Auteur : Umbre77
Titre : La magie d'une fleur
Résumé : Capturé par Voldemort, Harry n'a d'autre choix que d'accepter sa défaite. Mais Draco Malfoy, lui, n'a aucune envie de mourir ! Quitte à changer le passé pour se sauver !
Note de l'auteur : Bion… Je suis un peu fatiguée d'avoir répondu à plus de 40 reviews pour Alpha, alors je ne promets pas de faire les RAR de tous le monde aujourd'hui, mais ne vous inquiétez pas, votre réponse viendra dans le courant de la semaine prochaine… Si je survis ! loll
Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture et je vous dis à dans deux semaines, le samedi 27 mars !
Chapitre 9: Deuxième horcruxe
L'arrivée au château se fit sans embûches. Ils avaient traversé Prés-Au-Lard d'un pas lent et calme, saluant les badauds qui s'étaient approchés et expliquant leur présence avec beaucoup de complaisance pour Harry et un peu d'agacement pour Draco. Au bout de la cinquantième explication, le second avait fini par laisser le plaisir à son collègue pour les éclaircissements. Il n'aimait pas vraiment se répéter mille fois.
Harry, quant à lui, semblait réellement prendre plaisir à rencontrer tout ce monde. Il saluait les commerçants avec bien plus de déférence que les simples habitants. Draco ne s'était pas étonné : il savait qu'ils auraient de fréquents contacts avec ces gens, vu qu'ils devraient surveiller les élèves pendant les sorties à Prés-Au-Lard. S'entendre avec les commerçants, c'était s'assurer de simplifier leur surveillance.
« Tout de même, on est arrivé depuis une heure et demi et on a même pas encore mis un pied sur les terres de Poudlard. Ne peux-tu pas accélérer ? Un peu ? »
Harry se contenta de hausser les épaules. Lui-même était fatigué de ces présentations mais elles étaient nécessaires. Plus vite ils seraient connus, plus ils parleraient avec des personnes extérieures à Poudlard et plus ils seraient connus au sein du monde magique.
« Tu as tant hâte de te confronter à mon père ? finit par demander Draco, alors qu'ils marchaient enfin sur le sentier menant à Poudlard.
-Pas vraiment ton père, répondit Harry en regardant le château se rapprocher, petit à petit. Je veux juste que les choses avancent. Nous sommes restés cloitrés, protégés dans un lieu pendant plus de six ans. J'ai des fourmis dans les jambes. Et par-dessous tout, j'ai besoin de m'assurer que nous n'avons pas tout fait pour rien… Que nous ne nous sommes pas juste entraîné pendant des années pour simplement arriver ici et nous croiser les jambes sur une chaise…
-C'est probablement ce qu'il va se passer, pourtant, répondit Draco. Dans les premiers temps, nous n'allons pas vraiment…
-Au contraire, coupa Harry. Pendant les premiers temps, nous allons poser nos premières pierres. Nous allons détruire ce putain d'horcruxe présent dans le château et le remplacer par un objet y ressemblant. Nous allons convaincre Severus Snape, Regulus Black et Peter Pettigrow d'être de gentils hommes obéissants. Et nous allons nous assurer une bonne fois pour toute que ton imbécile de père reste gentiment dans son manoir, loin de Voldemort !
-Ne parle pas de mon père avec si peu de respect, grogna Draco. C'est insultant.
-Je m'en tape, que ce soit insultant, répondit Harry. J'ai un but, Drake. Une mission. Et je ferais tout pour l'accomplir. Moque-toi de moi en disant que je suis en mode 'survivant' ou non, ça m'est égal. Nous avons sacrifié tout un monde pour en arriver là. Je ne veux pas en voir mourir un deuxième ! »
Draco ne répondit rien. Il savait qu'Harry avait raison. Il n'avait pas vu le quart des morts auxquelles avait assisté son partenaire. Mais rien que de l'entendre raconter, six ans plus tôt, lui suffisait. Il n'avait aucune envie de voir tout ça arriver.
