Bonjour, bonsoir tout le monde.

Je ne poste que le chapitre suivant aujourd'hui parce que j'étais privée d'internet (ce qui est un manque terrible). La fic comporte 17 chapitres à l'heure actuelle, depuis un sacré bout de temps. Donc pour le moment pas de pénurie.

RaR :

Ayu : merci pour ta fidélité et ta review ! J'espère que la suite te plaira.

Trolocat : merci également pour ta fidélité et ta review détaillée, j'apprécie ! Moi aussi je pars en longs monologues, rassure-toi. Ne t'inquiète pas quant à ma réaction, tu as très bien expliqué ce que tu pensais. Je pense que pour les détails dont tu me parlais ça vient du fait que mes chapitres sont courts. Avant j'en faisais des super longs, et à force je me suis aperçue que parfois je devais combler les « vides » avec des scènes plus ou moins intéressantes. Dans cette fic j'ai voulu faire autrement. Mais je comprends qu'il manque des éléments pour les lectrices quelques fois.

Je n'avais pas perçue l'ambiance froide du début, c'est très intéressant. Certes, l'intrigue évolue, je ne sais pas du tout ce que ça peut donner à ce stade. J'ai essayé de décrire aussi les émotions de Grimmjow par la suite (vu qu'on le découvre plus). Je suis heureuse que tu m'aies fait par de tes impressions, ça compte beaucoup pour moi, merci de ce temps que tu m'as donné.

Ma réponse fait presque un drabble _ .

Je prends tes ondes positives avec plaisir, je te bisoute ! *3*

Bonne lecture en compagnie d'une panthère enragée et d'une fraise qui part en compote.

Perigrin.


Chapitre 10

Une souris peut-elle terrasser une panthère ?

.

Les jours suivants, Ichigo traîne la patte en cours. Sa vie sentimentale ressemble à un champ de bataille après le combat : désert, en ruine et cramoisi. Rien de réjouissant en somme. Il a tout perdu, maintenant il se retrouve seul et célibataire. Bien sûr, l'image de Grimmjow ne cesse de le hanter, il ne se résout pas à la retirer de sa tête. Il a définitivement perdu une partie de lui depuis qu'il l'a rencontré.

Ce jour de vendredi, l'étudiant reste à la maison, leur vénéré professeur d'art plastique – monsieur Kurotsuchi le cinglé – est porté absent, sans explication. Encore une fantaisie du professeur. Cela ne soucie personne, les élèves peuvent rester chez eux comme ça. Le jeune homme se lève pourtant de bonne heure, s'apprête et va aider son père à la clinique. Il n'aime pas rester inactif, il faut toujours qu'il offre son aide aux personnes qui l'entourent.

Il pénètre d'un pas décidé dans la salle d'attente, accueille les quelques patients, prend les rendez-vous et remplit des dossiers. Soudain, la porte du bureau de son père s'ouvre à demi.

— Ichi, tu peux venir s'il te plait ?

— Oui j'arrive.

Le jeune homme pose tout ce qu'il avait en main et se rend dans le cabinet en question. A peine franchit-il le pas de la porte que sa respiration se bloque. Il cligne des paupières pour vérifier qu'il n'est pas victime d'une hallucination.

Ce n'est pas possible ! Le malheur le poursuit, il n'y a pas d'autre explication. Le mauvais œil le guette.

Assis sur la chaise en face du bureau, un homme, lui. Il vient le pourchasser jusque chez lui. Lentement, Grimmjow se tourne pour faire face à Ichigo, sourire machiavélique de rigueur. Ses yeux sont affreusement luisants, trop pour soutenir le regard bleu franc. Ichigo reste pétrifié sur place, ne contrôlant plus ses organes. Ils s'entremêlent dans son corps dans un joyeux bazar. Son estomac se noue, ses poumons ne répondent plus, ses terminaisons nerveuses tressaillent. Impossible de se maîtriser. Il devient blanc comme un linge. Rien de ses réactions n'échappe à l'œil avisé du « patient ». Ses lèvres se relèvent, dévoilant ses canines aiguisées.

Il est d'une beauté cruelle à couper le souffle.

Isshin parle mais personne ne l'écoute. Tout à coup Ichigo se reprend en s'adressant à lui.

— Tu disais papa ?

— Tu es dans la lune ? Je t'expliquais que monsieur Jaggerjack ici présent doit passer une radiographie de la face suite à ses contusions. Peux-tu le diriger à l'accueil pour les formalités d'usage s'il te plait ? Tu lui rempliras un bon de consultation pour le centre de radiographie.

