Chapitre 9
Les bienfaits d'un sommeil réparateur.
Une nuit entière de sommeil. Enfin, huit heures. Elle avait pu dormir huit heures de suite, sans que personne ne l'appelle, sans qu'un de ses patients ne se décide à lui faire une mauvaise blague l'obligeant à se lever d'un coup et à enchaîner avec son tour de travail.
Huit heures. C'était peu, et, en même temps, c'était tellement bon…
Surtout qu'ensuite, comme elle s'était réveillée en pleine nuit, les patients dormaient. Tous. Sans exception. Elle avait pu se mettre à jour dans sa paperasse dans la salle de garde, discuter avec Andy qui allait partir, et se faire servir une tasse de café par Church.
Oui. Gautier Church lui avait servi une tasse de café. Autant vous dire qu'elle ne s'en remettait pas. C'était déjà la seconde fois qu'il faisait cet effort pour elle. C'était gigantesque. C'était génial. À croire qu'il finissait par bien l'apprécier. Lui qui avait toujours eu pour principe de l'éviter dans les couloirs de l'hôpital, et de la toiser…
Elle l'estimait beaucoup, pourtant, au début, mais quand elle avait compris qu'il était un peu – beaucoup – misogyne sur les bords, elle avait commencé à revoir son opinion à la baisse. Opinion qui n'avait pas cessé de baisser depuis qu'elle avait dû le côtoyer jour après jour, une fois Médicomage diplômée. Alors, elle avait choisi de se taire, de le mépriser comme il le faisait, et d'accepter les coups le dos rond. De toute façon, dans un milieu majoritairement masculin, elle n'avait pas trop le choix. Elle était bien obligée de se plier aux exigences des autres. Jamais on n'acceptait ses idées, lors des réunions du personnel, parce qu'on trouvait toujours qu'elles étaient trop féminines, et Church était le premier à sortir cet argument.
Alors, franchement, deux tasses de café servies en moins de trois jours… C'était un progrès considérable.
Elle avait même eu une conversation civilisée et très intéressante avec lui. À s'échanger des idées sur plusieurs de leurs cas, à se demander s'ils avaient bien fait de ne pas tenter telle approche avec un autre… Vraiment, elle avait été surprise, mais elle avait pu discuter aussi bien avec Church qu'elle en avait l'habitude de le faire avec Andy.
Church était même allé jusqu'à lui faire la confidence qu'il était content qu'O'Mar ait demandé à travailler un peu avec elle, dans l'espoir que ça lui apprenne à devenir un bon Guérisseur qui va chercher ses patients au lieu de devenir un bon Guérisseur qui se repose sur ses lauriers. Et ça, franchement, ça lui avait fait chaud au cœur, à la Lily Evans. Elle n'espérait pas un tel compliment provenant de Gautier Church avant sa mort. Au moins.
Donc, elle était prête à commencer sa journée. Elle était prête à tout affronter, du moins le croyait-elle. Parce qu'en fait, elle aurait dû se douter que d'aussi bonnes choses ne pouvaient que prévoir le calme avant la tempête.
0o0o0o0
Elle avait encore le sourire en entrant dans la chambre de James Potter, lequel le lui rendit.
- Ah bah, une nuit de sommeil, ça vous réussit on dirait !
- Si seulement j'avais pu la faire chez moi… Enfin, je ne vais pas trop en demander, non plus.
- Allez, je pars demain, vous pourrez bientôt rentrer chez vous.
Elle lui lança un regard surpris.
- Je ne veux même pas savoir comment vous avez appris que je suis obligée de rester ici à cause de vous, dit-elle finalement. Je viens de croiser Ethan.
James poussa un grognement, accentuant le sourire de Lily.
- Comme vous dites. Il paraît qu'il vous a… attendez, je reprends son expression. « Éclaté la figure à la bataille explosive ».
- Je suis sûr qu'il triche, pesta James.
Les trois amis de James, présents eux aussi dans la pièce, éclatèrent de rire.
- C'est ce dont je tente de me persuader depuis déjà des années, avoua-t-elle. Seulement, je crois bien qu'il faut que je me rende à l'évidence. Je suis tout simplement nulle à ce jeu, et Ethan est bien trop fort pour nous… Pour moi ! s'empressa-t-elle de corriger en remarquant le regard assassin de James. Pour moi.
- Oh, James, fais pas cette tête, on sait tous que t'es nul à la bataille explosive ! se moqua Remus.
- Ouais. Même moi je te bats ! renchérit Peter. Et pourtant, Merlin seul sait le nombre de fois où j'ai tenté de perdre pour soigner ton ego…
Nouveaux éclats de rire.
- Je me demande bien ce que j'ai pu faire à Merlin pour qu'il me donne de tels amis, grommela James. Bon, alors, parlons un peu plus sérieusement. Ma main, comment va-t-elle ?
- Très bien, j'en ai l'impression. Dites-moi, est-ce qu'O'Mar, l'étudiant, est venu vous voir ?
- Non…
- Génial, soupira-t-elle. On ne leur demande rien de plus que d'aller jeter un œil aux patients tous les matins, mais pas moyen, ils oublient… J'espère que je n'étais pas aussi tête en l'air quand j'étais étudiante… En même temps, l'aurais-je été que je me serais fait renvoyer en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, grommela-t-elle. Pardon, s'excusa-t-elle les joues rougissantes. C'est juste que, depuis que Johnny est arrivé, c'est lui qui travaille avec moi, et il me connait par cœur, il fait toujours tout ce que je lui demande et, même, il fait les choses avant que je ne lui demande, alors du coup…
- Vous êtes déstabilisée par le nouvel étudiant qu'on vous a assigné, comprit Remus. Ce n'est pas grave. Et puis, vous savez, vous pouvez vous plaindre sans problème dans cette chambre. Après tout, on accepte les plaintes de James depuis toujours sans jamais rien lui dire, alors on peut bien accepter les vôtres aussi.
