Auteur : Jes Cullen-Malfoy

Titre : Tout peut changer en quelques secondes

Genre : Romance / Family / Drama

Couple principal : Jasper/Bella

Couples secondaires : Vous les connaitrez au fur et à mesure

Rated : M pour scènes de sexe explicites et violence.

Warning : Au fur et à mesure de la lecture, certaines scènes pourront choquer les âmes sensibles. Il y aura aussi la présence d'une relation homosexuelle entre hommes.

Disclaimer : Il est évident que les personnages issus de Twilight ne m'appartiennent pas, ils sont la propriété de Stephenie Meyer, je les lui emprunte juste pour m'amuser un peu. Seuls quelques personnages seront de moi et je préviendrai en temps voulu.

Mise en situation : Tout ce qui se passe dans le tome 1 et 2 s'est déroulé ici … Les changements vont commencer un peu après le début du tome trois pour complètement changer le cours de l'histoire d'Edward / Bella en Jasper / Bella.

Résumé : Depuis leur retour d'Italie, les choses se passent bien pour Bella et Edward. Mais cette dernière souhaite mettre les choses en ordre avec Jasper et Jacob. Edward accepte pour le premier et il ne sait pas que cela changera leur vie en quelques secondes.

Béta correctrice : Vivi64


Voici ce chapitre avec un mois d'avance pour vous remercier, vous lecteurs, de me rendre heureuse avec vos commentaires et alertes. Et puis, je suis déjà à la récriture du chapitre 14, je peux donc bien publier ce chapitre « cadeau »

*Ze vous nem*

PS : Master Chef allant débuter, je répondrais aux reviews du chapitre 8 plus tard ^^


Note d'auteur : Ce chapitre contient un des passages les plus émouvants de la fanfiction, selon moi. J'ai pris plaisir à l'écrire et à le réécrire pour cette republication. Bonne lecture ! (^-^)

Note Vivi : Et moi je prends toujours autant de plaisir à corriger cette histoire. Bonne lecture ^^


Chapitre 9


Jasper Pov (Deux ans plus tard)

Aujourd'hui, il y avait deux ans que cela s'était passé, deux ans que ma vie avait pris un sens que je n'aurais jamais imaginé.

Qu'est-ce que deux ans pour un être éternel ?

Rien… Normalement…

Mais ces deux années avaient été les pires pour moi et en même temps, les meilleures. J'avais pris des résolutions et pas que des bonnes.

J'avais tué, violé et bien d'autres actes démentiels envers les humains. J'avais aussi quitté Alice comme j'avais fui Bella. J'avais volé à Edward un bien, comment exprimer cela autrement, qui lui aurait été dû. La virginité de sa Bella.

En y repensant, j'étais revenu à la vie en touchant ses lèvres dans cette voiture. Un geste qui ne m'avait pris que deux secondes à mettre en action et je bénissais les Dieux pour ces deux secondes qui m'avaient amené là, aujourd'hui.

J'étais à Harvard pour suivre des études de médecine.

Incroyable non ?

Eh bien c'était la vérité. L'amour que je ressentais pour Elle m'avait guidé vers cette maison qui fut mon salut, ma prise de conscience.

Comment le destin avait pu m'offrir pareil bonheur ? Certes limité dans le temps, mais quand même. Avec toutes les vies que j'avais prises…

Mais non, je m'étais dit qu'il y avait une raison à cette maison, ce bonheur que je ressentais en ses murs. Alors j'avais réfléchi à cette femme plus maladroite que jamais, à mon amour pour elle. Et un jour, dans mon salon, cette idée de devenir encore meilleur que le fait de reboire à nouveau du sang animal m'était apparue.

Je devais être digne de ce qu'elle m'avait offert. Elle m'avait fait confiance dans cette salle de bains, sans peur, et pourtant j'avais essayé de la tuer auparavant lors de son dix-huitième anniversaire.

Et à cette prise de conscience, j'avais élaboré un plan et je venais de quitter le Mexique et cette magnifique maison qui m'avait permis de vivre avec elle. Là, en ce moment, j'étais dans la file d'attente pour recevoir mes horaires et choisir quelques options.

Je pensais être capable de faire ce métier aussi bien que Carlisle.

Je m'étais baladé dans tous les hôpitaux proches de ma demeure au Mexique pour vérifier mes capacités et je n'avais pas failli une seule fois et j'en étais fier…

Sauf que je ne pouvais le dire à personne.

Je me voyais mal dire au premier venu : « Hey, je suis super content, j'arrive à rester dans cet hôpital sans vouloir tuer et boire le sang des humains, chouette non ? ».

D'ailleurs, je n'étais plus le même homme, j'avais quasiment toujours le sourire parce que Bella ne quittait plus mes pensées, et le plus important, cela faisait un an, quatre mois, dix-huit jours et quelques heures que je n'avais plus bu de sang humain.

Ma Bella pouvait être fière de moi, j'avais combattu en moins de deux ans ce qu'Alice avait essayé de faire avec acharnement pendant soixante années. D'ailleurs, Alice n'était plus que des souvenirs et je ne culpabilisais même pas, car si je ressentais autant de choses pour Bella, c'était qu'Alice ne m'était pas destiné. Elle trouvera, avec le temps, un vampire fait pour elle, un qui aimera subir ses folies dépensières en shopping et autres.

- Cela te dérangerais d'avancer mon pote !

Je me retournai à cette voix et vis un grand gars musclé qui me dépassait d'une bonne tête, c'était vous dire s'il était grand.

- Tu veux bien répéter « mon pote », dis-je avec froideur.

- Oui, avance… la file a avancé depuis au moins deux bonnes minutes et je suis assez pressé « moi » ! Répéta-t-il avec agressivité.

Je me retournai et remarquai qu'il disait vrai, alors je rassemblai tout mon self-control et lui dis :

- Désolé.

