J'adore ce chapitre... j'espère que vous aussi vous aimerez ! Bonne lecture.
Sherlock disparut dans sa chambre peu après qu'ils aient fini de manger, prétextant le besoin de se changer. Il ré-émergea quelques minutes plus tard vêtu d'un bas de pyjama et d'un tricot de peau. Quand il entra à nouveau dans la cuisine, Molly lui lança un regard mi-embarrassé mi-amusé.
« Quoi ? » questionna-t-il, en la regardant, puis se détaillant lui-même.
« Juste… rien. » Elle plissa les lèvres.
« Je ne vais pas faire ceci en portant mon pantalon de costume et ma chemise ! Je doute que ce soit la façon dont serait habillé un attaquant. »
« C'est un peu injuste alors. Je n'ai rien à mettre de plus confortable. »
« Exactement. C'est l'intérêt d'apprendre l'auto-défense. Quelle que soit la situation dangereuse à laquelle tu seras confrontée, elle sera injuste. On n'apprend pas à se protéger en portant des vêtements faits pour s'exercer. Il n'y a quasiment aucune chance que tu sois habillée comme ça dans un scénario réel. Toutefois est-ce que tu portes quelque chose sous ce pull ? » demanda-t-il en examinant sa tenue.
« Oh, oui. J'ai un t-shirt. »
« Bien. Alors enlève juste ton pull, et ce sera le seul changement dont tu auras besoin. »
« Très bien, » dit-elle un peu hésitante, puis elle retira le vêtement.
Sherlock marcha jusqu'à sa chaise près de l'âtre et prit place, puis il lui fit signe de s'asseoir dans la chaise de John. Molly fronça les sourcils en approchant lentement.
« Est-ce que mon attaquant va m'offrir une discussion près du feu ? »
« Non. Mais la première partie de ta leçon n'est pas physique. Il te faut apprendre comment éviter une attaque en tout premier lieu… Ne prends jamais le métro s'il est tard le soir et qu'il est probable que tu te retrouves seule. Ne prends jamais de raccourci qui ne soit pas exposé. Reste là où sont les gens le plus possible. À ce niveau, les journalistes arrivent seconds dans la liste de nos préoccupations, parce qu'au moins ils ne veulent pas te blesser. »
« Alors tu crois que Moriarty veut me faire du mal, » demanda-t-elle tristement.
« Honnêtement je ne sais pas quelle sorte d'intérêt Moriarty trouve en toi. Je sais seulement qu'il ne veut probablement pas me tuer. S'il m'avait voulu mort ou hors du champ il m'aurait laissé être exilé. Ce qu'il veut c'est mon attention, et il voudra me blesser quand ce sera possible.
« Pourtant il a essayé de te tuer dans le passé. »
« Exact. Mais j'étais avec lui, dans son supposé moment de gloire. Et il n'était pas si content que ça. Il était presque… déçu. Il a dit que j'étais la meilleure distraction qu'il avait, et que maintenant il m'avait battu. Il était comme un enfant qui veut gagner un jeu, mais qui souhaiterait seulement recommencer à zéro une fois la partie terminée. Donc, non, je ne pense pas qu'il veuille me tuer. Il me veut dans les parages, parce que personne ne peut le défier comme je le fais. »
« Mais c'est possible qu'il essaie toujours de tuer tes amis ? »
Sherlock souffla lentement. « Oui, c'est très probable. Bien que non défini. Il y a aussi une chance pour qu'il ne veuille pas 'gâcher' un bon point de levier avec une seule balle, pour se retrouver sans rien pour travailler. Mais l'important est qu'a minima, il pourrait vouloir te blesser. Alors de toute façon… sois extrêmement prudente, à ton appartement aussi. Si quelqu'un frappe à la porte, n'ouvre pas à moins de connaître la personne, vraiment la connaître. »
« Oh non. Je ne le fais jamais. Mon père me le rappelait toujours ! »
« Bien. Et si ce quelqu'un devient insistant pour que tu ouvres, le mieux est de t'esquiver rapidement. Sors par l'escalier incendie, et appelle les secours… et appelle-moi bien-sûr. »
« Bien-sûr, » dit-elle doucement, et pensa à quel point ça lui réchauffait le cœur, qu'il lui demande qu'elle l'appelle.
