Chapitre 10 : Toi et moi, pour l'éternité…

Lorsqu'ils eurent terminé de tout ranger, Hermione alla chercher ce dont elle avait besoin dans son dortoir, puis rejoignit Drago. Ils passèrent la nuit dans les bras l'un de l'autre. Ils étaient bien. A son réveil, Hermione regarda Drago dormir. Elle aurait pu rester là pour toujours. Cependant les cours allaient bientôt commencer. Elle lui caressa doucement la joue. Quand il ouvrit les yeux, il lui sourit.

« Bonjour.

- Bonjour.

- Bien dormi ?

- Mieux que jamais ! Et toi ?

- Pareil ! On doit se lever maintenant. Sinon, nous allons être en retard. Tu ne voudrais pas arriver en retard à ton premier cour de Gryffondor ?

- Non.

- Alors, allez debout. »

Elle s'assit et repoussa toutes les couvertures au pieds du lit. Elle se leva malgré le bras de Drago qui la retenait.

« Je peux t'emprunter ta salle de bain ? L'avantage de cette chambre est qu'elle a une salle de bain privée.

- Bien sûr.

- Merci. A tout de suite. »

Drago se leva à son tour, et s'approcha de la fenêtre. Il regarda alors le parc. Il ne l'avait jamais trouvé aussi beau. Le temps semblait agréable aujourd'hui. Lorsqu'il se retourna, il vit que de nouveaux vêtements lui avaient été transmis. Il rangea ceux à l'effigie de Serpentard dans un placard. Ils ne lui étaient plus d'aucune utilité. Hermione sortit de la salle de bain et, en passant devant lui, l'embrassa. Puis elle alla s'asseoir sur l'un des fauteuils afin de pouvoir enfiler ses collants et ses chaussures. Drago fila sous la douche, se dépêcha afin de pouvoir avoir encore quelques minutes avant les cours, avec elle. Elle l'aida à faire le nœud de sa cravate, un peu gauche car elle ressentit un étrange sentiment en le voyant portant le symbole et les couleurs des Gryffondors. Ce sentiment, lui semblait-il, n'était autre que de la joie, mélangée à un immense bonheur. Elle n'avait jamais ressenti cela auparavant. Elle savait au plus profond d'elle même, que c'était lui. C'était lui l'homme de sa vie. Mais jamais elle ne lui dirait, par peur de le perdre.

Une fois habillé, Drago la serra dans ses bras, respira la douce odeur de ses cheveux, encore un peu humide. Pour la première fois, il aimait vraiment. Jamais auparavant, il n'avait aimé une fille ainsi. Il aurait tout donné pour elle. Il aurait même tué pour celle, que quelques mois plus tôt, il considérait encore comme une ennemie. Il regrettait ce qu'il s'était passé. Il savait que, souvent, il avait été méchant avec elle. Et aujourd'hui, mais aussi depuis qu'ils étaient ensemble, elle semblait avoir tout oublier.

« Rien ne peut plus nous séparer maintenant…, lui dit-il alors tendrement au creux de l'oreille.

- Non, rien …

- Toi et moi, … pour l'éternité… »

Son cœur bondit dans sa poitrine. Elle le savait, ils ressentaient autant d'amour l'un que l'autre. Ils avaient l'éternité pour se le montrer.

« Il est l'heure je crois …

- Alors, allons-y. Tu me guides ?

- Bien sûr… »

Il prit sa main dans la sienne et tous deux quittèrent la salle commune des Gryffondors.

La matinée passa très vite. Ils avaient passé tous les cours l'un à côté de l'autre. Mais, à midi, ils furent convoqués dans le bureau de la directrice. Elle vint leur ouvrir la porte, la mine sombre. Drago entra le premier, et crut mourir quand il reconnut la personne allongée sur le divan de la pièce. L'infirmière était penché sur cette personne. Il s'approcha et, pour la première fois, laissa couler ses larmes quand ses doutes furent confirmés. Sur le divan, se trouvait sa mère, Narcissa Malefoy, dans un mauvais état. Il la prit dans ses bras. Madame Malefoy reconnut son fils et lui sourit faiblement.