Après le lui avoir dis, je m'avançai dans cette foutue file et ne pus m'empêcher de lui envoyer une vague de douleur par mon don.

- Oh merde, pas maintenant… laissez-moi passer, s'il vous plait poussez-vous, dit-il en quittant la file d'attente.

Ah ah ah, pauvre type. Bon débarras, pensai-je.

Après une bonne heure de file, ce fut à mon tour.

- Quelle est votre nom et prénom jeune homme ?

- Steve, Steve Hawkins.

- Hum…

Elle chercha dans une boîte remplie de documents et continua :

- Voici votre horaire, le plan de l'établissement, le règlement d'ordre intérieur qui doit nous être remis au plus tard cette fin de semaine, signé. Et vous avez aussi ici tous les renseignements utiles à votre séjour à Harvard, Monsieur Hawkins. Vous avez aussi les formulaires pour choisir vos options manquantes.

- Merci, dis-je en souriant.

Je fis demi-tour et partis en direction de mon petit appartement qui se situait à peine à une vingtaine de minutes du campus. J'allais me plaire ici, j'en étais sûr. Une force inconnue me poussait à devenir médecin et foi de Jasper Whitlock, j'y arriverais même si cela devait me prendre deux mille ans.

Le seul inconvénient majeur, c'était de sentir toute cette excitation, cette peur et cette appréhension dues à la rentrée de cette prestigieuse école, venant des élèves.

Edward Pov (Période non communiquée)

J'étais toujours au fond de l'eau, mais depuis combien de temps ?

Je n'en savais rien, mais le flot de pensées que j'entendais approcher me laissait perplexe. Étais-je encore dans l'eau, étais-je fou ?

Non, j'entendais bien des pensées…

« Ma femme me manque »

« Lave ceci, lave cela… »

« Une permission… »

Je bloquai mon esprit quand je compris. J'ouvris les yeux et regardai à droite, rien, puis regardai à gauche et là, au loin, je remarquai un sous-marin immense, certainement en entraînement. Les pensées de l'équipage m'assaillirent et je bloquai mon esprit au maximum, mais elles étaient trop nombreuses et trop fortes. Je décidai alors de remonter à la surface.

Une fois que je l'eus atteinte, et ne sachant où aller, je décidai de revenir à terre.

Fallait-il que je rentre ? Devrais-je rentrer à Forks ?

Il fallait que j'appelle Esmée.

Esmée, mince, le coup de fil de Charlie !

Mais je n'avais même pas mon téléphone sur moi et de toute façon, il n'aurait pas survécu à l'eau de mer. Je devais rentrer à la maison et lui téléphoner immédiatement s'il n'était pas trop tard.

Sur cette décision, et une fois revenu sur la terre ferme, je me mis à courir vers le lieu de l'horreur.

Alice serait-elle encore là, arriverai-je à ne pas la tuer cette fois-ci ?

Je ne voulais pas réfléchir à ça maintenant.

Je ralentis le pas, car j'arrivai en vue de la maison. Je n'entendis aucune pensée.

Ouf. Je ne voulais voir personne.

Je rentrai à l'intérieur, car la porte n'était pas verrouillée et je ne sentis plus l'odeur d'Alice. Je ne sentais plus aucune odeur de ma famille non plus. Je me mis à chercher mon portable mais je ne le trouvai pas. Alors, je me dis qu'Alice l'avait peut-être rangé sur le bureau de Carlisle. Je traversai donc le salon et ouvris le tiroir du bureau, rien.

Bon, tant pis, j'allais téléphoner avec le fixe.

Je pris place sur le siège et pris ensuite le combiné. Mes yeux tombèrent sur une note :

« Cher Jasper, je suis désolée pour tout, mais je viens de faire une chose qui ne peut s'effacer et je ne te mérite plus. Je t'aime, pardonne-moi…

Edward et Bella, je ne peux me repentir pour ce que j'ai fait, mais je ne peux vivre avec ce poids sur moi. Pardonnez-moi aussi.

Chère famille, depuis soixante ans, je vous gâche le quotidien et cela doit cesser, prenez soin de mon mari. Je vous aime tous.

Alice ».

Elle quittait sa famille ?

Certes pour moi, elle n'existait plus mais pour les autres, c'était différent. Je reposai la note que j'avais prise en main. Je mis le combiné à mon oreille et remarquai le manque de tonalité. Pourquoi n'y avait-il plus de tonalité ? Cela n'était pas normal.

J'allai dans la salle à manger mais remarquai qu'il manquait les chaises. Se serait-on fait cambrioler ? Après réflexion, je me rendis compte que je m'en foutais, après tout ce n'était pas l'argent qui manquait aux Cullen. Je continuai de marcher vers la cuisine et pris le téléphone en main et… aucune tonalité ici aussi.

Je reposai ce foutu téléphone et remarquai qu'il y avait des tas de feuilles qui voletaient à quelques centimètres du sol. Je levai la tête et m'aperçus que la porte était ouverte.

Oui, on avait dû probablement se faire cambrioler et ils avaient certainement coupé la ligne.

Merde !

Je devais impérativement trouver un téléphone et ce, rapidement. Je passai la porte qui était ouverte et marchai en direction du garage quand je vis une tache sombre sur mon passage. Je m'en approchai et me demandai pourquoi il y avait une tache à cet endroit.

Je m'accroupis, curieux, pour sentir plus profondément, mais rien. Pourtant la tache n'était pas petite. Alice savait peut-être ce qu'il s'était passé.

Alice… non, elle n'avait pas fait ça !

Je me remis debout d'un seul bon et courus vers le garage. Sa voiture était toujours là, mais cela ne voulait rien dire.

Je pris le volant de la mienne et roulai en direction de la première maison habitée. Il faisait jour mais nuageux, me permettant ainsi de me balader en toute tranquillité. Après quelques minutes, je stoppai devant une petite ferme mais d'un coup d'œil, je constatai qu'il n'y avait pas d'installation téléphonique. Je repris de ce fait ma route et décidai de partir pour le centre ville, où je pourrais m'acheter un portable et téléphoner en toute intimité à ma mère.