- Eh ! s'exclama James.
- Non, c'est gentil, mais ce n'est pas à vous de m'entendre me plaindre continuellement, s'empressa de dire Lily. Je vais arrêter. Je vais aller chercher Andy White, il aime bien m'entendre me plaindre, lui…
Sirius eut un regard entendu.
- Andy et vous, vous vous entendez très bien, n'est-ce pas ?
- Hum ? Oh, oui. Mais pas au sens où vous l'entendez. Dominique ne serait pas d'accord pour cela.
- Dominique ? C'est la compagne d'Andy ? supposa Peter.
- Sa compagne… Oui, on va dire ça comme ça, s'esclaffa Lily. Et je vais arrêter de vous parler, par Merlin, vous me faites toujours dire des choses que je ne devrais pas vous dire ! Enfin, ce n'est pas possible, vous m'avez fait avaler une potion, pour que je parle autant ? C'est pas croyable…
- Oh, non, aucune potion. C'est juste qu'on inspire confiance, se vanta Sirius. Les filles se mettent toujours à nous parler.
Elle rit encore un peu.
- Ça doit être ça…
- En tout cas, ça vous va vraiment d'avoir pu dormir autant, commenta Peter. Je ne pensais pas que vous seriez aussi… joyeuse.
- Et encore, vous ne m'avez pas vu quand j'ai eu durant une semaine des horaires décentes, plaisanta-t-elle. Bon, je suis désolée, mais je vais devoir rester ici le temps que mon étudiant arrive. Je lui avais pourtant dit qu'on se retrouvait dans votre chambre, et l'horaire que je lui avais donné est dépassé depuis vingt minutes… C'est pas possible, soupira-t-elle.
Il y eut un petit moment de gêne quand ils comprirent qu'elle allait effectivement rester ici puis, quand ils réalisèrent qu'ils pouvaient parler normalement vu qu'elle était plongée dans ses papiers, près de la porte, ils ne se gênèrent pas.
- Alors, avec Alicia ? demanda James.
- Génial, mon pote, génial, dit Sirius avec un grand sourire. Elle veut vraiment te rencontrer, d'ailleurs. Faudra qu'on organise ça, une fois que tu seras sorti de l'hôpital. Tu verras, c'est une fille super. Comme quoi, ça peut m'arriver même à moi…
James leva les yeux au ciel, avant de se tourner vers Remus, qui se contenta de secouer la tête. James lui adressa un sourire désolé, s'apprêtait à lui dire que « la prochaine fois sera la bonne » quand la porte s'ouvrit sur l'étudiant O'Mar.
- Presque une demi-heure de retard, O'Mar, gronda Lily. Une demi-heure, et ne sors pas ton dossier pour James Potter, j'ai déjà terminé. Si tu étais arrivé à temps, tu le saurais… J'espère au moins que tu as une bonne excuse !
- C'est à cause de votre patient du premier, là ! s'énerva immédiatement O'Mar.
Lily pâlit légèrement, jeta un regard affolé aux quatre garçons dans la chambre, et tira O'Mar dehors, sans leur adresser un seul mot.
- Son comportement était assez étrange pour qu'on en revienne aux bonnes vieilles techniques des Maraudeurs qui consistent à écouter aux portes, pas vrai ? s'enquit Sirius avec un sourire entendu.
Ses trois amis hochèrent la tête avec un sourire, et Peter, le plus proche de la porte, alla l'ouvrir.
- Merlin, mais tu sais ce que c'est, d'être compréhensif avec un patient ?! s'énerva Lily d'un ton qui semblait vouloir rester bas.
- Mais oui, mais attendez, c'est pas n'importe quel patient aussi !
- Quand cette folle furieuse d'Ombrage vient pour ses stupides recensements, je dois être là ! C'est écrit en première page du dossier ! Tu ne sais pas lire, peut-être ?
Remus tangua légèrement. Ombrage, un nom qu'il avait appris à détester.
- Et qu'est-ce que tu as fait, ensuite, une fois qu'il a commencé à hurler qu'on allait lui faire subir des drôles d'expériences ? Tu as démenti, j'espère ?
- Bien sûr que non ! J'allais pas m'approcher de ce fou, moi !
Silence de l'autre côté de la porte.
- Est-ce que tu peux répéter ? gronda Lily.
- Non mais ! Vous réalisez ?! Je veux dire, c'est super dangereux ! Un loup-garou, quoi ! Je sais même pas pourquoi on les laisse se promener comme ça, et…
Un choc sourd.
- Répète ce que tu viens de dire ? gronda la jeune femme.
- Evans ! Lâche-le !
- Church, c'est plus ton étudiant, laisse-moi gérer ça !
- En l'étranglant ? J'appelle pas ça gérer, moi !
Quelques secondes de silence. Puis…
- Très bien. Alors, O'Mar, tu vas m'écouter, et très attentivement à présent. Tu trouves qu'un loup-garou est un monstre ? Laisse-moi te dire que tu ne vaux pas mieux. Tu ne vaux pas mieux que ce crapaud d'Ombrage qui croit qu'on doit leur passer un collier. Tu ne vaux pas mieux que tous ces sorciers qui préfèrent détourner les yeux, qui refusent de les embaucher. Tu les trouves dangereux ? Ils le sont une fois par mois. Rien qu'une fois. Et devine quoi ? En plus, c'est durant la nuit ! Toi, t'es dangereux tous les jours, comme tous les sorciers, parce que tu as une baguette, mais t'es encore plus dangereux parce que, jour après jour, t'as la vie de nombreux patients entre tes mains. Est-ce que c'est pour autant que les gens détournent le regard ? Non.
