Après le déjeuner, Alex et Nina avait encore deux heures de cours et Juliette les accompagna jusqu'à leur salle de classe. Le seul incident notable pendant le trajet fut lorsqu'en tournant à une intersection, les trois filles se retrouvèrent face à face avec un adolescent brun, qui sursauta en les découvrant devant lui. Juliette et Nina lancèrent une excuse tandis qu'Alex se contentait de le contourner sans y prêter attention.
— Tu vas faire quoi ? demanda la plus petite du trio à l'aînée Duval juste avant d'entrer dans la classe.
— Me réfugier à la bibliothèque et lire un bouquin en attendant que vous ayez fini, répondit son aînée en faisant la moue. Je viendrais vous chercher devant votre salle ?
Sa sœur hocha la tête et après lui avoir fait un signe de tête, elle suivit sa meilleure amie dans la pièce. Il y avait déjà quelques élèves dans la classe, dont Scott, Allison et Stiles, assis au dernier rang. Alex était décidé à les ignorer, toujours vexée d'avoir été poussée par le loup garou, tandis que Nina estimait qu'il était préférable de ne pas trop observer le fils du shérif si elle voulait garder le contrôle de ses émotions. Mais la chasseuse interpella la cadette Duval :
— Est-ce que je peux te faire lire l'introduction que j'ai rédigée pour notre travail de chimie ? s'enquit-elle.
— Bien sûr, fit semblant de s'enthousiasmer Alex, alors qu'elle n'en avait strictement rien à faire.
Alors qu'elle se rapprochait d'Allison, Scott lui lança :
— Pourquoi est-ce que tu as crié « Mais qu'est-ce que fait Scott ? », ce matin, juste avant qu'Erica ne tombe ?
La cadette Duval fronça les sourcils.
— J'ai dit ça, moi ?
— Oui, affirma le loup garou.
— Tu es certain que je n'ai pas plutôt dit un mot qui ressemble à « Scott » ? Du genre « Mais qu'est-ce que tu fais idiote ? »
Le garçon fronça les sourcils, un peu surpris.
— Euh, non, tu as bien dit mon prénom. J'en suis sûr.
— Oh, je ne m'en souviens pas. C'est sûrement parce que j'ai été violemment poussée et qu'en tombant, je me suis cognée la tête. Le choc m'a certainement fait perdre quelques souvenirs, grinça Alex.
Scott fit une grimace navrée.
— Désolé. Mais je pensais surtout à sauver Erica …
— Ouais, ouais, grommela la jeune fille avant de se pencher sur la feuille qu'Allison avait sortie de son sac, afin de couper court à la discussion.
Elle survola l'introduction rédigée par la chasseuse et la félicita, même si elle n'avait pas tout saisi.
— C'est génial. Je trouve que ça sonne bien. D'ailleurs, j'ai bossé moi aussi, j'ai fait les exercices.
Alex sortit la feuille que sa sœur lui avait donnée et la tendit à la chasseuse.
— Bon, là, c'est le brouillon, évidemment. Et il faudrait peut-être que tu y jettes un coup d'œil, pour vérifier qu'il n'y a pas d'erreurs. Je me suis relue, mais on ne sait jamais … Vaut mieux un deuxième regard.
— Pas de problème. Si tu veux, je me charge de recopier ce que tu as fait ? proposa Allison. Comme ça, je vérifierai les résultats.
— Ok, ça me va ! s'exclama Alex qui n'allait pas cracher sur du travail en moins.
Alors que Nina prenait grand soin de ne pas regarder vers Stiles, l'adolescent intervint :
— Ca me fait penser qu'il faudrait qu'on le fasse, notre devoir …
La jeune fille mit un instant à réaliser que le fils du shérif s'adressait à elle. Il la fixait avec un sourire avenant, elle ne pouvait pas donc ignorer que c'était à elle qu'il parlait, mais quelque chose dans son regard indiquait qu'il se méfiait un peu d'elle, comme s'ils ne se connaissaient pas si bien que ça et que c'était la première fois qu'ils travaillaient ensemble.
Evidemment, ce détail ne sembla pas d'une bien grande importance à la plus petite du trio qui se focalisa seulement sur le fait que le garçon la regardait. Elle rougit immédiatement et ne sut quoi dire.
— Oh, non. Encore tes allergies ? demanda Alex sur un ton où l'ironie était à peine voilée.
Sa meilleure amie hocha vivement la tête mais réussit à croasser :
— On est ensemble pour le … ?