OoOoOoOoOoO

Je sortais du magasin Hi-fi avec le portable dernier cri en main. D'ailleurs, parlons-en, car j'avais dû prendre l'argent dans la caisse du magasin à vitesse vampirique n'ayant rien sur moi, ni carte bancaire, ni argent liquide, pour payer ledit téléphone.

J'ouvris la portière de la voiture, et composai le numéro de la villa une fois installé. Une sonnerie, deux sonneries, trois sonneries, quatre sonneries…

- Allo, maison Cullen.

- Esmée, c'est Edward ! Dis-je.

- Mon Dieu Edward, comment allez-vous. Alice et Jasper vont bien ? Cela fait deux ans qu'on n'est sans nouvelles de vous…

Deux ans… deux ans !?

- Deux ans… tu es sûre Esmée ? Demandai-je.

- Heu… oui, quelle question ! Edward, Alice et Jasper vont bien ? Je veux leur parler… passe-les moi, s'il te plaît.

- Attends, Bella est là ? J'aimerais lui parler et pardonner mon absence.

- Ah ! Oh… euh... mon chéri, Bella n'est pas revenue et elle n'était pas avec Carlisle. Je vais te le passer, il vient de rentrer de l'hôpital, me dit-elle mal à l'aise.

- Allo, fils ! Est-ce que vous allez bien ? Demanda-t-il inquiet.

- Heu papa, où est Bella ? L'interrogeai-je de plus en plus inquiet moi aussi.

Cela ne pouvait pas être possible, en deux ans, elle aurait dû revenir !

- Alice et Jasper sont avec toi ? On s'est beaucoup inquiétés, personne ne répondait à nos appels. Et vous n'étiez plus en Écosse.

- Comment ça, Alice ne vous a pas répondu ? Dis-je surpris mais aussi, mal, au vu de ma supposition plus tôt dans la journée.

- Non, comme Jasper et toi. D'ailleurs, j'aimerais parler à Jasper s'il te plait, j'ai quelque chose à lui dire. C'est très important.

Je ne dis rien car tout se rejoignait : la note, la porte ouverte avec les feuilles dans la cuisine, les chaises manquantes, la voiture d'Alice encore dans le garage.

Elle n'avait quand même pas fait ça, pas Alice, même avec toutes les horreurs que je lui avais dites, elle n'aurait quand même pas fait une telle chose à Jasper.

Jasper, mon Dieu, il allait me tuer ! Alice s'était… suicidée par ma faute… Ma faute !

- C'est ma faute, pardon…

Je ne pouvais que me repasser cette phrase en boucle. Mais soudain, je me sentis coupable, et plus encore. Je dis alors, la voix éteinte :

- Jasper est parti il y a deux ans Carlisle, et je suis parti aussi… ailleurs… et Ali… Ali… Mon Dieu Carlisle qu'ai-je fait ? Demandai-je prenant conscience de la mort d'Alice.

- Quoi, Alice quoi ? Et Jasper, pourquoi est-il parti ? Dis-moi Edward… c'est très important ! Paniqua-t-il au téléphone.

- Je crois qu'Alice est morte Carlisle, je crois qu'elle s'est suicidée… par ma faute…

-…

- Carlisle, qu'est-ce que raconte Edward ? Entendis-je demander Esmée.

Mon Dieu, Esmée avait entendu ce que je venais de dire !

- Edward, explique-toi. Pourquoi aurait-elle fait ça ? Était-elle au courant pour Jasper et Bella ? Demanda mon père.

- Hein, fis-je. De quoi parles-tu Carlisle, je viens de te dire que c'était de ma faute !

-…

Pourquoi Alice se serait suicidée en sachant pour Jasper et Bella. D'ailleurs pourquoi associer leurs noms ?

- Pourquoi aurait-elle fait ça Carlisle, Jasper et Bella n'y sont pour rien, articulai-je avec difficulté.

- Edward, j'aimerais avoir une conversation avec toi. Rentre à la maison mon fils. Tu nous as manqué, ajouta-t-il.

- Carlisle, je viens de te dire qu'Alice est morte. A cause de moi... et tu ne réagis même pas ! L'accusai-je.

- Tu m'as dit croire qu'elle était morte, et tant que nous ne sommes pas sûrs, je garderai espoir. On a bien de tes nouvelles après deux ans de silence radio. Maintenant rentre à la maison mon fils, je dois vraiment te parler, me dit-il très sérieusement.

- Carlisle, où est Bella s'il te plait ? Demandai-je me souvenant qu'elle n'était pas revenue pour moi.

Où était-elle ? Était-elle en danger ?

- Rentre fils, je ne veux pas te dire ça au téléphone, me dit-il soudain mal à l'aise.

- Carlisle dis-moi, lui est-il arrivé quelque chose pendant ces deux ans ? Quoi ? Comment va-t-elle ? Débitai-je à toute vitesse.

- Edward…

Il poussa un soupir à fendre l'âme et continua :

- Elle n'est pas revenue et elle… elle… Reviens à Forks Edward, je préfère te parler de vive voix plutôt que par téléphone, m'ordonna-t-il.

- CARLISLE, DIS-MOI TOUT DE SUITE CE QUI EST ARRIVE A MA BELLA ! Criai-je à bout de nerf.

Putain, mais je rêvais ou quoi ! Pensai-je avec colère.

Il ne me croyait pas quand je lui disais qu'Alice était peut-être morte, et ensuite il refusait de me dire ce qui était arrivé à Bella.

- Elle t'a quitté Edward, elle a refait sa vie. Elle a coupé les ponts avec nous tous et toute sa famille également.