Depuis la chambre, ils entendirent distinctement le soupir qu'elle poussa.
- Tu crois qu'il mérite qu'on le traite comme ça ? Ce type a peur, O'Mar. Il ne sait pas ce qui lui arrive. On lui promet une potion qui annulera les effets du loup-garou pour ne le transformer qu'en simple loup depuis un moment déjà, mais comme les préparateurs de potions sont aussi obtus que toi, ça traîne, et cela fait un moment qu'il espère vainement. Tu sais ce que c'est que d'avoir peur à l'approche d'une date précise ? Et je ne te parle pas d'une peur toute banale, comme le serait le stress, ce genre de trucs. Je te parle de cette peur qui te prend aux tripes de ne pas savoir si tu vas blesser quelqu'un, parce que tu seras privé de tous sens humains. Tu crois que ce type est un monstre ? Il ne l'est pas. Celui qui l'a mordu consciemment l'est, par contre. Greyback, je te l'accorde, c'est la pire ordure qu'il existe sur cette terre, et si je pouvais, je lui lancerai un avada, histoire que tout se termine. Mais tu vois, je ne peux pas, alors je me contente d'aider ceux qui sont devenus des victimes par sa faute. Oui, des victimes, pas la peine de grimacer. Tu crois peut-être que c'est une partie de plaisir ? Maintenant tu peux parler. Vas-y, argumente, et si tu t'en sors pas trop mal, peut-être que je te garderai comme étudiant pour encore quelques jours. Peut-être.
Un silence, une fois encore. Aucun des garçons ne s'aventura à le briser.
- Franchement, je ne vois pas pourquoi j'argumenterais. Un loup-garou… ça ne mérite rien. Rien de plus que la honte. Qu'aller vivre loin des êtres humains normaux, renifla le garçon.
- Dégage. Hors de ma vue. Tu fais plus partie de mon service.
Des pas commencèrent à s'éloigner.
- Et que ce soit bien clair, O'Mar. Si tu manques de respect à un seul autre patient, je dis bien un seul autre, t'es viré de cet hôpital. T'inquiète pas pour cela, je m'en chargerai personnellement. Si t'es pas capable d'accepter tous tes patients, change de boulot ! hurla-t-elle.
Ses pas à elle finirent aussi par s'éloigner.
Remus referma lentement la porte, et s'assit sur le siège le plus proche de la porte d'entrée.
- Lunard, ça va aller ? s'enquit Peter.
- Ouais. C'est juste qu'à force de traîner avec vous… J'oublie que les gens comme moi sont détestés, murmura-t-il, l'air hagard.
- J'aurais jamais cru qu'un Médicomage en parlerait comme ça ! s'insurgea Sirius. J'irais bien lui casser la figure, à cet imbécile d'O'Mar ! Je vais aller voir Evans, et lui proposer une alliance contre cet idiot !
- Laisse tomber, Patmol, le tranquillisa Remus. Ça ne sert à rien.
- En tout cas…
Tous les regards se tournèrent vers James.
- On est au moins surs qu'Evans ne partage pas ses idées, dit-il avec un petit sourire un peu gêné. La preuve qu'elle mérite le respect de ceux qui lui accordent…
Ses amis hochèrent la tête.
- Je vais faire un tour, dit précipitamment Remus en sortant de la pièce.
La porte claqua derrière lui.
- On le rejoint ? demanda Peter.
- Je ne crois pas que ça soit une bonne idée. Faut le laisser retomber en pression. Tu sais, entre la visite à son père, le refus de l'employer et ça… Il est un peu sonné. On le rejoindra plus tard, proposa Sirius.
0o0o0o0
Lily soupira en sortant de la chambre de son patient mordu par un loup-garou. Il lui avait fallu un long moment avant de réussir à le calmer mais, une fois que ça avait été fait, elle avait pu parler tranquillement avec lui, et le rassurer quant à l'avancée de la future potion Tue-Loup. D'ailleurs, peut-être qu'elle irait faire un tour chez les préparateurs de Potions pour voir où ils en étaient avec cette potion. Et les secouer un peu, par la même occasion...
Elle regarda la porte une dernière fois, le cœur serré. La vie était injuste. Ce gars, à peine avait-il été mordu que sa femme était partie et que son patron l'avait renvoyé. Quelle chance. Elle ne comprenait pas pourquoi, d'ailleurs. D'accord, un loup-garou était absent plusieurs jours par mois à cause de la pleine lune, mais ça pouvait être compensé par un week-end, ou n'importe quand ! Mais peut-être que c'était elle qui était trop généreuse, et qui ne voyait pas que le monde était trop obtus pour accepter les loups-garous dans la société.
Elle se retourna, et tomba nez à nez avec Remus Lupin.
- Qu'est-ce que vous faites là ? demanda-t-elle sèchement.
On ne s'approchait pas de son patient impunément. Elle ne laisserait personne le torturer, ou quoi que ce soit d'autre. On laissait son patient tranquille.
- Je… j'aurais pas dû, je sais, s'excusa-t-il immédiatement.
Elle haussa un sourcil.
- Mais j'ai pas pu m'empêcher, et…
- Curiosité morbide ? Même pas en rêve, vous n'entrerez pas.
- Non ! Non, c'est pas ça… C'est… à propos de la potion, lâcha-t-il dans un souffle. Elle… elle existe vraiment ? demanda-t-il avec espoir.
