Auteur :
Cybèle ()Rated
: Nc17Taddaam revoilà! (vi ça faisait longtemps, mais y a eu des froids entre Rogue et Riri donc j'ai mis du temps à tout arranger...pis y a eu un "froid" aussi entre le prof de math le plus attirant mais aussi le plus ennuyant de toute l'histoire de la terre et....moi.) ^-^ Mais je l'ai vaincu, ce matin-même (1 mois d'étude, ça paie) et je passe mon annééééée!! (t'es con Neuneu tu passais même avec un échec en math je te rapelle). Ta *****. J'ai le droit de me réjouir et pis même d'être vulgaire, na. Alors gâchez-moi pas ma joie. Bon, on se la fait cette petite réconciliation? Direction la ligne suivante...... ;)
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Si vous êtes prêt : le garçon ne doit pas savoir.
Chapitre 5 : Culpabilité.
Je suis réveillé par un bruit d'eau qui coule – ce qui me rappelle douloureusement que ma vessie est sur le point d'éclater. J'ouvre les yeux et reconnais immédiatement la faible lueur du donjon – les appartements de Rogue. Je fouille dans mes souvenirs, assez flous. Je me souviens être venu ici, avoir bu pas mal pendant qu'il corrigeait ses feuilles, puis m'être endormi dans la chaise…
Je m'appuie sur un coude et regarde autour de moi. Ce n'est que lorsque je remarque le jean étendu au pied du lit que la mémoire me revient. Je me laisse tomber sur l'oreiller.
Oh, bordel de merde.
Mes lèvres picotent encore en se rappelant les siennes et mon estomac se tord en un noeud. Peut-être que c'était un rêve. Juste un rêve. Mon dieu, faites que ce ne soit qu'un rêve.
Non. Dans mes rêve il ne me repousse pas.
J'entends l'eau s'arrêter de couler dans la salle de bains et je ferme les yeux. Peut-être que si je prétends dormir, je n'aurais plus jamais à me retrouver face à lui à nouveau. J'essaie de toutes mes forces de me faire disparaître, mais j'entends Hermione dire : « Tu ne peux pas transplaner dans l'école. Bon dieu, je suis la seule à lire ? ». Je prie pour que Voldemort prenne d'assaut le château et qu'il me tue avant que Rogue ne sorte de la salle de bains. Je ne me défendrais même pas. Je lui remettrais ma baguette avec un sourire poli, en attendant qu'il dise les mots. Je le remercierai même pour sa pitié.
« Potter. » Trop tard.
Est-ce que ce serait enfantin de cacher ma tête sous l'oreiller ? J'ouvre un œil avec précaution. Il me tend une fiole. De poison, probablement. Je m'empoisonnerais si j'étais lui. Je prend la fiole et lève la tête.
« C'est pour la gueule de bois », dit-il d'un ton neutre. Il veut probablement me voir complètement rétabli avant de me détruire. Ce serait plus satisfaisant, sûrement.
« Je n'ai pas la gueule de bois », je dis, mais j'ai déjà pris la potion. Je souhaiterais l'avoir. Peut-être qu'il serait plus gentil si j'étais malade. Oh, attendez. C'est Rogue. Au plus mal je suis, au mieux il est. Je bois avec résignation. La potion descend dans ma gorge en me brûlant. Cette sensation s'étend dans tout mon corps, chassant le brouillard qui s'était dieu merci installé également dans ma mémoire. Soudain tout est clair, très clair.
Le film entier des évènements commence à se rejouer dans ma tête – tout ce que j'ai fait, tout ce que j'ai dit. « J'ai encore rêvé de vous cette nuit, professeur. » Espèce de crétin. Crétin, crétin, crétin… Je retombe dans l'oreiller et ferme les yeux, essayant de trouver un moyen de m'échapper. Je peux l'entendre s'éloigner du lit et sortir de la chambre. Après plusieurs minutes passées à souhaiter être mort, je me lève et enfile mon jean, vomissant presque à l'idée de ce qu'il a du voir en me l'enlevant.
Oh, de toute façon, je suis habitué à être humilié devant lui, pas vrai ?
Je fais un détour forcé par la salle de bains avant de ramasser mes robes puis me dirige vers le salon où il attend sans doute de pouvoir me chasser de sa vie à nouveau. Si j'ai de la chance, c'est tout ce qu'il fera. En prenant une grande inspiration, je franchis le seuil et me résous à me jeter à ses pieds en implorant son pardon si rien d'autre ne marche.
« Professeur - »
« Vous allez manquer le petit-déjeuner si vous ne vous dépêchez pas. Vous avez cours dans 45 minutes. Il trifouille des parchemins sur sans bureau sans me regarder.
« A propos de la nuit dernière, professeur - »
Il se redresse en pinçant les lèvres. Mes yeux rencontrent les siens et je frissonne lorsqu'un souvenir me revient brusquement en mémoire. Il était dur, lui aussi. Je me rappelle de lui, de cette sensation contre mon estomac. Tous les mots s'envolent de mon cerveau, et ma figure devient bouillonnante. Les autres parties de mon corps sont assez chaudes elles aussi, cela dit.
« Il serait sage pour vous d'oublier ce qui s'est passé la nuit dernière. »
Oh. Alors, on en est là ? A moins que cela ne signifie…
« Toute la nuit, monsieur ? Ou juste…vous savez. » Je suis bien conscient que je dois avoir l'air terriblement stupide. Je baisse les yeux et essayant de m'empêcher de rougir une fois de plus. Comme il ne répond pas, je continue. Je sais que je ne devrais pas, mais ma bouche s'ouvre sans ma permission. « Je suis sincèrement désolé, professeur Rogue. Je n'aurais pas du boire autant. Et je suis vraiment désolé pour …quand j'ai, hem…essayé de…oh bon dieu. » Je me cache derrière mes mains. Ouais, je devrais la fermer définitivement. Je songe qu'il devrait exister un mécanisme implanté dans la bouche de quelqu'un, qui paralyserait aussitôt la langue de cette personne dès qu'elle se mettrait à bafouiller. Bien sûr, je ne serais probablement plus jamais capable de parler.
« Potter, partez. Nous en discuterons plus tard. »
Je ne devrais pas en être soulagé, mais au moins ça veut dire qu'il me parlera à nouveau. Même si c'est pour m'engueuler de m'être jeté sur lui, ce que je mérite, il ne me chasse pas. Pas encore, en tout cas.
