Le titre vient d'une chanson d'Amy Winehouse.
Charliee3216 : Contente que tu trouves qu'elles s'accordent bien parce que je me donne du mal pour que ça colle ! Et Patricia et Anthony ils sont gentils... Moi je les aime bien.
Elythie : Merci ! J'espère que la suite ne te décevras pas... :)
AlchemyBetweenThem : Merci beaucoup !
Chapitre 10 : Love is a losing game
One I wish I never played
Oh, what a mess we made
And now the final frame
Love is a losing game *
- Tiens Ron prend la, proposa Bill.
Le jeune homme grimaça et attrapa à contre cœur le bébé que lui tendait son frère. Passé son appréhension, il dut reconnaitre que le nourrisson, avec ses grands yeux bleus purs et son duvet blond doré sur le crâne, le mettait étrangement en confiance.
- Waouh elle ressemble tellement à sa mère ! s'exclama-t-il.
Bill eut un sourire ému puis fut appelé par une Fleur qui semblait en avoir assez de discuter avec toutes les grandes tantes Weasley. Il s'éloignât donc non sans faire promettre à Ron de faire attention. Ce dernier s'assit dans un canapé pourpre, son précieux chargement toujours dans ses bras.
- Dis donc c'est que tu es lourde quand même ! Tonton Ron préfère s'asseoir.
- Tonton Ron ?
Il leva les yeux et reconnut, horrifié, Hermione qui souriait, éblouissante dans sa robe rouge.
- Oui, c'est moi, répondit-il avec aplomb.
Mieux fallait faire face que se ridiculiser encore plus. Hermione s'assit sur le canapé à côté de lui et il sentit sa cuisse frôler la sienne. Pourquoi cela lui donnait l'impression qu'on l'avait plongé dans un bain brûlant ? Cela ne devrait pas être permis de ressentir autant sans que ce soit réciproque. La jeune fille chatouilla le ventre du bébé en chantonnant :
- Victoire, Victoire ! Gouzi gouzi !
- Tu te moques mais tu es pire que moi !
Ils se sourirent. C'était étrange de voir à quel point leur relation était devenue normale et calme. Depuis les vacances de Pâques, ils s'envoyaient régulièrement des lettres, se racontant l'un l'autre leur quotidien, mais omettant soigneusement de parler de Patricia et d'Anthony.
- Tu vas bien toi ? demanda Hermione.
- Ouais mais faut que je trouve un endroit où habiter pour juillet, parce qu'apparemment Ginny à prévu de s'installer square Grimmaurd.
- Oh la maison est grande.
Ron la regarda, horrifiée.
- Ouais bien sûr, je vais aller habiter avec eux ! Merci j'ai encore un minimum de dignité !
Ce qu'il ne lui disait pas c'est que la situation commençait à lui peser. Après avoir habiter chez Georges puis chez Harry il avait l'impression d'être un boulet, parasitant amis et famille les uns après les autres. Avec son travail au magasin, il n'avait toujours pas les moyens de se prendre un appartement.
- Tu n'as qu'à venir chez moi.
Ron mit du temps à comprendre la phrase tant elle lui paraissait improbable. Hermione venait de lui proposer d'habiter chez elle. Il eut un long moment d'absence, son cerveau essayant tant bien que mal d'assimiler l'information.
- Chez toi ?
- Cela te parait si absurde ? On est amis, c'est normal de s'entraider. Et puis je suis sûre que cela ne dérangera pas Anthony.
Il l'avait oublié celui là. Mais habiter avec elle, est-ce qu'il pourrait vraiment y arriver ? À entendre le ton d'Hermione, la proposition était naturelle et certainement pas ambigüe - de sa part en tout cas. Mais pourrait-il vraiment supporter de vivre avec elle en simple ami, pire de la voir faire sa vie avec Anthony jusqu'à ce que ce dernier s'installe et qu'il soit obligé de partir ? De toute façon il n'avait pas vraiment le choix, c'était ça ou retourner au Terrier. Quitte à continuer son état de boulet, autant aller chez Hermione. L'image de Patricia s'imposa alors à lui. Elle n'allait clairement pas être contente ! Elle qui lui avait déjà proposer de nombreuses fois de ne venir s'installer chez elle. Sauf que Ron ne savait plus trop où il en était dans leur relation et il sentait au fond de lui que ce ne serait définitivement pas une bonne idée de s'installer avec elle. Son regard se posa sur la jeune fille blonde qui discutait avec Angelina et Georges à l'autre bout du salon. Il était horrible. Même si elle n'était pas parfaite, elle l'aimait sûrement sincèrement vu sa propension à accepter ses silences, ses non-dits et ses mufleries. Un miracle, vu que lui-même se supportait à peine.