L'expression de Lily changea du tout au tout, en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire. Et Remus, qui avait vainement espéré qu'elle ne comprendrait pas, vit que les yeux de la jeune femme s'éclairaient d'une lueur de compréhension. Il attendit. Il attendit que la panique envahisse ses traits, comme il n'était pas son patient, il attendit qu'elle s'enfuie en courant, il attendit qu'elle le laisse en plan au milieu du couloir, il attendit tout ça, parce qu'il connaissait toutes ces réactions par cœur, et il se doutait qu'elle les aurait aussi.
Mais rien ne venait. Rien ne venait du tout, tout semblait normal. Et au bout d'un moment qui parut interminable à Remus, elle sourit légèrement.
- Cette potion va exister. Ils travaillent dessus, en bas… Pas aussi vite que je ne le voudrais, mais le remède est en cours de préparation. Et… Vous n'êtes pas recensé, je suppose ?
Il secoua la tête.
- D'accord. Alors, attendez… murmura-t-elle en fouillant dans sa blouse. Tenez, dit-elle en lui tendant un bout de papier. Voilà. Ça, c'est mon adresse. Quand cette potion existera, je ferai en sorte d'en avoir un peu, avant la pleine lune, et… je vous laisserai les clés de mon appartement, ou, si j'y suis, je vous la donnerai en main propre. Vous pourrez passer une pleine lune plus tranquille, comme ça, et…
Elle hésita un moment, se mordit la lèvre.
- Je ne peux rien vous promettre, vraiment rien, mais je connais des personnes qui ne jugent pas. Vraiment pas. Peut-être que ces personnes pourraient vous trouver un travail. Je ne vous promets rien d'extraordinaire, rien qui vous fasse connaître au monde sorcier, pas de poste de Premier Ministre, rien de tout cela. Des interventions dans des classes, je veux dire, vous êtes doué pour enseigner, ou même rien de plus qu'assistant, et je sais que vous êtes capables de faire plus, alors c'est pas super pour vous, mais je devrais pouvoir vous trouver ça. Je devrais pouvoir vous trouver un ou deux employeurs prêts à vous laisser une chance. Mais je ne vous promets rien du tout, hein. Je vais juste en parler, et appuyer votre candidature.
Remus sentit la gratitude l'envahir, couler dans ses veines, le faire se sentir neuf, propre, pas malade. Il fit la première chose qui lui vint à l'esprit en comprenant ce que lui proposait maladroitement la Médicomage. Il la serra dans ses bras, sans imaginer une seule seconde qu'elle puisse se sentir gênée d'une telle marque d'affection.
- Oh ! Eh bien… Wah ! s'exclama-t-elle quand il la relâcha.
Il rougit un peu.
- Désolé. Vraiment, désolé. C'est juste qu'on ne m'a plus parlé aussi… normalement depuis… Enfin, y a que les gars qui me parlent normalement, et… Enfin, voilà quoi.
Elle sourit gentiment.
- Je comprends. Vous avez de la chance d'avoir de tels amis, dit-elle. Tout le monde n'est pas aussi compréhensif, malheureusement…
Elle jeta un coup d'œil à la porte derrière elle, puis reporta son regard sur Remus.
- Je vais prendre un café à la cafétéria. Vous venez avec moi ? proposa-t-elle.
- Volontiers, dit-il avec un sourire. À moins que Stevenson n'arrive en courant pour vous ? s'enquit-il en désignant le noir qui courait à perdre haleine.
- J'en ai bien peur, soupira-t-elle. Stevenson, qu'est-ce qui se passe ?
- Un accouchement qui se présente mal ! articula-t-il difficilement. Faut que vous veniez ! Et vite !
Elle adressa un sourire d'excuse à Remus, qui la rassura d'un signe de tête, et partit en courant derrière son étudiant.
0o0o0o0
Mais à quoi ça sert, tout ça ?
On vous met une baguette entre les mains. On vous dit que vous pouvez tout faire avec ça. On vous dit que les sorciers sont les plus puissants du monde, qu'ils sont tolérants parce qu'ils doivent se cacher, qu'ils acceptent tout. On vous dit que tout va bien, tout le temps, pour les sorciers. Un sortilège par-ci, une potion par-là…
On vous dit que vous êtes Médicomage, que vous allez les sauver. Qu'on compte sur vous. Que rien ne pourra vous arrêter. On vous dit que vous sauverez le monde. On vous dit que vous sauverez tout le monde. Que vous rentrerez le soir en vous disant que vous avez sauvé, une fois encore, des tas de vie. On vous fait croire à des tas de choses.
Mensonges.
Foutaises.
Conneries…
Elle y avait cru dur comme fer. Elle s'était dit que si certains sorciers ne respectaient pas les femmes, ce n'était pas une généralité. Elle s'était dit que si parfois, les sorciers se moquaient des Moldus, c'était par simple ignorance, que les choses évolueraient.
Elle s'était enlisée dans ces mensonges, pensant que les mœurs changeraient, qu'on ne la verrait plus comme une bête de foire.
Elle s'était dit qu'elle pourrait aider tous ses patients. Qu'elle ne verrait pas les mêmes horreurs qu'on pouvait voir dans les hôpitaux Moldus parce qu'ici, c'était le monde de la magie. Ce monde qu'on disait être plus beau, ce monde qui semblait parfait… Elle y croyait, elle, à ce monde parfait, et ce depuis ses huit ans. Mais là…
Là, c'était trop dur. Là, elle n'arrivait pas à le croire. Comment pouvait-on laisser les choses se dégrader à un tel point ? Comment avait-on pu laisser cette gamine…
Elle releva la tête. Fut surprise de voir dans le miroir magique face à elle les larmes qui traçaient des sillons sur ses joues. Ne songea pas une seule seconde à les essuyer. Ces larmes représentaient sa colère, sa frustration, sa peine. Tout ça à la fois.
