Hum, je le fais sans cesse via mp et autres, mais il serait bon de le faire ici également : merci Lilyep, de suivre toujours après un petit moment, mine de rien :). De suivre et laisser des reviews, d'encourager ainsi, merci beaucoup ! :). Et aussi d'avoir lu la chanson et de m'avoir donné ton avis avant :).

Et puis à ma p'tite raclette (panique pas, personne saura que c'est toi sous ce surnom XD) : j'suis contente que tu te sois mise à cette fic, et qu'elle te plaîse en prime ! :)

Ce chapitre là est un peu court, mais ce n'est pas innocent. C'est un tournant, en quelque sorte. J'ai souhaité le faire plus... 'oppressant', 'palpitant', presque. J'espère y être arrivée ^^.

La chanson

'Il est bizarre...'

Tet-chan déplit lentement le papier que je viens de lui tendre, mais il me regarde toujours. Je dois vraiment avoir une tête pas possible, car il fronçe les sourcils. Et moi, pour la première fois depuis le début de toute cette histoire, je n'arrive pas à faire semblant. Je n'y arrive plus. Hier encore, j'aurais pu lui sourire et lui dire « désolé de t'avoir inquiété Tet-chan, mais lis, ce n'est pas si grave. Je suis trop sérieux, excuse-moi ». Là, je n'arrive pas à sortir même un mot, et je ne peux me résoudre à lui sortir mon sourire rassurant dont il a l'habitude. On y est, alors ? A ce jour que j'ai tant redouté... Ce jour où finalement, je n'arriverai plus à faire semblant. Semblant que tout va bien, que je ne sais rien... J'ai été naïf, en fait. J'ai repoussé tant que j'ai pu l'inévitable, mais me voilà au bord du précipice. En bas, le vide, l'inconnu. Et Dieu sait si ça fait peur, l'inconnu.

Doiha-chan ? C'est ta nouvelle chanson ?

Oui, arrivai-je à dire enfin.

Ne sois pas si sérieux. Ce sera très beau, comme toujours.

'Je ne me rappelle pas d'une fois où tu n'as pas été à la hauteur...'

Je peux ? Demande-t-il en montrant la feuille.

Bien sûr...

Je voudrais bien que l'on m'explique pourquoi je suis dans un état pareil. Je suis... Non, ça n'est même plus du stress, à ce stade là. C'est presque de la panique, il s'en faut de pas grand chose pour que ça le devienne... Ma mâchoire se crispe, je serre les dents... Mes poings se ferment et mettent mes articulations sous pression du même coup... Je ne parle même pas de mon coeur, que je trouve rudement solide, vue la vitesse à laquelle il s'emballe. Pourquoi ? Là encore, comme souvent ces derniers temps, j'ai le sentiment que la réponse est là, sous mes yeux. Que je le sais en fait, mais je n'arrive pas à le formuler clairement... Des dizaines, des centaines de fois dans ma vie, j'ai fait ça : soumettre une chanson à Tetsu. Je lui ai apporté mes bouts de papier, il lisait pendant que j'attendais. Il aimait ou il n'aimait pas, il me le disait dans les deux cas et de toute façon, on en discutait tous les quatre. Mais même s'il n'aimait pas, -ce qui est arrivé, il ne faut pas croire- il n'a jamais déchiré la feuille en petits morceaux en me traîtant d'incapable, non ? Alors pourquoi cette angoisse ? Bien sûr, à ce stade là, je ne pouvais comprendre que je n'angoissais pas à l'idée de savoir s'il allait aimer ou non... Ce qui m'angoissait concernait le sens même de cette chanson, sens que moi-même bien qu'en étant l'auteur, je n'avais pas déchiffré. Mais cela, j'étais trop étroit d'esprit encore, pour le savoir. Je le regarde, ses yeux balayant la feuille...

« Tout ne se résume qu'à cela

A tendre désespérément les bras

A étreindre le rien

A attendre un meilleur lendemain...