« Il faut admettre qu'on s'est lancé un défit particulièrement difficile, dit-il, alors que le portail de l'école se profilait enfin. Mais bon… On a plus le choix, maintenant, n'est-ce pas ? On y est ? »
Harry hocha de la tête. Oui, enfin. Après six ans d'entraînement, les choses sérieuses commençaient.
oOo
C'était le concierge qui les avait accueillis en premier. Ce cher vieux Rusard. Harry n'avait pas été plus content que ça de le revoir. Il était déjà si grincheux… Malgré tout, Harry lui avait sourit avec autant d'amabilité qu'il pouvait. Il l'avait laissé les précédés, ignorant volontairement sa moue contrite et ses petits yeux méfiants. Vraiment, quel homme abject !
La seconde personne à les croiser avait été le professeur McGonagall. Cette fois, la rencontre avait été plus drôle. La dame s'était arrêtée et les avait regardés avec stupéfaction.
« Messieurs Manfred et Promise ? Est-ce bien vous ? Le directeur m'a indiquée que vous reveniez à l'école en tant que psychologue et aide, mais… Est-ce vraiment vous ? »
Ils avaient souris. Harry avait péniblement restreint son bonheur à l'idée de croiser le regard si connu de sa directrice de maison. Il s'était avancé et lui avait tendu la main poliment :
« Professeur McGonagall, lui dit-il. Je suis heureux de vous revoir. C'est bien nous. Nous avons en effet quelque peu changé… Mais je vous en prie, n'y prêtez pas attention. Notre apparence a beau être différente, nous sommes les mêmes hommes. »
Ces mots auraient été rassurant pour sa directrice, si elle l'avait bien connu. Mais déjà à l'époque de leur arrivée, elle les avait considérés avec méfiance. Le bonheur exagéré d'Harry n'aida pas, au contraire. C'est une moue contrite qui avait répondu à sa jovialité.
« Et bien… Bienvenus, alors. Le directeur nous a tous réunis dans la Grande Salle. Venez. »
Elle avait tourné les talons, sans même serrer la main tendue d'Harry. Ce dernier avait affiché une petite moue attristée.
« Et bien, je suppose que ça va prendre un peu de temps, murmura Harry à un Draco intérieurement hilare.
-Sans doute, oui… Nous sommes des inconnus aux physiques bizarres qui débarquent en pleine guerre d'opinion… Cette première année va être éprouvante, je le sens ! »
Harry avait éclaté de rire tout en se dirigeant naturellement vers la Grande Salle. Peu importe qu'ils ne soient pas censé connaître le château par cœur. Ils avaient décidé d'être aussi naturels que possible, même si « être naturel » égalait à « être louche ».
Et à présent, ils étaient là. Assis à la table professorale, dans la Grande Salle. Tout le personnel enseignant les fixait avec curiosité ou méfiance. Sauf le directeur qui leur offrait son sourire débile et joyeux.
« Comme je vous l'avais annoncé à la fin de l'année dernière, nous accueillons cette année deux nouveaux membres. Messieurs Ash Promise et Drake Manfred. Tous les deux vous aideront avec vos élèves, en leur donnant, par exemple, des cours supplémentaires. Ils sont également là pour surveiller lors des retenues, des sorties à Prés-Au-Lard ou pour apporter aux élèves une aide psychologique. Etant donné les derniers évènements, j'ai pensé que ce serait une bonne idée. Je vous prie de bien les accueillir. »
Certains professeurs inclinèrent poliment la tête dans leur direction. D'autres les fixaient d'un air stupéfait, tel que Slughorn.
« Messieurs Promise et Manfred ? Les mêmes qui sont venus à Noël, il y a six ans ?
-Eux-mêmes, professeur Slughorn, intervint Harry. Je suis ravi de vous revoir. Vous n'avez pas changé. »
L'homme rondouillard eut un sourire poli, bien qu'il parût déstabilisé. Décidément, leur physique n'avait pas fini d'étonner.
