AAh ! Ravie de vous retrouver en cette période de vacances ^^ Un petit chapitre avant Noël ! ... Je crois qu'encore une fois, Will est un peu OOC. Oh... Après tout on ne sait pas comment il réagirait si il devenait père XD


Malgré cette fâcheuse mésaventure, les jours continuèrent de s'écouler, trop lentement aux yeux de Grell qui n'arrivait plus à contenir sa hâte à l'idée de devenir mère. De plus, même s'il ne pensait pas avoir à dire cela un jour, son travail lui manquait. Ou plutôt, faucher des âmes et faire couler le sang à l'aide de sa magnifique tronçonneuse rouge lui manquait. Mais comme il comptait prendre au moins un an de congé afin d'élever correctement son enfant, il n'était pas prêt de faucher de nouveau une âme…

A cause de sa rétrogradation, William passait encore plus de temps au bureau, et Grell dû bien se trouver une occupation afin de ne pas devenir fou de solitude. Il avait ainsi commencé à aménager la chambre du bébé. Il avait utilisé pour cela la buanderie de Will qui ne lui servait qu'à entreposer de vieux dossiers. Grell s'en était donc débarrassé (William avait d'ailleurs été assez mécontent : il tenait à ses dossiers ! ) et s'était amusé, chaque jour, à la décorer. Il avait demandé un peu d'aide à ses amis (Ronnie, Alan ou David, cela dépendait du jour) pour tout ce qui relevait du bricolage ou du déplacement de meubles, mais s'était lui-même occupé des achats et du choix des objets. Il avait tout d'abord opté pour un papier-peint rouge muni d'une frise représentant des petites têtes de mort, mais William avait clairement refusé que son enfant soit exposé à de telles choses. Il avait ajouté qu'avec une mère comme Grell, sa santé mentale risquait d'emblée d'en être affectée, il ne préférait donc pas le pervertir davantage avec une décoration si morbide.

-Je vais personnellement m'occuper des murs de la chambre, avait alors déclaré William avec ce professionnalisme qui lui était propre.

Grell avait rouspété, craignant que Will n'affuble les murs d'un papier-peint blanc et aussi banal que le reste de la maison, mais à sa grande surprise, son époux avait choisi une décoration plutôt jolie et originale. Il avait peint les murs d'un violet très pâle, mais avait usé d'un violet plus foncé pour les meubles tels le berceau ou encore la commode, et avait agrémenté le tout de petits autocollants en forme de mouton à l'expression assez morne « pour aider l'enfant à mieux dormir et à l'appaiser », avait-il dit comme toute explication. Mais ce n'était pas tout, il avait aussi acheté plusieurs jeux d'éveils, ainsi qu'un tableau noir sur lequel il avait déjà tracé les lettres de l'alphabet accompagnées des chiffres de 1 à 10.

- J'espère ainsi stimuler son intellect, annonça-t-il le jour où Grell avait enfin pu voir l'œuvre de Will. (il avait été tenu à l'écart de la chambre durant tout le temps de l'aménagement.)

Grell observait la chambre, ébahi.

-Oh mais… Quand as-tu trouvé le temps de faire tout ça ? demanda-t-il, toujours en inspectant les lieux avec admiration.

William redressa ses lunettes, n'osant pas admettre qu'il trouverait toujours du temps pour son futur enfant, malgré son travail qu'il s'efforçait d'accomplir avec brio.

-… Violet ? Fit Grell en passant ses doigts sur le bord du landau.

-Mh.

-C'est très joli ! Mais pourquoi cette couleur ?

-Tout d'abord pour son aspect pratique, répondit-il avec pragmatisme. Le violet est une couleur mixte, et étant donné que nous ne savons toujours pas le sexe de cet enfant, j'ai préféré cette teinte au rose ou bien au bleu, qui sont des couleurs trop déterminantes.

-Quand j'étais petite, ma chambre était toute rose ! Gloussa Grell.

Will le regarda avec attention en levant un sourcil, comme s'il venait de trouver l'explication à une des grandes questions de l'humanité.

-De plus…. Finit-il par poursuivre en redressant ses lunettes, il se trouve que… j'apprécie le violet.