Ichigo glisse son regard sur celui de son vis-à-vis. Elle est bien bonne celle là ! Monsieur se permet de venir tranquillement dans la clinique de son père pour jouer les victimes ? C'est le monde à l'envers !

Le patient se lève, serre la main du médecin et suit Ichigo en émettant un ricanement perfide. Cela agace le roux, malencontreusement il ne peut rien dire contre un client. Il a bien du mal à conserver son calme, ses jambes flanchent comme du coton qui s'effiloche. Derrière le bureau de l'accueil, Ichigo remplit le formulaire tandis que Grimmjow est penché sur la feuille, coude posé sur le meuble. Le silence assomme le plus jeune, confus il tremble un peu. Comme il ne semble pas vouloir parler, le bleuté lui lance une pique.

— Tu trembles, ce sont des restes de ta cuite de l'autre jour, ou alors…

— Ou alors quoi ? réplique sèchement Ichigo.

Grimmjow se penche à son oreille et murmure de sa voix suave.

— Ou alors je te fais de l'effet.

L'autre se redresse, tout coincé en se pinçant les lèvres.

— Tu rêves.

— Vraiment ? Pourtant ce n'en était pas un l'autre jour dans le parc. Tu te souviens petite fraise comment tu gémissais pendant que tu m'embrassais ?

Ichigo déglutit difficilement, d'ailleurs il manque de s'étouffer. D'où Grimmjow sort ce surnom encore ?

— Ca ne va pas la tête ? Tu veux que tous les patients de la clinique soient au courant ?

Le bleuté affiche un large sourire, satisfait de son petit effet.

— Qui sait… Tu serais gêné si ton papounet d'amour savait que tu te fais peloter dans les lieux publics par un mec que tu connais à peine ? Il serait déçu le pauvre…

— Arrête ça tout de suite, menace le roux en grinçant des dents.

— Hum, je ne sais pas… Moi je m'amuse tu vois, alors je vais peut être bien continuer. Et surtout, je vais peut être aller voir mon médecin pour lui révéler qui m'a agressé l'autre soir, histoire de me faire indemniser. Tu vois, j'ai tout à fait le droit de porter plainte, suffit que mon doc me fasse un certificat médical…

Ichigo n'en revient pas, il tombe des nues. L'expression d'étonnement qui anime son visage provoque l'hilarité chez son maître-chanteur.

— Si tu voyais ta tête petite fraise, c'est à mourir de rire ! Alors, qu'est-ce que tu en dis ?

— Déjà, arrête d'inventer des surnoms plus débiles les uns que les autres et après dis-moi clairement ce que tu veux.

— Voilà qui est raisonnable. Je savais qu'un gentil garçon comme toi ne ferait pas d'histoire.

— Accouche ! s'emporte Ichigo de plus en plus énervé.

— Tu me dois une explication sur l'autre soir. Je viendrais te chercher ce soir à vingt heures et on parlera. Ne te défile pas, je sais où tu vis maintenant.

— D'ailleurs j'aimerais bien savoir qui t'a donné cette information !

— Devine… rétorque le bleuté de façon provocante.

— Ulquiorra, lâche l'autre du bout des lèvres.

— Tout juste ! Bon, à ce soir, et fais-toi beau, poil de carotte.

Sur ce, Grimmjow s'en va de sa démarche nonchalante sans un regard pour sa proie.


Inutile de dire que le restant de la journée s'avère être un calvaire pour notre héros. Même son travail à la clinique ne l'empêche pas de cogiter, il en attrape des maux de tête. D'un côté il se sent fier que son fauve se soit déplacé jusque chez lui pour le traquer, menant une enquête pour connaître son adresse. D'un autre, il ressent de la peur. Parfaitement, il ne veut pas se confronter à Grimmjow d'autant plus sur le sujet qui l'a amené à le cogner. Avec le recul, il se sent nigaud d'avoir été jaloux. Après tout, Ulquiorra a raison, ils ne sont pas ensemble, personne ne s'est rien promis. Ce qui effraie le jeune homme, c'est de se montrer en position de faiblesse, de dépendance vis-à-vis du comédien. Surtout avec son caractère moqueur, la soirée promet d'être longue et pénible. Enfin, il ne peut rien faire, impuissant face au chantage du bleuté. Ne le connaissant pas, il ne veut pas tenter le diable et voir s'il mettrait ses menaces à exécution.