« Maintenant ! Supposons juste un instant, que quelqu'un essaie de te tuer. Ceci est une instruction valide, et pas seulement dans le cas de Moriarty, mais en toute occasion. Et davantage maintenant que tu es publiquement connectée à moi. Crois-mois quand je dis que si quelqu'un pointe une arme sur toi, tu dois courir. Tu cours toujours. » Sherlock s'était penché en avant sur sa chaise et la regardait intensément.
Molly déglutit en lui rendant son regard. « Ok. »
« Je suis sérieux. Il est en fait, hautement improbable qu'il ou elle puisse tirer un coup mortel si tu cours. Mais si on te dit de ne pas bouger, et que tu obéis, ça arrivera certainement. Et quand tu cours, essaie de ne pas courir en ligne droite. Cours selon une trajectoire aussi aléatoire que possible, ce qui rendra plus difficile leur visée.
« Ok, » dit-elle encore, acquiesçant de la tête. « Je peux faire ça. »
« Bien, » dit-il simplement, puis il se leva de sa place. « Maintenant, supposons qu'ils ne veulent que te blesser ou te soumettre. Il est temps de se lever, Molly. »
Elle se leva aussi, et au moment même où elle fut sur ses pieds, Sherlock fendit en avant et attrapa ses poignets ensemble dans ses mains.
« Hey ! » s'exclama Molly en essayant de se dégager, sans succès.
« Aucune personne dangereuse ne te préviendra avant d'attaquer. Je ne te donnerai pas ce luxe non plus. »
« Alors que suis-je supposée faire ? » grogna-t-elle, tentant toujours de battre en retraite.
« Arrête de tirer. Je suis plus fort que toi, et c'est un combat que tu ne gagneras jamais. Il te faut te rapprocher. »
« Quoi ? Plus près ? » Elle arqua les sourcils.
« Crois-moi, ça marche, et tu ne gaspilleras ni ton temps ni ton énergie. Fais quelques pas vers moi, c'est bien. Maintenant plie tes bras dans le but de placer tes coudes au plus près des miens. Bien. À présent regarde ce qui s'est passé. Mes poignets sont pliés selon un angle bizarre. Ce fait seul peut les forcer à te lâcher. Mais si ce n'est pas le cas… je veux maintenant que tu tires tes bras d'un coup sec droit vers le haut. »
Molly le fit et il fut facile de se libérer des mains de Sherlock.
« Wow. Tu as relâché ta prise ? »
« Non. Je ne ferais rien d'aussi irréaliste. C'est juste l'angle que tu as créé. Il te permet d'avoir une plus grande liberté de mouvement. Essayons encore quelques fois, que tu puisses pratiquer. »
Sherlock attrapa ses poignets encore trois fois et chaque fois elle plia ses bras et fut capable de se dégager. Et elle gagna en rapidité de mouvement alors qu'elle se familiarisait avec la prise.
« Voilà. Bien, » dit-il avec un hochement de tête, satisfait. Puis il baissa les yeux et les plissa. Il prit doucement une des mains de Molly et la leva.
Le pouls déjà rapide de Molly doubla quand il fit ça, et qu'elle sentit légèrement son pouce contre la peau de son poignet alors qu'il regardait la zone qui avait rougi. Il leva à nouveau les yeux vers elle.
Il sembla un peu penaud, et dit d'une voix lente, « Peut-être que j'aurais dû être un peu plus gentiment irréaliste. »
Molly s'humecta rapidement les lèvres, essayant de retrouver la capacité une formuler une réponse.
« Euh, n- non. Je vais bien. Vraiment. Pour être honnête, je deviens rouge très facilement, » dit-elle, et pensa aussitôt, oh quelle formulation stupide.
Sherlock ricana très légèrement en la regardant encore. « Oui, je vois ça, » dit-il, et il relâcha sa main. Puis il parla à nouveau.
« Bien. Je vais maintenant t'attaquer de front. Je vais t'attraper par le cou – ne t'inquiète pas, je ne vais pas le faire de façon réaliste. » Il referma doucement ses doigts autour de sa gorge.
Les mains de Molly vinrent instinctivement chercher ses avant-bras.
