Auteur : Pyramide
D'après les films : Avengers et Thor
Les personnages sont la propriété de Marvel©. L'image d'illustration ne m'appartient pas.
Classement : T+
Avertissement pour ce chapitre : Violence physique. Don't like, don't read !
Résumé : Histoire parallèle à ma première fanfic « La terreur au visage » ! Suite au jugement d'Odin, Loki est condamné à l'esclavage dans son propre palais sous sa forme Jotun. Plusieurs mini fics racontant son nouveau quotidien difficile. Esclave!Jotun!Loki ! Beaucoup de Angst, h/c et Whump !
Note : Se situe après le film Avengers.
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Les larmes au visage azur
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*/ˆ~ˆ\* A l'ombre des jardins de Frigg */ˆ~ˆ\*
L'été avait débuté par un soleil radieux. L'astre aux rayons intenses et chauds était maître dans l'immensité du ciel d'un bleu parfait et sans nuages. Il enserrait fermement les majestueux jardins du palais d'Odin, abreuvant de lumière nourrissante toutes les plantes, les vergers, les potagers et en particulier les fleurs d'une rare beauté. Un parterre de couleurs chatoyantes et sublimes, qui n'avait d'égal nulle part dans tout le Royaume doré d'Asgard. Et aucun jardin verdoyant n'était plus beau que celui réservé à la reine Frigg. Il était le plus vaste, nanti de plusieurs terrasses et d'arbres fruitiers courbant sous le poids de leur fruits juteux, parsemé de petits chemins de promenade et de fontaines magnifiques, il était sans aucun doute le plus beau. Une richesse sans égal, mais qui demandait des soins constants.
Parmi tout le groupe d'esclaves affectés à ce lieu, on distinguait facilement l'être tout de bleu, le fameux petit Jotun. Tout promeneur ne pouvait ignorer sa présence, tant son aspect différait des autres. Mais l'esclave n'en avait nulle conscience et s'activait comme ses semblables, la tête toujours baissée. Le regard perdu dans le vide, Loki s'efforçait d'accomplir son labeur dans ce lieu magique.
Était-ce une demande particulière de la reine, un hasard scandaleux ou une tâche obligatoire pour qui avait passé une année couché, enfermé entre quatre murs. Loki ne le sut jamais. Sa mémoire lui jouait des tours depuis son réveil abrupt. La surprise des Soigneuses, la rudesse des gardes, la bousculade au milieu des surveillants, leur colère et leurs coups avaient ajouté à la confusion désormais quotidienne de l'ancien prince.
Il avait oublié ce qui lui était arrivé, oublié jusqu'à son propre nom et se sentait désormais perdu dans un lieu qu'il croyait inconnu.
Il ne savait plus.
Loki avait tout simplement très vite retrouvé les impératifs de la fonction qu'il occupait, et il était désormais persuadé qu'il n'avait jamais connu autre chose que cette vie d'esclavage. Toujours courbé, il mettait le peu d'énergie qui lui restait à avoir un comportement le plus exemplaire possible, obéissant sans tarder et se hâtant autant qu'il le pouvait. Pour avoir un peu à manger, pour pouvoir trouver quelques heures de sommeil, mais surtout pour éviter les coups … Rien n'importait plus désormais que d'arriver à vivre en évitant la souffrance, malgré la fatigue incessante, la faim tiraillante et les douleurs constantes.
La liberté était un mot qu'il ne connaissait plus et c'est avec dépit qu'il voyait sa vie millénaire se passer dans le tourment de l'esclavage. Loki ne voyait aucune échappatoire, aucune sortie à sa condition. Et la menace constante de la douleur l'obligeait à accomplir ses tâches chaque jour. La peur était devenue son quotidien, elle l'accompagnait partout, elle le forçait à baisser la tête pour ne pas croiser le regard des citoyens, elle l'agenouillait pour saluer un noble et le faisait courir lorsqu'un ordre lui était donné. Les surveillants mettaient véritablement tout en œuvre pour que la frayeur règne dans son esprit, faisant de lui un esclave des plus obéissants.
