Titre : Heart with no Companion
Auteur : Michmak
Traduction : Andeor
Disclaimer : L'univers et les personnages appartiennent à JK Rowling, l'histoire à Michmak.
NdT : Le 10ème chapitre est disponible en ligne sur ce site sous le nom de Michmak
Chapitre 10 : Rogue.
Rogue aurait ri du regard choqué de Poppy Pomfresh en le voyant sortir de la cheminée, si ce regard ne lui avait pas été adressé. En fait, ce n'est pas tellement son air choqué qui le dérangeait, mais l'ombre de suspicion qu'il sentait dans ces yeux. Ce n'était pas comme si c'était la première fois qu'il venait à l'infirmerie (même s'il n'y était encore jamais arrivé par poudre de cheminette), tenant un élève dans ses bras. Colin Creevey lui revint à l'esprit.
« Severus… C'est… C'est Hermione Granger ? » parvint-elle à balbutier.
« Je vois que votre pouvoir de perspicacité est aussi affûté qu'à l'ordinaire » répliqua Rogue sur un ton sarcastique. « Et avant que vous ne posiez la question, non, je ne l'ai pas kidnappée. »
Poppy eut la délicatesse de rougir, et demanda en lissant nerveusement son uniforme du plat de la main : « Que fait-elle ici ? »
Rogue l'ignora pendant un moment, installant précautionneusement Hermione sur un lit vide avant de se tourner vers la femme. « Elle revient à Poudlard. Dumbledore et votre sœur sont justement en train de régler les derniers détails. » Sa main se leva toute seule, et toucha le bras d'Hermione, comme pour s'assurer qu'elle était bien là. « Elle est prisonnière de son esprit, Poppy. »
La Médicomage stupéfaite s'avança du lit pour mieux regarder la jeune fille si maigre et parfaitement silencieuse étendue dessus. « C'est impossible. Albus a essayé…
- Je sais ce qu'Albus a essayé, » l'interrompit Rogue. « Mais elle est toujours là. J'ai parlé avec elle.
- Et elle était… consciente, depuis tout ce temps ? » demanda Poppy en tremblant. « Quel cauchemar…
- Ca, c'est sûr, » dit le professeur de potions en lui tournant le dos pour regarder Hermione. « Il faut que j'aille préparer une suite pour elle et votre sœur dans les cachots. Pouvez-vous rester avec elle, Poppy, je vous prie ? Je ne voudrais pas qu'elle se sente une nouvelle fois abandonnée. »
Il avait dit cela d'une voix douce, empreinte d'un remords que Poppy n'avait jamais entendu chez lui.
« Abandonnée… une nouvelle fois ? »
Rogue croisa les bras, et se tint droit et raide dans sa chemise blanche. « Elle a cru que je l'avais oublié quand je ne suis plus revenu la voir après l'incident Creevey, » dit-il, la douceur de sa voix ayant cédé la place à sa froideur habituelle. Sa mâchoire pâle se serra, comme pour appuyer ses dires, mais il resta silencieux pendant un moment avant de se tourner vers la médicomage, un sourire familier aux lèvres. « Elle peut vous voir si vous restez dans son champ de vision. Et elle entend tout ce que vous lui dites. Si vous devez vous absenter, faites-le lui savoir.
- Bien sûr, Severus » balbutia Poppy, laissant la surprise apparaître sur son visage.
Rogue ne lui sourit pas, mais inclina la tête dans sa direction avec plus de courtoisie que jamais. « Merci. »
Se tournant à nouveau vers la jeune femme, il se pencha sur elle jusqu'à fondre son regard dans le sien, et pénétra son esprit.
Il se retrouva à nouveau dans le laboratoire de potions. Miraculeusement, les choses avaient beaucoup changé depuis sa dernière visite. Toutes les traces de poussière et les morceaux de plâtre avaient disparu, le sol en dalles de pierres était propre et les grandes fenêtres encadrées de rideaux de velours cramoisi étaient ouvertes pour laisser entrer un généreux soleil. Il eut un petit sourire en remarquant l'ajout de ces fenêtres, et se tourna vers la jeune fille, penchée sur un large bureau de chêne sombre qui lui parut familier.
Elle avait parfaitement réussi à recréer le bureau de sa classe, jusqu'aux détails des moulures et aux nœuds sombres du pupitre. Il se sentit touché qu'elle ait voulu recréer dans son propre esprit quelque chose qui lui appartenait, mais aussi époustouflé par la facilité qu'elle avait à le faire. Sa plume traça une dernière ligne sur le parchemin, puis elle leva les yeux et croisa son regard avec un sourire chaleureux qui lui fit retenir son souffle.
