Hello le monde !
Merci pour tous vos coms, ils m'ont fait plaisir, surtout que je planchais sur un chapitre clé de la fic.
Le fait que je fasse intervenir le bureau de L.A. n'a pas l'air de vous déranger, tant mieux parce qu'il va revenir bientôt. Au départ, il n'était pas censé faire partie de l'histoire (tout comme Stone ne devait pas faire partie du réseau du Fantôme), mais après avoir vu la saison 1 j'ai vu qu'il pourrait m'être très utile dans son déroulement. J'y fait d'ailleurs allusion dans ce chapitre.
En espérant que ça vous plait toujours, bonne lecture !
Chapitre 10 - Inconnu
Une fois pris dans l'évènement, les hommes ne s'en effraient plus. Seul l'inconnu épouvante les hommes.
Antoine de Saint-Exupéry
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Deux semaines avant Thanksgiving, les rues de toutes les villes du pays fourmillent de monde. Bien sûr, ce n'est pas encore la grande ruée vers les magasins, mais quand même ! Il faut bien dire que peut-importe la période de l'année, parcourir Times Square relève du tour de force.
Trent Kort pousse un profond soupire d'exaspération en se faufilant entre les passants. Il déteste la foule.
- Souriez vous êtes filmé ! l'interpelle une voix.
L'agent de la CIA lève les yeux au ciel en découvrant son propriétaire qui le regarde à travers le cadre formé de ses mains.
- Vous trouvez ça drôle, j'imagine ?
- Assez, oui.
- Que me vaut le plaisir, Angel ?
- Vous vous souvenez de mon nom ? Vous faites des progrès !
- Je n'ai ni le temps ni l'envie de jouer à ça, venez en au fait.
- Vous ne les avez jamais, mais soit, venons-en à ce qui nous intéresse.
Les deux hommes se mettent à marcher côte à côte.
- J'ai appris que vous aviez quelques inquiétudes au sujet du NCIS, reprend Angel.
- Ils trament quelque chose, j'en suis certain.
- Qu'est-ce-qui vous fait penser ça ?
- Ils ont des échangent suspects avec Los Angeles auxquels on ne peut pas avoir accès.
- Ça vous étonne ? Trois des meilleurs informaticiens du pays font partie du NCIS. Vous ne parviendrez pas à savoir ce qu'ils se disent.
- Ce qui ne me rassure absolument pas !
- Vous êtes trop suspicieux Kort. Vous les avez mis sur la touche. Normal qu'ils refusent de partager leurs informations avec vous.
- Donc vous pensez comme moi.
- Non, je pense que vous faîtes fausse route. Ont-ils jamais partagé quelque chose avec vous ? Non, vous le savez bien. Hormis ce cher directeur Vance, personne ne vous a remis des informations. Vous vous souvenez quand vous êtes allé en Californie ? Ils vous ont bien baladé, avouez-le ! Je ne peux les aimer qu'encore plus avec ça ! Ils n'ont pas vraiment apprécié votre rétention d'informations au sujet du Fantôme, comme pour Stone. Alors qu'ils dissimulent leurs échanges n'est guère étonnant. Vous pensez qu'ils parlent du trafiquant ? Qu'est-ce-que ça change ? Ils n'ont pas réussi à les approcher que je sache !
- Et vous en êtes sûr, bien entendu !
- Voulez-vous que je vous rappelle qui je suis ? Non, vous le savez trop bien !
- Je vous hais !
- Et c'est réciproque ! Maintenant que ce point est éclairci, passons au suivant.
- Nous en avons déjà fait le tour. Il nous est impossible d'intervenir !
- Je m'en charge, je vous l'ai déjà dit. Non, il s'agit d'autre chose.
- Vous voulez leur dire la vérité ? Hors de question !
- Non plus, je voulais vous parler d'un point autrement plus essentiel.
- Lequel ?
- J'ai perdu mes lunettes de soleil !
- Vous vous foutez de moi ?
- Bien sûr que non ! Je les avais faîtes faire sur mesure ! Vous imaginez le problème ! Elles font partie de moi, d'Angel.
- Vous me faîtes chier ! Allez au diable avec vos lunettes !
- Et comment je fais à moto ?
- Vous avez un casque, non ? Et puis vous n'avez qu'à en racheter d'autres !
- C'est un souvenir !
- Je m'en fous ! J'ai des choses à faire, au revoir.
Il plante son compagnon sur le trottoir et traverse la rue.
- N'oubliez pas de garder un œil sur les enfants ! lance Angel.
Seul un haussement d'épaule lui permet de savoir que le message a été entendu.
Angel reprend sa route en sifflotant tout en sortant une paire de lunettes de soleil de sa poche. Elles n'ont jamais été perdues, mais quel plaisir a-t-il eu de le faire croire !
Gibbs pose les boissons sur la table basse de son salon. Ducky se charge de faire le service tandis qu'Abby amène de quoi grignoter. Ziva attrape son verre et en tend un autre à McGee.
- Dwayne et Palmer ne viennent pas ? demande la gothique.
- Ils sont partis voir leurs familles, lui apprend Tim.
- Mais ils seront présents pour Thanksgiving, précise Ducky.
- C'est une bonne chose, déclare Ziva.
- Je suis d'accord.
- Tu auras besoin d'aide ? interroge Abby.
- Je ne dirai pas non.
- On viendra te donner un coup de main avec McGee !
- Quoi ! ? s'écrie-t-il.
Regard noir de la laborantine.
- Heu, oui, oui. Pas de problème. On passera t'aider.