— Ouaip ! confirma Stiles. Je ne sais pas trop ce qui a pris Harris mais vu qu'il a décidé de nous imposer les binômes pour une fois, nous voilà obligés de travailler ensemble. Enfin, ça me dérange pas moi. J'espère juste que tes allergies ne sont pas contagieuses.
Sa plaisanterie fit de nouveau rougir Nina, qui ne sut quoi dire. Une fois n'est pas coutume, Alex vola à son secours :
— Pourquoi vous ne faîtes pas ça cet après-midi, après les cours ? Plus tôt ce sera fait, plus tôt vous en serez débarrassé.
Au lieu de fondre en remerciements, sa meilleure amie lui lança un regard affolé. Scott intervint :
— C'est pas possible aujourd'hui. On va à la patinoire.
— Vous n'avez qu'à venir avec nous, proposa Allison. On aura la patinoire pour nous tous seuls.
Les deux garçons jetèrent un regard interloqué à la jeune fille. Alex et Nina comprirent qu'ils étaient surpris par sa proposition, étant donné que la chasseuse et le loup garou n'étaient plus en couple et n'étaient pas censés passer du temps ensemble.
— Ce sont des amies, insista l'adolescente en fronçant les sourcils. Elles peuvent bien venir à une sortie entre amis.
Allison avait particulièrement insisté sur le dernier mot de sa phrase. La cadette Duval la soupçonnait de les inviter dans le but de ne pas contrarier les dernières personnes qui acceptaient encore de lui adresser la parole.
— On sera ravies de venir, assura Alex. Ca ne vous dérange pas si ma sœur vient aussi ?
— Bien sûr que non, affirma la chasseuse.
— Plus on est de fous, plus on rit, lança Scott après avoir échangé un regard avec Stiles.
Ce dernier ne fit aucune réflexion, mais on voyait à l'expression de son visage qu'il n'était pas ravi de la tournure des éléments. Il se garda cependant de faire le moindre commentaire, ce qui devait lui coûter, et prit sur lui pour retrouver un visage impassible.
Comme la classe était maintenant presque pleine et que leur professeur venait d'entrer, les deux amies s'installèrent au premier rang, là où il y avait encore de la place.
— Je te déteste, siffla Nina.
— Oh, c'est vrai ? fit semblant de s'inquiéter Alex, en posant une main sur son cœur.
— Non, je t'adore, bougonna sa meilleure amie. Mais t'abuses. Tu fais semblant de m'aider alors qu'en fait, tu m'enfonces !
— Et moi qui croyais t'avoir donné été utile … soupira la cadette Duval. Donnez un coup de main à vos amis et voyez comment ils vous remercient ! La prochaine fois, je me tairai !
— Ca vaudra sûrement mieux, grogna Nina.
Un sourire effleura les lèvres d'Alex. Finalement, si on mettait de côté le somnambulisme de sa sœur, le comportement étrange de sa meilleure amie et le fait qu'elle se sentirait tout de même plus en sécurité chez elle, elle s'amusait comme une petite folle à Beacon Hills.
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Nina avait fini par admettre qu'Alex avait plutôt bien manœuvré, étant donné qu'elle avait réussi à les faire inviter à la patinoire avec leurs héros préférés. Elle avait par contre souligné le fait que c'était Allison qui avait lancé l'invitation, ce à quoi sa meilleure amie avait répondu que c'était grâce à sa gentillesse et son investissement dans le devoir de chimie que la chasseuse leur avait proposé de venir. Nina n'avait pas pu se retenir de rire et s'était fait reprendre par l'enseignant. Elle avait cependant échappé à la retenue et était désormais excitée à l'idée de sortir, même si elle allait avoir des difficultés à soutenir le regard de Stiles.
Juliette attendait devant la classe, adossée au mur, les mains dans les poches et sembla surprise de voir Alex et sa meilleure amie sortir en discutant avec Allison, suivie de près par Scott et Stiles.
— On va à la patinoire ! s'enthousiasma la cadette Duval en apercevant sa sœur.
— Ah bon ? s'étonna son aînée. Bin, cool alors.
Alors que la plus âgée du trio s'apprêtait à suivre sa sœur, une main s'abattit sur son épaule et elle se retourna en sursautant. Matt lui adressa un sourire un peu gêné et lui demanda :
— On peut parler ?
— Euh … Ouais, fit Juliette en se concentrant pour ne pas bégayer. Ouais, mais pas là, je suis pressée et …
— C'est important, insista le photographe.