Oh bon sang. A quoi je pensais ?
Je gémis intérieurement et enfile rapidement ma robe avant qu'il ne commence à douter de la sincérité de mes excuses. Je ne savais pas qu'il était possible d'être excité et terrifié en même temps. Je devine que ça explique son rôle dans l'histoire de cette nuit. D'un autre côté, je n'en éprouve aucun confort.
Je marche vers la porte et me retourne pour murmurer : « A bientôt. » ce n'était pas supposé en être une, mais ça a certainement du sonner comme une question. Abruti.
« Bonne journée, Mr Potter. »
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Je fixe mon assiette en faisant semblant de ne pas remarquer que le professeur Rogue n'est pas dans la Grande Salle pour le déjeuner. Je pense qu'il m'évite. Je m'éviterais aussi. Je fais des dessins dans ma purée pendant que j'étudie sa proposition d'en parler plus tard, réfléchissant aux différentes voies possibles dans lesquelles la conversation pourrait s'orienter.
Mr Potter, comment pouvez-vous ne serait-ce que considérer que vous toucher m'intéresserait ?Vous me donnez envie de vomir. Dégagez.
Et bien, peut-être pas. Son intérêt était plutôt évident, après tout. Mon ventre commence à se tordre, alors que le fantôme de son érection revient le hanter. D'accord. Continuons.
Potter, bien que j'admets avoir été intrigué par votre offre spontanée de sexe, votre comportement de débauché me dégoûte. Je ne veux plus jamais vous revoir en dehors des cours en fait, je préfèrerait ne plus vous voir en classe, mais je n'ai pas le choix. Vous devriez être content que vos parties génitales soient toujours accrochées à leur place. A présent, partez.
C'est probablement plus proche de ce qu'il a en tête. Ou alors :
Potter, je ne voulais pas tirer avantage de votre état d'ébriété. Mais maintenant que nous somme sobres, je suggère que nous nous déshabillions et prouvions une fois pour toutes que les rêves peuvent se réaliser.
Certainement pas. Mais un garçon a le droit de rêver.
« Harry ? » Je lève mes yeux de mon assiette.
« Hm ? » Hermione me regarde à nouveau avec ce regard. Ce regard qui dit : « Quelque chose ne va pas, et je découvrirai ce que c'est même si je dois t'ouvrir le crâne et te disséquer le cerveau. »
« Tu es sûr que ça va ? Tu n'as pas dit un mot depuis ce matin. Et tu as l'air - »
« Complètement retourné » ajoute Ron. « Tu étais où ce matin ? » J'essaie d'effacer toute culpabilité de mon visage, amis je ne peux pas m'empêcher de remarquer qu'ils me fixent avec plus d'inquiétude que d'habitude. Monc erveau entame sa nouvelle chansonnette favorite, ce qui ne m'aide pas à essayer de trouver une explication plausible.
Espèce de crétin, espèce de crétin, espèce de crétin…
« Heu… »
« Bonjour, Harry. »
Mon cœur s'arrête. Je me tourne sur ma chaise pour voir le directeur qui me sourit. Rogue ne lui aurait rien raconté, n'est-ce pas ? Un nouveau scénario se crée.
« Nous en discuterons plus tard. »
Comme dans le bureau du directeur quand ils m'expliqueront pourquoi ils doivent me renvoyer.« Bonjour, pro-professeur Dumbledore. » Brillant, Potter. Pourquoi Rogue ne m'a-t-il pas appris à contrôler ma langue plutôt que mon visage ? Ca aurait été bien plus utile.
« Je suis désolé d'interrompre ton repas, mais je me demandais si je pouvais te dire un mot ? »
Un mot : « dehors », « expulsé »…
Je hoche la tête et jette un regard à Hermione et Ron. « A plus tard », je murmure avant de sortir de la Grande Salle en suivant le directeur jusqu'à son bureau.
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J'aperçois Fumseck dès que je rentre, et je me demande vaguement si les pouvoirs de guérison des phénix peuvent rendre à quelqu'un sa dignité. Je ne m'étais pas imaginé que Rogue irait tout raconter à Dumbledore. Peut-être parce que j'étais ivre à ce moment-là et que Rogue est le seul qui m'ait donné de l'alcool. Et bien, ce n'est pas la première fois que je me trompe à propos de lui. Dumbledore me demande de m'asseoir. Cela lui prend une éternité avant de me regarder fixement à travers et de dire : « J'ai reçu une lettre du professeur Rogue te concernant, Harry. Sais-tu quel à quel sujet ? »
Oh mon dieu. Il en a marre de ces bons vieux Gryffondor, peut-être ? « Non, monsieur », je mens en essayant d'avoir l'air le plus innocent possible.
« Dans ce cas, jette un coup d'œil », fait-il en me tendant le morceau de parchemin sur lequel scintille l'écriture rouge et soignée de Rogue. La couleur de mon douloureux passage dans cette école.
Prenant une profonde inspiration, je me concentre sur la lettre en essayant d'ignorer la voix qui me crie barre-toi !
Cher Albus,
Bien que j'avais envisagé de faire de cette lettre une requête pour un congé sabbatique, afin que je puisse retrouver pleinement mes esprits, je n'ai aucun espoir que vous prêtiez une oreille attentive à mon appel au secours. Dans ce cas, laissez-moi vous démontrer les preuves qu'un tel éloignement est nécessaire, à moins de vous soumettre une autre proposition.
J'ai décidé de donner au garçon la permission de venir dans mes appartements, à condition que ce soit pour étudier. Peut-être pouvons-nous arranger avec les autres professeurs pour qu'il obtienne du travail additionnel, ce qui lui donnerait l'opportunité d'augmenter sa moyenne. Je reconnais qu'essayer d'instruire Potter est une cause perdue, mais l'enseignement l'est lui aussi généralement, et je ne passerais pas mes soirées avec un adolescent ignorant. Veillez je vous en prie à ce qu'un autre bureau soit apporté à mes appartements, afin de le recevoir.
S'il vous faut une autre évidence pour vous prouver que j'ai perdu l'esprit, je suggère que des excuses plausibles soient envisagées au cas où Potter s'endormirait sur son devoir d'Histoire de la Magie. Il est victime de crises assez violentes lorsqu'il est réveillé, et mon nez est assez gros comme ça. Sans mentionner que le garçon est insomniaque et doit se résigner à dormir si cela lui est offert.
