Disclaimer: Hidekazu Himaruya
Persos: France/Francis , Angleterre/Arthur
Paring: France/England
Genre: Humour , Romance
Chapitre 10: Seconde Tentative de Fuite
Une ombre descendit les escaliers de la demeure, lentement et sur la pointe des pieds. Un frisson l'agita et il regretta de ne pas avoir passé ses vêtements avant, mais il préférait rester en tenue d'intérieur au cas où Francis le surprendrait, c'est qu'il avait le sommeil léger quand il n'était pas chez lui. Il réprima un nouveau frisson quand ses pieds touchèrent le sol froid.
Et il arriva dans la cuisine sombre, il cligna plusieurs fois des yeux, regrettant l'absence de son ami Mint Flying Bunny qui l'aurait aidé à trouver ce qu'il cherchait réellement.
«Il ne me faut pas grand chose...pas grande chose...et il me fait...»
Sachant qu'il allait aussi piquer une caisse de rhum à la cave ensuite. Il ne savait pas encore comment il allait l'emmener mais il allait la prendre, point.
Il alla ouvrir un coffre quand il se rendit compte qu'il y avait une lueur derrière lui. Il se retourna lentement et fit face à son rival. Celui-ci en tenue de nuit le fixait tranquillement, un sourcil levé. La chandelle qu'il avait à la main éclairait la pièce d'une lueur diffuse.
«Qu'est-ce que tu fais là à une heure pareille Arthur? Tu cherches quelque chose?
- Je...je me suis réveillé et j'avais faim! Je..je suis donc descendu pour trouver quelque chose à manger puisque tu ne m'as presque rien donné hier soir! C'est de ta faute!» Apparemment son ennemi outre-manche avait décidé de le punir en lui donnant un maigre repas, et il avait encore un peu faim, même s'il venait surtout ici pour prendre quelques vivres (il ne savait pas vraiment le temps qu'il lui faudrait pour accomplir son plan).
L'autre sourit, narquoisement: «Si tu avais faim, il suffisait de m'en demander plus!
- Sans rire, tu me punis par simple plaisir de profiter de ta position de force et tu m'en aurais donné encore?» Railla l'anglais, mains sur les hanches, conscient qu'il était peu impressionnant dans cette tenue.
- «Tu sais, un simple ''s'il te plaît'' fait des miracles parfois.
- Plutôt me noyer que te supplier.
- Tu n'as pas changé depuis des siècles, ton langage est juste un peu plus agressif, c'est tout!» Il sourit et posa la chandelle sur la table, marchant vers différent lieu de la cuisine. «Puisque tu as un petit creux, je vais te donner de quoi faire un petit repas nocturne!»
Arthur finit avec une petite bouteille de rhum, une cruche et un verre de lait, un gros bout de pain blanc encore frais, un fruit et un morceau de viande froide sur un petit plateau de bois.
«Merci Frog, je n'en demandais pas tant! La bouteille de rhum c'est pour quoi?
- Cadeau pour le pirate que tu es, fais-la durer je ne t'en donnerais pas plus pour le moment!»
L'autre but un verre de lait d'un trait, sans cesser de sourire, le britannique grogna et continua dans sa lancée, avant que l'autre ne parte, pour avoir une dernière chose. Il toussota donc pour attirer son attention avant de formuler sa demande. «Je peux aussi avoir ta chandelle? J'aimerais lire un peu ce que tu m'as donné à lire...et ne pas manger dans le noir le plus complet! Je n'ai pas sommeil de toute façon!...A moins que tu ne penses que je puisse mettre le feu dans ta stupide maison!»
Un sourire railleur fut la première réponse et il rougit, se sentant terriblement humilié de devoir supplier comme ça. Il allait cracher qu'il s'en fichait de la lumière quand l'autre se décida enfin à lui répondre. «Pas de problème mon petit lapin...mais tu es si chargé, comment va-tu la prendre jusqu'à ta chambre?
- ….» L'autre serre les dents, de nouveau furieux mais consentit à desserrer les lèvres pour articuler un froid «Aide-moi...S'il-te-plaît!» faisant fi de sa fierté. Il lui ferrait payer cette humiliation aussi, qu'importe quand et comment, ça se parait et puis c'était tout.
Une fois seul dans sa chambre, il déchira un bout de draps aussi doucement que possible. Il s'en fit un baluchon où il mit rapidement la nourriture. C'était surtout pour la route. Il ne savait pas quelle distance il avait à parcourir. Durant le trajet avant son arrivée ici la première fois, il avait été à moitié évanoui, transi de froid. Il serra les dents de rage en repensant à sa capture et ne s'en sentit que plus stupide. Il entendait encore la voix narquoise du français au tout début.
«Et bien petit lapin, tu te trouves dans les limites marines de la Nouvelle-France. Tu n'as pas honte de violer les eaux d'un pays ne t'appartenant pas? Je vais devoir te punir maintenant!»
