Chapitre 9 :

Allais-je vraiment l'appeler ? A cette heure, alors qu'Isabella était dans mon lit ?

Non, je ne le ferai pas. Pas avant lundi matin. Je voulais tout lui raconter et je verrai ce qu'il me répondrait. Mon esprit s'éclaircirait peut-être enfin.

Jasper était mon ami. Je l'avais rencontré lorsque j'avais déménagé à Seattle. Nous sommes beaucoup sortis en boîte ensemble, même à des partys et il vient aussi au Club de temps à autre. Il n'avait rien contre mon style de vie.

Il m'avait aidé pour trouver des filles pour un soir et nous jouions parfois le jeu ensemble. S'il apprenait que je jouais avec sa sœur de la même manière qu'avec ces filles…

Il était mon ami.

Est-ce que ça changeait quelque chose ?

Oui, probablement.

Il faudrait que je me regarde en face les soixante prochaines années sachant ce que j'avais fait. Il n'était pas question de savoir si Alice et Jasper seraient ensemble pour toujours. C'était gravé dans la roche. Ils étaient faits l'un pour l'autre.

Il serait mon beau-frère mais je ne serais rien pour lui. Juste le mec qui avait pris le contrôle de sa sœur.

Je soupirai en éteignant mon ordinateur. Mais qu'est-ce qui ne va pas chez moi ? Je ne me suis jamais inquiété de ce que pensait les familles de Jessica, Kate ou Tanya.

Parce que je ne les connaissais pas.

Ce n'était pas le même genre de relations.

Et puis, il ne réagira peut-être pas mal à tout cela. Alice a donné son consentement au sujet de cette relation.

Normal, Cullen. C'est ta sœur.

J'essayai de laisser mes idées loin d'Alice et Jasper. Tout cela ne m'aidait pas à l'heure actuelle. J'avais besoin de réfléchir à la jeune fille endormie dans la chambre au bout du couloir.

A son sujet, Eddie, elle devrait être dans sa chambre et non dans la tienne.

Tout ce que j'avais fait durant sa punition était mal. Je lui avais dit qu'elle ne pouvait pas utiliser son mot de sécurité. Putain, je lui avais fait croire que ce mot n'était un gage de sécurité. Je me suis dit qu'elle ne connaissait rien de la relation dominant-soumise. J'ai profité de son non-savoir. Je voulais me convaincre qu'elle était juste comme Tanya et les autres. Je n'avais pas besoin d'être un dominant après ce qui s'était passé. Je n'avais aucun droit. Je venais de la frapper alors qu'elle avait utilisé son mot sécuritaire.

Elle avait dit jaune et j'aurais dû mettre un terme à la scène. Jamais je n'aurais dû pousser les choses si loin.

Je lui ai menti, à elle, mais également à moi-même.

Je voulais gagner cette bataille et en le faisant, j'avais brisé la confiance de ma soumise. Je lui avais menti. J'avais sa confiance au début et j'avais tout foiré.

Je me dirigeai vers la chambre à coucher en réfléchissant à la prochaine étape. J'allais faire quelque chose pour elle tout en restant le dom. Je ne voulais rien changer de ma vie.

Quelle était la meilleure façon de donner quelque chose à une soumise sans lâcher le contrôle.

En lui donnant du plaisir.

La plupart des gens semble penser que lors du plaisir, tous perdent le contrôle d'eux-même. Hors, c'est tout le contraire. Lorsque je prends soin d'une soumise, je contrôle tout ce qu'il se passe, qu'elle ait une libération ou pas, qu'elle le veuille ou pas.

C'était ma volonté une fois de plus.

J'ouvris la porte et trouvai Isabella couchée sur le dos, les couvertures enroulées autour de sa taille. Elle était toujours nue sur le haut de son corps. Je ne lui avais pas dit de s'habiller.

Je souris.

Je m'approchai d'elle et baissai les yeux sur son visage éclairé par la fenêtre. Le clair de lune faisait paraître sa peau encore plus pâle que d'habitude. Elle était à couper le souffle.

Je passai une main derrière sa nuque en prenant place à ses côtés. Je me rapprochai et sans attendre, je déposai des baisers au niveau de son cou.

Elle gémit et commença à se réveiller.

« Hummm. » Elle marmonna en ouvrant les yeux pour me regarder. Ils étaient si sombres sur la pâleur de sa peau. Jour et nuit. Noir et blanc.

Je lui souris. Pour revenir à la tâche qui m'occupait, je me déplaçai plus bas. J'abaissai le drap dévoilant son petit corps. Elle portait une culotte style masculin recouvrant son intimité. Elle était de couleur blanche très simple. Appuyé sur mon coude, je dessinai le bord de sa culotte avec mon doigt d'un côté à l'autre. Lentement, mon doigt glissa vers son centre.

Elle haleta comme mon index caressait sa fente humide s'arrêtant sur son clitoris. Je commençai des petits mouvements circulaires contre son bouton de nerf. Je dirigeai mon visage vers sa poitrine, prenant un mamelon en bouche. Je me plaçai entre ses cuisses, poussant ma bite contre sa cuisse. Elle gémit. Mon doigt poussait plus fort contre son clitoris. Ses hanches se pressaient contre ma main. Je savais qu'elle était proche de la libération à la manière dont sa peau rougissait et sa respiration s'accélérait. Dans un gémissement, elle rejeta la tête en arrière, cambrant son dos contre le lit.

