Coucou à tou(te)s !
Voici voilà le dixième chapitre de cette fanfiction, que j'ai un peu de mal à avancer depuis quelques temps ! En fait, depuis que j'ai écrit ce chapitre qui m'avait beaucoup embêtée, parce qu'il était beaucoup trop long par rapport aux autres et n'apportait pas grand chose à l'intrigue. Finalement, j'ai réussi à en faire quelque chose que j'aime plutôt bien et j'ai écrit jusqu'au chapitre 13... Mais maintenant, je suis retournée sur le chapitre 12 qui ne me plaisait pas du tout et que je voulais changer en grande partie... Donc, je n'ai plus autant d'avance qu'avant ! Mais j'aime toujours autant l'écrire, et quoi qu'il arrive je la finirai sans bâcler, c'est promis (les fics non terminées me donnent envie de pleurer, donc je n'en ferai pas ^^) !
Je suis aussi un peu partagée quand à l'idée de couper cette fic en plusieurs parties... Je ne suis pas encore tout à fait décidée... Ça pourrait être bien, mais j'ai peut d'avoir une partie beaucoup trop courte... Je me donne encore deux semaines pour me décider ! Je médite là-dessus nuit et jour ! XD
Un autre petit problème qui me taraude et dont je vous parlerai peut-être d'ici quelques chapitres (je ne vais pas me spoiler, tout de même !), à cause d'un détail pas vraiment important, mais j'aime bien réfléchir sur tous les détails pour être sûre que tout marche (parce qu'en tant que lectrice, j'ai toujours été du genre à réfléchir à la logique de toutes les actions pour vérifier que tout colle ! ^^). Je me suis même fait un petit calendrier, et j'ai noté tout ce que j'ai trouvé dans les livres sur les horaires de cours pour être sûre que tout est vraiment possible... Bref, je m'éclate ! Ça occupe mes trajets en train ! En plus, j'écris en vert émeraude, et je me sens un peu McGonagall ! XD
Tout ça pour dire... Je vous souhaite une bonne lecture ! Merci beaucoup pour vos reviews, je fais la danse de la joie à chaque fois que je les lis ! Alors... Continuez à m'en laisser tout plein, et même plus encore ! =D
Bises,
Aerann
Ces six semaines passèrent à une allure absolument folle. Les cinquième année semblaient tous dans un état second, chacun réagissant différemment face à l'angoisse des BUSE. Drago, par exemple, expliquait haut et fort à quel point les relations de son père lui seraient utiles, ce qui avait le dont d'agacer Hermione dont les nerfs étaient déjà à vif. Ils se virent de moins en moins, jusqu'au début des épreuves, chacun se plongeant dans ses révisions. Et, quand ils se voyaient, la Gryffondor ne pouvait s'empêcher de demander à son amant de vérifier ses connaissances !
Drago n'avait pas menti, et il avait réellement fait des efforts. Il se montrait particulièrement attentionné avec sa lionne, même s'il était toujours aussi odieux envers les autres Rouge et Or. La brigade inquisitoriale continuait à sévir, et il était le premier à retirer des points aux élèves des autres maisons, pour des raisons toutes plus absurdes les unes que les autres. Elle râlait à chaque fois, mais finissait toujours par le pardonner quand il lui disait, avec une certaine sagesse :
« Si vous le pouviez, tes petits copains et toi, je suis sûr que vous en profiteriez pour enlever des points aux Serpentards... »
L'image de Ron en train de retirer des points à Crabbe et Goyle sous prétexte qu'ils sont idiots s'imposa à son esprit, et une fois de plus, Drago l'emporta. De toutes façons, elle se sentait incapable de lui en vouloir, et il se gardait bien de s'attaquer aux Gryffondors lorsqu'elle était présente.
Les deux amants étaient toujours aussi bien, lorsqu'ils étaient ensemble, mais quelque chose s'était fissuré entre eux depuis qu'ils avaient compris qu'ils n'étaient pas aussi liés l'un à l'autre qu'ils n'en avaient eu l'illusion pendant un moment. Ils n'en reparlèrent pas, mais l'écart qui s'était créé entre eux était indéniable. Ils avaient cru qu'ils étaient sur la même longueur d'ondes, puis ils s'étaient rendu compte qu'en réalité, s'ils suivaient des routes proches, elles n'étaient pas tout à fait parallèles. Que si les moments qu'ils passaient ensemble étaient beaux, ce n'étaient que des instants fugaces volés à l'implacable réalité : ils étaient très différents. Peut être trop différents. Ils vivaient leur amour au jour le jour, comme s'ils s'y accrochaient en sachant qu'ils étaient en sursis et devraient bientôt rendre ces instants volés au monde. La douleur de cette impression d'impossible était pourtant un faible tribut à payer pour le bonheur de leurs étreintes douces et enflammées.