Elle continua de fixer le miroir. Vit sa baguette qui dépassait de sa poche intérieure, se demanda une fois encore à quoi ça servait, tout ça. Se demanda comment on pouvait vivre en fermant les yeux sur les horreurs qui n'appartenaient réellement qu'au monde des Moldus, et qui étaient tues et oubliées dans le monde des Sorciers. Comme si c'était plus facile de vivre en se persuadant que ça n'existait pas chez soi, ces horreurs.
Elle eut envie de vomir. De souffrir. Juste pour savoir, une fois dans sa vie, ce que ça faisait d'avoir mal. Rien qu'une fois. Une toute petite fois…
Sans trop savoir ce qui la poussait à faire ça, elle lança son poing dans le miroir. La glace se brisa, les bouts de verre se logèrent dans sa chair, le sang se mit à couler. Son image était fissurée. C'était mieux, se dit-elle en souriant. Ça représentait beaucoup mieux ce qui se passait en elle, en cet instant précis. Elle n'était pas lisse. Elle était dégoûtée, fissurée.
Loin, loin de son esprit, la douleur affluait, mais ce n'était pas grave. Pas grave du tout. La douleur lui faisait tellement de bien…
Elle n'entendit même pas le cri horrifié de l'infirmière qui la retrouva.
0o0o0o0
James regarda son assiette en soupirant.
- Pff, Ethan avait des examens à passer en fin d'après-midi, j'ai pas pu jouer avec lui… Qu'est-ce que je me suis ennuyé ! se plaignit le garçon.
- On dirait un gamin de cinq ans, s'amusa Sirius. Mange avant que ça soit froid ! singea-t-il.
- Si ma mère t'entendait, elle te ferait ravaler ton imitation ! lui dit James en piochant tout de même sans son assiette.
- Tiens, vous n'avez pas vu Evans ? demanda Remus. Elle avait un patient, quand je l'ai quittée… Enfin, une patiente. Une femme enceinte pour qui ça se présentait mal, apparemment. J'aurais voulu savoir si ça s'était bien passé.
- Aaah, Remus, toujours autant ébahi par le miracle de la vie ? se moqua Peter.
- C'est pas en refusant de parler de ton problème de fourrure avec tes petites copines que tu vas pouvoir aider à ce que le miracle de la vie ait lieu, se moqua James.
- C'est sûr ! renchérit Sirius. N'empêche que je ne savais pas qu'ici, il y avait des naissances…
- Seulement quand ça se passe mal, murmura la voix de Johnny Stevenson qui passait à côté d'eux.
Ils lui lancèrent un regard surpris. Le garçon semblait avoir la nausée et son teint avait considérablement pâli. Il ne leur accorda pas une minute de plus d'attention, et partit s'asseoir seul à une table, jouant plus avec sa nourriture qu'il ne la mangeait. Avant que les quatre amis ne puissent analyser ce qu'il venait de dire, O'Mar, à la table à côté, apostropha Johnny.
- Alors, ta chère Guérisseuse n'a pas réussi à faire son boulot, cette après-midi ? Une simple naissance, pourtant…
Le noir lui lança un regard assassin, mais ne répondit pas.
- Enfin, c'est surtout ce qui s'est passé après qui prouve que cette bonne femme est complètement folle, continua O'Mar.
Un silence religieux s'était installé dans la cafétéria, et tous les regards étaient tournés vers l'étudiant O'Mar, qui se délectait de toute évidence de la situation.
- Un miroir magique brisé… Ah, c'est qu'elle a de la force quand même, Evans ! Enfin, tant mieux qu'il ait été magique. Elle va mettre du temps à s'en remettre complètement, ça lui apprendra à se croire supérieure à tout le monde.
- Ferme-la, O'Mar, soupira Stevenson.
O'Mar ne l'écouta pas.
- Moi, à sa place, je ne serais même pas allé aider cette gamine. Je veux dire, ce qui lui arrive, c'est entièrement de sa faute, elle n'avait pas qu'à pas provoquer son monde. Mais Evans, en même temps, elle connait ce genre de situations, pas vrai ?
- Ne dis pas n'importe quoi, O'Mar…
- T'as raison. Elle n'a pas été violée. Mais bon, à ce qu'on dit, son ex, c'était pas un tendre… Crois-moi, je suis bien déçu qu'il ne lui ait pas refait le por…
Il ne termina pas sa phrase. Johnny s'était levé, jeté sur lui, l'avait levé de sa chaise et plaqué contre le mur.
- Répète ce que tu viens de dire ? Tu dis qu'un mec aurait dû lever la main sur une femme, c'est ça que t'es en train de dire ? Et qu'est-ce que tu dirais de mon poing sur ta gueule, O'Mar ? Hein ? Cette gamine, elle avait quinze ans, et t'es content de ce qui lui arrive ? T'es vraiment content ? T'es qu'un petit enfoiré, voilà ce que t'es. Et un mauvais médecin, en plus, puisque tu n'as pas été capable de ne pas te faire renvoyer de sous les ordres d'Evans !
- Retire ça ! s'époumona O'Mar. Je suis bien meilleur que toi, petit con !
Ils furent séparés avant que ça ne dégénère totalement. Church tenait d'une main O'Mar et Sirius et Remus s'étaient chargés de Stevenson, vu que personne ne semblait vouloir s'occuper de calmer les deux jeunes, mis à part Church.