Il tente de donner le change sur son état fébrile, puis aux alentours de dix huit heures et des poussières il monte se préparer.

Pourquoi son rendez-vous lui a-t-il demandé de se faire beau ? Si ce n'est que pour régler l'affaire, pas besoin de se pomponner. Néanmoins, l'étudiant se laisse prendre au jeu, un peu amusé par la situation, s'étonnant de trouver du plaisir à s'apprêter pour quelqu'un en particulier. Pour lui. Son obsession. Finalement il opte pour un pantalon près du corps blanc et une chemise grise à doublure noire tendance qui lui sied à merveille. Son look transpire la fraicheur et la classe. L'heure approche à grande vitesse, nerveux, Ichigo fait les cents pas dans le salon pour revenir dans la cuisine et repart dans l'entrée. Ses sœurs en attrapent le tournis. Il a prétexté l'excuse vaseuse d'un pote de fac qui vient le chercher. Elles se demandent pourquoi leur frère ne tient pas en place en se rongeant les ongles.

Vers les vingt heures, Ichigo se met en position d'observation derrière la fenêtre de la cuisine donnant sur la rue, de peur que Grimmjow ne sonne à la porte. Il ne manquerait plus que ça, que dirait-il à son père ?

« Tiens papa, c'est ton patient, le type que j'ai cogné parce qu'il embrassait à pleine bouche un autre homme et que je ne l'ai pas supporté. ». Effectivement, ça ne va pas le faire.

D'un coup, il aperçoit une silhouette au bout de son jardin, avant qu'elle n'entre par le petit portail en ferraille, Ichigo prend son manteau en l'enfilant promptement et saute sur la poignée pour sortir. Il se précipite dans l'allée, intercepte cet intrus en l'empoignant par l'avant-bras.

— Hey, t'es pressé à ce que je vois ?

Cette intonation désormais familière déclenche une nuée de frissons au jeune homme. Cependant, il garde son calme en adoptant une posture bien droite.

— Non, seulement je ne voulais pas que mon père te voit.

— Ah oui et pourquoi ? Tu as peur de quoi Ichigo ?

Cela demeure tellement rare lorsque le bleuté l'appelle par son prénom qu'il en reste coi. Mais la façon dont Grimmjow l'a prononcé indique qu'une pointe d'ironie y était glissée intentionnellement. Ce type s'évertue à le rendre dingue par tous les moyens possibles.

— Allons-nous-en.

— Oh mais c'est si gentiment proposé que je ne peux refuser, renchérit le plus âgé.

Tout porte à croire que ce jeu le divertit grandement. Faire tourner sa petite fraise en bourrique a le don de lui rendre le sourire.

Ils marchent un moment, puis Grimmjow s'arrête devant sa voiture – une Jaguar XF 10. Ichigo ne trouve plus ses mots.

— Monte, ordonne le propriétaire de la belle sportive.

— C'est… C'est ta voiture ?

— Ouais, monte.

— Ca ne va pas ! Je ne monte pas avec toi, je te connais à peine.

Grimmjow n'a pas la patience de rester poli, il s'avance dangereusement vers le récalcitrant et plaque son front contre le sien en pointant son index sur la poitrine adverse.

— Ecoute petit, j'ai pas l'intention de poireauter toute la soirée et j'ai pas envie de marcher non plus. Et puis tu te fous de moi ? Qui est-ce qui m'a sauté dessus et suivi comme son ombre, moi peut être ? Alors pour la prudence on repassera, j'ai dit « monte ».

Ichigo arbore un visage défait et obéit. Il ne comprend pas son attitude sur la défensive avec le bleuté. C'est vrai qu'il le traquait comme un braconnier chasse un coyote, encore vrai qu'il s'est laissé emporter par ses pulsions mais quelque chose le pousse à adopter cette attitude hargneuse. Sûrement le fait du danger… En présence de l'homme de caractère, un malaise subsiste, un risque demeure. Il est tellement dominateur que l'étudiant se sent obligé de montrer les crocs également.

Dans la voiture personne ne dit un mot, ce qui n'arrange pas l'état de gêne dans lequel est plongé notre rouquin préféré. Il ne sait absolument pas ce qu'il fabrique ici, avec cet homme. Enfin si, au plus profond de sa conscience, un espoir de concrétiser son désir. Pouvoir le toucher comme la fois précédente, ressentir cette attraction dominatrice sur son être. Et goûter les lèvres sucrées. Un sourire béat se forme sur ses lèvres sans s'en rendre compte, heureusement qu'il se retient de justesse de glousser comme une poule.

