CHAPITRE 16
J'enfile un pull et un jean noir en m'imaginant tout ce qui pourrait mal se passer lors de ce rendez-vous ce soir. Ce type, Dave, pourrait me menacer de nouveau. Quelqu'un pourrait m'agresser sur le parking. Un inconnu pourrait verser de la drogue dans mon verre, me laissant sans défense et incapable de rentrer chez moi. J'ai soudain une idée, et je vais dans la cuisine où Rob a une collection de magnets publicitaire sur son réfrigérateur. L'un d'eux liste le nom et les numéros de téléphones d'une compagnie de taxi. J'appelle et je réserve un taxi pour me prendre en bas de l'immeuble à huit heures, puis devant Scandals à onze heures. Une fois que tout est organisé, j'arrive à me détendre un petit peu. J'aurais une voiture pour rentrer à la maison à une heure et à un endroit connus.
Il y a encore un problème cependant. Un dont je ne me suis pas autorisé à penser jusque-là.
Au fond, je dois admettre que je suis attiré par Sebastian. Il n'a aucune retenue, et il est arrogant, et il me met mal à l'aise. Mais il me fait aussi me sentir flatté, et confus, et… tenté. C'est évident que mes sentiments pour Kurt sont bien plus fort émotionnellement, mais Kurt ne sera pas là ce soir. Ce sera juste moi et Sebastian… et ses mains baladeuses.
Pendant un instant, j'envisage de ne pas y aller. Je pourrais dire à Kurt que je suis allé à mon troisième et dernier rendez-vous, et espérer qu'il me croit. Mais ce soir, je comprends enfin pourquoi il a instauré cette règle. Si je suis avec lui, il a besoin de savoir que j'ai choisi d'être avec lui, et que je ne me suis pas juste laissé entrainer aveuglement. Si après cette soirée je veux encore Kurt plus que Sebastian, cela prouvera que lui et moi sommes ensemble pour bien plus que le côté pratique.
J'ai besoin de quelque chose qui me fera penser à Kurt quand je serais au Scandals ce soir. Une sorte de point d'ancrage pour rester les pieds sur terre. En retournant dans la chambre, j'aperçois le carton des objets que j'ai récupéré dans le coffre de mes parents. Sur le dessus, se trouve le maintenant familier anneau d'argent. Je prends la bague, lis l'inscription à l'intérieur – A toi pour toujours, Kurt – et sourit. Dans la chambre de Rob, je trouve une longue et fine chaîne et je la glisse dans l'anneau puis l'accroche à mon cou.
Kurt portait un collier comme celui-ci le jour où je l'ai rencontré. Si le pense-bête a marché pour lui, peut-être qu'il marchera pour moi également.
Mon téléphone sonne juste avant huit heures. Le taxi est là. Je glisse la chaîne sous mon pull, où le métal froid est posé contre mon cœur. Je prends une grande inspiration et j'envoie un rapide message à Kurt - Je suis parti. Je t'appelle tout à l'heure. Un dernier coup d'œil dans l'appartement, et je suis prêt.
Je peux y arriver.
Il me répond par un simple j'espère bien. Malgré tout, je sais qu'il restera près de son téléphone toute la soirée à attendre mon appel.
Scandals est bondé, ce qui est logique je suppose. Nous sommes samedi soir, après tout. J'aperçois Sebastian près du bar, avec deux verres devant lui. Son visage s'éclaire quand il me voit.
« Hé, beauté ! Tiens, je t'ai pris un verre. Je te préviens il y a une goutte d'alcool dedans. »
Je m'assoie sur le tabouret de bar à côté du sien. Après avoir trempé mes lèvres, je trouve que la boisson a surtout le goût de Sprite. Je me sens un peu mal à l'aise de boire de l'alcool ici, mais ce n'est pas comme si Sebastian essayait de droguer secrètement mon verre. Il a été franc sur le fait qu'il y avait de l'alcool, et au goût il ne semble pas y en avoir beaucoup. Je bois une autre gorgée en essayant de me relaxer. « Alors, quel est le programme pour ce soir ? Encore un karaoké ? »
« Tu me connais. »
« Est-ce que tu as emmené tes choristes également ? »
Il désigne avec sa main un vague endroit sur la piste de danse, où je peux deviner une tête blonde parmi la foule. « Ils sont quelque part par là. Mais je pense que je chanterai seul ce soir. »
« Vraiment ? Est-ce que tu penses à une chanson précise ? » Le verre est délicieux. Je n'avais pas bu de Sprite depuis des siècles. Je le fini rapidement, et Sebastian fait signe au serveur et lui indique de me resservir.