- Voilà, se réjouit la jeune femme, c'est réglé !
- J'amènerai le dessert.
- Pourquoi pas ! Merci Jethro.
- J'ai reçu un mail d'Erik tout à l'heure, reprend Tim.
- Pourquoi toi ? s'étonne Abby.
- Tu l'as reçu aussi, mais tu avais déjà quitté le bureau.
- Ah ! Et qu'est-ce-qu'il dit ?
- Qu'il a retrouvé la trace du virement bancaire. Un compte offshore a été créé la veille de la transaction au Mexique. Il a viré 500 000 dollars sur un autre compte. L'argent a été retiré en liquide deux heures plus tard aux Caïmans par un homme dont on ignore tout. Pas moyen de savoir de qui il s'agit, les bandes de caméra surveillance de la banque ont été détruites, ni de savoir où il a disparu. Il n'y aucune trace nulle part qui pourrait nous aider. La piste s'arrête là.
- Et Callen ?
- Kensi et lui n'ont toujours pas de nouvelles de Llyod et Vigo, annonce Gibbs.
- Donc on attend ? déduit Ziva.
- Pour l'instant oui. Dès qu'ils auront du nouveau on essaiera d'en apprendre le plus possible sur le réseau.
L'homme au visage impénétrable fixe d'un regard éteint le miroir en face de lui. La situation ne cesse de se compliquer à chaque seconde qui passe. Et il doit jouer sur beaucoup trop de tableaux à la fois pour maintenir l'équilibre.
Il se rapproche de l'échéance, il en a parfaitement confiance. Les derniers faits en sont la preuve.
Rien ne doit être découvert, il doit prendre les devants. Il va devoir agir, vite.
Seulement il n'a aucune certitude des conséquences de certains de ses prochains actes. Or c'est sur eux que repose tout. Un tout bien trop vaste à cause de tous ceux qui en font partie, bien trop vaste par leurs ignorances, bien trop vaste par ces inconnues. En somme, un tout bien trop vaste pour lui.
Ziva s'installe sur son canapé, le regard vissé sur le fauteuil près de la fenêtre. Sentant une présence derrière elle, elle ferme les yeux.
- Je sais que tu es là.
- La bonne phrase était « Tu ne devrais pas être là ! », rétorque Tony.
Elle rouvre les yeux alors qu'il s'installe dans le fauteuil.
- Mais tu l'es.
- Exact. Ça t'inspire quelque chose ?
- Je suis perdue.
- Tu me l'as déjà dit. D'abord au cimetière, puis quand tu m'as parlé de la virée mexicaine de Callen et Kensi.
- Et ça t'inspire quoi, toi ?
- Que tu te sois trompée de phrase, que tu sois perdue ou que tu me le répètes une nouvelle fois ?
- Les trois je pense.
- Je ne suis pas psy.
- Tu es une projection de mon esprit pour me réconforter, donc tu l'es un peu.
- D'accord. Alors d'après moi, tu me dis que tu es perdue parce que tu espères que je vais t'apporter des réponses et tu me le répètes dans l'espoir que je te réconforte, que je te rassure.
- Et la troisième chose ?
- Tu ne veux pas que je disparaisse.
- Donc je suis définitivement bonne à enfermer !
- Arrête de dire des bêtises. Tu cesseras de me voir quand tu en auras terminé du Fantôme. C'est la raison pour laquelle je suis toujours là. Cette affaire t'obsède, je te permets d'y faire face. Et depuis que tu sais pour Stone, me voir devient plus important encore. Plus de Fantôme, plus de Tony, tu verras.
- L'espoir fait vivre, n'est-ce-pas ?
- Tu es d'un pessimisme !
- Toi aussi tu as changé.
- Comme tout le monde.
- Pourquoi es-tu là ?
- Tu me manquais ?
- Tony !
- Je te manquais alors.
- Et ?
- Tu appréhendes les futures découvertes de la mission sous couverture de L.A. et ce qui en sortira. Où est Stone ? Que cache la CIA ? Qui est le Fantôme ? Ces questions te hantent.
- Il est insaisissable.
- D'où le nom Fantôme.
- Pourquoi ?
- Écoute, Ziva, je veux bien faire des efforts, mais là notre conversation est plus que décousue. Explique-toi. Pourquoi quoi ?
- Pourquoi suis-je la seule à te voir ?
- Qui te dis que les autres ne m'ont pas vu ? À la mort de Kate, on a tous parlé avec elle, avec nous même en fait.
- Mais moi je te vois alors que ça fait plus de dix mois que tu es mort ! Et ce bien avant l'obsession du Fantôme !
- Tu n'as pas l'explication, comment veux-tu que je l'ai ! ?
- J'aurais aimé.
- Cesse de penser à ça ! Maintenant tu vas te lever et aller te coucher. Demain j'aurai disparu. On se reverra certainement. Mais dés que le problème "Fantôme" sera résolu je disparaitrai pour de bon.
Il se lève et approche de la porte. Il l'ouvre.
- Reste ! supplie la jeune femme debout.
Tony ne bronche pas et passe dans le couloir en refermant derrière lui.
Ziva, bouleversée, entre dans sa chambre. Elle se change rapidement avant de se glisser dans son lit. Elle remonte les couvertures en grelottant. Elle serait incapable de dire si c'est à cause du froid.
Quelques instants plus tard, elle sent un poids la rejoindre sous les draps et des bras l'enserrer. Elle se niche contre le corps chaud à ses côtés.
- Je suis là, murmure une voix.
Les frissons de la jeune femme s'apaisent et elle se laisse emporter par le sommeil.