Ils vont dans un café branché sur plusieurs étages. Désireux de se mettre à l'écart pour parler tranquillement, Grimmjow choisit le dernier, à une table près de l'immense baie vitrée faisant la circonférence de la salle. La vue sur Tokyo est imprenable. La décoration est constituée de bleu : profond, plus soutenu, ciel, tout est décoré dans le thème « aquatique », ce qui repose les deux hommes. Cette ambiance un peu calfeutrée est propice à la discussion. Ils passent commande, encore une fois, Ichigo se perd dans la contemplation de son verre. Un coup de poing donné sur la table le réveille.

— T'es dingue ? formule le roux de manière sèche.

— On est là pour parler, alors vas-y…

Le romantisme façon Grimmjow…

— C'est toi qui voulait qu'on s'explique, j'attends.

— Ouais, alors pas de problème mon mignon… Je veux que tu me dises ce qu'il t'a pris de m'agresser comme ça, tu sais que t'as eu de la chance ? Parce qu'en temps normal je t'aurais démoli, mais détruit mon pauvre à un point que ton père ne t'aurait pas reconnu.

— Laisse mon père en dehors de ça !

— Réponds-moi.

— Je ne sais pas.

— Tu te fous de moi ? C'est pas une réponse ça !

La discussion n'avance pas le moins du monde. Les deux hommes commandent encore une autre boisson, Grimmjow ne sait pas comment aborder le sujet pour que sa proie crache le morceau. Il veut décanter la situation, ce jeu a assez duré. Il ne veut plus s'amuser mais consommer.

Il se passe la main dans ses cheveux, ébouriffe ses mèches désordonnées puis se radoucit un peu. Il voit bien qu'il braque le jeune garçon.

— C'est parce que j'étais avec mon pote c'est ça ? Inutile de nier, j'ai vu comment tu le regardais.

Ichigo est affreusement gêné. Il tourne sa tête de côté en direction de la moquette bleue. Tiens, encore du bleu.

— Tu vas encore rigoler…

— Mais non, promis, chuinte le cascadeur.

C'est affolant comme cet air de petit garçon fautif l'émeut. Décidément, il se ramollit oui.

— Regarde-moi Ichigo.

Pour appuyer ses dires, Grimmjow prend le menton de son voisin, l'oblige à soutenir son regard tout en rapprochant leurs visages.

— Et bien… Je ne sais pas ce qu'il m'a pris. Quand je vous ai vu ensemble, je n'ai pas réussi à me contrôler j'ai…

Le rouquin hésite, le regard perdu.

— Pourquoi Ichigo ?

Il faut qu'il arrête de prononcer son prénom de façon aussi licencieuse sans ça, l'étudiant en art ne tiendra pas. Dans un souffle, il répond en rendant les armes.

— Je n'ai pas supporté de te voir embrasser quelqu'un d'autre. Tu… Tu dois être à moi, voilà.

Dire que Grimmjow jubile à cet instant s'apparente à un euphémisme. Cela serait trop peu, non, notre homme exulte sa joie à posséder dors et déjà le cœur de ce minet. Son sourire de sadique s'étend largement à travers ses joues.

— Tu vois tu te fous de moi ! braille vexé Ichigo.

— Pas du tout. Ecoute, allons dans un endroit plus tranquille, d'accord ?

— Pourquoi ?

— A ton avis ? On pourra parler plus tranquillement, aller viens.

Ils s'en vont une fois leurs consommations payées et repartent dans la voiture excessivement m'as-tu-vu du cascadeur. Ce dernier tente de se contrôler parce que sinon, il sauterait sur son copilote. Il est désarmant de naturel, et sexy avec ça, ce qui ne gâche rien. Grimmjow ne peut s'empêcher de lâcher un petit ricanement.

— Tu me tues Ichigo, tu le sais ?

— Non, je ne vois pas pourquoi tu dis ça, répond celui-ci en croisant les bras.

— J'arrive pas à te comprendre. Tu me pourchasses, tu te rends seul dans un bar gay rempli de chacals, tu n'hésites pas à me chauffer et pis le coup d'après, tu m'agresses. Et là t'es sur la défensive.