Hermione n'avait jamais connu l'amour. Elle avait fréquenté Viktor Krum. Un peu. Quelques baisers timides, rien de bien excitant. Une relation agréable, à laquelle il manquait la flamme de la passion. Pas le genre d'histoire dans laquelle on se jette corps et âme, avec le sentiment étrange de perdre pied et d'y prendre plaisir. De toutes façons, Viktor n'était pas le genre de garçon à se jeter corps et âme dans une relation. Et Hermione pensait alors qu'elle n'était pas non plus ce genre de fille.
Drago, lui, avait cru connaître l'amour. Il avait connu de nombreuses filles. Jamais longtemps, mais si souvent... Il s'était délecté de ce sentiment de fierté, tant de fois ressenti. Du plaisir que lui procurait, outre ses relations elles-mêmes, cette impression de maturité, de virilité qui émanait de lui. Une aura sensuelle. Drago Malefoy s'aimait, se sentait aimé et aimait se sentir aimé.
Pourtant, ce qu'ils vivaient était nouveau pour tous deux. Cette douce folie, le piment de l'interdit, l'ombre lumineuse du mystère. La tendresse, aussi. La complicité qui ne s'acquiert qu'après un certain temps passé près de l'autre. La douceur des nuits ensemble, la fougue des étreintes rapides au coeur de la journée. Ils s'aimaient, sans savoir comment, sans savoir pourquoi. Mais ils s'aimaient. Et même si cela devait être temporaire, ou bien entraîner de grandes souffrances, pour l'heure, ils s'en moquaient.
Les BUSE arrivèrent vite. Très vite. Beaucoup trop vite. Hermione était devenue un véritable ressort humain. À son inquiétude au sujet de ses examens s'ajoutait celle qu'avait provoquée la découverte de Graup. Un géant que Hagrid avait eu l'excellente idée de cacher dans la forêt interdite. Et à qui elle était sensée apprendre l'anglais si le professeur de Soins aux Créatures Magiques perdait sa place. Même la victoire de la coupe de Quidditch ne suffit pas à calmer la jeune fille. Elle ne tenait plus en place, jetait des sorts à chaque objet qui lui tombait sous la main, et semblait ronronner à force de réciter cours et formules magiques à voix basses.
Pour la première fois, ce fut Drago qui mit un frein à leurs rendez-vous. La jeune sorcière avait en effet un caractère absolument épouvantable : non seulement elle était stressée pour les épreuves à venir, mais également pour celles passées, et toutes ratées selon elle... N'en pouvant plus de l'entendre hurler que sa vie était sans doute fichue à cause de quelques erreurs d'inattention, le jeune homme prétendit qu'il était très inquiet pour ses propres révisions et s'arrangea pour croiser Hermione le moins possible, laissant Potter et Weasley supporter ses sautes d'humeur. Oui, il était lâche...
Finalement, les deux semaines consacrées aux examens passèrent assez rapidement et ne furent pas si terribles que ça. Les professeurs les avaient bien préparés aux épreuves, tant théoriques que pratiques. À l'exception d'Ombrage, bien sûr... Mais l'AD avait porté ses fruits !
L'évènement le plus marquant fut le renvoi de Hagrid, que la directrice de Poudlard avait voulu discret et programmé, de façon très intelligente, le soir où tous les élèves de cinquième année se trouvaient dans la tour d'astronomie qui offrait une excellente vue sur le parc de l'école et la cabane du garde-chasse. Ils purent tous admirer les membres du ministère s'en prendre tous ensemble au demi-géant, ainsi qu'au professeur McGonagall qui avait tenté d'intervenir.
Contrairement à ce qu'Hermione pensait, ces évènements n'eurent presque aucun retentissements. Sans doute parce que de tels agissement ne surprirent personne. Le lendemain, ils passèrent normalement leur épreuve d'histoire de la magie qui avait lieu uniquement l'après-midi puisqu'il n'y avait pas d'épreuve pratique.
Ils rentrèrent donc dans la Grande Salle aménagée spécialement pour les examens pour la dernière fois, à deux heures cet après-midi là. Hermione adressa un sourire à Harry et Ron. Malgré ses nombreuses menaces, elle avait fini _ comme toujours _ par leur laisser ses piles de notes. Elle espérait que ça serait suffisant, car ils ne semblaient très en forme ni l'un ni l'autre.
