Voici un nouveau chapitre. Je suis vraiment désolée pour ce retard. J'espère que ça va vous plaire. Je sais que c'est un peu gros de demander ça, mais une 'tite review, à la fin de votre lecture me ferait plaisir. Comme d'habitude tout est à J.K.R. Voilà bonne lecture !

Ce n'était pas de l'amour à proprement parler. Plutôt une forme d'apaisement. Son regard ne trahissait aucune émotion. A part cette sérénité. Comme si elle savait que maintenant tout irait bien. Qu'elle ne risquait plus rien. Elle prit son temps. Rien ne pressait. Elle avait toute sa vie. Elle ne voulait pas lui dire. Lui expliquer. Elle voulait voir si ça viendrait naturellement. Le jeu en valait la chandelle. Si ce qu'il avait dit était vrai, tout irait bien.

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Elle entra dans la chambre sans frapper. Elle se dit après coup qu'elle aurait peut-être du. Juste pour prévenir qu'elle arrivait. Elle eut l'impression d'interrompre quelque chose. Elle se laissa tomber sur un fauteuil avec la délicatesse d'un éléphant. Elle ne cherchait pas à être discrète. Ca faisait longtemps qu'elle en avait perdu l'habitude. Drago lui lança un regard lui demandant d'être moins bruyante. Elle plia son papier et le rangea dans sa poche. Elle ne pouvait s'empêcher de remarquer qu'il la couvait du regard. Elle remarqua que leurs regards s'accrochaient, et ne se quittaient plus. Leurs respirations étaient synchrones et aucun des deux ne bougeaient.

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Il ne sut pas ce qui le surprit le plus quand il approcha de la pièce. Entendre son rire ou, entendre son rire mélangé à un autre. A un rire qu'il n'avait jamais entendu. Il n'osa pas entrer dans la chambre. Il avait peur d'interrompre ce moment. Il voulait l'entendre rire. Encore et toujours. Alors il se souvint de tous ces moments passés ensemble. Parce qu'il n'y avait toujours eu qu'eux. Tous les trois, ils ne formaient qu'un. Mais cette guerre semblait avoir eu raison de leur amitié. Lui qu'il la pensait indestructible. Il avait vu les failles apparaître, et n'avait rien fait. Il se sentait tellement vidé. Et ne voulait plus jamais s'occuper des problèmes des autres. Il en avait le droit, non ? Il avait tout sacrifié pour une population, qui refusait d'admettre la vérité. Elle avait laissé le plus grand mage noir, s'ériger en dictateur. Elle avait collaboré. Un grand nombre de sorciers, s'était associé aux Mangemorts, par peur. Ils l'avaient obligé à tuer. Et aujourd'hui, si tout le monde le voyait comme un héros, lui se voyait comme un meurtrier. Car c'était ce qu'il était. Et, depuis peu il était aussi un traître. En effet, en refusant de voir le désespoir d'Hermione, la connerie de Ron, il avait contribué à ce beau bordel. Alors, oui il se sentait responsable. Et il se laissa glisser contre le mur. Juste pour entendre son rire quelques minutes, avant de devoir entrer, en priant pour qu'elle ne le chasse pas.

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Quand il arriva, il le vit assis par terre. Et il comprit alors ce qu'il refusait de voir depuis des mois. Il n'était pas le Survivant. Juste un ado paumé. Un mec qui avait connu la guerre, perdu les personnes qu'il aimait. Il avait toujours été là. Pour la pierre philosophale, dans la chambre des secrets, dans la Cabane Hurlante, pour le Tournoi des Trois Sorciers, au ministère, les horcruxes. Ils avaient toujours fait face ensemble. Jusqu'au bout ils avaient été tous les trois. Jusqu'à Voldemort. Après sa mort ç'avait été la dégringolade. Il n'avait pas su comment faire face. Il ne savait juste pas quoi dire. Alors il s'était laissé porter tout simplement. Et il avait dérivé. Jusqu'à ce qu'il coule. Et au moment où il pensait avoir touché le fond, il avait découvert ce qu'elle avait fait. Et là, il avait percuté. Il n'était pas le seul. Ils avaient tous les trois coulés. Ils n'avaient pas su comment vivre après ça. On leur avait volé leurs jeunesses, et on les avait laissé là, sans leur dire quoi faire, une fois le sale boulot achevé. Et ça, ce n'était pas juste. On ne pouvait pas prendre des enfants, leur demander de tuer et ne pas les aider après. C'était hypocrite. Et eux payaient les pots cassés.