« Je ne sais pas encore. Je veux attendre de voir où la nuit nous entraine. » Sa main est sur mon genoux de nouveau, et je me rappelle du côté tentant. Nous sommes assis, regardant la foule danser quand un gars avec gilet matelassé se met à chanter du Ricky Martin. La main de Sebastian ne remonte pas plus haut que mon genou, et j'en suis presque soulagé. Presque.
« Je ne sais pas grand-chose de toi, Sebastian. » dis-je soudainement. « Nous nous sommes vu trois fois et tout ce que j'ai appris c'est que l'on se connaissait avant, que tu es attiré par moi, et que tu vas à Dalton. »
Il serre doucement mon genou. « Je n'arrête pas d'oublier que tu as manqué toute la partie apprendre-a-se-connaître dans notre relation. »
« Comment on a appris à se connaitre ? Tu as dit qu'on s'était rencontré après que j'ai changé de lycée. »
« Tu es revenu nous rendre visite à Dalton quelques mois après ton départ. J'avais tellement entendu parler de toi par les autres Warblers, donc je t'ai invité à boire un café après ça. Je voulais connaitre tes secrets pour mener au mieux le groupe. » Il boit une gorgée de sa boisson, puis marque une pause. « On se revoyait de temps en temps pour boire un café, chatter sur internet, on s'appelait une ou deux fois par semaine. On parlait surtout de musiques ou de cinéma. On était tous les deux fans de Across the Universe, et tu essayais toujours de me convaincre que les Beatles étaient meilleurs que les Rolling Stones. »
« C'est évident que les Beatles sont meilleurs, » dis-je par reflexe. « Comment tu pourrais penser le contraire ? »
Il rit, révélant ses dents parfaitement blanches. « Le même vieux débat, juste un autre environnement. »
« Tu, heu… » Je mordille ma lèvre inférieure. « Tu as dit que le courant passait bien entre nous deux, avant. »
« J'aime penser que c'est toujours le cas, » dit-il, en caressant l'intérieur de ma cuisse avec son pouce. Je réprime le frisson de plaisir que je ressens.
« Si le courant passait si bien, alors pourquoi étions-nous juste amis ? »
Son pouce ne bouge plus. « Tu ne cherchais pas un petit-ami. » Parce que j'avais déjà un petit ami, je ne rajoute pas. Je me demande si Sebastian et Kurt savait l'un pour l'autre. « C'était dommage. Je t'appréciais vraiment beaucoup. C'est toujours le cas, d'ailleurs. »
Je fini mon cocktail et il y en a déjà un autre qui m'attend. Entre le sucre et l'alcool et le pouce de Sebastian qui recommence ses caresses délicates, je me sens bien. Calme. Il n'y a aucun signe de l'infâme Dave, et personne d'autre ne semble nous prêter attention.
« As-tu réfléchi à ce que tu feras l'année prochaine ? » demande-t-il.