Tout le monde s'assit, et l'examen commença. Les questions étaient plutôt simples, dans l'ensemble, et Hermione connaissait toutes les réponses. Sa seule préoccupation était de réussir à mettre assez de détails tout en ayant le temps de répondre à toutes les questions. Elle était penchée sur son parchemin que sa plume noircissait presque sans interruption, et c'était parti pour durer jusqu'à la fin de l'épreuve. Sauf qu'un hurlement la tira brutalement de ses pensées. Un hurlement terrible, mêlant terreur et douleur, suivi d'un violent bruit de chute. La jeune fille sursauta en poussant une exclamation de surprise qui fut reprise par tous les élèves présents. Elle se retourna pour découvrir Harry, étendu sur le sol, mains plaquées contre son front. Il fut relevé par le professeur Tofty, qui l'aida à quitter la Grande Salle tandis que le calme revenait peu à peu. Lorsque la lourde porte de chêne fut refermée, le professeur Marchebank se racla légèrement la gorge et montra le sablier géant du doigt, et le silence fut total jusqu'à ce que les bruits des plumes sur le papier ne se fassent entendre de nouveau.
La jeune préfète n'était pas tranquille. Elle avait compris que son ami avait eu un nouveau rêve, tout comme elle avait compris qu'il n'avait jamais cessé d'en faire. Il était persuadé que c'était une bonne chose, malgré ce qu'en pensait Dumbledore. Elle termina tout de même son examen et sortit en même temps que les autres étudiants. Son premier réflexe fut de chercher Drago des yeux, mais elle ne le trouva pas. Elle se retourna vivement en sentant une main se poser sur son épaule et se retrouva face à Ron qui semblait également inquiet.
« Tu sais où est Harry ? » Lui demanda-t-il.
Agacée à cause de son angoisse autant que parce qu'elle aurait préféré découvrir son amant en se retournant, elle faillit lui rétorquer qu'elle ne voyait pas comment elle aurait put le savoir plus que lui. Mais, alors qu'elle entrouvrait la bouche, elle aperçut Harry qui courait dans le couloir qui les surplombait. Elle attrapa la main de Ron et l'entraîna dans l'escalier de marbre.
« Harry ! Que s'est-il passé ? Ça va ? Tu n'es pas malade ? L'interrogea-t-elle aussitôt tandis que Ron demandait :
_ Où étais-tu ?
_ Venez avec moi, répondit Harry. Venez, j'ai quelque chose à vous dire. »
Il les entraîna dans une salle vide, dans laquelle il leur expliqua d'un air très énervé que Sirius était en train de se faire torturer par Voldemort, et qu'il serait probablement tué très vite. Ron et elle tentèrent de le raisonner : ce n'était qu'un rêve qu'il n'aurait même pas dû faire. Mais cela redoubla sa colère. Ron fut le premier à s'incliner : son père avait pu être sauvé grâce à l'une des visions de Harry, il ne pouvait pas l'oublier. Tandis que Hermione tentait encore de le raisonner, Ginny et Luna, alertées par les hurlements du jeune homme, les rejoignirent.
Pendant que Harry retournait sa colère contre les deux arrivantes, la vision de la rouquine donna une idée à la préfète. Une idée qui la fit frissonner de terreur à sa simple pensée. Avant qu'elle ne se demande comment elle pouvait avoir trouvé un tel plan, elle se mit à parler sans réellement sans rendre compte.
« Pas la peine de me parler sur ce ton, disait Ginny avec froideur. Je me demandais simplement si je pouvais me rendre utile.
_ Eh bien non, tu ne peux pas, trancha Harry, cassant.
_ Tu n'es pas très poli, tu sais. » Fit remarquer Luna, l'air serein.
Harry poussa un juron et se détourna d'elle.
« Attends, dit soudain Hermione, attends... Harry, je crois au contraire qu'elle peuvent nous être utiles. »
Harry et Ron se tournèrent vers elle, soudain attentifs. Et elle leur exposa son plan, qui était finalement très simple... Reproduire celui qui avait déjà fait ses preuves : s'introduire dans le bureau d'Ombrage afin d'utiliser sa cheminée pour vérifier si Sirius était bien sorti.
Elle eut, un moment, l'espoir que quelqu'un allait faire remarquer la stupidité et la dangerosité de ce plan. Mais bien sûr, tout le monde était d'accord _ et pressé, par dessus le marché ! Ils se dirigèrent donc tous vers le bureau de la directrice, tandis que Harry était parti en courant afin de prendre la cape d'invisibilité. Quand il les eut rejoints, ils se séparèrent : Ron devait s'assurer qu'Ombrage ne s'approcherait pas, tandis que Ginny et Luna vidaient le couloir et que Harry et Hermione, dissimulés par la cape, attendaient de pouvoir entrer.