Loki était constamment apeuré, effrayé lorsqu'un gardien l'approchait, redoublant d'effort dans son travail pour ne pas se faire remarquer, ne surtout pas attirer la colère sur lui.
Jamais personne n'aurait pitié de sa condition. On attendait de lui que le travail soit fait dans l'excellence au risque d'être puni sévèrement, mais jamais il ne serait félicité ou récompensé pour sa tâche. Le palais d'Odin se devait d'être tout simplement impeccable à tout instant.
Il fut peut-être un temps où il se serait révolté, où il aurait défié ses maîtres. Mais Loki trembla à l'idée même d'envisager une telle folie. Désormais il faisait de son mieux pour supporter et tenir, toujours tenir…
Seul comptait le travail, juste travailler, obéir et travailler…
Et les jours passaient ainsi.
Les saisons se succédaient sans fin.
Jusqu'au jour où il fut assigné aux soins journaliers de chacune des plantations de ce jardin fabuleux. Depuis plusieurs semaines, heures après heures, il retirait chaque mauvaise herbe à la main, bêchait la terre nouvellement mise, plantait de nouveaux spécimens de plante, arrosait délicatement d'eau fraîche toute fleur le demandant et ramassait chaque fruit et légume mûrs. Un travail harassant et terriblement pénible, mais avec l'immense avantage de pouvoir voir le ciel à longueur de journée. Un contraste immense en regard des tâches en cuisine, du lavement des immenses couloirs sombres, des produits toxiques de la laverie ou du nettoyage des Bains humides.
Tous les esclaves enviaient ce travail.
Mais pas lui.
Loki souffrait chaque jour davantage.
La fatigue qui ne le quittait plus n'avait d'égal que la chaleur étouffante de chaque rayon du soleil en feu, lui brûlant sa peau fragile, elle qui ne s'était jamais remise totalement des stigmates de l'eau bouillante des Bains. Dès les premiers jours, Loki avait compris à quel point son origine était maudite. Et l'ironie de placer un Géant des Glaces dans une plaine aride le frappait chaque jour, et c'était une torture.
Vêtu d'un simple pagne, les pieds nus sur un sol brûlant, sans aucune protection sur la tête, Loki voyait sa transpiration dégouliner continuellement sur sa peau. Les rares passages autorisés à la fontaine pour récupérer l'eau dans son immense arrosoir, ne lui permettait tout au plus que quelques gorgées prises discrètement. Mais c'était à chaque fois un tel soulagement, qu'il ne pouvait s'en empêcher. Et ce, malgré qu'il devait toujours affronter son reflet dans l'eau, ce visage creusé, usé de cicatrices ou de plaies encore ouvertes, nanti de yeux rouges vif mais au regard vide et entourés de cernes noirs, le tout dans une couleur bleue qu'il ne supportait plus. Il avait toujours le cœur lourd en se voyant, mais il essayait de ne pas y faire attention et se retournait au plus vite. Alors qu'il s'était trop attardé au point d'eau, il portait déjà les traces de plusieurs coups de bâtons reçus par les nombreux surveillants qui tournaient constamment autour des esclaves, faisant souffrir davantage son dos lorsqu'il était à genoux. Il replongeait alors sans hésiter ses mains encrassées, craquelées par endroits, dans la terre sèche, en tentant d'oublier ces sentiments inconnus. Seule la douleur constante de ce travail harassant reprenait son esprit.
La fin du jour et la baisse de la température réconfortaient quelque peu son corps. Mais Loki devait alors lutter contre la fatigue en attendant que l'apparition de la première étoile ne soit pour lui le signe de pouvoir enfin retourner les outils utilisés après les avoir lavés, boire un peu et manger quelques restes de nourriture. La dureté de son lit ne le touchait même pas lorsqu'il y sombrait dans un profond sommeil, profitant de chaque minute avant la venue fatidique de l'aube et la reprise immédiate de son labeur après avoir goûté un maigre repas.