L'ours en peluche que tenait jusqu'ici Grell dans ses mains lui échappa et tomba au sol. Le Shinigami rouge détailla alors son fiancé avec incrédulité.

-Comment ? Tu… Tu aimes une autre couleur que le noir ?

-Le noir est une couleur distinguée et habillée qui est synonyme de rigueur et d'austérité, ce que j'apprécie énormément. Néanmoins, cela ne m'empêche pas de trouver le violet à mon goût. Vraiment…. Il n'y a que vous pour n'aimer qu'une seule couleur, Sutcliff.

Grell pouffa gentiment en se couvrant la bouche avec ses mains de manière intimidée, comme si William venait de découvrir son plus grand secret. Il continua de détailler la pièce dans ses moindres recoins… Bon sang, Will avait vraiment tout prévu ! Il avait même mis les petits vêtements que Grell avait été acheter pour l'enfant dans la commode !

-Et bien, soupira-t-il avec contentement en examinant un pyjama rouge pour nouveau-né qui se trouvait dans un des tiroirs, tout ce qui manque à cette chambre, c'est un bébé… KIIH J'ai si hâte ! (il posa ses mains sur son ventre après avoir rangé le pyjama à sa place.) Quand vas-tu arriver, mon petit ? Bientôt Maman ne pourra même plus passer les portes !

-Pour quand Monsieur Undertaker a-t-il dit que la naissance était prévue ? Demanda William. (il avait également très hâte que l'enfant naisse, mais réussissait parfaitement à le dissimuler. )

-Hum… Quel mois sommes-nous ?

-Mai.

Les yeux de Grell s'illuminèrent.

-OH ! C'EST VRAI DEJA ? KIIIIH ! Undertaker a dit que la naissance serait pour mai ! AH, si seulement j'avais encore la force de sauter partout, je le ferais !

-Je vous en prie ne faites rien de tel, ordonna Will, ce qui fit glousser Grell.

-Huhu… Dis Willu ? Tu crois que je vais vite retrouver ma corpulence normale ?

-Vraiment, Sutcliff… Vous allez sûrement mettre un terme à la première grossesse masculine de tous les temps et tout ce qui vous angoisse est votre poids ?

Grell se tortilla honteusement.

-Buuu… Mais je n'ai pas peur ! Je sais que tout se passera bien… (il baissa les yeux vers son ventre) Tu ne ferais pas souffrir Maman, n'est-ce pas ?

William soupira. Vraiment... cet enfant n'était même pas encore né que Grell en était déjà complètement dingue. Il sentait qu'il allait très vite devoir endosser le rôle du parent strict qui serait sûrement la seule personne responsable de cette famille.

Famille…

L'idée de fonder une famille lui paraissait toujours aussi étrange…Il avait passé tellement de temps dans la solitude qu'il avait fini par se persuader qu'il aimait être seul. Mais plus les mois passaient, et plus il lui paraissait évident qu'il avait, comme tout le monde, besoin de compagnie. La perspective d'être père devenant de plus en plus concrète, son appréhension avait peu à peu disparue pour laisser place à une certaine curiosité, voir même une légère excitation, chose qu'il n'avait probablement encore jamais ressentie. Oui, il acceptait ce rôle de père. Mieux, il allait tout faire pour être un bon père. Sévère et désireux de faire respecter certaines règles de vie essentielles, mais un bon père tout de même. Il veillerait à ce que son enfant ait droit à une éducation exemplaire. Il lui enseignerait la politesse et la courtoisie, lui apprendrait à lire et écrire pour qu'il ait toutes ses chances de réussir dans la vie. Sutcliff serait évidemment là pour l'affection et les gâteries, ce qui ne l'empêcherait pas de partager également des moments de détente avec lui, à lui faire la lecture des plus grandes ouvres jamais écrites par exemple.

Laissant ses pensées de côté, il jeta un coup d'œil à sa montre de poche. Il lui restait encore une demi-heure devant lui avant de reprendre le travail. Bien que l'on soit samedi, il était de service ce soir, et il ne voulait surtout pas donner satisfaction à Treaps en se mettant en retard. Il redressa alors ses lunettes et leva les yeux vers Grell.

-Je vais vous laisser, Sutcliff.

