Auteur : Choupette

Titre : Des bleus sur nos coeurs.

Disclaimer : même pas une petite molécule de l'un d'entre eux.

Ca y est, c'est le dernier. Je blablate donc pas et vous laisse lire. ^^ Juste un grand merci à tous ceux qui sont restés jusqu'à la fin. Chapitre 10


La fin de la réunion avait sonné. Heero remercia ses collaborateurs et les laissa s'enfuir de bon cœur. Il était tard et chacun voulait rentrer chez soi, lui également. Lorsqu'il passa la porte, Gwladys était encore derrière son bureau, un air mutin sur le visage et ses yeux brillant d'une satisfaction à peine retenue.

« Je vous croyais partie depuis longtemps.

- Désolée M. Yuy, mais j'avais une dernière petite chose à régler.

- Merci pour votre travail, mais je ne voudrais surtout pas que vous vous tuiez à la tâche. »

Heero se dirigea vers son bureau, mais au moment où il essaya d'ouvrir la porte, elle resta close.

« Vous avez fermé le bureau ?

- Pas vraiment, même si je suis un peu fautive.

- Fautive ?

- Il semblerait que j'ai quelque peu effrayé M. Winner, il s'est alors barricadé dans votre bureau. Rien n'a pu l'en faire sortir depuis une heure, pas même le passage de Ryan du service comptabilité, ni le livreur venu réapprovisionner le distributeur de boissons. »

Heero posa ses dossiers et posa une fesse sur le bord du bureau.

« Vous avez fait peur à Quatre ?

- Terroriser serait plus juste.

- Nous devons ce miracle uniquement à votre personne ou y a-t-il une méthode appréhendable pour le commun des mortels ?

- J'ai bien peur que seules les femmes détiennent ce secret.

- Quelle déception. »

Gwladys lui adressa un regard complice qui les étonna tous les deux, même si ce n'était pas le premier. Heero se tourna vers son bureau.

« Je suppose que vous n'avez pas le doubles des clés ? »

Gwladys acquiesça alors qu'Heero se penchait pour appuyer sur l'interphone. Il n'eut même pas le temps de desserrer les lèvres que la voix de Quatre s'éleva.

« Vous pouvez toujours sonner, succube infernale, mais je ne vous ouvrirai pas pour autant ! Je suis parfaitement capable de vous coller un procès pour harcèlement sexuel. La femme qui osera me toucher n'est pas encore née ! »

Heero relâcha le bouton alors que Gwladys le regardait très sûre d'elle.

« Explications.

- M. Winner est arrivé telle une tornade, sûr de son bon droit quant à aller et venir dans nos locaux comme dans un moulin. Qu'il soit le bienvenu ici ne le dispense pas de montrer un certain respect.

- Jusque là, je vous suis.

- Je lui ai refusé l'entrée de votre bureau, certes c'était plus par contradiction…

- Venez en au fait.

- Il a essayé de me faire du charme.

- Tactique habituelle lorsque toutes les autres ont échoué.

- C'était tellement pitoyable que j'ai voulu le prendre à son propre jeu. Persuadée qu'il n'a jamais été avec une femme, je lui ai dit que je serai on ne peut plus ravie de le déniaiser en des termes un peu crus. Il semble que j'ai été des plus convaincantes puisqu'il est parti en courant dans votre bureau. »

Lorsque l'image de sa secrétaire aguicheuse et lubrique commençant à s'approcher dangereusement de Quatre s'imprima dans son esprit, Heero éclata d'un rire franc résonnant dans toute la pièce. L'interphone se mit aussitôt à sonner.

« Heero, c'est toi ?

- Oui Quatre et j'aimerais beaucoup entrer dans mon bureau.

- Elle est encore là ?

- Ne t'inquiète pas ma douce princesse, ton samouraï servant va faire fuir le vilain dragon.

- Très drôle. »

Un tour de clé se fit bientôt entendre. Heero remercia Gwladys d'être restée et put enfin accéder à son bureau. Quatre était assis dans le canapé, les traits légèrement crispés.

« Tu t'avoues enfin vaincu ?

- Oui, ton cerbère est le plus fort. Le jour où elle mourra, il faudra lui ériger un joli monument dans un cimetière pour chiens.

- La défaite te rend mesquin.