« Tu veux dire quelle université ? »
« Oui. Tu es en terminale, maintenant, non ? »
« Oui, c'est ça. J'ai postulé pour pleins d'écoles. Et toi ? »
Il acquiesce. « La plupart de mes candidatures sont pour janvier, donc je finalise mes dissertations pour l'instant. Mon premier choix est Dartmouth. »
« C'est une bonne école. »
« Je sais. Où penses-tu aller ? »
New York, je pense soudain, et je peux sentir le léger poids de la bague contre mon torse. « Ca dépend où je serais pris. » Mes paupières commencent à être lourdes. Je me frotte la nuque, le bout de mes doigts se prend dans la chaîne de mon collier. La bague se déplace lentement contre ma peau. « Je crois que… qu'il y avait plus qu'un goutte d'alcool dans le Sprite, Sebastian. »
« Je devais bien trouver un moyen pour que tu te détendes, » murmure-t-il. « Tu es toujours si tendu quand on est tous les deux. Parfois, je ne sais même pas pourquoi tu sors avec moi. Est-ce que tu ne m'apprécie pas, Blaine ? »
J'aime la façon dont sa main se place sur mon genou de nouveau. Mais pas autant que j'aime ce que je ressens quand Kurt est dans mes bras. Tout est confus. J'aimerais que Kurt soit là. J'aimerais savoir où est l'endroit de l'envers.
« Ok, » retentit une voix au micro. « Accueillons chaleureusement notre prochain courageux chanteur ce soir, Blaine Anderson ! »
Je regarde Sebastian, paniqué et il rit. « Tu as inscrit mon nom ? »
« Allez, vas-y champion, » dit-il en poussant mon épaule. « Tes fans éplorés t'attendent. »
Encore sous le choc, je titube jusqu'à la scène, l'alcool endormissant mes membres et mon esprit. La foule m'applaudit tandis que j'approche de la scène. Il y a un homme près du micro qui me hisse sur la scène et me montre un écran où les paroles vont apparaitre.
« Attendez, qu'est-ce que je chante ? » je demande, mais les premières notes se font entendre et je souris, rassuré en reconnaissant l'air. C'est une de mes chansons préférées des Beatles. Je ferme les yeux puisque je n'ai pas besoin de lire les paroles, et je commence à chanter.
Blackbird singing in the dead of night
Take these broken wings and learn to fly
All your life
You were only waiting for this moment to arise
Et tout à coup, je sens la sensation familière de cette magie qui s'empare de moi. Les visions sont tellement claires, même plus nette que la réalité. Mais pour la première fois, ce ne sont pas des visions de quelque chose qui est arrivé avant l'agression. Pour la première fois, c'est juste moi, qui me souviens.
J'aperçois un garçon magnifique assis seul dans un café, et j'ose aller vers lui pour me présenter.
Blackbird singing in the dead of night
Take these sunken eyes and learn to see
Je ris de bon cœur tandis qu'il glisse sur la glace dans mon allée chaussé de chaussons bien trop grands. Je l'encourage tandis qu'il tape sur des taupes en plastique avec un maillet.
All your life
You were only waiting for this moment to be free
J'enfonce mes doigts dans ses cheveux tandis que l'on se bécote sur le siège arrière de sa voiture, et il gémit lorsque la chaleur et la passion et autre chose brûlent ardemment entre nous deux.
Blackbird, fly
Blackbird, fly
Into the light of the dark black night
Je partage un pique-nique pour dîner avec lui dans une vieille cabane bancale. Il me regarde avec des yeux brillants et m'essuie le coin de la bouche avec une serviette. Son visage est magnifique à la lueur de la lune.
Blackbird singing in the dead of night
Take these broken wings and learn to fly
All your life
Il est dans mes bras sur une luge au sommet d'une pente raide, et j'ignore le froid glacial et mes pieds trempés et la pente vertigineuse devant nous. Avec lui, je me sens comme chez moi. Avec lui, je suis au septième ciel.
You were only waiting for this moment to arise
You were only waiting for this moment to arise
You were only waiting for this moment to arise
Je termine la chanson et j'ouvre les yeux, surpris qu'ils soient remplis de larmes. La foule m'acclame et je suis soulagé.
Je suis amoureux de Kurt.
J'aime son esprit et son enthousiasme, sa beauté et sa compassion. J'aime comment je me sens quand je suis avec lui, et je déteste être sans lui. Je veux m'endormir chaque soir avec son corps contre le mien. Je veux me réveiller à ses côtés demain, et après-demain, et le lendemain encore. Je veux tout avec lui.
A toi pour toujours, Kurt.