A rêver sa vie sans la vivre

A passer à côté de tout, par facilité

Pour préserver une illusion d'équilibre,

Pour garder une triste réalité...

Tout a l'air si beau et si vrai

Il paraît impossible de désirer autre chose,

Tant ce décor, sur tout semble tirer un trait

Et ramène l'instant présent à une pause...

Le songe devient insupportable à suivre...

Le bruit, la solitude à rendre ivre...

Emplissent ma tête de sourdes perceptions

Jusqu'à ce que ne cède l'illusion.

Pour ramener la paix, il faut tout effacer

Ce qu'il fait, avec tant de facilité.

Il faut comprendre qu'ici se trouve la vérité,

Moins éclatante, mais tellement plus belle à regarder... »

Je le vois sans peine. Plus il avance dans sa lecture, plus son visage se décompose. Il perd son sourire... Et son regard se voile... Il n'aime pas ? Il a l'air... si triste... Mais pas triste au sens d'ému car tout cela l'aurait touché. Triste. Vraiment triste. Non, ce n'est pas une question de 'aime-t-il ou pas' ? C'es tautre chose. Je suis si choqué par son expression que l'on pourrait presque qualifier de tragique, que j'en reste bouche bée. Enfin, il baisse doucement la feuille pour la poser sur ses genoux. Et il garde la tête baissée. Alors je ferme les yeux et une nouvelle fois, je l'écoute. Désolé, il m'inquiète trop. C'est difficile, comme je suis plutôt troublé moi aussi mais... Tout ce que j'entends, c'est...

'C'est pas possible... pas possible...'

Cette pensée passe en boucle dans sa tête. Il est confus, perplexe, et pire que tout... Il souffre. Et moi, je ne comprends rien de rien. Mais alors là, vraiment... A croire que j'ai loupé un épisode ou deux, parce que là... J'ouvre les yeux et cette fois, son visage est l'exact reflet de ses pensées. Lui non plus, il ne peut plus faire semblant ? C'est bien normal... A sa place, je n'aurais jamais pu, moi... Alors je l'appelle doucement, et aussitôt, il se recompose un sourire éclatant.

Tet-chan ?

Je viens de me rappeller... Excuse-moi une minute.

'Si je ne sors pas maintenant, je vais...'

M... Mais Tet-chan, tu n'as pas l'air bien, dis-je, un brin affolé par sa panique qu'il dissimule encore fort bien.

Si si, tout va très bien, j'ai juste... Enfin j'ai un peu chaud, j'ai besoin d'un peu d'air...

Je t'accompagne.

Surtout pas ! Enfin je veux dire... se ressaisit-il. Non, merci... T'es gentil.

'... Même si tu viens de me crever le coeur involontairement...'

Tet-chan...

Mais... Mais qu'est-ce que j'ai fait ?! Enfin je veux dire... Je sais bien que je suis la cause de son tourment. Mais là, qu'ai-je bien pu faire pour qu'il soit dans un tel état ? A tel point qu'il n'est plus du tout crédible, en prétendant que tout va bien... Je le regarde s'échapper de la pièce au pas de course, presque.

'Ceci... Ca ne peut pas avoir différentes interprétations... Ca, c'est... Une déclaration'.

Mon coeur s'arrête. Je regarde la feuille qui contient mes mots. Elle gît à terre, elle est tombée lorsqu'il s'est redressé. Qu'est-ce que... De quoi parle-t-il, voyons ? Comment aurais-je pu écrire une... une... Oh bon sang ! Mes genoux en tremblent. Beaucoup de choses dans cette histoire, se sont produites inconsciemment. Si l'on y regarde de plus près, c'est évident. Un peu comme des legos, tout dans ma tête s'emboîte parfaitement. Chaque pièce trouve ses soeurs, tout colle. C'en est effrayant. Ce rêve mystérieux que j'ai fait... Ce rêve dont, même après l'avoir traduit en chanson, je ne voyais pas la signification... Tetsu l'a trouvé, lui. Il est plus fort que moi, je l'ai déjà dit. Tout était symbolique, j'avais au moins raison sur un point. Ce paysage enchanteur... Parfait à première vue. Troublé soudainement par une cacophonie remplie de bruits parasites. Ce paysage qui devient enfin le paradis qu'il devait être, parce que... Parce que... une personne est arrivée. Et a ramené le calme. Je déglutis. Tout, depuis ce moment là, était déjà... Je ne suis pas influencé. C'est mon choix. L'espèce de trance qui m'a poussée à écrire cette chanson le prouve. Personne ne m'a rie ndicté. C'est moi qui... ait lâché la bride, si l'on peut dire... Je me tourne vers Tetsu, qui s'est arrêté sur le seuil. Il me tourne toujours le dos. Ses épaules tremblent. Ses épaules tremblent et ça me fait mal.

