Ce texte a été écrit pour la dix huitième nuit d'écriture du Forum Francophone en réponse au thème « Cellule ».

Disclamer : L'univers appartient JK Rowling.

Bonne Lecture


OS 10 : Pensées Salvatrices

« Mais comme il n'existe point de marchands d'amis, les hommes n'ont plus d'amis. Si tu veux un ami, apprivoise-moi »

- Le Renard – Antoine de Saint-Exupéry

Coincé entre quatre murs, Sirius Black ne pouvait pas faire grand chose de plus que ressasser ce qui l'avait conduit là.

Il ne pouvait que penser à James et Lily, à Harry, à Remus, à Peter... A tous les mots qu'il ne pourrait jamais leur dire, a toutes les choses qu'il ne pourrait jamais leur faire. Toutes les excuses qu'il n'avait jamais faites, les insultes qu'il n'avait pas retenu, les bêtises qu'il aurait pu retenir.

Il songeait à la dernière fois qu'il avait pris le soleil, la dernière fois qu'il s'était transformé en Patmol, la dernière fois qu'il avait fait rire Remus. La dernière fois qu'il avait refusé quelque chose à James, la dernière fois qu'il s'était moqué de Peter...

Dans sa tête, il y avait aussi toutes les choses qu'il aurait pu faire, il aurait pu comprendre, il aurait pu entendre. Il aurait pu voir, il aurait pu soutenir. Il aurait pu aimer, il aurait pu aider...Il y avait tant de choses auxquelles on ne pensait jamais quand on était encore capable de changer les choses. C'était dans l'incapacité que Sirius découvrait ce dont il aurait pu ou du être capable.

Dans la moiteur de la nuit (ou bien étais-ce le jour ? Une notion que l'on perdait facilement dans les cellules noires d'Azkaban), l'Animagus revoyait toutes les choses qu'il avait eu le temps de graver dans sa mémoire. Des souvenirs précieux de moments heureux, des images inutiles de bonheur perdu. Les mêmes personnes qui revenaient sans cesse, les seules qui savaient comment habiter son coeur :

James... James le lumineux, James dont le sourire contagieux illuminait les journées de Sirius. James qui avait toujours le mot pour rire, le verbe optimiste, le ton pince-sans-rire. James, le soleil autour duquel il gravitait Enfant des étoiles, Sirius se nourrissait de la chaleur de l'enfant Potter, de l'adolescent Potter. James qui avait su comment l'aimer. James l'amoureux qui parlait de sa Lily comme Sinistra parlait des astres du ciel. James qui l'avait rendu jaloux en allant vers Lily mais qui avait finalement montré qu'il aurait toujours de la place pour Sirius. Parce qu'il n'était pas n'importe qui, il était son frère. Un satellite, un aimant. James qui était mort sans prévenir, sans s'assurer que Sirius pourrait vivre après lui...James Potter.

Remus... Remus le nostalgique, Remus et son regard aussi doux que les premiers rayons du soleil qui accueillent le printemps. Remus le sucré qui sentait le chocolat à toutes heures de la journée, qui savait si bien faire semblant d'être sérieux. Remus et son incroyable capacité à aimer autrui autant qu'il se haïssait. Remus qui avait su l'apprivoiser. Remus dont Sirius oubliait souvent le seul « défaut ». Remus qui avait douloureusement conscience de sa condition alors que Sirius semblait ne pas s'en souvenir. Remus le tendre, celui dont Sirius cherchait les bras après un cauchemar trop réel. Remus l'ami, toujours, l'ami... Et pourtant Remus qui le croyait coupable, qui avait détourné les yeux...Remus Lupin.

Peter... Peter l'inattendu, Peter et son humour un peu douteux. Peter dont les faiblesses en cours faisait sourire Sirius autant qu'elles l'attristaient. Peter et les étoiles qui brillaient dans ses yeux lorsque James le remerciait. Peter qui essuyait les critiques sans broncher, qui semblait si peu à sa place avec les Maraudeurs mais qui l'occupait en toute légitimité. Peter sans qui le groupe n'en aurait pas été un. Peter le tampon dont Sirius négligeait jusqu'alors l'importance. Peter qui avait tant de fois subi les moqueries de James et Sirius sous le regard sevére de Remus. Peter qui avait trahi, qui avait trouvé un maitre, qui était parti... Peter Pettigrow.

Lily... Lily le feu-follet, Lily qui avait débarqué dans leur vie comme une bombe, qui avait transformé James, qui avait su en faire un faible homme amoureux. Lily qui avait dégonflé la large tête de James Potter, Lily que Sirius avait tant jalousé, il avait craint qu'elle ne lui vole son frère mais le lui avait finalement rendu encore plus lumineux. Lily, astre parmi les astres, Lily la rayonnante dont les yeux verts hypnotisaient les pauvres fous qui croisaient son regard. Lily qui avait été l'objet de tant de rêves éveillé de James, Lily la belle, Lily la mère qui avait pris les Maraudeurs sous son aile, qui avait accepté Remus, soigné Sirius, encouragé Peter... Et puis Lily qui avait encore plus illuminé leur cieux. Lily qui était morte aussi silencieusement que son époux … Lily Evans Potter.

Harry... Harry... Harry que Sirius ignorait comment définir, ce filleul dont il ne connaitrait pas les premières fois. Harry et ses sourires, Harry et ses rires, Harry et ses câlins. Harry sur son petit balai jouet. Harry qui avait transformé la vie des Maraudeurs, qui avait donné un nouveau souffle d'espoir à Remus, qui avait donné un objectif à Sirius, qui avait révélé la supercherie de Peter. Harry, le seul Potter encore debout. Harry, la bouée de sauvetage d'un Maraudeur qui dépérissait dans sa petite cellule noire... Harry Potter.

Le plus valeureux des Détraqueurs n'aurait rien pu faire contre les souvenirs de Sirius. L'animagus devenait fou mais luttait encore, s'accrochant avec désespoir, hurlant le nom de son filleul comme un mantra qui lui sauverait la vie. Il devait lui sauver la vie... il fallait qu'il le fasse... Qu'il le sauve comme James l'avait sauvé. Il était son fils, il devait le sauver.

Et puis un jour, il y eut cette photo dans un journal...


Je m'arrête là pour cet OS qui m'aura fait verser des centaines de larmes.

Lenoska.