Coucou tout le monde ! Après deux longues semaines d'absence, et un examen dont je suis sorti vivante, voici le nouveau chapitre ! Merci à Jehanne Aurelianis, Saku-chan06, Donnegail, Melyna et Doctor Kaylee Smith, contente de vous voir toujours fidèle au poste et de plus en plus nombreux à chaque fois. La prochaine actualisation sera probablement après le BAC, parce qu'il faut que je révise, mais pendant les vacances, je vais essayer d'être un peu plus présente ! Ce chapitre est très long, j'avais pas fait gaffe en l'écrivant ahah. Bonne lecture !

Chapitre 10 : Retrouvailles forcées

Lorsque Sherlock se réveilla de nouveau, il était six heures du matin. Le médecin avait ouvert la porte très brutalement, le réveillant en sursaut. Puis il s'approcha de lui, et lui plaqua un stéthoscope glacé sur la poitrine. De quoi vous réveiller pour de bon. L'infirmière de la veille était là, lui lançant des regards compatissants. Il détestait ça. Le médecin recula, gribouilla quelque chose sur son dossier et quitta la pièce, sans même un regard pour son patient. L'infirmière s'approcha alors du lit, et entreprit de changer les poches de morphine.

« Ne vous inquiétez pas, dit-elle gentiment, il est toujours comme ça. Il est un peu sociopathe sur les bords, mais on peut lui faire confiance.

- Je ne m'inquiète pas.

- Votre mère a appelé tout à l'heure, elle va passer avec vos frères dans deux heures.

- Quoi ?! Stamford aussi ? Pourquoi faire ?! »

Elle haussa les épaules et quitta la pièce, le laissant seul. Une chose était sûre, ce fut les deux heures les plus longues de sa vie. Il envisagea quatre-vingt quatre scénarios possibles de ce qui se passerait quand Stamford sera là. Et il paniquait légèrement, n'arrivant pas à aligner deux pensées cohérentes à la suite. Puis, alors qu'il se rongeait les ongles, la porte s'ouvrit. Sur l'infirmière, une bassine à la main. Sherlock fronça les sourcils, suspicieux.

« Vous devez avoir envie non ?

- Envie de quoi ?

- Vous savez bien... De... Faire pipi.

- Oh. Ca. »

Sherlock fixa intensément la bassine. Elle n'était pas sérieuse quand même. Il releva la couverture et essaya de poser un pied sur le sol. L'infirmière le regarda faire, un demi-sourire au coin des lèvres.

« Vous pouvez rester coucher, M. Holmes. Je ne suis pas sûre que vous atteignez les toilettes dans votre état.

- Vous me sous-estimez. »

Il se leva, avec l'étrange impression que ses jambes étaient en coton, fit un pas, et s'effondra sur le sol. Sa fierté en prit un coup. Sa jambe aussi. Sherlock Holmes dut faire pipi dans une bassine.

Une demi-heure après cet accident, la porte de la chambre s'ouvrit de nouveau, pour de bon cette fois. Sherlock ne put réprimer un soupir de soulagement en constatant que seul Mycroft était présent, bien qu'il se doutait que l'autre dont il se refusait le nom ne devait pas être loin, probablement à la cafétéria, comme le regard de Mycroft le lui confirma. Ce dernier posa soigneusement son parapluie contre un des murs blancs de la chambre, attrapa une chaise et vint s'asseoir à côté de son petit frère. Mycroft resta un long moment silencieux, ce qui inquiéta son frère. Même pas une remarque sarcastique, rien. Et Dieu seul sait à quel point il en avait besoin actuellement.

« Les médecins ont dit que tu pourras sortir dès demain, lâcha finalement l'aîné. Et oui, je pense que tu as raison.

- A propos de quoi ?

- Brise-Tonnerre. Je suspecte très fortement Stamford de l'avoir. Mais pas seulement. Et ça ne va pas te plaire.

- Qu'est-ce qu'il se passe ?

- Je pense que c'est lui qui a manqué de te tuer. Je n'ai pas de preuves, mais je l'ai surpris en train d'espionner à la porte pendant que je parlais avec John l'autre soir.

- John a appelé ?