Il hésita durant un court instant à aller l'embrasser sur la joue, mais après réflexion, il se ravisa. Cela ne paraîtrait pas suffisamment naturel. Il n'était pas encore vraiment habitué à tout ce contact, et Grell était toujours celui qui venait à lui pour le câliner où l'embrasser. Jamais l'inverse.

Il toussota afin de dissimuler une légère gêne, puis empoigna sa sacoche avant de se diriger vers la sortie.

-A ce soir, mon Willy !

-Je risque de rentrer tard. Je ne saurai que trop vous conseiller de ne pas m'attendre pur dormir.

-Hors de question, répondit Grell en feignant d'être offensé. Quelle genre de fiancée serais-je si je ne pouvais pas rester éveillée jusqu'au retour de mon cher et tendre ~ ?

William émit un « …Mh » comme toute réponse, puis après que Grell lui ait adressé un baiser volant, quitta son appartement.


Cela faisait presque deux heures que William était cloué à son bureau, apposant sa signature, stricte et sans fantaisie, documents sur documents. Il massa son poignet droit endolori, tout en insultant intérieurement Treaps qui lui avait volontairement administré ce travail habituellement réservé aux toutes jeunes recrues. En effet, signer des fichiers était si ennuyeux et facile que les Shinigamis ayant atteint une certaine ancienneté demandaient aux novices d'effectuer cette tâche pénible à leur place. Bien que Will se soit toujours efforcé d'accomplir son travail par lui-même sans se reposer sur les autres, souvent beaucoup moins compétants que lui, il devait admettre que l'idée de reléguer la pile de dossier placée sur le coin droit de sa table de bureau à David Lasseter (par exemple) était de plus en plus tentante. Mais il savait également que son supérieur n'attendait que ça, aussi prit-il sur lui et gracia un nouveau document de l'encre noire de son stylo plume.

Au bout de trois heures, il décida de faire une pause. Le règlement stipulait que les employés travaillant dans les bureaux avaient le droit à une pause toutes les heures, mais William, ayant pour seul but de finir dans les temps afin d'éviter les heures supplémentaires, n'en bénéficiait jamais. Cependant, depuis qu'il vivait avec Grell, il commençait à se rendre compte qu'il y avait autre chose que le travail dans la vie, même pour un Shinigami. Il se surprenait parfois à moins s'appliquer sur un dossier afin de lui permettre de rentrer plus vite chez lui et de rejoindre sa fiancée, chose qui aurait été impensable quelques mois plus tôt. Personne ne semblait s'être aperçut du changement que William avait opéré sur ses principes, tant le sombre Dieu de la Mort était passé maître dans l'art de ne pas laisser transparaître ses pensées profondes.

Bref, tout ceci pour dire qu'après réflexion, William pensa qu'il pouvait tout de même s'octroyer une petite pause.

Il rangea donc son stylo dans le pot à crayons rouge que lui avait offert Grell pour son anniversaire -il ne lui avait malheureusement pas offert seulement ce produit de bureau, et le pyjama outrageusement moulant qui avait accompagné le pot à crayon resterait sûrement à jamais au fond de son armoire – et sortit de son bureau, prenant la direction de la petite cafétéria du secteur.

Cette dernière, à cette heure plus que tardive, était complètement déserte. William marcha vers la machine à café mise en place par le Service des Shinigamis Inter-temporel (des Faucheurs très hauts placés qui étaient envoyés en mission à différentes époques de l'histoire, principalement lors de guerres, lorsque les Shinigamis d'une même époque n'étaient pas en assez grand nombre pour gérer toutes les morts. ),et programma un café noir et serré afin de l'aider à tenir jusqu'à la fin de son service.

Il commença à le boire doucement tout en regardant sans grand intérêt la vue qu'offrait la cafeteria sur la ville endormie.

-Hey, bonsoir, Boss !

William se retourna lentement vers Eric Slingby, qui tenait également un verre en plastique marron rempli de café dans sa main droite.

-Bonsoir, Slingby, répondit-il poliment, mais avec cependant cette délicieuse froideur qui lui était propre. Que faites-vous ici à une heure si tardive ?

Eric haussa les épaules.