« Hermione.
- Oui, Severus ?
- Je dois te laisser là un petit moment, mais je te promets que je vais revenir. »
A ces paroles, le sourire d'Hermione s'élargit. « J'ai des oreilles, tu sais. J'ai entendu ce que tu as dit à Poppy.
- Oui, mais je ne voulais pas te laisser seule sans te prévenir. » Il s'approcha d'elle et regarda par-dessus son épaule les notes sur le parchemin. « Qu'est-ce que tu fais ? »
Hermione le força à se pencher davantage par-dessus son épaule et lui présenta la feuille sur laquelle elle écrivait à son arrivée. « Je me suis dit que j'allais commencer à mettre par écrit tout ce dont je me souveniens à propos du sort. Je l'avais déjà fait, mais… je n'arrive pas à retrouver le parchemin. J'imagine que j'ai dû le détruire quand tu as dit que tu ne reviendrais pas. »
Rogue tressaillit. « Hermione, je suis… »
La jeune sorcière le coupa dans son élan. « C'est pas grave. Tu ne pouvais pas savoir. L'important, c'est que tu sois là, maintenant. »
Severus ne savait pas quoi répondre. Il inspira une grande bouffée de son parfum, comme pour raviver tous ses sens, et la regarda avec intérêt se reculer légèrement et approcher son visage du sien, avant qu'il ne s'écartât vivement. Il sentait la chaleur émanant de la jeune fille l'envelopper tout entier, et s'émerveilla du fait que la jeune fille pût se réjouir de sa présence. C'était la première fois que cela arrivait.
« Je reviendrai bientôt » déclara-t-il avant de quitter son esprit avec regret. Il détestait la quitter.
Ce fut très simple de préparer les pièces qu'Albus avaient attribuées à la suite des deux jeunes femmes. Il n'eut rien d'autre à faire que de donner des ordres aux elfes de maison et de superviser leur travail efficace, en les regardant s'affairer en tous sens pour rendre les pièces habitables. Hermione ne serait qu'à deux portes de ses appartements, ce qui le réjouissait plus que de raison.
Il avait cependant eu du mal à accepter le fait qu'Hermione soit réellement vivante à l'intérieur de son esprit. Quand il s'était rué à Sainte-Mangouste, il s'était attendu à trouver son corps vide. C'avait été un choc de réellement la trouver.
Il se rappelait encore ses sensations quand elle s'était effondrée dans ses bras, quand il l'avait retrouvée en pleurs au milieu des décombres de son esprit, recroquevillée dans un fauteuil au milieu d'une représentation convenable (même si en ruines) de sa propre salle de cours.
Il n'avait jamais vu une aussi belle femme. L'intensité des sentiments qui l'avaient submergé au cours de ces retrouvailles l'avait pris au dépourvu. Bien sûr, après des nuits passées à boire et rêver d'elle, il s'était rendu compte qu'il tenait à la jeune fille. Mais comment cela était arrivé, il n'en avait aucune idée. Ce n'est pas comme s'il la connaissait. Avant le sort, elle n'avait toujours été qu'une élève pour lui, une Miss Je-Sais-Tout aux cheveux en pétard, qui l'exaspérait par sa permanente et insatiable curiosité et par son amitié avec Weasley et Celui-Qui-A-Survécu-Pour-Lui-Pourrir-La-Vie.
Après qu'elle avait été frappée par le sort de Malefoy, tout avait changé. Pourquoi, ou même comment, compte tenu du fait qu'elle était dans le coma, cela dépassait ses capacités d'entendement. Normalement, les seuls souvenirs qu'il aurait dû avoir d'elle, c'était ceux d'une agaçante petite fille. Au lieu de cela, toutes les images qui se présentaient à son esprit étaient celle de la courageuse jeune fille qui se battait à ses côtés tandis qu'il aidait ses amis ; la jeune fille brillante qui s'était jetée dans ses bras et qui avait essuyé à sa place le sort qui lui était destiné, la frêle beauté dont les cheveux avaient repoussé en s'accrochant à ses doigts comme des milliers de baisers soyeux durant sa première visite à Sainte-Mangouste. C'était comme s'il l'avait vue pour la première fois au cours de la bataille finale.
Puis, ces souvenirs avaient été estompés par des rêves au cours desquels elle lui souriait, de ses lèvres impudentes, assise sur le bras de son fauteuil pour mieux se pencher sur lui tandis qu'il lisait, et lui masser le crâne après une dure journée d'enseignement. C'étaient ces rêves, la vision de toutes ces petites choses qui faisaient une relation amoureuse, qui l'avaient fait tomber amoureux d'elle.