- Tu n'as pas failli te faire violer par une quinquagénaire frustrée. Elle m'a agrippé tel un poulpe géant.

- Et bien sûr tu n'es pas assez grand pour te défendre tout seul.

- Elle m'a pris par surprise ! »

Heero desserra sa cravate et se laissa tomber dans son fauteuil. Quatre se leva d'un bond.

« Non, non, non, non, non ! Tu te lèves, tu vas prendre une douche dans ta magnifique salle de bain privée et on décolle.

- Quatre je suis mort, je sors d'une réunion assommante.

- Raison de plus. J'ai découvert un bar très sympa et j'ai bien envie de me régaler de ta bonhommie naturelle.

- Je n'ai pas envie de me biturer.

- C'est parfait.

- Ni de me retrouver dans un autre lit que le mien.

- Tu rentreras en taxi !

- Tu ne pourras donc pas me ramener ? Comme c'est étrange.

- La chasteté expliquerait-elle ton humeur de merde ?

- En toute petite partie… Bien que je ne préfère pas me remémorer à quand remonte la dernière fois.

- Du moment que cela ne se compte pas en mois. »

Un silence abattu se profila entre eux alors que les yeux de Quatre s'élargissaient et qu'Heero faisait très sérieusement quelques statistiques en comptant sur les doigts de ses deux mains.

« Par pitié Heero va prendre une douche et viens avec moi. Au moins pour prendre un verre, ok ? »

En l'espace d'un instant, son costume s'était transformé en un pantalon noir et une chemise blanche aux manches retroussées et une veste hors de prix était posée sur l'accoudoir d'une chaise dans un bar enfumé. L'endroit était agréable, la musique pas trop forte négligeant heureusement les tubes à la mode complètement débilisants et les gens pas trop bruyants. Heero jeta un coup d'œil autour de lui alors que Quatre essayait de capter l'attention d'une serveuse sans succès.

« J'ai l'impression qu'elles le font exprès.

- Tu es parano, Heero.

- Vraiment ? Je ne veux pas faire un nouvel exemple de ma vanité ou de mon orgueil, mais tu en connais beaucoup des bars où l'on attend plus de dix minutes pour avoir un verre ?

- Remarque judicieuse. »

Heero se tourna vers le bar, se motivant intérieurement pour se lever et aller chercher leurs consommations. Son regard se figea avant de revenir furieux sur Quatre qui observait les joueurs de billards au fond de la salle.

« Dis-moi que c'est une heureuse coïncidence.

- Je peux te le dire, mais tu ne me croirais pas.

- Pourquoi ?

- J'en ai marre que tu te morfondes et c'est un bon moyen d'obtenir des infos sur Duo.

- Il y a d'autres façons pour ça.

- Devenir ami avec M. Muscles pourrait être utile…

- Je ne parle pas avec les Néandertaliens.

- Si tu parles avec M. Muscle, il le dira à Duo qui, lui, croira que tu t'intéresses encore à lui allant jusqu'à t'abaisser à venir voir Mister Musculator et peut-être qu'il te manque.

- Il faut que tu arrêtes de regarder des soaps.

- Et puis, il est carrément canon.

- Je croyais que tu avais arrêté de taper dans les débiles.

- Tu sais bien que les rôles sont inversés. Je ne « tape » dans rien, moi, donc je ne vois pas où est le problème. »

Décidément, rien ne servait de discuter avec Quatre. Heero se tassa un peu plus dans son siège alors qu'un homme de haute stature approchait.

« Bonsoir ! »

L'exclamation de Quatre n'éveilla pas la moindre attention.

« Je ne m'attendais pas à vous voir ici M. Yuy.

- Je vous assure que c'est réciproque.

- En effet, tout est de ma faute ! Quatre Winner, enchanté. »

Il avait tendu sa main avec un sourire charmeur et le tout fut dédaigneusement ignoré. Trowa se tourna quand même vers lui.

« Trowa Barton.

- Vous êtes l'ami de Duo ?

- C'est une véritable question ?

- De la politesse simplement. »

Trowa acquiesça impassible.

« Heero et moi espérions passer une bonne soirée…

- Vous avez choisi le mauvais endroit.