— Toi non plus tu n'es pas mieux en la matière je te signale ! Tu réponds à mes avances comme tu le sous-entends, tu joues avec moi et tu ne me donnes plus de nouvelles. Et je tombe sur toi en train de faire du bouche à bouche à un décoloré, non mais tu t'imagines quoi ?

Cette fois-ci, Grimmjow ne se contient plus, il explose totalement de rire sous l'incrédulité de son voisin.

— Arrête de rire !

— Non mais c'est de ta faute.

— Tais-toi j'ai dit !

Ils se chamaillent tout le restant du trajet. En passant, le conducteur s'arrête prendre des plats à emporter et apprend au jeune homme qu'il l'emmène chez lui. Instantanément celui-ci se crispe. Il rit nettement moins en se projetant dans peu de temps livré à un prédateur aussi sournois que sa panthère.

Des fourmis montent le long de ses jambes, se répandent dans le reste de ses membres. Quelle sensation divine, mélange d'appréhension et d'excitation. Ichigo va assouvir son fantasme, enfin.


Grimmjow n'a de cesse de dévorer le corps du jeune homme de ses pupilles avides. En sortant de la voiture, en montant les escaliers et là chez lui. Dans deux secondes, il ne répondra plus de rien.

Il sert les plats réchauffés vite fait au micro-onde, débouche une bouteille de vin et s'assoit sur le divan à côté de son invité.

Ichigo est impressionné par l'espace du loft mais rassuré par sa décoration minimaliste. Le cascadeur ne semble pas aimer le tape à l'œil – sauf pour sa voiture. Ils mangent en discutant de sujets plus légers. Ichigo recherche la présence de cet homme, il se rapproche un peu de lui sans le faire exprès. Dès que leurs cuisses se frôlent, un courant électrique passe à travers eux, ébranlant leur raison.

Ichigo a envie. Très envie. Il espère que le bleuté fasse quelque chose parce que clairement il ne tient plus. Il se concentre sur la conversation, sur son verre de vin, sur n'importe quoi qui le tienne à l'écart de cette bouche mutine. Il regarde les mèches céruléennes se mouvoir tout en finesse. Mon dieu, faites que Grimmjow fasse quelque chose.

Son regard devient insistant, tellement que l'hôte des lieux sent ce brasier l'incendier. En tournant sa tête, deux pépites pralinées le mangent du regard. C'en est trop pour lui. Il déglutit difficilement, Ichigo se lèche la lèvre.

— Arrête petite fraise.

— Quoi ?

— Ne me dévisage pas comme ça.

— Pourquoi, j'ai rien fait de mal ?

— Si… Si tu continues, je ne te promets pas que je pourrais me tenir en gentleman. Je n'en suis pas un.

— Je ne t'ai pas demandé d'en être un…

Les respirations hachurées des deux hommes traduisent leur état de nervosité. Au paroxysme de l'impatience, ils restent pétrifiés d'envie.

— Grimmjow… supplie le rouquin.

Répondant à cet appel irrésistible, l'interpellé passe son bras sur les épaules du jeune homme, se colle contre son torse. Avec sa main libre, il retrace la ligne de la mâchoire tout en la caressant. Le courant de tantôt se transforme en cataclysme foudroyant. Toucher cette peau douce lui ravage les sens. Sa respiration devient frénétique, les souffles buttent sur la bouche de chaque.

— Dis-le-moi, halète le bleuté.

— Grimmjow, embrasse-moi.

Immédiatement, le comédien intensifie sa prise sur la mâchoire et pose sa bouche sur les pétales humides. Le baiser se fait aussitôt dévorant. Ichigo entrouvre ses lèvres, accueillant la langue de l'homme tant convoité. Yeux clos, il se laisse couler dans cette ivresse croissante. Grimmjow investit cette intimité comme s'il avait des droits dessus. Cette bouche lui appartient et ce, pour toujours. Il ne peut s'empêcher de durcir sa poigne autour du visage du roux, l'amenant plus vers le sien.

Ils s'embrassent en tant qu'amoureux puisque leurs baisers se font sensuels, chauds, envoûtants. La langue du fauve s'enroule et se déroule d'une lenteur absolue. Il étend sa domination en volant des gémissements étouffés à Ichigo. Il n'est pas en reste, à son tour il part à la conquête du corps musclé en osant poser ses doigts sur la poitrine adverse. Même sous la fine couche de vêtement, l'étudiant devine les pectoraux dessinés. Il les palpe de plus en plus durement, les muscles roulent sous ses pulpes activant son désir. Il veut le toucher de partout, de toutes les manières possibles. Grimmjow est à lui, depuis le premier jour où ses yeux se sont perdus dans le firmament de ses fils de ciel.