Je laissai tomber le téléphone…

- Fils… Edward, reviens, ta mère et moi t'aimons, tu manques à Emmett et à Rosalie aussi. Ne fais pas de bêtise fiston. Où es-tu ? Je vais venir, entendis-je dire mon père.

- Adieu papa, murmurai-je.

Je me penchai vers le téléphone et l'éteignis.

Bella m'avait quitté.

Elle n'était pas revenue. D'ailleurs, quand je réfléchis avec plus de profondeur, pourquoi serait-elle revenue ?

J'étais un monstre, j'avais même tué Alice.

Alice qui s'était fait quitter par son mari, Alice qui m'avait agressé en pensant que j'étais ledit mari, Alice que j'avais abandonnée…

Dieu seul savait combien de temps elle avait attendu mon retour ou celui de Jasper. Ma famille avait pu faire sans moi pendant deux ans. S'ils tenaient à moi, ils seraient venus ici, en Écosse, ils auraient vu la note d'Alice.

Et de toute façon qui m'attendait à part eux ?

Bella n'était plus là, elle m'avait quitté et je ne lui en voulais même pas. Elle avait préféré son humanité à moi, quoi de plus normal ? Et puis, je ne pouvais pas la blâmer.

Mais on ne pourrait pas m'en vouloir non plus d'avoir fait ce que je comptais faire, aller voir les Volturi et leur demander de me tuer et cette fois, Bella ne viendra pas me stopper.

A cette pensée, je m'écroulai littéralement contre le volant et me laissai envahir par des sanglots incontrôlables.

Bella m'avait quitté… et… j'avais tué ma sœur…

- Mon Dieu, pardonnez-moi, Alice pardonne-moi, murmurai-je.

Je me rendis soudain compte que j'avais perdu ma sœur pour une chose que Bella ne voulait même plus.

Je devais partir au plus vite à Voltera !

Bella Pov (Se passe plus ou moins deux mois après son arrivée sur l'île d'Esmée)

J'étais dans l'eau avec Carlisle qui me tenait, car c'était profond par ici.

- Allez Bella, détends-toi, cela va te faire du bien, me glissa-t-il gentiment.

Je l'écoutai et me laissai faire par Carlisle, il mit ses mains dans mon dos et m'allongea sur l'eau. C'était vrai que cela était relaxant.

- C'est le paradis Carlisle, murmurai-je en gémissant de bien-être.

- Je n'en doute pas Bella, me répondit-il de bonne humeur.

Après une bonne heure de relaxation maritime, Carlisle me porta, car je ne savais plus marcher tellement mon corps était fragile, vers la villa. Les bébés étaient assez robustes et je devais sans cesse manger et boire des tonnes de sang. Mon garçon avait de plus en plus de mal à tenir dans mon ventre et ma fille souffrait du mal-être de son frère.

On pénétrait en ce moment dans la maison quand j'entendis :

- Bella, je pense que je ne vais pas attendre la fin de semaine comme prévu. Je vais provoquer l'accouchement en fin de soirée.

- Oh, dis-je surprise. Mais et les bébés ? Demandai-je inquiète.

- Ils ont de plus en plus de mal à ne pas te faire de mal Bella, ils n'osent même plus bouger. Et pour Heatcliff c'est encore plus dur, car en plus il a de plus en plus faim, ou dois-je dire soif. Sans oublier que la dernière fois où il a osé bouger, il t'a brisé une côte Bella et il s'en veut énormément.

- Eh bien faites-le alors, dis-je soudain triste au mal que je faisais aux bébés.

- Très bien, je vais te déposer sur ton lit et je vais chercher la seringue pour t'injecter le produit afin de provoquer l'accouchement.

J'étais allongée sur mon lit depuis quelques minutes maintenant quand je sentis un liquide couler le long de mes cuisses. Je n'eus même pas le temps de baisser ma tête pour voir ce que c'était, que Carlisle était près de moi.

- Bella, as-tu mal ? Demanda-t-il.

- Non, pourquoi ? Demandai-je à mon tour, curieuse.

- Tu perds du sang. Je vais t'examiner immédiatement, me dit-il en remontant ses manches de chemise.

Tiens, il s'était changé ?

A peine je m'eus posé cette question intérieurement qu'il me plaça sur sa table d'auscultation et m'enleva mon maillot. J'étais entièrement nue devant lui, mon Dieu… c'était la première fois que ça m'arrivait et je sentis soudain mon visage prendre feu.

Je devais ressembler à une tomate tellement je devais rougir. Sans oublier que j'étais très mal à l'aise.

Carlisle Pov

Je n'avais pas le temps de réfléchir, elle perdait du sang et ce n'était pas normal.

A peine l'avais-je posée sur ma table que je lui enlevai son habit et lui plaçai ensuite ses pieds sur les étriers puis enfonçai la main dans son intimité après avoir mis du lubrifiant afin de lui éviter la douleur du geste. Je ne sentis rien d'anormal à part beaucoup trop de sang. Je retirai donc la main et allumai la caméra. Je la lui introduisis et regardai sur l'écran.

Bon sang, elle faisait une hémorragie interne. Je voyais même une brèche dans son utérus.

- Bella, je dois te pratiquer une césarienne immédiatement, l'utérus à une brèche et tu as une hémorragie interne. Si je ne t'enlève pas les bébés tout de suite, je ne garantis pas votre santé à tous les trois et je ne veux aucune perte, dis-je très sérieux.

- Je… je… faites ce que vous avez à faire Carlisle, murmura-t-elle.

Je quittai des yeux l'écran de la caméra et vis qu'elle était paralysée par la peur.

- Je ne veux pas les perdre Carlisle, je ne veux pas… et souvenez-vous de notre disc…

Bordel ! Elle venait de perdre connaissance.

À vitesse vampirique, je lui injectai une dose d'antidouleur ainsi qu'un anesthésiant, puis je courus vérifier que tout l'équipement pour accueillir les bébés était bien prêt à les recevoir. Je n'avais pas d'assistant et de ce fait personne pour me seconder si le besoin s'en faisait sentir.