Il y avait de nombreux navires français ici et le sien avait été si vite entouré qu'il avait presque prit peur. Presque. Mais il s'était vite repris, pensant que s'il capturait la nation de France, il pourrait négocier son passage et surtout une belle rançon (entre autres choses). Seulement, Francis avait du avoir des doutes sur ses intentions car il garda, durant leur duel, une certaine distance, hors de portée du moindre contact physique. Et puis lui-même était tombé l'eau, il ne savait pas comment et l'ignorait toujours, il avait probablement trébuché lorsque Francis l'avait repoussé sur l'une des planches séparant les deux navires, planches posées comme moyens désespéré d'investir la frégate du français pour capturer la nation afin de se sortir d'affaire. Il ferma les yeux et serra les poings de rage et de gêne en se souvenant de la scène comme si c'était hier.
L'eau était glaciale dans cette zone du nord, surtout en cette fin d'hivers, cette eau où dérivait à la pire des saisons de gros morceaux de glace. La peur l'envahit dès qu'il fut submergé, il ne savait pas nager et ses vêtements étaient gorgés d'eau, et l'entrainaient vers le fond. Il savait qu'il ne pouvait pas se noyer, non ce serait pire.
La froideur de l'eau l'engourdissait déjà, il fit des mouvements désespérés et remonta légèrement. Erreur car, ayant coulé entre deux bateaux, il ne remonta pas vraiment au même endroit et se cogna la tête contre la coque. La douleur lui fit venir les larmes aux yeux, qu'il dut fermer à cause du sel présent dans la mer. Il coulait à nouveau, et ne put retenir un appel mental désespéré.
Peut-être y avait-il une créature magique marine dans le coin, peut-être...
Il sentit soudain qu'on le saisissait et qu'on le tirait vers la surface, il se laissa faire, trop faible pour bouger ses membres, glacé jusqu'aux os.
Il creva la surface, inspirant une goulée d'air (froid) avec bonheur, toussant un peu pour chasser l'eau qu'il avait avalé. Il tourna ensuite la tête vers son sauveur, espérant un membre de son équipage et le remerciement mourut sur ses lèvres.
«Fr...Frog?
- Tu n'es pas raisonnable Arthur, tu aurais du apprendre à nager et tu le sais!
- Tch, que toi tu saches ne m'étonne pas grenouille!
- C'est comme ce que tu avais dit quand nous étions enfants, je devrais toujours plonger pour te repêcher. Visiblement tu avais raison.»
Mort de gêne et de honte, l'autre voulut vertement répliquer mais n'en eut pas l'occasion. Il claquait nerveusement des dents, gelé par la température. Francis le fit vite remonter, grâce à une corde, sur son bateau où son équipage avait déjà fait prisonnier celui de l'anglais, déstabilisé par la chute de leur capitaine dans l'océan.
Humilié, ridiculisé...il avait été capturé si vite, si rapidement. Il n'avait pas eu le temps de réellement se battre ou se défendre. Maudissant une nouvelle fois Francis, en totale ingratitude, il s'habilla, enfilant ses habits de pirates, parfaitement nettoyé et réparé. D'ailleurs ce point le gênait beaucoup, il aurait préféré le faire lui-même. Il attendit donc un petit peu que le silence soit revenu dans la demeure puis déchira doucement ses draps pour en faire une corde qu'il jeta par la fenêtre afin d'atteindre le sol sans dommage (hors de question de faire une chute). Il se hissa sur le rebord et prit une grande inspiration avant de se laisser doucement descendre, espérant avoir bien attaché le bout, ne voulant pas tomber une nouvelle fois (et salir ses vêtements). Il arriva au sol sans problème et fit quelques pas vers l'écurie avant de se rendre compte qu'il avait oublié ses armes.
Où a-t-il dit qu'elles étaient déjà? Ha oui dans un coffre en bas dans son bureau...coffre surement fermé à clé, pour des raisons de sécurités vis-à-vis de Matthieu. Je n'ai plus qu'à remonter (en espérant que la 'corde' ne cède pas. Je n'ai plus qu'à descendre les marches lentement, en espérant ne rien faire grincer, même si c'était le cas tout à l'heure. Et tenter d'ouvrir le coffre sans bruit, en prenant en compte le fait que le bureau lui même est peut-être fermé. Et...j'ai aussi oublié la carte de la région, on a galopé assez longtemps pour arriver ici.
Malgré lui, ses pensées dérivèrent à nouveau vers sa capture. Hissé, trempé, sur le pont du navire français, devant un équipage intégralement capturé, il ne put que se rendre lui-même, l'épuisement et la froideur de l'air le faisant trembler comme une feuille. Arrivé au port, ses hommes furent embarqués vers la prison de la ville tandis que Francis le trainait lui vers une voiture tirée par deux chevaux et l'avait jeté à l'intérieur sans douceur. Il avait ordonné quelque chose au cocher et avait tendu une couverture à son rival qui s'en était avidement emparé. Puis le sommeil l'avait envahit et il s'était assoupis jusqu'à l'arrivé ici. En bref, Arthur ne savait absolument pas quelle direction prendre pour se rendre au port le plus proche, en espérant que ça soit celui où était son bateau, car tel n'était peut-être pas le cas. Il lui fallait un port d'une ville où il y avait un endroit pour enfermer les gens. Il ne se voyait pas demander son chemin avec une telle description, surtout dans une telle tenue qui le désignait immédiatement comme un pirate, ce qu'il était soit dit en passant.
