Eeeeet... j'ai eu mon bac!

...

hum, bref

Bonne lecture :)


Nuancer le Noir 10

Mardi 10 Mars 1885

« Eve ? Qu'est-ce que tu fais ? »

Tressaillant, je m'arrêtais en pleins geste. Mes chaussures dans une main, mon sac dans l'autre, j'avais essayé de descendre l'escalier sans le moindre bruit parce que…

« Chuuut Road ! Tricia se repose » je lui chuchotais furieusement. Road plissa des yeux dans ma direction, croisant ses bras avant de me suivre jusqu'au grand hall alors que je suais à grosses gouttes.

En vérité, ce n'était pas vraiment pour Tricia que j'avais fait tout ce manège, je pensais en remettant mes chaussures pour gagner du temps. Ho bien sûr, lors de ses siestes de l'après midi, je faisais attention à limiter l'ardeur souvent bruyante des jumeaux pour ne pas la réveiller, mais de là à marcher pieds nu… les murs étaient bien assez isolant comme ça, pas besoin d'en faire des couches, non plus.

Non, cette fois, c'était tout les habitants du manoir que j'avais voulu éviter. Et notamment, la jeune fille suspicieuse actuellement devant moi.

« Hum, tu voulais me dire quelque chose Road ? » je lui demandais à la limite du balbutiement en me retenant péniblement de jouer nerveusement avec mes mains.

Cela sembla comme déclencher quelque chose en elle et une étincelle de je ne sais quoi naquit soudainement dans son regard. Tout à coup, elle déplia ses mains et un grand sourire joyeux étira ses lèvres alors qu'elle sautillait vers moi. « Oui ! Je voulais que tu joues avec moi à la marelle ! Et puis après, nous pourrions faire une partie de thé avec mère ! Nous pourrions même y convier père lorsqu'il rentrera, ce serait merveilleux ! » Gazouilla-t-elle en s'accrochant à mon bras avec un regard malicieux.

Essayant de chasser de mon esprit l'image mentale, un peu dérangeante, de Sheril en train de boire du lait au miel entre Monsieur Ducky et Madame Bearry, je plaquais un sourire sur mon visage, me demandant bien comment est-ce que j'allais me sortir de ce mauvais pas.

« Cela à l'air merveilleux Road, malheureusement, j'ai déjà pris des engagements ailleurs et je ne peuaargh » je m'étouffais, mes yeux perlant de larmes dû aux ongles beaucoup trop aiguisés de la jeune fille qui s'étaient enfoncés dans mon avant bras à mes mots.

« Excuse-moi Eve, je ne semble pas bien avoir entendu, qu'as tu dis ? » demanda-t-elle joyeusement, ses ongles creusant une nouvelle fois dans ma peau malgré ma robe.

Même si je souhaitais ardemment respecter son vœux ce qui m'éviterait, au passage, douleurs physique et mentale et laisserais une Noah heureuse avec moi, ce qui était toujours un grand plus à mon humble avis, je ne le pouvais malheureusement pas.

« J'ai dis… » je commençais en priant chaque dieux de l'Egypte ancienne dont je me souvenais le nom (ayant déjà prié les dieux viking la veille…) de me venir en aide. « … que je ne pouvais pas jouer avec toaaaiiïe ! » je sifflais de douleur, les larmes prêtes à coulées. « …cette après midi, cette après midi ! Promis, je suis tout à toi ce soir ! On jouera au jeu que tu voudras, même à chat si tu veux ! »

A mes mots, elle sembla se calmer et enleva délicatement ses mains de mon bras. Des marques sanguilonentes me barraient la peau et je voyais déjà poindre un énorme bleu en forme de main.

« Promis ? » demanda-t-elle avec une voix menaçante.

« Promis ! » je jurais avec soulagement, priant pour qu'elle choisisse un jeu normal comme ceux que nous faisions généralement et pas, oh, je ne sais pas, la chasse aux humains par exemple ?

« Mais tout de même, qu'est ce que tu vas faire tout les après midi ? » dit-elle en mettant ses mains sur ses hanches. « Depuis que tu es allée chercher tes vêtements vendredi, tu disparais dès la fin du repas on ne sait où ! Tu ne nous as même pas accompagné à la messe Dimanche dernier même si tu es venu à Londres avec nous. » Dit-elle avec une moue boudeuse.