- Oui, et tu dois le rappeler, mais ce n'est pas l'essentiel. On doit stopper Stamford. »

C'est par ailleurs le moment idéal que choisit Stamford pour pointer le bout de son nez, une bouteille de bière à la main. L'atmosphère devint soudain plus que glaciale, surtout entre le cadet et l'aîné des trois, qui se dévisageaient, chacun dans un coin de la pièce. Mycroft se trouvait entre les deux, comme toujours, veillant à ce qu'ils ne se sautent pas à la gorge l'un de l'autre. Ce serait malvenu. Les deux avaient l'air sous tension, surtout Sherlock, crispé sur les barres blanches encerclant son lit, au point que les jointures de ses doigts prennent la même couleur.

« T'as une sale tête petit frère, comment ça va ? Finit par lâcher Stamford, d'une voix hypocrite plus que forcée.

- Tu as pris quinze kilos et je ne parlerai pas de ta calvitie débutante, « grand frère », continua Sherlock, sur le même ton. Je ne jouerai pas les grosses têtes si j'étais toi. »

Stamford fixa un instant Mycroft, puis sourit.

« Je vais l'étriper. »

Mycroft se leva le plus naturellement du monde, attrapa Stamford par le manteau, le fit sortir et ferma la porte à clé. Sherlock resta un moment interdit, avant de remercier son frère du regard. Le politicien se rassit calmement, impassible, malgré le martellement des poings de Stamford sur la porte.

« Maman a eu peur, reprit le plus grand des deux, mais elle s'en remettra. Elle va probablement beaucoup s'inquiéter pour toi dans les prochains jours.

- J'ai l'habitude, elle s'inquiète toujours pour moi.

- Je veillerai à ce que Stamford ne te fasse rien.

- Comme c'est gentil. Je suppose que ce n'est pas gratuit ?

- Un mois où tu ne t'occupes que de mes enquêtes.

- Très bien, répondit le détective en soupirant. Mais ne le tue pas, il n'en vaut pas la peine. »

Mycroft hocha la tête, et retourna ouvrir la porte à son aîné, qui lui lança un regard noir. Ouaip. Mycroft l'avait mis en colère. Et tout cela enchantait Sherlock. C'était toujours drôle de voir Stamford devenir aussi rouge qu'une tomate, serrant les poings convulsivement alors qu'il savait qu'il ne pouvait pas frapper Sherlock en présence de celui qu'il aurait probablement sur le dos s'il le faisait. Jouissif, vraiment. Cependant, Stamford sembla se calmer. Sherlock fit une petite moue déçue. A croire qu'il avait appris à maîtriser la colère.


Sebastian décrocha une droite à Stamford, le mettant KO une nouvelle fois. Salopard. Le troisième Holmes se releva, et essaya une nouvelle fois de l'atteindre à la jambe, c'était le seul point faible du sniper. Ca faisait maintenant deux semaines qu'il était au service de Moriarty, ou plutôt deux semaines qu'il se musclait en compagnie de son chien de garde, Sebastian Moran, qui, et c'était évident maintenant, contrairement à lui avait de l'expérience dans le domaine. Il y avait même une rumeur qui circulait parmi les agents comme quoi il avait déjà tué un tigre à mains nues. Stamford avait toujours crû que c'était des foutaises jusqu'à cette petite séance de boxe qui lui avait prouvé que ce connard arrogant d'allemand était vraiment aussi fort que ce que tout le monde disait.

« Va falloir t'améliorer si tu veux venir avec moi en mission gamin, le nargua Sebastian, avec son foutu accent allemand que Stamford avait appris à détester.

- On verra ça quand ta tête sera dans la poussière Moran. »

Stamford plongea sur Moran dans un hurlement bestial. Le sniper, pas impressionné pour un sou, se contenta de s'écarter du chemin, laissant son apprenti se vautrer dans le sable de la salle d'entraînement. Sebastian sourit, ravi.

« L'arrogance ne te mènera à rien gamin. Quinze ans de carrière à l'armée, c'est facile pour moi de trouver tes points faibles. Tu protèges jamais ta gauche. Quand tu pares un adversaire, il faut pas lui montrer tes faiblesses. Debout. Et recommence. Trouve mon point faible. »

Stamford se releva, en lui lançant un regard mauvais, à la limite de la haine. Il savait qu'il avait raison, c'était ça le pire. Il ne pouvait pas voir ce connard d'allemand en couleur, et lui lui faisait des leçons de morale. L'aîné des Holmes ne voulait qu'une chose, lui exploser la figure. Vraiment.

