EDIT du 04/03/07:
Pour être conforme au réglement du site, je supprime les réponses aux reviews. A tous les curieux, désolée!
Le p'tit mot d'Owlie :
Désolée… C'est le premier qui me vient à l'esprit. Vraiment désolée… Je sais que j'avais promis d'updater avant mais je n'ai pas pu. Je ne l'ai pas fait volontairement, croyez-moi. Mais avec le retour à la fac, les cours, le boulot et un soupçon de problèmes familiaux, ces dernières semaines sont passées à une allure folle. Je sais ce que c'est que d'attendre impatiemment la suite d'une fic. Je le sais parce que ça m'arrive souvent. Je sais à quel point ça peut-être frustrant. C'est pour ça que je suis vraiment désolée. Le meilleur moyen de ne pas rater une update est de vous reporter à mon LJ (lien dans mon profil)… Vous n'êtes pas obligé de vous intéresser à mes journées mais je fais en sorte de toujours mettre une note sur l'avancement de l'écriture, du tapage et de mes projets. (Notez la judicieuse utilisation du gras pour attirer votre attention )
A part ça, je ne pense pas retenter l'expérience du recoupage d'un chapitre… Ou alors la prochaine fois, je le couperai mieux ! Allez je vous laisse lire la suite de ma fic qualifiée « d'asexuée » par certains. J'ai trouvé ça bizarre au début, mais j'aime bien finalement !
Résultat du vote de popularité effectué sur mon LJ : 50 pour 100 des votants préfèrent Dean et 50 pour 100Olivier… Soit égalité parfaite ! Nombre de votants ? Euh… 2 (bonjour la tristesse !)
Suite directe du chapitre précédent, n'hésitez pas à le relire pour tout vous remettre en tête !
Annonces publicitaires (ou comment trouver de quoi lire entre deux chapitres):
Elizabeth Moonstone a encore frappé. Vous l'attendiez tous, elle l'a fait ! Oui, elle l'a fait ! Entre Amour et Amitié, la célèbre saga a vu le jour. Le hic est que, étant une nullité crasse en informatique, je suis incapable de mettre le lien dans mon profil. L'idéal pour tous ceux qui sont intéressés est de vous rendre sur le sien ou de faire une recherche rapide sur le siteFiction Press .com!
A part ça, je tiens à signaler à toutes les admiratrices du Dubois la sortie d'un petit OS de Tsuunami, mettant en scène notre petit Gryffondor et un pot de la très célèbre marque de pâte à tartiner, très drôle, qui devrait normalement se trouver sous ma fic sur la page des fics d'Olivier.
Et enfin, ruez vous sur la fic de Goldhedwige, La complainte du concierge que personne n'aimait, qui est à mourir de rire et qui a un faux air de Georgia Nicholson pour ceux qui connaissent !
Who's Wood ?
Petit rappel des nationalités : Sean est écossais, Dean et Dorys sont irlandais. June, Andy et Olivier sont anglais… Mine de rien, ça compte ! Mélanie Otto est la petite amie d'Olivier (c'est qu'on en viendrait presque à l'oublier la pauvre !). Le Sloth Grip Roll est une figure de Quidditch consistant à éviter un Cognard par un soudain roulement vers la bas, en parfaitement imitation du Paresseux. Le Wandball est un spot curieux né dans l'esprit de June et Olivier…
Disclaimer :
Honnêtement, si je me faisais de l'argent de cette façon, ça se saurait ! Mais puisque les censeurs l'exigent : Ô grande JK. Rowling, tu possèdes tout ici bas, sauf June et ses amis. Dommage pour toi…
La citation du mois s'adresse à tout ceux qui un jour seront amenés à faire des choix… Sean, mon grand, ne te laisse pas abattre !
« Il faut avoir des rêves suffisamment grand pour ne pas les perdre de vue lorsqu'on les poursuit »
Oscar Wilde
Ce qui est ironique, c'est que depuis le matin, il ne m'arrivait que des choses étranges. Mais rien de tout ça n'aurait pu me préparer au fait que, dans ce couloir totalement désert, je me fasse agresser…
§§§§
Avril : Les Inséparables vont toujours par deux (partie 2)
Closer
Tout s'est passé si vite… Je n'ai rien vu arriver. Je passais à côté de la statue de Phytomène le Curieux (c'est marrant, je l'ai toujours détesté) quand une main me saisit soudainement par la taille et une autre vint se plaquer sur ma bouche. Quelque chose ou quelqu'un m'a brusquement attirée derrière la statue. J'ai été violemment plaquée contre le mur et ma tête a cogné une pierre. Un corps est alors venu s'appuyer sur le mien, bloquant le moindre de mes mouvements. Dans cette alcôve, la luminosité ne me permettait pas de voir de qui il s'agissait. Par-dessus son épaule, je distinguais tout juste mes livres et ma baguette étalés au milieu du couloir. La peur m'a aussitôt submergée… Je n'avais plus ma baguette. Je ne pouvais pas me défendre. Mon agresseur avait réussi à bloquer mes bras dans mon dos grâce à l'un des siens et de l'autre, il maintenait une pression constante sur ma bouche qui empêchait le moindre de mes cris d'être entendu. Avec une de ses longues jambes, il réussît à immobiliser les miennes. J'ai eu envie de fondre en larmes, parce que c'était l'unique chose que, sur l'instant, j'étais capable de faire. Toutes les histoires d'agression que l'on entendait dans les journaux me revinrent à l'esprit. Je ne voulais pas être une victime de plus. Une véritable terreur m'envahit. Je ne voulais pas… Dans un sursaut de lucidité, j'ai tenté ma chance et ai commencé à donner des coups de bassin, d'épaules et de genoux pour tenter de me libérer. Celui qui comptait abuser de moi n'était pas né… Mon agresseur usa alors de tout son poids pour me retenir, mettant fin, aussi facilement que cela, à tout espoir d'évasion. A défaut de pouvoir m'échapper, je n'ai plus désiré qu'une chose: le blesser, lui faire mal, autant que je le pourrai… Alors que dans un ultime effort, une de mes mains commençait à glisser vers la liberté, il me parla, enfin, pour la première fois.
- Aïe… Mais arrête, chuchota-t-il énervé. Tu me fais mal ! Aïe Juni, arrête…
…
Juni ?
Mon cœur a fait un bond dans ma poitrine. Mais ce n'était pas possible… Je ne pouvais pas y croire. J'ai lentement levé mes yeux, qui commençaient à s'habituer à l'obscurité, vers l'homme qui venait de sauvagement m'agresser. Bien entendu, sa voix seule aurait dû me suffire à le reconnaître. Mais encore sous le choc, j'avais besoin d'en être assurée. En croisant ses prunelles noisette, je me suis sentie libérer du poids de l'angoisse. Dire que j'avais eu peur de me faire violer… Certainement la peur de ma vie…Une soudaine colère monta en moi.
- ÇA NE VA PAS DUBOIS ! ai-je hurlé. Tu te rends compte de la frayeur que tu viens de me faire ? Tu es complètement malade ? Si j'avais eu ma baguette, j'aurais pu te TUER !
Bien sûr, comme il avait encore sa main sur ma bouche, ça a donné quelque chose comme : « Mmh gnmmf mnnnh fmnh mm ! Gnm mfh ! ». Il jeta aussitôt des regards tout autour de lui et m'a fait :
- Shhhhhhh !
J'ai donc dû me contenter de lui lancer un regard furieux. Je présume qu'il a senti tous les reproches que j'avais envie de lui faire puisqu'il prit la peine de se justifier.
- Ne fait pas de bruit, s'il te plaît Juni ! murmura-t-il d'un air suppliant. Cela fait plusieurs fois qu'elle passe par là et je n'ai pas envie qu'elle me trouve. Je ne voulais pas te faire peur…
Consciente que j'étais totalement bloquée et qu'il ne me laisserait pas partir de sitôt, j'ai pris quelques secondes pour retrouver mes esprits. Mon cœur tentait vainement de reprendre un rythme régulier et de revenir à une fréquence à peu près normale. Cette brusque et soudaine montée d'adrénaline me laissa complètement lessivée… Même les épouvantails ne m'avaient jamais autant terrifiée ! Le sentiment d'impuissance, le fait de me sentir totalement à la merci de quelqu'un et de savoir que rien ni personne ne viendrait à mon secours m'a terrorisée. Parce que j'avais toujours cru que la magie ou mes talents innés pour le combat de rue me protégeraient, que je pourrais me battre quelque soit les circonstances… Et je venais réaliser que mes certitudes n'étaient pas fondées. Olivier venait de me le démontrer. Sentir ce corps sur le mien, contre ma volonté… J'ai détesté ça.
Je pense que ce n'est qu'à cet instant que j'ai réalisé à nouveau la position dans laquelle je me trouvais toujours. Olivier continuait à m'écraser contre le mur et à me bâillonner. Mes bras étaient encore bloqués, maintenus par la prise de celui qu'Olivier avait passé autour de ma taille et qui était dans mon dos à présent. J'étais écrasée contre lui… J'étais dans ses bras…
Mon cœur s'est remis à palpiter, ma respiration à s'accélérer et ma tête m'a paru s'enflammer. Ce n'était pas n'importe quel corps contre le mien… C'était celui d'Olivier. J'étais dans ses bras… Il était en train de me serrer contre lui.
Un frisson me parcourut l'échine à l'instant même où mon esprit commença à formuler cette pensée. Immobile et haletante, j'osai à peine lever les yeux vers lui. Il regardait nerveusement par-dessus son épaule, au risque de se déboîter la tête, en direction du couloir vraisemblablement. C'est amusant, j'ai toujours su qu'il était plus grand que moi (tout le monde était capable de s'en rendre compte d'ailleurs), mais je n'avais encore jamais remarqué que mes yeux arrivaient juste sous son menton. La perception de pulsations sourdes et irrégulières me sortit de ma rêverie. Il ne me fallut que quelques secondes pour réaliser d'où elles provenaient. J'étais capable d'entendre les battements de son cœur et de les sentir à travers sa poitrine. Son rythme chaotique trouva un écho parfait chez le mien. Echappant totalement à mon contrôle, mon regard s'est laissé glisser jusqu'à la naissance de son épaule, qu'un pull au col déformé à force d'avoir été trop tiré laissait entrapercevoir, et a ensuite caressé les lignes de son cou ainsi que celles de sa mâchoire, puisque j'étais dans l'impossibilité de le faire autrement. Le simple contact de son souffle sur ma peau réussît à me faire frémir. Et son parfum… A chacun de ses mouvements, il me parvenait un peu plus. Cette senteur boisée avait le don de me monter à la tête et de me rendre folle. Il faudra absolument que je pense à remercier Andy pour le lui avoir offert. Sous le coup de toutes ces émotions, mes jambes se sont mises à faiblir. Je n'avais pas le droit. Mais son odeur, sa chaleur, lui contre moi…
Au fond, c'était quelque chose dont j'avais toujours rêvé. Un moment que j'avais passé des heures à imaginer et à sublimer mais auquel, malgré mon optimisme sans faille, je ne pensais jamais être confrontée. Pourtant, c'était en train de se produire. Ce n'était pas un rêve… La douleur provoquée par son appui sur ma mâchoire attestait de la réalité de la chose. C'était au-delà de ça… Je frissonnais, je tremblais, je ne respirais même plus. Quelque chose était en train de s'éveiller en moi, quelque chose qu'inconsciemment je devais tenter d'étouffer. Comme une mer déchaînée, cette sensation, cette chaleur débordait véritablement, inondant mes veines à vive allure. Il n'y avait plus de logique, plus de raison, plus de contrôle. J'étais consciente qu'il fallait pourtant que je me maîtrise, que je ne pouvais pas me permettre une erreur, une faiblesse. Mais cette émotion était tellement forte, tellement plaisante et euphorisante, tellement… charnelle. Je ne me sentais pas capable de résister. Mon corps m'a semblé trop petit et ma volonté trop faible pour contenir cette sorte de vague irrésistible qui, finalement, finit par tout submerger, à commencer par le peu de résistance que j'avais réussi à mobiliser. Mes jambes ont définitivement cessé de vouloir me porter.
J'avais envie de l'embrasser. Tout simplement… Il fallait que je l'embrasse. Ma vie venait de se résumer à cette certitude. Je n'avais jamais autant désiré quelque chose au monde. Conscience, ma chère petite voix intérieure, me répétait inlassablement que je ne le pouvais pas, que je n'en avais pas le droit. Mais j'avais la certitude que si je n'y arrivais pas, si je ne cédais pas à cette envie, j'allais en mourir. Pour de bon… Honnêtement, je me moquais des conséquences. Il n'y avait plus de meilleur ami, plus d'idiot, plus de mensonge, d'hésitation, ni de crainte. Juste la certitude que tout dans ma vie m'avait préparé à cet instant, à cette étreinte, à ce baiser… et que nos corps, comme deux pièces de puzzle, étaient nés pour cet emboîtement parfait. Deux solutions s'offrirent alors à moi : ou bien je l'embrassais (ce qui était impossible dans la position dans laquelle je me trouvais, aussi agréable fut-elle), ou bien je m'évanouissais (solution la plus probable puisque j'avais cessé de respirer).
Des bruits de pas dans le couloir me ramenèrent brutalement à terre. Olivier tressaillit et de nouveau m'intima de garder le silence. Deux élèves s'étaient arrêtés devant la statue, près de mes affaires.
- June Tierney ? fit l'un d'eux en feuilletant mes bouquins. Tu vois qui c'est ? Elle a même perdu sa baguette.
- Ce ne serait pas la fille qui traîne toujours avec l'autre grand de l'équipe de Quidditch ? répondit son collègue qui nous tournait le dos.
- Ah oui… Je vois ! On a qu'à ramener tout ça à MacGonagall…
- N'empêche, ajouta l'autre garçon en s'en allant, il faut être malade pour laisser ses affaires traîner comme ça…
Le fait d'être encore une fois considérées comme « la fille qui traînait toujours avec Dubois » m'a donné envie de hurler mais je me suis vite calmée en réalisant que ces deux idiots s'en allaient avec mes livres et ma baguette. Je me suis aussitôt remise à « Mmh mmher » avec vigueur. La réaction d'Olivier fut immédiate.
- Chut Juni, je t'en supplie, chuchota-t-il en posant son index sur sa bouche pour me faire signe de me taire.
Index, je te le rappelle, toujours attaché à la main qui m'empêchait de parler. Sais-tu seulement à quelle distance son visage se trouvait du mien ? Nos nez s'effleuraient presque… Je n'ai plus fait attention à ma respiration saccadée, à mes joues en feu, à mes jambes tremblantes, pas plus qu'à mes spasmes. Ses yeux avaient capturé les miens. Je pouvais voir mon reflet dans ses pupilles. Je voyais ce qu'il voyait. A cet instant, s'il ne décelait pas dans mon regard ce que je ressentais, s'il ne prenait pas conscience de ce qu'il provoquait en moi, alors il n'était qu'un imbécile. Il n'avait qu'à continuer à m'observer comme il le faisait…
- Hé ho ! Olivier ? Sors de ta cachette! Je sais que tu es là…
Dubois sursauta et rompit le contact visuel. Mon propre corps se raidit malgré moi au son des pas se rapprochant. Mélanie arrivait. La petite amie d'Olivier allait nous découvrir comme ça… Une brusque peur m'envahit. Qu'est ce que j'allais lui dire ? Comment expliquait ça de manière rationnelle ? Et Dean… Merlin ! A quoi avais-je pensé ? Il avait suffit d'un simple contact prolongé pour me faire perdre la tête. Je n'eus pas le temps de céder à la panique puisque Olivier carra les épaules, resserra son étreinte et nous tassa le plus possible contre le mur. Ma tête trouva le plus naturellement du monde sa place sur l'épaule d'Olivier alors qu'il avait niché la sienne dans mon cou. Avec le recul, je me dis qu'il a fait cela pour nous cacher. Mais sur l'instant, je ne pensais qu'à lui, qu'à son parfum enivrant qui me faisait tourner la tête, qu'à son souffle saccadé qui me chatouillait le creux de l'épaule, qu'à sa peau contre la mienne… J'avais atteint d'autres sphères…
Mes yeux se sont remplis de larmes. Pourquoi est ce qu'il me faisait ça ? C'était tellement cruel… D'un regard embué, je vis passer Mélanie devant la statue et pas un instant, elle ne sembla se douter de notre présence. C'était trop pour moi… J'avais mal au dos et mal aux mâchoires. J'avais envie de plus et envie qu'il me laisse. Je voulais avoir la force de le repousser et l'instant d'après, simplement envie de me laisser aller. S'il ne m'avait pas soutenu, j'aurais depuis bien longtemps touché le sol. Le danger étant passé, il releva lentement le visage et risqua un regard dans la direction prise par sa petite amie. Il poussa un long soupir et sembla se détendre aussitôt. Pétrifiée, je cherchai sans succès un moyen de me sortir de cette situation. Mon cerveau avait cessé de fonctionner…
- Au fait Juni, je voulais aller voir Hagrid tout à l'heure, déclara-t-il avec un grand sourire alors qu'il desserrait enfin la prise de ses deux bras. Tu m'accompagnes ?
La chose la plus intelligente à faire aurait été d'adopter le même ton badin, ou de retenir mes larmes et refuser d'un simple geste de la tête, ou même les laisser couler pour le faire culpabiliser. J'avais le choix… Va savoir pourquoi, j'ai littéralement explosé de rage. Je l'ai violement repoussé et suis partie, furieuse et sans un regard, chercher mes affaires chez ma directrice de maison. Enfin, ça, c'est ce que je lui ai hurlé dessus… En vérité, je me suis effondrée sur les marches d'un escalier un peu plus loin.
Il n'avait rien vu. Il n'avait rien ressenti…Pourquoi ? Pourquoi cela m'arrivait-il à moi ? Pourquoi je me sentais coupable d'avoir connu ce bonheur-là ? Pourquoi cela me faisait-il pleurer ?
Pourquoi est ce que je ne ressentais pas ça dans les bras de Dean ?
§§
En rentrant à la Tour une fois remise de ma mésaventure, je n'ai parlé à personne de ce qui venait de se passer. Entendre Dorys me faire la morale à ce propos et Andy s'émerveiller devant l'intensité d'une telle situation n'était vraiment pas la chose dont j'avais le plus envie. Lui non plus ne fit aucune allusion à l'incident et justifia la bosse apparue sur son crâne par une malheureuse rencontre avec Peeves et un chaudron volant. Bref, pour lui comme pour moi, cet accident était à oublier… Impossible… Et ce n'est pas faute d'avoir essayé…
Je repensais sans cesse à toutes ces choses qui m'avaient faite tourner la tête, à cette envie nouvelle et irrésistible apparue dans ses bras. J'étais écoeurante… Comment avais-je pu songer un instant à oublier jusqu'à l'existence de Dean, de Mélanie et des conséquences qu'aurait ce simple baiser ? Comment ai-je pu faire ça à Dean ? Lui qui était si attentionné, si gentil, si parfait… Je me suis sentie nulle, coupable et sans volonté.