« Je vais juste voir un ami… » je répondis évasivement avant d'enchainer rapidement sur autre chose pour la distraire. « De toute façon, est-ce que tu ne devrais pas être à l'école, jeune fille ? »

«L'école est ennuyante et les autres enfants sont idiots ! De toute façon, père n'est pas là, ce qu'il ne sait pas ne peux pas lui faire de mal. Et puis de toute manière, si les jumeaux n'y vont pas, je ne vois pas pourquoi je devrais y aller ! » Grogna-t-elle, une moue boudeuse sur le visage.

Laissant échapper un rire, j'allais lui répondre lorsque des pas se firent entendre derrières nous. « Mademoiselle Eve, nous avons besoin de nous dépêcher. » dit clairement le majordome derrière moi lorsqu'il fût arrivé à notre hauteur.

« Ah, oui, merci beaucoup de me prévenir et, encore une fois Jean, appelle moi juste Eve. A toute à l'heure Road ! » Je lui dis avec un sourire avant de partir en compagnie de Jean vers la sortie du manoir.

Redressant ma gavroche pour qu'elle prenne bien tout mes cheveux, je descendais rapidement les ruelles maintenant bien connu. Arrivé au bar, je poussais la porte prestement pour m'engouffrer à l'intérieur. Laissant vagabonder mon regard, je le posais sur une table un peu plus loin. Avec un sourire, je m'approchais des joueurs et posais ma main sur l'épaule du garçon. « Hey Allen ! » je dis en aggravant ma voix.

Le garçon aux cheveux blanc me lança un sourire par-dessus son épaule avant de se tourner vers son jeu. Il hésita quelque secondes mais finalement jeta ses cartes au milieu de la table.

« On dirais que j'ai perdu… » dit il tranquillement en empochant le reste de ses gains et en se levant pour me suivre, prenant seulement le temps de saluer un garçon aux cheveux noir dans la vingtaine.

J'hochais également la tête dans sa direction et il me fit un sourire rapide en réponse.

Ce n'était pas la première fois que je le croisais. Je l'avais déjà vu le vendredi lorsque j'avais pour la première fois mis les pieds dans ce bar et je l'avais croisé chaque jour depuis en train de jouer au poker. Je me demandais bien ce qu'il pouvait faire comme travail… les après midi, on voyait souvent les gars qui jouaient avant de prendre le service de nuit et le soir, c'était les hommes qui sortaient d'un travail de jour qui fréquentaient la place.

Pourtant, peu importe l'horaire, le jeune homme aux cheveux noir était toujours là à jouer. Même le dimanche matin, il avait été présent comme à son habitude.

Laissant s'échapper ces pensées triviales, je me tournais vers Allen. « Tu aurais pu rester jouer, ça me dérangeais pas de regarder. » je lui assurais avec un sourire alors que nous nous engouffrions dans la rue.

« Non, ça va. De toute façon, j'avais déjà beaucoup gagné, mieux valait-il que je perde pour que je puisse rejouer avec eux plus tard. » Me dit il avec un sourire joyeux avant de prendre un air plus malicieux et de sortir quelques billets avec un air victorieux.

« J'ai gagné un peu plus que prévu… ça te dit une glace ? » Avec un sourire, j'hochais la tête et je le menais vers les allées supérieures.

Et voilà essentiellement comment c'était passé mes quatre derniers après-midi. Chaque jours depuis vendredi, je profitais que Jean aille ravitailler le manoir pour l'accompagné à l'allé comme au retour. De 14h à 18h, j'avais donc quartier libre pour explorer Londres de fond en comble avec Allen. Nous avions déjà trouvé notre bar préféré, celui où nous étions tout à l'heure, qui ne s'occupait pas de notre âge et permettait donc à Allen de jouer sans le moindre ennuies au poker tout en jetant les emmerdeurs dehors, mais aussi notre glacier favori, qui rajoutait toujours des copaux de chocolat sur nos glaces, et notre square rêvé, à la limite entre le quartier commerçant et l'east end.

