Coucou tout le monde ! Joyeux Noël et Bonne Année ! Diamsley, tes reviews me font prendre la grosse tête, mais c'est pas grave, continue -) Les autres, vous n'êtes pas très encourageants, ça ne coûte vraiment rien de laisser un commentaire, ça prend deux minutes. Même si c'est juste pour dire « J'adore ! » ou « C'est nul… », ça me convient, du moment que vous commentez.

Bref, voici la suite…

Mohinder fut réveillé par une odeur de café, qui semblait aller et venir sous son nez… Il commença par grommeler quelque chose d'inintelligible avant de se retourner de l'autre côté. Mais au bout de trente secondes, la fragrance revint l'empêcher de dormir.

- Dit, c'est pas bientôt fini, ce cirque ? J'ai pas que ça à faire, moi !

L'Indien se redressa d'un coup, ayant reconnu la voix, et Sylar recula prudemment pour ne pas renverser la tasse de café.

- Mais… Mais qu'est-ce que tu fous là ?, bredouilla le généticien, complètement perdu.

- Attends deux secondes : ça va te revenir.

Mohinder plissa les yeux, essayant de se concentrer malgré le mal de crâne qui lui broyait le cerveau… Mal de crâne ? Gueule de bois ? Il avait bu ? Bon sang, la rivière, ça lui revenait, maintenant… ! Et bien sûr, il fallait que ça soit Sylar qui le sorte de ce guêpier !

- Je me souviens, grommela-t-il, tout en s'emparant de la tasse de café pour en boire une gorgée.

Il fut étonné de le trouver aussi bon, d'ailleurs. Mais il n'allait certainement pas l'avouer devant le croquemitaine.

- Bon, moi je dois te laisser, Charly va bientôt se réveiller. Tes clefs sont dans la cuisine et ta moto chez le barman d'hier soir. Tu te souviens où c'était ?

L'autre se contenta de hocher la tête. Il avait trop honte pour croiser le regard de Gabriel, qui ne tarda pas à s'en apercevoir.

- Hey… !

- Quoi ?

- Tout le monde pète un câble de temps en temps. Te prend pas la tête pour ça, ok ? On a qu'à dire qu'on est quitte, et je dirais rien, ça te va ?

L'Indien leva ses yeux sombres et tristes sur l'horloger et lâcha un petit :

- Oui.

Du bout des lèvres. Croisant son regard, l'ex-sereal-killer ne put s'empêcher de remarquer le gouffre de chagrin qui y tourbillonnait lentement. Mais sur le moment, il songea que cela ne le concernait en rien, et tourna les talons.

Il était à la porte quand le généticien lança :

- Merci.

- Pas de quoi.

Il emmena Charly consulter un psychiatre dans l'après-midi. Confronté à la terreur du petit garçon face à un inconnu, le médecin le pria de rester dans le bureau avec eux, afin de tranquilliser l'enfant. Ce dernier se blottit donc sur les genoux de son père adoptif et ne décrocha pas un mot de toute la séance. Le psy dut donc se résoudre à s'adresser à Sylar.

- C'est le fils de Chandra Suresh qui vous a orienté vers moi, si j'ai bien compris… ?

Pas vraiment plus bavard que son garçon, Sylar hocha la tête d'un air absent.

- Vous m'avez parlé d'un traumatisme…

Caressant doucement les boucles brunes de Charly, l'horloger entreprit d'expliquer à l'Indien le peu de chose qu'il savait ou supposait concernant les mauvais traitements subis par son fils. L'homme écouta patiemment, en hochant la tête d'un air grave.

- Ce que vous me dites là n'est pas très courant… D'autant que vous n'êtes sûrs de rien.

- Je n'ai pas inventé ses cauchemars, rétorqua sèchement Gabriel. Les hurlements au beau milieu de la nuit ne sont pas un effet de mon imagination.

- Je n'ai pas dit que je ne vous croyais pas…

- Non, en effet, vous l'avez seulement sous-entendu. Est-ce que vous pouvez aider mon fils, oui ou non ?

Avec un soupire, l'homme se renversa dans son fauteuil.

- Je l'ignore. On ne peut jamais savoir à l'avance. Mais je veux bien essayer. Comment communiquez-vous avec lui s'il ne parle pas ?