En trébuchant, je descends de la scène et me dirige vers le bar. Sebastian m'attend, avec un immense sourire, et je lui rends son sourire. « Je suis amoureux ! » dis-je en arrivant près de lui.
Il rigole affectueusement. « Après trois rendez-vous ? »
« Non, c'est Kurt, je suis amoureux de Kurt ! »
Je suis tellement occupé à bercer mon Sprite que je manque presque sa faible réponse. « Tu… tu as retrouvé la mémoire ? »
« Non, » dis-je joyeusement puis je descends le reste de mon verre. « Non ! Je veux dire, oui, quelques morceaux ici-et-là, mais ça n'a pas d'importance, parce que je suis amoureux de Kurt ! Je l'aime ! Je n'ai même pas à me souvenir de toute l'histoire entre nous deux, je l'aime maintenant et je voudrais qu'il soit là, tu comprendrais si tu le connaissais, et est tellement— »
« Arrête. Arrête. » Il se frotte le menton avec la main. « Comment tu connais Kurt, d'ailleurs ? »
« On sort ensemble depuis deux semaines. »
« En même temps que tu sors avec moi ? »
Oh. Je me tourne pour regarder Sebastian, honteux. « Je suis vraiment désolé. Il avait cette règle ou je devais sortir trois fois avec quelqu'un d'autre… »
« Tu es sorti avec moi à cause d'une règle à lui. »
« Oui. »
« Pour que tu ailles à trois rendez-vous. »
« Oui. »
« Donc ce soir… c'était fini, » termine-t-il en colère. « Apres ce soir, je n'allais jamais te revoir. »
« Eh bien, on pourrait être amis— »
« Tu me faisais marcher depuis le début. »
Mon cerveau est bloqué. Sebastian a un verre d'eau glacé devant lui, donc je le prend et le bois cul-sec en espérant mettre mes idées au clair. Ce n'est que quand j'ai fini d'avaler que je me rends compte que ce n'était pas du tout de l'eau. « Beurk, c'est quoi ? Ca a le gout d'alcool à brûler. »
« Tu m'as fait marcher, » insiste-t-il.
Je remarque quelqu'un sur ma droite, et je me tourne pour voir M. Blondinet et M. Grain-de-Beauté debout à coté de nous. Ils ont des noms. Des noms comme… euh. Ok, je n'ai aucune idée de leurs noms.
« Qu'est-ce qu'il se passe ? » demande M. Grain-de-Beauté avec prudence.
« Blaine ici présent dit qu'il est amoureux de Kurt Hummel, » répond sèchement Sebastian, et j'ouvre de grands yeux, surpris.
« Tu connais Kurt ? »
Le regard de M. Blondinet passe de lui à moi. « Peut-être que tu devrais partir. »
Je prends mon téléphone pour regarder l'heure. Il est déjà 22h45 – mon taxi devrait bientôt être là. La pièce commence à tourner, et dans un moment de lucidité, je compose le numéro de la compagnie de taxi. « Allo ? Bonsoir. Mon nom… est Blaine. J'ai demandé un taxi. Est-ce que vous vous souvenez ? »
« Blaine Anderson ? »
« Oui. »
« Oui, monsieur, que puis-je faire pour vous ? »
« Ok, vous voyez, ok, le truc c'est… j'ai bu, en quelque sorte. Je suis un peu saoul. Pour être honnête. »
« Je comprends. Je viens de vérifier le GPS de votre taxi, et votre chauffeur vous attend déjà dehors. Est-ce que cela vous aide monsieur ? »
« C'est génial. Vous… êtes géniale. » M. Grain-de-Beauté chuchote quelque chose à Sebastian, qui le repousse énervé. « Ok, voilà le truc. Il m'emmène aux appartements Wiltshire, mais c'est bien à une bonne demi-heure d'ici. Je ne sais pas dans quel état de conscience je serais le temps qu'on arrive… »
« Je suis sure que votre chauffeur sera ravi de vous aider à rentrer. Quel est votre numéro d'appartement ? »
« C'est le 309. Et le code pour entrer dans l'immeuble est 23069. »
« Je vais lui transmettre l'information de suite. Merci d'avoir choisi les taxis Cardinal, M. Anderson. »
« Merci à vous d'être si géniaux. » Je raccroche, et Sebastian se penche pour saisir mon poignet.