Un frisson d'angoisse le parcourut quand il se rappela le temps qu'il avait passé ici. Presque deux semaines entières. Pourvu que son équipage soit toujours vivant. Pourvu que...Serrant les poings il se rendit rapidement vers les écuries et y entra lentement, espérant qu'aucune personne ne les gardait. Soit Francis était vraiment confiant, soit il était stupide, soit...quelque chose n'allait pas.
Un grondement le fit sursauter et il se retrouva face à un chien qui devait garder les écuries pendant la nuit. L'animal montrait les dents, l'air féroce et Arthur craignant des aboiements sous peu s'empressa de lui jeter le bout de viande. Et il échappa au pire, à son vif soulagement. Visiblement le gardien n'était pas des plus fiables. D'ailleurs n'y avait-il pas trop de chevaux? Ou n'y avait-il pas juste ceux de France, mais d'autres aussi? Peut-être plutôt cette solution, il y avait des champs dans le coin après tout.
Sortant un des équidés, sans aucun doute un de ceux de son rival, de son box, il le scella et le brida avant de le sortir du bâtiment pour le monter. Il le dirigea ensuite vers la route, ouvrant difficilement la barrière et la refermant derrière lui. Un léger remords le prit et il regarda en arrière, vers la demeure. Puis il secoua la tête. Non il ne s'était pas sentit chez lui, il ne s'était pas sentit presque bien avec ces frenchis et Matthieu était juste une colonie qu'il volerait à Francis un jour, point.
«Et rien de plus!»
Son rival avait plongé pour le repêcher d'accord, s'était occupé de lui certes, l'avait sauvé d'un salaud qui allait sans doute le torturer également mais il avait osé lui laver la bouche avec du savon et cela deux fois, l'avait traité comme...pas comme un adversaire, trop gentiment et ça le mettait vraiment mal à l'aise, il ne savait plus que dire ou que faire. Touché malgré lui par cette gentillesse. Mais il fallait qu'il durcisse son cœur, Francis était son ennemi et il ne pouvait se permettre de...de céder comme ça, pour rien en plus.
«Et je n'éprouve aucun regret! Je veux être libre sur les mers! Et c'est tout! Je n'ai besoin de personne pour être heureux!»
Secouant la tête pour chasser ces pensées négatives, il s'empressa de quitter les lieux au galop, même s'il n'avait aucune idée de l'endroit où il allait. Tant pis, il pouvait retrouver la mer n'importe où, il en était persuadé, et Francis ne devait pas vivre loin d'un port tout de même. Rien ne l'empêcherait de retourner à son bateau et d'écumer les océans à nouveau. Rien. Il pourrait toujours dérobé des armes à des gardes qu'il assommerait, tout simplement.
Il n'y avait rien de compliqué dans son plan, n'est ce pas?
Il avait beau être sûr de lui, il se perdit plusieurs fois, la faute à la nuit sans lune et à la totale obscurité (car des nuages cachaient les étoiles en plus). Il ne trouva le port qu'à l'aube. Et n'était même pas certain qu'il s'agissait du bon. Vraiment pas. Il pouvait certes dérober une caravelle mais seul? Et sans chargement, sans équipage, sans réserve, il n'irait guère loin.
A cette pensée, il stoppa, pétrifié sur place. Les réserves. Son chargement, autant de nourriture (et de rhum) que de marchandises volés avaient surement été vidé de sa frégate. Donc comment pourrait-il repartir avec des cales vides? Il grogna et maudit Francis une nouvelle fois, même si tout était de sa faute, à la base, pour être allé mouillé son bateau dans les eaux canadiennes.
«Fuck! Comment je vais faire? Je n'ai plus qu'à libérer mon équipage et voler un navire chargé!»
Mais comment savoir qu'il était chargé? Il fallait donc dévaliser un entrepôt mais comment faire pour le vider sans alerter les soldats français? Il se prit la tête entre les mains, quelque peu désespéré. Il ne savait pas quoi faire, vraiment pas.
Et vu que le jour commençait à se lever, ce ne serait plus très long avant que Francis ne se rende compte qu'il avait filé et ne se mette à sa recherche.
Il se reprit et dirigea son cheval à travers les rues de la petite ville. Tout était tranquille, après tout c'était l'aurore. Il finit par trouver un bâtiment gardé par de nombreux soldats et s'arrêta, se dissimulant derrière un mur, la bride de son destrier serré dans la main.
Était-il devant la prison ou était-ce autre chose?
Peut-être était-ce l'entrepôt de matières précieuses?
Quoiqu'il en soit, il devait savoir afin d'agir, il lui fallait un plan pour se sortir de tout ça.
Avant qu'il n'ait eu le temps de faire quoique ce soit ou de penser à la suite des choses qu'il avait à faire pour se sortir de cette situation et quitter ces terres, il entendit des bruits de pas derrière lui et une poigne d'acier lui tomba sur l'épaule.
«Tiens, tiens, comme on se retrouve...»
A suivre