- Parfois, il parle. C'est rare et il dit juste quelques mots, mais il parle. Sinon, il hoche la tête. Parfois, c'est juste avec des regards…

L'autre sourit, et poussa un petit paquet de feuilles blanches et une boîte de crayons de couleur vers Charly qui leva le nez une fraction de seconde avant de replonger le visage dans la veste de son père.

- Votre contact ne semble pas le traumatiser, remarqua le psy.

Ce à quoi l'ex-croquemitaine se contenta de hausser les épaules.

- Charly, tu veux dessiner ?, demanda-t-il doucement à son fils en lui donnant un crayon.

L'enfant s'en empara, puis se déplia avec hésitation pour se pencher vers le bureau, auquel il se retint d'une main, l'autre toujours agrippée au col de Gabriel. Il le regarda, comme s'il cherchait son approbation.

- Vas-y, tu peux : c'est pour toi.

Le petit garçon eut un sourire pâle, puis, posant ses coudes sur la table, entreprit de griffonner avec application. Les deux hommes poussèrent de concert un soupir de soulagement.

- Bon. Ce n'est pas très habituel, mais puisque vous êtes la seule personne à même d'obtenir sa coopération, je vous demanderais de rester ici à chaque séance, et ce jusqu'à ce qu'il soit envisageable qu'il se passe de votre présence.

- D'accord. Je pensais le mettre à l'école à la rentrée…

- Inenvisageable. Nous en reparlerons dans quelques séances si vous le voulez, mais son état mental ne le permet pas pour le moment.

- Très bien.

- Oh, Sylar, tu rêves ou tu t'ennuies ?

L'horloger jeta un coup d'oeil agacé à Peter, qui avait pris le volant de leur fourgon. Ils transféraient un prisonnier du tribunal au centre d'incarcération de New York. Il partirait bientôt pour la prison spéciale, construite récemment dans le désert du Nevada, et conçue pour retenir les spéciaux. Il avait pris vingt ans de taule pour meurtre. La loi s'appliquait à tout le monde, même aux spéciaux, et c'était bien normal.

- Sérieux, à quoi tu penses ?

- À Charly, comme d'habitude. Te fais pas de souci pour moi, Petit Peter…

- Je t'ai déjà demandé de ne pas m'appeler comme ça !

- Désolé, j'oublie tout le temps.

Gabriel reporta son attention sur la route qui défilait. En réalité, ce n'était pas à son fils qu'il pensait, mais à Mohinder. Il ne s'en était pas aperçu tout de suite, mais depuis le matin, toutes ses pensées (ou presque) étaient tournées vers lui. Il était hanté par le regard désespéré que lui avait adressé l'Indien, quelques heures plus tôt… Si les yeux sont les fenêtres de l'âme, alors celle de Mohinder était noyée dans le chagrin et l'obscurité. Et même si le sort du généticien ne le touchait absolument pas –à force de se le répéter, ça finirait peut-être par être vrai-, quelque chose qui ressemblait à un mélange de compassion, de sympathie et de culpabilité était lentement entrain de s'infiltrer dans son cœur de tueur…Plusieurs fois dans la journée, il avait failli s'en ouvrir à Peter, qui, après tout, était plus proche que lui du généticien. Il ne l'avait pas fait. Quelque chose, au plus profond de lui, lui hurlait que raconter ça à quiconque ferait plus de mal que de bien.

À l'heure d'aller se coucher, il arrêta Charly qui était sur le point d'avaler un somnifère entier.

- Pas fou, non ? C'est dangereux, ce truc-là ! Ce n'est pas pour les enfants ! Je t'en donne seulement pour que tu ne fasses pas de cauchemars, si tu fais n'importe quoi, j'arrête, c'est compris ?

Il n'élevait presque jamais la voix sur son fils, d'abord parce qu'il ne lui en donnait pratiquement pas l'occasion, ensuite parce qu'il considérait qu'il était suffisamment traumatisé pour le reste de sa vie. L'enfant baissa tristement la tête, un peu effrayé par la réaction vive de Gabriel. Ce dernier, après avoir rangé les médicaments dans l'armoire à pharmacie, alla rejoindre le petit garçon qui s'était blottit sous sa couette avec son ours, tourné vers le mur.

- Eh, t'es pas fâché quand même ? Tu fais la tête ?