Je dois bien sûr insister sur votre discrétion. Si jamais l'histoire se répand comme quoi je l'ai aidé, vous aurez plus qu'une mort sur la conscience. Si jamais vous choisissiez de refuser mes requêtes et décidiez de me réserver une chambre calme à Sainte-Mangouste, je vous en serai éternellement reconnaissant.
S. Rogue
Ma bouche s'ouvre toute grande, et je relis la missive trois fois avant de lever mes yeux vers le directeur. Je suis soufflé et totalement déconcerté. Rogue a raison : une chambre à St-Mangouste, c'est exactement ce dont il a besoin. Dumbledore étudie ma réaction avec satisfaction.
« Je ne m'inquiéterai pas trop du ton de la lettre, si j'étais toi, Harry. Le professeur Rogue a toujours répugné à montrer sa générosité. »
Le ton employé, bien sûr, n'a rien à voir avec le fait que je sois estomaqué. Bien qu'être appelé une « cause perdue » n'arrange pas mon amour-propre, ce n'est pas inattendu. Mais, « Monsieur, quand a-t-il écrit ça ? »
Je l'ai reçu juste après le dîner, donc pas longtemps avant, je suppose. Pourquoi demandes-tu ça ? »
Oh, et bien, j'ai essayé de sauter ce mec la nuit dernière, alors je suis juste un peu étonné qu'au lieu de me bannir à jamais de son chez-lui, il m'invite au contraire à y revenir.
« Il n'en a pas parlé. »
Dumbledore sourit et si je ne le connaissais pas aussi bien, je dirais qu'il sait tout.
« Non, je suppose qu'il ne l'aurait pas mentionné devant toi. Il n'aurait pas voulu te faire croire qu'il appréciait ta compagnie. » Les yeux de Dumbledore pétillent et je réussis avec succès à refréner le rouge qui me monte aux joues. « Je présume que tu acceptes ses conditions ? Es-tu prêt à passer tes nuits à travailler dur pour remonter tes points en classe ? »
J'acquiesce et tente de ne pas penser aux autres possibilités avec lesquelles je préférerais passer mes nuits avec Rogue. J'essaie de refouler une nouvelle série de scénarios fantaisistes qui ont germé dans ma tête. Je suis peu optimiste quant à ça, mais même un petit grain d'espoir est suffisant pour m'exciter. Je remue sur ma chaise.
« Très bien, alors. J'arrangerai un programme d'étude pour toi avec les autres enseignants. Et je m'attends à ce que tes résultats en classe s'améliorent, Harry. Le professeur Rogue a été très aimable d'offrir son temps et son intimité pour t'aider. Il serait irrespectueux de ta part de ne pas mettre à profit ce temps pour faire ce qu'il t'a gentiment proposé. »
« Oui, monsieur », je dis d'un ton humble avant de sortir. Ce n'est pas que je ne me sens pas coupable d'avoir été si nul en cours. Je le suis. C'est juste que j'ai éprouvé de la culpabilité tant de fois, pour tant de choses, qu'il faut que je fasse attention à avoir l'air un peu moins fautif lorsque c'est nécessaire. Et c'est irritant de se voir rappeler que l'on devrait se sentir coupable, alors que c'est ce que je ressens de toute façon.
Dumbledore reprend le parchemin et le parcourt. « Ah oui, le nouveau bureau. Cela ne devrait pas être un problème. Nous avons déjà discuté de l'importance de garder cela confidentiel. Mais nous ne pourrions pas continuer à prétendre que tu es malade toutes les nuits sans éveiller de soupçons chez tes camarades. Je crois me rappeler un autre étudiant dont les absences répétées avaient fini par exciter la curiosité de ses amis Gryffondor. Nous devons être plus prudents, cette fois-ci. »
Sa référence au professeur Lupin me fait songer à Sirius, qui j'en suis sûr me tuerait s'il savait ce que j'ai fait. Non, oubliez ça. Il tuerait Rogue, même si ce n'était pas sa faute. Une nouvelle vague de culpabilité. Bien plus profonde que ce à quoi je suis habitué.
Dumbledore reste assis pendant un moment, puis finalement sa figure se détend et il me regarde. « Je crois avoir une idée, Harry. Je n'ai pas encore eu le cœur de chasser Crocdur de la cabane de Hagrid. J'y suis allé tous les soirs pour tenir compagnie à ce chien. Notre nouveau Garde-chasse, Mr Ripper, n'apprécie pas la qualité plutôt rustique de cette maison, et encore moins sa proximité de la forêt. Par conséquent, elle reste vide. Que dirais-tu de passer quelques heures avec Crocdur tous les soirs avant de commencer tes leçons ? »
Il étudie ma réaction et je me demande si j'ai l'air aussi secoué que j'en ai l'air. Je n'ai jamais pensé à Hagrid – dans ce sens-là. J'ai essayé de me sortir de l'esprit l'idée de sa mort, afin de ne pas devenir totalement dingue. Retourner à sa cabane, retrouver Crocdur signifie que je ne serai plus capable de continuer à prétendre que cela ne s'est jamais produit.
« Harry, je comprendrais si tu ne préfère pas. »
« Non ! Je veux dire, oui. C'est juste que je ne…savais pas que Crocdur était encore là. C'est tout. » Je tente un sourire convaincant et me dis intérieurement que je dois bien ça à Hagrid. C'est la dernière chose que je puisse faire pour l'homme qui m'a libéré des Dursley. Une frayeur persistante commence à m'envahir légèrement.
« Je peux connecter la cheminée de Hagrid à ta Salle Commune et au appartements du professeur Rogue, comme ça tu n'auras pas à courir les couloirs la nuit. Des moyens de détourner l'attention des étudiants trop curieux seront mis en place. Tu peux expliquer tes nouvelles responsabilités à vos amis, et si une leçon dure jusqu'au matin, tu pourras leur dire que tu t'es endormi là-bas. »
Alors que je l'écoute avec attention, je sens un trou géant se former dans mon estomac, menaçant de m'aspirer. Je m'imagine me rendre à la maison de Hagrid et la trouver vide, si ce n'est Crocdur. Je me représente la tête du chien, me fixant avec un regard accusateur. Aussi longtemps que je restais éloigné de la cabane, je pouvais continuer à prétendre que Hagrid était toujours là et que j'irais lui rendre visite demain si j'en avais le temps. Mais à présent que je dois y retourner, je dois accepter la vérité. Il est parti. Il ne reviendra pas. Et d'une manière une d'une autre, le blâme retombe sur moi. Mon sang. Ma faute. Je commence à trembler sans m'arrêter. Dumbledore le remarque et semble inquiet.