« C'est incroyable, intervint Hagrid. Comme vous avez changé, tous les deux. Si le directeur ne l'avait pas dit, je ne vous aurais jamais reconnu. Mais, c'est bien vrai, que c'est vous. Je reconnais tes yeux, Ash. Et le nez pointu de Drake. »
Le concerné émit un sifflement agacé, son nez frémissant légèrement. Harry, lui, adressa un large sourire à Hagrid. S'il y avait bien une personne dont il voulait se faire aimé, c'était Hagrid. Il n'avait pas oublié que le demi-géant était celui qui l'avait tiré des Dursley.
« Je suis content que vous nous reconnaissiez, Hagrid, lui dit Harry. Depuis notre… accident de potion, Drake et moi arborons des couleurs de cheveux un peu… spéciales. Sans compter la couleur de notre peau.
-Et votre tatouage très… particulier, fit remarquer McGonagall.
-Ah, ma montre, dit Harry. Et bien, j'en avais tellement assez qu'on me demande l'heure. A présent, on ne le fait plus ! »
Il sourit largement en disant cela.
« Et la faux ? demanda une grande femme aux cheveux blonds nattés. Que représente-t-elle ?
-La faux ? demanda Harry, souriant. Elle défie la foudre. »
Toutes les personnes présentent froncèrent les sourcils en l'entendant. Draco et Dumbledore, eux, eurent un vague sourire. Seule une personne connaissant l'origine de la cicatrice d'Harry pouvait comprendre que la faux était en vérité directement tournée vers Voldemort.
« Et bien, c'est vraiment particulier, dit McGonagall, en replaçant ses lunettes sur son nez. Mais bref. Peut-être pourrions-nous parler du programme scolaire ? Nous sommes là pour ça, non ? »
Ils se tournèrent tous vers le directeur. Ce dernier, toujours souriant, hocha de la tête. Et la réunion pré-rentrée commença, à la grande horreur de Draco et Harry.
oOo
« Plus jamais, gronda Draco, en suivant le directeur dans les couloirs du château. Je ne veux plus jamais participer à une de ses horribles séances de préparation de rentrée des classes !
-J'avais cru comprendre après la cinquième crise, Drake, répondit Dumbledore, amusé.
-Plus jamais ! » se contenta de répéter Draco.
Ils marchaient, dans un des nombreux couloirs du troisième étage. La réunion avait durée des heures et ils en avaient mal aux articulations des membres.
« Voilà, dit le vieil homme. Nous y sommes. J'espère que vous avez retenu le chemin jusqu'ici, car ce couloir vous appartient entièrement ! »
Harry et Draco regardèrent la longue allée. Il y avait plusieurs portes. Sur certaines d'entres elles, un petit écriteau avait été placé.
« Il y a le bureau de Drake, celui de Ash. Mais également vos salles de classe personnelle, pour vos cours de rattrapage ou vos heures de retenues. Sans oublier vos appartements privés. Je les ai mis l'un à côté de l'autre. Il y a une porte communicante. Fixe m'a parlé de vos… habitudes nocturnes particulières. Les élèves ne tarderont pas à l'apprendre, si je vous donne deux appartements trop éloignés. Et je préfère éviter tous quiproquos. Dieu sait que les adolescents peuvent être cruels quand ils le veulent. Ne leur donnons pas d'armes inutiles. Bon ! Je vous laisse vous installer. Jusqu'à la rentrée, vous n'aurez pas grand-chose à faire. Je sais que vous êtes déjà prêt à faire face aux cours de soutien scolaire. Donc… Vous n'aurez qu'à vous occuper de l'objet de la salle sur demande. Ça ne vous prendra pas beaucoup de temps, mais j'ai dans l'idée que vous allez recevoir une visite ou deux, avant le premier septembre. Donc… Bon amusement ! »
Et sur ses mots, il les abandonna devant deux portes côtes à côtes. Harry et Draco se lancèrent un coup d'œil, soupirèrent de concert et se décidèrent à ouvrir une porte puis l'autre. Ils entrèrent tous les deux dans les appartements leur étant réservé, leurs bouches s'ouvrant sous la surprise. A la dernière seconde, ils ressortirent.