C'était presque devenu une tradition de commencer par une glace dans le square avant d'aller explorer une nouvelle région de Londres. Et qu'est ce que c'était amusant de comparer cet ancien Londres à celui dont je me souvenais ! Une des premières choses que j'avais faite lorsqu'Allen avait proposé que l'on parcourt Londres c'était lui demander d'aller à Baker Street. Bien sur, contrairement à notre époque, il n'y avait pas de faux policier en uniforme devant le 221B Baker Street qui proposait de visiter le musée Sherlock Holmes ni de statue du grand détective, mais le voir me fit tout de même sourire, surtout lorsqu'Allen me demanda sceptiquement qu'est ce qu'il pouvait y avoir d'intéressant à cette bar d'immeubles tout à fait insipide.

Aujourd'hui, après avoir visité tout les grands monuments déjà construit qui feront la renommée de Londres, Allen avait proposé de m'apprendre quelques tours utiles.

Déjà la veille, il m'avait timidement montré comment cacher ses objets important sur soi, allant même jusqu'à m'aider à découper le talon de ma chaussure pour pouvoir y glisser quelques billets d'urgences. Puis, dans le temps qu'il nous restait, il m'avait montré les endroits où frapper pour pouvoir incapacité quelqu'un ou quel était le moyen le plus efficace de sortir de la prise d'une personne plus fore que sois.

Cependant, le programme d'aujourd'hui était un peu moins innocent : j'allais apprendre à lancer des couteaux.

Installer dans une ruelle non loin de notre bar, il sortit une paire de forte lames et me montra comment les lancer avec précision. « Je travaillais dans un cirque avant et j'ai souvent observé les artistes lorsque je nettoyais les roulottes. » m'expliqua Allen en ajustant ma prise sur le couteau. « Si tu vas dans un cirque, tu remarqueras que le lanceur peut prendre son couteau par la pointe et le faire tourner pendant le lancer. C'est bien pour impressionner la foule, mais pour une meilleure vitesse, mieux vaut les jeter directement comme ça. » dit il en attrapant le second couteau et en le lançant avec un mouvement fluide de son poignet vers l'affiche qui nous servait de cible. A une vitesse presque trop importante pour que je le suive des yeux, le couteau alla se planter profondément dans la tête du clown du poster.

« C'est impressionnant Allen ! » je lui dis en me retenant avec peine d'applaudir joyeusement. Le garçon rougit et baissa la tête avec un petit sourire timide « Merci, mais j'ai beaucoup d'entrainement derrière moi. En tout cas, ces couteaux ne sont pas très bons car la garde l'empêche de fendre l'air à pleine vitesse. C'est peut être plus jolie comme ça, mais mieux vaut que l'on t'achète plusieurs couteaux plus petits et sans garde. » M'assura-t-il en allant détacher le couteau du mur pour me le tendre. « A ton tour ! » dit-il en souriant.

Avalant difficilement, je levai le premier couteau et je le lançais avec concentration. A ma grande surprise, il alla se ficher dans le mur non loin de l'affiche. Avec les conseils et encouragement d'Allen, je fis rapidement des progrès, même si j'étais loin de l'égaler, que ce soit au niveau de la force, de la vitesse ou de la précision.

Un peu plus tard, nous abandonnions notre stand de tir improvisé pour migrer vers une des tables ombragées de l'auberge. Une partie de poker était en cours à quelque table de nous, et accueillait encore et toujours l'homme aux cheveux noir qui nous fit un signe de main en passant. Installé dans notre coin, je sortais un livre de mon sac pour le poser entre nous deux. Le lendemain de notre rencontre, Allen m'avait avoué que même s'il avait quelque notion de lecture, il avait toujours des difficultés sur certains mots et il ne lisait pas très vite. Je lui avais alors proposé de l'aider et cela faisait trois jours que nous lisions péniblement « le tour du monde en 80 jours » de Jules Verne.

Une heure plus tard, nous observions les périlleuses aventures de Phileas Fogg à Hong Kong lorsqu'une bagarre éclata entre les joueurs de poker un peu plus loin. D'un seul coup, la table qui soutenait nos tasses de thé fut violement renversée par l'écrasante arrivée d'un jeune homme sur elle.

Ma tasse au bord des lèvres, le livre dans les mains d'Allen, je regardais avec les yeux ronds le jeune homme aux cheveux noir se relever péniblement des débris de la table, le bras gauche en sang.