« Un peu froid, » je murmure en enroulant mes bras autour de la poitrine. Il n'a pas l'air convaincu. C'était une excuse plutôt nulle.
« Tu devrais peut-être suggérer à Miss Granger et Mr Weasley de t'accompagner ce soir. Ce serait plus facile pour toi, Harry, si tu ne devais pas y être confronté seul. Je sais que c'est difficile pour le moment, mais mieux vaut faire face à ses blessures avant qu'elles n'empirent. »
« Oui, monsieur. » Je jurerai que nous avons déjà eu cette conversation auparavant, je pense avec amertume. Pour me sentir à nouveau coupable juste après. Cet homme a fait beaucoup pour moi – détournant voire brisant toutes sortes de règle pour me rendre la vie plus facile. Quelque fois je souhaiterai qu'il n'ait rien fait de tout ça. La façon dont il me traite me donne juste l'impression d'être anormal. Je voudrais juste savoir pourquoi il fait tout ça. Le ferait-il pour quelqu'un d'autre ? Ou juste parce que je suis Harry Potter, « Le Foutu Garçon Qui A Survécu » ?
Oh, mon dieu. Je parle comme Rogue.
J'essaie de virer cette pensée, mais elle ne lâche pas prise. Pourquoi ? Pourquoi me laisses-t-il aller si loin ? « Monsieur, je peux vous poser une question ? »
Il sourit et dit : « Je crois que tu viens de le faire. Mais tu peux m'en poser une autre, si tu veux. »
« D'accord, » ok. Bon, comment puis-je formuler ça ? A mon avis, « Pourquoi est-ce que vous me laissez tout faire ? », n'est pas la meilleure façon d'exprimer ça. Mais c'est pourtant ce que je voudrais savoir. « Pourquoi faites-vous tout ça pour moi ? Je veux dire, j'apprécie vraiment, mais…voilà. » Très éloquent, comme d'habitude.
Je lève les yeux vers lui. Il a assimilé ce que je lui ai dit et à présent il est en train de chercher le meilleur moyen de me répondre tout en évitant une réponse directe. A chaque fois que je pose une question à cet homme, je me retrouve avec encore plus de questions auxquelles il ne répondra jamais. Pourquoi est-ce que ça ne m'a jamais frappé ?
« Harry, tu n'est pas le premier étudiant de Poudlard à bénéficier d'arrangements spéciaux. Et j'ose même dire que tu n'es certes pas le dernier. Les lois ne sont jamais aussi bonnes que lorsqu'elles sont flexibles. Et certaines concessions peuvent être faites, dans des circonstances extraordinaire. »
J'ai envie de lui dire que mes circonstances ne sont pas si extraordinaires. Je me rappelle soudainement ce que Rogue a dit à propos de Malfoy, la première nuit que j'étais dans ses quartiers. Mais je devine à l'expression du vieil homme qu'il ne dira plus rien. Peut-être qu'il y a eu aussi des concessions pour Malfoy et les autres enfants de Mangemort. De toute façon, on ne m'aurait pas tenu au courant, non ? Et Dumbledore ne va certainement pas me le dire.
« Très bien, Harry. Je vais m'arranger pour connecter la cheminée de Hagrid. Tu peux proposer à Ron et Hermione de t'accompagner, à condition qu'ils retournent au château à 20h. Une simple précaution. Dois-je dire au professeur Rogue de t'attendre vers 20h15 ? »
« Oui, merci. » J'expulse ces mots de ma bouche juste avant qu'elle ne s'assèche complètement. Bien que je doive admettre être curieux quant à ce qui se trame dans la tête de Rogue, j'ai comme l'impression que ce n'est pas quelque chose que j'apprécierais. Mon petit grain d'espoir se fait écraser sous la montagne de la réalité.
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Hermione, Ron et moi marchons d'un pas lourd jusqu'à la cabane de Hagrid. Nous ne parlons pas. Je sais qu'ils auraient préféré ne pas venir, mais je suis content qu'ils soient quand même là. Je n'aurais pas pu le faire seul. Avec eux, j'aurais de quoi me distraire. Je n'aurais pas à penser à quel point c'est étrange.
Mon cœur s'accélère alors que j'approche de la porte. J'entends Crocdur aboyer à l'intérieur et je m'attends à ce que d'une minute à l'autre Hagrid ouvre la porte et me donne des tapes dans le dos à m'en couper le souffle. Un chaleureux « en forme, Harry ? », ainsi que du thé et une flopée de biscuits immangeables. Crocdur gratte contre la porte, et j'étends le bras, réfrénant l'envie brusque de toquer. Prenant une profonde inspiration, j'ouvre la porte.
Nous sommes accueillis par l'énorme chien, qui sautille comme un chiot, nous renversant presque. Je ne peux pas m'empêcher de sourire. Cela faisait si longtemps. Je regarde autour de moi pour me rendre compte que presque rien n'a changé. Un peu plus propre, peut-être – il n'y a plus de carcasses d'animaux à demi-mutilés posés là comme pour nourrir un quelconque nouvel animal de compagnie. Plus de morceaux de gâteaux sur la table. Plus de Hagrid pour les manger.
J'essaie de repousser cette prise de conscience de l'absence de Hagrid. Il est juste sorti s'occuper d'animaux. Il m'a demandé de surveiller Crocdur. Il reviendra plus tard. Resserrant ma mâchoire, je donne de la nourriture et de l'eau au chien, avant de me tourner vers mes amis. « Dumbledore a dit que nous devrions aller le promener », je dis, avec probablement trop d'enthousiasme.
« Et bien, » commence Ron il n'a pas l'air à l'aise non plus.
« En fait, j'ai plutôt envie de thé, » dit Hermione avec précipitation, avant de traverser la pièce et d'attraper la bouilloire, qu'elle remplit d'eau.
« Ouais, bonne idée, du thé, » approuve Ron en s'asseyant.
Je les observe d'un air douteux. Ils mijotent quelque chose. Je me sens soudain encerclé. Avec appréhension, je m'assieds en face de Ron. Hermione dépose des tasses de thé et prend place au bout de la table. Personne ne s'assit à la place habituelle de Hagrid. Crocdur pose sa tête sur mon genou et je le caresse distraitement, observant ma tasse.
