Encore une fois, double dose ici ! J'avoue que j'attendais d'écrire ces deux drabbles, surtout le deuxième, depuis que j'avais eu les idées pour. Muhuhu. :D

Réponse aux reviews anonymes :

Saya : tant d'enthousiasme me touche ! Merci pour tout. Oui, jouer avec un bon siècle de trou est toujours très amusant et très intéressant, surtout qu'on peut vraiment essayer de jouer dessus :D pour l'idée de la hollowification dans le deuxième drabble... uhuh, je reviendrai dessus dans un des autres drabbles (qui devrait tomber la semaine prochaine) :)


Contexte du premier drabble : Karakura, 1904


10# Silver (Argent)

- Dis donc, Kisuke...

L'ancien capitaine de la cinquième se pencha vers le scientifique, tellement concentré sur son travail qu'il ne l'avait pas entendu. Maintenant qu'ils pouvaient enfin bouger, depuis qu'ils avaient dominé leurs Hollows (imparfaitement, mais assez correctement pour pouvoir vivre sans être en permanence enchaînés dans des kekkais), Urahara cherchait des solutions pour subvenir à leurs besoins. De trois personnes à nourrir (et encore, Yoruichi disparaissant régulièrement, sans donner de nouvelles, pour revenir quelques jours plus tard), ils étaient passés à onze, ce qui lui avait sérieusement compliqué la tâche.

- Hé, tu pourrais réagir quand j'te parle !

- P... Pardon, Hirako-san, mais je...

Le soupir exagérément agacé de Shinji le fit taire alors qu'il relevait la tête vers lui. La nouvelle coupe de cheveux de son ex-collègue lui laissait toujours une impression étrange. Les longues mèches blondes, dont il était si fier, avaient laissé place à une coupe plus courte, qui le rajeunissait peut-être un peu trop. Il lui avait bien dit que s'il ne voulait pas avoir l'air trop jeune, il devait s'occuper de ses cheveux, mais il ne s'était pas attendu à ce que le décalage soit aussi important. Personne ne l'aurait pris au sérieux, au Seireitei, s'il avait eu cette tête, probablement. Pourtant ça ne lui allait pas si mal.

- T'es vraiment pas possible. Ca sert à rien d'te perdre dans tes papiers, ruminer va pas t'aider à trouver une solution. Et d'ailleurs...

Avec un geste sec, Shinji lui arracha un cheveu. Le petit cri étranglé de Kisuke, pris par surprise, le fit sourire alors qu'il regardait sa prise entre ses doigts. Il avait bien vu ce qu'il avait cru voir dans le tas de paille qui servait de chevelure au scientifique. Un simple petit trait d'argent dans tout ce blond. Les quelques années qu'ils avaient passé chez les humains semblaient avoir déjà commencé à faire leur effet sur le corps du plus jeune. Il se rappellait avoir vu certains de ses hommes prendre un soudain coup de vieux suite à une affaire un peu noire. C'est ce qui était en train d'arriver à son ami.

- Le stress, ça t'fait pas du bien. Tu commence à avoir des cheveux blancs, t'es au courant ?

- Hirako-san ! Tu aurais pu...

- Naaah. Par contre, ça veut dire qu'tu vas arrêter. Et on va sortir. Parce que je m'emmerde et que ça fait un moment que j'suis pas sorti. Ca t'changera les idées, en plus. Pas mal, comme idée, tu trouves pas ?


10# Silver (Argent)

La cicatrice ne disparaitrait jamais. Malgré tous ses efforts, le capitaine Unohana n'avait pas pu y faire quoi que ce soit : à l'endroit où la fine bande d'argent avait été arrachée avec violence, il y aurait toujours une marque. C'était peut-être cette rature blanche sur la peau pâle qui faisait le plus mal à Kisuke. Les autres cicatrices étaient des horreurs, des absurdités et des tortures que les soins répétés avaient tenté de faire disparaître mais qui resteraient à jamais dans leurs peaux. Mais celle qui ornait le cou de Shinji... Le sentir, jour après jour, passer sa main autour de son cou, pour n'agripper que le vide, avait été douloureux. Ce collier était une promesse, l'affirmation de leur relation, à leur façon. Une simple bande d'argent, indestructible (ou peut-être pas tant que cela, finalement, Aizen s'étant acharné dessus), impossible à retirer, décorée d'une unique pierre. Qu'est-ce qu'il s'était senti honteux quand il l'avait présenté, la première fois, à son amant ! Laisser Shinji afficher aussi clairement, d'une certaine façon, "je suis le soumis de cet homme", cela avait eu quelque chose d'étrange. Si on lui avait dit, quelques années plus tôt, que leur relation prendrait ce tournant, il n'y aurait jamais cru.

Aizen avait tout fait pour détruire cela. Le maître de Las Noches avait considéré comme étant intolérable que quelqu'un puisse apposer sa marque sur sa possession. "Sa possession"... L'idée avait terrifiée Kisuke. Tout ce que le psychopathe avait pu faire, tout ce qu'il avait osé tenter sur celui qu'il considérait comme étant le sien, il l'avait vu. Il avait du voir tout ce que Shinji avait du subir, quand Benihime ne le forçait pas à se retirer dans son monde intérieur.

Alors, pour remplacer temporairement ce qui avait disparu, il avait retiré le sceau qui ornait la garde de son sabre. L'esprit avait bien grogné, plus pour la forme qu'autre chose, avant de lui donner l'autorisation. Quand il avait passé le cordon rouge autour du cou de Shinji, il l'avait senti trembler, au bord des larmes, et s'était inquiété d'avoir fait une erreur, mais l'autre homme l'avait serré contre lui, frémissant, incapable de dire à quel point il en avait eu besoin. Tout ce que signifiait un simple ruban, tout ce qu'avait signifié cette bande d'argent sertie, toute la confiance et l'abandon qui s'y étaient noués, il en avait eu besoin. Ce qu'Aizen lui avait arraché de force, c'est ce qu'il avait offert à Kisuke sans la moindre hésitation : son amour et sa soumission.