Le dominant bascule le soumis sur l'assise du canapé. Cette fois-ci ses mains coulissent le long du corps ferme du roux. Sans cesser leur cajolerie, les caresses prennent le pas sur le reste. Ichigo se raccroche désespérément à sa bouée de sauvetage, ses bras s'enroulent sur la nuque du bleuté, ne lui laissant aucune chance de respirer. Il attaque sans cesse cette bouche dans la recherche du plaisir. Son bas ventre le chauffe, une ondée traverse ses reins, cette tension lui fait mal. Il a mal d'attendre. Mal d'anticiper. Alors ses jambes capturent le bassin de Grimmjow le plaquant contre le sien. Aussitôt un grognement de satisfaction se fait entendre de sa part.

Quand il disait que ce petit était plein de promesse… La panthère plante ses canines dans la peau fine du cou de sa proie. Il a voulu jouer, et bien le voilà servi. Ce qui a pour effet, de le faire crier de surprise. Ichigo se tortille sous le poids de son futur amant, comblé de bonheur. Ses mains s'activent sur tout le long du dos du dominant. Les mains découvrent, tâtonnent, explorent chaque parcelle de peau ; s'attardent sur un ventre, une épaule, un flanc. L'étudiant a basculé sa tête en arrière pour offrir accès à sa gorge. Gorge que Grimmjow s'empresse de dévorer. Parfois, sa langue lèche une portion de peau, d'autre sa bouche embrasse le grain pâle, et aussi mord dans la chair tendre. L'homme se révèle être un amant sauvage, ça, Ichigo le pressentait. Ce n'est pas pour lui déplaire, bien au contraire, car enfin après tant de questions, de fantasmes inavoués, il ressent quelque chose : du plaisir. Un pur plaisir qui lui vrille le bas ventre, qui l'échauffe et lui fait tourner la tête. Il ne sait même plus où il se trouve, ni ce qu'il fait. Au dessus de lui, il voit presque allongé, le corps de Grimmjow, sa tête penchée dans son cou l'embrassant passionnément. L'étudiant a tout le loisir d'apprécier les grandes mains calleuses aller et venir sur lui. Elles marquent leur territoire, tout comme les canines laissant de fines traces rougeâtres au creux de sa clavicule.

Les préliminaires sont à la fois voluptueux et féroces. Grimmjow plaque ses mains dans la chevelure indomptée flamboyante. Il tire sur quelques mèches, obligeant Ichigo à tourner sa tête ou bon lui semble. Sa prise est dure mais elle traduit le désir qui l'anime. C'est assez difficile pour le cascadeur de se contenir, surtout de maîtriser cette hargne qui exsude chaque parcelle de son être. Il sent sous son corps, le plus jeune gémir à l'infini. Il doit être à point, pense notre panthère puisqu'il crie son prénom sans pudeur.

Tandis qu'Ichigo se cambre à s'en rompre la colonne vertébrale, Grimmjow l'écrase sous son poids. Tous deux se meuvent en se frottant inlassablement. Cela décuple le plaisir de l'étudiant, jamais une telle vague abrasive ne lui a cuit les reins. C'est abominable. Délicieux, vertigineux. Dans l'instinct du moment, il pose ses mains sur le bassin de l'homme aux cheveux bleus et intime des mouvements de hanche. Ils semblent être à l'unisson.

Grimmjow mordille le lobe de son amant en ronronnant de satisfaction.

— Oh, Ichi… Crie pour moi, uniquement pour moi.

Encouragé, le roux capture la mâchoire de son amant pour lui asséner un merveilleux baiser. Ses gestes sont impatients, vigoureux. Ce n'est certainement pas la tendresse qu'il recherche en cet instant. Non, Ichigo souhaite s'enflammer aux côtés de Grimmjow, cet homme puissant, cet homme magnétique.

Entre deux soupires d'extase, l'étudiant s'égosille.

— J'en peux plus… Je… Je…

— Tu quoi petite fraise ?

Grimmjow s'évertue à le mordiller tandis qu'il le pousse à bout.

— Dis-moi ce que tu veux…

Ichigo secoue sa tête de droite à gauche, toujours en se trémoussant sous les assauts de son partenaire.