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Il n'avait pas pu s'empêcher de la regarder. Il n'arrivait pas à détacher son regard d'elle. Il enviait cet apaisement qu'elle dégageait. Il lui en voulait. Parce que, lui cet apaisement il ne l'avait qu'auprès d'elle. Et ça n'était pas juste. Lui aussi, il voulait pouvoir sourire. Rire. Et ne pas osciller en permanence entre haine et tristesse. Il savait qu'il n'était pas le seul dans cet état. Ils étaient toute une génération comme ça. Ils avaient tué. Même si c'était pour survivre. Même si c'était pour ne pas être tué. Même si c'était pour avoir une chance d'avoir une vie après. Mais cette vie valait-elle vraiment le coup ? Il se demandait, après coup, si tuer pour ça en valait vraiment la peine. Etait-il vraiment heureux maintenant ? Il ne savait pas. Tout ce qu'il savait, c'était qu'il était insomniaque, irritable, lunatique. Son père était en prison, sa mère était folle. Les doloris, après l'emprisonnement de son mari, l'avaient fait sombrer dans la folie. Elle ne croyait pas à l'idéologie de Voldemort, mais elle n'avait pas le choix. Alors elle avait suivi. Et maintenant elle ne reconnaissait même plus son propre fils. Lui qui ne dormait plus. Ou alors très peu. Fils qui comme tout le monde, était sur le qui-vive en permanence, avait sa baguette à porter de main, ne pouvait s'empêcher de brouiller les pistes derrières lui, maîtrisait les impardonnables mieux que certains adultes, ne bronchait pas devant un corps mort. Mais un fils qui, même s'il ne le montrait pas, avait peur. En permanence. Et cette peur le rongeait. Il dormait avec sa baguette sous son oreiller.

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Elle fut étonnée. C'était la première fois depuis longtemps qu'elle le voyait sourire. Ce n'était pas un vrai sourire. Juste les coins de sa bouche qui se relevaient. Un peu. Et pour se donner un peu de courage, elle le regarda dormir une minute de plus. Après, elle se tourna vers la Sang de Bourbe. Et la regarda.

"- Ca fait longtemps que j'attends ce moment.

- Quel moment ?

- Celui, où je pourrais le voir dormir. Sans que même son sommeil soit troublé par l'angoisse.

- Il est beau.

Elle ne chercha pas à nier. C'était une évidence.

- Je t'avoue, qu'au début je ne comprenais pas. Pourquoi ses humeurs étaient calquées aux tiennes ? Pourquoi, il ne voulait pas quitter ta chambre pendant ton coma. Et puis après, j'ai compris. Quand il était là, il ne souffrait plus. Il ne s'énervait plus. Alors j'ai voulu savoir pourquoi. Et je suis allée à la bibliothèque.

- Tu as quoi ! Hermione recracha son verre d'eau, sous le coup de la surprise.

- Ne me dis pas que tu fais partie de ces personnes qui pensent que je ne connais pas la bibliothèque. Celle de Poudlard, fait la moitié de la mienne. Je n'ai jamais éprouvé le besoin d'aller dans celle-ci. Jusqu'à récemment. Je n'avais pas le temps de me faire envoyer les livres nécessaires par hibou.

- Et qu'as tu trouvé ?

- Oh, à mon humble avis, rien que tu ne saches déjà.

- Tu ne vas rien lui dire ?

- Non. Mais je te préviens. Je le considère comme mon frère. Et si tu lui fais le moindre mal, dis-toi que Voldemort et Bella, m'ont enseigné l'art de la torture. Et que je n'hésiterais pas. Elle laissa passer quelques secondes pour que le message s'imprime dans son esprit. Pour lui, j'irais chercher Voldemort d'entre les morts, si cela devait contribuer à son bonheur. Même si je ne pense pas qu'il en ait réellement besoin actuellement.

- Mais pourquoi tu ne lui dis pas dans ce cas ?

- J'aimerais, que comme moi, il puisse avoir la chance d'apprendre à aimer."

Et sur ces paroles, elle sortit de la chambre. Laissant une Hermione, un peu perdue.