Après un moment, je sens leurs regards fixés sur moi. Je lève les yeux pour découvrir la même expression d'inquiétude sur leurs visages. Cela aurait pu être comique si ce n'était pas moi que ces expressions visaient.
« Quoi ? » Je les regarde tout à tour. Hermione mordille sa lèvre inférieure.
« Hary, » commence Ron. Je peux le voir essayer de formuler ce qu'il veut me dire. « Hermione et moi… » Il lance un regard désespéré à Hermione, qui a viré au rouge.
« Oh », je fais alors que tout devient clair. « C'est super. J'ai toujours su que vous finiriez ensemble. » Leurs bouches s'ouvrent en grand et je rigole. « En plus, vous vous disputez déjà comme un vrai couple. »
« Non ! Harry, ce n'est pas -- » Tout le sang que Ron avait dans le corps a migré vers sa figure. Il cache sa tête dans ses bras. « Hermione, dis-lui. »
Elle ferme les yeux et respire profondément. « On a utilisé ta cape d'invisibilité pour te suivre la nuit dernière, Harry. Désolée. » Les mots prennent un temps pour être assimilés. Ma cape. Ils m'ont suivi…Oh bon dieu.
Ma gorge se serre et je croasse, « Suivi jusqu'où ? » Ron soupire avant de me regarder. « Jusqu'au bureau de Rogue. Harry, qu'est-ce qui se passe ? »
« Comment vous avez pu faire ça ? » je m'écrie. L'expression de Ron se durcit.
« Et bien, on arrivait pas à savoir ce qui n'allait pas avec toi. Tu ne dis jamais rien ! »
« Oh, désolé. Je ne savais pas que je faisais partie de vos petites affaires ! »
« Tu as raison. Je me demande même pourquoi je me suis inquiété. Oh, peut-être parce que tu es mon meilleur ami. Ou du moins parce que c'est ce que je pensais. Mais à présent que tu as Rogue je suppose que tu n'as plus besoin de nous ! Viens, Hermione. » Il se met debout, faisant presque tomber sa chaise.
Pendant une seconde, j'ai envie qu'il parte. Ensuite, une partie plus logique de moi-même me crie de faire gaffe à ce qu'ils pourraient raconter aux autres. Le simple fait que Rogue et moi nous voyons en dehors des classes est censé être un secret. Même s'ils ne savent pas tout, ce qu'ils ont pu entendre la nuit dernière serait suffisant éveiller des soupçons dans toute l'école. Je cache mon visage dans mes bras – tiraillé entre la peur et la colère, et bien sûr la culpabilité.
« Harry », gémit Hermione. Je tressaille lorsque je sens sa main toucher la mienne. « Nous sommes vraiment désolés. » Ron renifle. « Nous avons juste...et bien, tu n'arrivais pas à dormir. Je sais que tu nous as dit que tu passais tes nuits dans la bibliothèque, mais tes notes sont horribles. » Je lève les yeux vers elle. Elle pince ses lèvres en me regardant d'un air qui dit « essaie de me contredire pour voir ». « C'est vrai. Et hier…et bien, tu avais l'air tellement retourné. Nous voulions être sûrs que tout irait bien pour toi. »
Je ne sais pas quoi dire. Je ne sais pas si je dois hurler ou pleurer comme un bébé. Je me rabats sur les soupirs et le mot « désolé » sort de ma bouche. Ron se rassied dans son siège. « Qu'est-ce que vous avez entendu ? »
« Tout. Hermione a trouvé un sortilège pour écouter aux portes. » Je le vois sourire faiblement. « J'ai cru qu'elle allait avoir une attaque quand elle t'a entendu lui parler de cette façon-là. » Je rigole doucement en imaginant l'expression sur son visage. Ron hausse brusquement les sourcils. « Est-ce que tu as…je veux dire, tu n'as quand même pas…passé la nuit avec lui ? Hein ? »
Je hoche faiblement la tête en essayant de chasser le souvenir de cette nuit. Une seule situation désagréable à gérer me suffit. Ron semble avoir le souffle coupé et je réalise brutalement ce qu'il me demandait. « Non, pas comme ça ! Je veux dire, il n'aurait jamais…on a pas…mon dieu, Ron ! » Je me sens soudainement fiévreux et nauséeux.
Ron a l'air soulagé. Il sourit. Contrairement à Hermione. Elle semble être en train de rassembler les différentes pièces d'un puzzle. Je nourris le mince espoir que ça a un rapport avec son cours d'Arithmancie. Elle ouvre sa bouche pour parler mais je l'interromps. « Ecoutez, personne n'est supposé savoir quoi que ce soit à propos de ça. Vous ne devez rien dire à personne. »
Ron roule ses yeux. Hermione fronce les siens. Elle me lance un regard dur et dit : « D'accord. Mais le peu de choses que je sais à propos de tout ceci me rend folle. Pourquoi est-ce que tu as dormi dans les appartements de Rogue ? Et pourquoi étais-tu si fâché à cause d'hier ? Il t'a donné de l'alcool ? Depuis combien de temps -- ? »
« Hermione ! » la coupe Ron. Je le remercie silencieusement. « Bon sang, laisse-le répondre. » Je ravale mes remerciements.
Il est clair que Hermione ne me laissera pas vivre en paix jusqu'à ce qu'elle sache. Quant à Ron, il la laisse juste être la voix de sa propre curiosité. J'ai gardé cela secret pendant si longtemps que je me suis demandé si ce n'était pas la véritable cause de ma dépression. Je commence à leur expliquer toutes les parties avec les entraînements. Ou du moins presque tout, étant donné que je passe celle où j'essaie de sauter mon professeur. Je ne suis pas sûr que Ron y survivrait. Je suis presque sûr que je n'y survivrai pas. La mort par humiliation. Aucun des deux ne parle, bien que je puisse voir la mâchoire de Hermione tressaillir, pleine de nouvelles questions. Quand j'ai terminé, je me sens incroyablement plus léger.
« Wow, Harry. Je ne sais pas si je dois te plaindre pour avoir passé tout ce temps avec Rogue, ou être impressionné. Je savais que Dumbledore était taré, mais pas à ce point-là. » Ron secoue sa tête.