Il m'était devenu nécessaire de me changer les idées pour ne pas finir par faire une dépression nerveuse. Manifestement, les émeutes gobelins n'étaient pas assez distrayantes pour ça. Je me suis efforcée de réunir tout ce qui était lié à «l'incident de la statue » dans un coin de mon esprit et d'en verrouiller définitivement l'accès. Et aussi paradoxal que cela puisse paraître, quand Olivier osa enfin réitérer son invitation pour aller chez Hagrid, j'acceptai sans hésiter. On dit qu'il faut remonter à dos de balai directement après une chute. Là, c'était pareil… Il fallait que je réussisse à l'affronter pour ne pas laisser la situation s'empoisonner. Je dois aussi avouer que Sean en kilt et sa pâle imitation de William Wallace avait réduit en un rien de temps ma patience à néant.
Hors du château, le temps était radieux. Les rayons d'un soleil éclatant réchauffaient l'atmosphère et une brise tiède, agitant doucement la cime des arbres, empêchait que cela ne soit désagréable. Si seulement nous n'étions pas en 5ème année… Je suis prête à parier un gallion que nous serions déjà tous autour du lac.
- Qu'est ce que tu veux demander à Hagrid ? ai-je fait à Olivier alors que nous nous engagions sur le chemin menant à la lisière de la forêt.
- Ma tante a un problème de limaces dans son jardin, me répondit-il un peu tendu. Elle n'arrive pas à s'en débarrasser. Hagrid aura certainement quelques conseils à lui donner…
Je l'ai observé, pas du tout convaincue par son explication.
- Tu es sûr que ce n'est pas pour qu'il t'aide à faire ton devoir de Soins ? ai-je rétorqué moqueuse. Tu sais, celui pour la rentrée…
- Tu crois vraiment que si je rendais visite à Hagrid pour cette raison là, je te demanderais de m'accompagner ? me fit-il remarqué avec un sourire.
Je dus reconnaître que son argument était valable, même si cette invasion de limace ne me semblait toujours aussi suspecte. Nous arrivions en vue de la cabane d'Hagrid quand nous somme tombés nez à nez avec Potter, Weasley junior et une de leurs amies aux cheveux touffus.
- Olivier ! s'écria Harry avec un sourire crispé. Qu'est ce que tu fais par ici ?
- Comme toi je suppose, répondit Olivier avec un haussement d'épaules. June et moi allons voir Hagrid.
- Justement, déclara Ron précipitamment. On en vient et il n'est pas là…
- Sa cheminée fume, ai-je signalé en montrant la fumerole blanche s'élevant au-dessus du toit. Et on peut voir son ombre à travers les carreaux !
- Ce que veut dire Ron, rectifia vivement le jeune fille aux cheveux touffus, c'est que Hagrid est malade et qu'il nous a demandé de prévenir les autres qu'il avait besoin de repos.
Olivier et moi, perplexes, avons scruté du regard les deux autres mais ils approuvèrent à grand renfort de hochements de tête les dires de leur amie. Comme pour l'excuse des limaces, tout ça ne paraissait pas très net.
- Hermione a raison, ajouta Potter. Hagrid est malade… et contagieux en plus !
- Enfin, ai-je soupiré en me tournant vers Olivier. Il ne pourra pas dire qu'on ne l'avait pas prévenu… Il faut toujours se méfier des changements de température !
- On ira le voir plus tard dans ce cas, ajouta Olivier au soulagement mal caché des trois gamins. Au fait Harry, pendant que je te tiens, j'aimerais qu'on parle un peu des entraînements. J'ai réussi à obtenir le terrain demain après-midi… Tu as deux secondes pour en parler ?
Harry jeta un regard à ses camarades et suivit Olivier en direction du château.
- On se voit tout à l'heure June ! déclara Olivier, réalisant après quelques mètres, qu'il m'avait planté là.
J'ai levé les yeux au ciel. C'était lui tout craché…
- Le Quidditch n'attend pas, ai-je confié à Ron et son Hermione. Au fait, si vous remontez à la Tour, faites attention… Perceval est d'humeur charmante…
- Encore Fred et George ? demanda Ron qui repensait certainement au raid anti-préfet des Jumeaux qui avait eu lieu la veille et qui avait mis Percy dans un état de nerfs absolument effroyable.
- Non, ai-je répondu avec un sourire. Je pense qu'il a plutôt mal vécu la qualification écossaise.
- Je ne savais pas que Percy prenait le Quidditch autant à cœur, s'étonna Hermione.
Pauvre petite… Les 1ères années sont vraiment naïfs parfois… Elle ne se doutait pas que Percy n'en avait pas après l'Ecosse mais après un écossais en particulier, qui avait passé sa journée à chanter et à danser en kilt dans la Salle Commune, empêchant notre cher préfet de travailler. Puisque aucun d'eux ne semblait avoir envie de partir, ce fut à moi de le faire.
- Bon les jeunes, ai-je dit en me frottant les mains, réalisant avec horreur que je faisais exactement comme ma mère quand elle s'apprêtait à nous laisser Olivier et moi. Je vais vous laisser, j'ai des siècles de rebellions gobelins qui n'attendent que moi…
- Quoi ? Il faut attendre la cinquième année pour les étudier ? s'indigna Hermione avant d'ajouter aussitôt une lueur d'intérêt dans le regard. Ce doit être passionnant…
Il me fallut quelques instants pour réaliser qu'elle ne se moquait pas de moi. Elle le pensait vraiment… Weasley junior et moi avons échangé un regard lourd de sens alors que le demoiselle s'empressait de nous expliquer les bienfaits d'étudier l'histoire pour en tirer des leçons.
Au moins maintenant, je suis sûre d'une chose : si jamais Percy et Andy ont un enfant, il ressemblera certainement à cette Hermione ! Histoire de la Magie intéressante… Qu'est ce qu'il ne faut pas entendre !
§§§§
Les deux secondes qu'Olivier demanda à Potter devinrent finalement un après-midi tout entier. Pouvait-on vraiment l'en blâmer ? Techniquement, je suppose que oui… Mais moi, je ne le pouvais pas. Il nous reste tout juste un mois avant la dernière journée de la saison, un mois pour être au point et pour ajuster notre jeu face aux Serdaigles. Olivier avait l'intention de multiplier les séances d'entraînements de l'équipe pour y remédier. Mais avant cela, il lui fallait choisir les grandes lignes de la préparation et pour se faire, il n'y avait qu'une seule solution. C'est donc bien gentiment que nous avons été mis à contribution pour nous pencher sur la question Serdaigle en sa compagnie. Et c'est dans ce but qu'il nous convia à une petite réunion au sommet le samedi soir dans notre Salle Commune à 21 heures, précises !
Connaissant tous l'importance que Dubois attribue à la ponctualité en matière de Quidditch, nous étions donc en place à 20h59 tapantes. Andy et Dorys s'étaient jointes à Sean et moi, Andy parce qu'elle avait été réquisitionnée comme scribe (personne ne gratte plus vite sur un parchemin que Speedy Benton) et Dorys parce qu'elle avait envie de s'amuser un peu. Crois moi, ce genre de réunion est loin d'être amusante ! J'ai bien tenté de le lui expliquer en lui disant qu'on y parlait uniquement technique, stratégie, calcul… A peine ces quelques mots prononcés, j'ai compris que c'était exactement ce qui amusait Dorys et je ne fus pas surprise de la voir arborer un grand sourire en prenant place à la table réservé pour l'occasion.
Olivier arriva alors chargé de manuels, d'ardoises, de paperasses et un tableau sous le bras.
- Tout le monde est là ? remarqua-t-il tout sourire. Parfait, nous allons pouvoir commencer.
Il nous fit alors passer à chacun un bout de parchemins et mit en place son tableau.
- Tu as fait les choses en grand ! a déclaré Dorys un sourcil haussé en constatant que toutes les données des Serdaigles étaient regroupées, classées et ordonnées sur le bout de papier qui se trouvait sous ses yeux. Ça a dû te prendre du temps…
En fait, il n'était pas le seul à qui cela en avait pris. Depuis deus jours, il ne me parlait plus que des bienfaits d'une réunion bien préparée et m'avait faite rejoindre sa chasse aux statistiques et aux informations.
- Tu ne viendras pas te plaindre à la fin des vacances parce que tu n'auras pas eu assez de temps pour faire tes devoirs, a ajouté Andy d'un ton acerbe.
Olivier ignora sa remarque et se détourna complètement des deux filles.
- Si nous commencions ? proposa-t-il avec un grand sourire à Sean et à moi.
Il retourna son tableau et je découvris avec surprise qu'il avait été découpé en 8 parties et que chacune d'elles abritaient une photographie.
- Gryffondor, Gryffondores, si je vous ai réuni ce soir, c'est pour nous préparer à affronter l'Ennemi, cet ennemi ! répéta-t-il en montrant du doigt le tableau. Nous savons tous que l'équipe de Serdaigle regorge d'excellents techniciens. Cet état de fait nous oblige à ne pas les considérer en tant que collectif, comme nous avons pu le faire pour Pousouffle, mais individuellement. Pour illustrer mon propos, j'ai envoyé Sean photographier les joueurs pendant un de leurs entraînements.
Voilà donc ce qui expliquait la présence des photos. J'étais prête à parier qu'Olivier avait pêché cette idée dans le célèbre Bible de l'entraîneur : Comment mener ses joueurs à la victoire, son nouveau livre de chevet. Après les avoir un peu mieux observées, je ne pus retenir un sourire amusé.
- Je reconnais qu'elles sont un peu floues… admit Olivier avec un grimace.
- Un tout petit peu alors ! ricana Dorys.
- Oui, bon, ça va ! s'écria Sean en se redressant dans son fauteuil. Je n'ai jamais dit que j'étais un excellent photographe. En plus, on m'a donné un appareil moldu à jeter.
- Jetable, rectifia Andy.
- C'est ce que j'ai dit, grogna Sean. Vous n'avez pas l'air de réaliser à quel point il est difficile de photographier des joueurs en vol à pleine vitesse, en étant caché sous les gradins.
Il n'empêche que le résultat était vraiment comique. Des espèces de masses informes bleu et argent s'étalaient sur les clichés. On ne distinguait plus le balai des joueurs. Sur une d'entre elle, il y avait même le doigt de Sean devant l'objectif. En fait, la seule photo nette était celle de Davies mais il était de dos.
- De toutes façons, dit Olivier pour régler le problème, nous savons tous qui ils sont.
Andy leva alors la main.
- Oui ? fit Olivier surpris qui, je te l'assure, n'avait pas l'habitude d'être interrompu dans ce genre de réunion.
- Si j'ai bien suivis tout ce qui tu as dit, les joueurs de Serdaigle sont excellents, non ? Cependant, ils n'ont pas brillé face à Serpentard. Même moi qui ne suis pas une grande amatrice de Quidditch, je l'ai remarqué! Et comme nous avons vaincu Serpentard, nous ne devrions, en toute logique, pas avoir de problèmes…
Dubois secoua la tête avec un petit ricanement moqueur.
- Andy, Andy, Andy… Comment t'expliquer ça simplement ? Tu es d'accord pour dire que nous ne pouvons pas jouer de la même façon à chaque match et que nous devons adopter une tactique différente fonction de notre adversaire ? Oui ? Et bien les Serdaigles font pareil. Ton raisonnement n'est pas valable puisque cette équipe ne jouera jamais de la même façonface à nous et face aux autres maisons…
La réponse d'Olivier sonna comme une insulte à l'intelligence d'Andy. Pour prévenir une dispute qui s'annonçait imminente, je me suis permise d'intervenir.
- Ce qu'Olivier essaie de te dire, ai-je repris d'un ton plus diplomate, c'est que les Serpentards sont les seuls à ne jamais modifier leur jeu. Il est brutal, sournois et cela fonctionne face à chaque équipe. Pour tout te dire, cela marche d'autant plus face à une formation comme Serdaigle. Ils sont beaucoup trop… « sage » en fait ! Ils commettent très peu de fautes et donc ne rendent pas les coups. C'est pour cette raison qu'ils se font dominer par Flint et Cie. Ils ne parviennent pas à mettre en place leur jeu et leur maîtrise technique ne leur est d'aucune utilité puisqu'ils n'ont pas le temps de la laisser s'exprimer...
- En revanche, continua Sean, face à une équipe honnête, comme nous, ils vont s'en donner à cœur joie.
Andy hocha la tête pour montrer qu'elle avait compris.
- Alors quand vous dites que vous parlez de Quidditch, vous réfléchissez en fait ? demanda Dorys sarcastique.
- Très drôle, fit Olivier d'un ton faussement aimable. D'autres questions ? Non ? Parfait ! Commençons par la revue des joueurs avec en première place… Graham Paige, occupant le poste de gardien.
Andy et Dorys échangèrent un regard ahuri avant de se reporter aux données concernant le jeune Paige. Leur attitude me fit sourire. Elles découvraient enfin les joies du management d'une équipe.
- Donc Graham Paige, reprit Olivier. 3ème année, tout jeune gardien, droitier, il possède un Nimbus 1500, modèle qui commence à dater mais qui reste de la qualité Nimbus. Average : 6.
- Cela veut dire que sur 10 tirs, il en arrête 6, ai-je expliqué en voyant Dorys hausser le sourcil.
- Une moyenne correcte, reprit Sean. L'an dernier, son average était de 4. Un beau M.P…
- Mains Percées, ai-je encore traduit.
- Est-ce qu'il existe un dictionnaire pour les gens qui ne parlent pas votre langue ? me demande Andy effarée.
- Bref ! reprit Olivier d'un air théâtral. Il a fait des progrès depuis l'an dernier mais au vu des deux derniers matchs, il a encore beaucoup de mal à bloquer les tirs sur le côté gauche. Aux filles de réussir à en tirer profit… Passons aux Batteurs à présent. June ?
Olivier me laissa la parole pour les présenter.
- Jason Samuel et Duncan Inckelby, tous deux en 4ème année, parviennent parfaitement à coordonner leur jeu, presque comme nos Jumeaux par moment… Il s'agit de leur 2ème année dans l'équipe. Ils possèdent tous deux un Brossdur 8, robuste et maniable comme tous bons Brossdur mais avec un petit manque sur la vitesse. Enfin, rien de grave pour des Batteurs ! Leur jeu est plutôt défensif…
- C'est ce que June disait en les qualifiant de sages, expliqua Sean en une très bonne imitation du ton professoral de Flitwick. Jamais Samuel ou Inckelby n'iront donner un coup de batte par inadvertance à un joueur adverse ou ne lanceront un Cognard avec l'intention de faire tomber le joueur du balai…
- Mais… c'est normal ! s'indigna Andy que la surprise étouffa à moitié. C'est une bonne attitude.
- Bonne, je ne sais pas, répondit Olivier avec un haussement d'épaules. Stupide, certainement…
Nous avons évité de polémiquer en nous occupant du cœur du problème : les Poursuiveurs. Ce sont eux qui mènent la danse, eux qui démontrent toute la qualité de leur équipe et qui en mettent plein la vue aux spectateurs.
- Roger Davies, commença Olivier dégoûté.
- Le jeune et sémillant Capitaine, Roger Davies, rectifia Dorys.
Dubois prit son air le plus outré et le plus méprisant possible.
- Abstiens-toi de tous commentaires sur ses qualités autres que sportives, ai-je conseillé à Dorys avec un clin d'œil.
Celle-ci me sourit en retour. Elle l'avait fait exprès.
- Roger Davies, reprit donc Olivier. Poursuiveur en 3ème année, gaucher. C'est sa deuxième saison dans l'équipe et sa première en tant que Capitaine. Il est pour l'instant le moins technique des trois Poursuiveurs mais son niveau reste très bon. Moyenne de but par match : 3.5 avec une nette préférence pour les deux anneaux extérieurs… Il a troqué son Etoile Filante pour un Comète 520, le dernier né de la marque, le même qu'Alicia et Katie.
- Bon joueur et mauvais Capitaine ? demanda Andy.
- Flitwick lui a fait confiance en lui attribuant cette fonction, a répondu Olivier la mine sombre. Il est encore jeune, c'est vrai. Mais il apprend vite… Toutes les erreurs qu'il commet cette année, il ne les fera plus. C'est une sorte d'investissement à long terme…
Sean fut invité à prendre le relais.
- Patrick O'Donnell, préfet en 6ème année. C'est sa quatrième saison à ce poste où il excelle. Très bon technicien, adepte du vol en zigzag et du Sloth Grip Roll, sa moyenne de but est de 5.25. Il tire de la main droite et ses stats indiquent une légère préférence pour l'anneau central. Un fou volant… Son balai est une Etoile Filante mais je ne comprends pas la petite annotation à côté, ajouta-t-il en plissant les yeux pour déchiffrer son parchemin.
- June ? fit Olivier avec un sourire en me donnant la arole d'un geste de la main.
Cela va te surprendre (ou peut-être pas en fait) mais je suis la consultante officielle en matière de balai. Etonnant pour la fille d'un reporter du journal Balai Magazine, non ?
- En réalité, son balai était une Etoile Filante. Il doit être aussi vieux que ceux de l'école. Pour vous dire, Bibine m'a même avoué qu'elle avait appris à voler sur un de ces modèles… Mais O'Donnell a réussi à faire un travail fabuleux sur le sien. Le règlement de l'école n'interdit pas d'apporter quelques modifications à son balai. La plupart des joueurs ou des élèves ne le font pas parce qu'ils n'ont ni la capacité ni les connaissances requises. O'Donnell, lui, est un génie. On pourrait croire qu'il se cacherait pour le faire. Même pas ! C'est un vrai plaisir de la voir travailler. Il a réussi à améliorer le Sortilège de Freinage, à limiter la perte d'altitude et à optimiser au maximum la vitesse de son balai par une meilleure pénétration dans l'air. Ce type est un véritable génie et son balai un chef d'œuvre customisé…
Il a fallu que je m'arrête pour reprendre ma respiration. Olivier me jeta un regard froid (il n'apprécie pas que l'on vante les mérites d'un membre d'une autre équipe) et Dorys m'observait comme si elle découvrait à peine toute l'ampleur de ma maladie.
- Abstiens-toi de tous commentaires sur ses qualités autres que sportives, me dit Andy avec un air moqueur.
Bon, je reconnais m'être un peu enflammée. Mais ce gars a été capable de prendre en compte tant de facteurs lors de la modification de son balai (le poids, le résistance au vent, l'équilibrage du manche, la stabilité en vol, la maniabilité, la puissance d'accélération en montée et lors des changements de direction, pour ne citer qu'eux). Honnêtement, malgré le fait qu'il ne soit pas à Gryffondor, j'ai énormément de respect pour lui et je suis quasiment sûre qu'il est déjà sous contrat pour devenir Magingénieur chez Nimbus. Et puis Dubois pouvait râler, je n'avais pas non plus précisé que O'Donnell ,en plus d'être un joueur excellent, un customiseur de balai hors du commun et très sympa, un élève brillant et un préfet modèle, était également un jeune homme tout ce qu'il y avait de plus charmant… Là, je crois que je le tuais !
- O'Donnell est donc un joueur redoutable sur un redoutable balai, ronchonna Olivier boudeur. Mais il y a encore pire, n'est ce pas ?
- Mathilda Watts, reprit Sean. Ambidextre, terrifiante de réussite aussi bien de la main gauche que de la main droite. Excellente tireuse sur chacun des anneaux, moyenne de 7…
- Une tueuse, soupira Olivier.