C'étaient les visions et les images d'une vie qu'il n'aurait jamais imaginée avoir, et qu'il avait toujours même refusé désirer.
Voir Hermione si proche de la mort l'avait forcé à admettre que, de fait, il était amoureux d'elle. Il avait su à ce moment précis que toutes ses excuses ne serviraient à rien, et que sans elle, il ne serait plus jamais entier. Peut-être qu'elle avait été frappée par un sort qui lui était destiné à lui, mais sa vie sans elle, vide et semblant s'étirer à l'infini, était déjà une malédiction en soi. Et même si cela voulait dire qu'il devrait rester assis à côté de son corps immobile jusqu'à la fin de ses jours, eh bien qu'il en soit ainsi. Ils seraient tous les deux tous seuls, mais ensemble, et pour l'éternité. Destinée parfaite pour un homme tel que lui…
Il se souvint de sa voix au moment où il l'avait retrouvée : « Mon Dieu… Je pouvais sentir ta main dans mes cheveux… », et la façon dont ses mains avaient agrippé ses épaules, lui caressant la peau du cou avant de se poser sur son visage.
Elle lui avait dit, à lui, Severus Rogue, qu'elle avait besoin de lui. Dans son délire, elle avait affirmé qu'elle désirait ses caresses, ses baisers, et il avait été difficile pour lui de ne pas lui obéir, même si à cet instant elle croyait encore qu'il n'était pas réel. Il se demandait si, maintenant qu'elle savait que son intrusion dans son esprit avait été réelle, si ces sentiments avaient fait place à la honte.
Quand Potter l'avait arraché à elle pour lui mettre son poing dans la figure, il avait eu des envies de meurtre. Il était tellement absorbé par l'esprit d'Hermione qu'en être si violemment tiré avait été très déstabilisant. Elle était enfin prête à croire qu'il était réellement là, et Potter avait détruit les fragiles éléments qu'il avait avec peine réussi à bâtir. Il avait cru que tous ses progrès seraient détruits par sa disparition soudaine, et qu'elle ne lui ferait plus jamais confiance.
Et pourtant si. Quand il avait réessayé de pénétrer son esprit, elle l'avait agrippé et tiré à elle. Elle l'attendait juste à la frontière de son esprit, et il s'était retrouvé dans le salon où il avait atterri la première fois. Mais les toiles d'araignées et la poussière avaient disparu, laissant la place à une intense lumière qui semblait irradier d'Hermione elle-même. Les seuls autres objets de la pièce étaient un tableau noir couvert de sa petite écriture ronde et un énorme fauteuil à bras recouvert d'un hideux velours rouge dans lequel elle l'avait immédiatement poussé.
Avant qu'il n'ait pu reprendre ses esprits, elle avait fait apparaître un seau d'eau froide et une serviette de lin et avait entrepris de lui nettoyer le visage. C'est alors qu'il s'était rendu compte qu'il saignait du nez.
« Harry est un sacré connard » avait-elle marmonné en tenant le linge froid sous son nez. « Si jamais il te refait ça, je t'autorise à lui arracher les couilles !
- Je ne savais pas que j'avais besoin de ta permission pour le faire » avait-il répondu, mais d'une voix gentiment ironique qu'il eut du mal à reconnaître pour sienne.
« Quel idiot, je n'arrive pas à croire qu'il t'ait frappé.
- Il essayait juste de te protéger, » répondit Rogue, « à sa place j'aurais fait pareil. »
Hermione écarquilla les yeux. « Ne me dis pas que tu es en train de le défendre ? » demanda-t-elle. « N'importe qui pouvait voir que tu n'étais pas en train de me faire du mal ! Dis lui que s'il n'est pas capable de se contrôler, je veux qu'il sorte de ma chambre, bordel ! »
Rogue grogna. Elle continua à s'occuper de lui pendant un petit moment, et il se laissait faire avec plaisir. De temps en temps, il pouvait sentir ses cheveux frôler sa main ou son épaule tandis qu'elle soignait son nez, ou la douce sensation de son bras sur sa poitrine. Jamais il ne s'était senti aussi bien.
Quand elle eut fini, elle passa doucement son index et son majeur le long de l'arête de son nez. « Au moins, il n'est pas cassé.
- Comment tu le sais ? » avait-il demandé sur un ton faussement angoissé. Il avait eu du mal à ne pas sourire quand elle avait éclaté de rire.
Quand elle eut fini de rire, elle avait passé ses bras autour de son cou « Je suis tellement contente que tu sois là ».