'Il est... amoureux. Et il me fait lire ces mots là, qu'il écrit pour quelqu'un d'autre...'

Mais... Mais non ! Je voudrais ouvrir la bouche, et je ne peux pas. Je voudrais courir, bouger de là, et je n'y arrive pas. Quel cauchemar, tout cela... Mais je n'arrive à rien. La peur me paralyse. Je suis assomé par la découverte aussi. C'était tellement plus facile, de penser que je dérivais juste parce que j'étais sous l'influence des sentiments de Tet-chan... C'était plus confortable, un moye nde me décharger... Un 'c'est pas moi, c'est lui !'. Ca ne m'engageait à rien. Mais là, la vérité s'impose lourdement. Pourquoi ai-je fait traîner les choses à ce point ? N'importe qui dans ma situation, aurait été parler à Tetsu. N'importe qui aurait agi, peu importe dans quel sens. C'est évident, non ? Moi, je suis resté inactif. J'a ireculé l'échéance en me mentant à moi-même. En prétendant vouloir être sûr de ce qu'il en était pour lui, être sûr de ceci ou de cela... Je reculais sans cesse, oui ! Je ne voulais rien assumer... Je me suis dit aussi que je voulais le protéger. Le protéger, ok. C'est normal, de penser cela. Mais ce que j'ai fait, ces derniers temps... C'était plus que ça. J'ai encaissé tout ce qu'il pensait sans broncher, parfois même ça me faisait du bien... J'ai voulu... protéger ses sentiments. Si Tet-chan n'avait été qu'un simple ami, je lui aurais parlé. Pour abréger sa souffrance, et partir sur des bases saines, comem tout bon copain qui se respecte. Si Tetsu n'avait été qu'un ami, je n'aurais pas mis tant d'acharnement à préserver chaque parcelle de ce qui faisait un 'nous'. Si... Si Tet-chan n'était qu'un ami... Il ne serait pas si important. Si important que je n'ai pensé qu'à lui durant tout ce temps... qu'à la façon dont je pouvais m'en sortir et surtout sans lui faire de mal... à étudier chaque possiblité... sans jamais avoir étudié celle de répondre un 'non' franc et massif ! Ca alors, je m'en rends compte maintenant : je n'ai jamais envisagé de le repousser, réellement !

'Je ne supporte plus... tout ça...'

Il se retourne et me regarde. Et je ne peux prévoir ce qu'il va faire. Cela semble être un dernier regard avant de quitter la pièce. Et moi, je n'arrive pas à me calmer. Ma tête fait mal, mais mal à un point... J'ai mal parce que j'ai été aveugle, égocentrique et... Et en fait, tout était plus simple que prévu. Si seulement j'avais été normal... Lui, il croit que j'ai trouvé quelqu'un, que je lui ai dédicacé cette fichue chanson. Quelqu'un qui ne soit pas lui. Pour lui, le seul embryon d'espoir qu'il pouvait avoir vient de mourir. Et moi, vous croyez que je le détromperais ? En vérité je voudrais bien mais... impossible de parler. D'ailleurs il est déjà parti...

J'aurais aimé que la chanson soit comme je l'imaginais, mais on ne s'improvise pas paroler, ne ? :)