- Fermez-la, tous les deux ! On est dans un hôpital ! s'exclama Church. Stevenson, c'est bien beau de vouloir prendre la défense de ta patronne, mais si t'es viré, qui est-ce qui va la défendre, hein ? Quant à toi, O'Mar, laisse-moi te dire que tu me déçois ! Je te pensais un peu plus intelligent que cela ! Ce matin, tu te permets de juger les patients, tu te fais virer des ordres d'Evans et, suite à cela, tu recommences l'après-midi en jugeant en plus une de tes supérieures ? Merlin, mais t'as quoi dans le cerveau ? De la citrouille pas fraîche ?
- Mais c'est…
- Une patiente est morte, O'Mar ! hurla Church. Morte, tu le comprends ça ? Tu ne devrais pas être en train de te moquer, mais tu devrais réfléchir à ce qui a bien pu se passer pour que les choses dégénèrent comme ça ! T'es Guérisseur, pas juge !
- Mais je…
- Vingt-quatre heures ! Vingt-quatre heures de suspension !
- Quoi ?! Mais non, je…, protesta O'Mar.
- Quarante-huit heures, et ce sera sur ton dossier !
- Mais, enfin, je…
- Tu veux vraiment que je monte à soixante-douze heures ? siffla Church. Tu sais qu'avec soixante-douze heures de suspension inscrites sur ton dossier, t'es à peu près sûr de ne jamais trouver de travail ? Tu en as conscience, de ça, au moins ?
Le visage d'O'Mar pâlit dangereusement, et il se laissa tomber sur la chaise qui l'avait suivi jusqu'au mur.
- Je… Quarante-huit heures, dit-il dans ce qui ressemblait à une supplique. Pas plus.
Church hocha sèchement la tête, et lui désigna la sortie, que le garçon s'empressa de prendre en voyant le regard assassin que dardait sur lui Stevenson.
Church se tourna vers ce dernier, en soupirant.
- Evans va avoir besoin de toi, alors, évite d'assommer les autres étudiants. Fais profil bas. Et merci pour elle. De l'avoir défendue, éclaira-t-il.
Il jaugea du regard Stevenson, puis adressa un signe de tête à Remus et Sirius.
- Merci. Vous pouvez le lâcher. Il ne va plus s'énerver contre personne, normalement…
Les deux garçons lâchèrent lentement l'étudiant, qui remit sa blouse en place, repositionna la chaise à sa place, puis retourna s'asseoir. On aurait presque pu croire que rien ne s'était passé, si ce n'était les muscles de sa mâchoire qui étaient on ne peut plus tendus.
Tout le monde retourna à sa place, et le silence plana encore un moment, jusqu'à ce que la porte de la cafétéria se rouvre sur Andy, suivi de Lily.
- Un miroir magique, par Merlin… Tu réalises la puissance de ton poing, quand même ?!
Elle eut un faible sourire en contemplant sa main droite bandée.
- Ouais…
- Tu m'étonnes que le nez de Garry ne se soit jamais bien remis…
Elle rit légèrement, un peu gênée. Lily réalisa que tous les regards étaient tournés vers elle. Elle rougit un peu, s'assit rapidement. Andy la rejoignit une fois qu'il eut pris de quoi les nourrir tous les deux, puis, il regarda à nouveau le bandage de la jeune femme, avant d'éclater de rire.
- Andy…, siffla-t-elle en guise d'avertissement.
- Non mais, reconnais que c'est drôle ! Avec toi, dans un match de Quidditch, on aurait plus besoin de batte !
Elle sourit difficilement.
- Non, plus sérieusement. Au moins, maintenant, on sait à quoi s'en tenir avec toi.
- Comment ça ?
- Eh bien, tu vois, tout le monde se demandait si tout tournait bien comme il faut, là-haut, expliqua son ami en désignant son crâne. Je veux dire, t'es une femme qui a décidé de venir exercer dans LE milieu où tous sont des hommes. Mais là, avec ton petit coup de folie, on est surs maintenant : ça va pas bien là-haut ! s'esclaffa-t-il.
Elle eut beaucoup de mal à résister. Mais le rire d'Andy était tellement communicatif… Et son rire à elle allégea l'atmosphère de la cafétéria.
0o0o0o0
- Bonsoir les amis ! s'exclama Andy.
Sirius, Remus, Peter et James lui lancèrent un regard surpris.
- Euh… Sans vouloir vous offenser, qu'est-ce que vous faites là ? s'étonna James.
- Oh. Je ne sais pas si vous en avez entendu parler, mais Lily Evans a un peu pété les plombs dans la journée. Aaah, les femmes ! se moqua-t-il gentiment. Je ne suis pas misogyne, hein. C'est mon amie, c'est pour cela que je me permets de parler d'elle comme ça. Bref, elle avait besoin de dormir, encore. Alors je lui ai dit que j'acceptais de m'occuper de vous. Ça ne vous dérange pas trop, j'espère ? Je ne suis pas aussi doué qu'elle, mais elle m'a laissé une liste de recommandations de cinquante centimètres. Par patient, précisa-t-il. Alors je crois que je devrais m'en sortir…
James hésita un moment. Andy White lui inspirait confiance, mais il avait pris l'habitude de voir Lily Evans franchir la porte de cette chambre…
- C'est très rapide, de toute façon. Continuer à vérifier que le traitement fait bien son effet, et voilà, assura Andy. Ce sera fait en cinq minutes.
- D'accord, concéda James.
Il tendit le bras, laissa Andy regarder tout cela. Puis, n'y tenant plus, et après avoir jeté un coup d'œil à ses amis qui semblaient avoir les mêmes interrogations que lui, il demanda.