- Mais puisque le joueur parfait n'existe pas, en tout cas ailleurs que chez Gryffondor, ajouta Sean avec un sourire malicieux, Mathilda Watts est assez statique sur le terrain. Elle n'a pas virtuosité en vol d'un O'Donnell ou d'un Davies. Son balai est un… Kleinwald ?
Ils se sont aussitôt tous tournés vers moi.
- Qu'en pense notre Docteur ès Balai ? fit Dorys avec une moue moqueuse.
J'ai préféré prendre cette pique pour un compliment et en voyant le sourire fier d'Olivier, j'en ai été convaincue. En venant à cette réunion, Dorys devait se douter qu'elle découvrirait une autre facette de nos personnalités. Mais on pouvait voir à son air dépassé qu'elle ne s'attendait pas à tant.
- J'ai effectué quelques recherches sur ce mystérieux balai, ai-je expliqué dans un silence religieux. Le Kleinwald est le tout dernier modèle sorti des ateliers munichois de la compagnie « Hausbaum Père et Fils ». Son manche en chêne en fait un balai massif, stable et très résistant. Donc parfaitement adapté au jeu de Watts… Cependant, la nature de son bois l'alourdit considérablement et cela se ressent sur la vitesse. A la base, ce n'est pas un balai pour le Quidditch. Le Kleinwald à l'origine avait été crée pour résister aux conditions de vol dans les Alpes bavaroises. Lorsque ses concepteurs ont modifié la queue du balai pour remplacer les brindilles de saule par du bouleau, l'aérodynamisme a été amélioré et cela a suffi à ce que ce balai se mette à fleurir sur les terrains de la Bundesligua. Le balai est bon mais trop lourd et pas assez rapide selon moi pour le jeu. Ceci dit, si jamais O'Donnell arrive à mettre la main dessus, je suis sûre que…
- Merci June, me coupa vivement Olivier avec un sourire forcé. Vous venez donc d'en avoir la preuve : Serdaigle a d'excellents Poursuiveurs. Par chance, leurs Attrapeurs, Adam Keane en est un très bon exemple, sont de véritables calami…
- C'est dingue… fit Andy songeuse en interrompant Olivier. Je ne pensais pas que l'on pouvait avoir des manières de jouer aussi différentes. Pourtant, ces joueurs arrivent à être complémentaires… Finalement les Serdaigles sont assez effrayants.
- Ils auraient pu se contenter d'être intelligent, ronchonna Dubois. Je leur laisse tout ce qui est intellectuel, alors qu'ils me laissent le Quidditch.
- C'est vrai que tu représentes une menace intellectuelle pour l'ensemble de la maison Serdaigle, ricana Dorys d'un ton acide. Rappelle moi ta dernière note en Potions…
La discussion dégénéra peu de temps après et la réunion prit fin sans que l'on évoque le problème des Attrapeurs avec une Dorys déchaînée, un Olivier vexé à mort, un Sean qui comptait les points et une Andy qui s'était mise à réviser. Pour tout te dire, j'ai passé le reste de la soirée avec Percy à discuter de lui et Penny pour me changer les idées. De toutes façons, comme l'a dit Hataway, tant que Potter est avec nous, on ne peut que gagner.
§§§§
Nous avons passé l'après-midi de la veille de la rentrée bien sagement dans notre Salle Commune à amener les dernières petites touches aux différents devoirs que l'on nous avait donnés. Bien sûr, pour certains d'entre nous, cela consistait à faire le devoir. Mais Sean a eu de la chance car Andy, prise de pitié, a accepté de l'aider. Une façon tranquille de finir nos vacances en somme…
Malheureusement, Dorothy MacDonald avait décidé ce soir là de faire sa bonne action du mois et nous faisait donc bénéficier de sa présence pour la soirée. Bonne intention, certes, mais assez risquée… Disons qu'il est déconseillé de déranger une personne en train de réviser ses Sortilèges ! Mais Dorothy sous-estime toujours son potentiel agaçant.
Dorys, bien heureuse de ne pas avoir à s'en mêler, me jetait de temps à autre un regard où se mêlaient compassion et amusement. Sean se serait volontiers joint à la conversation (enfin au monologue de Dorothy) si l'air meurtrier qu'arborait Andy ne l'en avait pas découragé. Une bouffée d'eau de Cologne accompagna la progression de Percy dans la Salle Commune. Prise d'un fol espoir, je l'ai interpellé.
- Hé Percy ! Tu te joins à nous ?
- Non, désolé, répondit-il grimaçant. Le devoir m'appelle…
- Devoir de préfet ? Tu ne dois pas y aller ? ai-je demandé àDorothy, imaginant, ravie, que mon calvaire allait rendre fin.
- Les élèves revenant de vacances n'ont as besoin que les préfets leur fassent une haie d'honneur pour saluer leur retour, rétorqua Dorothy les sourcils froncés. J'ai beau l'expliquer à ce cher Perceval, il ne veut rien entendre…
J'ai observé Percy secouer la tête, totalement désabusé. C'en était presque touchant… Percy attendait impatiemment le retour de sa tendre Penny.
- A ce propos, reprit Dorothy avec un petit sourire, tu vas enfin pouvoir retrouver ton « chéri ». Il a dû te manquer non ?
J'ai détourné la tête en rougissant. Malgré tout ce qui s'était passé avec Olivier pendant les vacances, je devais admettre que j'avais très envie de le revoir. Ce désir là n'était peut-être pas tout à fait innocent, voir motivé par un dérangeant sentiment de culpabilité. J'avais envie de le revoir, d'être avec lui… Il m'avait envoyé pendant les vacances un lys séché, selon Andy la fleur de la tendresse, qu'il avait récupéré au prix d'une lutte acharnée avec sa tante Muriel du bouquet de la mariée. Il m'avait manqué…
- C'est vrai, ai-je admis en souriant.
- Alors pourquoi ne vas-tu pas l'attendre en bas ? me demanda-t-elle étonnée.
- Tu crois que je devrais ? Ça ne fera pas trop… ? ai-je dit avec une grimace.
- Enfin June ! rétorqua-t-elle abasourdie. Tu n'aimerais pas qu'en descendant du train, en débarquant à l'école, quelqu'un t'attende ? Si tu y vas, cela prouvera que tu as pensé à lui…
Je me suis imaginée arrivant à Poudlard, traînant mon sac. Arrivée devant les marches, je l'aurais vu, tout mignon dans son petit uniforme. Il aurait râlé parce que je serais en retard. Forcément, j'aurais vu quelque chose de fascinant en route. Olivier râle toujours à cause de ça... DEAN ! Mais qu'est ce que j'écris moi ? Dean bien sûr… Quand je fantasmais sur Olivier, je rêvais souvent de nos retrouvailles. J'imaginais ça comme un moment intense. Dean pensait peut-être lui aussi à ce genre de choses.
- Ok ! Percy, attends moi ! J'arrive ! ai-je dit en me levant.
- Ouh là ! fit Dorothy en se levant en même temps que moi. Tu ne comptes tout de même pas y aller comme ça ?
Quoi ? Bon, c'est vrai ! Mon jogging ne me mettait pas à mon avantage. Pour ma défense, je n'ai pas l'habitude de me mettre sur mon 31 pour faire mes exercices de Sortilèges.
- Tu montes enfiler un jean et quelque chose qui ne soit pas informe et je m'occuperai du reste, soupira MacDonald d'un air fataliste en me poussant vers le dortoir.
J'ai cherché un quelconque soutien du côté d'Andy mais celle-ci me fit signe de m'activer. Je n'avais plus qu'à optempérer. Je me suis changée et suis redescendue aussi vite que possible.
- Ce n'est pas franchement ce que j'aurai choisi mais on fera avec, commenta Dorothy avec une grimace.
Cette fille a vraiment le don de me mettre en rogne parfois… Elle m'a forcé à m'asseoir et s'est sauvagement saisi de mes cheveux pendant que Dorys m'aspergeait de parfum. Elle me planta une baguette dans les cheveux avec une telle vigueur que j'eus l'impression qu'elle essayait de me trépaner.
- Et voilà, déclara-t-elle fièrement en observant son œuvre.
Inquiète, j'ai porté la main à mes cheveux, histoire de vérifier qu'ils soient encore tous là. J'ai découvert à mon grand soulagement que Dorothy venait simplement de réaliser une coiffure dès plus sophistiquée avec seulement à sa disposition une baguette et quelques secondes de temps. Quelques mèches me retombaient malgré tout devant le visage. Je me suis sincèrement demandée si elle était au courant que Dean adorait me les remettre en place.
- Ne touche pas ! s'écria-t-elle en donnant une claque sèche à ma main qui triturait la coiffure qu'elle venait de réaliser. Je n'ai pas le temps de le faire tenir mieux alors essaie d'éviter de trop bouger la tête…
Elle vint se placer devant moi avec Dorys et toutes deux m'observèrent d'un air satisfait, comme à l'époque des 2D.
- Il nous faudrait l'avis d'un mâle, signala Dorys en me forçant à pivoter vers le seul présent autour de la table. Sean ? Tu en penses quoi ?
Sean, plongé dans son devoir, commençait à peine à lever les yeux quand Andy se jeta sur lui et l'écrasa la table.
- Par pitié, s'écria-t-elle. J'aimerai qu'il finisse ça avant ce soir alors surtout, ne le distrayez pas !
Sean tenta de protester mais le visage écrasé contre le bois, on ne comprit pas grand-chose.
- Où est Percy ? ai-je dit finalement en remarquant son absence.
- Il a dit qu'il t'attendrait en bas, répondit Dorys. Tu n'avais qu'à être prête à temps selon lui.
J'ai retenu un grognement. Pourquoi est ce qu'il était aussi pressé de revoir Pénélope alors qu'il ne pourra absolument rien faire en la voyant ? Je me suis aussitôt rappelée qu'il venait de passer deux semaines, malheureux comme les pierres. Au fond, peut-être était-il tout simplement tombé amoureux ? Peut-être descendait-il simplement pour l'apercevoir ? Cette idée m'attendrit.
- Arrête de sourire bêtement et vas-y, soupira Dorys en me poussant vers le tableau. Et par pitié, ne traîne pas en route !
- C'est bon, j'y vais ! ai-je grogné agacée. Pas la peine de me pousser !
Je m'étais tournée vers elle pour que mes protestations aient plus d'impact et au moment de revenir à ma position initiale, ma tête a percuté quelque chose que je n'avais pas vu.
- AIE ! June, fais attention où tu vas ! me dit Olivier en se prenant la tête à deux mains.
Il avait fallu qu'il remonte de son entraînement au moment où je sortais. J'ai eu de petites étoiles devant les yeux pendant un moment. Une fois mes idées remises en place, j'ai constaté qu'Olivier me regardait bizarrement. Il avait même arrêté de se masser le front.
- Quoi ? ai-je demandé. J'ai une bosse, c'est ça ?
- Non, dit-il soudainement en sortant de ses pensées. Tu es juste très… woaw…
- Tu t'entraînes toujours à faire des compliments ? ai-je demandé méfiante.
- Non, je t'assure, dit-il précipitamment. Je le pense ! Tu es très jolie...
Ma gorge a aussitôt fait un bruit étrange. Merlin, voilà autre chose… Il me trouvait jolie… C'était la première fois… Oh, mince ! Il me trouvait jolie et il était sérieux… Je l'ai longuement observé. Lui en revanche détourna le visage, mal à l'aise. Mon visage venait de s'enflammer. De me voir rougir avait dû le gêner. Tu m'étonnes ! Imagine qu'un jour, je fasse un compliment à Sean et que celui-ci se mette à rougir horriblement : j'aurai de quoi me sentir mal ! Quelle idiote ! Pourquoi je n'arrivais pas à réguler l'afflux sanguin au niveau de mon visage ?
- Merci, ai-je dit d'une voix faible.
Olivier sursauta et allait répondre quand Dorys lui coupa la parole.
- Oh que non ! déclara-t-elle en me poussant. Ce n'est pas le moment ! June a rendez-vous avec Dean.
Le visage d'Olivier que je n'avais pas quitté des yeux (il est encore plus mignon quand il est gêné) se retendit et son regard se fit plus tranchant.
- Je m'en doutais bien, déclara-t-il avec un sourire alors que je le dépassais.
Je ne parvins pas à détacher mes yeux de lui et il en avait fait de même. Merlin, c'était la première fois en cinq ans qu'il m'avouait qu'il me trouvait jolie. Pour couronner le tout, je n'avais pas la moindre idée de ce à quoi je pouvais ressembler. Enfin, si, sur le moment, je devais ressembler à un poisson hors de l'eau… Les cris de Percy du bout du couloir me sortirent de ce mauvais pas.
- June, dépêche-toi ! Ils arrivent.
Cela eut l'effet d'une décharge électrique. Je me suis lancée à la poursuite de Perce. Pourquoi me faisait-il ça maintenant ? Pourquoi ne l'avait-il pas dit il y a 4 mois ? Il fallait que j'évite d'y penser, sinon l'incident de derrière la statue allait revenir me hanter. Et à quelques secondes de mes retrouvailles avec Dean, ce n'était pas franchement une bonne idée… Avant de m'engager dans les escaliers, j'ai lancé un coup d'œil discret derrière moi.
Olivier n'était toujours pas rentré…
§§
- Tu disais qu'ils étaient en train d'arriver, ai-je râlé pliée en deux pour reprendre mon souffle.
Percy m'observa surpris, se tenant les côtes avec une grimace.
- Oui, ils sont en train d'arriver… Je n'ai simplement pas précisé où !
J'ai envoyé un regard noir à Perceval et me suis adossée à un des piliers du grand portail pour ne pas tomber, sans faire attention à l'air menaçant que Rusard arborait (concierge apparemment choqué de ma familiarité avec ce pilier). Le souffle plus que court, je me suis promise de me remettre au sport le plus tôt possible. 7 étages à descendre et une traversée du parc à la vitesse de la lumière m'ont complètement épuisée.
- Si je n'étais pas en train de suffoquer, je te tuerais, Percy!
Il éclata de rire et s'apprêtait à répondre quand le portail s'entrouvrit en grinçant. Les premiers élèves arrivèrent, traînant leurs sacs.
- Tu le vois ? Dis Percy, tu le vois ? ai-je dit en m'accrochant à son coude et en prenant mon air le plus niais possible, histoire de l'embarrasser un peu.
Il ne mit que quelques secondes avant de commencer à s'énerver mais plus d'une minute à avoir envie de m'étrangler. J'allais presque atteindre le stade dit de « Fred et George » quand il se redressa soudainement et m'écarta d'un geste de la main (main qui m'atterrit d'ailleurs en pleine figure). Pénélope venait d'arriver. L'air absent mais heureux de Percy m'arracha un sourire. Quand elle posa les yeux sur nous (enfin, sur lui), son visage s'éclaira et elle se mordit la lèvre pour ne pas se trahir. La tourterelle n'était pas seule et Faye, sa meilleure alliée, commençait à trouver suspect l'air niais du grand préfet. Percy, toujours en vol stationnaire autour de la planète amour, ne semblait pas réaliser et je dus intervenir par un petit pincement dans l'amas de chair placé sous le bras (et si tu avais des doigts et des personnes à traumatiser, Journal, c'est un geste que je te recommanderais !). Aussi n'eut-il pas l'air totalement demeuré quand les filles arrivèrent à notre niveau.
- Salut June, dit joyeusement Penny avant d'ajouter d'un ton solennel. Percy…
Il répondit d'un hochement de tête.
- C'est marrant, dit Faye les yeux légèrement plissés. Que June soit là pour attendre son homme, je peux le comprendre. Mais toi Percy, que viens-tu faire ici ?
Percy lança une œillade discrète à une Penny rougissante et répondit en se rengorgeant.
- L'amour de l'ordre, bien évidemment…
Faye eut un ricanement moqueur et échangea un regard entendu avec Penny. Probablement à cause d'une des blagues qui devait courir sur le préfet Weasley… C'est idiot mais cela m'a fait mal… pour lui.
- En fait, ai-je dit en me penchant vers les filles d'un ton secret, j'ai demandé à Percy de m'accompagner pour attendre Dean. J'avais peur de venir seule…
J'ai du faire de gros efforts pour ne pas éclater de rire devant les têtes ahuries de Faye, Penny mais aussi de Percy.
- Peur de quoi ? s'étonna Penny.
- Rusard... ai-je murmuré avec une grimace.
Nos quatre têtes ont alors pivoté vers le concierge qui à cet instant nous observait et nous lança un sourire mauvais. Je ne pus m'empêcher de frissonner.
- Excuse nous Weasley, déclara Penny en s'éloignant. Nous t'avons mal jugé.
Percy lui répondit d'un geste de la main et attendit qu'elle disparaisse derrière un bosquet pour se tourner à nouveau vers moi.
- Merci June ! dit-il gêné. Tu n'étais pas obligée…
- De quoi ? Dire la vérité ? me suis-je écriée en rigolant. Ça se voit que tu n'as jamais passé une soirée à nettoyer des trophées seule avec ce cher Argus…
- Si tu le crains autant que ça, il vaut peut-être mieux que je reste jusqu'à ce que Dean arrive, non ?
- A moins qu'il ne se transforme soudainement en épouvantail, je devrais être capable de gérer ! ai-je dit en le poussant vers le château. Allez, file à la poursuite de ta belle.
Percy ne se le fit pas dire deux fois. Je l'observais détaler comme un lapin quand une voix dans mon dos me fit sursauter.
- C'est vrai que le meilleur moyen pour ne pas louper une arrivée est de regarder en direction du château… Guetter dans le bon sens est devenu tellement… conventionnel.
Je me suis lentement tourné en m'efforçant d'avoir l'air désespérée par ce commentaire. Dean était là, à quelques pas, son sac sur l'épaule et son sourire charmeur sur les lèvres.
- Bonsoir à toi aussi, ai-je rétorqué avec une grimace en amorçant un début de déplacement vers lui.
- Tu t'es fait belle ce soir, signala-t-il moqueur en déposant son sac au sol et m'enlaçant. J'aimerai bien savoir pour qui…
- Ça me paraît évident, ai-je murmuré en passant mes bras autour de son cou. C'était pour notre concierge adoré.
Dean recula la tête, absolument horrifié, puis réalisant que je me moquais de lui (et je me demande si je ne devrais pas prendre le fait qu'il ait un instant envisagé que cela soit vrai), se fendit d'un sourire et susurra :
- Possible que je sois jaloux…
- Possible que je l'ai fait pour, ai-je répondu en entrant dans son jeu.
- Probable que je vous mette en retenue si vous ne retournez pas au château sur le champ ! hurla le concierge en nous faisant sursauter.
En jetant un regard circulaire autour de nous, nous avons pu remarquer que nous étions les derniers élèves encore au portail. Dean ramassa son sac en vitesse et saisit la main que je lui tendais puis nous sommes partis en courant rejoindre le flot des élèves retardataires. Une fois hors de portée de Rusard, nous avons ralenti l'allure. Je jetai sans arrêt des regards furtifs en direction de Flaherty. Maintenant qu'il était là, je le savais: il m'avait vraiment manqué. Peut-être qu'au fond ce qui s'était passé avec Olivier ne… Mince ! J'avais dit que je n'en parlais plus !