Il s'était autorisé à s'appuyer contre elle, savourant la sensation de ses bras autour de son cou et de son corps contre le sien. Mais quand sa conscience fit à nouveau entendre sa voix désagréable, il s'était écarté d'elle. « Je ne peux pas rester plus longtemps, Dumbledore et Potter attendent que je leur apporte la preuve de ton existence.
- A vos ordres ! » avait-elle dit en riant de son air confus. « En fait, le professeur Dumbledore m'a proposé des bonbons au citron. Même si j'ai horreur de ça, j'en aurais bien pris un, rien que pour voir sa tête, mais il n'a pas pu m'entendre.
- Comme c'est original de sa part ! » avait murmuré Rogue en tentant de masquer sa déception.
« Je me demandais aussi, » continua-t-elle, « pourquoi tu es capable de m'entendre et lui non. J'avais mis par écrit tous mes souvenirs à propos du sort et aussi les résultats de mes recherches avec les moyens réduits dont je dispose, enfin, je l'avais fait… avant. Je me souviens que le sort de Malefoy m'a frappée dans le dos, mais j'en ai vu une partie ricocher et te frapper toi. Je n'en ai pas tiré de conclusions à l'époque puisqu'apparemment toi tu n'avais rien, mais maintenant je me demande si ça n'a pas quelque chose à voir avec ton pouvoir de t'introduire dans mon esprit. Une partie du sort t'a touché aussi. »
Rogue sentit une bouffée d'admiration pour l'esprit intuitif de la jeune fille, qui avait pourtant passé deux semaines au bord de la folie. Son rétablissement et sa capacité à réfléchir en faisant abstraction du stress et des émotions suffirent à lui donner envie de sourire. Toutefois, pour éviter tout débordement hystérique ou toute embrassade intempestive, qu'il n'était pas sûr de pouvoir supporter, il se contenta de hausser un sourcil.
« Autre chose ? »
Elle acquiesça et déclara calmement « Il m'a dit qu'il espérait que j'étais vraiment là, pour ta santé. A mon avis, il pense que tu… tiens à moi, et que tu aurais du mal à le supporter si quelqu'un réussissait à prouver que tu as tout inventé ou si je meurs. »
Rogue ne répondit rien et se contenta de regarder intensément la jeune fille qui rougit et se mordit la lèvre.
« Alors, c'est vrai ? » finit-elle par demander.
« Quoi donc ?
- Tu tiens à moi ? »
Il soupira. « Ca dépend. Tu en as envie ou pas ? »
Elle fronça les sourcils. « Ca n'est pas une question de savoir si j'en ai envie ou pas. Si tu as vraiment des sentiments pour moi, tout ce que je pourrais dire ne changerait rien.
- Je ne t'ennuierais pas avec mes… sentiments si je sentais qu'ils ne sont pas partagés. » Il tiqua en sentant combien ses propos pouvaient paraître distants, mais Hermione se contenta de sourire.
« Tu sais que les visites que je préférais étaient celles où tu me parlais de ta journée en me caressant les cheveux ? » Sa voix était douce, et elle se serra contre lui. « Je me souviens, une fois, tu m'as même caressé la joue. Je me suis sentie tellement vivante, tellement… En tous cas, des heures après que tu es parti, j'avais toujours l'impression de sentir la chaleur de tes doigts. »
Tout en parlant, elle avait levé la main pour lui caresser doucement le visage. Elle glissa son pouce de l'arête de son nez à sa paupière. Rogue entendait le crissement de sa barbe contre la peau délicate de sa paume, tandis qu'il nichait son visage au creux de cette main, espérant davantage. Il se sentait tressaillir de la tête aux pieds.
Les yeux d'Hermione se mirent à luire. « Tu sens, Severus ? Tu sens la magie quand je te touche ? C'est ce que je ressens avec toi. Personne ne m'a jamais fait ça avant. Et personne ne me le fera. »
Rogue frissonna et s'empara du poignet de la jeune fille dans sa main. Il pouvait sentir le sang s'écouler à l'endroit de son pouls, poignant rappel du fait qu'elle était bel et bien toujours en vie. Il tenait fermement cette main ouverte contre sa joue, et tourna le visage pour en embrasser la paume avant d'entrouvrir les lèvres pour la mordre avec douceur.
Il agissait à l'instinct, avec une gentillesse dont il ne se serait jamais cru capable. Chaque douce exhalaison de la bouche d'Hermione, chacun des assauts de son souffle sur sa peau tandis qu'il nichait son visage dans sa paume, lui brûlait le sang, qui déferlait dans ses veines comme de la lave en fusion.