-Oh, une âme est apparue sur ma Death List dans la soirée, je viens juste de la rapporter à la Bibliothèque. Et toi ? Encore des heures sup' ? Pourtant sans Sutcliff dans les parages tu devrais être tranquille, non ?

-Je n'aime pas beaucoup cette familiarité, Agent Eric Slingby. N'oubliez pas que je reste votre supérieur.

Eric l'observa, un sourire arrogant aux lèvres, avant de ricaner.

-Mhf ! Désolé mais j'ai du mal à respecter un mec qui fauche des âmes avec une lime à ongles….

William sentit son sourcil tiquer, mais il était bien décidé à ne pas perdre son sang-froid, aussi resta-t-il muet et prit une autre gorgée de café en orientant de nouveau son attention vers la fenêtre.

-Hey… fit Slingby, avec toujours cette pointe d'arrogance dans la voix qui avait le don d'agacer profondément William, au fait… Entre nous… Sutcliff, tu l'aimes pas, non ?

-Je ne vois pas en quoi ma relation avec Grell Sutcliff vous concerne, Slingby.

Eric leva les yeux au ciel en soupirant.

-Rhooo, allez, on est entre nous ! A moi, tu peux bien me le dire ! Tu l'aimes pas ! Y'a qu'à voir comment tu te comportes avec lui… On dirait qu'il te fait chier !

William redressa ses lunettes. Il était à deux doigts de s'énerver. Qu'est-ce que Slingby pouvait bien savoir de ses sentiments ?

-Ne vous devant absolument aucune explication quant à mon affection envers Sutcliff, permettez-moi de me retirer. (il se dirigea vers la sortie) Bonne fin de soirée, Slingby.

Il entendit Eric maugréer quelque chose de peu élogieux dans sa barbe, mais décida de ne pas en tenir compte, il avait mieux à faire que de s'attarder sur les insultes puériles de Slingby. Il alla alors jeter son gobelet vide à la poubelle, lorsqu'un bruit provenant d'une des fenêtres attira son attention.

-Monsieur Pigeon ? S'exclama-t-il en laissant son cher animal entrer à l'intérieur du bâtiment.

Le volatile se posa sur l'épaule de Will, qui lui caressa gentiment le cou.

-Que faites-vous dehors à cette heure ? Demanda le Shinigami.

Tout en continuant de passer son doigt ganté de noir sur les plumes soyeuses de Pigeon, William remarqua que l'oiseau portait un message. Il s'en saisit et lit :

Bonjour William…

Il frémit quelque peu à la lecture de ces mots : l'écriture, tracée à l'encre sombre et dégoulinante, était étrangement sinistre. Elle pouvait presque faire penser à du sang noir.

Rends-toi immédiatement à l'hôpital, il semblerait que le grand moment soit enfin arrivé… he he, cela promet d'être intéressant…

Bien à toi,

Undertaker ~.

A mesure que les yeux verts de Will parcouraient le mot pour ce qui lui sembla la centième fois, un horrible sentiment envahit le corps du Faucheur. Ses mains, fébriles, tenaient le morceau de papier en tremblant, et de fines gouttes de sueur roulaient le long de son front, jusqu'à ses sourcils froncés d'anxiété.

Crainte. Angoisse. Peur. Appréhension. Frayeur. Panique.

Aucun de ces mots n'était suffisamment puissant pour décrire l'état émotionnel dans lequel se trouvait actuellement William T. Spears. Jamais, que ce soit dans sa vie d'humain ou de Shinigami, il ne s'était senti si…ridiculement émotif. Car il n'était en aucunes façons quelqu'un d'émotif. Mais Il fallait dire qu'il n'avait encore jamais été sur le point de devenir père.

Vraiment…. Ce message l'avait pris au dépourvu, chose qu'il haïssait. Pire, il se haïssait de ne pas avoir été aux côtés de Grell dans une telle situation, et surtout de ne pas avoir prévu cette situation. Ne pas savoir quoi faire, se retrouver face à l'inconnu… tout ceci réveillait sa personnalité angoissée qu'il tentait pourtant de constamment maîtriser.

Son cœur était sur le point se sortir de sa poitrine. Il sentait son poult battre dans ses veines, au fur et à mesure que l'univers qui l'entourait semblait disparaître, comme si ce simple message était la seule chose qui existait à présent à ses yeux.