Il n'obtint qu'un haussement d'épaules en guise de réponse. Avec un petit soupir, l'horloger s'assit sur le bord du lit. Ils avaient beau être globalement sur la même longueur d'onde, il lui arrivait d'être un peu largué. Il connaissait, avec Charly, des situations qu'il n'avait jamais connues étant enfant, avec son propre père. Monsieur Gray n'était pas méchant, mais pas très tendre non plus. Il ne l'avait probablement jamais pris dans ses bras, ni ne lui avait dit qu'il l'aimait.

- Charly…

- Hmm…

- Écoute, je t'ai dit que j'étais pas doué, ok ? On est un bon père quand on a eu un bon père. D'abord, je suis même pas vraiment le tien, alors… Mais je sais une chose : les somnifères, c'est pas terrible pour les gosses, surtout aussi jeunes que toi. Alors pour ce soir, je préférerais que tu t'en passes, d'accord ? Tu comprends ?

Après un instant d'hésitation, le petit garçon se redressa et vint se blottir dans les bras de Sylar, qui sentit un poids quitter ses épaules.

- Je peux te parler d'un truc qui me turlupine ?

Il sentit l'enfant hocher la tête contre lui, avant de s'asseoir pour le regarder.

- Tu te souviens de Mohinder ?

- Oui.

- Je crois qu'il ne va pas vraiment mieux que toi.

- Je sais.

Gabriel tiqua.

- Comment ça, tu sais ?

Charly haussa les épaules avec un sourire malin, et l'horloger se sentit soudain incroyablement stupide. Il avait vu l'Indien bien plus souvent que l'enfant, et jusqu'au matin même, il n'avait rien vu.

- Ok, oublie cette question. J'ai l'impression qu'il faut que je l'aide, mais je ne sais ni pourquoi ni comment. Ça ne me regarde pas vraiment, c'est plutôt le bouleau de Peter, ou de Parkman, à la limite…

L'enfant rigola, tout en suçant son pouce, ce qui donna un son bizarre et un peu déformé, mais qui eut le mérite de rendre le sourire à Gabriel, qui caressa la joue du petit garçon.

- C'est moi qui te fait rire ?

- Hon…

- Tu vas te déformer la bouche à force de sucer ton pouce.

Nouveau rire.

- Bon, allez, dors maintenant.

Charly lui tendit les bras pour réclamer un câlin et l'ex-croquemitaine le serra très fort contre lui avant de quitter la chambre.

Ne pouvant pas dormir, il alla s'installer, en sentinelle, sur le toit de l'immeuble d'en face. De là, il pouvait voir par la fenêtre de Charly, et contemplait son fils endormi. Il avait emporté un thermos de café. Il était désagréable d'avoir envie de dormir quand on n'y parvenait pas.

Il entendit venir Mohinder de très loin, mais il ne fit pas un geste, ne dit pas un mot pour le dissuader d'approcher. Il attendit qu'il fut debout à ses côtés.

- Tu montes la garde ?

- On peut dire ça. Insomniaque ?

- Oui.

Un court silence.

- Tu peux t'asseoir, si tu veux.

- Oui. Merci.

L'Indien resta debout encore deux ou trois minutes avant s'installer à côté de lui, les jambes dans le vide. Sylar lui tendit sa tasse.

- Café ?

- Pourquoi pas ?, répondit-il, se rappelant la saveur de la tasse du matin.

Ils passèrent la quasi-totalité de la nuit, assis sur le bord du toit, à boire du café et à parler de tout et de rien, de Charly, de l'Inde, des Spéciaux, du temps qu'il faisait, des frères Petrelli, de la génétique… Mohinder rentra chez lui une heure avant que le soleil se lève. Il revint le soir suivant, et le lendemain, et le surlendemain, et chaque soir qui suivit pendant tout l'été. Ça n'avait certes aucun sens, mais c'était toujours plus productif que picoller à en essayer de se noyer et ruminer n'importe comment sur n'importe quoi. C'était ce qu'ils se disaient pour justifier ses nuits irréelles où ils avaient l'impression de se connaître par cœur, et ce depuis la nuit des temps…

À suivre… Et oui, je sais, je suis cruelle ^^ Voilà ce que je vous propose : vous m'écrivez un max de reviews (c'est la quantité qui compte, pas la qualité, je vous l'ai dit), et plus y en aura, plus je me dépêcherais d'écrire le chapitre suivant. Ok ? Du chantage ? Nooooooooon, pas moi, mais enfin, comment osez-vous ?