Bonjour à toutes et à tous!

Après dis jours de 'vacances' me revoilà pour vous apporter la suite de votre fanfiction.

Comme toujours votre chapitre est relu et corrigé par Polala, merci à elle!

Pour ceux qui se demandent si il y aura une suite à "Monsieur", la réponse est oui. C'est juste que j'ai d'autres soucis IRL qui me prenne pas mal de temps et j'ai toujours privilégié cette fanfic aux autres.

Je tenais à remercier mes lecteurs et ceux qui laissent des reviews. Ces dix derniers jours j'ai eu la surprise de voir que vous étiez de plus en plus nombreux et ça me fait plaisir, vraiment.

Voilà, sur ceux je vous souhaite une bonne lecture et à bientôt!


Chapitre 10 – Rapprochement

— Allez, viens à Pré-au-Lard avec nous. Evan nous invite à boire une dernière fois avec lui avant qu'il ne quitte l'école.

Severus, qui grattait méthodiquement son parchemin de Défense Contre les Forces du Mal consacré aux vampires, fit mine de ne pas l'avoir entendu. Cela faisait déjà plusieurs jours qu'Avery et lui, Mulciber, le pourchassaient au travers du château pour lui parler de ce que lui considérait comme un problème : le pot de départ que Rosier voulait donner à Pré-au-Lard et qui avait dû être avancé en raison du décalage des dates des examens pour permettre à un seul groupe d'examinateurs de venir, à la fois pour les BUSE et les ASPIC. Cette nouvelle organisation visait essentiellement à garantir la sécurité des étudiants en veillant à ne pas faire rentrer dans le château des sorciers sous Imperium ou ayant des penchants connus pour Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom et à limiter le nombre de va-et-vient entre le Château et l'extérieur, Pré-au-Lard compris.. Évidemment, tout cela sous-entendait la présence d'aurors – certains prétendaient même que Maugrey, le balafré qui faisait souvent la une de la gazette pour ses faits d'armes, viendrait.

— Et ma présence est impérative ? finit par demander Severus en levant les yeux de son parchemin pour jeter un regard contrarié à Mulciber.

— J'aurais plutôt dit 'appréciée', répondit l'autre avant de se taire un court instant en voyant le regard que la bibliothécaire lui lançait. Tu sais qu'il t'apprécie et puis sa famille est importante. Oublie un peu qu'il peut être le dernier des crétins et viens.

Oublier que Rosier était le dernier des crétins était sans doute plus facile à dire qu'à faire tant l'estime du jeune homme avait diminué pour son camarade de septième année, mais le reste des arguments de Mulciber raisonnait curieusement bien mieux.

— Qui viendra ? demanda-t-il alors.

— Moi, Avery, Scabior, peut-être Regulus, énuméra-t-il.

Severus sourit, Rosier n'avait pas d'amis en dehors des sixième année et de Regulus, encore que, pour ce dernier, il y avait de quoi douter. Si lui avait continué de parler avec Rosier, le cadet des Black avait été beaucoup moins enclin à la discussion. Il fallait bien avouer que, de manière générale, il ne parlait plus à beaucoup de monde non plus. Tout juste avait-il consenti à rester parfois, dans le silence des études, avec le groupe mais guère plus de quelques heures par semaine. Severus avait vu Regulus un peu plus que les autres parce que le cadet des Black avait attiré son attention avec l'occlumantie et il avait décidé de s'entraîner. Alors parfois, Regulus daignait lui servir de cobaye. Au début, Regulus perçait ses barrières. Il avait eu la sensation que le frère de Sirius avait pu voir certains de ses souvenirs mais, au lieu de piocher dans son esprit, dès qu'il voyait que les barrières de son camarade tombaient, Regulus stoppait l'intrusion. Il y avait chez le frère de Sirius une pudeur assez amusante.

Cependant, les intrusions de Regulus n'avait pas duré longtemps. Très vite, il avait su se concentrer pour être impénétrable. Et quelques fois il avait réussi, lui, à rentrer dans l'esprit de l'adolescent. Il y avait aperçu Sirius jeune. Walburga aussi. Et puis un homme avec une voix douceâtre. Était-ce un serpent près de lui ? L'homme avait levé sa baguette et un éclair vert en était sorti. Et puis Regulus avait repris le contrôle. L'avait-il un jour vraiment perdu ? N'avait-il pas souhaité lui montrer ce qu'il avait vu ?

— Bon tu viens ou pas ? s'énerva Mulciber.

Sortant de ses pensées, Severus lui répondit :

— Oui.

Le visage de l'autre s'illumina.

— Génial, ça faisait longtemps ! En plus Rosier pensait que tu ne viendrais pas. Tu n'as pas remis les pieds à Pré-au-Lard depuis... l'année dernière.

Ça, il le savait. Il n'avait pas besoin que Mulciber le lui rappelle. Il n'était pas retourné à Pré-au-Lard depuis que Lily l'avait rejeté. Il n'était pas retourné non plus à un match de Quidditch, sauf sous la pression des autres et uniquement pour voir Serpentard jouer. Et là, il allait faire pareil : retourner quelque part, non pas parce qu'il en avait envie, mais parce qu'il y était contraint.