Incapable de bouger, de penser ou même de respirer, il demeura figé au milieu du couloir. Il ne sentit même pas la main de Slingby se poser sur son épaule.

-Spears ? Ca va ?

Extirpé de sa torpeur et reprenant enfin ses esprits, Will hocha difficilement la tête. Puis il plongea le mot dans sa poche, demanda à Pigeon de rentrer à la maison, et se décida enfin à emprunter le chemin de l'hôpital, avec l'impression qu'il allait défaillir à chaque pas.


-Bonjour, Monsieur, que puis-je faire pour vous ?

William tenta avec toute sa force de conserver une expression impassible devant la réceptionniste de l'hôpital, chose qui était très difficile à cet instant en sachant que Grell était probablement en plein travail à l'heure actuelle.

-Bonjour Madame, dit-il en gardant son calme, pourriez-vous m'indiquer où se trouve Grell Sutcliff, je vous prie ?

La femme le fixa avec attention.

-Ah… Oui… Sutcliff…Troisième étage, chambre 416, répondit-il sans même effectuer aucune recherche. Hum… On oublie difficilement un cas de grossesse masculine, Monsieur, se vit-elle obligée d'ajouter devant la mine interrogative de Will.

-Je vois, fit-il en redressant ses lunettes. Bien… je vous remercie.

Il adressa un signe de tête poli à la jeune femme, puis monta les trois étages qui le séparaient de Grell quatre à quatre.

Il arriva à peine essoufflé dans un long couloir aux murs et sols entièrement blancs. Devant presque chaque porte se trouvait un homme assis sur une chaise, chacun d'entre eux arborant la même expression d'angoisse au visage – sûrement des futurs pères. Ils étaient parfois accompagnés par d'autres membres de la famille qui tentaient de les rassurer, apparemment en vain. William se demandait si sa panique était aussi visible que chez ces hommes. Il espérait vraiment que non.

Il marcha lentement le long du couloir, faisant tout son possible pour demeurer calme. Puis il finit par entendre un rire aussi sinistre que familier.

-He he he… Tu as fais vite, William….

Will se rapprocha de Undertaker, assis les jambes croisées sur une chaise elle-même placée à côté d'une porte de couleur verte. William observa cette porte durant quelques secondes, ne sachant que trop bien ce qui s'y trouvait derrière, puis il orienta son attention vers l'autre Dieu de la Mort qui gloussait silencieusement.

-Je vous remercie infiniment, Monsieur Undertaker, dit William en s'inclinant. Sans vous, je ne sais pas ce qu'aurait fait Sutcliff.

Cela faisait vraiment très longtemps que Will n'avait pas éprouvé tant de gratitude envers quelqu'un. Ne serait-ce que le fait de s'imaginer Grell, seul à l'appartement, tentant de donner naissance à leur enfant par ses propres moyens sans aucune aide suffisait à lui donner des sueurs froides.

Il redressa ses lunettes et reprit un visage neutre.

-Oui… rétorqua Undertaker. J'étais simplement passé prendre de ses nouvelle quand tout à coup…(il pouffa) he he… elle est devenue livide et incapable de former un mor correct… Tout ce que j'ai compris est « …'tractions… mal… bébé… » Hehehehehe !

-Je vous jure, cela n'a vraiment rien de drôle !

Le vieux Shinigami continua malgré tout de rire tandis que Will jouait avec la branche de ses lunettes. Puis Undertaker finit par se lever et vint se coller à William en souriant.

-Tu veux la voir ?

-C-Comment ? Bredouilla-t-il en s'écartant immédiatement de son aîné, se rapprochant ainsi de la porte. Je peux… entrer ? Mais le règlement stipule qu'aucun homme n'est autorisé dans la salle de trav…

-He he… Bien sûr…Mais tu dois admettre que cet accouchement échappe déjà à toutes les règles qui puissent exister, non ?

-…Mh.

-Hehehehe… Moi je reste à l'écart car je ne pense pas que ma place soit à ses côtés… je préfère laisser ça au futur père, he he he…

Il passa alors un de ses longs ongles noirs le long de la poignée de la porte, incitant ainsi le plus jeune Faucheur à entrer.