- A quoi tu penses ? me demanda Dean devant mon air inspiré.
J'ai alors remarqué que nous étions arrivé au perron du château et que Dean se trouvait deux marches derrière moi.
- A rien, ai-je répondu avec un haussement d'épaule.
- Bien sûr, se moqua-t-il. A d'autres ! Quoi que tu fasses, tu parviens à te mettre toutes les puissances régissant cet univers à dos et tu as toujours des millions de problèmes… Si pour une fois, on gagnait un peu de temps et que tu me disais la vérité, hum ?
J'ai haussé un sourcil incrédule et suis descendue d'une marche de façon à être à la même hauteur que lui.
- C'est à cause d'un garçon, ai-je dit avec un sourire.
- Je le connais ? demanda Dean intrigué en posant son sac par terre.
- Possible, ai-je répondu avec une grimace.
Je me suis alors laissé glisser contre lui et me suis suspendue à son cou. Il perdit un instant l'équilibre et dut descendre des escaliers pour ne pas tomber. Une fois sur de solides appuis, il me fit tournoyer. C'était à la fois grisant et en même temps atroce, puisque digne de Entre Amour et Amitié… Est-il possible qu'inconsciemment je reproduise tout ce qui ce passe dans ce bouquin ? Ce serait horrible…
Lorsqu'il me reposa au sol, je me suis hissée sur la pointe des pieds pour l'embrasser. Il m'arrêta d'un geste de la main.
- Si je commence, je ne pourrai pas m'arrêter, plaisanta-t-il, les yeux brillants.
- D'accord, ai-je fait amusée par sa résolution. Et ce mariage ? Comment s'est-il passé ?
- Oh bien je crois… Personne n'a pris feu, n'a vomi, ne s'est évanoui dans l'Eglise. Les mariés ne se sont pas trompés de prénom. En fait, si tu mets à part mon combat avec la tante Muriel pour le bouquet, c'était plutôt réussi.
- Pauvre Tante Muriel… Tu devrais avoir honte ! l'ai-je sermonné.
- Regarde la bosse qu'elle m'a faite, s'écria-t-il en me montrant sur son front sa blessure de guerre. Ce n'est pas parce qu'elle a 50 ans et trois chats qu'elle doit tuer tout ceux qui tentent de s'approcher du bouquet…
Dean grimaça lorsque j'éraflai à peine du doigt sa pseudo bosse, ce qui lui valut un retentissant « chochotte » de ma part.
- C'est dommage que tu ne sois pas venue, soupira-t-il en se saisissant d'une de mes mèches pour la ranger derrière mon oreille (c'est dingue, il ne peut pas s'en empêcher !).
Je me suis mise à rougir, imaginant parfaitement la scène. Comme présentation officielle aux parents et à la famille, on ne pouvait pas faire plus effrayant…
- Tu aurais dû voir toutes ces pauvres jeunes filles que j'ai dû éconduire lors de la réception… ajouta-t-il l'air navré. Au moins, si tu avais été là, elles auraient compris que je ne mentais pas.
Je me suis reculée, choquée par ses propos, avant de le voir se mettre à ricaner bêtement… Même ces blagues nulles et pas drôles m'avaient manquée…
Il m'a serrée dans ses bras et ma tête est venue retrouver sa place sur son épaule. J'étais bien. Mon cœur battait sereinement dans ma poitrine. Un bonheur doux et chaleureux m'envahit. Ce n'avait pas la force de ce que j'avais ressenti avec Olivier. Sûrement parce que ces deux émotions n'avaient rien à voir… Voilà que je recommence à parler de « l'incident »! Je n'ai vraiment aucune volonté…
Enfin, cela me rassure de savoir que je ne suis pas la seule dans ce cas là. Dean et sa belle résolution n'ont pas tenu plus de cinq secondes à une simple caresse de la joue. Il avait raison en plus… Niveau retrouvailles, j'ai connu plus bavard…
§§§§
En me levant au matin de la rentrée, le 24, je ne me suis pas sentie différente. Bizarre, j'avais pourtant eu 16 ans dans la nuit. Ça y est ! J'y étais… Je venais de passer le cap tant attendu (et je ne saurais dire pourquoi) des 16 ans. Ma dernière année en tant que mineure (enfin, en tant que sorcière mineure)… En tous cas, c'est définitif, 16 sonne mieux que 15 !
J'ai fini par sortir timidement le nez de sous ma couette. Je n'avais pas la moindre idée de ce que les filles avaient pu me préparer et pour tout t'avouer, cela ne me rassurait pas. Peut-être à cause du fait qu'elles soient les deux seules à être au courant de mon énorme béguin pour Olivier et qu'elles soient également des conspiratrices nées. Un rapide coup d'œil gauche, suivi d'un du droit, puis des deux en même temps m'apaisa: le dortoir était vide. Quoi qu'elles aient prévu, cela n'aurait pas lieu ici. Poussant un soupir de soulagement, j'ai enfin posé un pied sur le sol de la chambrée avant de réaliser que ce qui ne m'attendait pas ici, m'attendrait plus loin. Je me suis donc lavée et habillée sans bruit, guettant le moindre mouvement suspect et ai donc failli avoir une crise cardiaque quand le réveil d'Andy s'est mis à sonner. J'ai fourré mes affaires de la matinée dans mon sac et me suis enfin décidée à descendre.
Une fois dans les escaliers, les bons vieux classiques du cinéma moldu m'ont été d'une grande utilité. Tel l'espion de sa Majesté, j'ai sorti un petit miroir de poche (emprunté pour l'occasion à Dorys) et m'en suis servie pour tenter d'apercevoir ce qui m'attendait au détour de l'escalier en colimaçon. Par chance, une deuxième année sortit de son dortoir un peu plus bas. J'ai réussi à la convaincre de me servir de bouclier humain (bien entendu, je ne lui ai pas présenté la chose comme ça) et ai attendu le cœur battant qu'elle pose le pied dans la Salle Commune avant moi. D'après ce que j'ai pu entrapercevoir dans mon miroir, elle ne s'est rien reçu sur la tête, elle n'a pas explosé, ni disparue, ni même été prise dans un moulon humain comme cela m'est arrivé l'an dernier. Rassurée, je me suis lancée à mon tour. S'ils n'étaient pas ici, ils se cachaient quelque part dans le château et dans ce cas-là, il existait forcément un moyen de leur échapper.
A peine mon pied avait-il quitté la dernière marche de l'escalier qu'une espèce de forme immense me sauta au visage. Un épouvantail géant venait de se matérialiser devant moi et tendait ses bras empaillés dans ma direction. Trop choquée pour crier, je n'ai pu, dans un éclair de lucidité, que lui mettre un coup de sac en pleine tête qui l'envoya valser un peu plus loin. Emportée par mon élan et ma brusque terreur, mes fesses sont venues durement taper les marches en pierre et mon coccyx s'est mis à m'élancer douloureusement. Quatre paires d'yeux ronds apparurent alors dans l'encadrement et lancèrent un timide « Bon anniversaire ».
Voilà qui commençait bien ma 16ème année ! Année placée, comme la précédente sous le signe de la malédiction…
- Surprise ? plaisanta Olivier en me tendant la main pour m'aider à me redresser.
- Vous êtes nuls, ai-je marmonné en la saisissant avec mauvaise volonté.
Sean, un peu plus loin, ramassait un portemanteau qui avait vraisemblablement servi à de base à la Métamorphose.
- Toi, il vaut mieux pas te chercher quand tu es énervée, signala-t-il en tenant dans chaque main un bout du porte manteau que j'avais réussi à décapiter.
Mes yeux ont alors croisé ceux d'Olivier. Il détourna aussitôt la tête, la main distraitement portée à la bosse qui s'y trouvait. Un cri de Dorys m'empêcha d'entamer une quelconque réflexion.
- Mais… C'est mon miroir ! s'indigna-t-elle en ramassant l'unique objet de mon kit d'apprenti espionne. Tu… t-tu l'as brisé !
Elle me mit mon méfait sous les yeux, l'air horrifiée. J'avais senti un truc croustiller en tombant dans l'escalier. J'avais bêtement cru que mes lombaires s'étaient brisées…
- Désolée, ai-je soupiré. Je t'en rachèterai un…
- Le mauvais œil June, me coupa Andy avec sa voix de prophétesse. Un miroir brisé équivaut à 7 années de…
Sa voix mourut sous mon regard lourd en menaces. Je maintiens quoi qu'il arrive que je ne crois pas à ces choses là ! Tu le sais, je te l'ai déjà dit… En même temps, Journal, regarde où ça m'a mené…
- Je crois que tu vas aussi devoir repayer un portemanteau, déclara Sean navré en renonçant à tenter de recoller ensemble les deux parties de l'objet.
Infiniment lasse, je me suis tournée vers ma seule bouée de sauvetage: Olivier. Celui-ci perçut toute la détresse dans mon regard et se fendit d'un sourire avant de se mettre à chanter :
- Joyeux Anniversaire… Heureuse petite sorcière…
Je déteste ça ! En plus, il le sait ! Chaque année, je meurs de honte à l'instant même où j'en entends les premières notes. Et partit comme il l'était, il allait me faire les trois couplets. C'est avec un effroi sans borne que j'ai vu (ou plutôt entendu) le reste de la Salle Commune se joindre à lui… C'est un réflexe assez idiot quand tu y réfléchis. Dès qu'ils entendent « Joyeux anniversaire », les gens ne peuvent pas s'empêcher de se mettre à chanter. C'est vraiment curieux comme phénomène… Enfin, je suppose qu'étant parmi de ceux qui entonnent « Repoussez les terribles Cognards et lancez droit le Souaffle » dès qu'en résonnent les premières mesures, je n'ai pas de leçon à donner… En tous cas, ils ne furent pas trop de quatre pour m'empêcher de retourner me coucher jusqu'à ce que se termine cette journée…
Arrivés dans la Grande Salle, Olivier me conduisit jusqu'à un emplacement libre à la table des Gryffondors et me fit signe de m'y asseoir. Chose qu'évidemment je ne fis pas, d'une part pour d'évidentes raisons de sécurité, d'autre part parce que le bas de mon dos refusait catégoriquement la position assise…
- June… soupira Dubois amusé.
- Vous m'avez attaqué avec un portemanteau métamorphosé en épouvantail, j'ai le droit de me méfier, me suis-je défendue.
Il me sourit et me fit face, les bras croisés, debout tout comme moi. Il va sans dire que tous les regards se sont aussitôt tournés vers nous et que pour y échapper, je me suis assise à vitesse grand V ! Olivier prit alors place à mes côtés tandis qu'en face s'était installé le « Royaume Désuni » (il me semble bien qu'Andy a un lointain parent gallois…). Celle-ci remplit nos verres de jus de citrouilles et leva le sien dans ma direction.
- A June, dit-elle, qui entre dans sa 16ème année. Parce que 16 ans, c'est important ! Tu approches de l'âge adulte désormais. Hé oui, tu réalises que tu es maintenant plus proche de tes 30 ans que de ta naissance ?
Elle vida son verre d'un trait alors que le mien tomba sur la table probablement en même temps que mon enthousiasme.
- Merci de déprimer tout ceux qui ont eu 16 ans… marmonna Olivier le nez dans son gobelet.
- Bon, c'est bien beau tout ça mais si June ouvrait ses cadeaux, déclara Sean en se frottant les mains.
J'essayais de ne pas y penser mais un sourire m'échappa rien qu'en les entendant être mentionnés. J'ai beau me dire que ce n'est pas ça qui compte vraiment, il n'empêche que si, ça compte. Sur ce point, la société et les mœurs sorcières ne sont pas si différentes de celles des moldus…
- Allez, ouvre les ! s'écria Andy surexcitée.
Elle me fixait des yeux, un immense sourire aux lèvres, tout comme les autres. J'ai baissé les yeux vers la table devant moi. Elle était désespérément vide.
- Qu'est ce que tu attends ? me demanda Dorys amusée.
- Qu'une âme charitable m'explique un peu ce qui se passe, ai-je grogné. Il n'y a rien à ouvrir. Je ne les vois pas.
- Mais ce n'est pas parce que tu ne vois pas une chose qu'elle n'existe pas, philosopha Olivier en me tendant sa baguette magique. A toi de jouer…
Ils avaient donc ensorcelés mes présents. Non mais quelle idée… J'ai passé la main devant moi pour être sûre qu'un sort d'invisibilité n'ait pas été lancé. Je n'ai rencontré aucun obstacle. C'était toujours ça de moins à essayer. Le rire de Sean m'agaça au plus au point avant de faire réaliser quelque chose. J'ai aussitôt repensé au sortilège qu'Andy s'était escrimée la veille au soir à lui faire assimiler.
- Amplificatum, ai-je murmuré amusé.
Quatre paquets cadeaux surgirent alors de nulle part et prirent place dans mon assiette.
- 46 secondes, signala Dorys admirative. Bravo, tu m'impressionnes !
- Faut croire que je suis vive, ai-je grimacé. Combien vous avez parié cette fois ? Hein ?
Ils m'observèrent indignés.
- Comme si nous pouvions parier sur toi un tel jour, protesta Sean avec vigueur.
Je ne pensais pas qu'ils se sentiraient aussi vexés. Les voir se faire de l'argent sur mon dos était presque devenu une habitude. J'allais m'excuser quand Olivier se pencha vers moi pour me murmurer :
- Tierney, tu es la meilleure ! Tu viens de me faire gagner un gallion et 4 Mornilles… Je te les offre bien sûr !
Je n'ai pu empêcher mon sourcil droit de se lever. Voilà donc pourquoi les parties galloise et irlandaise du Royaume Désuni semblaient subitement bouder… Olivier crut que ma perplexité lui était destinée.
- Bon anniversaire, ajouta-t-il avec un clin d'œil.
§§
- Tu comptes lui offrir tous les ans la même chose ?
La remarque de Sean m'arracha un sourire. En revanche, Andy n'apprécia pas vraiment qu'il se moque de son cadeau (un autre petit journal).
- Rigole ! rétorqua-t-elle vexée. En attendant, ce genre d'attention aide énormément June à mettre de l'ordre dans ses pensées et ses sentiments…
- Tu as besoin de mettre de l'ordre dans tes sentiments ? s'étonna Sean intrigué. Cette fois, c'est définitif, tu es une fille…
Il n'en fallut pas plus pour que Dorys monte sur ses grands chevaux et se lance dans un débat houleux avec notre écossais.
- Ouvre en un autre, me conseilla Andy. Je ne vois pas d'autre moyen de les arrêter…
Mes remerciements chaleureux à l'attention de Dorys pour m'avoir offert un chapeau aux couleurs de l'Angleterre réussirent effectivement à la détourner des propos misogynes d'Hataway.
- Ce n'est rien, dit-elle gênée alors que je m'extasiais sur le beauté de l'objet.
- Tu plaisantes ! J'ai la tenue complète maintenant ! me suis-je écriée.
Son visage devint livide en me voyant avec stupeur mettre le chapeau sur ma tête.
- Alors de quoi j'ai l'air ? ai-je demandé joyeusement.
Andy me fit comprendre par un éloquent silence sa désapprobation, Dorys se resservit à boire et Sean lui m'observa en grimaçant.
- Pour tout te dire, tu as l'air un peu idiote comme ça, finit-il par avouer.
- Ne l'écoute pas, intervint Olivier alors qu'un reniflement de stupeur m'échappa. Moi, je trouve que ça te va très bien!
Je lui ai envoyé un regard reconnaissant.
- Je n'ai pas dit que ça ne t'allait pas, rectifia Sean. Je dis juste que tu as l'air un peu idiote comme ça… Certainement parce que l'Angleterre reste la seule équipe à ne pas être encore qualifiée pour la Coupe du Monde… Alors que même le Lichtenstein y est arrivé…
- Merci de ne pas manquer une seule occasion de nous le rappeler, Sean, ai-je maugréé.
Des dizaines de hiboux entrèrent alors dans la Grande Salle pour la livraison quotidienne du courrier. Des hululements nous firent lever les yeux en direction du plafond. La pagaille régnait entre les poutres. La dernière fois que j'avais assisté à pareille agitation aérienne, c'était à cause d'Errol.
- Percy attend une lettre ? ai-je demandé les yeux toujours rivés sur les volatiles.
- Il est descendu plus tôt, m'expliqua Olivier. Et à voir la tête des autres Weasley, aucun d'eux n'a l'air d'attendre du courrier.
L'alerte anti-Errol semblant s'éloigner, j'ai repris mon opération de déballage, malgré tout sur mes gardes.
- Celui-là vient de Sean, ai-je dit en me saisissant d'un cadeau bizarrement emballé.
- J'ai pensé que puisque tu avais 16 ans à présent, tu étais assez grande pour ce genre de choses… déclara-t-il en m'envoyant un clin d'œil complice.
Ma méfiance à l'égard du paquet redoubla et je me suis demandée quelle était la limite au mauvais goût de Sean. Je ne pus cependant m'empêcher d'éclater de rire en découvrant qu'il s'agissait du calendrier des joueurs de Quidditch très peu vêtu… Et pas du format de poche!
- On s'est compris, déclara Sean pour couper court à tous remerciements.
Effectivement, je pensais que c'était le cas. Je fus surprise de voir à quel point ce genre de présent pouvait me faire plaisir et je crois d'ailleurs que je ne fus la seule à m'en étonner. Les têtes d'Olivier et Dorys étaient impayables. Les lèvres pincées, ils ne purent s'empêcher de manifester leur désapprobation, rendant ainsi impossible toutes mes tentatives d'apprécier la beauté artistique du cliché de Mr « Mois d'Avril ». Le seul moyen de faire cesser leurs leçons éthico-moraliste fut de confier le calendrier à Andy, afin qu'elle aussi puisse s'initier à son tour à un aspect intéressant du plus noble des sports.
- Le meilleur pour la fin, fit Olivier en me tendant son paquet. J'aurais aimé t'offrir un ballon de basket mais puisque personne ne veut jouer au Wandball avec nous…
Les mains légèrement tremblantes, j'ai fébrilement déballé son paquet. En découvrant de quoi il s'agissait, je n'ai pu retenir un petit couinement…Comme les souris, oui… Terrible, n'est ce pas ? Pourtant sur le coup, c'est l'onomatopée qui exprimait le mieux ma pensée. J'ai donc couiné.
- C'est adorable ! me suis-je écriée.
J'avais sous les yeux deux ravissants nounours qui tenaient chacun dans leurs petites pattes un Souaffle. L'un des oursons était aux couleurs des Catapluts (évidemment, quel était l'intérêt autrement) et l'autre à celles de Flaquemare. Par un ingénieux système de scratch, on pouvait retirer les Souaffles et faire en sorte que les nounours se tiennent la main. Quelque chose d'indéfinissable m'a gonflé le cœur, une sorte de minivague en fait.
- Ils sont mignons, reconnut Dorys alors que je les lui passais. Il faudrait leur donner un nom. Qu'est ce que tu penses de June et Olivier ?
Dubois et moi avons éclaté de rire.
- En fait, ce serait plutôt Olivier et June, rectifia-t-il en lui montrant les différents logos cousus sur leurs ventres.
- Je ne m'étais pas trompé, assura Dorys avec un petit sourire. Avoue que c'est beaucoup plus marrant.