« Il n'est pas si mauvais. Je veux dire, il était plutôt désagréable au début, mais après j'ai appris à le connaître. » Des conneries. Je ne sais rien de lui. Mais comment pourrais-je leur expliquer autrement que je recherche la compagnie de ce bâtard ? Qu'en réalité, j'apprécie ce crétin visqueux – tellement, en effet, que je me suis pratiquement jeté sur lui. Je grimace intérieurement et écarte cette pensée. Ron me fixe avec incrédulité. Je ris.
« Ok, c'est un salopard de première. Je dois y être habitué, c'est tout. Il est même plutôt marrant…d'une certaine manière. »
Ron regarde Hermione avec une gravité feinte. « Il est devenu fou. » Elle sourit. « Je ne sais pas, Harry. Tu n'avais pas l'air de rigoler, hier, en classe. » Je pince mes lèvres en me remémorant la trahison de Rogue. J'ai du exagérer ma réaction. Je veux dire, il n'a pas vraiment raconté à tout le monde que j'étais gay. Mais sur le moment, c'est comme ça que je l'ai ressenti. Je hausse les épaules, sans savoir quoi dire d'autre. Je ne peux pas leur dire pourquoi ça m'a réellement dérangé à ce point-là.
Hemrione est à nouveau en train de réfléchir. J'aimerais vraiment qu'elle arrête ça. Elle lance un regard à Ron, et les deux semblent avoir une conversation silencieuse. Ron la foudroie du regard et se détourne.
« Quoi ? » je demande stupidement. Je suis sûr qu'ils ne veulent pas vraiment savoir ce qu'ils sont en train de se demander.
Hermione regarde à nouveau Ron, qui a les yeux fixés sur la table. Elle prend une profonde inspiration. « Ce que le professeur Rogue a dit, tu sais, comme quoi tu matais Seamus. Je voulais juste savoir si tu, enfin, on a pas…c'est pas que… » Elle s'arrête, rougissant violemment.
Ron soupire avec imaptience. « Si tu es gay, tu peux nous le dire », murmure-t-il rapidement.
Je ne sais pas si je dois me sentir soulagé ou horrifié. « Est-ce que tout le monde sait ? » je grince. Je peux voir les gros titres : Le Garçon Gay Qui A Survécu, par Rita skeeter.
« Non ! » assure Hermione. « Je veux dire, tout le monde s'est juste dit que Rogue était…et bien, Rogue. On y a plus vraiment pensé jusqu'à, tu sais, ta dispute avec lui. Tu avais l'air tellement furieux.» Je hoche la tête. Je n'arrive pas à regarder Ron. J'ai presque l'impression de lui devoir des excuses, sans avoir pourquoi.
« Harry, ce n'est pas si important. » Je lève les yeux vers Ron, qui a un grand sourire. « Mais, heu...Seamus n'est pas…tu sais, il sort avec Lavande. »
Je gémis. « Bon dieu, Ron, je ne l'aime pas. Je regardais, c'est tout. » Je colle mes mains sur ma tête et ajoute « Enfin, c'est pas comme si je pouvais voir quoi que ce soit à travers ses robes. » Ron s'étrangle et je rigole.
Les yeux d'Hermione se rétrécissent. « Je veux que tu promettes de ne plus rien nous cacher, Harry. Je pourrais toujours trouver le moyen de fabriquer un sérum de vérité, tu sais. » Elle sourit alors que j'ouvre la bouche. Je lui promets mais croise mentalement les doigts – il y a juste quelques petits trucs qu'elle n'a pas besoin de savoir.
Nous décidons d'aller faire un tour avec Crocdur pendant l'heure qu'il nous reste. Je parle et ris avec eux comme si je ne les avais plus vus depuis des mois. Dans un sens, c'est le cas. Je leur dis au revoir à contrecoeur lorsqu'il est temps pour eux de retourner. Lorsque je reviens à la cabane de Hagrid, j'essaie de refouler la brusque montée de panique à l'idée de m'y retrouver seul – même si ce n'est que pour 15 minutes. Malheureusement, ce qui m'attend à la fin de ces 15 minutes n'est pas le soulagement. L'appréhension que je ressens envers ma discussion imminente avec Rogue se rajoute à mon affolement d'être seul ici, éclipsant la joie et le bonheur que j'avais ressenti avec Ron et Hermione.
Une éternité se passe entre chacun de mes coups d'œil à la pendule. Je commence presque à croire qu'elle est cassée lorsque je me rends compte que l'éternité en question n'a duré qu'une minute. Je caresse Crocdur pour me distraire aussi bien que je peux. Chaque grincement de la maison, le vent qui souffle me fait sursauter. On pourrait penser qu'après avoir vécu avec des fantômes pendant 5 ans plus rien ne pourrait plus m'effrayer. Et dans le fond, de quoi ai-je peur exactement ?
Lorsqu'il est 8h15, je me précipite presque dans le feu sans avoir utilisé la poudre. Je m'arrête heureusement à temps. Je réalise que je préférerai presque affronter Rogue et subir l'humiliation qui s'en suivra que de rester dans une maison hantée par un vieil ami. J'ai honte.
Je sors de mon sac la boîte contenant la poudre de Cheminette, que Dumbledore m'a donnée aujourd'hui. J'en jette une poignée et observe les flammes devenir vertes. M'excusant une dernière fois auprès de cette maison, je fais un pas dans la cheminée.
« Les quartiers du professeur Rogue. »
Je suis aspiré et presque instantanément je suis transporté jusqu'à son appartement où je jaillis hors de l'âtre et m'écrase sur le sol, juste à ses pieds. Je le vois sourire avec dérision derrière son livre.
« Félicitations pour un nouvel atterrissage en douceur, Potter. »
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Je me remets sur pieds et rajuste mes lunettes. « Désolé », je murmure. Je me demande combien de fois je devrais à nouveau répéter ce mot avant la fin de la journée. Si j'arrive un jour à faire devant cet homme quoi que ce soit qui ne soit pas affreusement humiliant, ce sera un miracle. Je me lève, frigorifié à cause de cet endroit. Je ne crois pas m'être jamais senti aussi mal à l'aise dans toute ma vie. Je n'arrive pas à le regarder, alors je fixe le sol en me préparant mentalement à un autre moment embarrassant.
« Qu'avez-vous apporté pour travailler ? » Malgré moi, je lève les yeux vers lui. Mon esprit commence à s'activer pour répondre à sa question.