Elle pleurnicha de frustration lorsque je retirai ma main. Elle m'observa comme je me déplaçai lentement vers le bas, plaçant ma bouche pour embrasser ses lèvres intimes. Elle se cabra sous la sensation et referma ses jambes autour de ma tête. Je posai mes mains sur ses seins, les descendants progressivement sur son ventre. Arrivé à ses jambes, je les écartai doucement, exposant son intimité humide pour moi. Je regardai ses seins se soulever en respirant. Mes mains soulevèrent son bassin pour avoir un meilleur angle.

Je laissai ma langue courir le long de sa fente mouillée, provoquant un gémissement. Son cri se transforma lorsque je tirai sur son clitoris entre mes lèvres pour le sucer, fort. L'une de mes main quitta sa hanche, rejoignit son centre et j'introduisis deux doigts en elle.

Comme elle approchait à nouveau de sa libération, je constatai que ma queue était douloureusement dure et que je devais la libérer.

Elle cria mon nom et je ressentis ses parois se resserrer autour de mes doigts. Ses hanches se levaient frénétiquement contre ma main et ma bouche, suivant les vagues de son plaisir. Je regardai son corps trembler durant l'orgasme. Ma bite réclamait à présent sa libération mais ce ne serait pas pour ce soir.

Je ne le méritais pas après la manière dont je l'avais traité ce soir.

J'agirai mieux.

Je rampai sur son corps, embrassant lentement sa peau sous moi. Elle descendit de son apogée. Je picotai ses lèvres une fois, deux fois, trois fois.

« Bonne nuit, Isabella. Prépare le déjeuner pour neuf heures. » Lui dis-je avant de quitter la pièce sans lui laisser une chance de répondre.

ooOooOooOooOooOooOooOoo

Je ne dormis pas la nuit dernière. Je l'avais passée dans mon bureau. J'avais pensé à la manière dont ce week-end se passait et comment passer outre ce qui était arrivé.

Comment pouvais-je y arriver ?

Et elle, connard ?

Elle ne savait pas que ce que j'avais fait était mal. Elle était nouvelle dans ce monde et elle avait très peu d'informations sur la manière d'agir des doms et des soumises. Elle n'apprendrait jamais que j'avais menti. Et je lui permettrai à l'avenir d'utiliser son mot de sécurité.

Mais je dois être juste envers moi-même. Elle a seulement dit jaune. Et je ne l'ai frappé qu'une seule fois ensuite. C'est comme si j'avais dit rouge moi-même puisque j'ai stoppé la scène.

Ouais c'est ça, trou du cul… Tu as menti et lui a dit qu'ELLE ne pouvait pas l'utiliser.

Il était huit heures quarante deux et j'écoutais les bruits dans la cuisine.

Ces sons semblaient désordonnés.

Subitement, j'entendis un cri venir de l'autre bout de la maison.

Je me levai de la chaise, sortis rapidement de mon bureau et descendis les escaliers. Pour quelle raison avait-elle poussé ce cri ?

J'étais à quelques pas de la cuisine quand j'entendis Isabella scander : « Au feu ! Au feu ! »

S'il n'y avait pas eu d'incendie, je serai arrivé en riant au son de ses hurlements.

Quand j'arrivai à l'embrassure de la porte, je la vis debout à côté d'une poêle qui fumait, agitant une serviette blanche pour dissiper la fumée. Elle détournait la tête pour éviter que la fumée ne lui pique ses yeux.

Il n'y avait pas d'incendie mais nous n'aurions pas de déjeuner ce matin.

Elle me regarda avec horreur. Elle avait peur de moi. A cause de la soirée d'hier.

J'espère que tu sais que tu mérites l'enfer pour ça !

Je sais ! Croyez-moi, je sais !

« Je… je suis… désolée, Edward ! » s'excusa-t-elle à grand renfort de gestes. « J'aimais faire la cuisine mais avec l'école, je n'ai plus le temps. J'ai essayé de faire des crêpes. Et… » Je la coupai. Je n'écoutais plus. La situation m'amusait.

« Je ne peux pas le croire. Tu ne sais pas faire quelque chose ? » Intervins-je, simulant de la colère. Elle sembla mal tout d'abord puis son visage se détendit et elle sourit.

« Non, Monsieur. » Elle essayait de se retenir de rire mais son fou rire s'échappa. Quel son merveilleux c'était.

« Nous devrons simplement s'assurer de te punir pour ce petit déjeuner brulé, » rétorquai-je trop vite. Je le regrettai immédiatement, la voyant bouche bée.

Cela aurait été drôle si la nuit dernière n'avait jamais eu lieu.

« Je n'ai pas peur de vous. » Déclara-t-elle tandis que j'avançais vers elle.

Je souris en m'arrêtant face à elle. « Tu n'aurais jamais dû dire cela. »

Avant qu'elle ne comprenne ce qui lui arrivait, je la jetai sur mon épaule comme un sac.

Il était temps de lui montrer un meilleur usage de la salle de jeux.

(N/A : Je voudrais prendre le temps d'expliquer ceci. Edward est un Dom et Isabella sa soumise. Donc quand il dit être mal, ce n'est pas vis-à-vis de sa soumise. Car il agit normalement et n'a pas tort.

Edward se sent mal du fait qu'Isabella est la meilleure amie de sa sœur et la sœur de son meilleur ami. Tout homme ressent quelque chose de déplaisant quand il apprend que son meilleur ami sort avec sa sœur.)