Marrant n'était pas le mot qui correspondait le mieux selon moi… Quoi qu'il en soit, le nounours de Flaquemare fut donc baptisé Olivier et l'autre June. C'était une sensation étrange… Très étrange en fait ! Nous songions tous à la curiosité de cette association quand ce que j'ai pris au départ pour une énorme mouche rousse entra dans notre champ de vision.
- Mais qu'est ce que c'est ? ai-je fait en observant cette chose curieuse voleter devant nous.
- Et bien, je crois pouvoir dire sans trop m'avancer qu'il s'agit d'un hibou, répliqua Andy moqueuse.
En effet, quand la petite chose accepta de se poser sur la table, nous en avons eu la confirmation. C'était encore un adorable jeune hibou, un peu foufou (plutôt beaucoup en fait). Son plumage était d'un beau roux pâle et ses yeux brillaient comme deux pépites dorées. Mais ce qui, selon moi, le rendait le plus attendrissant était cette espèce de crête en plume qu'il avait à l'arrière de la tête, comme celle des kakatoès en fait, et qui lui donnait l'air d'avoir lutter contre les éléments pour arriver jusqu'ici. Le hibou, sous nos yeux ébahis, poussa un hululement joyeux et se mit à se balancer sur ses pattes, pliant en rythme les petites articulations qui lui servaient de genoux, et à déployer ses ailes autant qu'il le pouvait pour se rendre plus imposant.
- Qu'est ce que c'est que ce truc ? s'écria Sean en éclatant de rire. C'est un gag, non ? Quelqu'un a dû le perdre…
Selon moi, ce petit bonhomme s'était égaré tout seul. Cependant, Olivier ne semblait pas être de mon avis.
- Tends le bras pour voir, me conseilla-t-il.
Ce que je fis, malgré ma perplexité. Le hibou, tout joyeux, vint alors se poser dessus et hulula de plaisir lorsque je lui grattai le cou. Bravant un équilibre des plus précaires, il réussit à me tendre la patte, de laquelle j'ai décroché la carte qui s'y trouvait.
Bon anniversaire Juni !
Tu nous manques énormément ma chérie. J'espère de tout cœur que tu passeras une excellente journée avec tes amis. Nous attendrons impatiemment ton retour pour fêter tes 16 ans.
Milles baisers
Maman et Edouard
Ps : Essaie de faire en sorte que cette petite bête à plume ne finisse pas comme ce pauvre Bubulle…
J'ai aussitôt poussé un cri de joie. Ce petit monstre était à moi. Un hululement joyeux fit écho à mon cri.
- Qui était Bubulle ? demanda Olivier intrigué qui lisait la carte par-dessus mon épaule.
- Mon poisson rouge, ai-je répondu en gratouillant le ventre de mon hibounet. Il est mort le jour où j'ai cassé son bocal.
- Oh, tu n'as pas eu le temps de le sauver ? fit Andy peinée.
- Si si, je l'ai pris dans mes mains et l'ai jeté à temps dans la baignoire…
- Il est mort comment alors ? s'étonna-t-elle.
- Bouilli, ai-je grimacé. Je n'ai pas pensé à vérifier la température avant de faire couler l'eau…
Le point positif avec le hibou, c'est que je n'avais pas de risque de l'ébouillanter. A la limite de le confondre avec un poulet… Mais vu le bruit que la bestiole faisait, il y avait peu de chances pour que ce genre de chose arrive. Forte de ce constat, j'ai repris la lecture de la carte qui continuait.
Bon anniversaire !
Comme tu vois, suite à l'incident de ce début d'année, ta mère et moi avons songé qu'il serait à présent judicieux que tu possèdes enfin ton propre hibou. Cette petite bête à plumes sera donc ton messager désormais. Il va sans dire que Plume est ravie d'avoir un peu de repos !
Figure toi que c'est ta mère qui l'a choisie. Elle et Edouard m'ont accompagné un après midi sur le Chemin de Traverse pour le choisir. J'aimerais pouvoir t'affirmer que ce fut le crête qui motiva sa décision mais elle tenait en fait à t'en offrir un discret, et donc pour elle forcément petit… Par malchance (ou peut-être le contraire) ce jour là, l'oiseau le plus petit était aussi le seul à être hyperactif.
J'ai éclaté de rire et ai regardé un instant mon petit hibou qui regardait le monde alentour absolument fasciné.
Pense à me l'envoyer pour que nous sachions son nom. Au passage, tu me raconteras ton entretien d'orientation.
Papa
-Je vais devoir te trouver un nom à présent, petite chose ! ai-je dit en touchant du bout du doigt son petit bec. Que penses-tu d'Arthur ? Non ? Pourquoi pas Tanis alors… Non plus ? Euh… Quaffle ? Snitch ? Snitch, c'est mignon !
Il refusa chacune de mes propositions. Je ne lui donnais pas tort. J'avais vraiment envie de lui offrir un nom qui lui aille mieux. S'en est suivi une séance de brainstorming collectif.
- Il lui faudrait un nom plus en rapport avec ce qu'il est, ai-je expliqué.
- Puisqu'il est roux, tu n'as qu'à l'appeler Weasley, suggéra Sean. Ou encore mieux : Percy !
- Non, répondit Olivier alors que nous pouffions tous de rire. Ce hibou est trop déluré pour notre cher préfet.
- Peut-être un nom plus en rapport avec sa crête et sa vitesse, proposa Andy. Comme Speedy, Quickly, Turbo…
Son conseil me laissa songeuse.
- Je pourrais l'appeler Waddiwasi, ai-je déclaré.
Le petit volatile pencha sa tête sur le côté et me regarda de ses prunelles dorées. Ce nom-là avait au moins le mérite d'avoir un peu plus de succès que les précédents.
- A ce moment là, fais en sorte de ne pas l'appeler une baguette à la main, ricana Hataway. Que penses-tu de Arrow ? Ça évoque bien l'idée de vitesse, non ?
Mon hibou s'agita. Nous commencions donc à chauffer.
- Trop appelbyien pour moi, ai-je grimacé.
- Rafale ? Typhon ? Hurricane ? proposa Dorys.
J'allais répondre quand Olivier eut soudain l'illumination.
- Je sais, s'écria-t-il en se tournant vers moi avec un petit sourire. Il s'appellera…
- NON ! l'ai-je coupé en le faisant sursauté.
J'ai aussitôt plaqué mes mains sur ce que j'imaginais être les oreilles de mon hibou.
- Jamais de la vie tu m'entends, ai-je sifflé.
- Tu ne sais même pas ce que j'allais dire, protesta Olivier.
- Oh si ! Je sais !
Je décidais de remettre à plus tard le choix du nom de mon oiseau et préférais me concentrer sur cette petite bête étrange. Olivier resta persuadé que son idée était la bonne. Pour écarter tout risque, je lui ai interdit de lui parler. Quelques minutes après, je sentis deux mains se poser sur mes yeux et une voix suave me dire :
- Qui est-ce ?
Bien sûr, je le savais. Mais j'ai eu envie de m'amuser…
- Voyons… ai-je dit en faisant mine de réfléchir. Ce sont des mains masculines. Hum… Olivier et Sean sont à table, Percy patrouille déjà, il est bien trop tôt pour que Patch soit debout. Ce ne peut donc être que le charmant garçon qui m'a fait la cour durant ces deux semaines de vacances !
Les mains se sont aussitôt retirées de mes yeux et mon homme-mystère a grogné d'une voix nettement moins suave.
- Et on peut savoir qui est ce charmant garçon ?
- Je plaisantais, ai-je répondu en tirant Dean par le bras pour qu'il s'assoye avec moi. En réalité, cela fera bientôt un mois qu'il me fait des avances…
Ce n'était pas une blague très sympa, je le reconnais. Marrante, mais pas très sympa… La tête scandalisée de Dean valait son pesant de Chocogrenouilles ! Un baiser réussit cependant vite à me faire pardonner.
- Tu n'es qu'une petite Anglaise cruelle, souffla-t-il avec un sourire avant de me rendre mon baiser. Mais bon anniversaire quand même…
L'un des mes « amis » présent à la table fit alors mine de vomir et stoppa net nos démonstrations d'affection. Je n'ai pas réussi à savoir duquel il s'agissait mais je suis prêta à parier que l'auteur de ce doux bruit est Sean Hataway !
- J'espère que ça te fera plaisir, déclara Dean en me tendant une petite boîte.
Je l'ai saisie avec des mains plus que tremblantes et pour cause, il s'agissait d'un écrin… Et en général, que contiennent les écrins ?
- Oh Merlin ! Dean… Tu n'aurais pas dû… ai-je murmuré sous le choc.
La petite boîte de velours rouge contenait un anneau. Dean venait de m'offrir une bague. Pas n'importe laquelle… Je l'ai sorti à la lumière pour pouvoir mieux l'observer. Toutes les personnes autour de la table se sont penchées en avant pour la voir. Dorys prit son inspiration pour parler mais je l'arrêtai net par un regard qui disait « Boucle-la ! ». L'anneau était en fait constitué de feuilles de végétaux finement ciselées dans le métal.
- Tu n'aurais vraiment pas dû, ai-je répété peinant à me remettre de ma surprise.
- Je dois te faire une confidence, June… Ce n'est pas de l'or, dit-il avec une grimace. Ma fortune tout entière n'y aurait pas suffi. Bien sûr, j'ai pensé à essayer de voler un Vif d'Or pour le faire fondre mais je pense que tu n'aurais pas vraiment apprécié… Et aussi que certains auraient voulu me tuer après ça, ajouta-t-il en désignant Olivier dans mon dos par un geste de la tête.
J'ai éclaté de rire et me suis tournée vers Dubois pour voir sa réaction (que j'imaginais d'indignation même si lui comme moi savions que Dean avait raison). Celui-ci était en train d'amadouer mon hibou pendant que j'avais le dos tourné. Cela lui valut une claque derrière la tête.
- C'est surtout symbolique, expliqua Dean pour attirer mon attention alors qu'Olivier s'était mis à geindre pour me faire culpabiliser.
Nouveau regard « Boucle la ! » de ma part à Dorys.
- Qu'est ce que c'est comme motif ? demanda Sean intrigué.
- Des feuilles de lierre, non ? répondit Andy.
- Oui, je trouvais ça joli et puis… expliqua Dean avant se s'interrompre.
Il n'a pas fini sa phrase et a détaché quelque chose de son cou.
- J'ai remarqué que tu ne portais pas de bijoux sur tes mains, dit-il en passant l'anneau à travers sa chaîne en argent. Alors je pense qu'autour du cou, tu accepteras de le porter.
J'ai relevé mes cheveux pour qu'il puisse convenablement l'attacher. Le contraste entre la chaîne encore toute chaude et le froid de la bague me fit frissonner. A moins que ce ne soit simplement les doigts de Dean effleurant mon cou…
- Merci, ai-je balbutié.
- Attends, ce n'est pas fini ! reprit-il en prenant un air malicieux.
Il sortit sa baguette magique et fit apparaître une fleur, une rose aux pétales dorés exaltant un doux parfum de pêche…
- Ah non ! Pitié ! me suis-je écriée. Dis moi que, cette fois, tu sais l'arrêter !
Il éclata de rire et me serra dans ses bras pour tenter d'étouffer mes protestations.
- Celle-là ne se multiplie pas, m'expliqua-t-il. J'ai pensé que ça te ferait rire... Si tu voyais ta tête !
Il se tourna vers las autres avec qui il pensait partager son hilarité mais déchanta vite. Les filles ont eu exactement la même réaction que moi (il faut que tu saches que suite à cette Saint-Valentin, notre dortoir a ressemblé pendant deux semaines à un entrepôt pour fleuristes). Il ne trouva pas plus de soutien avec les garçons qui avaient à nouveau porté leur attention sur mon petit hibou. Quand Dean accepta de me libérer, Olivier reçut une deuxième tape sur la nuque.
- 16 ans… soupira Dean. Ça y est ! On a enfin le même âge… Enfin pour deux semaines !
J'ai oublié de te dire que Dean est natif du 10 mai.
- Tu es taureau toi aussi ? fit Andy surprise. Ça, c'est marrant !
Tu sais quoi ? Je n'ai même pas pris la peine de la regarder ou de chercher à savoir quel était ce nouveau sarcasme et ai préféré montre à Dean ce que j'avais reçu. Mon hibounet l'amusa beaucoup (et pour empêcher définitivement Olivier de le pervertir, je fus obligée de l'envoyer à la Volière pur se reposer), mon calendrier le révolta lui aussi (est-ce que quelqu'un, un jour, pourra m'expliquer quel est le problème avec ces photos ?). En revanche, mes nounours le laissèrent de longues secondes sans voix.
- Tu dors encore avec des oursons à ton âge, pouffa-t-il.
- Non ! me suis-je défendue rougissante. Je…
- Ne l'écoute pas, elle ment ! déclara Olivier en m'écartant d'un geste du bras pour faire face à Dean. Sa chambre en est remplie ! Il doit y en avoir au moins une centaine et chacun a droit à son petit nom !
Il s'est mis à égrener une liste longue de noms et surnoms, en tâchant à chaque fois de décrire les particularités de la bête et les mauvais traitements que j'avais pu leur faire subir (Bon, ok, j'en ai un qui n'a plus de tête pour l'instant mais j'ai bien l'intention de la retrouver !)
- Ha ha ! Olivier, c'est très drôle ! l'ai-je coupé en me débattant puisqu'il continuait à me pousser pour que, selon lui, la vérité éclate. Mais j'ai encore mieux ! Vous voulez savoir ce qu'il y a dans la chambre de Dubois ? Une photo de lui petit… tout nu !
Olivier devint livide et les autres éclatèrent de rire. Je pense même qu'une centaine de paires d'oreilles se sont tendues dans la Grande Salle à l'instant même où Sean demandait des détails.
- Il joue dans son bain avec un petit canard et il a une toute petite…
Olivier, pour m'empêcher de parler, a plaqué sa main sur ma bouche. Hilare, j'ai essayé de lutter pour que cette vérité aussi puisse enfin éclater. Mais Olivier tenait bon. Puisque je me débattais, il a été obligé de se basculer légèrement en arrière pour me priver de mes appuis. Bien entendu, il a mal jaugé son élan et après un bref passage à une posture d'équilibre parfait, nous sommes tous les deux tombés du banc. J'a-d-o-r-e mon meilleur ami : quelles que soient les circonstances, je peux être sûre que s'il tombe, il m'entraînera avec lui ! Une fois au sol, Olivier finit lui aussi à en rire… Moi, bizarrement, j'avais arrêté. Cela faisait déjà deux fois dans la même matinée que je m'explosais le bas du dos…
- Alors ? fit Dean en me tirant par le bras pour me ramener à la surface, les oursons sur ces genoux, comme si de rien était. Tu vas dormir avec qui ce soir?
- Je comptais passer la nuit avec Olivier, ai-je répondu en me frottant le coccyx.
Il me fallut quelques secondes, l'air scandalisé de Dean et les gloussements de Dorys pour réaliser l'énormité de que je venais de proférer.
- C'est le nom de la peluche, ai-je expliqué précipitamment. Il s'appelle Olivier et l'autre, c'est June. Je n'avais pas du tout l'intention de… de…
Je n'ai pas pu finir ma phrase. Mais je crois que ce n'est pas plus mal ! J'avais le visage en feu. Quelle andouille… Il ne m'avait pas fallu longtemps pour commettre la première boulette de ma 16ème année.
- Ce ne devrait pas être le contraire ? signala Dean en essayant de faire bonne figure.
- Si, mais Dorys trouvait ça plus amusant, répliqua Olivier (qui, lui, ne semblait pas du tout touché par ce que je venais de dire).
- Et ça l'est ! s'écria Dorys joyeusement.
Je la hais. Mais vraiment ! Je la hais, je la hais, je la hais, je la hais…
Par chance, c'est à cet instant que le Sieur Patch fit son entrée et en parfaite diversion, il me libéra de mon embarras.
- Joyeux anniversaire, ma vieille ! lança-t-il gaiement. Ne me regarde pas comme ça ! Tu as le charme des femmes mûres désormais. J'ai un petit quelque chose pour toi mais avant ça, je dois commencer par demander à Dean de m'excuser.
Je me suis tournée vers Flaherty en l'interrogeant du regard. Par un haussement d'épaule, il nous fit comprendre qu'il n'en savait pas plus que moi.
- Tourne-toi vers moi, me demanda Patch.
Intriguée, j'ai fit passé mes jambes de l'autre côté du banc et me suis mise face à lui.
- Bien, maintenant ferme les yeux…
A contre cœur, je m'exécutai. Ce n'est pas que je n'ai pas confiance en Patch mais… En fait, si, j'avais de quoi être méfiante.
Une main chaude se plaça sur ma joue et des lèvres douces se posèrent sur les miennes. Mes yeux se sont aussitôt réouverts et se sont écarquillés. Patch venait de m'embrasser…
- Alors t'en penses quoi ? me demanda-t-il ravi en se redressant.
Tu ne le croiras jamais mais je n'ai pas hurlé. Ni grogné d'ailleurs… Même pas rouspéter ! La seule chose dont je fus capable fut de ricaner, bêtement… Comme une idiote décérébrée ! Son attitude m'avait totalement prise au dépourvu. C'était un geste totalement idiot mais il m'a amusée ! C'était du Patch tout craché. Ce type est vraiment surprenant…
- Tu m'oublieras pour mon anniversaire, grogna Dean à l'attention de Patch.
- Je n'y manquerais pas, répondit Patch avec un grand sourire.
- Euh… Merci Patch, ai-je bredouillé encore sous le choc. C'est « gentil » de ta part !
- De rien, ma vieille !m'expliqua-t-il avec un clin d'œil. C'est un cadeau qui ne coûte pas cher, offert de bon cœur et à voir ton sourire, qui t'as fait plaisir ! Au moins, je suis sûr que tu ne l'oublieras pas…
Je n'allais le contredire sur ce point !
- Retenez la leçon les mecs ! ajouta-t-il à l'attention de Sean, Dean et Olivier avant de précipiter prendre son petit-déjeuner avant le premier cours de la journée.
§§
La journée se déroula tranquillement, rythmée par les déplacements des élèves pendant les cours pour aller à leurs entretiens d'orientation. La durée variait selon les cas. Pour la journée de lundi, le record était détenu par Sean, talonné de près par Olivier. Sean est bien resté le plus longtemps mais MacGonagall a tenu à décaler tous ses entretiens de 30 minutes après avoir parlé à Olivier.
Le cours de Soins fut l'occasion pour Andy et Dorys de pouvoir enfin cracher leur venin en liberté. Lorsque Pénélope me demanda, alors que nous choisissions de quoi nourrir nos Botrucs, ce que j'avais reçu pour mon anniversaire, elle n'avait pas idée de ce qu'elle venait de déclencher.
- C'est du sérieux, plaisanta-t-elle en désignant mon anneau.
- Selon les termes exacts de Dean, ce serait plutôt symbolique, rectifia Dorys en appuyant exagérément sur ce mot.
J'ai posé la bassine de cloportes et de foies de rats que j'avais dans les mains afin de pouvoir les poser sur mes hanches et de lui faire face.
