DÉCISION
Pov Jasper
Il me fallut plusieurs heures pour reprendre le contrôle et lorsque je le fis, les membres d'Emmet jonchaient le sol. Edward était dans un meilleur état que lui, mais également mutilé et Carlisle... s'appliquait à remettre sa jambe droite en place. Cependant ce fut lui qui parvint à me réveiller de ma rage salvatrice.
Ne rester plus que la culpabilité à présent.
Oui, mon monstre s'était considérablement calmé, mais je n'était pas fier de moi. J'avais blessé les membres de ma famille et ce médecin immonde était quand à lui toujours en vie.
- Je suis désolé, murmurais-je en observant les dégâts autour de moi. J'aurai dû...
- Ce n'est pas de ta faute, me coupa Carlisle. J'aurai sans doute réagis aussi violemment si ça avait été Esmée.
Carlisle m'adressa un sourire compatissant tout en s'occupant d'Emmet alors qu'Esmée se chargeait d'Edward. Il avait beau essayer de me rassurer, voir ceux que je considérai comme ma famille dans cet état me rendait malade.
- Tu projette, l'empathe ! S'écria brusquement la voix d'Emmet
Je soupirai de soulagement en voyant que malgré la situation, Emmet n'avait pas perdu sa bonne humeur, il ne semblait pas m'en vouloir le moins du monde.
- Emmet, je suis dé...
- Si tu me dis que tu es désolé, je te remet une branlé ! Grogna-t-il en essayant de paraître menaçant
Je levai un sourcil, essayant de me rappeler si Emmet était déjà parvenu à me battre au moins une fois depuis notre rencontre, cependant rien ne me vint.
- C'est parce qu'il n'a jamais réussi, railla soudainement la voix d'Edward. Et moi non plus je ne veux pas de tes excuses, nous sommes venu après toi et tu nous a demandé de reculer à plusieurs reprises...
- Et dire que j'ai toujours cru que ces histoires sur le grand major étaient plus qu'exagérés, rempila Emmet. Je dois reconnaître que tu es effectivement un grand guerrier... mais faites-moi plaisir, en dehors de nous, personne ne doit apprendre ce petit incident, ça ruinerait ma réputation...
Je ne pu m'empêcher de sourire à Emmet. Mais soudainement, Alice me revint en tête et avec elle, toutes mes mauvaises pensées.
- Qui est avec elle ? M'enquis-je en fronçant les sourcils
- Rosalie, répondit Esmée
Je hochai la tête et observa Carlisle terminer sa besogne avec Emmet. Lorsqu'il eut terminé, il se tourna vers moi en m'adressant un regard désolé et je ressentis une grande quantité d'appréhension venant de lui.
- Je dois te parler d'Alice, commença-t-il doucement. J'ai remarqué qu'elle avait quelques marques de brûlures à l'arrière du crane... je... apparemment, le docteur Silver à utilisé les électrochocs et cela semble avoir endommagé son cerveau...
Je me crispai violemment, sentant la colère me ronger de l'intérieur. Alors qu'une partie de mon cerveau écoutait attentivement Carlisle, une autre ne faisait qu'imaginer les milles et une tortures que je pourrai infliger à ce malade. Ce fut bien la première fois que j'en arrivais à bénir mes années avec Maria, elle m'aura au moins apprit comment punir correctement.
- Qu'est-ce que tu veux dire par endommagé ? Demandais-je en tentant de garder mon calme
- Et bien, elle semble avoir régressé. Elle ne se comporte plus comme une jeune femme de dix huit ans, mais d'avantage comme une enfant de dix. Il soupira en secouant la tête, je pouvais à présent sentir la colère rayonnant de lui, rivalisant presque avec la mienne. Je crois qu'elle a également des problèmes de mémoires et elle a sans doute perdu sa capacité, d'après ce qu'elle dit, elle n'a pas eu de vision depuis un moment...
Je clignais des yeux, essayant autant que possible d'ingérer les informations qu'il me donnait, mais il était difficile pour moi de comprendre ce que cela impliqué. Toutefois, ce que je pensais être la réponse au problème me vint aussitôt, aussi évidente que l'amour que je ressentais pour elle.
- Je vais la transformer, murmurais-je pour moi-même
- Cela pourrait en effet réparer les dommages, acquiesça-t-il en m'adressant un sourire rassurant
- Mais ?
- Mais rien est sur...
Je hochai la tête. Peu importe qu'elle ne soit plus jamais la même, je l'aimai et rien ne pourrait changer ça. J'espérai que la transformation me la ramènerait, mais si cela ne fonctionnait pas, alors j'apprendrais à apprécier cette nouvelle Alice autant que j'adorai l'ancienne.
- Je veux le faire au plus vite, dis-je en me dirigeant vers la maison. Je vais avoir besoin de toi, Carlisle. Ce n'est pas la première fois que je transforme, mais je ne l'ai pas fait depuis que j'ai arrêté de boire de façon traditionnelle
- Je serais là, Jasper, me rassura-t-il en me suivant
- Nous seront tous là, rajouta Edward en posant une main sur mon épaule
Je montai donc dans la chambre, avec Carlisle, Edward, Esmée et Emmet derrière moi. La décision était prise, bien sur, je l'avais prise depuis longtemps. Cependant la différence à présent était que je n'allais pas lui demander la permission, je n'allais pas attendre son consentement.
Je prenais la décision pour elle, la responsabilité pour elle.