William hésita. Il n'était pas entièrement sûr de vouloir se confronter à cette naissance. Mais Undertaker avait raison : c'était son rôle. Il prit alors une inspiration, rajusta une nouvelle fois sa monture foncée puis frappa.

Une infirmière entrouvrit la porte, ne laissant que sa tête dépasser de l'entrebâillement de l'entrée.

-Oui ?

William resta muet. Incapable de demander la permission d'entrée. Il n'était même plus sûr de le vouloir… la chaise que venait de quitter Undertaker lui paraissait si accueillante…

-Monsieur William T. Spears voudrait voir sa fiancée, annonça Undertaker devant le silence de Will.

-…Oh… fit-elle en plissant les sourcils. Bien… Habituellement nous n'autorisons jamais les futurs pères à entrer mais dans ce cas… étant donné que la mère est déjà elle-même un… « père »… je pense que vous pouvez… entrer…

Elle ouvrit alors maladroitement la porte, et Will franchit le seuil fatidique d'un pas incertain. Il balaya rapidement la salle des yeux. Plusieurs sages-femmes s'y trouvaient, toute extrêmement désorientées par le fait que Grell soit anatomiquement un homme, ce qu'il ne pouvait pas leur reprocher.

Avant de pouvoir davantage inspecter les lieus de son regard analytique, une sage-femme immergea d'un rideau fait de bandes en plastiques et lui fit signe d'un mouvement de la main de le suivre. Will, bien que sentant son angoisse monter, obéit.

Il passa délicatement le rideau… et fut immédiatement confronté à la vue de Sutcliff.

Il était étendu sur un lit d'hôpital, positionné de manière à expulser le bébé. Ses mains étaient posées sur son ventre et sa respiration était vraiment irrégulière. Manifestement, le travail n'avait pas encore commencé vraiment commencé, puisque les sages-femmes n'avaient pas encore l'air de s'activer. William fit quelques pas vers Grell et posa doucement sa main sur la sienne, moite.

Les yeux de Sutcliff se levèrent vers Will, en même temps qu'un large sourire illumina son visage.

-Wi-ill… ! Tu…es ven…(il étouffa un nouveau cri de douleur en se mordant la lèvre. ) Mhf… venu…

-…Mh.

-…Tu as l'air enthousiaste… dit-il en souriant faiblement.

Ne sachant que répondre à cela, il se contenta de fixer Grell de son regard pénétrant et de lui caresser doucement la joue, replaçant ainsi quelques mèches rouges venues se coller au visage pâle et en sueur de Sutcliff.

-Comment vous sentez-vous, Grell Sutcliff ?

-J'ai atrocement mal ! Avoua-t-il. J'ai… j'ai l'impression que mon… Mmhf ! Que mon ventre se tord de l'intérieur…

Will se demanda durant un instant si Grell n'exagérait pas un tout petit peu – après tout, il ne connaissait que trop bien le goût de sa fiancée pour le drame.

-Sutcliff, n'en faites pas de trop…

A ces mots, les sourcils de Grell se froncèrent furieusement et il montra ses dents pointues et menaçantes.

-De TROP ?

Surpris, William se dégagea de Grell.

-Tu penses que j'en fais de trop ? Eclata-t-il en se tenant plus fermement le ventre. Mais tu ne sais même pas ce que je… Mmhf ! Ce que je suis en train d'endurer !

-Sutcliff…

-LA FERME ! Le jour où tu seras à ma place, là tu pourras parler, d'accord ! Et si j'étais toi, je ne ferais pas trop le malin ! (nouveau cri de douleur) MHF ! Parce que… parce que c'est de ta faute si j'en suis là aujourd'hui ! C'est toi qui a mis ce bébé dans mon ventre ! J'ai mal à cause de toi, William T. Spears !

-Vous plaisantez ? Qui voulait un enfant depuis environ un siècle ? Maintenant que vous êtes sur le point de donner la vie, vous n'allez pas vous plaindre pour un petit mal de ventre… Vraiment… toujours à pleurnicher… C'est agaçant…

-UN PETIT MAL DE VENTRE ? WILL, J'AI UNE CONTRACTION TOUTES LES CINQ SECONDES ! MMHF ! EST-CE QUE LE TERME « SOUFFRIR A EN MOURIR » TE DIT QUELQUE CHOSE ?