« Blaine, s'il te plait, » supplie-t-il. « Ne fais pas ça. Tu ne m'as même pas donné une vraie chance. »
« Je suis vraiment désolé. Crois-moi. »
« Alors continue de sortir avec moi jusqu'à ce que tu apprennes à me connaitre. Si tu as besoin de sortir avec Kurt en même temps, alors d'accord. »
Je secoue la tête. « Je suis amoureux de lui— »
« Apres deux semaines ? » dit-il subitement. « Tu peux tomber amoureux de quelqu'un si rapidement ? Alors si je t'avais rencontré il y a un mois, tu serais avec moi, et Kurt ne serait pas un problème ? »
J'ai du mal à savoir s'il a raison, mais je n'ai plus aucune logique. Le verre que j'ai bu d'un trait fait son effet. « Je dois y aller. »
« Tu dois me donner une chance, c'est ce que tu dois faire, » insiste-t-il. M. Blondinet pose une main sur son épaule, et Sebastian lâche mon poignet pour le repousser. J'en profite pour me lever, en m'agrippant au bar pour ne pas retomber.
« Je suis désolé de t'avoir blessé. Ce n'était pas mon intention. »
M. Grain-de-Beauté se place doucement entre nous deux, ce qui me laisse le temps de m'échapper. Je me dirige d'un pas titubant vers la sortie, rassuré de voir mon taxi m'attendant juste devant comme la dame géniale l'a dit. Le chauffeur m'aperçoit, sort de sa voiture et se dépêche de venir m'aider.
« Doucement, » dit-il. « Allez, petit, on va t'installer sur le siège arrière. »
« Est-ce que vous avez eu mon message ? »
« Pour t'aider à entrer dans ton immeuble ? Bien sûr. Aucun problème. » Il passe un bras assuré autour de mes épaules pour me diriger vers la voiture. « Combien de verre tu as bu, gamin ? Je t'ai déposé ici il y a deux heures à peine. »
« Je n'ai bu qu'une bière. » Je ris dès que je le dis, car on peut tellement deviner mon mensonge.
« D'accord, nous y voilà. Allonges-toi et essaies de ne pas vomir, ok ? »
« Je suis amoureux, » dis-je avec un grand sourire, et pour la première fois depuis mon épiphanie, quelqu'un semble heureux pour moi. Il me sourit et ferme la porte puis se dirige à la place du conducteur.
En douceur, le taxi sort du parking et se dirige vers l'autoroute. Les vibrations du moteur me bercent. Me donne la nausée aussi, mais ce ne serait pas sympa de vomir dans le taxi de ce si gentil chauffeur. Je ferme les yeux, le sourire aux lèvres.
Je suis amoureux.
Je me réveille sur le canapé de Rob, la bouche pâteuse et la vessie prête à exploser. Je me précipite aux toilettes, lève le siège et vide ma vessie pendant au moins une minute en posant mon front contre le mur. Beurk, je me sens pire que tout. Je me lave les mains et prend de l'aspirine dans la pharmacie. Rob n'a que des gobelets en plastique dans sa salle de bains, alors j'en rempli et re-rempli un jusqu'à étancher ma soif. Puis je prends ma brosse à dents et frotte mes dents et ma langue jusqu'à ce que je n'aie plus ce goût infect dans ma bouche.
En me frottant les yeux, je retourne dans le salon, me jette sur le canapé la figure dans un coussin. Les rideaux sont tirés donc je ne suis pas sûr de l'heure qu'il est, mais j'apprécierai de dormir un peu plus. Je veux m'assurer de ne pas avoir la gueule de bois quand je—
Oh mon Dieu.
Mes yeux s'ouvrent immédiatement quand je réalise.
Je n'ai pas appelé Kurt hier soir.