« Heu...je dois lire un jeu de tarot pour lundi. Puis le chapitre pour votre cours. C'est tout. Le professeur Dumbledore ne m'a pas encore donné de programme d'étude. »
« Votre bureau est ici. » Il fait un geste de la main. Je vois un petit bureau en face du sien. « Je vous conseille de prendre des notes sur le chapitre que vous révisez pour mon cours. Votre travail pourrait difficilement empirer, mais vous pouvez certainement faire mieux. En ce qui concerne la Divination – et bien, je ne comprends pas pourquoi vous avez choisi d'étudier ces idioties, mais je suppose qu'il ne devrait pas être trop difficile d'inventer des absurdités qui raviront cette vieille chauve-souris. »
Je me surprends moi-même en rigolant. « C'est que je fais d'habitude, de toute façon. Tant que je meurs au moins une fois par semaine, elle est contente. » Mon sourire se fane lorsque je vois son expression glaciale. Je pense apercevoir de la colère dans ses yeux. Je devine qu'il n'est pas d'humeur à discuter. Je déglutis et me prépare à encaisser une attaque.
« Travaillez, Potter » dit-il à voix basse. Je ramasse mon sac et m'avance, chassant la pensée que nous ne sommes que vendredi et que j'ai tout le week-end pour faire mes devoirs. Je suis quand même content d'avoir apporté mon sac, juste au cas où. M'asseyant au nouveau bureau, je commence avec Potions, ce qui semble le plus urgent. J'ai vraiment du mal à me concentrer, étant donné que mon estomac brûle avec appréhension. Je commence à copier machinalement chaque mot du livre en essayant de m'y focaliser. Je ne sais pas combien de temps a passé lorsqu'il dépose une tasse de thé devant moi. Je tressaille lorsque je me rends soudainement compte qu'il est derrière moi. Il s'éloigne.
« Quoi ? Pas de scotch ? » je dis avec humour, espérant dissiper la tension qui est en train de m'étouffer. Il n'a pas l'air amusé. J'attrape ma tasse de thé pour dissimuler une autre vague de honte. Je sursaute alors que le liquide me brûle la langue. Il s'assied et me pétrifie avec un regard glacé.
« Est-il vraiment nécessaire de dire que cela ne se reproduira plus ? »
Je secoue la tête et tente de dénouer ma gorge. « Je suis désolé », dis-je d'une voix enrouée.
« De quoi êtes-vous désolé, Potter ? »
« Monsieur ? » Oh non. Je vous en prie ne m'obligez pas à le dire. Je combats la pulsion subite de coller ma tête sur la table, ce qui semble être sa position naturelle.
« J'aimerai savoir avec précision ce pour quoi vous vous excusez. »
Ok. Il veut me torturer. Je m'y attendais. Je le mérite. « Heu… » Je commence bien. « Pour… » faire de moi un abruti complet. « …vous avoir mis mal à l'aise, monsieur. » Je lève les yeux vers lui et m'aperçois que je n'ai pas donné la bonne réponse. « Et, heu….pour avoir bu tout votre scotch ? » Ce n'était pas supposé être une question, n'est-ce pas ? Bon dieu. Qu'est-ce qu'il veut entendre au juste ?
Après un long regard glacé, que je peux sentir sur le haut de ma tête baissée, il renifle avec mépris. Je le regarde et m'aperçois qu'il a enfoui son visage dans ses mains. J'ai vraiment du mal à m'empêcher d'aller le consoler. Mon dieu, je suis vraiment un crétin. Je lâche mon livre, décidant que les mains sont d'excellents substituts à la table. « Ecoutez », je dis à travers mes paumes, bien qu'une petite partie de moi me dise de me taire. «Je suis désolé…pour tout. J'étais stupide de penser…je veux dire, je savais que vous n'auriez jamais…je ne sais pas pourquoi-- »
« Potter, fermez-là. » J'ai presque envie de le remercier. « Faut-il vraiment répéter que si que ce soit est découvert, je perdrai mon travail ? »
Je le regarde bouche bée. « Mais vous n'avez rien fait. » Je dois admettre que cela ne m'était jamais venu à l'esprit. Et il a l'air vraiment contrarié que ce ne soit pas le cas.
« Hm. Passons en revue les différents événements, voulez-vous ? J'ai encouragé et autorisé un étudiant à boire de l'alcool. Au lieu d'insister pour qu'il regagne son dortoir, je lui ai permis de rester. J'ai déshabillé un garçon de 15 ans et je l'ai presque laissé m'embrasser. »
« Ce n'est pas ce qui s'est passé. Vous avez empêché ça. » Ma figure devient rouge.
« Pas assez tôt. »
« Trop tôt ! » je m'écrie alors que son visage se durcit. J'analyse ma réplique. Quelque chose n'a pas sonné comme ça aurait du. « Non, je voulais dire, ce n'est pas… » Ma tête rencontre la table avec un bruit sourd. Je décide de ne plus jamais la décoller de là…ou même parler. Plus jamais.
« Potter, ce qui s'est réellement passé importe peu. Voici la version des événements que le Conseil d'Etablissement prendra en compte. Je suis un adulte, votre professeur. Vous êtes un gamin de 15 ans. Tout le blâme retombe sur moi. »
« Je suis désolé », je murmure, reniant ma déclaration juste après l'avoir faite. Mais il y a peu de chance pour que ces mots s'effacent. Ils sortent aussi facilement que je respire.
« Tout comme moi. » Sa voix chancelle. Mon sternum en fait autant. Je lève la tête.
« Bon dieu, vous n'avez pas à…je vous en prie, ne le soyez pas. » Je préférerais encore qu'il me haïsse et me balance en dehors de sa vie. Je me rends soudain compte que sa version de ce qui s'est passé est la sienne. Mon estomac se tord en un nœud et je ressens soudain le besoin de le rassurer. « Je n'ai peut-être que 15 ans, mais je savais ce que je faisais…je veux dire…enfin, tout. Et je n'aurais jamais fait quelque chose que je ne… » Il grimace et je m'arrête. Je ne l'aide pas à se sentir mieux, je me conduis juste comme un abruti. Bien joué, Potter.
Nous ne parlons pas pendant un certain temps. Sa tête, posée sur sa main, se balance doucement et je regarde mon texte de Potions, qui pourrait aussi bien être écrit en japonais pour tout ce que j'en comprends. Je cherche désespérément quoi que ce soit à dire qui pourrait désamorcer cette situation. Et ferait disparaître toute culpabilité. Bon dieu, je suis tellement stupide. Je n'aurais jamais du boire autant. Je n'aurais pas du demander à rester. J'aurais du retirer ces foutues chaussures.