« Tu es magique, Hermione. » Sa voix était grave, chargée d'émotion et onctueuse comme du chocolat chaud. « Je ne te quitterai jamais.
- Je ne te laisserai jamais » répondit-elle, mais sa voix semblait exprimer un vœu, dont les mots palpiteraient autour d'eux. « Maintenant que je sais… que tu m'as sauvée, Severus.
- Pas encore, mais je le ferai ». Il laissa tomber sa main et s'écarta à regret.
« Il fait que j'y aille. Albus et Harry… J'ai promis de revenir vite. »
Il la regarda un moment encore, apprenant par cœur l'image de la jeune fille qui se tenait devant lui, le visage légèrement rose, la main encore à demi levée comme pour continuer à le caresser, avant de lui adresser un léger sourire et de disparaître.
« Professeur Rogue, c'est fini, monsieur. » La voix haut perchée d'un elfe de maison l'interrompit dans sa rêverie. Secouant la tête pour dissiper le brouillard qui en avait pris possession, Rogue inspecta les pièces, les deux chambres et le salon.
« Ca ira » admit-il.
L'elfe sourit légèrement. Après s'être tordu l'oreille, il (ou elle, Severus n'avait jamais été capable de se prononcer sur leur sexe au premier abord) murmura d'un air peureux : « C'est-il vrai que mamzelle Hermione va reviendre, monsieur ? Elle va pas nous forcer à mettre des habits, hein, monsieur ?
- En tous cas, pas tout de suite » répondit Rogue tandis que l'elfe disparaissait dans un « pop » effrayé. « Noddy il aime pas les chaussettes, ça non non non ! »
Avec un sourire narquois, il prit une pincée de poudre de cheminette et la lança dans l'âtre en prononçant « infirmerie », avant de pénétrer dans les flammes vertes. Il ne fut pas surpris de constater que Dumbledore et Nettie étaient là, ainsi que Potter.
« Severus, est-ce que la suite de Miss Granger et de Miss Pomfresh est prête ? » l'accueillit le vieil homme, dont les yeux pétillèrent en voyant son cadet épousseter la suie de ses épaules d'un air détaché.
« A l'instant, Albus, » répondit Rogue, sans même prêter attention aux autres personnes présentes dans la pièce tandis qu'il regardait Hermione. Elle avait presque retrouvé son état normal. Le changement était stupéfiant. Il détourna à regret le regard en entendant la voix irritée de Potter.
« Je ne vois toujours pas pourquoi elle devrait aller dans les cachots.
- Parce que ça la préservera de toute curiosité malsaine » répondit Albus. « Là, elle ne recevra pas sans cesse des visites d'étudiants voulant à tout prix voir la fameuse Hermione Granger. Et puis c'est plus pratique pour Severus. Il aura besoin d'être très souvent avec elle, à chercher un moyen de la soigner. »
A ces mots, Potter tiqua avant de se tourner vers Rogue pour l'incendier du regard. « N'imaginez pas que je vais vous laisser tranquille avec elle. »
Severus soupira. « Il n'est pas dans mes intentions de lui faire du mal, Potter. Maintenant, si vous voulez bien nous excuser, je pense qu'il est temps d'installer Miss Granger et Miss Pomfresh. La journée a été éprouvante, et j'ai promis à Miss Granger de retourner avec elle le plus vite possible. »
Il s'avança, et pour la deuxième fois de la journée, prit Hermione dans ses bras avec tendresse. « Je t'amène dans ta chambre maintenant, Hermione. Miss Pomfresh, si vous voulez bien me suivre. »
La dernière chose qu'il entendit avant de disparaître dans la cheminée furent les paroles de Potter. « Rogue, je ne vous fais pas confiance !
- Mais Hermione, si, » murmura Rogue pour lui-même avant de faire son apparition dans la pièce. Et c'est tout ce qui compte.
A suivre…
NdT. Tremble de froid sur un banc dans un parc "Accès WIFI"
Vous vous rendez compte de ce que j'endure pour updater, j'espère? Heureusement que les reviews me réchauffent, hihihi! Bon, je n'ai quand même pas vraiment le temps de développer... Mais n'hésitez pas à me faire part de vos impressions!
L'auteur a mis une autre chanson en note de bas de page. Il s'agit de « I Believe » des Diamond Rio. Si vous en voulez une traduction, il suffit de demander (avec les mises en garde habituelles quant au fait qu'il ne s'agit pas de prose).
Merci d'avoir lu, et à bientôt par RAR ou avec le prochain chapitre !