— Ah oui... encore une chose. Evan a précisé que ça ne serait pas au Chaudron Baveur, mais dans le pub un peu étrange, la Tête de sanglier. Des fois que tu ne fasses pas tout le chemin avec nous.

Mulciber lui lança un regard qui avait l'air de dire : Je me doute bien que tu n'as aucune envie de te retrouver avec Rosier trop longtemps, mais Severus se contenta de hocher la tête.

Comme convenu, le jour dit, Severus enfila sa cape et se dirigea dans le parc, vers le village de Pré-au-Lard. Il ne prêta pas attention à la remarque du concierge sur le fait qu'il ne l'avait pas vu plus tôt cette année. Et il ne s'énerva pas non plus lorsque le même homme regarda à deux fois dans la liste pour être bien sûr que Severus T. Rogue y figurait. Non, ce jour-là, il était dans ses pensées. Il avait passé sa soirée dans la salle sur demande à essayer potions et sortilèges divers. Tout avait été pour le mieux. Il avait eu l'impression de survoler tout ça.

Il avançait en pensant encore aux couleurs qu'avaient pris la mixture dans le chaudron lorsqu'il les vit. Là, devant lui. Il y avait Black, Potter, Lupin, Pettigrew, mais il y avait surtout Lily. Lily et cette sotte de Marie.

Il semblait que Potter ait dit quelque chose de drôle puisque tous riaient en le regardant. Potter et ses blagues. Comment Lily pouvait-elle rire avec lui ? Avait-elle oublié qu'il la dégoûtait ? Avait-elle oublié le nombre de fois où elle l'avait critiqué près de lui ? Pire qu'un gosse..., Dernier des crétins., Plutôt le poulpe du lac que lui... Et voilà qu'elle riait près de lui. Que faisait-elle avec lui ? Était-ce cette Marie ? Oui, il l'avait souvent vue regarder Black avec des yeux de merlan frit, comme la plupart des filles du Château, le côté sombre et ténébreux, un peu rebelle sans doute.

James Potter s'approcha de Lily et posa sa main sur le dos de la jeune fille. Un de ces gestes qui auraient pu passer pour de l'amitié, de la camaraderie. Oui, mais le Serpentard qui assistait à la scène malgré lui, ne supportait pas cette vision. James Potter, qui n'avait jamais caché ses sentiments pour Lily, posait sa main dans son dos. Rien que cette pensée lui aurait donné la nausée, alors être spectateur malgré lui de ce moment était insupportable. Il sentit la colère l'envahir et serra instinctivement les poings et les dents. Tous ses muscles se tendirent sous la colère. Enfin, il plongea la main sous sa cape à la recherche de sa baguette magique. Il l'aurait sans doute sortie si une main ne s'était pas posée sur son épaule alors qu'il en effleurait le manche.

Surpris, il se retourna.

— Severus ! s'exclama Avery. J'étais sûr que c'était toi ! Enfin comment me tromper, tu as une silhouette reconnaissable entre toutes.

Le Serpentard toisa l'autre garçon un instant, évitant de lui demander en quoi sa silhouette était plus reconnaissable qu'une autre. Il connaissait la réponse. Même les première année de Gryffondor s'amusaient à murmurer : C'est la chauve-souris de Serpentard. On raconte même que c'est un vampire ! Cette rumeur était allée en grandissant cette année et il supposait que les Maraudeurs n'étaient pas étrangers à tout ça. Mais évidemment, quand on avait son physique, pouvait-on vraiment reprocher aux autres élèves de le prendre pour une de ces horribles créatures de la nuit alors même que Dumbledore acceptait les loups-garous dans l'école ?

— Rosier doit déjà nous attendre. Il était tellement impatient qu'hier il n'est même pas resté en salle commune. Tu viens avec nous ?

Ce 'nous' contenait en fait Avery et Mulciber mais ça, il n'était pas difficile de le deviner. Avant de répondre à sa proposition, Severus lança un regard vers l'endroit où s'était tenu le groupe des Gryffondors quelques instant auparavant, mais ils n'étaient plus là. Ils avaient continué à avancer et devaient se trouver déjà dans le village, au milieu des autres élèves. Le Serpentard soupira. Une part de lui remerciait les deux autres d'être venus pour lui éviter de faire une bêtise – tenter de se battre contre quatre Gryffondors devant Lily était tout bonnement idiot – mais l'autre partie réclamait vengeance. Il réussit à se calmer en se convaincant que tout viendrait à point. N'avait-il pas déjà l'idée ? Il sourit à la pensée de ce qu'il avait trouvé en travaillant dans la Salle sur demande. Peut-être que tout cela ne serait pas vain et peut-être même qu'un jour Lily reviendrait vers lui. Le jour où elle comprendrait qu'il était le plus puissant.

Il fit signe aux deux autres qu'il les suivait et le trio de vert et argent s'engagea dans le petit village de sorciers, vers la taverne mal famée à l'enseigne porcine qu'avait choisi leur camarade pour leur faire ses adieux.