Les journées étaient ainsi, sans fin, sans pause.
Loki ignorait s'il tiendrait longtemps à ce rythme.
Il lui semblait que ses forces l'abandonnaient petit à petit.
Il se surprenait parfois à succomber à la tentation de se plaindre, mais l'idée horrifique le quittait aussitôt en regard du châtiment qui fatalement arriverait. Non. Jamais il n'oserait lever la tête ou encore moins se lamenter. Le bâton et le fouet n'étaient jamais bien loin.
Il secoua la tête.
Il lui semblait que sa courte vie se finirait dans la souffrance, au milieu de ces couleurs variées qui l'entouraient.
Plus d'une fois avait-il été tenté de cesser son activité, de laisser les gardiens ou tout simplement le soleil bouillonnant faire leur œuvre sur lui. Laisser le néant noir l'envelopper, peut-être le délivrer enfin…
Prenant une grande inspiration, Loki tenta une nouvelle fois de chasser ces idées noires de sa tête. Il releva les yeux et allongea davantage son bras pour saisir le gros fruit qui lui échappait. Se tenant de l'autre main fermement au large tronc du pommier, dressé sur la pointe des pieds posés sur une échelle fragile, Loki trembla en regardant sous lui. Le sol lui semblait terriblement loin et il eut le vertige. La peur du vide.
Jusqu'ici, il avait toujours ignoré d'où lui venait cette frayeur irrépressible de tomber. Mais l'appréhension était plus forte que lui.
Pourtant il n'avait guère le choix. Chaque fruit mûr devait être ramassé. Un seul oubli et la sanction tomberait.
Penché en équilibre, bravant dangereusement sa crainte, Loki tendit à nouveau sa main, plus en avant, encore, encore un effort…
Et soudain il ouvrit grand les yeux. Une ombre les recouvrit pour faire place à une image vivace.
« Thor ! Descends ! Tu sais très bien que Mère nous interdit de grimper ! »
Le jeune Loki se trouvait au pied de l'arbre immense et criait à son frère qui avait débuté l'ascension.
« Mon frère, tu es vraiment bien lâche ! » Répondit l'adolescent. Malgré plusieurs chutes, Thor était toujours déterminé à attraper la plus belle pomme, perchée à la cime de l'arbre. D'un rouge flamboyant, elle avait tout de suite attiré l'attention du prince. Avec détermination, il agrippa une autre branche pour monter, mais perdit à nouveau l'équilibre. Se rattrapant de justesse à une branche plus basse, il retomba sans mal à terre. Devant lui se dressait Loki, les bras croisés. « Vraiment quel exploit, c'est certain mon frère. Cette chute fut meilleure que la précédente ! » Le nargua-t-il.
Thor le regarda vexé. « Père a raison. Tu n'es qu'un couard ! »
Loki perdit le sourire : « Cela suffit, rentrons. » Et il tourna le dos.
Mais Thor n'en avait pas fini : « Tu fuis ! C'est bien digne de toi ! »
Sans se retourner, Loki haussa le ton : « Tes criardes n'ont aucun intérêt mon frère. »
« Elles n'ont d'égale que ta lâcheté Loki. Jamais tu ne seras un grand guerrier, Père me l'a dit ! » Répliqua Thor.