La jeune fille déglutit et se tourna vers sa sœur, qui l'attendait.
— Allez-y, je vous rejoins après, lança-t-elle.
Alex fronça les sourcils mais n'insista pas. Elle rattrapa le reste du groupe et son aînée la regarda s'éloigner avant de se tourner vers Matt. Elle se força à lui sourire.
— Bon, tu voulais me dire quoi ?
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Juliette fixait le bout de ses pieds. Matt et elle étaient allés s'asseoir sur un banc devant le lycée. Ils restaient tous les deux silencieux et la jeune fille ne savait pas comment engager la conversation. Le photographe finit par se lancer :
— Je … Je voulais que tu m'expliques ce que tu voulais dire, hier soir ?
L'étudiante battit des cils, ne comprenant pas sa question.
— Hier soir ? répéta-t-elle.
— Oui, sourit froidement Matt.
— Tu sais … commença prudemment Juliette. Je suis un peu somnambule, alors je dis des trucs sans vraiment m'en rendre compte …
— Tu as insinué que j'étais le plus grand danger de Beacon Hills, déclara le photographe.
La jeune fille sentait un piège se refermer sur elle. Son cœur s'accéléra soudainement et son estomac se serra. Elle chercha néanmoins à garder un air décontracté et se força à rire :
— Ah bon ? Haha, c'est marrant que j'ai dit ça …
Devant le regard sérieux de Matt, elle arrêta de rigoler et toussota :
— Ecoute, je ne me souviens pas très bien de ce qu'il s'est passé et … Je ne me rappelle absolument pas avoir dit ça. Si ça se trouve, je te prenais pour un méchant que j'avais vu dans un film et … Ou si ça se trouve, je me suis mal exprimée et tu as compris de travers ce que je voulais dire.
Juliette sentit qu'elle n'avait pas convaincu le garçon, au vu de la moue dubitative qu'il affichait.
— Je crois que tu en sais plus que tu ne veux l'avouer, annonça-t-il, dardant un regard perçant sur l'étudiante.
La jeune fille décida de changer de tactique. A trop réfuter ce que disait le photographe, elle allait finir par se trahir. Elle décida donc de rentrer dans son jeu et de lui faire avouer ce qu'il savait déjà.
— Et moi, je crois que c'est toi qui en sais plus que moi, lança-t-elle d'un ton accusateur. Et j'ai l'impression que tu essaies d'enquêter sur moi pour voir si je peux t'apprendre des trucs !
— Quoi ? Mais non ! Tu divagues … protesta Matt.
Juliette secoua la tête.
— Je ne suis plus aussi souvent à Beacon Hills qu'avant, mais Alex me parle beaucoup de ce qu'il se passe, inventa-t-elle en faisant référence à ce qu'elle avait appris sur son rôle dans l'univers de Teen Wolf. Il y a eu pas mal de morts, ces derniers temps, et pour une petite ville comme la nôtre, les chiffres sont énormes. En plus, les affaires n'ont pas vraiment été résolues, parce que moi, je ne crois pas à la théorie de Kate Argent en super-psychopathe. Alors, peut-être que toi, tu connais des trucs qui n'ont pas été rendu officiels. Et c'est pour ça que tu essaies de me relier à tout ça.
Matt avait perdu son air surpris pour le remplacer par un sourire amusé.
— Tu sais que tu as beaucoup d'imagination ? se moqua-t-il. Je ne sais rien de plus que ce qui a été écrit dans les journaux, je suis juste surpris par ce que tu m'as dit.
— Et moi, je crois que c'est toi qui a de l'imagination, se vexa Juliette. Tu es allé t'inventer que je pensais que tu étais une menace alors que quand on te regarde, on s'aperçoit tout de suite que tu n'as absolument pas la tête de l'emploi !
La jeune fille baissa les yeux. Elle avait totalement raison. Le photographe semblait plutôt innocent quand on ne savait pas qu'il complotait avec le kanima pour éliminer tous ceux qui avaient manqué le tuer, lorsqu'il était enfant. Mais dès lors qu'on savait qu'il était consumé par son désir de vengeance, on ne pouvait s'empêcher de remarquer son air froid et calculateur. Ou en tout cas, c'était ce que l'étudiante ressentait en le regardant.
Matt émit un petit rire et se passa la langue sur les lèvres.
— C'est vrai que je ne suis pas très dangereux … Je ne serai pas capable de faire du mal à une mouche, même si je le voulais.