- Pourtant, je me sens à l'aise ici et je trouve ce bar extrêmement sympathique. »

Trowa haussa un sourcil, seul signe de contrariété. Il s'éloigna pour revenir avec deux verres d'eau qu'il posa sur la table.

« Bonne soirée. »

Quatre jeta un coup d'œil à son verre puis à Heero qui louchait sur la porte de sortie.

« Quel caractère.

- Toujours convaincu que ton idée était bonne.

- Absolument. J'adore la vue et il n'a pas l'air aussi stupide que tu le dis, sinon il nous aurait simplement mis dehors.

- Ravi pour toi. »

Heero vida son verre d'eau par réflexe et se leva.

« Où vas-tu ?

- Très loin. C'est ton idée, débrouille-toi avec George de la Jungle.

- Juste une question avant que tu ne me fausses compagnie : est-ce que je marque un point à chaque haussement de sourcils ?

- Tu ne trouves pas que la situation est assez compliquée comme ça ?

- Y a rien de plus simple qu'une partie de jambes en l'air et qui sait, il me fera peut-être des confidences sur l'oreiller.

- Bien. Alors, si tu arrives à tes fins malgré son antipathie flagrante pour toi, j'espère que tu l'auras assez mis en colère avant pour que tu aies du mal à t'asseoir pendant une semaine.

- Ce n'est pas vraiment la colère que je vise, mais s'il faut en passer par là… Pourquoi pas. »

Heero secoua la tête et s'en alla. Quatre héla une serveuse et commanda un whisky. Un nouveau verre d'eau arriva. Le blond sourit et chercha des yeux le patron des lieux qui se trouvait toujours derrière le bar à servir. Il quitta son siège pour aller se percher sur l'un des hauts tabourets. Trowa ne lui jeta pas un seul coup d'oeil, trop occupé pour attendre un quelconque signe du jeune homme qui sirotait tranquillement sa flotte. Un verre de whisky finit pourtant par atterrir devant lui.

« Partirez-vous si vous obtenez ce que vous voulez ?

- Vous n'êtes pas le seul à servir de l'alcool dans cette ville et prétendre savoir ce que je veux est très présomptueux.

- Il n'y a aucune présomption juste un manque total de personnalité chez vous qui tend au prévisible. Vous n'alliez pas partir avec lui. Vous voulez rester juste par défi, parce que cela me contrarie.

- Vous vous donnez trop d'importance. Je ne cherche pas à vous contrarier, cela ne rentre pas dans mes intérêts. Ai-je un peu plus de personnalité maintenant ?

- M. Winner, parler avec vous ne m'intéresse pas, qui que vous puissiez être ou quelque intérêt que je pourrais vous découvrir au détour de quelques mots échangés. Je ne porte pas Heero Yuy dans mon cœur et le peu que je sais de vous me suffit. Je vous prierai donc de partir, je peux même vous pousser vers la sortie s'il le faut.

- Vous oseriez me jeter dehors ?

- Sans aucune hésitation. »

Les deux hommes s'affrontèrent du regard. Quatre sentait que cette petite joute verbale amusait son adversaire autant que lui, pourtant cela n'avait plus rien d'un jeu.

« Si vous venez avec moi, cela m'est égal. »

Trowa haussa un sourcil, les yeux de Quatre se mirent à briller.

- // -

Heero avait quitté le bar hors de lui, mais il n'arrivait pas à en vouloir à Quatre qui essayait de l'aider comme il pouvait. Mais à quoi est-ce que ça pouvait bien l'avancer de parler avec M. Muscles ? Et ce qui l'énervait le plus : pourquoi Quatre l'avait-il laissé partir si facilement ? Cela ne lui ressemblait pas, il ne faisait rien au hasard et avoir mené Heero jusqu'à ce bar ne lui apportait rien du tout, s'il en repartait aussitôt. Et puis, avoir gain de cause auprès de lui était quasi impossible pourtant, pas de tentatives, ni d'argumentaires pour le faire rester, ni de poursuites sur le trottoir. Il fit volte-face alors qu'il s'apprêtait à héler un taxi et shoota dans une poubelle. Ce qu'il pouvait le détester ! Il ne lui avait rien demandé !