Mais je ne l'ai pas fait. Et je ne peux rien y changer. Je suis soudainement inspiré. J'espère seulement que je vise juste.
« Je sais comment ça marche, professeur. Vous vous rejouez sans cesse la scène dans votre tête en repensant à toutes les erreurs que vous avez commises… » Il reconnaît ses mots et me regarde. Je souris malicieusement. « Vous souhaiteriez avoir ramené la bouteille avec vous, m'avoir renvoyé dans ma chambre, avoir… »
« Potter, travaillez. » Il essaie d'avoir l'air en colère mais je peux voir qu'il ne l'est pas. J'aperçois les coins de sa bouche trembler. Je ressens à nouveau de l'air dans la pièce et je respire profondément. Je fronce les sourcils en essayant d'avoir l'air sérieux.
« D'accord. Mais vous devez arrêter de faire ça, Rogue. Ou vous finirez comme moi. » Mon cœur s'arrête presque lorsque je le vois sourire. Un vrai sourire. Avec les dents. Je ne suis pas loin de rougir, mais je parviens à sourire à mon tour.
Il me descend avec un regard glacial. « Etudiez. » Je réussis avec succès à m'empêcher de lui tirer la langue.
Je retourne à mon texte de Potions. Il me vient soudain à l'idée de lui demander pourquoi au juste il a proposé ces leçons, mais je garde ma bouche fermée, préférant éviter un brusque changement d'esprit.
« Et 10 points de moins à Gryffondor, Potter, pour être un sale gosse insolent. »
« 10 points en moins pour Serpentard, professeur, pour me donner des devoirs un vendredi. » Je lui lance un regard et le vois sourire avec sadisme. Je frissonne.
« Si votre texte de Potions ne vous intéresse pas, nous pourrions peut-être discuter de vos rêves. »
Ma tête retrouve sa place en ce monde. Il rigole.
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Fiou m'aura pris du temps cui-là ! Bon accrochons-nous vlà les réponses aux reviews (enfin mon petit cerveau qui peut s'exprimer librement....fait bizarre...) o_o
DarkWesterly: Mon dieu si je savais toutes ces choses crois-moi j'aurais pas eu un exam de passage! lool mais mord-toi pas les doigts (ne serait-ce que pour le repsect de notre Grand Maître au nez crochu, il est décrit avec des longs doigts délicats....*bave*) Ha-hem d'un autre côté les ongles rongés ça revient à la mode, non?! Non? Ha bon. Ben va falloir que j'invente otchause pour mes petits doigts tt boudinés alors... :'(
Elava: Héhé le bouche-à-oreille fonctionne à ce que je vois, hein les mutti? ^-^
Celine.s: Oublier? Qu'est-ce qu'il me resterait?! ( a part le ménage, la cuisine, les lits, l'école...)
Miya black: Que jusqu'au chapitre 8? Aie aie tu as loupé le meilleur, si je puis me permettre....(au fait je sais plus si c'est de toi la pétition mais je l'ai signée au moins 20 fois!) lool
Lionne: Pas de prob! :p
Cassandre: Tatata branche adsl crois-moi tu auras le temps (mais par contre tu vivras 23h/24 devant ton pc, ce qui est mon cas...lol)
Moonblack: "Même si c'est gay"? Ne me dis pas que tu es homophobe....(hem les sentiments, pour Harry ok, mais avec Severus on est co là au chapitre 20 et ils auront pas progressé d'un iota!) :''(
Clau: Wou....je comprends enfin ce que mon vieux prof de francais disait...sans ponctuation, c'est légèrement dur à comprendre....(et encore ce n'est pas une longue review!) lol Marchi marchi ^-^
Vivi Malfoy: Argh moi aussi je la veux mnt...je fonce sur le site!!
Meline Snape: Hem, Harry n'est plus trop un gosse, d'après ce qu'on apprend au long de l'histoire...il me semble que pour 15 ans il est déjà pas mal dévergondé! (moi, de mon temps...) :p
Blood-Countess: La 1ère cuite de Potter? En suis pas si sûre...oooh les vieux souvenirs refont surface...mon premier verre, ma première cuite, ma première cure de désintox...hem, keuf keuf, bon review suivante, s'il vous plait? lool
Mangafana: Wow quand je pense que même lorsque j'adore une histoire, je laisse une review de deux lignes faute d'inspiration...faut que tu me dises où tu vas chercher tout ça?? mdr Nan ta phrase est tt à fait française, c'est vraiment qqn de plus mieux qu'il faut pour Seamus parce qu'il est vraiment...mouais entre lui et Rogue perso j'hésite pas...arf et t'as bien raison pour l'alcool! (ma vie est une fic entière, dans ce cas...loool)
Lunicorne: c'est le calme après la tempête.... :)
Lili: Toi aussi tu as pleuré?? (youpie chuis pas la seule sensible de ce site..ha-hem) Censurée vi y a des chances mais bon j'ai vu des fics pires, pis une pétition circule en ce moment....
Na-chan: Argh tu me bats je n'ai jamais dépassé 2h du mat (mais le coeur y aurait été) et je suppose que tu l'as finie mnt...? (tcchh la fin est secrète....ok ok plus pour longtemps) lol
Miss serpentard: Rogue te fait rire dans toutes les fics? Héh ça pourrait faire un nouveau défi, ça...rendre Rogue le plus détestable possible (c'est vrai, quoi qu'il fasse on le trouve attachant, ce pauvre petit canard fragile et sans amis...) ^-^
Arcadiane: Les vacances étant finies, tu peux te permettre de ne plus être fleinarde...allez zou va lire en VO si tu es réellement pressée, parce que j'ai l'impression que je me ramollis avec le temps..chapitre 11, ça ferait un bo cadeau de Noël, non? lol
Shiefa Li: Bacione? Heu moi seulement anglais et allemand...c'est de quelle langue?? :)
Caroline Black: Décidément ce brave Sirius a une famille assez étendue à ce que je vois! Avouez...Patmol est musulman et vous avez toutes des numéros dans le dos??? mdrr
Mara potter: Désolée je pense que tu es déjà partie (et revenue) de vacances mais j'ai tjs mis l'adresse en haut comme tu l'as sûrement vu...Bof la Grêce tout ce que j'en a vu c'est le club et à la rigueur le port...pas visité grand.chose hélas....
Et que la Force soit avec vous!!
Gaeriel