« Couleur ? demanda Draco.
-Beige, répondit Harry. Et toi ?
-Bleu.
-Ok, on échange ?
-Avec plaisir ! »
Ils se croisèrent rapidement dans le couloir, chacun rentrant dans les appartements de l'autre. Harry découvrit avec plaisir un vaste salon décoré dans les tons bleus. Plusieurs variantes de la couleur remplissaient la pièce, associée à du noir. Il regarda attentivement les meubles de salons disposés devant la cheminée, la large bibliothèque vide, le large bureau accolé à une haute fenêtre ainsi que les quelques cadres représentant l'extérieur du château. Harry fut persuadé à l'instant que ceux-ci lui permettrait de voir en temps réel ce qu'il se passait dehors.
D'un pas rapide, il se dirigea vers la porte la plus proche. Il s'agissait d'une petite salle de bain, à peine assez grande pour que deux personnes y tiennent debout. Il y avait une douche, un lavabo et un porte-serviette. Le strict minimum. La pièce à côté était sa chambre. Elle était petite également, comparée à celle donnée par Fixe, mais elle contenait tout de même un lit deux personnes assez large pour en accueillir trois, une large garde robe, une petite commode et une table de nuit. Harry regarda le mobilier avant de constater la couleur noir et bleue. Il risquait de faire une overdose de la couleur… mais bon, ça lui plaisait assez.
Dans les appartements d'à côté, Draco avait eu le déplaisir de constater la petite taille de la salle de bain, mais il apprécia vraiment la grandeur du lit. Tout l'appartement était dans les tons beige et sable. Cela lui rappelait le désert, ce qu'il apprécia grandement. Il sortit de la chambre pour regarder la bibliothèque. Il l'aménagerait probablement en rangement pour potion, vu tout le stock qu'ils possédaient. Harry avait sensiblement le même ameublement : nul doute qu'il accueillerait leurs livres avec plaisir. Restait à découvrir le bureau et la salle de classe. Mais avant, il voulait ranger ses affaires.
oOo
Comme prévu, vider leurs valises leur avait pris la journée, si bien qu'ils ne découvrirent leur bureau respectif et leur salle de classe qu'après un souper mérité mais désagréablement tendu. Les seules personnes à leur avoir adressé la parole volontairement était Hagrid, le professeur Slughorn et Dumbledore. Les autres les considéraient avec une méfiance réellement exagérée.
Pourtant, ils avaient profité du repas pour se familiariser avec leurs collègues. Ainsi, ils avaient appris que la grande femme aux cheveux blonds nattés était la professeur de botanique, une certaine Hélène Stewart. Le professeur de Défense était un homme dont le nom sonnait bien aux oreilles de Harry : Caradoc Dearborn. Dans sa longue correspondance avec le professeur Dumbledore, ils avaient appris que l'homme faisait partie de l'ordre du phénix récemment mis sur pied. L'homme était grand, avec une stature épaisse dût à une consommation de nourriture un peu élevée. Il n'en demeurait pas moins très athlétique et Harry espéra s'en faire rapidement un ami. Ses coups d'oeils interrogateur et intéressé le laissaient présager, en tout cas.
D'autres professeurs avaient retenus leur attention, notamment ceux qu'ils ne connaissaient pas. Ainsi, ils avaient découverts que le petit professeur Flitwick n'était pas encore là. Il s'agissait d'une femme étrange à l'air un peu endormie, le professeur Stand. L'infirmière de l'école n'était pas encore Madame Pomfresh, mais une certaine Eloise Addisse. Elle était assez âgée et ne semblait pas se préoccuper le moins du monde de leur présence.