— Tu veux ça ? demande Grimmjow jouant les ingénus en grignotant le lobe de l'oreille adverse. Ou, peut être ça… continue-t-il en descendant pour happer un téton durci.

Automatiquement, l'étudiant lâche un râle de surprise puis un soupir profond. L'autre, satisfait, sourit contre le torse bandé d'Ichigo. Oui, il a trouvé comment le faire décoller. Alors le bleuté lèche le pétale de chair, joue de sa langue experte amenant son jeune partenaire au bord de la folie. Il donne sans jamais aller plus loin. Encore le jeu du chat et de la souris… A ce stade les caresses se font plus appuyées, Grimmjow investit le corps abandonné en se délectant des sensations qu'il lui offre. Apparemment son invité aussi. La main d'Ichigo cramponne de toutes ses forces la chevelure azure tandis que sa tête descend bas, toujours plus bas.

Grimmjow relève le visage pour voir celui de sa proie en proie au plaisir. Ichigo ne répond plus de rien, c'est à peine s'il a conscience de quoi que ce soit. Le comédien souffle sur le nombril, il voit la peau frissonner sous ce contact aérien. Soudain, pris d'une pulsion, le dominant le mord sans crier gare. Ichigo accuse le coup en se relevant et en criant de surprise. Mais quand les mains puissantes baissent son pantalon, il se recouche bien gentiment en le suppliant de continuer. La souris est à la merci du puissant roi des savanes, son avenir est dors et déjà tracé. Le sourire de prédateur de Grimmjow s'étend à l'infini en découvrant la belle bosse qui se loge dans le boxer. Il ne sait pas si le jeune est expérimenté ou non, mais en tous les cas, excité ça, aucun doute. Ses mains effleurent le tissu du sous-vêtement tandis qu'il pose ses lèvres sur la proéminence. Il retient sa fouge, seulement cela ne durera pas longtemps. Sous les suppliques du roux, le plus âgé commence de perdre la tête. La voix d'Ichigo monte dans les aigus, cela n'arrange pas sa raison qui se fait la malle. S'il continue de s'époumoner ainsi, Grimmjow le fera taire de la plus belle manière qui soit. Ou pas…

Le voilà qui embrasse par-dessus le boxer la virilité de son jeune amant, il prend tout son temps pour le rendre fou. Et cela fonctionne. Ichigo plante ses ongles dans le cuir chevelu du bleuté et soulève son bassin. Pas besoin de mots pour savoir ce qu'il veut là à l'instant. Grimmjow se pourlèche les lèvres, n'attendant pas plus. Dans un geste rapide et précis, il lui enlève sa barrière de tissu, dévoilant son membre déjà bien dur. Admiratif, le bleuté s'empare de cette colonne de chair qui pulse déjà sous ses doigts. Il grogne de satisfaction en voyant Ichigo dans un état second. Alors, il s'active pour lui infliger de doux va-et-vient dans un rythme lent.


Ichigo est comment dire… Proche de l'extase. Au loin, il entend sa propre voix résonner sans percuter que c'est lui qui gémit ainsi. Il est à demi-nu, son pantalon enlevé mais son haut juste relevé au dessus de son torse. Il voit l'homme qu'il convoitait penché sur son sexe en train de le cajoler. Son roi déchu lui prodigue une divine caresse, lente mais ferme à la fois. Lui halète de plus en plus en regardant ce que fait Grimmjow. Et la vue qui s'offre à lui l'excite à un point inimaginable. Jamais personne ne l'a touché comme ça, même pas Orihime. Ses caresses étaient nettement moins brulantes. Là, l'étudiant en art s'envole dès que les doigts experts se retirent pour mieux revenir. Le comédien arrive à être partout à la fois, c'est impensable, cependant il y parvient. Cependant le moment se brise quand Grimmjow s'aventure à lécher la stèle de chair, à peine a-t-il posé sa langue sur le gland, qu'Ichigo se contracte et proteste.

— Non arrête !

Un marmonnement lui indique que le bleuté n'est pas du même avis.

— Non, non arrête s'il te plait !

Eberlué, Grimmjow reste interdit. Personne ne l'a jamais rabroué de la sorte.

— Quoi ?

Le visage rouge, Ichigo tente de fuir en tournant sa tête de côté et en se mordant la main.

— Je ne veux pas.

— J'ai bien compris mais pourquoi ? Quelque chose ne va pas ?

La poitrine pâle se lève spasmodiquement.

— C'est… C'est gênant.