Cette fois-ci son frère se retourna en laissant éclater sa colère : « Jamais il ne dirait une chose pareille ! Ta frustration te fait dire n'importe quoi ! Je pourrais sans peine le chercher ce fruit, moi ! »
Thor sourit et tendit la main vers le haut de l'arbre : « Alors… Prouve-le ! »
Son jeune frère le regarda intensément, soudain muet. Thor savait comment le persuader. « A moins que tu n'aies peur ? Si tu montres ce fruit à Père et Mère, ils ne pourront qu'être fiers de toi, je leur dirai ! »
Ouvrant grand les yeux, Loki regarda le sommet de l'arbre et le fruit à son sommet. Il semblait si loin. Mais il serra des poings et bousculant Thor, il attaqua l'ascension. Glissant parfois, s'écorchant les mains par endroits, il tint bon et grimpa toujours davantage, les dents serrées. Il était sûr de réussir, sûr de prouver sa valeur. Un de ses pieds glissa et il cria légèrement, mais il se rattrapa au tronc. Ignorant le rire de Thor tout en bas, Loki continua, fier d'atteindre déjà la cime de l'arbre, se faufilant entre les branches qui se faisaient plus fines. Il y était presque, la pomme n'était plus loin, il tendit le bras avec un sourire et écarta les doigts de la main, encore un effort et…
La branche sur laquelle était posé son pied céda brusquement. Loki n'eut pas le temps de crier que déjà son corps tomba comme une pierre à travers toutes les branches feuillues du vaste arbre, les cassant l'une après l'autre dans un fracas. Loki ressentit chaque coup avec violence et agita ses bras dans le vain espoir de se rattraper, mais soudain ce fut le vide. Les yeux grands ouverts de panique, il n'eut pas le temps de respirer en voyant l'arbre s'éloigner à toute vitesse. Puis ce fut le choc, violent, terrible. Assommé, Loki ne comprit pas ce qui lui arrivait, car une douleur aiguë le prit soudain dans son bras droit, une douleur horrible qui s'étendit à toute vitesse, remontant jusqu'au cou. Sa main gauche tenta, tremblante, de se poser dessus, mais sans succès. Il ouvrit la bouche, mais aucun cri ne put sortir tant la souffrance était extrême. Se roulant sur le côté, la nausée l'envahit aussitôt et il eut juste le temps de cracher un peu avant de s'évanouir.
A peine entendit-il un jeune cri déchirer le ciel, puis ce fut le néant.
« Loki ! »
Loki faillit crier lorsqu'il sentit perdre son équilibre et se rattrapa tout juste à son échelle, les mains enserrant fermement le bois. Tout à coup essoufflé, le regard dans le vide, il tenta de reprendre ses esprits. Les images défilaient encore, mais il ne les comprenait pas. Ou peu. Seul un sentiment de… regret ou de frustration était resté. Il ne savait pas vraiment.
Loki regarda autour de lui et vit soudain un surveillant, qui discutait avec des collègues, lever le regard vers lui. Effrayé, il baissa aussitôt la tête et se retourna vers la pomme toujours suspendue devant lui. Les doigts tremblant, il avança à nouveau le bras. Loki hésita, puis se décida soudain et prit le fruit avant de reculer vivement pour s'accoler au tronc.
Admirant la belle pomme dans la paume de sa main, Loki redescendit prudemment de l'échelle.
Il ignorait pourquoi, mais un léger sentiment de fierté l'avait maintenant enveloppé.
Il avait réussi cette fois-ci…
Avec un léger sourire aux lèvres, il la posa délicatement dans le panier plein. Il s'agenouilla devant et après avoir fait passer la bande de tissu sur son front, il souleva avec peine le lourd et immense panier avant de se diriger une nouvelle fois vers la réserve. Loki boitait depuis qu'un garde l'avait frappé au genou avec son pied pour ne pas s'être suffisamment baissé devant lui et la souffrance était atroce. Mais il tenta de l'oublier.
D'autres arbres l'attendaient.
Bien plus tard, Loki se trouvait sur une des terrasses surplombant les autres jardins, une architecture au marbre sublime et qui s'étendait sur une large parcelle. Patiemment et avec vigueur, il nettoyait d'un chiffon chaque partie de la pierre magnifique. Frottant, astiquant, il devait faire disparaître chaque trace de saleté venue s'y déposer. Il trempa le tissu dans le seau d'eau, puis continua.