Après leur souper, ils s'étaient donc dirigés vers leur couloir. Là, ils avaient pris une inspiration avant de chacun entrer dans leur bureau. Ils étaient assez vastes. Pourvu d'un bureau, d'une large étagère, mais également d'un petit coin salon confortable. Il y avait également une cheminée, mais pas de peinture. Le directeur veillait ainsi à la vie privée de ses pensionnaires : il n'y avait pas plus bavard qu'une toile.
Quand ils en ressortirent et s'aperçurent dans le couloir, ils hochèrent en cœur de la tête : au moins, pour ça, le directeur ne s'était pas trompé et n'avait rien fait d'horriblement mal venu. Restait à voir les salles de classe.
A leur grand soulagement, il s'agissait de simples salles de cours. Des tables, des chaises, un tableau, un bureau professoral, quelques étagères voir même des bancs prévus spécialement pour la confection de potion. Déjà, Harry avait fait promettre à Draco de s'occuper de ce domaine. En échange, il avait les soins aux créatures magiques.
« Bon… Au moins, pour ça, c'est parfait, dit Draco, en suivant Harry dans son appartement. Ah, je vois que tu as déjà rangé tes livres. Ça te dérange si je squatte le reste de ta bibliothèque ? J'ai pensé que je pourrais garder les potions sur mes étagères ?
-Mhmm, bonne idée, répondit Harry. Tu devrais en mettre quelques-uns dans ta salle de classe… Ceux qui pourraient être utiles pour les cours…
-C'est-à-dire pas grand-chose, répondit Draco. Au cas où tu n'aurais pas remarqué, nous avons définitivement une documentation trop poussée pour des adolescents !
-Je ne dis pas le contraire… Mais il y a quelques livres qui me seront utiles, surtout dans la défense contre les forces du mal. Je suppose que tu ne diras rien si je te les prends ?
-Mhmm, je ne sais pas… Je devrais peut-être faire un peu de marchandage. Je te les laisse contre… je ne sais pas, moi… Qu'est-ce que je pourrais bien t'arracher par la force ? »
Harry lui lança un regard vaguement moqueur alors qu'il se dirigeait vers sa chambre. Il ouvrit la commode pour attraper un pyjama épais.
« Tu as froid ? demanda Draco en le regardant faire.
-Assez, répondit Harry. Pas toi ? »
L'ancien Serpentard hocha de la tête. Depuis leur retour en Angleterre, il grelottait.
« En attendant que tu te décides sur l'objet de ton chantage, lui dit Harry, je vais aller prendre une douche. Après quoi, j'ai bien l'intention de dormir. On s'occupe de l'horcruxe, demain. Et je ne doute pas moi aussi que nous aurons de la visite rapidement. Si pas ton père, en tout cas, je sais qu'Albus pense à nous présenter à l'ordre avant la rentrée. Mieux vaut faire le plus pénible rapidement, même si cela va nous épuiser. Et puis, je voudrais essayer de faire cette carte du château…
-La seconde version de la carte des maraudeurs ? demanda Draco. C'est dommage que tu n'ais pas pu l'emporter avec toi… ça aurait été plus pratique…
-Nous n'avons qu'à en faire une nous-même, répondit Harry. Mais ça va nous demander beaucoup de temps et je veux qu'elle soit prête avant la rentrée. Donc… Va te laver, toi aussi. On dort dans ma chambre ? Je sais que tu préfères le beige, mais… j'ai besoin de voir d'autres couleurs que celle du désert, pour l'instant. J'ai déjà assez le mal du pays ainsi…
-Le mal du pays, se moqua Draco. Tu ne trouves pas ça étrange d'avoir le mal du pays quand on y est enfin revenu ? »
Harry haussa les épaules.
« Je me suis attaché à Fixe et son château oriental… Je suppose donc que c'est assez normal, non ? Par contre, je suis toujours surpris par l'intensité du manque de notre époque. »
Draco hocha juste de la tête en réponse. Lui aussi était troublé de la douleur qu'il ressentait, surtout lorsqu'il croisait une personne connue. Et le pire était à venir. Il regarda Harry s'enfermer dans la salle de bain et poussa un soupir en partant rejoindre son propre appartement. Bientôt, il serait face à son père… Harry n'imaginait pas combien il appréhendait cette rencontre.