« Tricheur ! » hurla un vielle homme corpulent, rapidement épaulé dans ses propos par un homme dégarnit et un autre filiforme.

« J'vous assure Messieurs, j'n'ai rien fait de tel… z'êtes juste mauvais » dit l'homme devant nous, l'amusement clair dans sa voix.

Avec ses mains dans les poches d'un pantalon trop large, une vielle veste grise qui avait surement vu des jours meilleurs sur les épaules et une cigarette entre les dents, le jeune homme était l'image de la nonchalance et était clairement un habitant de l'East End.

« Petit crétin, tu va voir ce qu'on fait aux voleurs comme toi ! » Grogna le haricot en s'approchant dangereusement du jeune homme pour le frapper, rapidement suivit par ses deux compères.

Avec un geste rapide, le garçon pris la tasse de mes mains avec un clin d'œil et la jeta dans les yeux du Haricot qui hurla de douleur. « Voyons m'sieur, z'allez faire peur à mes p'tits gars. » rit-il avant d'éviter adroitement le coup de poing du chauve. Je ne pu continuer à regarder la lutte cependant car une main empoigna ma veste et me jeta au sol. Grognant de douleur, je relevais la tête pour voir Allen lutter contre le gros homme qui le tenait par sa chemise, un couteau beaucoup trop proche de son cou pour mon confort.

« Allen ! » je criais en me relevant rapidement. Mais merde, où était le gérant du bar quand on avait besoin de lui ? Il aurait déjà arrêté le combat depuis belle lurette s'il avait été là !

« Bougez plus ! Sinon j'taille l'gosse » grogna l'homme en appuyant un peu plus son couteau sur le cou d'Allen, faisant perler son sang. Figée dans mes mouvements, je regardais avec de grands yeux la scène, ne sachant pas quoi faire pour l'aider. J'avais bien encore le couteau que j'avais utilisé pour pratiquer tout à l'heure mais… est-ce que je serais capable de l'utiliser ? Déglutissant, j'avançais doucement ma main vers ma poche de manteau, éraflant la lame.

« Hé là mon gars ! Implique pas des gars au hasard, j'veux pas d'problème moi. » Dit le garçon d'une voix inquiète en levant ses mains devant son torse, les deux autres compères de l'homme prostrés à ses pieds commençant tout juste à remuer.

« Qu'est ce que tu raconte ? j'croyais qu'tu les connaissais ? » Demanda confusément le gros homme en desserrant légèrement sa prise sur Allen. Le petit garçon ne se fit pas prier et enfonça ses dents dans la main qui portait le couteau, faisant hurler le gros homme qui le lâcha de surprise.

« Venez ! » Cria le jeune homme en attrapant Allen lors de sa chute puis en courant avec lui jusque la porte. Attrapant mon sac à l'instinct, je le glissais au dessus de ma tête en pleine course et je les rejoignais sans me faire prier.

Les suivant dans leur course folle vers les quartiers un peu plus chics de la capitale Anglaise, j'avais un étrange sentiment de déjà vue.

Dérapant autour du coin, je me heurtais à un obstacle imprévu et je serais tombé si des mains fortes ne m'avaient pas stabilisé.

« Chhhut ! » siffla le jeune homme en m'entrainant dans une ruelle proche avant de déposer Allen devant une échelle de sécurité à demi cachée derrières des poubelles malodorantes.

« Grimpe, nous y sommes presque. » l'assura le garçon devant le regard perdu d'Allen. Me lançant un coup d'œil, j'haussais les épaules, un signe clair que je n'avais aucune idée de ce qu'il se passait. Résolue par je ne sais quel miracle, Allen grimpa l'échelle, rapidement suivit du garçon, puis de moi.

Malgré le temps ensoleillé, les toits étaient couverts par le brouillard de pollution de Londres et c'est dans une véritable purée de poix que je suivais les garçons en priant pour ma vie.

Enfin, le jeune homme nous arrêta. Devant nous, entre deux toits, des planches de bois et des débris formaient un habitat de fortune qui avait l'air assez solide pour résister à la plupart des intempéries londoniennes.