« Encore une fois, c'est une perte de temps, et du peu d'air qui circule encore dans ta trachée. Maintenant, si mes bras sont pliés, tu peux m'atteindre. »
Sherlock retira une main de son cou et prit sa main, en la plaçant à la base de sa gorge. Molly tenta de ne pas changer ouvertement d'expression alors que ses doigts entraient en contact avec sa peau chaude. Puis il replaça sa main sur son cou.
« Si tu presses en retour en utilisant cette main, tu compromets mon arrivée d'air. Ce qui me forcera au moins à relâcher ma prise, te permettant probablement de te libérer. Souviens-toi, que dans n'importe lequel de ces scenarii, tout ce dont tu as besoin est de réussir à fuir. Il n'est pas utile de causer beaucoup de dommages ou de continuer le combat. Je veux juste que tu fuies, c'est tout, » enseigna-t-il, très sérieusement.
« Je comprends. Ne t'inquiète pas, je doute que je sois intéressée à traîner dans les parages plus que nécessaire. »
Il approuva de la tête, puis replaça gentiment ses mains autour de son cou. « Maintenant si mes bras sont tendus comme ça, tu ne peux plus m'atteindre puisque mes bras sont plus longs que les tiens. Et ce sera certainement le cas de ton agresseur. Alors à la place, enroule ta main droite autour de mes bras en passant par dessus, ce qui te permettra de tourner ton corps. Et tout en pivotant, tu enroules ton bras gauche pour me frapper à la nuque. »
« Molly enroula son bras droit et pivota, puis laissa sa main gauche frapper comme indiqué. Mais bien qu'elle n'ait pas eu l'intention de vraiment le toucher, ce fut le cas, et sa main vint atterrir sur le côté de son visage.
« Oh mon dieu ! Je suis désolée ! » Elle chercha automatiquement à toucher sa joue.
Sherlock rit légèrement. « C'est bon, vraiment. Rien que je n'aie déjà ressenti auparavant. » Il leva un sourcil provocateur. « Quoique, dans la réalité, essaie de viser la nuque. C'est une option bien plus efficace. »
Ils pratiquèrent ce mouvement encore quelques fois jusqu'à ce que Molly se sente plus entraînée.
« Très bien, maintenant tourne-toi et je vais t'attaquer par derrière, comme tout à l'heure. »
Molly se retourna et fut très vite récompensée par des bras chauds qui vinrent s'enrouler autour de son buste et ses bras, la maintenant en place avec son dos contre sa poitrine. Il y eut quelques secondes d'immobilité et aucun d'eux ne prononça un mot. Molly n'avait assurément aucune envie de se débattre là tout de suite.
« Tu ne fais rien, » dit Sherlock, proche de son oreille.
« Oui mais… tu ne me dis pas quoi faire, » murmura-t-elle en retour.
« Ah, exact, désolé... » Il s'éclaircit la gorge. « Alors dans ce cas, il te reste une mobilité relative dans les avant-bras. Si tu te le sens, tu peux te retourner et frapper aussi fort que tu le peux dans la zone des testicules… On va passer cette partie pratique. »
Molly lâcha un rire, puis il continua.
« Si tu ne peux pas bouger davantage tes bras, utilise ta tête. Tu peux pencher ta tête en arrière aussi fort que possible et espérer toucher son visage… Encore une fois, passons cette partie pratique. À présent même si je te soulève, essayant de t'emmener quelque part... »
« Ooh ! » couina Molly alors qu'il décollait ses pieds du sol et commençait à marcher en arrière. « Comment est-il possible que tu sois si fort ? Tu n'as pas l'air si costaud ! »
Il y eu une seconde d'hésitation derrière elle, puis Sherlock dit. « En note de marge, les insultes sont rarement une technique de dissuasion efficace contre un agresseur. »
Molly ne put s'empêcher de glousser nerveusement, et il lui fallut un moment pour reprendre sa respiration. « Non, non ! Je- je voulais juste dire que tu n'es… tu n'es pas un grand homme. Enfin, je veux dire que tu n'es pas petit non plus ! Tu es grand ! Mais tu es… frêle. Non, pas frêle ! Je veux dire mince ! Oui, mince, c'est le bon mot. Tu es grand et mince, et tu présentes euh… vraiment bien. » Son discours ralentit sur la fin et elle ferma ses yeux et plissa ses lèvres d'embarras, du torrent de mots ridicules qui sortait comme un flot de sa bouche.