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Le petit déjeuner avait été moins tendu que le souper de la veille. S'ils n'étaient toujours pas accueillis avec joie, la majorité des professeurs commençaient à être assez curieux que pour les interroger sur leur vie passée. Harry avait pris grand plaisir à leur parler de leur vie au Sahara. Il n'avait pas mentionné le nom de leur professeur, ni leurs activités. Il avait juste spécifié que Drake et lui y avaient passé de nombreuses années à se perfectionner en magie.
« En potion aussi ? demanda Slughorn, visiblement intéressé par le récit.
-Dans toutes les matières, répondit Harry, souriant. Drake est le plus doué de nous, en potion. Je suis bien plus performant en défense. Ou en soin en créature magique. Drake n'a aucun feeling avec les animaux. Qu'ils soient magiques ou non, d'ailleurs. »
Draco se retint de tirer la langue. A la place, il profita du silence de la tablé pour, enfin, pratiquer son sport préféré : la taquinerie potterienne.
« Et Ash fait fuir les chaudrons si vite qu'on se demande s'ils n'ont pas été enchantés, dit-il. Il vous ferait exploser de l'eau qui boue…
-Hé ! se plaignit le concerné. Je suis doué en cuisine !
-Ce qui est un comble, nous sommes d'accord. Comment quelqu'un capable de préparer des plats si délicieux qu'on se damnerait pour y goûter peut-il être aussi mauvais en potion ? Si tu veux mon avis, tu es une contradiction personnifiée !
-Je ne te permets pas ! Tu n'es pas foutu de te faire aimer par un simple chien alors que cet animal est sans doute le plus affectueux de ce monde !
-Tous les chiens ne sont pas gentils !
-Je n'ai pas dit ça, j'ai dit qu'ils étaient généralement affectueux ! Et le chien que nous avons vu il y a trois ans était adorable !
-Il avait la rage !
-Il n'avait pas la rage, il avait chaud !
-Il bavait et grognait !
-Il crevait de chaud, c'est bien ce que je disais ! Tous les chiens qui bavent n'ont pas la rage !
-Celui-là l'avait !
-Tout ça parce qu'il t'a un peu attaqué !
-Un peu attaqué ? Il a essayé de me dévorer le bras !
-Il voulait juste le sandwich que tu tenais dans la main ! Il était affamé !
-Et il voulait manger mon bras !
-Ash, Drake ! intervint le directeur. Vous avez de la visite, aujourd'hui… »
Les deux hommes cessèrent aussitôt de se chamailler pour le regarder.
« Quoi, déjà ? s'étonna Harry.
-Mhmm, il semblerait que monsieur Malfoy ait entendu parler de votre arrivée. Il m'a fait savoir hier soir qu'il nous rendrait visite ce matin, vers 10 heures. »
Harry jeta un coup d'œil à Draco. Décidément, Lucius était très rapide. Jetant un œil à la gorge visible de Draco, Harry constata qu'ils avaient deux heures devant eux. Il eut une moue. En deux heures, qu'auraient-ils le temps de faire, exactement ?
« On fait quoi en attendant ? demanda-t-il à son partenaire, sous l'œil attentif des personnes présentes.
-On peut commencer par l'objet, non ? Demanda Draco. Ça ne nous prendra pas deux heures, mais ce sera déjà une bonne chose de faite. La visite détaillée de l'école peut attendre…
-Visite détaillée ? Demanda Caradoc.
-Oui, nous avons envie de nous familiariser le plus possible avec le château avant que les élèves n'arrivent… Vu que nous sommes censés faire des rondes, chaque nuit… Ce serait plus pratique…
-Bien plus pratique, dit Draco. Bon, l'objet ?