Il resta là, à faire les cents pas devant l'entrée, hésitant à partir, rechignant à donner une quelconque satisfaction à son ami. M. Muscles finirait bien par le mettre dehors à un moment donné. Sa veste sur le bras et les mains dans les poches, il se mit à attendre patiemment que le propriétaire des lieux donne à Quatre son premier baptême de l'air par impulsion manuelle avec atterrissage forcé dans une benne à ordure. La soirée avançait doucement, de plus en plus de gens encombrait les trottoirs et les rues ne désemplissaient pas. Un bus aux néons blancs s'arrêta à quelques mètres laissant des gens fatigués de leur journée descendre pour rentrer chez eux. Il allait détourner le regard lorsqu'un jeune homme en tee-shirt noir avança vers lui, un sac en bandouillère à demi déchiqueté pendant le long de son corps. Quelque chose dans son allure lui était familier. Il se pencha un peu pour voir son visage baissé, mais ce ne fut que lorsqu'il fut dépassé qu'il devint sûr. Heero lui prit le bras et son cœur se mit à battre furieusement lui donnant le tournis. Duo leva les yeux surpris et se dégagea brusquement.

« Qu'est-ce que tu fais là ? Je ne veux pas te voir ! »

Il se détourna et avança vers le bar.

« Duo attend… S'il te plaît. »

A son grand soulagement, Duo sembla l'écouter.

« Pourquoi es-tu venu ?

- Quatre m'a fait venir ici sans que je ne sache ce qui m'attendait.

- Et maintenant que tu sais ? Tu avais l'air prêt à parti.

- J'ai vu Trowa et je sais bien qu'il n'a aucune envie de me voir… Depuis quand es-tu revenu de Paris ? »

Duo se tourna vers lui en soupirant.

« Je n'y suis jamais allé.

- Quoi ?

- Je pensais que ça serait plus simple comme ça. Et puis, tu n'aurais pas voulu que je reste chez Odin de toute manière. On se détestait mutuellement, ça n'aurait fait qu'empirer les choses.

- « Détestait », ce n'est plus le cas ? »

Heero avait senti naître une étincelle d'espoir au fond de lui.

« Soyons clairs Heero, je t'en voudrais toute ma vie pour ce que tu as fait subir à Odin alors que tu étais tout pour lui. Tu es un enfoiré, mais je ne te déteste plus. Tu me fais pitié, car comme je l'avais dit : maintenant, tu es tout seul. »

Duo plongea son regard dans le sien, empli de lassitude et de tristesse. Heero ne savait quoi répondre à tant de vérité, mais jusqu'à cet instant, il avait supporté cette solitude, mais elle l'étouffait de plus en plus alors que la seule personne qu'il désirait voir partager sa vie était à portée de main sans qu'il ne puisse jamais la toucher.

« Je trouve qu'on est très bien l'un sans l'autre, donc ne reviens plus, ok ?

- Non, je ne veux pas. Je ne peux pas imaginer que c'est la dernière fois que l'on se voit.

- On en arrive encore au même point : ce que tu veux.

- Pardon, je me suis mal exprimé. Je… je ne sais pas par où commencer et comment te faire comprendre. Il n'est pas question de moi. Tu étais le compagnon de mon père, tu as de l'affection pour Kate, William et Wufeï et tu comptes pour eux. Et tu as autant le droit que moi de vivre dans cette maison et tu y seras toujours le bienvenu.

- Heero arrête les excuses bidon…

- Ce n'est pas que du vent et tu le sais. C'est pour ça qu'on va devoir apprendre à se supporter ou à s'ignorer lorsqu'on se trouve dans une même pièce. Tu veux faire une croix sur ces trois dernières années peut-être ? On ne peut pas vivre sans se voir ou se croiser.

- On l'a très bien fait ces derniers mois, non ?

- Tu veux qu'on joue à cache-cache pendant des années ? Comment j'arriverais à te demander pardon alors ? Duo je suis désolé, tellement désolé.

- Et qu'est-ce que ça change ?

- J'ai enfin compris à quel point j'ai été… Il n'y a même pas de mot pour me qualifier ! J'avais tort, j'ai été le roi des cons, je comprends maintenant…

- Tu aimerais avoir une autre chance ? Mais je te l'ai déjà donnée.