Sherlock ricana légèrement et elle put sentir son rire vibrer contre son dos. « Il est peut-être le moment de te dire aussi que les compliments aideront peu dans une telle situation. Peu importe… tu peux toujours utiliser ta tête, pour une chose. Et ça te donne une excellente opportunité pour frapper avec ton pied. Vise les genoux si tu peux et mets toute ta force dans les coups. Ça devrait aussi projeter ton attaquant au sol ou lui faire relâcher suffisamment sa prise pour que tu puisses te libérer. »
Sherlock la posa sur le sol et laissa ses bras s'écarter d'elle. Molly fit un petit pas en avant puis se retourna pour lui faire face à nouveau. Elle ressentit soudainement une sorte de tension indescriptible entre eux, et Sherlock la regardait presque comme s'il ne savait pas quoi faire ensuite. Mais son regarda s'éloigna brièvement, et il déglutit lentement avant de parler à nouveau.
« Il est bien-sûr possible que ton agresseur puisse réussir à te plaquer… au sol. » Ses yeux rencontrèrent les siens une nouvelle fois, il était un peu nerveux.
« Le sol ? » questionna-t-elle, et elle regarda le sol devant lui.
« Oui, il serait également utile que tu sois capable de te sortir de cette situation… on y va ? » Il désigna le sol devant eux.
Elle soutint son regard un instant. « Hmm, ok. » Elle se pencha, hésitante, et s'assit sur le sol.
Une fois assise là, Sherlock se mit à genoux près d'elle. Ils se dévisagèrent l'un l'autre pendant quelques secondes avant qu'il ne prenne finalement l'initiative.
« Bien, donc… il va falloir que je me mette… sur toi. Ça ne te gène pas ? »
Molly dût se retenir de rire. Pas tant à cause de ce qu'il avait dit, mais plus de la tête qu'il faisait quand il l'avait dit. C'était le même homme qui l'avait agrippée au beau milieu d'un pub et lui avait donné un baiser qui changeait une vie. Et là, assis avec elle sur le sol de son propre salon, il semblait totalement hors de sa zone de confort.
« Oui Sherlock, ça devrait aller, » répondit Molly d'une voix contrôlée, avec une expression de femme d'affaires.
Elle se pencha pour s'appuyer sur ses coudes, et Sherlock grimpa sur elle avec hésitation, en posant un genou de chaque côté de son buste, puis il se pencha très légèrement, en la tenant doucement par les épaules. Ils se regardèrent un moment, et avant que Sherlock ne puisse dire quelque chose, Molly prit la parole.
« Quelles sont les chances pour que quelqu'un ait écrit ou dessiné cette position sur ce même sol durant les deux dernières semaines ? »
« Ils l'ont fait, » répondit-il aussitôt.
« Oh, tu le penses vraiment ? Je plaisantais en fait. »
« Oh moi non. Je suis désolé mais c'est sérieux… bien que le contexte et la tenue soit bien différents. »
Molly sentit ses joues chauffer et eût soudainement du mal à garder un contact visuel direct avec ce visage en face d'elle.
« Désolée d'avoir mis ça sur le tapis, » dit-elle rapidement. « Je ne devrais pas faire de blagues. »
« C'est bon… pas de problème. » Il s'éclaircit la gorge. « Alors… il est, en fait assez facile de renverser une personne qui te surplombe, même si elle plus forte et plus large. Tout est une question de levier. Tu peux bien-sûr essayer de te débattre et de frapper avec tes bras, mais ça ne t'apporterait pas grand-chose de bien. Mon visage et mon cou sont trop loin pour que tu les atteignes. Donc tu t'en sortiras mieux si tu arrives à me faire tomber. »
J'ai de solides arguments en faveur du contraire, pensa Molly en son for intérieur.
« Avec ta main droite, attrape mon poignet droit, puis avec ton bras gauche saisis le haut de mon bras droit. »
« Comme ça ? »
« Exactement. Maintenant, passe ta jambe gauche au-dessus de mon pied droit, afin de le piéger. »
Molly s'exécuta.