Hargneux, il le jaugea un moment, puis se mit en position. Moran fit le premier pas, attaquant directement sa gauche. Stamford s'écarté, et, en bondissant, frappa fort entre ses omoplates, le faisant, à son grand bonheur, tressaillir. Il enchaîna avec un coup de pied dans le genou, et Moran finit par mordre la poussière. Stamford avait déjà trouvé son point faible depuis un moment, ce n'était que le sien qui l'empêchait d'agir correctement, de s'adapter.

En tout cas, Sebastian ne riait plus, se tenant le genou, en position fœtale, ce qui fit sourire Stamford. Une bonne chose de faite. Le bras droit de Jim pivota doucement pour se retrouver en position assise. Ses deux yeux bleus pâles se posèrent sur le troisième Holmes.

« T'es plus intelligent que les autres abrutis que j'ai eu le malheur d'entraîner. C'est bien, bonne qualité. Mais c'est pas la force qui te permettra de trouver ta place ici, c'est ta tête. Il faut que tu mêles les deux pour intéresser Jim.

- J'ai passé le test. T'as dit que tu m'emmènerais en mission.

- Ouaip. Mais laisse-moi deux minutes tu veux ?

- Frédérique II a besoin de repos ? »

Moran lui lança un regard sombre. Il était évident que la nouvelle recrue se moquait ouvertement de ses origines allemandes.

« Tu m'as presque explosé le genou.

- Comme quoi, parfois la force marche aussi bien que l'intelligence Confussius.

- Il était chinois. Pas allemand. J'ai été à Oxford je te signale. Tu devrais la fermer avant de sortir des abominations pareilles.

- T'es en train de dire que je suis idiot ? »

Moran sourit hypocritement à Stamford, qui vira au rouge tomate. Il se dirigea d'un pas confiant vers le sniper, puis écrasa son genou de tout son poids, faisant hurler Sebastian de douleur.

« Tu sais quoi ? Dit Stamford dans un sourire. Je crois que c'est une entorse. »


Stamford s'installa dans le fond de la chambre et sortit un livre, sous les regards méfiants de Sherlock et Mycroft. Il y avait vraiment du progrès. C'était louche tout ça. Mycroft secoua la tête et se reconcentra sur son petit frère.

« Tu devrais arrêter la morphine Sherlock. Tu vas encore être dépendant. Tu sais comment tu es quand tu planes.

- Je suis assez grand pour prendre soin de moi Mycroft.

- Ce n'est pas ce que les parents pensent. »

Sherlock roula des yeux en soupirant. Pourquoi est-ce qu'il était condamné à être à jamais le plus petit ? C'était ennuyeux à mourir. Le brun se sentait épié par Stamford, à l'autre bout de la pièce, planqué derrière son livre. Et il se sentait menacé. Mycroft savait ce qu'il pensait, puisqu'il le pensait également. Il avait peur que Stamford s'en prenne à son petit frère s'il détournait le regard. Si ça ne tenait qu'à lui, le Gouvernement l'aurait déjà fait disparaître. Mais les parents l'empêchait d'agir comme il le faut. Les deux plus jeunes se mirent en état d'alerte quand Stamford se levan et qu'il commit un acte qui marqua Mycroft. Il osa posé ses sales pattes sur son parapluie. Oh, il ne fit que jouer un peu avec, pour embêter son plus jeune frère sans aucun doute. Le parapluie, c'était un peu l'objet sacré, et Stamford le savait. En soupirant, il jeta dédaigneusement l'objet à terre et se dirigea vers la porte.

« Vais cloper. »

Et il sortit. Mycroft se leva, récupéra son précieux parapluie, puis se dirigea à son tour vers la porte.

« Je le rentre. Avant qu'il n'explose quelque chose. C'est moi qui viens te chercher demain. Ne fais pas de bêtises. »

Sherlock lui tira la langue, alors que Mycroft quittait la petite chambre d'hôpital, abandonnant une nouvelle fois son petit frère.