- Euh, dites-moi… Evans, là, ça va aller ?
Andy prit son temps pour répondre.
- Vous savez ce qui s'est passé, ou pas ? finit-il par demander.
Les garçons secouèrent la tête en signe de négation.
- Je ne devrais pas trop vous en parler mais, en même temps, ça fait déjà le tour de l'hôpital, alors bon… Vous finirez par le savoir, et quitte à l'entendre de la bouche de quelqu'un, il vaut mieux que ce soit de la mienne que d'une personne qui n'aime pas Lily.
Il soupira, jeta un coup d'œil à la porte pour vérifier qu'elle était bien fermée, et commença son récit.
- Cette après-midi, on a appelé Lily pour un accouchement difficile. Elle est la seule femme Guérisseuse, alors elle est la mieux placée pour ce genre de situations, selon notre patron. Il se trouve qu'en fait, la femme, c'était une fille. Une adolescente, si vous préférez. Elle a quinze ans et quelques. Le jour de ses quinze ans, elle a voulu les fêter avec des amies, dont l'une est née presque le même jour. Elle était sur le chemin de Traverse quand un homme… Bon, il trouvait qu'elle n'était pas habillée décemment, expliqua Andy la gorge serrée. Vous comprenez, des habits Moldus… Enfin, voilà quoi. Elle a eu le malheur de porter des vêtements Moldus, et… Désolé si je vous choque, murmura le Guérisseur.
- Continuez, le rassura Sirius, bien qu'il n'en menait pas large.
- Et elle est tombée enceinte de ce malade. Elle a refusé de faire quoi que ce soit. La honte, le fait que ce soit comme ça que les sorcières font depuis des années ? Bref, même si elle avait peur, même si elle ne se sentait pas bien, même si elle avait des saignements, de drôles de sensations… Elle est restée chez elle, et n'est jamais venue consulter. En même temps, qui pourrait la blâmer ? C'est comme ça qu'on fait, dans le monde des sorciers. Seulement, ça s'est mal présenté, aujourd'hui, pour l'accouchement. Et les parents, qui étaient là, voulaient sauver les deux, la gamine ne voulait pas qu'on s'occupe d'elle, ni du bébé. Bref, une galère. On a fait ce qu'on a pu, enfin, Lily a fait ce qu'elle a pu. Je l'ai rejoint plus tard, avec un autre Guérisseur, mais rien à faire. Le bébé… C'était trop tard pour lui. Quant à la gamine… C'était une horreur. Rien à faire, pareil. Trop de saignements. Elle s'était trop débattue, elle était faible, et… Elle est morte, deux minutes après son enfant. Ce qui a foutu Lily en rogne c'est que… Merde, on est dans le monde des Sorciers ! Elle est Née-Moldue, on lui a toujours dit que les Sorciers s'en sortaient mieux grâce à la magie, mais là… Elle a vu cette gamine mourir parce qu'elle n'a pas voulu se faire soigner parce que ce n'était pas dans les mœurs des sorciers, elle a vu des Guérisseurs se détourner de la fille parce qu'elle était en train d'accoucher et que c'est une occupation de bonne femme de faire accoucher les femmes. C'est… franchement, même moi, ça m'a répugné, et pourtant, je connais le monde de la magie depuis toujours, pas comme Lily. Je ne trouve pas ça normal, et elle non plus, et elle était en colère. Et quand on est en colère… Bah elle, elle a lancé son poing dans un miroir. Voilà. Fin de l'histoire, soupira Andy. Mais je peux vous dire qu'après une journée de ce genre, eh bah, on se demande ce qu'on fait là, nous…
Il secoua la tête, récupéra ses papiers. Il était tellement abattu qu'il ne vit même pas à quel point ce qu'il venait de dire avait remué les quatre personnes présentes dans la pièce avec lui.
- Eh, euh… C'est peut-être exagéré, reconnut James, mais par rapport à ce qu'a dit O'Mar… Enfin, vous n'étiez pas encore là, mais vous avez certainement entendu ce qu'il a dit…
- Rapport avec l'ex de Lily ? devina sans peine Andy.
James hocha la tête, suivi de ses amis.
- Aaah, Garry O'Malley. J'espère que vous ne le connaissez pas. C'est pas un mauvais type, dans le fond, il ne supporte juste pas d'être largué. Quand Lily a commencé à sortir avec lui, je dois vous avouer qu'on a tous été surpris, parce que ce n'est pas le genre de garçons auquel elle nous avait habitué mais, après tout, pourquoi pas ! Tant qu'elle était bien avec lui… Sauf que quand elle a compris qu'elle n'était plus « bien » avec lui, il ne l'a pas supporté. Il l'a violemment poussé contre le mur de son appartement, et je pense qu'il aurait fait plus si elle n'avait pas eu le réflexe de lui balancer son poing dans le nez. Dit comme ça, elle parait violente, mais je crois que c'était la meilleure chose à faire... Ils sont arrivés dans un état, tous les deux, à Ste Mangouste… Lily avec un énorme bleu qui menaçait de se former sur l'épaule, et celle-ci était déboîtée. Mais lui, il avait le visage en sang, et le nez cassé. On l'a réparé mais, en souvenir de ce qu'il avait failli faire, on a laissé son nez légèrement déplacé. Pour qu'il se rappelle de ne jamais plus tenter de lever la main contre une femme. Et Dan Moore, là, votre capitaine, il est venu… menacer, je crois que c'est le bon terme, ce cher Garry pour qu'il ne recommence jamais ça. Ne prenez pas Lily Evans pour une femme faible, termina-t-il. Elle ne l'est pas, mais alors, pas du tout. Elle sait se défendre. Elle tombe juste sur les mauvais mecs… Oh, et ne lui dites jamais que je vous ai dit ça. Jamais. Elle me tuerait pour vous avoir mis au courant de cette histoire. Vous avez d'autres questions ?