« Ce que tu viens de faire, c'est d'emprisonner tout le côté droit de mon corps. Donc, si tu élèves tes hanches et roule sur le côté gauche, je ne serai pas capable de riposter. Et bien évidemment, tu seras en mesure de te lever, puis de t'éloigner de ton assaillant. »
Molly acquiesça de la tête. Puis Sherlock parla à nouveau.
« Qu'est-ce que tu attends ? »
« Oh ok, en fait tu veux que je… euh, très bien. »
Avec un embarras accru, Molly souleva ses hanches et poussa sur le côté, les faisant rouler tous les deux. Puis elle battit rapidement en retraite, ne voulant pas rester dans cette position bizarre trop longtemps.
« Bien, » dit-il avec un hochement de tête tout en se mettant sur ses coudes. « Essayons encore. »
Oh Seigneur, pensa Molly. Pitié faites que je sois capable de ne pas rougir durant les cinq prochaines minutes !
Sherlock la chevaucha à nouveau, avec plus de facilité cette fois, l'embarras s'étant quelque peu dissipé. Molly répéta la manœuvre deux autres fois, exécutant lentement les étapes. Et elle fut sincèrement surprise d'à quel point il était facile de désarçonner une personne bien plus forte et imposante qu'elle. C'étaient des compétences utiles, qu'elle soit le sujet des ragots de tabloïds surveillés par Moriarty… ou non.
« Quand as-tu appris tout ça ? » demanda-t-elle en reprenant sa respiration, à nouveau assise à côté de lui.
Sherlock haussa les épaules. « J'ai piqué certains trucs à des clients, recherches personnelles, apprentissage à la dure, et la liste continue. Je ne pourrais pas être gagnant dans mon travail si j'étais totalement incapable de me défendre. Je ne peux pas compter sur mon intellect pour tout… presque tout, mais pas seulement, » dit-il avec un sourire
Molly approuva. « Très utile. »
Il ne répondit pas pendant un moment, puis la taquina du coude. « Aller, encore. Mais cette fois essaie d'ajouter plus de vitesse. Si tu n'arrives pas à surprendre l'adversaire, alors à quoi bon ? » Il lui lança un regard provocateur.
Molly grogna alors qu'elle s'exécutait et s'allongeait encore une fois sur le dos. Il essayait de la provoquer. Elle sourit intérieurement. S'il voulait de la surprise, elle allait lui en donner…
Sherlock eût à peine le temps de se positionner au-dessus d'elle qu'elle se saisit de son bras et piégea sa jambe comme l'éclair, avant d'instantanément les faire rouler. Sherlock laissa échapper un grognement sourd quand son dos heurta le sol plus durement cette fois. Puis, plutôt que de rapidement se retirer, Molly le cloua aussitôt au sol de la même façon qu'il l'avait fait pour elle. Elle lui sourit alors qu'il la regardait, étonné.
« Surprise ! » dit-elle d'un voix volontairement douce.
« Sherlock semblait lutter pour ne pas éclater de rire. « Je pourrais te refaire basculer tu sais. »
« J'aimerais te voir essayer. » Molly attrapa ses bras, tentant de les immobiliser.
Bien-sûr Sherlock les libéra facilement et la fit basculer sous lui, bien qu'après coup elle estimerait qu'il avait vraiment fait un effort pour qu'elle atterrisse en douceur sur le sol dur. Elle commença à rire alors qu'elle levait les bras pour le repousser, mais il s'était emparé de ses poignets et l'en empêchait.
« Ok, c'était quoi alors ? » demanda-t-elle en riant, et luttant toujours pour dégager ses bras.. « M'as-tu laissé te gifler ? Ou étais-tu vraiment défoncé ? »
Sherlock pencha la tête et sourit. « Tu n'as toujours pas digéré ça hein ? Ce doit être terriblement frustrant ! »
Au milieu de ses gloussements, elle réussit à former un angle avec ses bras comme il lui avait appris, et elle se libéra. À la seconde où ses bras furent libres, elle les refit basculer. Et cette fois, quand elle s'assit sur lui pour le clouer au sol, ils riaient tous les deux. Elle réalisa qu'il ne se battait plus, et elle resta assise là, essayant de reprendre sa respiration. Quand finalement, ses rires se calmèrent un peu, elle regarda vers lui et dit,
« Je déduis…. » et elle arqua un sourcil sarcastique. « Tu m'as laissée te gifler. Mais je ne crois pas que c'était parce que j'estimais que tu le méritais. Je cois que c'est parce que tu le pensais. »
Son expression changea et devint plus sérieuse, bien qu'il n'ait pas l'air en colère. Molly fit une pause un instant, puis elle se pencha pour poser ses mains sur le sol, au dessus de ses épaules, amenant ainsi son visage un peu plus près pour l'effet. Elle poursuivit d'une voix légèrement plus douce.