Juliette pencha la tête sur le côté. Etait-ce une note de regret qu'elle entendait dans la voix du garçon ? Son regard était-il voilé par la tristesse ? Imaginait-elle tout ça parce qu'elle adorait Stephen Lunsford, l'acteur qui incarnait Matt ? Ou cherchait-elle une trace d'humanité chez un personnage qu'elle appréciait ?
Décidée à en savoir plus, elle posa sa main sur celle du photographe et murmura :
— Tu sais, si t'as un truc à me dire, tu peux te confier à moi. Je ne te jugerai pas. Et j'aurais peut-être une solution à te proposer. Après tout, je fais du droit.
Le garçon la fixa un long moment, ce qui mit la jeune fille mal à l'aise. Elle lui lâcha la main et frotta ses deux paumes l'une contre l'autre. Puis, Matt finit par dire :
— Est-ce qu'il y a une loi qui m'interdit de te réclamer ma veste ?
Juliette resta un instant interdite avant de se souvenir qu'elle portait toujours le blouson du photographe. Elle le fit glisser de ses épaules et le tendit d'un air bougon au garçon.
— Tiens ! Merci de ta grande bonté …
L'adolescent se leva du banc et lui lança :
— De rien. Et si tu te balades de nouveau la nuit, fais attention à toi. Je ne serais pas toujours là pour te récupérer sur le bord de la route.
Le sourire qui s'épanouissait sur son visage irrita Juliette au plus haut point et elle se retint d'allonger sa jambe pour lui faire un croche-pied quand il la contourna pour s'éloigner. L'étudiante se sentait extrêmement énervée. Elle n'avait rien appris du tout sur Matt et avait l'impression de lui avoir livré plein de choses sur elle-même.
Agacée, elle ne pouvait cependant pas s'empêcher de s'inquiéter. Comment réagirait-elle si elle devait aller jusqu'à l'épisode dix de la saison ? Supporterait-elle de voir le photographe mourir ? Et si jamais elle avait empêché la rencontre entre Matt et le kanima ? Cela voulait-il dire qu'il était sauvé ? Et dans ce cas, était-ce une bonne chose ?
La tête bourdonnante de questions, Juliette se leva. Il était un peu tard pour rejoindre Alex et Nina à la patinoire. Elle décida donc de repartir à pied jusqu'à chez elle. Marcher lui permettrait de prendre un peu l'air et peut-être, d'oublier toutes les interrogations qui se bousculaient sous son crâne.
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La fin d'après-midi avait été moins pire que ce que Nina avait imaginé. Elle avait miraculeusement réussi à supporter de rester à moins de cinquante centimètres de Stiles sans s'évanouir et même sans rougir. L'adolescente n'était pas monté dans sa jeep et avait préféré choisir la voiture d'Allison lorsqu'on lui avait demandé avec qui elle voulait aller à la patinoire, mais elle était désormais rassurée : elle serait capable de bosser sur un projet de chimie avec le fils du shérif sans tomber dans les pommes.
Bon, par contre, il faudrait qu'elle tâche de ne pas trop se ridiculiser en balbutiant ou en sortant des blagues de basse qualité. Mais rester calme en sa présence relevait déjà de l'exploit pour elle et elle était plutôt fière.
Alex lui avait lancé plusieurs regards moqueurs mais n'avait pas pipé mot. Les deux filles avaient fait semblant de ne pas remarquer la complicité évidente qui liait toujours Scott et Allison et avaient pu faire connaissance avec Lydia, même si elles connaissaient déjà la jeune rousse. L'adolescente les avait détaillées du regard mais ce qu'elle avait observé devait lui plaire puisqu'elle avait été plutôt cordiale avec les deux amies.
Alex et Nina n'étaient pas très à l'aise sur des patins et restèrent d'abord près du bord, pour se tenir. Puis, une fois que Scott se fut un peu habitué à se déplacer sur la glace et eut arrêté de tomber ou de se cogner contre le bord – ce qui fit rire la cadette Duval et sa meilleure amie – Allison était venue prendre Alex par la main pour l'entraîner sur le milieu de la piste. Lydia, quant à elle, était allée chercher Nina, qui se débrouillait bien jusqu'à ce qu'elle croise le regard de Stiles, trébuche et s'étale par terre – ce qui entraîna un soupir de la part de la rousse, qui était restée debout par miracle.
Lorsque Scott et Allison s'étaient éclipsés pour se prendre en photos, la cadette Duval et sa meilleure amie avaient elles aussi quitté la patinoire pour aller s'asseoir sur les bancs.
