Bonjour à tous! Je m'excuse vraiment parce que le chapitre de cette semaine est très, très court :S. Par ailleurs les deux semaines à venir je risque de ne pas être très disponible, et par conséquent de ne pas garder un rythme de publication aussi régulier. Mais je ferai quand même en sorte de vous publier un chapitre hebdomadaire comme je l'ai fait jusque-là, et en attendant je vous souhaite une courte mais bonne lecture :) -Summer.
Leyna :
J'étais assise sur le perron des Barton lorsque je reçus la réponse de Peter, et je ne pus m'empêcher de sourire : une photo de son mur de posters, avec notre photo, à Emy et à moi, trônant en son centre. Ca commençait vraiment à me peser de ne plus les avoir à mes côtés, Ned et lui. En parlant de Ned, ce dernier devait dormir comme une marmotte, et il ne verrait sans doute la photo que le lendemain. Mais j'étais heureuse qu'au moins l'un des deux ait répondu. J'avais besoin de les sentir un peu à mes côtés, surtout maintenant.
Je venais d'apprendre la vérité sur mes origines. Je venais d'apprendre que j'avais été créée en laboratoire. Et après cette lugubre découverte… j'avais besoin de sentir que quelques choses à propos de moi restaient… réelles. Alors que je doutais de plus en plus d'être réelle, je me rendais compte que mes amis, eux, étaient réels. Que ma famille était réelle. Et que ma sœur et l'amour qu'on se portait était réels. Et si elle était réelle, si tout ceci était réel… cela devait signifier que je l'étais un peu aussi, finalement.
Tout ceci me paraissait tellement étrange… je savais que Clint et Natasha nous cachaient quelque chose. Mais j'étais loin de penser à quelque-chose d'aussi énorme. Et même si j'essayais de faire comme Emy, de penser que ce n'était pas si grave, parce que j'étais Leyna Stevens, parce que j'avais une famille, et tous ces gens qui m'entouraient et qui faisaient de moi ce que j'étais… c'était difficile à encaisser. Je me doutais qu'Emy avait eu du mal aussi… mais elle le cachait bien. Elle avait appris à cacher ses émotions presque mieux que Natasha n'en était capable.
Je sentis mon portable vibrer dans ma main, ce qui me sortit de mes pensées nébuleuses. Je lançai un coup d'œil à l'écran, en me disant que Ned s'était peut-être réveillé finalement. Et j'eus l'impression que mon cœur se changeait en glace alors que mes yeux glissaient sur le nom qui s'affichait désormais sur l'interface d'appel.
Je fermai les yeux, juste quelques secondes. Le téléphone cessa de vibrer, et je les rouvris. Un appel manqué. Et toujours le même nom. Ce nom que j'avais tellement espéré voir s'afficher sur mon écran pendant six mois… alors que ce jour-ci je n'aurais su dire si j'étais heureuse ou furieuse qu'il ait osé m'appeler.
Un message.
Alors que j'envisageais d'éteindre mon écran et de glisser mon portable dans ma poche, mon doigt glissa presque contre ma volonté sur l'écran pour ouvrir l'interface, et cliqua un instant plus tard sur le nom, écrit en blanc sur noir, de Pietro Maximoff.
« Je dois te parler, Leyna ».
Ha ! Me parler ! Dans ses rêves ! Il pouvait toujours se brosser s'il espérait que…
« Dans tes rêves ».
… D'où est-ce que je lui répondais, moi ? Qu'est-ce qui me prenait ? Evidemment que je ne devais pas lui répondre ! Et si Tony l'apprenait ? Ou Emy ? Ou qui que ce soit d'autre ?
Je frissonnai en repensant un instant à des paroles qu'un certain Sam Wilson m'avait adressées il n'y avait pas si longtemps : « Pense pas à l'avis de Tony, ni à l'avis de n'importe qui d'autre… pense à ce que t'as envie de faire toi ».
De quoi avais-je envie ? … Pouvais-je prétendre un seul instant que je n'avais pas envie de lui parler ? Que je n'avais pas besoin de lui parler ?
Mon portable vibra de nouveau, et j'y lançai malgré moi un regard curieux.
« Pas le temps de rêver ».
Le temps. Pietro Maximoff n'avait jamais le temps de rien, et pourtant il était le garçon le plus rapide de l'univers. Pas le temps de rêver. Quelle réponse mystérieuse ! Je ne m'étais pas attendue à ça. Je pensais qu'il me dirait que je n'étais pas drôle. Ou d'arrêter de faire ma tête de mule, que c'était important… quelque-chose dans ce genre-là. Mais les répliques bateau, ce n'était pas son genre. Les longues conversations textotées, ce n'était pas son genre. Les excuses désespérées par écran interposé… je supposais que ce n'était pas son genre non plus. Même si rien ne me disait qu'il avait l'intention de s'excuser…
Je sentis un courant d'air ébouriffer mes cheveux, et même s'il aurait pu s'agir de quelque-chose de tout à fait banal, je l'aurais reconnu entre mille. Parce que malgré toute la force de volonté que je mettais à me convaincre que ce n'était pas le cas… je l'avais dans la peau.