Quand les derniers élèves, effrayés par la rumeur de présence de Gaz Etrangleur qu'avait répandue Ginny, avaient déserté le couloir, les deux Gryffondors purent s'avancer jusqu'à la porte du bureau que Harry ouvrit à l'aide d'un couteau que son parrain lui avait offert. Quand ils furent entrés, ils ne perdirent pas de temps. Après avoir constaté avec soulagement que les systèmes de sécurité n'avaient pas été améliorés, le jeune homme se précipita vers la cheminée tandis que la préfète se postait à la fenêtre afin de surveiller le parc du château.
« 12, square Grimmaurd ! » s'écria Harry, laissant Hermione seule et terrorisée.
S'ils se faisaient prendre... Elle préférait ne même pas y penser !
Les minutes défilèrent, lentement. Jamais elles n'avaient été si longues. Pourtant, vérifier si Sirius se trouvait chez lui n'aurait dut prendre qu'un instant ! Elle aurait songé que c'était mauvais signe, si la porte ne s'était pas ouverte à la volée. Elle n'eut que le temps de se retourner. Elle voulut brandir sa baguette, mais Millicent Bulstrode était arrivée sur elle en deux grandes enjambées et l'avait attrapée violemment par les bras, l'empêchant de pouvoir tenter quoi que ce soit. Ombrage était entrée aussi, immédiatement suivie de Drago. Une expression de surprise remplaça son air hautain, suivie d'une moue inquiète qu'il se hâta de dissimuler.
La grande Serpentarde cogna la tête d'Hermione contre la fenêtre, l'empêchant de voir ce qu'il se passait d'autre. Elle entendit néanmoins Harry se mettre à tousser et devina que la Grande Inquisitrice avait attrapé sa tête dans le cheminée. Ses explications au sujets des sorts Anticamini qu'elle avait jetés lui firent l'effet d'une douche froide. Elle aurait dut comprendre que c'était trop simple. Millicent Bulstrode, voulant sans doute voir la scène, tira sur sa tête, la sortant de ses pensées. Puis, sur un ordre d'Ombrage, elle arracha sa baguette des mains d'Hermione tandis que Drago faisait la même chose avec celle de Harry. Il semblait jubiler. Pourtant, quand leurs regards se croisèrent, il eut l'air réellement inquiet pour la jeune fille qui se prit à espérer qu'il les sorte de là. Et qui comprit son erreur lorsqu'il se mit à jouer avec la baguette de son ami. Non, compter sur Drago n'était pas une bonne idée. Les larmes lui montèrent aux yeux, et pas seulement parce que Bulstrode tirait sur ses cheveux...
Ombrage et Harry hurlait tous les deux, désormais.
« Avec qui étiez-vous en train de communiquer ?
_ Personne.
_ Menteur ! »
Elle le projeta avers le bureau qu'il heurta de plein fouet.
Soudain, il y eut un grand bruit dans le couloir et quelques robustes élèves de Serpentard entrèrent dans le bureau, en tenant fermement Ron, Ginny, Luna et, à la stupéfaction d'Hermione, Neville. Crabbe l'avait immobilisé en lui serrant la gorge, et il semblait sur le point de suffoquer. Tous avaient été bâillonnés.
« Nous les avons tous, annonça Warrington qui poussa brutalement Ron à l'intérieur de la pièce. Celui-là _ il pointa un index épais en direction de Neville _ a essayé de l'empêcher d'emmener celle-ci _ il désigna Ginny qui essayait de donner des coups de pied dans des tibias de la grosse fille de Serpentard qui la maintenait _ alors, j'ai décidé de l'ajouter aux autres.
_ Très bien, très bien, se réjouit Ombrage en regardant Ginny se débattre. Il semble que Poudlard sera bientôt un espace libéré des Weasley. »
Drago eut un rire sonore, et Hermione songea qu'il avait dû être sincèrement amusé par cette plaisanterie au sujet de la fratrie qu'il haïssait le plus au monde. La vieille haine qu'elle ressentait pour lui autrefois remonta brusquement, jusqu'à-ce qu'il lui jette un nouveau coup d'oeil soucieux qui la fit fondre.