- Vas-y ! Dis-le ! ai-je grogné. Tu en meurs d'envie…
- Je n'ai rien à dire, se défendit Dorys d'un air malicieux. N'importe qui est capable de voir le symbole qui se cache derrière un bijou… Et surtout une bague !
- Constituée, qui plus est, de feuilles de lierre, ajouta Andy distraitement. Et nous savons tous que le lierre meurt où il s'attache.
- Je dirais même plus, reprit Dorys en versant encore un bol de cloporte dans nos bassines. Bague au motif de lierre, offert par un Taureau à un autre Taureau…
Andy haussa un sourcil d'un air appréciateur.
- Le plus fidèle auprès du plus fidèle, en déduisit-elle. C'est vrai !
Elles se mirent à rire, trouvant à leur démonstration quelque chose d'hilarant. Pour moi, c'était consternant… Penny les regarda un peu perplexe avant de me demander à mi-voix.
- Elles sont toujours comme ça ?
J'ai lentement hoché la tête.
- Et ce n'est sûrement pas fini…
- Dites, déclara Pénélope à leur attention. Vous ne pensez pas que vous allez un peu loin là ?
Andy et Dorys échangèrent un bref regard.
- C'est vrai, admit Benton. Excuse nous June… C'est juste qu'on est très contente pour toi. Après tout, la légende dit que quand deux personnes s'aiment à Poudlard, elles seront heureuses ensemble toutes leurs vies. Alors quand on a vu la bague, on s'est prise à rêver à ta place…
D'étranges connexions se sont aussitôt faites dans mon esprit. Poudlard… couple… mariage… bague… lierre… taureau… Dean ? Mes yeux s'ouvrirent en grand et je ne pus m'empêcher de reculer d'un pas, effrayée. Mon histoire avec Dean devenait si sérieuse que ça ? Traumatisée par la perspective de me voir toute jeune diplômée, mariée avec deux enfants, je n'ai pas de suite que Penny faisait exactement la même tête que moi. J'avais fini par oublier que je n'étais pas la seule à être en couple désormais…
En y réfléchissant, j'ai du reconnaître qu'Andy et Dorys avaient été plutôt sympas ce jour-là (elles n'avaient pas choisi de raconter le moment le plus embarrassant de la matinée). Je me serais mal vue expliquer à Penny pourquoi j'avais déclaré m'apprêter à passer la nuit avec Olivier. Merlin! Même le simple fait de l'écrire me paraît étrange…
§§§§
Le lendemain, c'est avec un sourire radieux que j'échappais aux cours de Potions et que je me présentais à 15 heures devant le bureau de MacGonagall au moment où Morgan Sutherland en sortait. Le professeur de Métamorphose me fit signe depuis son bureau d'entrer.
- Asseyez-vous Tierney, me dit-elle en rangeant les documents sur son bureau.
J'ai patiemment attendu qu'elle finisse et ai jeté un coup d'œil tout autour. Son bureau n'avait pas changé depuis la dernière fois. En fait, j'étais assez contente d'être là. Je commençais même à trouver l'endroit accueillant. Au moins, cette fois, je ne risquais pas d'être sanctionnée. En dehors de ces entretiens, être convoqué par MacGonagall est très mauvais signe. Ma directrice de maison finit par croiser ses mains et me regarda l'œil pétillant.
- Vous ferai-je l'affront de vous demander ce que vous souhaiteriez faire après avoir quitté Poudlard ?
Son ton sérieux me décontenança un peu. Pourtant, elle venait de plaisanter. D'ailleurs, ça, c'était bizarre ! Est-ce que je suis si prévisible que ça ? Hum…
- Je souhaiterai travailler dans l'enseignement, Professeur, ai-je répondu en essayant d'avoir l'air la plus crédible possible.
MacGonagall exprima sa surprise par un sourcil haussé, très éloquent.
- Vraiment ? demanda-t-elle. Il est vrai qu'enseigner est un travail très intéressant et enrichissant. Parfois ingrat mais il apporte beaucoup… Cependant, Tierney…
- Je n'ai pas le profil, n'est ce pas ? l'ai-je coupé en souriant. Ma mère cherche désespérément à me convaincre du contraire. Je me vois mal m'occuper de petits moldus ou même enseigner dans une Magiecrèche !
MacGonagall approuva d'un hochement de tête.
- D'autant plus que vous ne serez pas autorisée à les faire taire par un sortilège de Mutisme, ajouta-t-elle le plus sérieusement du monde.
- C'est vrai ? fis-je faussement étonnée. Oublions ça alors ! En vérité Professeur, ai-je dit en m'approchant un peu plus de son bureau, je voudrais travailler au Département des Sports.
La vieille femme posa les mains sur son bureau et m'adressa un petit sourire.
- Voilà qui me paraît beaucoup plus crédible, déclara-t-elle en se saisissant d'un épais dossier portant le sigle du Ministère. Je me dois de vous mettre en garde, Tierney. Beaucoup de personnes souhaitent entrer au Ministère, plus encore dans ce Département et le nombre de places y est réduit. Très peu de nos étudiants fraîchement diplômés y arrivent. Le Ministère préfère en effet offrir des postes à des joueurs retraités. Prenez l'exemple de Ludovic Verpey…
Elle prit une seconde pour me dévisager. Je n'ai pas cillé sous son regard.
- Il vous faudra viser l'excellence, Tierney, pour entrer au Ministère, continua-t-elle. Plus votre dossier sera solide et conséquent, plus vous aurez de chance d'y arriver. Votre passion et votre motivation seront un plus dans votre cas. Mais cela ne suffira pas…
- Je sais Professeur, ai-je répondu. J'ai déjà commencé à travailler le côté international de ma peut-être future profession. Je parle anglais et un peu français. Je comprends l'espagnol et l'italien, mais uniquement si vous parlez très lentement, avec des mots simples et si possible avec des gestes! J'ai deux trois notions d'allemand et je compte me mettre dès cet été au bulgare et au japonais. Ecoutez : O-te-arai wa doko desu ka ?
MacGonagall eut l'air impressionnée et cligna des yeux plusieurs fois de suite. Je n'ai pas eu le cœur de lui dire que cela signifiaient « où sont les toilettes ? ». Après tout, il fait bien commencer quelque part et puis, c'est toujours bon à savoir, non ?
- Mais entre nous, Professeur, ai-je ajouté d'un ton secret, le Quidditch est une langue universelle…
Elle esquissa le début d'un sourire.
- Vous semblez aussi déterminée que votre père à l'époque, m'avoua-t-elle. Même si lui était meilleur élève…
Une petite grimace m'échappa. Mon père était un élève brillant, c'est vrai… Flitwick me l'avait déjà expliqué. Il aurait pu faire de grandes choses s'il n'avait pas été aussi passionné par le Sport.
- Au pire, ai-je dit après réflexion, je pourrai déjà moi aussi devenir journaliste…
- Il est vrai que vous faites parties des rares élèves que je n'ai pas envie d'ensorceler en corrigeant des copies à l'orthographe déplorable. Cependant…
Elle appuya son menton sur ses mains croisées et eut l'air de réfléchir à ce qu'elle allait dire.
- Vous n'avez jamais pensé à faire quelque chose de totalement différent ? me demanda-t-elle d'une voix mystérieuse (oui, mystérieuse…).
Je suis subitement devenue méfiante. Dans ce genre d'entretien, c'était l'élève qui était censé décider.
- Vous pourriez mettre à profit votre aptitude en Sortilèges, me proposa-t-elle. Le Ministère contient de nombreuses brigades d'intervention qui pourraient vous convenir : les Oubliators, la Brigade de réparation des accidents magiques, les Aurors…
J'ai cherché à savoir pendant de longues secondes si elle se moquait de moi. Il a ensuite fallu que je me fasse à l'idée que qu'elle était sérieuse. J'ai alors dit la seule chose qui m'est passée par la tête.
- Ce n'est pas un peu dangereux comme métier ?
- Pas plus que de monter sur un balai quand deux Cognards sont lâchés, rétorqua-t-elle d'un ton cassant. Ou encore que de s'occuper de dragons en liberté !
Pour les dragons, je ne dis pas. Mais on peut survivre à une attaque de Cognards alors qu'une de mages noirs, je n'en suis pas sûre. J'étais prête à débattre mais son intonation ne m'engageait pas à le faire.
- Je croyais que les Aurors n'avaient plus de travail depuis que Vous-Savez-Qui a été détruit. C'est la même chose pour les « brigades ministérielles ». Faire parti de la garde rapprochée du Ministre ou d'une de ses milices ne me tente vraiment pas.
MacGonagall souleva brièvement les coins de sa bouche avant de prendre une expression indéfinissable.
- Il est plus sage de rester constamment sur ses gardes, répondit-elle lentement. Le monde sorcier aura peut-être un jour besoin de bras… Pas forcément le Ministère…
- Admettons, ai-je soupiré ne comprenant pas ce qu'elle essayait de me dire. Ces métiers là, celui d'Auror notamment, ne sont pas à la portée de tous. Est-ce que je pourrai avoir ne serait ce qu'une chance ?
Elle sortit un dossier sombre de sa pile.
- Il vous faudra au moins 5 ASPIC avec la mention E…
- Rien que ça ! me suis-je écriée.
J'ai littéralement explosé de rire mais me suis vite calmée devant le regard noir que MacGonagall m'a lancé. J'avais beau réfléchir, même en admettant que je me surpasse, je me voyais mal obtenir 5 E aux BUSE.
- Vous aurez ensuite à passer des tests d'aptitude et de personnalité. C'est une carrière difficile, Tierney, je l'admets…
J'ai eu un ricanement moqueur. Difficile ? A peine…
- Quelles options il faudrait que je garde si jamais je vous écoutais ? ai-je demandé après avoir dégluti.
- DFCM, bien entendu, le professeur Quirrel semble content de votre travail. Vos notes se situent entre le E et le A depuis qu'il vous a.
Je doutais sincèrement de la qualité de l'enseignement de Quirrel, surtout ces derniers temps, me permettent d'affronter les dangers de la vie d'un Auror lors d'une hypothétique et improbable rencontre avec un Mangemort. Un regard échangé avec MacGonagall suffit à lui signifier ma remarque.
- Vous aurez certainement à fournir un travail supplémentaire pour parfaire vos connaissances. Visez le E en DFCM aux BUSE… La Métamorphose vous sera également nécessaire. Je ne prendrai que les élèves ayant obtenu un E à l'épreuve de juin. Vos résultats sont irréguliers mais vous pouvez y arriver Tierney.
Sa confiance en moi ne me rassura pas pour autant. Ce serait quand même plus cool si je pouvais entrer au Siège de la Ligue…
- Les Sortilèges ne vous poseront aucun problème. Le professeur Flitwick affirme que le O est à votre portée, continua-t-elle d'un air encourageant (qui annonçait que le pire était à venir). En revanche… Il vous faudra transformer votre presque A en Potions pour un O.
- Un O ? ai-je répété ahurie. Qui peut avoir un O en Potions ?
- Il vous faudra l'obtenir. L'étude de Potions est capitale dans cette profession et le professeur Rogue n'accepte que les élèves qui obtiennent cette mention pour l'ASPIC.
- Il lui arrive d'avoir des élèves dans cette classe ? ai-je marmonné.
Cette fois, elle ne put retenir son sourire.
- Avec du travail et du sérieux, c'est effectivement réalisable…
- Honnêtement, Professeur, vous pensez vraiment que j'ai une chance ?
Elle me jaugea un instant du regard.
- Cela sera difficile et éreintant pour vous, je ne vous le cache pas, que vous choisissiez la voie d'Auror ou même tout simplement celle du Ministère. Mais vous avez un talent, Tierney, peut-être même un don. Les uns naissent Métamorphomage, les autres peuvent parler aux animaux. Et si on les écoute, il y en a même certains qui parviennent « rattaper le Souaffle comme personne »…
Cette allusion à peine masquée à une personne que je connaissais bien me rendit le sourire, que la perspective d'autant de travail à fournir avait fait s'envoler.
- Vous nous avez toujours montré une grande facilité à maîtriser et lancer des sorts. Votre rapidité et votre capacité à manier une baguette sont peu communes…
- J'arrive même à la lancer et à la rattraper dans mon dos, ai-je dit fièrement, contente que mon talent caché soit enfin reconnu.
- Vous possédez déjà certains réflexes d'Aurors à ce niveau-là… dit-elle ignorant totalement ma remarque.
- Vraiment ? ai-je fait étonnée.
- Peu d'élèves peuvent se vanter d'avoir touché Peeves.
- Je ne l'ai pas eu, ai-je rectifié.
- A peu de choses près, non ? rétorqua MacGonagall, une lueur malicieuse dans les yeux. Lors de l'accident de Miss Benton, vous avez montré que vous étiez apte à réagir en situation de danger.
Il faudra même qu'un jour je pense à leur expliquer que je n'ai peut-être pas eu autant de courage qu'ils le pensent tous ce jour-là… J'étais quand même à deux doigts de paniquer. Mais MacGonagall avait le don de rendre les choses si simples.
- La décision finale vous appartient Tierney, conclut-elle. Mais prenez tout de même le temps d'y réfléchir. Il serait dommage de vous fermer des portes…
Après tout, pourquoi pas ? Ce boulot d'Auror ou de membre de je-ne-sais-quelle milice ministérielle était peut-être bien payé. En près de 20 minutes, MacGonagall m'avait presque convaincu de m'engager immédiatement. Le Ministère pourrait l'engager, elle ferait un excellent recruteur… Mais pour l'instant, mon petit cœur ne battait que pour le Noble Sport.
Pensant l'entretien terminé, je commençai à me lever.
- Restez encore quelques instants, Tierney, me dit ma directrice de maison en ôtant ses petites lunettes de son nez. Il y a encore une chose dont je souhaiterais vous parler. C'est au sujet de Mr Dubois…
Sa voix grave m'affola aussitôt. Qu'est ce qu'Olivier avait fait ? Rien de grave, j'espérais… MacGonagall s'aperçut de mon trouble et s'empressa de tout m'expliquer.
- Je ne suis pas censée évoquer son entretien avec vous puisque je suis tenue au secret. Mais avec lui, peut-on encore parler de secret ? soupira-t-elle d'un ton fataliste. Je ne vous apprendrai rien en vous disant qu'il souhaite faire une carrière de joueur professionnel…
- Effectivement, ai-je répondu en souriant franchement. Et je ne vous apprendrai rien en vous disant que je sais qu'il y arrivera.
- Je n'en doute pas, continua-t-elle. Cependant, il me paraît important qu'il ne néglige pas ses études et ses BUSE sous prétexte qu'aucun de ces diplômes n'est requis pour intégrer une équipe…
Elle prit quelques secondes avant de continuer.
- Le Ministère rencontre quelques problèmes depuis ces derniers mois. Le directeur a été obligé d'avancer d'une semaine la date des examens, de façon à ce que les examinateurs puissent être présent.
- Oui, mais ça veut dire que les examens commenceront le 2…
- Et que le match Gryffondor/Serdaigle va devoir être reporté d'une semaine également.
Je commençais à présent à comprendre où elle voulait en venir.
- Soit après les examens, ai-je murmuré songeuse.
- J'ai bien essayé de le convaincre de se concentrer sur ses études mais sans succès, je l'avoue…
- Vous voulez que je m'en charge, c'est ça ? ai-je demandé confuse.
- Pour différentes raisons, il vous écoutera, affirma-t-elle. En tous cas, certainement plus qu'il ne l'a fait hier… Je sais que vous allez être surchargée de travail, Tierney, mais j'aurai souhaité que vous puissez veiller à ce que votre camarade Dubois ne passe pas son temps à préparer la rencontre contre Serdaigle. Je serais fière que Gryffondor remporte la Coupe cette année mais pas si l'un de mes élèves doit sacrifier ses examens pour l'obtenir.
Un léger rire m'a échappé. Entre obtenir un O en Potions et convaincre Olivier de mettre le Quidditch de côté pour réviser, je ne savais pas lequel était le plus difficile. Bien entendu, j'allais le faire. Je n'avais pas attendu qu'elle me le demande pour y songer. Mais le fait que ce soit MacGonagall qui me le demande me flatta énormément. Bon, c'est vrai que je suis sa meilleure amie mais que je sache elle ne l'a pas demandé à Sean ! Oui, mais en même temps, cela aurait été stupide de sa part…
- Je m'en occupe, ai-je répondu d'une voix assurée.
- Si vraiment il ne veut rien entendre, déclara MacGonagall avec l'ombre d'un sourire. Envoyez le moi… Je rechigne à les employer mais je connais d'autres moyens de pression sur lui.
Un jour, je vais vraiment finir par croire Olivier quand il se plaint: MacGonagall adore le martyriser.
§§
J'ai profité de l'absence d'Olivier, parti à un entraînement, pour discuter avec Sean (ben oui, les filles n'étaient pas là) de la requête de MacGonagall.
- Elle m'en a parlé à moi aussi, me confia-t-il à voix basse. Mais elle a aussitôt ajouté qu'il valait mieux en parler avec toi…
Je lui ai jeté un regard intrigué.
- Faut être réaliste, a-t-il soupiré. J'aurai déjà assez de travail pour moi-même…
Un sourire compatissant fut la seule chose que je pus lui adresser. La veille, notre directrice de maison avait conseillé à Sean de revoir ses objectifs légèrement à la baisse. L'ASPIC de Potions était impossible à décrocher pour lui (d'autant plus que nous savions désormais qu'un O en juin était nécessaire). MacGonagall lui a donc suggéré de devenir Médico-mage, avec le même genre d'occupations que les Guérisseurs, des qualifications moindres mais des perspectives au long terme de promotion interne. Sean a eu du mal à tirer un trait sur son rêve… Aujourd'hui il semble plus que jamais déterminé à réussir. Je n'avais qu'à observer la pile de parchemins et de livres déposée devant lui qui formaient une belle reconstitution du Mur de l'Atlantique.
- Dis Sean, tu crois qu'on a une chance ? ai-je soufflé. Je veux dire… Pour Olivier ?
Ce fut à son tour de m'adresser un sourire compatissant.
- Le monde a beau changer, June, dit-il d'un air philosophe, le chat ne pondra jamais…
§§§§
Comme promis, j'ai préparé un compte-rendu de l'entretien pour mon père (j'aimerai voir sa tête quand il va apprendre ce que MacGonagall m'a recommandé !) et me suis précipitée à la Volière pour confier à mon hibou sa première mission. Je n'avais pas encore trouvé son prénom mais je me suis dit que l'inspiration me viendrait en chemin. C'est pour cette raison que j'emportai avec moi ma plume et une bouteille d'encre. J'ai passé la soirée à la Volière et pas par manque d'inspiration !
Quand, au couvre-feu, je suis retournée à la Tour, j'étais capable de sentir mon sang battre dans chacune de mes veines. Mon souffle était court et mes oreilles bourdonnaient. En un mot, j'étais furieuse… J'ai répéré Dubois avant de me précipiter dessus.
- Toi, ai-je grogné en lui enfonçant mon index dans la poitrine. Tu vas me le payer…
Olivier ne parut surpris qu'un court instant puis, saisissant les raisons de ma colères, il afficha un grand sourire. En revanche, Andy qui était assise face à lui ne comprenait pas du tout.