Je revins ensuite près de Bella, saisis le scalpel et lui fis une incision sur son bas-ventre. Je voulus faire une autre incision sur l'utérus une fois celui-ci en vue mais mon scalpel n'eut aucun effet.

Comment faire alors ?

Je n'avais pas pensé une seule seconde que la membrane serait aussi dure que la peau des vampires. Et rien ne pouvait transpercer notre peau sauf nos dents…

Mais oui !

Ni une ni deux, mais avec une certaine réticence, je lui incisai l'utérus avec mes dents en espérant ne pas lui injecter de venin. Mais je ne remarquai pas de changement venant d'elle après quelques secondes. Je ne perdis donc pas plus de temps et pris l'écarteur que je positionnais convenablement dans la brèche que j'avais faite avec mes canines. J'écartai ensuite les tissus humains, puis plongeai mes mains à l'intérieur de son utérus. Je sentis une morsure… qui venait de mon petit-fils. J'avançai un peu plus mes mains, le saisis et le sortis. Je posai ensuite mon regard sur lui.

Il était magnifique et il ne pleurait même pas, ni ne respirait… mais il gigotait dans mes mains, alors je ne paniquai pas car je constatai qu'il était vivant. Au sens propre du terme, même s'il était de toute évidence vampire, vu qu'aucun cœur ne battait.

Après mon instant de contemplation, je me saisis d'une paire de ciseaux et tentai de couper le cordon ombilical, mais j'eus le même résultat qu'avec le scalpel pour l'utérus. Je décidai donc de porter le ventre de mon petit-fils à ma bouche. Je mordis à pleines dents pour couper le cordon et cela fonctionna.

Me rappelant qu'une petite fille attendait pour naître à son tour, à vitesse vampirique, je nettoyai ce petit garçon magnifique et allai le placer dans la couveuse que je ramenai près de moi, ainsi que celle de ma petite-fille. Je portai ensuite mon attention de nouveau sur Bella et replongeai mes mains en elle. Deux secondes plus tard, je tenais dans mes mains la plus belle femme du monde : ma petite-fille.

Si j'avais pu pleurer, je l'aurais fait.

Je secouai la tête pour faire fuir mes émotions et cette fois-ci tentai de couper le cordon ombilical avec la paire de ciseaux et cela fonctionna. Ma théorie était donc juste, elle était plus humaine.

Je l'allongeai sur la petite table afin de la nettoyer et tentai de lui enlever tout le sang et liquide amniotique quand je me rendis compte avec effroi qu'elle était pleine de bleus…

Mon Dieu.

Ses yeux étaient fermés et je constatai seulement en cet instant qu'elle ne respirait pas, ni ne pleurait. Sans attendre, je la pris par le pied et la retournai. Je tapotai ensuite son dos très délicatement pour ne pas lui casser ses os si fragiles.

Une vague de panique prit possession de moi quand je me rendis compte qu'elle ne réagissait pas. Elle ne devait pas mourir, elle devait vivre !

Quelques secondes plus tard, elle poussa un cri et je remarquai que du sang sortait de sa bouche. Bon Dieu, avait-elle une hémorragie interne ?

Je n'avais pas les instruments ici pour faire un examen très approfondi. J'allumai donc mon appareil d'échographie et inspectai ses organes vitaux du mieux que je pus…

Après cinq bonnes minutes d'inspection, je ne remarquai rien d'anormal et le sang ne coulait plus. Il avait dû y avoir du sang dans l'utérus qu'elle avait ingurgité avant que je ne la sorte de là.

Étant rassuré, je la nettoyai une nouvelle fois, à cause du gel que j'avais utilisé pour l'échographie et le posai ensuite dans la couveuse que j'avais placée à côté de celle de son frère.

Les deux plus beaux êtres de la terre étaient là, en face de moi, et je ne pus m'empêcher de les contempler une bonne minute afin de m'imprégner de leurs visages. De cette image que je ne voudrais jamais oublier.

Je vérifiai ensuite, le moment une fois gravé dans ma mémoire, leurs constantes vitales, bien que cela fût plus qu'optionnel pour Heatcliff. Une fois cela fait, je décidai de m'occuper de Bella.

Après avoir effectué un examen minutieux, je m'appliquai à recoudre le point de départ de son hémorragie. Je refermai ensuite l'utérus pour finir par son bas-ventre et la nettoyai.

Ses signes vitaux étant corrects, je me permis de respirer pour me détendre. Je sentis alors une différence dans son odeur…

Était-ce dû à l'accouchement ?

Tout en me posant un milliard de questions, je lui enfilai une blouse car elle était toujours nue. Je décidai ensuite de nettoyer ses parties intimes pour éviter toute infection à cause du sang qui avait coulé.

Quand elle fut propre, je lui plaçai les deux couveuses près d'elle et allai m'asseoir dans un coin de la pièce. Je ne pus m'empêcher de les regarder tous les trois et une seule phrase me vint à l'esprit : un mois avec eux.

J'allais en profiter au maximum. Déjà si mon petit-fils, Heatcliff, ne dormait pas comme je le présageais, je pourrais passer toutes mes nuits avec lui.

Je décidai aussi de ne pas prononcer un seul mot jusqu'au réveil de Bella car j'estimais qu'elle devait leur parler en premier. C'était elle, la maman, moi j'avais déjà eu l'immense honneur de les tenir dans mes bras.

Logiquement, Bella devrait se réveiller d'ici une petite heure. Quand elle le ferait, j'irai immédiatement chercher du sang pour Heatcliff.

Bella Pov

Je me sentais engourdie de partout. Tout était noir…

Qui avait éteint la lumière ?

J'essayai de bouger et de me lever, mais je ne sentais plus mes jambes. Enfin si, mais je n'arrivais pas à les bouger, j'avais l'impression qu'elles pesaient des tonnes. Je me rendis ensuite compte que si tout était noir, c'était parce que j'avais les yeux fermés. Je les ouvris donc tout doucement.