- Non, je crois que ça ira, répondit Sirius. Merci pour vos explications.
- Y a pas de quoi. C'est pas toujours facile pour nous, ici, mais pour Lily, en tant que femme, c'est souvent pire…, murmura Andy en sortant.
- Eh bah dis-donc. C'était gai, murmura Peter.
- Ouais, confirma Sirius en hochant la tête.
- Je déteste les hommes qui frappent les femmes, murmura James d'une voix blanche.
- Je crois que je vais aller rejoindre Alicia. Juste pour avoir un peu de douceur pour compenser cette journée…
Sirius disparut.
- Vous pouvez y aller, les gars, proposa James à Remus et Peter en les voyant hésiter. Je sais que vous avez envie de sortir de cet endroit, maintenant que vous avez entendu tout ça…
Ses amis hochèrent la tête et, sans se faire prier, déguerpirent.
James jura.
Il détestait vraiment les hommes qui frappaient les femmes.
Et il comprenait la frustration de Lily Evans.
Lui aussi avait toujours cru que la magie réglait tout. Apparemment, non, comprit-il en se remémorant la journée dans son intégralité, et en se rappelant que son meilleur ami était un loup-garou sans aucune possibilité de modifier ça…
Foutue magie, finalement. Même le Quidditch ne lui paraissait plus aussi attrayant, tout à coup. Heureusement qu'il sortait demain, il pourrait enfin se changer les idées.
Voilààà. Le retour d'une Lily un peu - beaucoup - survoltée, c'est clair. Ce n'est pas une vie toute rose qu'elle a eu, on commence à le voir et, surtout, on commence à voir à quel point le monde sorcier n'est pas franchement clément avec les femmes... du moins, dans cette version-là. Ce n'est pas non plus un extrême. Ce n'est pas toujours comme ça que ça se passe, et plusieurs femmes dans cette histoire sont très bien traitées.
(J'ai relu ce chapitre, il ne devrait pas y avoir trop de fautes... normalement. Et, au fait, vous pouvez remercier DelfineNotPadfoot,qui m'envoie toujours les fautes qu'elle a noté au fur et à mesure de sa lecture, juste pour me permettre d'aller me coucher paisible, en sachant qu'il n'y a plus de fautes... un grand merci à elle !)
Sur ce, que vous dire... Je n'ai pas grand-chose à vous dire de plus sur ce chapitre, en fait. Par contre, j'ai une bonne nouvelle à vous annoncer, le chapitre 19 est terminé ! Oui, oui, vraiment. Le chapitre 20 est commencé et devrait se terminer d'ici deux semaines maximum, les cours devraient me permettre de souffler un peu, bientôt :) !
Alors, parlons plus sérieusement.
Merci pour toutes vos reviews, je suis toujours surprise de les recevoir (je ne devrais plus, et pourtant...). Enfin, voilà, tout ça pour vous dire qu'elles sont géniales et qu'elles me font toujours très, très plaisir. J'ai l'impression de me répéter, mais c'est que c'est vrai. Il n'y a pas d'autres mots pour vous dire à quel point je suis contente de recevoir ces petits mails de reviews ! J'espère vous avoir répondu, à tous.
Je vais d'ailleurs répondre à Lola, guest sur le chapitre précédent.
Bon alors, tout d'abord, merci ! Pour ta review, et pour toutes les choses gentilles dites. Pour tes questions, je vais y répondre dans la limite du possible... J'ai une fin en tête, plus ou moins. En fait, je ne sais pas exactement quand s'arrêtera cette histoire. Disons que plusieurs scénarios sont possibles. Je verrai, au fur et à mesure, quelle est la fin la plus digne pour cette ff ! En espérant que, quelle que soit la fin choisie, elle vous plaira et me plaira aussi. Combien de chapitres avant la fin... Bonne question. Pour la réponse, par contre... Une trentaine ? Non, en toute honnêteté, je ne sais pas. Il se trouve que je pensais n'écrire que 10 chapitres, à la base. Ah, ah, ah... Ensuite, la dernière... Pourquoi le mercredi ? Euh... je ne sais pas. En y réfléchissant, ce n'est pas logique, le mercredi est ma plus grosse journée... Ah, si, je sais pourquoi, en fait. C'est parce que l'une d'entre vous (qui corrige les fautes, pour ne pas la citer... son pseudo n'est que quelques lignes plus haut, ah ah !) m'a dit avoir une sale journée le mercredi. J'ai voulu lui faire plaisir. A moins que ce ne soit après que j'ai appris pour sa mauvaise journée ? Possible. Ou alors, j'ai publié quelque chose le mardi avant le début de cette histoire, et du coup, j'ai pas voulu publier deux choses le même jour. Bref. Maintenant, c'est le mercredi, et voilà ! Et pourquoi il n'y a pas plus d'un chapitre à chaque fois... Tout simplement parce que la fic n'est pas terminée, et que publier 2 chapitres par semaine exigerait un trop grand temps d'écriture pour me maintenir au rythme. Or, les cours ne me permettent pas du tout d'avoir un tel rythme de publication / d'écriture, désolée !
Voilà ! Je crois avoir répondu à tout le monde. Si ce n'est pas le cas, plaignez-vouuuuuuuuuuuuus ! (Ça ne changera pas grand-chose pour vous, mais sachez que moi, je me sentirai extrêmement coupable, si, si.)
A mercredi prochain :)