- Qu'est ce qui se passe June ? demanda-t-elle inquiète.
- Il sait ! ai-je répondu en adressant à Olivier mon regard le plus noir. Dubois, je te hais…
- C'est dommage parce que moi je t'aime, Tierney, répondit-il moqueur.
Un cri d'exaspération m'échappa. Je suis allée rejoindre Dorothy MacDonald et Matthew MacKinnon qui se racontaient sûrement des histoires de « Mac » à l'autre bout de la salle. Qu'est ce qu'il pouvait m'agacer par moment ! Même le fait qu'il m'ait dit « je t'aime » pour plaisanter ne me toucha pas. Pour l'instant, je n'avais qu'une envie: l'étriper ! Je l'ai vu se pencher vers Andy pour lui raconter le fin mot de l'histoire. Elle a, bien entendu, éclaté de rire. C'est certain, les gens vont bien s'amuser en l'apprenant…
Moi, June Tierney, 16 ans, supportrice de Flaquemare devant l'Eternel, suis désormais l'heureuse propriétaire d'un hibou qui refuse de répondre à un nom autre que celui de… Catapulte.
§§§§
Les conseils d'orientation se révélèrent être de véritables électrochocs pour nous tous. Il nous fallut admettre que la partie étaient loin d'être gagnée et que nous devions nous mettre au travail et pour de bon cette fois…
Je n'arrive pas à comprendre que l'on ne fasse pas ces entretiens avant. C'est vrai, cela nous permettrait de pouvoir réviser bien avant ! Bon, j'admets que les profs nous avaient prévenus… Mais quand même ! Si j'avais su que je devais obtenir un O en Potions, je… Pourquoi je dis ça moi ? Ce n'est pas moi qui veux être Auror ! Tout ça c'est à cause de MacGonagall… Ma discussion avec elle m'a perturbée. Je me vois parfaitement en Super-June, sauvant notre monde des méchants mages noirs. Ça le ferait ! Il me faudrait un super costume dans ce cas… Mais je ne pense pas que le Ministère soit vraiment prêt pour ça (ou même tout simplement pour). Avant ça, il faudrait déjà que Super-June sauve sa peau aux exams de juin (et c'est loin d'être gagné, crois-moi).
Nous avons tous pris peur devant les efforts à fournir pour réaliser nos rêves. En moins de 48 heures, le stress (voir même la panique) a touché l'intégralité des 5ème années. J'ai eu l'impression de me retrouver à nouveau en mars… Nous étions tous devenus des Andy. Et un monde peuplé d'Andy n'est pas un endroit où il fait bon vivre… La transformation était fulgurante chez certains. Les plus fumistes d'entre nous étaient devenus des bêtes de travail. Sean en était le meilleur exemple. Il calquait désormais son rythme sur celui de nos plus brillants éléments. Pourtant, ce n'est pas dans son tempérament de se la jouer à la Percy. Comme dit Dorys (assez cruellement d'ailleurs), son cerveau n'a pas l'entraînement pour. C'est pour ça que je me dis que nous aurions pu deviner ce qui s'est passé par la suite.
Dès le mercredi, des élèves peu scrupuleux ont profité de la détresse des 5ème années pour nous vendre toutes sortes de poudres et d'élexirs censés améliorer nos capacités intellectuelles. J'avoue avoir été tenté par ce que me proposa Kenneth Holmes, un Serdaigle en 6ème année. Par chance, Dean était avec moi à ce moment-là et réussit à me convaincre de ne rien lui acheter.
- Crois-moi June, m'expliqua-t-il alors que Holmes, pas découragé, fonçait sur un autre groupe de 5ème années. Evite ces arnaques… A moins bien sûr que tu n'aies envie de ressembler à la femme de Monsieur Patate! Le seul truc qui fonctionne est de manger des yeux de poisson. Dégoûtant, certes, mais efficace !
Je ne pus retenir un cri de dégoût. Ce n'était déjà pas agréable d'en mettre dans nos chaudrons alors en manger. Dean ne fit pas attention et semblait avoir eu une idée.
- Tu sais quoi, je pense que je vais acheter pour Patch…
Hum… Je me demande quand Dean compte oublier cette histoire de baiser.
Malheureusement, Sean n'a pas eu la chance d'avoir un Dean veillant à sa santé à ses côtés. Aussi a-t-il donné une partie de ses économies à Kenneth Holmes en échange de son remède miracle. Il n'écouta pas non plus chacune de nos mises en garde. Le lendemain, il se réveillait avec d'atroces démangeaisons et l'impression d'avoir la peau aussi sèche qu'un cornflake. Il n'avait pas tout à fait tort en disant ça puisqu'il en avait aussi l'aspect. Quand il est arrivé à l'infirmerie, sa gorge avait commencé à gonfler dangereusement et ses lèvres s'étaient teintées de bleu. Olivier par la suite a passé la journée à essayer de retrouver Holmes pour se faire rembourser.
A la fin des cours, je me suis rendue à l'infirmerie pour lui rendre une petite visite. Entre révisions et entraînements, les autres avaient préféré y aller plus tard. Le hasard fit que je tombai sur Percy dans le couloir menant à l'infirmerie.
- Hé Percy ! ai-je crié pour attirer son attention. Tu allais voir Sean ? Ça va lui faire plaisir !
- June, fit Percy avec de gros yeux. Fais moins de bruit ! Pomfresh va être furieuse autrement !
Je l'ai rejoint avec une grimace.
- En fait, Fred et George m'ont prévenu que Ron était à l'infirmerie. Je venais m'assurer qu'il aille bien. Mais je comptais également saluer Sean, ajouta-t-il précipitamment.
Nous avons alors franchi les portes de l'infirmerie, curieusement pleine. Difficile de faire la différence entre les 5ème années tombés à cause du stress et ceux tombés à cause des elexirs miracles.
Le lit de Sean était au fond de la pièce. Lorsque celui-ci nous vit, il nous adressa de grands signes. Ravie, je m'avançais vers lui, quand soudain, une masse énorme me barra le passage. Pomfresh faisait barrière de son corps pour protéger ses malades. J'aurai peut-être dû éviter de crier devant son infirmerie…
- Peut-on savoir où vous allez comme ça ? nous demanda-t-elle les poings sur les hanches.
Elle a beau être vieille et avoir bonne réputation notre infirmière, je me suis sentie toute petite devant elle.
- Bonjour Mme Pomfresh, ai-je répondu précipitamment. Comment allez-vous ? Nous venons voir Sean Hataway, euh… pour lui apporter ses devoirs et…
- L'heure des visites est bientôt terminée, déclara-t-elle en s'écartant. Faites vite.
Après l'avoir remercié, je me suis précitée vers Sean.
- Courageuse, dis-moi ! se moqua-t-il. Je ne savais pas que Pompom était aussi effrayante…
- Oh, ça va ! ai-je répondu agacée. Mais dis-moi, tu as repris forme humaine ! Tu ne ressembles plus à un monstre…
- Et encore, me confia-t-il à voix basse. Moi, j'ai eu de la chance. Gordon, lui, avait la tête d'une pomme de terre germée, comme Mr Patate en fait ! Il voulait même se coller une fausse moustache et un chapeau melon pour faire plus vrai.
J'ai secoué la tête incrédule. Ces deux idiots avaient failli mourir d'un œdème et tout ce qu'ils trouvaient à faire, c'était de jouer à Mr Patate. N'empêche, j'aurai bien aimé voir ça.
- Dommage que Pomfresh soit arrivée à ce moment là… soupira-t-il un peu déçu.
L'arrivée de Percy près du lit ne me permit pas de lancer la réplique cinglante, mais ô combien spirituelle qui venait de me monter aux lèvres.
- Ron est avec un ami, nous expliqua-t-il avec une grimace. J'irai lui parler après… Apparemment, il est blessé à la main.
- Je l'ai vu arriver cet après-midi, répondit Sean à voix basse. Sa main était grosse comme un melon et toute aussi verte. Selon lui, c'est dû à une morsure de chien.
Je n'ai pu m'empêcher de hausser les sourcils, perplexe.
- Il connaît de drôles de chiens alors, ai-je soupiré.
- C'est ce qu'il a dit, sourit Sean avec un haussement d'épaule.
Percy resta songeur de longues minutes. Il ne disait rien mais les mouvements incessant des ses yeux témoignaient de son agitation intérieure. Sean, lui, semblait avoir tiré les enseignements de sa mésaventure et avait désormais l'intention de se nourrir d'yeux de poissons. Des bruits de chaise nous parvinrent du bureau de l'infirmière, un parfait message implicite pour nous inciter à quitter au plus vite son domaine.
- Passe une bonne soirée Sean ! ai-je dit. Il faudra être d'attaque pour ton retour.
Il me sourit avant de réaliser soudainement quelque chose.
- Au fait, mes devoirs ?
J'ai eu un petit rire moqueur.
- Attends… Tu croyais vraiment que j'allais t'apporter du travail ? ai-je demandé étonnée.
Tu as 24 heures de repos complet, alors profites-en.
Il parut soulagé de voir la perspective des devoirs s'éloigner en même temps que Percy et moi.
- Tu es consciente que ce qu'il ne fait pas aujourd'hui, il aura à le faire demain, déclara Percy moralisateur alors que nous approchions du lit de Weasley Junior.
Il s'arrêta brusquement et se tourna vers moi.
- Ron est étrange en ce moment. Tu sais June, dit-il à voix basse, je crois que tu avais raison la dernière fois quand tu me demandais comment je faisais pour me démarquer de mes frères. Cette morsure de chien, la bagarre du dernier match… J'ai l'impression qu'il fait tout pour se faire remarquer. Il est grand temps qu'on ait une petite discussion…
- De Weasley à Weasley ? ai-je ricané. Je plaisantais Perce !
Pauvre Weasley Junior, être obligé de discuter avec Perceval de psychologie n'avait rien de réjouissant. Surtout qu'il ne pouvait rien faire pour y échapper ! Le petit blond avec qui Ronald discutait prit son livre et s'en alla un grand sourire aux lèvres. Je profitais de ce mouvement pour laisser les Weasley entre eux et remonter à la Tour. A peine sorti de l'infirmerie, le garçon aux cheveux blonds fit tomber une feuille son livre mais ne s'en aperçut pas.
- Hé ! ai-je dit en la ramassant (une lettre à en juger parla mise en page).
Il ne se retourna même pas.
- Hé ! Blondinet ! ai-je répété plus fort.
Il se stoppa net et me toisa de haut. Je remarquai alors qu'il s'agissait d'un Serpentard, que j'avais en plus réussi à vexer (en même temps, ce n'est pas ce qu'il y a de plus dur).
- C'est à moi que tu parles ? demanda-t-il d'une voix traînante.
- Non, ai-je répliqué acide. Je m'adressais à l'hippogriffe en perruque blonde qui venait de passer…
- Très spirituel, me coupa-t-il sèchement. Qu'est ce que tu me veux, Gryffondor ?
- Tu viens de perdre ça, Blondinet ! ai-je répondu alors qu'à ma plus grande joie, à ce mot, il se renfrogna.
Il me l'arracha des mains avec une grimace méprisante. Mais à peine l'avait-il parcouru des yeux que son attitude changea totalement.
- Merci infiniment, dit-il avec un grand sourire. Je m'en serai voulu de l'avoir perdu.
Je l'ai observé s'éloigner. Ce petit bonhomme ne m'inspirait pas confiance. Comme tous les gens de sa maison en fait… J'ai l'impression que les Serpentards empirent d'année en année. Enfin, je ne vais pas m'arrêter à ça… Je suis retournée à la Tour avec le sentiment malgré tout d'avoir accompli une bonne action.
§§§§
Au final, ce mois d'avril n'aura pas été si terrible… Enfin, si tu mets de côté ma dispute avec Olivier, mon entretien d'Orientation, ma retrouvaille avec Olivier derrière la statue ! J'ai commencé le mois en me prenant des poissons à la tête. Je le finis sans avoir recroisé le chemin de Peeves. Je crois que je reprends du poil de la bête. Peut-être même qu'au fond, je ne suis pas si maudite que ça. En fait, c'est psychosomatique… Je sens même que je vais pouvoir recommencer à vivre normalement, après quatre mois de douleur.
§§§§
Bilan du mois d'avril :
Attaque de Peeves : 21 (dont 17 le 1er avril)
Blague faite par MacGonagall (même pas drôle en plus) : 1 (c'est comme les étoiles filantes, tu as le droit de faire un vœu après ça)
Nombre de sourire de MacGonagall : 3 (premier signe annonciateur de l'Apocalypse, le deuxième et dernier étant de voir Rogue avec des cheveux propres)
Nombre de kilos perdus par Quirrel : 10 (si seulement je pouvais en faire autant…)
Nombre de kilos perdus par June Tierney : si j'arrondis, j'arrive à un total de…1 (la culpabilité m'a faite gonfler)
Nombre de centimètres pris depuis le début de l'année : 2,5 (encore une petite victoire dans ma longue lutte contre la gravité)
Nombre de fois où j'ai failli mourir à cause d'un contact prolongé avec Dubois : 1 (ça reste une belle mort, non ?)
Remise en question de mon amitié avec Olivier : 1 (merci Andy !)
Remise en question de ma manière d'attraper des Doxys : 1 (merci Brûlopot)
Dispute Dorothy-Percy : 1 (une configuration particulière pour un spectacle des plus divertissants)
Jauge de culpabilité : Impossible à dire, elle a explosé
Compliments sincères que m'a fait Olivier : 1 (jolie ! Tu imagines !)
Nuits passées avec Olivier : 5 (Olivier, le nournours, je précise)
Nombre de semaines qu'il m'aura fallu pour trouver le cadeau d'anniversaire de Dean : 8 (mais ça va être quelque chose !)
Noms proposés à mon merveilleux petit hibou pour qu'il cesse de répondre à Catapulte : 247 936 (crois-moi, il faut les trouver)
Nom officiel de mon hibounet adoré : Catapulte pour les gens dans le secret et « Cat » pour le reste du monde.
Pensées amoureuse envers Dean : 5/10
Pensées amoureuses envers Olivier : 5/10 (j'arrive pas à oublier ce jour là…)
Et enfin les dernières nouvelles du Championnat :
1er : Ballycastle Bats
2ème : Appleby Arrows
3ème : Montrose Magpies
4ème : Carephilly Catapults (Olivier, ton équipe régresse !)
(…)
8ème : Flaquemare (7ème ou 8ème, c'est du pareil au même !)
Que voit un lecteur du JTD lorqu'il regarde dans le Miroir de Riséd ? Pardi ! L'annonce du prochain chapitre du JTD !
Mais avez-vous seulement déjà essayé de lire quelque chose dans un miroir ?
Nifne èvirra á al nif ud siom d'Lirva. J'erépse uq'li suov a ulp. Ej en iarruop sap suov rennod ed etad ruop al eniahcorp tedapu siam ej xuep suov eriaf revilas ne suov tnaçnonna euq el siom niahcorp, sel sesohc tnov es retipicèrp ! Li s'arelutitni : « Iam : L'Euva » ! Muh… Ej suov ájèd sènnoissap !
Tnava ed suov ressial ne eingapmoc ed al nif ud Sunob ed Eugor, ej suov elleppar uq'ne tnayuppa rus el titep èrrac uelb, souv zevuop rèèrc ettec etitep esohc euq l'no elleppa weiver te iuq suon arttemrep ed reuqinummoc !
Ennob nif ed erutcel á suot !
Le SPPCG est heureux de vous informer que votre programme va reprendre et s'excuse de vous avoir fait attendre (enfin, ça c'est ce qu'il dit…)
Bonus Caché de Rogue (dvd2)
Rogue avait profité au maximum de sa pause syndicale. Après une heure passée les pieds dans l'eau du lac, à siroter les délicieux cocktails qu'il avait forcé Dumbledore à préparer (pour une fois qu'il avait le pouvoir, pourquoi ne pas en profiter ?), il dût se résoudre à rentrer. Non pas qu'il en eut particulièrement envie, mais les règles du Syndicat étaient claires : une pause d'une heure est une pause d'une heure, à la limite de 60 minutes mais pas une de plus ou de moins. En tant que président du Syndicat, Rogue se devait de montrer le bon exemple aux autres membres… A lui-même en fait ! Il ne s'attarda que quelques instants sur la tristesse de sa dernière constatation et reprit le chemin de ses cachots, les jambes légèrement arquées, comme un cow-boy solitaire.
Il déposa une de ses délicates oreilles sur le bois mal poli de la massive porte barrant l'entrée du cachot. Pas un bruit ne lui parvint… Etait-il possible que cette bande de dégénérés se soit entre-tuée ? Le cœur du professeur se mit à battre la chamade. Qui sait ? Peut-être que grâce à ça, il recevrait enfin la Médaille du Mérite Magique qu'il méritait et n'aurait pas attendre deux ans que le tome 7 veuille bien se décider à sortir… Ne tenant pas à être déçu une fois de plus dans sa petite existence, il se calma en réalisant que le Directeur n'était pas vraiment de se à apprécier qu'on se débarrasse d'élèves de l'école (à cause d'une stupide histoire de responsabilités, de confiance des parents… et connaissant le vieux fou de force de l'Amour). Il prit une profonde inspiration et entra.
Pas de sang, pas d'entrailles sur les murs, pas d'œil pendouillant sur la joue des leurs propriétaires… Severus poussa un soupir de déception. Le bain de sang n'aurait pas lieu aujourd'hui. S'il n'avait pas perçu de bruit de l'autre côté de la porte, c'était uniquement parce que ses élèves avaient cessé de parler… Il allait leur en demander la raison (l'inconvénient de la pause syndicale est aussi de rater le plus intéressant et le plus croustillant des conversations) quand il réalisa qu'il n'était pas impossible qu'il ait, un jour dans une de ses crises de paranoïa aiguë, décider d'insonoriser ses cachots. Il transforma son léger trouble en air féroce et exulta intérieurement en voyant ses élèves se tasser un peu plus sur leur chaise, s'attendant au pire. Au moins, ils avaient retenu la leçon !
- Bien, je suppose que vous avez profité de cette pause pour vous dire des tas de choses, dit-il en simulant le désintéressement total.
Si son plan avait fonctionné correctement, un des élèves véritasérumisé aurait dû lui rapporter ce qui avait été dit. Hélas (ou peut-être le contraire), pas un ne parla.
- Ou pas… soupira Rogue la mine sombre. Avant de recommencer la séance de questions, je vais réaliser un petit test pour savoir si le sérum fait encore effet… Tierney ?
June sursauta et devint livide. Pour une fois, est qu'on ne pouvait pas la laisser tranquille ?
- Dites moi Tierney, physiquement, vous me trouvez comment ?
La mâchoire de June se décrocha et elle fut incapable d'émettre autres choses que des syllabes incompréhensibles. Ses amis éclatèrent de rire.
- Alors ? fit Rogue en s'impatientant. J'attends !
- Euh… Je… je vous trouve très… b-bien, Professeur ! balbutia June.
Les sourcils de Rogue se froncèrent.
- Les effets s'estompent, ricana-t-il. J'ai bien peur que vous ayez tous en à reprendre…
Des protestations s'élevèrent dans tous le cachot et c'est avec un sourire sournois que, lorsque son tour fut arrivé, Rogue tendit une double portion de sérum à la dénommée June Tierney.