Quand je me fus habituée à la lumière, je remarquai que j'avais devant les yeux deux bébés qui devaient être les miens.

Heatcliff avait les yeux ouverts et je vis qu'il me fixait droit dans les yeux. D'ailleurs, ces derniers étaient magnifiques, d'une nuance topaze. Il était beau comme un dieu et je pouvais dire avec certitude que je l'aimais déjà. Je vis un petit sourire s'étirer sur ses petites lèvres et je lui souris en retour. Il ressemblait tellement à son père.

Il avait les cheveux couleur de blé et son nez était la réplique exacte de celui de Jasper. Je remarquai aussi qu'il avait ma bouche mais sa mâchoire était elle aussi celle de son dieu grec de père. Après ces observations, je tendis la main et la posai sur la paroi en plastique de la couveuse et mon cœur rata un battement quand je vis Heatcliff lever son petit bras et venir poser sa main juste où était la mienne.

J'eus les larmes aux yeux et murmurai, en souriant comme une bienheureuse :

- Bonjour mon Heatcliff. Je suis ta maman…

Je le vis hocher très clairement la tête et il me fit un énorme sourire qui m'éblouit.

Oh non, pas lui aussi, me dis-je à moi-même.

Je lui renvoyai tout de même son sourire et portai ensuite mon regard, tout en laissant ma main où elle était, sur la couveuse juste à côté.

Je vis une magnifique petite fille qui dormait. Elle avait ma couleur de cheveux et était très pâle de peau. D'ailleurs, sa peau était couverte de bleus.

- Carlisle, que s'est-il passé ? Tous ces bleus, dis-je horrifiée.

- La proximité avec Heatcliff lui a laissé des lésions mais rien de grave, je l'ai déjà examinée Bella, ce ne sont que des bleus, elle est en bonne santé. Là, elle dort juste.

Je reportai mon regard vers sa petite tête et remarquai en effet qu'elle dormait. Je ne pouvais même pas voir ses yeux. J'étais sûre qu'ils étaient aussi beaux que ceux de son frère.

- Bonjour petite Élisabeth…

Prénom tiré du roman de Jane Austen que j'avais dû leur lire. Ma petite fille m'avait dit aimer ce prénom.

- Je suis ta maman, ajoutai-je. Carlisle, murmurai-je ensuite pour ne pas réveiller Élisabeth.

Je sentis une main froide prendre ma main libre et je sus qu'il était là.

- Merci, merci pour tout Carlisle ou dois-je dire papy…

- Papy me plaît beaucoup, répondit-il avec de la joie dans la voix.

- Alors papy, serait-ce trop vous demander de me donner mon fils… s'il vous plait ? Lui demandai-je avec émotion.

J'avais un fils… et une fille. Je n'en revenais pas.

- Bella, tu es sûre ? Je veux dire, il est vampire, il pourrait te mordre…

- C'est mon fils et je l'aime, le coupai-je. S'il me mord, vous aspirerez le venin. Je veux lui montrer que je l'aime malgré sa condition, ajoutai-je en le regardant dans les yeux.

-…

- S'il vous plait papy, priai-je.

- D'accord, mais si je remarque le moindre geste anormal de sa part, je te le reprends sans attendre, est-ce clair ? Me dit-il catégorique.

Il se leva une fois que j'eus hoché la tête pour donner mon accord et deux secondes plus tard, il ouvrait la couveuse. Il tendit ensuite les bras vers mon fils, le souleva délicatement et lui dit :

- Bonjour Heatcliff, je suis ton grand-père… mais tu pourras m'appeler papy.

Je vis bien, malgré leurs positions, un sourire éblouissant s'étaler sur les lèvres de Carlisle et mon fils lui répondit aussi avec un sourire à faire fondre la banquise.

Puis Carlisle me tendit mon fils. Je vis ce dernier tendre les bras vers moi et mon cœur s'accéléra quand ma peau toucha la sienne. Il était glacial, froid comme du marbre. Mais à côté de ça, sa peau était si douce.

- Carlisle, vous voulez bien me le donner, car j'ai peur de ne pas avoir assez de force pour le tenir à bout de bras, expliquai-je doucement.

Il me déposa mon Heatcliff au creux des bras et je fus littéralement hypnotisée par ses magnifiques yeux couleur topaze. Je rapprochai mon visage du sien et posai mes lèvres sur son front en un doux baiser. Je lui murmurai ensuite :

- Je t'aime mon chéri.

Instinctivement, je levai mon bébé pour le nicher dans mon cou sauf que j'avais oublié un détail, il était vampire. Mon cœur rata un battement quand je sentis ses lèvres toucher mon cou, mais je ne ressentis aucune morsure, juste un liquide couler le long de mon cou.

- Carlisle, c'est quoi ce truc qui dégouline ? Demandai-je ne pouvant voir.

- Du venin. En fait Bella, je viens d'apprendre à ton fils en langage vampirique, si je puis dire, qu'il ne fallait pas mordre et je suis très fier de voir qu'il m'a compris. Mais son venin a afflué dans sa bouche et je suppose qu'il ne sait pas encore comment avaler.

Je serrai plus fort mon fils dans mes bras et lui dis :

- Je savais que je pouvais avoir confiance en toi mon amour. Maman t'aime très fort.

Je lui fis un bisou sur son crâne presque dégarni et le repris ensuite contre ma poitrine. On se regarda sans rien dire, mais je savais qu'il ressentait mes émotions. Je lui envoyai donc tout mon amour pour lui.

Après ce moment, dont je ne saurais dire la durée, j'entendis :

- Bella, le petit doit avoir soif depuis sa sortie, je vais aller lui chercher du sang. Je reviens. As-tu besoin de quelque chose ? Demanda Carlisle.