« En fait, je pense que tu savais que ça te pendait au nez depuis assez longtemps. Plutôt deux fois qu'une je dirais même… Est-ce que je chauffe Monsieur le détective ? » Elle haussa un sourcil interrogateur.
Sherlock la scruta, incapable de détourner ses yeux. Il tenta aussitôt de le justifier Activité physique, exercice, rythme cardiaque accéléré, le tout causant une libération d'endorphines. Pas étonnant comme résultat. Rien d'inhabituel à ça. Si je regarde simplement ailleurs, j'arrêterai de vouloir remettre cette mèche de cheveux tombée de sa queue de cheval derrière son oreille. Tout ce que j'ai à faire c'est de regarder ailleurs… Mais à la place, son regarda resta verrouillé au sien et il ne réalisa combien sa voix était devenue lente et douce qu'une fois qu'il eût répondu.
« Oui, Molly… tu chauffes. »
Sa réponse, ou peut-être plus la façon dont il la formula, eut pour effet de rendre l'expression de Molly un peu plus sérieuse. Elle remarqua comment il déglutissait tout en continuant d'examiner son visage. Molly n'était pas certaine de devoir bouger, et le cas échéant, dans quelle direction ? En avant, ou en arrière ?
Le regard de Sherlock tomba encore sur sa mèche de cheveux, et pour une raison inconnue, ça renforça cette connexion visuelle qu'il ne pouvait briser. Tout ce à quoi il pouvait penser était cette mèche, et combien il voulait la prendre et gentiment la remettre là où elle était supposée être. Il sentit son bras bouger, presque sans son accord, mais il n'acheva pas ce mouvement complètement. Il se sentit comme un idiot la seconde qui suivit, alors qu'il verbalisait ce qui l'obnubilait.
« Tes- » Il referma ses lèvres juste une seconde avant de continuer, comme s'il était difficile de le dire. « Cheveux. »
Molly dut prendre une seconde pour comprendre ce qu'il regardait et ce dont il parlait, parce que bien évidemment, c'était un changement de conversation plutôt bizarre. Puis ses yeux glissèrent sur le côté et elle vit la mèche perdue. « Oh. Bien, euh… merci. » Elle la passa derrière son oreille.
Sherlock eût l'impression de se noyer. Parce que ça ne résolut pas son problème. La mèche avait été proprement écartée, mais qu'on lui vienne en aide… il avait toujours envie de la toucher…
« Molly... » commença-t-il, et il n'était pas sûr d'où ça allait le mener. Mais elle prit la parole au moment où il se sentait fléchir.
« Pardon, veux-tu… que je bouge ? » dit-elle, à peine plus haut qu'un murmure, tout en pensant que cette question était ridicule. Qu'attendait-elle exactement comme réponse ?
« Molly... » tenta-t-il à nouveau, mais toujours sans arriver à aller plus loin. « Je... »
Ils étaient figés comme ça, et remarquèrent à peine le bruit de pas et la voix à distance. Cette voix devint un peu plus forte dans le fond, mais aucun d'eux ne l'intégra vraiment avant qu'il ne soit trop tard.
« Sherlock ! Je crois que j'ai oublié mon téléphone ici ! J'ai essayé de t'appeler mais tu n'as pas- »
Et John se retrouva là, debout dans l'encadrement de la porte, tenant encore la poignée qu'il avait tourné pour ouvrir. Il se tenait là et regardait vers les deux autres sur le sol avec cette expression familière j'ai raté quelque chose, non ? peinte sur le visage.
Il y eut un moment de pause durant lequel pas un mot ne fut prononcé. Puis John hocha lentement de la tête et ouvrit enfin la bouche.