§§§
- Reprenons à présent, déclara Rogue après avoir attendu quelques minutes que la potion ait fait effet. Encore une fois, la question s'adresse à Monsieur Dubois, qui décidément semble fasciner autant de monde ici que là-bas…
Il ajuta à cette insinuation un regard perçant du plus bel effet qui mit immédiatement mal à l'aise, la seule personne que cela pouvait concerner, c'est-à-dire June Tierney…
- Selma voudrait savoir : qu'est ce que tu penses Dean ? Et comme cette personne semble bien vous connaître, ajouta-t-il en voyant Olivier amorcer immédiatement un début de question, elle a précisé ; Dean Flaherty, tu sais, le petit ami de June ?
- Elle a bien fait, rétorqua Olivier glacial. Il faut être précis dans ce genre de choses ! Il aurait très bien pu s'agir de n'importe quel autre Dean !
- Bien sûr ! s'esclaffa Dorys. Nous mourrons tous d'envie de savoir ce que tu penses de Dean Thomas en 1ère année…
- Parfaitement, répondit Olivier sèchement. Je ne vois pas pourquoi Flaherty plus que les autres ! M'enfin, je suppose que c'est à cause de certaines tensions que nous devons éclaircir la situation.
Il prit une profonde inspiration avant de se lancer dans le dangereux exercice du portrait-vérité du petit ami de sa meilleure amie.
- Je n'aime pas tellement Dean, avoua-t-il. Il est trop parfait selon moi. Trop propre sur lui, trop souriant… Je ne doute pas que les filles adorent ça mais moi, je ne le sens pas. C'est instinctif !
Il se tourna alors vers June.
- Sincèrement, je suis persuadé que tu peux trouvé mieux…
Tierney manqua de s'étrangler en l'entendant.
- Tu dis ça uniquement parce qu'il déteste le Quidditch !
- Parfaitement ! s'écria Olivier. C'est un excellent critère pour me permettre de situer le gens. Désolé si ça ne joue pas en la faveur de Dean.
Le directeur de la maison Serpentard s'assit un instant sur son bureau et se passa la main sur le visage. Il repensa au bonheur et à la tranquillité qu'il avait ressenti quelques instants plutôt, le bout des pieds trempant dans l'eau tout juste fraîche du lac et un verre plein à la main. Pourquoi avait-il choisi de revenir ? Pourquoi avait-il accepté ce jeu ? La pile de cassettes de Shirley Temple déposée au pied de son lit lui redonna le courage nécessaire pour continuer.
- Quelle est votre réponse définitive ? demanda-t-il fatigué. Un « trop parfait » ? Un « je le déteste ? Ou alors un « j'en ferai bien mon 4 heures s'il n'était pas avec ma meilleure amie » ?
Les visages révoltés de ses étudiants firent intérieurement hurler de rire Severus Rogue.
- Hé ! Tous les joueurs de Quidditch ne sont pas gays ! protesta Olivier indigné. Vous n'avez qu'à expliquer que je ne l'aime pas mais que, puisque June tient à être avec lui, je veux bien faire un effort et que…
Olivier fut obligé de d'en rester là puisque le professeur, à bout, profitait du fait d'aller chercher de nouveaux participants pour sortir à nouveau du cachot en courant, afin d'échapper encore une fois à cette torture…
§§§
Une fois, les nouvelles recrues installées et droguées, Rogue jeta un regard satisfait à toute son assemblée. Il regretta amèrement de ne pas être allé les chercher pour la question précédente. Il aurait adoré voir la tête de Flaherty en entendant Dubois parler de lui. Pour sûr, il n'aurait pas passé son temps à couver sa douce des yeux, comme il était actuellement en train de le faire. Le maître des Potions fut pris de nausée… L'adolescence et ses amours étaient vraiment écoeurantes ! Par bonheur, il avait toujours pu y échapper… Toutes ses hormones, ses bons sentiments, cette stupidité propre à l'état amoureux… De ce côté-là, Flaherty n'était pas le plus à plaindre. Comment une personne ayant été admise à Serdaigle, maison pourtant réputée pour son intelligence, pouvait baver à ce point devant un garçon aussi peu… Serdaigle ! Mais Rogue devait admettre que Mélanie Otto était bel et bien en train de se pâmer devant Dubois. L'amour en plus de rende aveugle et sourd, devait également rendre mentalement déficient !
- Vous pourriez nous dire ce que l'on fait ici ? finit pas demander Flaherty, sortant Rogue de sa rêverie.
- Vous allez répondre à quelques questions, déclara Rogue avec un grand sourire.
- Personnellement, ça ne me gêne pas, continua Mélanie. Mais… euh, est qu'on a vraiment besoin d'être attaché pour ça.
Elle montra d'un geste du menton les liens qui l'immobilisaient, comme tous ses camarades, à sa chaise. Severus s'apprêtait à répondre mais quelqu'un fut plus rapide que lui. Il avait même fini par l'oublier celle-là.
- C'est pour rendre la chose plus excitante, non ? plaisanta Owlie ravie.
Tout le monde se tourna vers elle, une grimace plus ou moins parquée sur le visage.
- Qui tu es toi d'abord ? demanda Dean abasourdi.
- Owlie Wood, enchantée !
Mélanie et Dean se tournèrent alors vers Olivier.
- Wood ? s'écria la Serdaigle.
- Oui…euh… C'est une longue histoire, expliqua Olivier gêné. Professeur, si on continuait ?
Rogue jeta un coup d'œil aux questions suivantes et retint difficilement un sourire sournois. Il adorait quand les gens se mettaient eux-mêmes dans des positions plus que délicates.
- Melle Otto, la prochaine question est pour vous. Elle nous vient de Selma et je vous la livre telle qu'elle : est ce que tu aimes VRAIMENT Olivier même quand il te fait passer APRES le Quidditch ?
L'atmosphère s'alourdit imperceptiblement dans la salle d'interrogatoire et personne, pas même Dorys, ne se permit une plaisanterie.
- Je suis fatiguée, soupira Mélanie. Fatiguée qu'on me pose toujours les mêmes questions ! Fatiguée que l'on me demande de toujours justifier ma relation avec Olivier. Enfin, c'est vrai ! Il est comme il est. Le Quidditch est tout pour lui ou presque, et alors ? Je le savais en me mettant avec lui et je n'ai jamais eu l'intention de le changer. Ça ne me plaît pas de passer pour une idiote quand il s'occupe de Souaffle, de son programme ou de ses autres bizarreries sportives. Le regard des autres me gêne dans ces moments-là, c'est vrai… Mais personne n'est là quand on est que tous les deux. Personne ne voit ce que c'est d'être avec quelqu'un comme Olivier quand il n'est plus question de sport.
Elle marqua une courte pause et continua, légèrement plus bas.
- Ça n'arrive pas souvent mais ça en vaut la peine. C'est ça qui fait que je l'aime malgré tous ses travers. Cela pourra en surprendre plus d'un mais oui, je l'aime ! Même si je dois passer après le Quidditch…
Etait-ce une belle déclaration ou un acte de profonde stupidité ? Severus était en train de se le demander. Et il n'était pas le seul à le faire dans l'assemblée à en juger par les regards émus ou compatissants qui étaient lancés à Mélanie. Rogue se retourna ensuite la question à lui-même. Ferait-il passer les Potions après la femme de sa vie ? Il n'eut pas à réfléchir longtemps. Certainement pas ! C'était peut-être d'ailleurs pour ça qu'il était toujours célibataire….
Il écrivit « oui » à la question de Selma pour Mélanie avant constater que le joueur de Quidditch semblait quelque peu sonné. Peut-être ne s'était-il pas attendu à cette touchante déclaration… Peut-être ne s'était-il tout simplement pas attendu à une déclaration !
- Et puis, reprit Mélanie d'un ton léger. Il vaut mieux qu'il me fasse passer après un sport plutôt qu'après une autre fille…
Elle fut malheureusement la seule à rire à sa plaisanterie, ce qui selon le directeur de la maison du Serpent était assez injuste puisque ironiquement drôle dans le cas présent !
§§§
- Toujours une question venant de Selma, qui apparemment aime beaucoup vous interroger, déclara Rogue en s'asseyant derrière son bureau. Elle s'adresse à Dean Flaherty…
Du coin de l'œil, il vit Tierney baisser la tête, redoutant ce qui allait venir.
- Est ce que tu es jaloux de l'amitié de June et Olivier (quand elle passe plus de temps avec lui qu'avec toi pour le Quidditch) ?
- Honnêtement ? Oui… répondit Dean rapidement.
Il se tourna ensuite vers le visage indigné de sa petite amie prête à débattre sur ce point.
- Laisse moi m'expliquer, s'il te plaît Jinxie, ajouta-t-il avec un sourire. Je sais ! Je sais que toi et Olivier êtes amis depuis des années, je sais aussi que le Quidditch est vital pour toi, et pour vous deux. Tu as ma totale confiance, je t'assure. Mais je ne peux pas m'en empêcher... Non pas que je craigne qu'il se passe quelque chose entre vous, mais j'aimerai parfois que le temps que tu passes avec lui, tu le passes avec moi.
Le visage de June prit lentement une coloration rosée et elle ne put s'empêcher d'imiter le sourire de Dean. Olivier eut alors une quinte de toux qui ressemblait étrangement à un « chacun son tour mon vieux », quine de toux qui lui valut un violent coup de pied dans le tibia de la part de sa voisine de gauche, Tierney.
Ce n'était pas non plus cette fois que rogue aurait son drame tant attendu. Il écrivit face à la réponse à Selma un « oui, assumé » et maudit intérieurement cette nouvelle génération de garçons qui semblaient capables de pouvoir se sortir de tous les mauvais pas tendus par le sexe opposé. Cependant, en libérant et en faisant sortir les deux 6ème années, une mince consolation éclaira sa soudaine morosité : il n'avait plus que trois question à poser.
§§§
- Une question pour Owlie, enchaîna le professeur Rogue.
Il jeta un œil à la petite moldue et vit un spectacle désolant.
- zZz… zZz…
Etait-il possible qu'il ait un peu chargé la potion ? Rogue secoua la tête, légèrement amusé. Comment avait-il pu songer un instant à envisager cette éventualité ? Sean Hataway, assis le plus porche de la petite moldue, tenta de la réveiller en lui donnant de petits coups de pieds.
- Psss Owlie ! Réveille toi, chuchota-t-il précipitamment.
Elle grogna un petit « boucle la » pour le faire taire. Vexé, l'Ecossais lui donna un plus gros coup de pied. C'est un conseil à retenir : évitez si possible de vous mettre à dos les Ecossais. Après avoir juré tout ce qu'elle savait, Owlie sembla réaliser l'endroit où elle se trouvait et prit une belle coloration rougeâtre.
- Bien, puisque vous êtes réveillée, déclara Rogue d'un air mauvais, vous allez peut-être pouvoir répondre à la question que vous a posée Valou. Pourquoi June s'appelle-t-elle June ?
- Très bonne question, répondit Owlie sans se démonter. Que je vous explique… En fait, je suis une grande fan des Beatles et notamment de leur célèbre chanson « Hey Jude », qu'Andy, j'en suis sûre, se fera un plaisir de chantonner pour les incultes.
La douce voix de Benton résonna aussitôt entre les murs du cachot.
- Hey Jude, don't make it bad… Take a sad song, and make it better…
- Le rapport avec June ? demanda Patch surpris.
- Je trouvais la consonance plutôt agréable mais apparemment, il s'agissait d'un prénom de garçon. Puis un jour, en regardant le film « Chapeau Melon et botte de cuir », j'ai eu un flash. Dans une des scènes, le personnage joué par Sean Connery explique qu'il s'appelle August et qu'il a quatre sœurs s'appelant April, May, June, July… Je venais de rencontrer le prénom que je cherchais et je l'ai bien sagement rangé dans un coin de ma tête en attendant de pouvoir m'en servir…
Quelques instants de silence suivirent sa déclaration.
- Tu as vu « Chapeau melon et botte de cuir » ? pouffa Dorys. Ce film est nul…
Alors qu'Owlie se défendait de l'avoir simplement regardé par curiosité, Olivier se tourna vers June.
- Elle est encore pire que ta mère, plaisanta-t-il.
Malheureusement, son trait, qu'il imaginait d'esprit ne fit pas mouche, loin de là…
- Qu'est ce que tu reproches à ma mère ? demanda June sèchement.
- Euh… Rien ! Rien du tout ! se défendit Olivier. J'adore ta mère… elle est très gentille avec moi et c'est une très belle femme pour son âge et je…
- Non… Ne me dis pas que tu craques pour ma mère, murmura June dégoûtée. Argh ! Quelle horreur ! Déjà Andy qui trouvais mon père bel homme et maintenant toi qui fantasme sur ma mère…
- Non, je ne… Ce n'est pas ce que je… Je…
Il fut incapable de dire un mot de plus, ce qui amusa au plus haut point son professeur qui savourait chaque seconde du chaos ambiant. D'un rapide geste de la plume, il écrivit la réponse à la question qu'il venait de poser… « Une raison absurde » lui parut la plus appropriée
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- Allez, allez, ne nous dispersons pas ! dit-il d'un air enjoué que ses élèves trouvèrent des plus suspects. Nous sommes dans la dernière ligne droite. Olivier… hé, oui ! Que voulez-vous ! Mélo' vous demande : Olivier, si Mélanie te demande de choisir entre elle et June tu réponds quoi ?
- June ! Bien sûr, répliqua Olivier. Vous voulez que je vous explique pourquoi ?
Rogue fit semblant de réfléchir.
- Nan, pas vraiment, dit-il avec un sourire hypocrite.
C'était la vérité ! Pourquoi devoir supportait les délires de ce Gryffondor alors que tout le monde, même le chaudron fumant non loin avait compris pourquoi il ferait un tel choix.
- Même personne, même question mais cette fois ci pour June Tierney… Si Dean te demande de choisir entre lui et Olivier, tu réponds quoi ?
Là, cela pouvait donner quelque chose d'intéressant.
- Dean ne me demandera jamais quelque chose comme ça, répondit-elle froidement. Il vous l'a dit tout à l'heure. Il a compris que les choses étaient compliquées… Mais si jamais il venait me poser la question, continua-t-elle tristement, s'il me posait un ultimatum, je choisirai Olivier. Parce que le simple fait qu'il m'ait demandé de choisir prouverait qu'il n'en valait finalement peut-être pas la peine…
Dorys ouvrit la bouche prête à argumenter mais s'arrêta aussitôt. Rogue qui avait vaguement griffonner un « M'en fout » sur le parchemin la prit de vitesse. Il sortit sa baguette, les libéra de leurs liens et vint se placer sur à la porte du cachot Il espérait de tout cœur qu'il sorte tous au plus vite. A chaque fois que l'un deux passer devant lui, il leur jetait un sortilège d'Amnésie, de manière à ce que cette histoire d'interrogatoire ne se répande pas et ne lui fasse pas perdre la place.
- Quoi, c'est fini ? s'étonna Hataway. Et moi ? Pourquoi on ne m'a pas posé de questions ? Les gens ne m'aiment pas ? Ce n'est pas juste ! Moi aussi, je suis intéressant et j'ai une psychologie complexe et…
- Viens Sean, on s'en va ! tenta Andy en le tirant par le bras.
- Non ! répondit-il en s'entêtant. Je veux qu'on me pose une question !
Rogue se passa une main sur le visage.
- Votre devoir de la semaine dernière, demanda-t-il. Vous l'avez fait seul ?
L'écossais devint pivoine et sortit avec les autres.
- Au revoir Professeur ! fit-il en refermant la porte derrière lui.
Enfin seul… Severus poussa un soupir de soulagement. C'était fini ! Plus jamais il ne ferait quelque chose de ce genre… Pour rien au monde… Même pas un film de claquettes ! Il ferma les yeux, bien décidé à profiter du silence. Un léger « Hum hum » vint lui chatouiller les oreilles. Sa fatigue mentale était telle qu'il entendait des voix désormais… Le bruit se répéta encore, et encore… A bout, Severus leva une paupière, puis l'autre, puis les deux en même temps, avant de réaliser que contrairement à ce qu'il pensait, il n'était pas seul…
Et ça, il n'y avait pas pensé…
§§§
- Dites moi Severus… Vous permettez que je vous appelle Severus ? Non ? Vraiment pas ? Tant pis ! Pourquoi n'avez-vous pas posé la dernière question ?
Le professeur de Potions s'arrêta de marcher et jeta un regard froid à la petite moldue qu'il avait été obligé de raccompagner. Comment pouvait-elle le savoir ? Personne à part lui n'avait pu regarder la liste des questions… A moins que…
- Alors comme ça, c'était votre idée ? demanda-t-il d'une voix traînante.
Owlie haussa les épaules.
- Oups, je suis démasquée… se moqua-t-elle. Allez-y, posez la moi !
Rogue ressortit le parchemin de sa manche et relut une ultime fois la question dans sa tête. Une question lourde de conséquences… S'il avait choisi de ne pas la poser, c'était avant tout parce que la réponse ne l'intéressait pas du tout. Mais il l'avait aussi fait pour éviter que la situation ne dégénère dans son cachot. Pas par égard pour les autres morveux, non… Uniquement pour préserver ses délicates petites oreilles.
- La question provient d'Elizabteh Moonstone est s'adresse à Owlie Wood, auteur veritesumisée : Est-ce que June et Olivier sortiront ensemble ? Et si oui, dans combien de temps ?
La jeune moldue éclata de rire puis lui tourna le dos.
- Je suis arrivée ! Ravie d'avoir fait votre connaissance, Mr le Fourbe Maître des Potions !
- Et la réponse ? s'écria Rogue les sourcils froncés alors qu'Owlie avait atteint sa porte d'entrée. Vous vous êtes engagée à dire la vérité.
- Je sais, répondit Owlie avec un sourire. Tout ce que je peux dire pour l'instant, c'est Qui vivra verra ! A plus Sev' !
Ce petit surnom fit se contracter les mâchoires de l'enseignant et fit monter en flèche sa pression artérielle.
Severus Rogue, 30 ans et des poussières, furieux et humilié, donna un coup de pied dans un petit chien qui passait provoquant les hurlements de la vielle dame qui était à l'autre bout de la laisse… Cette fois, c'est sûr : une fois qu'il aurait choisi de quel côté de la Force il se situait, cette agaçante petite moldue serait la première à payer…
FIN
Ce programme vous a été présenté par le SPPCG, en association avec Owlie Wood productions. Nous tenons à vous informer que de nombreuses personnes ont été psychologiquement maltraité durant cette expérience (mais en même temps, c'était le but) et que nous ne pourrons donc pas retenter l'expérience. Les Owlie Wood Productions remercient chaleureusement (et par ordre d'apparition) Selma (grande poseuse de questions devant l'Eternel), Anabeille et Umihime (les grands esprits se rencontrent), Ann O'Nyme (qui était pas loin de réussir à me piéger sur ce coup là !), Valou ou Mélo' (qui a fait l'effort de penser à d'autres persos que June et Olivier, merci pour eux !) et Elizabeth Moonstone (qui a posé sa question exprès pour m'embêter !), sans qui ce programme n'aurait pu avoir lieu. Les filles, merci !
A+ Owlie