Cette tâche répétitive lui permettait de repenser à ce qui lui était arrivé.
Depuis quelques mois, ces images fugaces se faisaient plus nombreuses et le surprenaient durant son labeur quotidien.
L'image de garçons se courant après dans les colonnades, celui d'une dame bienveillante caressant une rose tout en lui souriant ou la vue d'un casque doré aux formes étranges.
Mais Loki n'en retirait que des maux de têtes et des sentiments confus. Il secouait et frottait sa tête pour reprendre enfin son labeur, mais lorsqu'il pensait s'en être débarrassé, elles revenaient le hanter le lendemain.
Il lui semblait devenir fou.
Il ne comprenait pas. Etait-ce des souvenirs d'une autre vie, un futur lointain, une malédiction ? Il l'ignorait, mais s'il avait de la curiosité pour ce phénomène, il avait aussi de la colère. Car déjà il portait de nouvelles plaies et des bleus pour tous ces moments de distraction qui surgissant sans crier gare, s'ajoutant aux gifles des surveillants et aux cris de douleur.
Ces images ne faisaient que le contrarier !
Mais il se reprit aussitôt.
La colère était un sentiment interdit dans sa condition et Loki en fut effrayé. Jamais il ne devait penser ainsi. Seule comptait l'obéissance, seule comptait la soumission. Il était esclave de toute Asgard et le resterait pour les milliers d'années qu'il avait encore à vivre… Il n'existait nul autre destin pour lui. Quoi qui pouvait se passer en lui, il ne pouvait se permettre de le laisser le détourner de son travail.
Soupirant profondément, Loki mit encore plus d'entrain à frotter.
Avec la fin de la journée, le vent se leva. Agitant les feuilles légères et les buissons, il se faufilait dans chaque jardin. D'une fraîcheur sans nul pareil, il glissa sur la nuque trempée de Loki, lui laissant une douce sensation de fraîcheur, et avec elle un bien-être absolu. Sans arrêter ses gestes, il se laissa néanmoins apprécier le moment avec délectation, fermant les yeux pour le ressentir plus encore.
Il en voulait davantage.
Sans vraiment s'en rendre compte, Loki se releva quelque peu, glissant son front au-dessus de la balustrade, juste un peu, pour ressentir d'autant plus ce vent merveilleux. Puis ce fut tout son visage qui était à l'air libre.
Ouvrant les yeux, il découvrit l'horizon, et devant, les quartiers nobles de la ville, les maisons richement parées et les rues décorées.
Mais… Loki ne les voyait pas, ce n'était plus Asgard.
Les hauts bâtiments de cette immense cité s'étalaient à perte de vue, les rues étaient envahies de ces étranges voitures et d'une population nombreuse. Occupant habilement chaque parcelle libre de la terre, la ville s'était étalée dans toute sa puissance. Elle méritait d'être admirée.
Pourtant…
Il y avait aussi des cris, des hurlements de peur, des gens qui se cachaient pour ne pas mourir.
Dans le ciel, des machines volantes, des monstres les conduisaient, tandis que des bêtes monstrueuses et géantes les accompagnaient.
Et tout au loin, un trait aveuglant reliait la terre au ciel, un ciel déchiré par une trouée géante.
Loki voulut serrer les poings, mais il n'y arriva pas. Un long bâton y est déjà posé. Un sceptre…
Loki cria de douleur.
Et encore un autre cri dans un bruit sourd de claquement.
Lâchant son chiffon, il s'écroula à terre en se recroquevillant, par réflexe, par habitude, lorsque d'autres coups de fouet suivirent, frappant sans ménagement son dos et ses jambes.
Loki hurla davantage à chaque coup, les lacérations s'entrelaçant sur son dos où la tunique se déchirait.