« Oh non, ne pense pas que ça va être aussi facile ! », grondai-je en bondissant sur mes pieds, toisant d'un air qui se voulait menaçant mon ex petit-ami.
Celui-ci eut le regard troublé, puis fronça les sourcils.
« Facile ? répéta-t-il. Je viens de Séoul jusqu'aux States pour venir te parler et toi tu parles de facilité ?
-Ha, très drôle, raillai-je, pince sans rire. Je te préviens t'as intérêt à être parti dans moins de trois secondes ou je…
-Hurle ? devina Pietro. Trop prévisible. Je sais même que tu n'en feras rien.
-Tu paries ? rétorquai-je.
-Oh, tu ne prendrais pas le risque de laisser cette délicieuse vengeance te passer entre les mains », me fit remarquer Pietro en osant un sourire, avant d'écarter les bras d'un air de dire 'Je suis tout à toi'.
Je serrai les poings. C'était vrai que j'en avais rêvé. De le gifler, de le cogner, de toutes mes forces… de lui envoyer un coup de griffe, même… j'en avais rêvé, de le faire souffrir comme il m'avait fait souffrir. Mais j'aurais beau le frapper ou le griffer, il ne ressentirait jamais ce que j'avais pu ressentir. Cela ne servirait à rien, et je n'en serais que plus frustrée encore. D'autant plus que… que…
Je laissai retomber les bras le long de mon corps, impuissante. Malgré tout ce qu'il m'avait fait… j'étais toujours incapable de lui faire le moindre mal. Parce que ce que j'avais ressenti pour lui était sincère. Et même si je savais que ça ne marcherait jamais entre nous, et qu'il m'avait dupée… je trouvais cela idiot, mais je n'arrivais pas à le détester.
Il était, après tout, le fantôme que j'avais voulu affronter en acceptant cette mission, un fantôme de mon passé. Mais même si je m'étais préparée à affronter tous les adversaires possibles… il était le seul contre lequel je ne faisais pas le poids. Pas encore. Mais un jour viendrait…
« Leyna, je sais que le moment est particulièrement mal choisi, mais tu dois absolument savoir…
-Quoi, encore ? soupirai-je, agacée. Que tu es désolé ? Que tu regrettes ce que tu m'as fait ? C'est un peu tard, pour les regrets, Pietro. Tu as choisi ton camp, j'ai choisi le mien. On est voués à s'opposer et à se battre l'un contre l'autre, alors tes excuses elles me passent au-dessus.
-Leyna… ne le prends pas mal, surtout, mais je ne suis pas venu pour ça, me fit doucement remarquer Pietro. Non pas que je n'y ai pas pensé, mais… je sais que tu n'es pas prête à entendre mes excuses. Je ne sais pas si tu le seras un jour, mais le moment n'est pas encore venu.
-Alors t'es là pour quoi, juste faire la causette ?! m'insurgeais-je.
-Je suis là pour te prévenir, me répondit Pietro. Ultron… Il veut détruire la planète. Ou du moins toute une partie de la planète. Pour faire évoluer l'humanité. C'est un malade mental.
-Bravo, et si maintenant tu m'apprenais quelque-chose que je ne sais pas déjà ? ironisai-je.
-Je te l'ai déjà dit, rétorqua Pietro. Séoul. C'est là qu'il se trouve. Il a ensorcelé Helen Cho pour qu'elle transfère sa matrice dans une enveloppe artificielle. Il va évoluer et on doit à tout prix empêcher que ça arrive ».
Je dévisageai Pietro. Et si c'était un piège ? Tout laissait penser à un piège. Mais… pourquoi avais-je cette étrange et dérangeante certitude qu'il était honnête, cette fois ? … Tout simplement parce qu'il n'y avait pas de « cette fois ». Depuis le début de notre relation, toute compliquée fut-elle… il avait toujours été honnête avec moi. Il ne m'avait pas menti une seule fois. C'était sans doute la raison pour laquelle j'avais envie de lui faire confiance. Mais…
« Pourquoi 'on' ? répétai-je, perplexe. Pietro… pourquoi tu nous aides ? Pourquoi tu fais ça ? ».
Pietro, sans détacher son regard de moi, fit lentement quelques pas en arrière. Finalement, après ce qui me sembla être une éternité de silence, il reprit la parole, presque dans un murmure :
« J'aurais dû comprendre depuis longtemps que même si t'es la fille de Stark… t'es pas vraiment la fille de Stark ».
Sur ces paroles mystérieuses, une nouvelle bourrasque me renvoya le cul contre les marches du perron, et l'instant d'après ce fut comme si Pietro n'était jamais venu.
Pourtant je savais que je n'avais pas rêvé, même si je ne comprenais pas vraiment tout ce qui venait de se passer.
En revanche, il y avait une chose que je venais de comprendre : c'était que notre petit séjour à la campagne était sur le point de toucher à sa fin.