- Humm... à vrai dire, j'ai ma gorge un peu sèche mais je vais attendre qu'Heatcliff boive, car sa gorge doit le brûler atrocement si j'en crois vos dires, répondis-je à voix basse.

- Oui effectivement sa gorge lui brûle. Je reviens le plus vite possible, veux-tu que je remette ce petit bout dans la couveuse ? Demanda-t-il en revenant sur ses pas.

Je retournai mon regard vers mon fils et dis :

- Non, il est bien là…

Je sentis alors les mains de mon fils s'agripper à ma blouse et je resserrai ma prise sur lui. Je le berçai ensuite en ne quittant pas ses yeux, et ce durant toute l'absence de Carlisle.

Carlisle Pov (Petit retour en arrière de quelques minutes)

Je vis Bella porter le petit à son cou. Mais était-elle inconsciente ?

- Heatcliff, je pense que tu peux m'entendre, ne mords pas ta maman… elle souffrira beaucoup !

J'avais parlé tellement vite que Bella n'avait pas entendu. Je voulais laisser une chance à mon petit-fils, car il devait avoir un lien qui l'unissait à sa mère et ce dernier ne pouvait se faire que de cette façon. Le premier contact était toujours important entre une mère et son bébé.

A ma phrase, je vis la scène au ralenti tellement le mouvement de mon petit-fils fut lent. Il ouvrit sa bouche et s'apprêtait sûrement à mordre Bella, mais, au dernier moment, il s'arrêta et je vis couler ce qui semblait être du venin. Ce dernier sortait de ses canines plus qu'aiguisées. Il m'avait donc entendu.

- Merci mon chéri, je suis fier de toi et ta mère aussi. Je suis fier d'être ton grand-père fiston, dis-je toujours pour que Bella n'entende pas.

Je ne voulais pas, en plus, qu'elle remarque que j'y étais autant attaché. Il y aurait déjà bien assez de souffrance dans un mois, cela n'était pas la peine d'en rajouter inutilement.

J'expliquai ensuite à Bella ce qui venait de se passer et proposai de partir chercher du sang pour le petit.

J'étais désormais en train d'arpenter l'île à la rechercher d'une proie mais je me rendis compte que j'avais oublié le contenant pour le sang à la villa. Tant pis, je prendrai l'animal et l'amènerai à la cuisine.

Je trouvai à cet instant un phacochère et sans attendre, lui mordis le cou. Je le pris ensuite à bout de bras pour éviter de me salir et rejoignis la cuisine à vitesse vampirique.

Une fois sur place, je saisis un biberon, acheté il y avait de ça plusieurs jours, dans l'armoire. D'ailleurs en y repensant, j'avais littéralement dévalisé le magasin pour bébé. Tout y était passé, berceaux, habits… tout, même des hochets.

Je revins au moment présent en secouant la tête et pressai la carcasse pour en vider le contenu dans un récipient, que je transvasai ensuite dans le biberon. Quand ce dernier fut plein, je vissai la tétine et retournai dans la salle à manger.

La vision que j'eus sous mes yeux me donna envie de pleurer tellement les émotions s'en dégageaient.

Le visage de Bella était tout contre celui d'Heatcliff et ils se frottaient le nez l'un contre l'autre. Je voyais d'où j'étais qu'ils se perdaient chacun dans le regard de l'autre.

Bella Pov

Je ne savais pas combien de temps ce moment très intime avec mon fils avait duré, mais j'entendis un raclement de gorge et vis Carlisle à l'encadrement de la porte. Il tenait un biberon dans sa main gauche. Je dus fermer les yeux un instant, car je ne voulais pas m'évanouir à la vue du sang. Carlisle n'avait sûrement pas fait exprès, mais d'habitude je ne voyais jamais le sang, il était toujours dans une tasse. Mais là, le biberon était transparent et je devais me faire violence pour ne pas tourner de l'œil.

Je sentis une petite chose froide sur ma joue et je me sentis tout de suite détendue. J'ouvris les yeux et aperçus mon fils qui me regardait avec un petit sourire toujours aussi éblouissant.

- Merci mon cœur, lui dis-je en lui faisant un baiser rempli d'amour sur sa petite main que j'avais portée à mes lèvres.

Je relevai ensuite la tête, quittant ainsi ses yeux et demandai à Carlisle :

- Cela vous dérangerez de lui donner vous-même, car le biberon est transparent.

- Oh, je suis désolé Bella, j'ai complément oublié ce détail, me dit-il mal à l'aise.

- Ce n'est pas grave, de toute façon, j'aimerais prendre Élisabeth dans mes bras, même si elle dort. Alors au temps vous donner Heatcliff pendant ce temps-là. Et puis, je sais que vous en mourez d'envie.

Carlisle Pov

Elle venait de me faire le plus beau des cadeaux.

Je marchai donc à vitesse humaine vers le lit, posai le biberon sur la petite table et me dirigeai ensuite vers la couveuse d'Élisabeth. Je l'ouvris et pris l'endormie délicatement dans mes bras en essayant de ne pas la réveiller. Mais à peine fut-elle hors de la couveuse qu'elle ouvrit ses yeux sur moi.

Ils étaient tout bonnement splendides.

Ils étaient du même bleu que le lapis-lazuli, d'un bleu à m'en faire perdre l'équilibre. Mais j'étais un vampire, alors je la pris délicatement contre moi et l'amenai à sa mère.

D'une habilité vampirique, je pris la petite contre mon bras gauche et pris délicatement Heatcliff dans le droit, pour que Bella ait plus de facilité à prendre sa fille.

Bella Pov

Je le vis ensuite marcher délicatement vers moi et il déplaça ma petite Élisabeth contre son bras gauche puis il tendit l'autre vers Heatcliff. Comprenant, je fis un dernier baiser à ce dernier et laissai Carlisle me le prendre pour le placer sur son bras droit. Il me tendit ensuite ma petite fille et là, je fus scotchée. Elle avait des yeux bleus intenses.