« Drago … mon fils … mon unique enfant… Tu as bien changé… Je suis fière de toi, mon fils… Tu feras de grandes choses dans cette nouvelle maison. Madame Mac Gonagall m'a expliqué ce qu'il s'est passé. Mon fils… N'oublie jamais que je t'aime…

- Maman, je t'aime aussi, je te vengerais, … je t'en fait le serment. Il paiera ce qu'il t'a fait…

- Ma chère amie, prenez bien soins de mon fils, il aura besoin de vous…, dit-elle à Hermione qui se tenait au pieds du divan.

- Oui madame

- Vous êtes tellement belle, … Drago ne m'avait pas menti…

- Maman, … tu auras tout le temps d'apprendre à la connaître, elle est formidable, tu verras…

- Je l'espère mon fils… »

La mère de Drago avait été torturé par Voldemort. Des marques s'étalaient sur tout son corps. Des marques ensanglantées. Elle respirait faiblement, malgré les multiples contusions visibles. Madame Pomfresh avait diagnostiqué de nombreuses fractures et contusions, ainsi que beaucoup de plaies et entailles plus ou moins profondes. Elle ne pouvait soigner tout cela. C'est pourquoi Madame Malefoy allait être transférer à Sainte Mangouste. Ses chances de survie étaient faibles, mais elles existaient.

« Maman, tu dois te battre et survivre … j'ai besoin de toi… Je ne peux vivre sans toi… Ne m'abandonne pas… Je t'en supplie…

- Je me battrais mon fils … mais rien n'est sûr …

- Monsieur Malefoy, elle doit partir maintenant. »

Drago déposa un tendre baiser sur le front de sa mère, et rejoignit Hermione qu'il serra contre lui. Il promit à sa mère de venir la voir avec Hermione, pour qu'elles apprennent à se connaître. Madame Malefoy sourit, le visage paisible et se laissa emmener.

« Monsieur Malefoy, nous l'avons trouvé ce matin devant la porte. Elle a réussi à venir jusqu'ici. Elle va s'en sortir ne vous en fait pas… » dit alors la directrice à Drago.

« Vous devez cependant garder cet incident pour vous. Nous ne devons pas céder à la panique. Mais si il attaque, nous serons prêt !

- Oui, … je vengerais ma mère. Il me le paiera… »

Drago et Hermione retournèrent en cours. Hermione voyait bien que Drago n'était pas concentré. Il ne pensait qu'à sa mère et espérait lui rendre visite le plus vite possible. Il ne cessait de penser à ce qu'il s'était produit. Au fond, il s'en voulait. Il savait que s'il avait accepté son destin, s'il n'avait rien dit et suivi le chemin qui lui avait été tracé, s'il n'était pas tombé éperdument amoureux, rien de tout cela ne serait arrivé. Il serait toujours un Serpentard, prêt à prendre sa place auprès du seigneur des ténèbres. Sa mère ne serait pas entre la vie et la mort, sur un lit d'hôpital.

Il ne pouvait remonter le temps. Enfin, cela était possible, mais il ne le voulait pas. Il avait une chance de combattre et, il l'espérait, de vaincre Voldemort. Il ne laisserait pas cette chance passée. C'était la chance de sa vie. Il pourrait enfin tracer son propre chemin.

Un soir, alors qu'ils étaient dans la chambre de Drago, Hermione, après mûres réflexions, ne put s'empêcher de parler.

« Tu sais que s'il attaque, nous serons tous avec toi, Harry, Ron, moi, Ginny, et tout les autres… On a tous le même but, se débarrasser de lui. Pour que les générations futures ne vivent pas dans la même crainte que nous, on est tous prêt à se battre, et même y laisser la vie s'il le faut…

- C'est gentil… Je sais qu'il va tenter quelque chose, je le sens. Il va essayer de me récupérer…Mais il n'y arrivera pas…Je te promets que nous vaincrons ensemble. Rien ne pourra plus nous séparer. Je me battrais pour toi, la fille qui a touché mon cœur, et pour ma mère.