Cette fois-ci, le bleuté se redresse sur ses genoux et regarde Ichigo mal à l'aise. De toute évidence, il est novice en la matière. Il ne faut pas être sorti de la cuisse de Jupiter pour s'en apercevoir.

— Tu ne l'as jamais fait petite fraise ? demande Grimmjow en se mettant à hauteur du visage de son partenaire.

— Non. Enfin si mais pas comme ça !

— Comme quoi ?

— Comme… Ce que tu allais me faire…

— Regarde-moi Ichigo, tout en formulant son ordre, le bleuté ramène le visage du roux dans sa direction en le maintenant. Tu as déjà fait l'amour ?

— Oui mais seulement avec des filles.

Une moue contrariée se dessine sur le visage du cascadeur. Il ne veut pas brusquer le plus jeune, ni le faire se sentir mal, fatalement son expression peu engageante effraie ce dernier. En panique, Ichigo se redresse et s'assoit sur le canapé.

— Qu'est-ce qu'il y a Grimmjow ?

L'autre se frotte la tête en ébouriffant sa tignasse.

— Rien, rien. Mais je n'avais pas prévu de dépuceler une petite vierge.

Moment de flottement…

La magie s'envole pour laisser place à la réalité fracassante. Grimmjow n'a rien d'un gentleman, effectivement.

Déçu, Ichigo baisse la tête. Les fauves ne sont jamais compatissants.

— Hé, c'est pas si grave ! déclare le comédien en amenant le corps du rouquin près du sien. Bon, inutile de te mentir non plus. Je n'avais pas prévu ça mais on fera avec.

— Comment ça ?

— Je ne te forcerais à rien, d'accord ? Je ne veux pas que tu t'obliges à quoi que ce soit. On en reste là, basta.

Coup de massue. Tout s'effondre pour Ichigo. Bien sûr qu'il est vierge concernant ce genre de pratique et apeuré – qui ne le serait pas ? – mais il ne souhaite sûrement pas abandonner son fauve. Pour tout l'or du monde, non. Il se raccroche aux pectoraux saillants du cascadeur.

— Alors c'est tout ? Je ne t'intéresse plus ?

— Non, j'ai pas dit ça ! Mais tu veux que je fasse quoi ? Je ne suis pas un salaud, je ne vais pas te forcer et te faire mal. Il faut que tu en aies vraiment envie, et surtout que tu te sentes prêt. Je ne suis peut être pas le bon pour une première fois.

Ichigo se mord les lèvres. Il faut qu'il se bouge sinon, adieu son bel inconnu.

— Attends… Ce n'est pas que…

Il se reprend, il n'aime pas cet état de sensibilité dans lequel il est plongé.

— Je ne suis pas prêt tu as raison mais j'en ai envie. Crois-moi.

Grimmjow se gratte le menton, perplexe.

— Véridique ?

— Oui, acquiesce le jeune d'un mouvement de nuque. J'en ai vraiment envie mais… Laisse-moi du temps. Juste un peu de temps.

— Je ne sais pas…

Patienter le bon vouloir de ses amants ne fait pas parti du vocabulaire du bleuté. Malgré tout, l'attrait de la nouveauté combiné au plaisir d'initier ce jeune vertueux provoque en lui un raz-de-marée inégalé. Il sait qu'Ichigo ne l'oubliera jamais, son souvenir sera gravé éternellement dans sa mémoire comme celui qui lui a montré le chemin du plaisir. Le jeu en vaut la chandelle, qui plus est, l'égo de Grimmjow enfle en même temps que sa masculinité laissée de côté.

Ichigo restera sa plus belle prise, peut être même qu'il envisagera quelque chose de plus suivi avec lui. S'il se montre dégourdi, il peut devenir très intéressant.

— D'accord, j'attendrais t'inquiète.

— C'est vrai, tu es sérieux ? se réjouit le roux.

— Oui, bien entendu, tu es unique petite fraise, personne d'autre ne te croquera avant moi.

Pour appuyer ses dires Grimmjow enlace son futur amant dans ses bras, il force la tête d'Ichigo à venir se caler contre le creux de son cou. Il sent aussitôt deux bras le ceinturer à la taille et une bouche se poser sur son cou. Ichigo le remercie de sa prévenance à sa façon.

L'ambiance électrique retombée, ils demeurent encore un peu dans les bras l'un de l'autre avant que le plus âgé ne raccompagne son invité chez lui. Il ne faudrait pas que papounet s'inquiète.

(suite...)