— Ouille, s'était plaint Nina en se frottant le genou. Je me suis fait mal.
— Tu t'es bien étalée, s'était moqué Alex. C'était vraiment magnifique, tu aurais eu un dix dans la catégorie gamelle.
— Tu peux rigoler, mais tu étais tellement collée à Allison qu'elle ne pouvait plus faire un seul mouvement, avait rétorqué Nina.
La jeune fille avait ensuite lancé un regard vers Stiles et Lydia, qui patinaient ensemble, et avait soupiré.
— Elle est tellement parfaite … Je n'ai aucune chance contre elle.
— Oh, elle est rousse, ça lui fait déjà un défaut, avait lancé Alex.
En voyant le regard noir que lui décochait sa meilleure amie, l'adolescente avait levé les mains pour se défendre :
— Je blaguais. Moi, je voulais juste te remonter le moral et que tu ne te sentes pas inférieure par rapport à elle …
Nina avait haussé les épaules et sursauté en entendant le cri suraigu que Lydia poussait. Accroupie sur la glace, la jeune fille hurlait, victime d'une des hallucinations que Peter lui envoyait. Stiles était accroupi à côté d'elle et Allison avait accouru, suivie par Scott.
— Ah bah toi, au moins, tu ne cries pas comme une folle, avait soufflé Alex à l'oreille de Nina. Ca te fait un deuxième avantage par rapport à elle.
La sortie à la patinoire avait donc pris fin une fois que Lydia avait repris ses esprits et Allison avait ramené les deux amies chez elles. Juliette avait envoyé par texto un plan à la plus petite du trio pour qu'elle puisse guider la chasseuse et Alex avait assuré à sa meilleure amie que si elle avait le moindre problème, elle accourrait.
Nina était donc maintenant devant sa maison, à l'apparence sympathique, même si la pelouse de la petite cour aurait mérité un coup de tondeuse. Elle inspira un grand coup et entra, prête à découvrir qui étaient ses parents. Juliette et sa sœur étaient bien tombées, pourquoi aurait-elle une mauvaise famille ? De toute façon, rien ne pouvait être pire que le père d'Isaac. La jeune fille était donc confiante lorsqu'elle ferma la porte d'entrée derrière elle.
— Y a quelqu'un ? lança-t-elle à la cantonade.
Une ombre se dessina sur sa droite et bientôt, la silhouette d'un homme mal rasé et aux cheveux en bataille apparut devant elle.
— Tu es déjà rentrée ?
— Euh, ouais. Ca fait longtemps que j'ai fini les cours, il est presque dix-huit heures, signala Nina. J'étais à la patinoire avec des amis.
— Ah, d'accord, souffla l'homme qu'elle devinait être son père.
Comme elle ne savait plus quoi dire, la jeune fille demanda :
— Maman est là ?
Le regard de l'homme se mit à briller de tristesse et Nina comprit qu'elle avait gaffé.
— Pourquoi tu me demandes ça ? Tu trouves ça amusant ? Tu as envie que je te réponde franchement ?
La jeune fille rentra la tête dans les épaules alors que son père haussait le ton.
— Ta mère est au cimetière ! Elle est morte, il y a deux putains de semaine ! Et maintenant, je suis tout seul pour élever une gamine qui n'a aucun respect pour sa mémoire.
Effrayée et choquée, Nina ne put s'empêcher de se plaquer contre le mur.
— Pardon, balbutia-t-elle d'une voix chevrotante.
Son père sembla se calmer instantanément et un air las remplaça son rictus de colère.
— Désolé de m'être énervé aussi vite, s'excusa-t-il. Tu voulais sûrement me faire réagir. Je sais que je ne suis pas un super père en ce moment, mais ça va s'arranger, d'accord ?
Nina prit sur elle pour adresser un sourire tremblotant à son père.
— Je … Je dois bosser sur un devoir de chimie, annonça-t-elle en reculant dans le couloir, espérant qu'elle prenait la direction de sa chambre.
— D'accord, acquiesça mollement son père.
Nina s'éclipsa sans plus tarder. Par chance, elle trouva du premier coup la porte de sa chambre et se jeta sur son lit. La jeune fille chercha son téléphone portable et appela aussitôt Alex.
— Allô ? lança la cadette Duval quand elle eut décroché.
— Pourquoi j'ai jamais de chance ? soupira sa meilleure amie avant de lui raconter en détail ce qu'elle venait de vivre.