- Toi et moi … pour l'éternité…

- Pour l'éternité… Je t'aime Hermione Granger.

- Moi aussi je t'aime, Drago Malefoy. Pour parler d'un sujet plus gai, comment vas-tu t'habiller pour notre soirée de la saint Valentin ?

- Je ne sais pas. Je t'avouerais que je n'y avais pas encore pensé.

- Nan, je plaisante, peut importe comment tu seras habillé, puisque l'on sera ensemble. »

La discussion tourna à la rigolade. Hermione était contente de voir Drago se détendre un peu. Depuis le jour où l'on avait trouvé sa mère sur les marches de Poudlard, Drago semblait stresser, et préoccuper.

La semaine suivante, Drago eut la permission d'aller voir sa mère à Sainte Mangouste. Elle commençait à remonter la pente, doucement. Les médecins avaient cru pendant quelques jours qu'elle ne s'en sortirait pas. Cependant, ils comprirent très vite que Madame Malefoy se battait pour vivre, se battait pour quelque chose ou quelqu'un. Lorsqu'ils virent Drago arrivé, ils comprirent qu'elle se battait pour son fils.

En arrivant devant la porte de sa chambre, Drago ne put l'ouvrir. Il avait peur. Il avait peur de voir dans quel état se trouver sa mère. On ne lui avait rien dit, rien expliqué. Il ne savait rien. Hermione, qui l'avait accompagné, passa alors devant et ouvrit la porte.

« Vas-y, j'attendrais que tu m'appelles. Je sais que tu as besoin d'être seul avec ta mère un moment. Prends le temps qu'il te faudra. »

Avec un regard compatissant, elle lui sourit, lui donnant toute la force dont elle était capable. Comme lui, elle ne savait pas dans quel état se trouvait madame Malefoy. Cependant, elle se doutait qu'elle n'allait pas trop mal, puisqu'on n'avait pas appelé Drago avant, pour annoncer une mauvaise nouvelle. Il s'avança alors et referma la porte derrière lui. Narcissa Malefoy était assise sur son lit, souriante. Il avait du mal à croire ce qu'il voyait.

« Maman ?

- Drago, mon fils. J'attendais ta visite avec beaucoup d'impatience. Tu m'as beaucoup manqué, mon fils. … Tu n'es pas venu avec ton amie ?

- Si, euh … elle est dehors. Elle voulait d'abord que je passe quelques instants avec toi. Maman, j'ai eu tellement peur de ne jamais te revoir.

- Tu m'as demandé de me battre pour apprendre à connaître ton amie, alors je l'ai fais. J'ai trop longtemps accepté le mode de vie de ton père. Aujourd'hui, il n'est pas là pour me dire ce que je dois faire et comment agir. Je fais ce que bon me semble.

- …, Drago baissa les yeux, ému.

- Je voulais te revoir mon fils, … je n'ai plus que toi maintenant… Fais donc entrer ton amie. Ne la laisse pas seule dans le couloir. »

Drago s'avança pour prendre sa mère dans ses bras, et déposa un tendre baiser sur son front. Puis il alla chercher Hermione.

« Bonjour Madame Malefoy. Comment vous sentez-vous ?

- Bonjour Mademoiselle. Très bien, merci. Je vous remercie d'avoir accompagner Drago. C'est très gentil. Pardonnez-moi, mais j'ai oublié votre prénom.

- C'est Hermione, madame.

- Alors Hermione, appelez-moi Narcissa. »

Après quelques instants, voyant que la jeune fille n'était pas très à l'aise, elle reprit, en regardant Drago.

« Drago m'a raconté tout ce que vous avez fait pour lui. Vous devez être quelqu'un de formidable.

- Merci beaucoup, madame. »

Drago et Hermione passèrent le reste de l'après midi avec Narcissa Malefoy. Ils discutèrent de tout, de rien, de la pluie et du beau temps. Ceci fit du bien à Narcissa, et lui changea les idées. Drago était soulagé de voir sa mère rire et de savoir qu'elle était à présent hors de danger. Désormais, sa préoccupation était d'être prêt quand il attaquerait.