Il ne vit pas son bourreau dont les yeux de haine étaient fixés sur lui, mais il savait que c'était un surveillant, et pas n'importe lequel, un homme toujours violent, maniant son arme avec force et un plaisir sadique. « Je vais t'apprendre à te reposer, esclave ! Tu vas voir si c'est possible lorsque tu es sous ma vigilance, misérable vermine ! » Il frappa encore une fois avec force, puis s'avança.
Les larmes aux yeux, Loki paniqua. Il sut instantanément qu'il n'avait pas le droit de rester ainsi au sol, le châtiment serait pire. Alors malgré la douleur, il se força à se redresser et à se mettre à genoux devant son tortionnaire. « Pardon Maître ! Cela n'arrivera plus ! Par pitié ! » Le front posé sur le sol, le corps tremblant, il supplia le surveillant pour calmer la fureur de l'Asgardien. Mais ce dernier le saisit violemment par les cheveux. Loki n'osa pas le regarder, c'était interdit. « C'est la dernière fois que je tolère ce comportement esclave ! » Et il rejeta avec force Loki, qui roula à terre jusque dans la bordure d'herbe, se recroquevillant au cas où d'autres coups suivraient.
Le cœur battant à toute allure dans sa poitrine, Loki n'osa pas bouger un court instant. Mais en entendant les pas s'éloigner, il osa relever le regard et le vit partir.
Encore choqué par ce qui venait de lui arriver, le dos en feu, les larmes coulant sur ses joues, les lèvres tremblantes, il voulut se relever aussitôt.
Il devait reprendre son travail immédiatement.
Les dents serrés, luttant contre la douleur, il retomba pourtant à genoux. Il prit de grands inspirations pour faire disparaître la nausée montante.
Il s'en voulait.
Stupidement, il s'était à nouveau fait surprendre et il enrageait. Comment avait-il pu oser ? Rien ne serait arrivé s'il n'avait tout simplement fait qu'obéir aux ordres donnés plutôt que laisser son esprit gambader. Il se maudissait.
Il vit la balustrade qui l'attendait et son chiffon au sol. Et il en détourna le regard.
Mais aussi, comment accepter cette vie de labeur, alors qu'il avait peut-être été autrefois un…
Loki soupira. C'était impossible, impossible !
Soudain ses yeux se fixèrent sur l'herbe. Écarquillant les yeux, Loki aperçut, perdue dans la verdure, une petite pomme, parfaitement verte, brillante et juteuse. Un trésor magnifique, sans doute oubliée là par un de ses compagnons d'infortune. Une tentation extrême le prit alors, et il y résista avec force.
Mais en levant les yeux, il vit son bourreaux continuer à s'éloigner pour rejoindre ses collègues. Il le vit ensuite sourire, rire tout en agitant fièrement son fouet. Loki sentait aussi son dos souffrir atrocement.
Et son regard se durcit légèrement.
Ce fruit était plein de promesses, plein de douceur et de volupté, plein d'espoir... Or même un petit espoir, un espoir vide, restait de l'espoir. C'est tout ce qu'il lui fallait pour le moment, c'est tout ce à quoi il s'accrochait, pour continuer à vivre malgré tout…
Sans vraiment s'en rendre compte, le cœur battant avec force dans sa poitrine, Loki saisit la pomme, la glissa dans sa tunique et se releva aussitôt pour prendre son chiffon.
('*…._…. [à suivre] …._...*')
Je ne pouvais laisser ces vacances se passer sans offrir une petite suite !
Un chapitre subtil que j'ai eu beaucoup de plaisir à voir se concrétiser. Avant une suite qui promet d'être beaucoup moins calme...
En attendant, belles Pâques ! Je vais les passer à voir et revoir la première bande annonce de Thor Ragnarök ! Que le temps va me sembler lent jusqu'à revoir enfin, enfin Loki !
D'avance mes excuses pour toute erreur ou incohérence trouvée dans le texte et je vous dis donc à tout bientôt !
Chapitre posté le 15 avril 2017