Hermione suivit son regard mais ne dit rien, bien trop fine pour interrompre ses pensées.
- D'accord... finit par souffler Ron, toujours en regardant Patricia.
À ce moment là, Ginny et Harry, un verre à la main, demandèrent l'attention de l'assemblée.
- Je propose de lever mon verre à la venue de Victoire dans la famille Weasley ! commença Ginny.
Des exclamations accueillirent cette déclaration. Elle poursuivit :
- Même si sa couleur de cheveux n'est pas parfaite, nous l'aimons quand même et sommes ravis de la compter parmi nous.
Il y eut des rires dans l'assemblée.
- Mais j'aimerais faire une autre déclaration. J'ai le plaisir de vous annoncer l'arrivée d'une autre personne dans notre famille.
Ron sentit son cœur faire un bond : Ginny était enceinte ! Il allait tuer Harry. Comment avait-il osé !
- Tiens moi ce truc, dit-il à Hermione en lui fourrant Victoire dans les bras.
- Truc ? s'indigna la jeune fille.
Il n'eut pas le temps de rétorquer que Ginny, attrapant la main de Harry, dit d'une voix que Ron qualifia de complètement niaise :
- Nous allons nous marier...
Un silence accueilli ce discours et Ron entendit Hermione émettre un petit cri d'étonnement à côté de lui. La plupart des invités ne sachant pas trop comment réagir, un peu choqué par la nouvelle vu le jeune âge de Ginny, ce fut un soulagement général de voir Molly fondre sur son futur gendre et l'enlacer, le visage couvert de larmes.
Ron de son côté n'avait pas encore décidé de l'attitude à adopter. Il n'en eut pas le temps car Patricia qui s'était précipité vers lui l'enlaça en lançant :
- Oh mon amour, c'est tellement romantique !
Affreusement gêné, Ron le fut encore plus quand elle l'embrassa à pleine bouche. Hermione, soudain distante, se leva prestement et alla rendre leur fille à Bill et Fleur. Patricia prit donc la place laissée vacante et se colla au roux. Après cette intervention de sa petite amie, il fut difficile à Ron de dire autre chose que "félicitation" à Harry et Ginny qui s'étaient approché de lui. Harry, soulagé de sa réaction, lui sourit.
- Et vous c'est pour quand ? intervint Ginny avec une ironie que Ron fut le seul à déceler.
C'est elle qu'il allait tuer... Il savait que sa sœur détestait profondément Patricia. Toujours persuadée que Ron étant fait pour Hermione, il était pour elle complètement stupide de rester avec celle qu'elle avait qualifié de "greluche décérébrée". Ron se racla la gorge non sans lancer des regards furieux à sa sœur :
- Oulà, on n'en est peut-être pas encore là.
- Ron ne te sens pas obligé de partir de la maison, tu peux rester avec nous, intervint Harry, désireux de faire diversion.
- Non mais c'est bon, Hermione m'a proposé de m'héberger, répondit le roux.
Grossière erreur. Il avait complètement oublié la présence de Patricia à ses côtés. Il était mort. Ginny, ravit de l'annonce, lança à cette dernière sarcastiquement :
- Cela ne te dérange pas j'espère ?
- J'ai confiance en Ronald, répondit Patricia, visiblement ébranlée par la nouvelle.
Elle se leva néanmoins et partit en lançant un regard de reproche au roux. Une de fois de plus Ron se sentit complètement nul. De son côté, Harry se fit alpaguer par Molly et Arthur et le jeune homme se retrouva seul avec sa sœur.
- Alors comme ça tu va habiter avec Hermione ? demanda-t-elle en souriant, tout en s'asseyant à ses côtés.
- Alors comme ça tu vas te marier ? répliqua le roux sur le même ton.
- Je ne rentrerais pas dans ton petit jeu, réponds plutôt à ma question !
Ron grogna que cela ne la regarderait pas et la rousse soupira.
- C'est ça ton problème, Ron, tu ne fais jamais les choses dans le bon ordre...
Il le savait bien. Il se contenta donc de répéter son leitmotiv.
- Je n'y peux rien, cela n'aurait pas dû se passer comme ça.
Ginny lui frappa l'épaule sans ménagement.
- Non mais tu vas arrêter de faire ta loque et prendre ta vie en main ? On va faire un marché toi et moi. Si dans un mois tu n'as pas avoué à Hermione que tu es fou amoureux d'elle et que tu crèves d'envie de faire ta vie avec elle...
Ron protesta mais Ginny lui fit les gros yeux.
- Ose le nier !
Elle poursuivit :
- ... je lui dis moi même ! Mais crois moi, il vaut bien mieux que ce soit qui te le fasses.