- Et comment voulais-tu que je l'accepte : comment voulais-tu que je digère tout ça, tous ces mensonges alors que je prenais conscience des sentiments que j'avais pour toi. Vous m'avez donné la chance de vivre avec vous sans me dire la vérité, vous me faisiez la charité de m'accepter sans vous dévoiler. Je n'ai eu qu'une seule opportunité, celle que tu es venu me donner ce soir-là. J'ai été un connard fini, mais accepte le fait que vous auriez du me parler.

- C'était la décision d'Odin…

- Décision que tu ne cautionnais pas, autant que me cacher sa tumeur… Toi-même tu savais que c'était un mauvais choix.

- Ça ne t'excuse en rien.

- Je sais. Je voulais juste que tu saches que je suis désolé pour tout et que si tu souhaites revenir, tu le peux. A toi de voir également si je reste ou pas.

- Je ne peux pas, c'est trop dur. Cette maison, c'est Odin… mais il n'y est plus.

- C'est pour ça qu'il voulait qu'elle revienne aux gens qu'il aimait. »

Duo tourna son visage vers la rue, les phares des voitures se reflétant dans ses yeux brillants. Heero n'osait bouger sentant l'hésitation affluer dans le cœur de Duo, voyant son regard se troubler et les sentiments antagonistes qui s'y reflétaient.

« Tu as lu le journal ?

- En partie.

- Comment ça ?

- Je me suis arrêté au jour de ton accident.

- Pourquoi ?

- En lisant le journal, j'ai appris à connaître mon père et je sais déjà pourquoi il est tombé amoureux de toi. Je ne préfère pas lire la suite. Si je dois apprendre à te connaître vraiment c'est par toi et pas au travers de ses pages. A connaître votre histoire ce serait mieux si tu me la racontais. Je veux t'entendre, savoir tout de vous et de toi, être celui qui sera prêt un jour à tout sacrifier pour toi, même si je m'en sens déjà capable. »

Les lèvres de Duo s'entrouvrirent légèrement et son regard se perdit dans le vague. Il ne savait plus où il en était et que penser de tout ça. Il regarda Heero un peu perdu.

« Je ne sais pas.

- Ce n'est pas important. Je ne m'attendais pas à ce que tu partes faire tes valises dans l'instant, ni même dans les semaines qui viennent. C'et à toi de décider. Il fallait qu'on mette certaines choses au point.

- La perte d'Odin est trop présente encore, trop douloureuse. J'ai du mal à aller au-delà de ça. Peut-être un jour, mais je ne sais pas.

- Cela peut prendre tout le temps possible, en attendant tu peux voir Kate et Wufeï, venir à la maison ou à la société, fais comme bon te semble. Ne prends pas ça comme une autorisation ! C'est juste comme ça, enfin je veux dire… Tu comprends. Je t'attendrai. »

Heero eut un sourire forcé.

« Peut-être à bientôt... peut-être à jamais. »

Duo acquiesça et regarda Heero droit dans les yeux pour la première fois.

« Oui. Peut-être. »

La respiration d'Heero se bloqua et ses poumons se mirent à la brûler, il allait avancer la main, mais se retint presque aussitôt. Il jeta un dernier regard à Duo et lui sourit puis il se retourna pour héler un taxi. Il fit un léger signe d'au revoir et grimpa à toute vitesse dans le premier se présentant avant que ses résolutions ne s'effondrent et qu'il le prenne dans ses bras et ne gâche tout.

Duo aimait toujours Odin et le moindre geste déplacé aurait été bien cruel et mal perçu. Il se laissa tomber sur la banquette donnant vaguement son adresse au chauffeur. Son cœur battait comme s'il se tenait au bord d'un précipice et résonnait à ses oreilles. L'avenir semblait incertain et le pardon de Duo ne lui serait jamais accordé, mais quelque chose dans les yeux violines l'avait enflammé et avait ancré une certitude dans son esprit, quelque chose d'indélébile qui le rassurait, qui le rendait certain d'une chose : Duo viendrait vers lui un jour.

Heero se voyait déjà, assis sur la terrasse, le dos au mur et les yeux clos. Le vent ferait bruisser les feuilles des arbres, des pas résonneraient derrière lui et son odeur le ferait frémir. Le temps passé à attendre disparaîtrait alors comme un soupir et rien ne l'obligerait jamais à repartir.


Fin