conversation sans intervenir. Missouri sourit en coin. Elle savait, bien évidemment. Curtis fulmine.
« Comment vous vous connaissez ? », en pointant son verre vers Missouri suivi de Metatron.
« C'est une longue histoire », minaude Curtis.
« Faites court » siffle Dean.
« Bien. Suite à une vision, j'ai croisé la route d'un ange blessé. Il m'a demandé de le mener jusqu'à Metatron… Ce que j'ai fait… Depuis, ils nous arrivent parfois de nous croiser. » résume Missouri.
« Et pour Cass ? », en interrogeant Curtis.
« J'ai reçu un message me prévenant que je devrais bientôt aider un ange déchu… L'ange Gadreel m'a raconté votre histoire en m'interdisant de tout vous révéler, excepté si vous retrouviez la mémoire par vous-même. », en levant les mains, signalant par là qu'il n'en dirait pas plus.
« C'est… C'est quoi cette histoire de redressement ? », s'avançant, incertain.
« En quoi cela peut-il vous aider à le retrouver ? » répond Curtis.
« Je vous conseille de me répondre », en sortant son arme de derrière son dos et la pointant sur Curtis.
« Dean ! » tonne Missouri.
« Vous… LA FERME », doigt sur la gâchette. « Quant à vous… Répondez », en l'incitant du canon.
« C'est une forme de lavage de cerveau qui consiste à briser une grâce avant de la canaliser pour la reprogrammer » marmonne Curtis.
« En langage clair : de la torture. », la voix qui se brise.
« Oui » finit par avouer Curtis.
« Espèce de fumier », en faisant un pas en avant. « Vous saviez ce qui se tramait là-haut et vous n'avez rien fait », en haussant la voix. « Vous êtes des anges, BORDEL ! », les larmes aux yeux. « Des PUTAINS d'ange »
« Dean » fait la voix douce de Missouri alors qu'elle se lève. « Baissez cette arme. »
« Non. » la voix cassée. « Il a subi tout ça à cause de moi… Il a tout perdu à cause de moi… Je dois le retrouver »
« Ce n'est pas à cause de vous, Dean » le corrige Curtis. « C'est dans la nature de Castiel de faire ce qu'il estime juste et, ne le prenez pas mal, mais il se comportait déjà comme cela bien avant de vous rencontrer… La seule différence, ici, et elle est de taille, c'est son désir de chuter… Non pas à cause de vous, mais POUR vous… Ne dénigrez pas son choix, c'est insultant … La seule chose que vous devez retenir de tout cela, c'est qu'il a fait cela par… amour. », avec une moue dédaigneuse.
« Pourquoi est-il parti alors ? », en laissant tomber son bras armé.
« Parce qu'il a tué un homme et qu'il refuse de que cela finisse par vous porter préjudice. » avoue Curtis en s'excusant auprès de Castiel.
Il vient de briser la promesse qu'il lui avait faite de ne rien révéler à Dean sur qu'ils avaient échangé lors de leur dernière soirée.
« Pardon ? », en lâchant son verre.
« C'est ce qui a tout déclenché… Il a reconnu cet homme alors qu'il agressait une femme, ne sachant pas encore à ce moment-là que cela vous concernait »
« Walker » marmonne Dean en se laissant tomber sur le bras du canapé. « Comment ? Il ne l'a jamais vu. », perdu.
« Vous étiez connectés via le lien… Il a ressenti votre souffrance… Il a vu à travers vos yeux… Sa grâce a enregistré le visage de cet homme. »
« Mon dieu », en se pinçant l'arête du nez. « Les orbites brûlées » réalise Dean.
« Il s'en veut mais il dit n'avoir pas pu se contrôler. »
« Et pour Bender ? », hagard.
« C'est Gadreel… Il a ressenti sa présence dans l'entrepôt. Il a retrouvé sa trace et l'a éliminé. En cela, il a obéi aux ordres »
« C'est… C'est complètement… », désemparé, en se tournant vers son verre vide sur le sol.
« Dean ? » fait Missouri en lui posant une main sur l'épaule. « Rangez-moi ça avant de blesser quelqu'un »
Dean hésite avant de se prendre la tête d'une main et de la crosse de l'autre.
« Je sais où il est mais je ne me souviens pas de l'endroit », gémit-il.
Dean finit par obtempérer et baisse son arme, au grand soulagement de Curtis.
Les regards de Missouri et Curtis se croisent un long moment.
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« Est-ce que vos potes vont nous foutre la paix maintenant ? », marmonne Dean sans détacher ses yeux du liquide ambré sur le plancher.
« Gadreel a fait en sorte de protéger Castiel. Cela dit une fois celui-ci devenu humain, il n'aura plus guère d'intérêt à leurs yeux. Son nom sera effacé des tablettes. Tous finiront par l'oublier »
« Je vous parie que non », avec tendresse.
« Je vais vous laisser. », conclut Curtis en se levant. « J'ai une librairie à tenir et plus personne pour m'aider », maugrée-t-il en se massant le bas du dos.
Devant la mine dubitative de Missouri, il sourit.
« J'aurais dû choisir un vaisseau plus jeune, je sais… L'immortalité n'empêche pas les petits maux de tous les jours »
Dean lève un regard interdit sur le libraire.
« Seuls Gabriel et moi bénéficions de ce triste sort », en refermant son parka. « Privilège maudit dû à notre statut », en se tournant vers la médium.
« Au revoir, Missouri… Ce fut un plaisir de vous revoir », en hochant la tête.
« Au revoir, Metatron »
« Curtis » la corrige-t-il. « Metatron est mort depuis longtemps », sourire entendu.
Quand la porte se referme sur l'étrange scribe, il ne reste plus que le silence des révélations.
« Je vais vous laisser aussi » le salue Missouri. « N'hésitez pas venir frapper à ma porte en cas de besoin », main sur la clenche.
Elle ne reçoit aucune réponse et part sans se retourner.
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Assommé par la tournure des événements, Dean met plusieurs minutes à réagir. Il se lève, ramasse son verre, nettoie les dégâts avant de se servir un nouveau whisky et de se diriger vers sa chambre.
Étendu sur son lit, il s'endort tout habillé tandis que sa mémoire, pièce par pièce, se reconstitue…
« Cass »
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Fin chapitre X.
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En espérant que ce chapitre vous aura plu, on se retrouve dans 15 jours si le cœur vous en dit.
Je suis en vadrouille le WE prochain.
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Merci mille fois.
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Love you