« Bienvenue chez moi ! » Dit le garçon en poussant les planches qui en fermait l'entré. « J'ai pas vraiment l'habitude de montrer à d'parfait étrangers mon repère, mais bon, j'allais pas vous laissez avec les idiots et c'est pas comme si je resterais encore longtemps ici donc bon… » nous dit il sur le ton de la confidence, sa cigarette oscillant au gré de ses paroles.

« Alors, c'est quoi vos nom ? » demanda-t-il en s'appuyant sur le mur de fortune, un sourire joueur ne quittant jamais ses lèvres.

Echangeant rapidement un regard avec Allen qui regardait l'endroit d'un air mal à l'aise, je me reconcentrait sur l'homme. « C'est Allen » Je dis en ne parlant pas plus fort qu'un chuchotement pour masqué ma voix. Je l'avais déjà crié tout à l'heure, aucun intérêt de mentir maintenant… « Et je suis… » je commençais avant de me rendre compte que non, définitivement, je ne pouvais pas utiliser le nom Eve. Et mon vrai nom, Ennaël, était encore pire. Alors quoi, le nom d'un ami ? ou de mon parrain ? De mon père, d'un oncle, d'un cousin ? Décide-toi, décide-toi…

« Robin. » me coupa Allen ses yeux plongés dans ceux de l'homme.

« Hooo, Allen et Robin, hein ? » dit le garçon d'un air intéressé en enlevant la cigarette de ses lèvres, son regard nous scrutant à tour de rôle. « Dites donc les garçons, ça vous dirais une petite partie de Poker ? » dit il tout à coup en retirant un paquet de carte de sa poche puis en les battants d'une main experte. « Mais ce n'est pas drôle s'il n'y a pas d'enjeux n'est-ce pas ? Que diriez-vous que le gagnant pose une question de son choix aux deux autres ? »

« Ca ne me dérange pas » dit Allen en croisant ses bras, l'air nullement impressionné. « Mais la moindre des choses serait que tu nous donne un nom. » fit il remarquer en acceptant ses cartes.

« Vous n'avez qu'à gagné une partie et me poser la question. » dit le garçon malicieusement.

« Défi accepté. » dit Allen avec un sourire correspondant. Je savais à quel point il était fier de ses compétences de poker, après tout.

« Je ne sais pas jouer au poker. » je les prévins en le voyant me distribué des cartes. En réalité, j'avais certaines notions de bases, mais je n'avais certainement pas envie de jouer avec Allen ou le jeune homme. Je les avais bien assez regardés jouer ensemble ces quatre derniers jours pour me rendre compte que c'était du suicide mental de s'interposer entre leurs jeux.

« Pas d'problème, j'vais t'expliquer ! C'est surtout un jeu d'hasard, et puis c'est pas comme si on pariait de l'argent. » Dit il en posant la pioche au milieu et en plaçant trois cartes sur le sol. Je lançais un regard désespéré à Allen, mais il était déjà plongé dans son jeu et semblait étudier les cartes avec attention.

Soupirant, je prenais à mon tour mes deux cartes, qui n'offraient malheureusement qu'un misérable 2 et un valet. Le garçon commença alors à m'expliquer les règles puis retourna les trois cartes qui étaient sur le sol.

Ca ne m'aidait pas davantage.

Lançant un regard désespéré à mon paquet, je me couchais avec un soupir, laissant le soin à Allen de gagner la partie pour que l'on puisse enfin connaître son nom.

« Brelan » déclara finalement Allen avec un sourire satisfait tout en posant ses cartes sur le sol.

« Hum, bien jouer, mais… Suite. » Dit paresseusement le garçon en posant ses cartes sur le sol et en aspirant une bouffée de cigarette.

Allen fronça les sourcils mais accepta de bonne grâce et écouta sa question. « Hum… Robin s'est couché donc la question n'est que pour toi… Est-ce que vous êtes vraiment frères ? »

« Non » répondit simplement Allen avant d'élaborer devant le regard attentif de l'homme. « Mais on peut se faire passer pour si la situation le demande. »

Quelques manches plus loin, j'avais complètement abandonné mon mince espoir de gagner un jour. Et Allen en était presque au même point. Les sourcils froncés, il écornait ses cartes machinalement alors que l'homme le regardait avec un sourire amusé.

Allen n'avait pas gagné une seule partie.