-Vendu ! »
D'un même mouvement, ils se levèrent, non sans saluer une dernière fois leurs collègues pour ensuite quitter la Grande Salle d'un pas rapide. Resté autour de la table, le professeur McGonagall regarda leur directeur.
« Peut-on vraiment leur faire confiance, Albus ? demanda-t-elle.
-Minerva, répondit-il, je leur fais autant confiance qu'à mon ombre. »
Si la plupart des professeurs furent surpris de cette réponse, ils le furent encore plus par le sourire ravi du directeur.
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Trouver l'horcruxe fut d'une simplicité enfantine. Surtout parce que Harry savait pertinemment où il était rangé. Il se dirigea vers le lieu sans la moindre hésitation et tendit la main pour le prendre. A la dernière minute, il se rappela que le toucher pouvait être dangereux et il prit un tissu qui traînait là. Draco lui fit une moue presque fâchée alors qu'il plaçait le substitut, ainsi que le sortilège anti-vol dessus. Le sort n'avait pas vraiment pour but de prémunir l'objet d'un vol quelconque, mais bien de les prévenir si une personne s'en emparait.
Quand ils furent satisfaits de constater que le substitut était parfait, ils sortirent de la salle sur demande. Ils patientèrent quelques minutes puis repassèrent devant le mur avec une idée bien en tête : une salle suffisamment sécurisée pour détruire un objet très maléfique.
Leur souhait fut exaucé et la porte qui apparut révéla une pièce dépourvue de tout objet. Il n'y avait que des murs, un sol et un plafond de brique. Harry s'avança dans la pièce, regardant les torches brûlant paisiblement.
« Tu as la coupelle ? »
Draco hocha de la tête. Il fouilla dans ses poches et en sortit une petite coupe qu'il agrandit aussitôt, lui donnant un diamètre de 50 centimètres. Satisfait, Harry y déposa le diadème. Il inspira une bonne fois et, à son tour, fouilla ses poches pour en sortir une fiole au liquide noirâtre. En soit, détruire un horcruxe n'était pas difficile. Du venin de basilic, du feudeymon, un avada… tout ce qui pouvait tuer un homme fonctionnait sur les objets maléfiques. C'est pourquoi Harry et Draco avaient fabriqué une potion de mort subite. Elle était si dangereuse qu'un simple contact avec la peau pouvait tuer. Ils enfilèrent donc des gants avant d'oser déboucher le flacon.
« Espérons que ça marche, murmura Harry. Sinon, on est bon pour aller se chercher le basilic dans la cave…
-La cave ? demanda Draco. Tu appelles la chambre des secrets 'la cave' ?
-Oui, bon, ne chipote pas sur un nom ! »
Draco leva les yeux au ciel. Il regarda ensuite Harry verser la potion dans la coupelle. Aussitôt, il y eut un horrible bruit de grésillement effrayant. Draco n'hésita pas et lança à la suite plusieurs sortilèges de protection sur lui et sur Harry. Pourtant, il ne se passa rien. Il y eut simplement un craquement suivi d'un horrible hurlement. Alors qu'il se détendait, il sursauta lorsqu'une ombre noire effrayante sortit brutalement du diadème. Harry la fixa sans la moindre crainte. Et pour cause, elle se tordit sur elle-même puis disparut après un autre terrible hurlement.
« Bordel, grogna Draco. Cette chose est vraiment horrible !
-Va dire ça à Voldemort », répondit Harry.
Il tendit la main vers la coupelle et murmura :
« Evanesco. »
La potion disparut aussitôt. Le diadème resta en place, mais par prudence, Harry lui lança un sortilège pyrogène. Ils le regardèrent brûler paisiblement. Tous deux sentirent une source de chaleur sur leur tatouage : le chiffre deux venait de changer de couleur.
A suivre…
A dans deux semaines mes petits canetons (nan nan, j'ai toujours pas arrêté !), pour la grande rencontre avec Luciuuuus (nan nan, je ne vous torture pas... pas entièrement, si?)