« Ouais, je pense que le timing est parfait pour vous rappeler quel bon ami je suis. Parce que vous réalisez qu'avec ce que je viens de surprendre, une bonne douzaine de journaux seraient ravis de faire de moi un homme très riche. »
Sherlock se redressa, ce qui sortit également Molly du brouillard. Elle descendit rapidement de Sherlock et se remit sur ses pieds. Sherlock fit de même, bien qu'ils eurent encore l'air d'un daim devant les phares d'une voiture.
« Relax, John. Ce que tu as surpris était une leçon d'auto-défense. »
« C'est comme qu'on appelle ça de nos jours ? » murmura John, juste assez fort pour que Sherlock l'entende, tout en fouillant la pièce des yeux à la recherche de son téléphone. C'est alors qu'il remarqua que Molly attrapait son pull et son sac. « Désolé, Molly, tu n'as pas besoin de partir. Je récupère juste mon téléphone et je pars. »
C'est à ce moment que Sherlock, qui l'avait vu sur le bureau, le glissa dans la main de John.
« Bien, le voilà, » dit-il en montrant l'appareil un moment, avant de littéralement battre en retraite vers la porte. « Donc j'ai tout, je vais y aller. Merci de l'avoir trouvé, Sherlock. Ok, alors… je te vois bientôt. Ouais, bien… bye. » John fit une sortie rapide avec un bref signe de la main vers eux-deux.
Molly se tourna vers Sherlock avec une légère grimace. « Il n'avait pas vraiment besoin de partir. »
« Oh je sais, mais clairement il pensait que si. Maintenant il va se précipiter chez lui pour raconter à notre fan numéro un ce qu'il vient de voir. » Il passa une main sur son visage.
« Oh, désolée, » dit Molly, se morigénant en silence.
« Ne t'excuse pas, Molly. Je m'en moque, » reprit-il calmement. Bien qu'il semble un peu hésitant en ajoutant, « En outre… ce n'était pas que toi. »
Moly se tenait là, tenant son pull et son sac, sachant que c'était la fin de cette soirée. Il était temps pour elle de partir, mais elle n'en avait pas envie. Et elle ne pouvait s'empêcher de se demander ce qu'il serait arrivé si John n'était pas venu. À quoi cette petite scène sur le sol aurait abouti ? Que lui aurait-il permis de faire à ce moment ? Au début, elle avait naturellement résisté à l'envie de se pencher et de l'embrasser passionnément, simplement parce qu'il s'agissait de Sherlock. Mais maintenant que le moment était passé, elle commençait à se demander s'il aurait effectivement protesté. Il l'avait regardée d'une façon qu'elle avait rarement vu. Et ça lui avait presque fait remettre toute précaution au placard. Si John n'était pas arrivé, elle se demandait si elle aurait fini par se pencher pour presser sa bouche sur ses lèvres parfaites…
Et puis elle se rappela elle-même que c'était une bonne chose que John soit arrivé à ce moment. Parce qu'elle était probablement à quelques secondes de se comporter comme une parfaite imbécile.
« Bien, je vais y aller. Je travaille demain. J'ai apprécié la leçon, Sherlock. Vraiment, je le pense. Je suis sûre que ça me permettra de me sentir plus confiante quand je serai seule. »
« Bien. J'aime savoir que tu te sens en sécurité., » dit-il gentiment.
Molly sourit et hocha la tête, puis ouvrit la porte. Mais elle se retourna avant de partir.
« Oh, et, Sherlock ? Ne me saute plus dessus. Tu pourrais le regretter la prochaine fois, » dit-elle avec un petit sourire narquois.
Il lui sourit en retour tandis qu'elle partait en fermant la porte derrière elle. Sherlock traversa la pièce jusqu'à la fenêtre et la regarda quitter le perron, puis héler un taxi. Il y en eût finalement un qui s'arrêta et elle monta dedans. Quand il démarra, Sherlock quitta la fenêtre et soupira lourdement. Il se surprit à regarder le sol. L'emplacement à présent vide et silencieux sur le sol, ce qui avait été tout le contraire il y avait seulement quelques minutes auparavant.
Puis il se murmura, « Je le regrette peut-être déjà. »
Haaan. C'est maintenant que ça va être de mieux en mieux. Il faut bien que la carapace de Sherlock craque à un moment ou à un autre non ? :D