Mais c'était une peste cette fille ! Elle ne comprenait rien à rien ! C'était finit entre lui et Hermione, il avait essayé de nombreuses fois et il avait lamentablement échoué.
- Tu ne comprends rien, elle est avec Anthony maintenant ! Regarde les ils on l'air bien ensemble, non ? De quel droit j'irais gâcher ça alors que de toute évidence je ne suis pas doué pour la rendre heureuse.
Il lui désigna Hermione qui riait dans les bras d'Anthony. Il n'avait d'ailleurs jamais autant détesté le jeune homme qu'à ce moment là.
- Oh arrêtes, répliqua la rousse, elle est aussi bien avec lui que toi avec l'autre scroutt. C'est dingue que tu sois toujours avec elle d'ailleurs, après Fleur et Lavande je pensais que tu aurais compris que les blondes ne sont définitivement pas faites pour toi.
Évidemment. Il n'y avait qu'Hermione qui était faite pour lui.
- S'il-te-plait Ron essaye encore une fois. Juste une fois.
Elle se leva ensuite et lui dit solennellement :
- Parce que je ne vais certainement pas te laisser gâcher ta vie avec l'autre imbécile décolorée.
Ces paroles lui laissèrent un goût amer. Elle voulait ce qu'il y avait de mieux pour lui sauf qu'il était tellement persuadé qu'il n'arriverait jamais à récupérer Hermione que cela lui semblait complètement stupide de lâcher Patricia. Est-ce qu'on pouvait sortir avec une fille juste pour ne pas être tout seul ? Il n'était surement pas le premier mais cela ne l'empêchait pas de se sentir mal. Oui c'était mal, mais cela valait mieux que rien. Tout plutôt que la solitude quand il était entouré d'autant de couple heureux. Rien que dans cette pièce ils étaient nombreux à lui balancer à la tête leur bonheur écœurant : ses parents, Bill et Fleur, Georges et Angelina, Harry et Ginny et surtout Hermione et Anthony. Sa vie professionnelle était déjà si peu reluisante, qu'il n'allait certainement pas en plus passer pour un raté sentimental.
Il vit du coin de l'œil Patricia revenir vers lui.
- Tu ne vas quand même pas aller habiter chez cette pouffe ! Mais enfin Ronnie je t'ai déjà dit que tu pouvais venir chez moi !
- Qui est-ce que tu viens de traiter de pouffe ? dit-il d'une voix glaciale.
Le visage de Patricia se décomposa. Ses grands yeux noirs s'emplirent de larmes.
- Tu es amoureux d'elle c'est ça ! Oh oui c'est ça, j'en étais sûr ! Et bien va avec elle puisque tu l'aimes !
- Mais non ! protesta Ron, qui n'avait surtout pas envie que leur dispute éveille l'attention.
Il la prit dans ses bras, vaine tentative de la consoler.
- Mais enfin Pat', tu sais bien que je fais ça pour nous ! C'est encore trop tôt pour qu'on habite ensemble et je veux d'abord construire quelque chose avec toi avant d'aller plus loin.
Il était assez fier de son petit discours mais la jeune fille, visiblement complètement imperméable à ce raisonnement, le fixa et dit :
- C'est très simple Ronnie, soit tu viens chez moi, soit c'est fini entre nous.
Stop. Qu'est-ce qui se passait là ? Ron n'avait pas l'habitude des ruptures brutales, pas l'habitude d'autant de franchise dans une relation. Cela s'était simplement complètement déliter entre lui et Lavande puis entre lui et Hermione. Lui n'avait jamais été capable de rompre avec quelqu'un.
- Alors ? la pressa-t-il
Elle lui demandait de choisir entre elle et Hermione ? C'était impossible ! Il n'hésita même pas, mettant à la poubelle toutes ses résolutions sur le fait qu'il valait mieux être avec elle que seul.
- Alors c'est finit.
Quitte à ce que sa vie soit ratée, autant la rater jusqu'au bout. Pour la première fois depuis longtemps, il se sentit un minimum cohérent avec ses choix. Alors bien sûr il se prit une énorme claque devant toute sa famille et Hermione, bien sûr il dut supporter les moqueries de ses frères pour le reste de la journée, mais cela avait-il vraiment une importance ? Il allait voir Hermione tous les jours, il serait libre de la séduire, libre de toute attache et d'une manière ou d'une autre tout serait finis dans un mois.
Le jeu pouvait commencer.
à suivre...
* Déjà j'aimerais ne jamais avoir joué
Oh, quel gâchis que nous avons fait
Et maintenant, la dernière image
L'amour est un jeu perdant