Mais j'avais les yeux marrons, alors je dus supposer que Jasper, étant humain, avait ces yeux-là. Et ils étaient tout bonnement éblouissants. J'allais avoir du mal à leur refuser quelque chose avec leurs yeux magnifiques.

Je me décidai enfin à la prendre dans mes bras et lui embrassai son front, ses deux joues pour finir par ses mains. J'étais maman de deux adorables bébés…

- C'est toi maman ?

Bien sûr, ses lèvres n'avaient pas bougé, elle me parlait dans la tête.

Je fondis en larmes et lui répondis :

- Oui ma chérie, je suis ta maman. Bonjour ma petite Élisabeth.

- Bonjour maman. Où est-il ? Demanda-t-elle.

- Qui ? Demandai-je.

- Heatcliff

Oh, elle parlait donc de son frère.

Je la retournai alors et elle pouvait à présent voir son frère, qui était en train de boire son biberon dans les bras de Carlisle. Qui, je le voyais aussi, aurait pleuré si cela était possible.

- Je peux le toucher aussi comme toi ? Demanda ma fille toujours dans ma tête.

- Oui, ma chérie, mais attends qu'il ait fini de boire.

Je lui fis un câlin et elle me le rendit, mais elle ne semblait pas aller bien. Elle était souriante, mais elle regardait constamment vers Carlisle et Heatcliff.

Le constat tomba d'un coup. Ils étaient jumeaux, ils devaient avoir un lien entre eux et elle m'avait demandé de le toucher. Elle avait besoin de son frère !

- Carlisle, pourriez-vous m'aidez à tenir les deux bambins, je voudrais qu'il fasse connaissance, dis-je en me redressant un peu.

Il me fit un hochement de tête et m'aida à tenir mes chéris dans mes bras. A peine Heatcliff y était qu'Élisabeth lui tendit sa petite main. Je vis Heatcliff fermer les yeux et prendre la main de sa sœur. Je n'en revenais pas, dans ce geste on pouvait y voir un amour… si pur.

Carlisle s'assit près de moi sur le lit et il posa une main sur chacun des bébés, et moi je les pressai contre ma poitrine, la tête déposée sur l'oreiller. J'étais fatiguée…

- Carlisle, je crois que je vais m'endormir.

- Endors-toi Bella, je veillerai sur eux. Tu veux les garder dans tes bras pour t'endormir ? Me demanda-t-il.

- Oui, j'aimerais, soufflai-je.

Il me déposa un baiser sur le front et je me sentis sombrer, sans même avoir le temps de dire bonne nuit à mes trésors.

Carlisle Pov

Je restai assis sur son lit à les regarder tous les trois, ils étaient si beaux. Bella avait sombré directement suivie de près par Élisabeth. Je la remis d'ailleurs dans la couveuse. Si demain ses signes vitaux restaient normaux, je la mettrai dans son berceau.

Je pris ensuite Heatcliff dans mes bras et lui parlai en « vampire », vu qu'il me comprenait.

- Mon petit Heatcliff, tu vas te sentir différent, mais on t'aime tous et n'en doute jamais.

Je lui fis un léger baiser sur son front et pris « Les Hauts de Hurlevent », son roman préféré, pour lui faire la lecture toute la nuit. Il ne parlait pas encore, mais j'étais sûr qu'il comprenait très bien ce que je disais.

De temps en temps, quand je lisais des passages assez émouvants, je le sentis agripper ma chemise. Et comme je m'en doutais, il ne dormit pas.

Je ne savais pas si Bella avait pensé à ce détail, mais comment allait se passer les nuits du petit ? Il allait être seul, Bella devant dormir et Élisabeth dormirait elle aussi probablement.

Mais je remis à plus tard ces interrogations. Pour le moment, je faisais la lecture à mon petit-fils et cela n'avait pas de prix. Je donnerais tout ce que j'avais pour qu'Esmée soit à mes côtés. Ainsi que Jasper, le père de ces merveilles.

Il n'était même pas là.

Serait-il là, s'il avait su ?

Aurait-il souhaité les élever avec Bella ?

D'ailleurs, je devrais tôt ou tard lui dire, car si Bella mourait, ses enfants, ou tout du moins Heatcliff, ne le sauront pas, et un jour je devrais le confronter à son père. Même si cela serait dans plusieurs années.

OoOoOoOoO

Au petit matin, j'entendis une voix que je n'avais jamais entendue :

- Papy, maman se réveille. Je peux aller dans ses bras ?

Mon petit-fils venait de parler !

Et il m'avait appelé papy… il avait dit maman aussi…

Fichtre…

Je fus pris de tremblements, emporté par des sanglots incontrôlables. Je réussis, après avoir calmé mes pleurs, à lui répondre avec l'émotion dans la voix :

- Mais tu parles déjà petit amour. Et oui, dès qu'elle ouvrira un œil, je te placerai dans ses bras, lui répondis-je.

Je lui fis un bisou sur le front et plaçai ensuite le mien contre le sien. J'ancrai mon regard à ses yeux dorés et dis :

- Si tu savais comme je t'aime Heatcliff, n'en doute jamais, quelque soit l'endroit où je serai…

- Je le sens… et moi aussi papy, me dit-il.

Il avait une voix magnifique, on aurait dit le chant des anges. Il tendit sa petite menotte contre ma joue et je ressentis une minuscule vague d'amour. Je fermai les yeux et profitai de ce moment de tendresse avec mon petit-fils.


Et voilà ! Le neuvième chapitre est republié. Il fait 23 pages et 7.235 mots.

J'espère qu'il vous a plu. ^^

A très bientôt, dans un mois pour être précise avec si je ne me trompe pas, les fameuses retrouvailles et une p'tite surprise ^^

(^-^)

Jes Cullen-Malfoy

Chapitre 9 publié le 06 septembre 2012