« Alors, Potter, dit Ombrage qui s'était installée dans un fauteuil recouvert de chintz et les contemplait avec son large sourire satisfait, vous avez installé des guetteurs, ou plutôt des guetteuses, autour de mon bureau et vous avec envoyé ce bouffon _ elle désigna Ron d'un signe de tête et Drago éclata d'un rire presque trop bruyant pour sembler entièrement sincère _ me raconter que l'esprit frappeur détruisait tout au département de métamorphose alors que je savais pertinemment qu'il était occupé à badigeonner d'encre les lentilles des télescopes. Mr Rusard venait de m'en informer. De toute évidence, il était très important pour vous de parler à quelqu'un. Était-ce Albus Dumbledore ? Ou l'hybride Hagrid ? Je ne pense pas qu'il puisse s'agir de Minerva McGonagall, j'ai entendu dire qu'elle n'était plus en état de parler à quiconque.
Elle laissa un léger silence après cette réflexion, et Drago en profita pour se mettre à nouveau à rire qu'une manière qui semblait n'avoir plus rien de sincère, cette fois. Hermione se demanda si elle l'entendait parce qu'elle le connaissait bien, ou si c'était simplement ce qu'elle souhaitait entendre. Il fut bien sûr imité par les autres membres de la Brigade Inquisitoriale qui ne devaient pas avoir compris pourquoi ils riaient, mais se contentaient d'imiter leur prince.
« Vous n'avez pas à savoir à qui je parlais, ça ne vous regarde pas, grogna Harry avec hargne.
_ Très bien, répliqua Ombrage de sa voix la plus menaçante et la plus doucereuse, très bien Mr Potter... Je vous ai donné une chance de me répondre librement. Vous avez refusé. Je n'ai maintenant plus d'autre choix que de vous forcer à parler. Drago, allez chercher le professeur Rogue.
Plus que le nouveau ricanement du blond, qui quitta le bureau, ce furent ces paroles d'Ombrage qui glacèrent Hermione. Et elle comprit en voyant Harry qu'il pensait exactement la même chose qu'elle. Rogue ! Une nouvelle pression de Millicent Bulstrode l'empêcha de se sentir plus stupide. Non seulement ce plan désastreux était le sien, mais en plus elle aurait dut penser immédiatement à Rogue !
Drago ne mit pas longtemps à revenir en compagnie du maître des potions, à qui Ombrage voulait demander du Veritaserum. Il ne fut d'une quelconque utilité à personne : il ne voulait pas donner à la directrice la potion qu'elle désirait, mais il ne lui suggéra pas non plus de laisser partir les élèves. Il ne sembla même pas comprendre le message que tenta de lui faire passer Harry :
« Il a pris Patmol ! Il a emmené Patmol là où la chose est cachée ! »
Finalement, il partit presque sans un regard pour les jeunes sorciers, laissant tout le monde profondément déçu. Surtout Ombrage, qui tripotait nerveusement sa baguette en réfléchissant à voix haute.
« Le sortilège Doloris devrait vous délier la langue. »
Drago, qui suivait la scène avec intérêt, ne put retenir un rictus de peur tandis qu'Hermione s'écriait :
« Non ! Professeur Ombrage... C'est illégal ! »
Mais Ombrage ne fit pas attention à elle et commença à lever sa baguette. Malgré tout ce que lui dit la préfète, elle continuait son geste, et avoua même que c'était elle qui avait envoyé des détraqueurs à Harry l'été précédent. Hermione ne voyait plus qu'une seule solution. Soudain, elle commença à pousser des sanglots tout en masquant son visage, et hurla à son ami qu'il fallait tout avouer, afin d'attirer l'attention de la directrice . Celle-ci arrêta enfin de pointer sa baguette vers son élève, pour se tourner vers la jeune fille qui, faisant toujours semblant de pleurer, continua malgré les protestations des autres membres de l'AD, qui cessèrent lorsqu'ils comprirent qu'elle mentait _ ce qu'Ombrage ne remarqua pas. La jeune fille lui expliqua qu'ils avaient caché une arme dans la Forêt interdite et la directrice voulut aller la voir immédiatement.
Drago insista un peu pour les accompagner, mais Hermione réussit à convaincre Ombrage de refuser en insinuant que la Brigade Inquisitoriale pourrait se retourner contre elle. Il la regarda donc partir avec Potter et la Grande Inquisitrice, masquant du mieux qu'il le pouvait son inquiétude.
Les souvenirs d'Hermione sur les évènements qui suivirent étaient très flous.
Elle se rappelait être entrée dans la forêt interdite dans le but de se servir des centaures. Blanc.
Elle avait volé, sur le dos d'un Sombral qu'elle était alors incapable de le distinguer. Blanc.
Le ministère. Blanc.
Lumières.
Vertes, rouges, bleues...
Puis la dernière.
Violette.
Douleur.
Noir...