J'allais changer la vie de celle que j'aimais à tout jamais, sans assurance qu'elle finirait par partager mon amour. Bien sur, j'avais sentis son affection, aussi minime soit-elle, mais il était difficile d'être certain de notre lien alors qu'elle était toujours humaine. Alice était si méfiante, si peu confiante en elle-même et en ceux qui l'entourait. Mais j'avais bon espoir, je voulais qu'elle finisse au moins par apprécier l'amour que je lui portais, même si elle ne tombait jamais amoureuse de moi.
Pour le moment, c'est tout ce que je voulais.
Lorsque j'entrais dans la chambre, elle s'était endormit dans les bras de Rosalie qui lui caressait doucement les cheveux. Il était rare de voir ma sœur avoir de tels gestes. La douceur n'était pas vraiment ce qui la caractérisait, sauf avec son mari, bien sur.
- Merci, murmurais-je en lui souriant
Rosalie me rendit mon sourire en hochant la tête et se déplaça doucement de sorte de pouvoir me laisser la place.
- Tu veux ?
Elle laissa la question en suspend, je me doutais qu'elle n'était pas forcement d'accord pour ça, mais je considérais Alice comme ma compagne et sa place était donc à mes côtés. Les nouveaux paramètres que Carlisle m'avaient apportés ne faisait qu'accélérer les choses.
- Oui, répondis-je avec assurance
Rosalie hocha de nouveau la tête et se recula afin de se placer près de son mari. Je pris une profonde inspiration et fis signe à Carlisle de s'avancer. Celui-ci s'installa de l'autre côté du lit et m'offrit un sourire encourageant.
- J'ai confiance en toi, fils, murmura-t-il. Je sais que tu vas y arriver
Je lui envoyais une vague de reconnaissance et me pencha sur Alice en l'enfonçant d'avantage dans son sommeil grâce à mon don. J'embrassai doucement son front, fis une petite prière interne afin qu'elle se réveille plus heureuse qu'elle ne l'était lorsqu'elle s'était endormit et glissa ma bouche jusqu'à sa jugulaire afin d'y planter mes dents.
L'exercice fut difficile, mais plus facile que prévu cependant. Je l'aimai beaucoup trop pour la tuer, cela m'était tout simplement impossible. Durant mon premier siècle, j'avais tué à profusion, transformé aussi. Cependant je n'avais jamais eu à m'inquiéter, je ne souffrais pas de restriction comme aujourd'hui et je me nourrissais toujours d'un humain ou deux avant de transformer ceux que Maria désignait.
Je poussai autant de venin que possible et avec un effort douloureux, je sautais de l'autre côté de la pièce, essayant de reprendre mes esprits.
- Est-ce que c'est assez ? Demandais-je en scrutant son petit corps s'agiter dans son sommeil
- Oui, fils, c'est très bien. Tu n'as presque pas pris de sang et poussé beaucoup de venin. C'est parfait ! Sourit-il fièrement
Je me réinstallais sur le lit pour lui tenir la main tout en contrôlant au mieux de mes capacités sa douleur. J'étais plutôt fier de moi, mais à présent, j'étais pris d'un dilemme. Je ressentais un fort besoin d'aller visiter ce docteur Silver, surtout sachant qu'une fois Alice réveillé, il serait difficile de m'absenter pour soigner mon patient. Cependant, je me voyais mal laisser Alice durant sa transformation, même si je parvenais à la tenir inconsciente, je ne voulais pas qu'elle traverse cela sans moi.
- Je peux le faire pour toi, entendis-je soudainement derrière mon dos
Je fus surpris de reconnaître la voix d'Edward. Après Carlisle et Esmée, il était certainement le moins violent.
- Il mérite cette violence, murmura-t-il en réponse à mes pensées
Rosalie dû comprendre ce dont nous parlions, parce qu'elle se retourna pour regarder son frère qui hocha la tête avant de reporter son attention sur moi.
- Laisse-moi faire, offrit-elle avec un rictus que je ne lui connaissais pas
Je clignais des yeux, un peu surprise par le plaisir qu'elle semblait prendre alors qu'elle devait s'imaginer passe un moment avec le soit disant médecin.
- Laisse-moi faire, répéta-t-elle. Je te promet qu'il aura ce qu'il mérite
Je vis Carlisle grincer des dents, mais il ne dit rien. Quand à Esmée, elle se contenta de hocher la tête dans la compréhension. Elle avait beau haïr la violence, les monstres capables de sévices pareilles ne devraient pas vivres selon elle.
En soupirant, je pris ma décision.
Ramenez-le à proximité, mais ne le tuez pas, pensais-je à l'intention de mon frère. Venez me chercher dès que vous l'aurez amené.
Edward hocha la tête avec un air sévère et se tourna vers Rosalie et Emmet.
- Venez, se contenta-t-il de dire avant qu'ils ne disparaissent tous les trois
Je ressentais le malaise de Carlisle, le pauvre semblait en pleine bataille interne. Je me doutais qu'un côté de lui pouvait parfaitement comprendre mon besoin de vengeance, mais l'autre, celui qui caractérisait sa personnalité semblait sur le point d'être malade.
- Je sais que tu n'aimes pas ça, Carlisle, soufflais-je en caressant doucement les cheveux d'Alice. Mais j'en ai besoin, ma colère ne pourra disparaître qu'avec sa vie...
Il ne répondit pas de suite, mais je sentais toutes les fluctuations dans ses émotions, il passait de la compassion, le pardon, la compréhension...
- Je comprends, finit-il enfin par répondre
- Merci
Je m'allongeai près d'Alice, heureux que mon pouvoir semble atténuer sa douleur et attendit avec impatience l'arrivé de ce porc à laquelle je promettais une mort lente et douloureuse.