-Je…

-Il y a un problème ? demanda une sage-femme en accourant vers les deux Dieux de la Mort.

-OUI ! Faites-moi sortir ce crétin sans cœur de cette salle ! Ordonna-t-il en pointant Will du doigt.

William s'apprêta à protester – il avait tout de même fait beaucoup d'effort pour être aux côtés de Grell ! – mais il préféra obéir, sachant que Sutcliff ne devait sûrement pas être dans son état normal. Il avait déjà vu ce genre de chose dans plusieurs Lanternes Cinématiques. Des femmes qui, alors qu'elles donnaient la vie, se mettaient à insulter tous ceux qui se trouvaient autour d'elles. Parfois certaines devenaient même violentes, et il redoutait un peu ce que pourrait faire Grell, déjà suffisamment sujet à la violence.

Il alla donc rejoindre Undertaker qui riait presque à s'en rouler par terre, trouvant apparemment l'expulsion de William très amusante.

-Je vous jure… pesta-t-il en redressant ses lunettes et en prenant place sur la petite chaise.

Suivit alors une attente qui parut interminable à Will. Toute sa tension était contenue dans ses mains, crispées sur ses genoux, et il se félicitait intérieurement de ne pas laisser paraître son impatience. Le comportement des autres hommes du couloir était si ridicule… Certains se mordaient les ongles jusqu'au sang… d'autres tournaient en rond en murmurant des mots inaudibles… il y en avait même un qui se frappait la tête contre le mur. Vraiment… Lui ne faisait que tripoter ses lunettes, ce qui provoquait un bruit assez agaçant qui résonnait dans tout l'étage.

Twick. Twick. Twick. …

-Tu as l'air agité, William… souligna Undertaker, adossé contre le mur à côté de Will.

Twick. Twick. Twick…

-Pas du tout, répondit-il calmement.

Twick. Twick. Twick….

-He he… tu as raison, tu n'as pas l'air agité… mais je sais que tu l'es… he he… Comment fais-tu pour toujours rester si sérieux… ?

Twick. Twick. Twick….

-… Je vous prie de m'excuser, Monsieur, mais je n'ai pas envie de discuter.

Twick. Twick. Twick…

Cela pouvait paraitre étrange, mais Will avait comme le besoin de se… concentrer afin de ne pas laisser transparaître son émotion. Il fit donc totale abstraction de la nouvelle crise de fou-rire de son aîné et continua de fixer le mur se trouvant en face de lui, le regard vide, essayant par tous les moyens de ne pas penser à ce qui était en train de se dérouler dans la salle de travail.

Twick, Twick, Twick…

Les battements de son cœur vinrent se rajouter au bruit des lunettes lorsque la porte s'ouvrit, après près de quatre heures d'attente.

-Monsieur Spears ? Dit la sage-femme en souriant amicalement à William. Vous pouvez venir !

Twicktwicktwicktwicktwick !


Et voilà ! le moment est enfin venu ! Mhf, et dire que Grell et Will n'ont même pas encore trouvé de nom...

Oui, j'ai appris que ce n'est qu'assez récemment que les hommes ont été autorisés dans les salles de travail, même les futur-pères. Mais comme je voulais que Will parle un peu avec Grell avant l'accouchement, j'ai contourné cette règle XD.

Fidjet : Merci beaucoup d'avoir continuer à lire ! Moi généralement quand le premier chapitre me plait pas trop, j'abandonne... Bravo ! ^^ . Ben oui, sans détester, je ne suis pas non plus une énorme fan de la guimauve (en fait généralement je n'aime pas ça, sauf pour les couples que j'aime vraiment * tousse * Grelliam * tousse *) mais comme tu dis, avec Grell c'est un passage obligé ! Je ne vais pas m'arrêter à la naissance... il y aura un chapitre après, tu verras bien ~ ! Il y aura aussi un dernier chapitre "bonus" avec des scène un peu..."coupées" et aussi le mariage. Bisous !

J'écris un OS à celle qui trouve le nom du bébé ! A vos propositions !