Moi qui étais pourtant persuadé de sa suprématie au poker, je tombais de haut. Mais il fallait toujours se rappeler que nous étions quelques années avant les évènements canon et qu'Allen n'avait peut être pas encore appris ses futur techniques de triches qui feront sa fierté. Ou alors peut être que le garçon aux cheveux noir était juste très fort ? Arf, et moi, fervente partisante du Friend !Poker Pair, qui rêvais qu'Allen ne puisse uniquement être vaincu par…

Nooooon.

Quand même pas ?!

Quel seraient les chances ?

Non, improbable.

Définitivement impossible.

Scrutant tout de même le garçon aux cheveux noirs, je finissais par me traiter d'idiote et me couchais machinalement en observant ma pitoyable paire, seul combinaison que je puisse espérer faire avec mon jeu.

A mes côtés, Allen regardait son jeu avec un regard noir, il ne devait pas avoir grand-chose de mieux que moi… Je me demandais tout de même l'heure qu'il était. Jean serait susceptible de m'attendre 5 minutes si j'étais en retard mais je n'en étais même pas sur…

« Dites, vous avez l'heure ? » je demandais aux deux garçons, un peu gênée de couper l'atmosphère quasi électrique qu'il y avait entre eux. Relevant sa manche, le garçon jeta un coup d'œil à sa montre. Que ce soit à cette époque ou mon ancienne, je ne m'y connaissais pas des masses en montre, mais elle avait l'air quand même sacrément chic pour un garçon des bas quartiers qui n'avait même pas de quoi se payer un vrai toit. Il l'avait volé ?

« Un peu plus de 17h30. » me dit-il avant de me faire un sourire taquin. « He bien Robin, un rendez-vous galant avec une donzelle ? »

« Mais non, je dois juste rencontrer quelqu'un à 18h. Il ne va pas falloir que je tarde d'ailleurs. » Je soupirais en roulant les yeux. Allen me jeta un coup d'œil à mes mots avant de regarder ses cartes avec un soupçon d'hésitation. Il sembla prendre une décision cependant car bientôt il jeta ses cartes sur le sol entre nous.

« Carré » déclara-t-il avec un sourire beaucoup trop large.

Le garçon ouvrit sa bouche comme pour dire quelque chose mais rien ne sortit. Les yeux larges, les sourcils hauts et sa cigarette se balançant dangereusement sur sa lèvre inférieure, il était la représentation de la surprise. Finalement, au bout d'un temps qui semblait beaucoup plus long qu'il ne devait l'être vraiment, sa cigarette tomba sur le sol, ses cartes suivant peut après. « Full » dit il dans un soupir avant que ses yeux ne prennent une étrange lueur et qu'un sourire beaucoup trop large n'étire ses lèvres. « Bien joué gamin ! Je me disais bien que les dispositions des cartes étaient étranges… Tu les triais depuis trois parties déjà et je n'ai rien remarqué ! » Dit il dans un éclat de rire en frottant les cheveux d'Allen avant de se pencher en arrière, les cartes complètement éparpillées dans toute l'habitation.

« Comme promis » dit-il en attrapant nos deux regards avec des yeux noirs profonds. « Vous pouvez m'appeler Tyki. »

He bien…

Le destin avait un sacré sens de l'humour…


Et donc voilà, Tyki join the battle :)
Alors j'ai quelques petites nouvelles! Lors du dernier chapitre d'UAPV, nous avons dépassé les 100 review! cela étant, je vais faire un chapitre bonus comme promis :) cependant, lors du brainstorming dessus, je suis alllé un peu loin et ça à l'air de se transformer en une fic à part entière... Du coup, comme je ne peut pas mettre une troisième fic en mise à jours mensuel, elle fonctionnera par mise à jours review! c'est à dire que toute les cents review sur n'importe laquelle de mes fics, vous aurez un nouveau chapitre :) Le premier chapitre sera posté dans un mois ou deux je pense... du coup, si vous voulez le deuxième rapidement (et pas dans 3 ans...) n'hésitez pas à commencer à reviewer partout= (et non, ce n'est pas du chantage, c'est un bonus... ne le faites pas si vous ne voulez pas)

Voilà! Bonne journée à vous :D Moi je m'en vais fêter ma presque mention bien (erf, il me manquais deux points de physique)!